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Meetup Tech.Rocks
FinTech : comment la tech révolutionne le secteur financier ?
- Laure Némée (CTO, Mangopay)
- Sébastien Monchamps (CTO Banque en ligne & Plateformes Digitales, Bpifrance)
- Marc-Antoine Lacroix (CPO, Qonto) — animation
- Tommy Dessine — illustrations en direct
Meetup Tech.Rocks · 22 avril 2021 · 57 min · en français
Résumé
Replay du meetup Tech.Rocks du 22 avril 2021. Services de paiement, de remboursement, d'épargne en ligne ou néobanques : depuis quelques années, ces nouveaux acteurs ont amené le secteur financier à repenser les services bancaires traditionnels grâce aux nouvelles technologies. Trois tech leaders qui relèvent ces défis au quotidien échangent : - Comment la tech amène-t-elle les acteurs financiers à repenser leurs services et produits ? - Comment un tech leader peut-il innover dans un secteur ultra-réglementé ? - Comment la crise sanitaire a-t-elle affecté la FinTech ? - Comment la culture de la finance influe-t-elle sur les équipes tech et leurs missions ? Laure Némée (Mangopay, solution de paiement pour marketplaces, plateformes de crowdfunding et fintechs) partage sa vision, et Sébastien Monchamps (Bpifrance) explique, en tant qu'acteur du service public, comment innover dans un secteur aussi réglementé.
Summary
Replay of the Tech.Rocks meetup of 22 April 2021. Payment, reimbursement and online savings services, neobanks: in recent years, these new players have led the financial sector to rethink traditional banking services through new technologies. Three tech leaders who take on these challenges every day discuss: - How is tech leading financial players to rethink their services and products? - How can a tech leader innovate in an ultra-regulated sector? - How has the health crisis affected FinTech? - How does finance culture shape tech teams and their work? Laure Némée (Mangopay, a payment solution for marketplaces, crowdfunding platforms and fintechs) shares her vision, and Sébastien Monchamps (Bpifrance) explains, as a public-sector player, how to innovate in such a regulated industry.
Thèmes : Architecture & développement
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Hello tout le monde, j'espère que vous me voyez bien et que vous m'entendez bien. Je vais aujourd'hui animer le meet-up. Je vais me présenter rapidement en deux minutes avant de laisser Laure et Sébastien se présenter eux-mêmes un peu plus longuement pour que vous sachiez un peu qui je suis et pourquoi est-ce que vous vous retrouvez avec un CPO qui vient parler chez Tech.Rocks. Je vais vous faire un petit peu mon parcours. J'ai commencé mon parcours en montant des boîtes en tant que CTO. C'est là que j'ai mis le premier pied dans la tech. Et après, j'ai fait le début de mon parcours en tant que CTO dans plusieurs boîtes. Et ensuite, j'ai rejoint Qonto, chez qui je suis aujourd'hui. Qonto, pour vous donner un peu le contexte, c'est une néobanque business pour les business d'une personne, les indépendants, jusqu'à 250 personnes pour les PME qui grossissent. Et j'ai fait deux années chez Qonto en tant que CTO sur la partie tech et j'ai franchi le pas où je me suis, j'ai franchi la barrière et je me suis retrouvé côté product et depuis août dernier, j'ai pris la partie produit chez Qonto et donc je suis CPO chez Qonto.
Que je suis là, j'ai pu être un peu dans le monde de la tech. précédemment et je suis aujourd'hui toujours dans une fintech et du coup je suis ravi de pouvoir échanger avec Laure et Sébastien sur le sujet aujourd'hui. On va commencer par des présentations. Donc Laure, je te laisse commencer et présenter un petit peu ton parcours, d'où tu viens et donner un peu de contexte à tout le monde. Ça marche, bonjour. Bonjour tout le monde. Donc moi, je suis Laure Némée, je suis CTO de Mangopay. Alors, Mangopay, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une solution de paiement et de tenue de compte à destination des places de marché, des services de platforming, des fintechs, des sites de consommation collaborative et de manière générale, des plateformes qui font de l'intermédiation. Nous, on a comme spécificité d'adapter particulièrement bien aux flux les plus complexes de nos clients. Et dans nos clients, on va retrouver Vinted, Malte, Rue du Commerce, Le Bon Coin, La Régie qui dit oui, etc. Alors, comment je suis devenue CTO de Mangopay?
Ça a commencé il y a pas mal de temps, puisque je suis devenue CTO de Litchi, en fait, il y a 11 ans, en phase early stage de Litchi. Donc voilà j'ai participé au développement des premiers sites de l'ITI et en 2011 on a commencé à travailler sur un produit qui s'appelait à l'époque l'ITI Wallet Management API qui était en fait l'idée c'était de mettre le moteur transactionnel de l'ITI à disposition d'autres startups Et en fait, Ce produit est devenu un produit à part entière en 2013 avec une marque séparée, Mangopay, alors que dans le même temps, on était aussi en train d'obtenir notre agrément bancaire au Luxembourg. Donc, on a un établissement de paiement et d'émission de monnaie électronique. Et pendant longtemps, on a développé la même équipe, les deux produits en parallèle. Et depuis 2017, en fait, on a séparé les équipes et ça, à tous les niveaux de l'entreprise.
Donc aujourd'hui, Mangopay, c'est une API de paiement qui permet à nos plateformes clientes de recevoir des fonds de différents moyens de paiement. Alors ça va de la carte bancaire au virement en passant par un certain nombre de moyens de paiement locaux ou relativement innovants comme Apple Pay. De faire le cantonnement de ces fonds dans des workflows un petit peu complexes. Donc, ça leur permet de verser les fonds aux vendeurs à la livraison, de payer plusieurs vendeurs sur un même panier d'achat, d'avoir des utilisateurs qui sont à la fois des vendeurs et des acheteurs et qui remettent l'argent gagné en circulation sur la plateforme. On permet aux plateformes de prendre les fiches quand ils veulent dans le workflow et on leur permet enfin de réaliser le paiement des vendeurs quand ils le souhaitent également. On est dans une phase de croissance relativement soutenue, voire exponentielle. Donc, Langopay, on existe depuis 8 ans. Pour vous donner une idée, on a atteint les 10 milliards d'euros de flux entrants l'été dernier. Alors, il nous a fallu...
6-7 ans pour collecter les 5 premiers milliards, 1 an pour collecter les 5 milliards suivants. On vient de passer les 15 milliards d'euros, donc là on vient de les collecter en quelques mois. Ça veut dire une croissance soutenue dans toutes les équipes de Mangopé également. On était 100 personnes fin 2019, 170 fin 2020. On espère atteindre les 260 personnes fin 2021. Avec un ratio... de 30% sur les équipes tech et produits sur l'ensemble de l'entreprise. Donc, ça veut dire que l'équipe technique de Mangopay, elle est passée d'une vingtaine de personnes début, enfin fin 2019, à 50 aujourd'hui, avec une projection à environ 80 personnes à la fin de l'année. Avec les challenges habituels d'organisation, de recrutement, d'intégration des nouveaux arrivants, de documentation pour intégrer plus vite les gens, etc. Voilà à peu près sur ce que je fais chez mon groupe.
Génial, merci. Je ne vois pas de quoi tu parles pour les challenges. C'est évidemment très facile de scaler une équipe. Je pense que tout le monde le sait ici. C'est super intéressant et d'autant plus que les fintechs, c'est quelque chose qui est hyper hot en ce moment. Et en fait, ce n'est pas nouveau, ça fait longtemps et c'est hyper intéressant d'avoir ton expérience d'une des fintechs qui a eu un... Une des premières FinTech très connues en France. Et donc, du coup, ce sera hyper intéressant d'avoir ton expérience là-dessus dans le reste du meet-up. Merci beaucoup, Laure, pour la présentation. Sébastien, je te laisse également te présenter. Yes, merci beaucoup. Salut à tous. Et du coup, merci Marc-Antoine, Jérémy, de me permettre de participer à Tech.Rocks. Je m'appelle Sébastien Monchamps, je suis le CTO de BPI France Digital. BPI France Digital, c'est quoi? C'est la division digitale de BPI France. On s'occupe plus particulièrement de la division digitale de BPI France. On s'occupe plus particulièrement de la division digitale de BPI France.
de faire les banques en ligne de BPI France, il y en a plusieurs, et les plateformes de crédit automatisées. Et Vanessa surtout, qui a tout organisé, tu as tout à fait raison, Joël. Merci aussi à Vanessa. Et donc du coup, banque en ligne, plateforme de crédit automatisé de BPI France. BPI France, petit rappel pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas, c'est la banque publique d'investissement. On s'occupe d'accompagner les entreprises à toutes les étapes de leur vie, que ce soit de la création d'entreprises, financement, innovation, investissement. Vous connaissez sûrement, je pense, beaucoup l'activité d'investissement de BPI France qui investit massivement dans la tech, dans la fintech, qui contribue beaucoup à la French Tech. Et donc également dans la session reprise, etc. On fait aussi maintenant de l'accompagnement et le nouveau business 2020 amené par la révolution de la tech en fait chez BPI France, le business plateforme digitale de BPI France.
Donc concrètement, pourquoi je suis là aujourd'hui? Parce qu'on pourrait se dire, ok, BPI France c'est gentil, ils investissent et tout, mais en termes de tech, c'est pas très connu que BPI France fasse elle-même de la tech. Et bien justement, en fait, on a fait notre révolution tech l'an dernier, en 2020. Très concrètement, et en quelques mots, qu'est-ce qui s'est passé? En octobre 2019, j'ai été nommé CTO pour faire cette révolution. La tech chez BPI France, France, c'était une DSI très habituelle. Et du coup, on m'a donné une équipe de 25 personnes avec un peu de legacy et globalement une roadmap qui était construire la nouvelle banque en ligne de BPI France. Donc, au 10 janvier, on a lancé le refactoring complet de toute notre activité. À commencer par notre culture. Donc, on a changé 70% de l'équipe à peu près. On a reconstruit de zéro, on n'a gardé aucune... On avait dans le cloud une nouvelle infra, une nouvelle stack technique.
Au mois de mars, vous l'avez tous vécu, Covid, Le ministère de l'économie nous a appelés et nous a demandé de construire la plateforme d'attestation pour les prêts garantis par l'État. Cette plateforme-là, on l'a montée en 5 jours. Et donc, du coup, avec elle, on a distribué depuis mars de l'année dernière entre 700 et 800 000 attestations et 135 milliards d'euros. Après avoir fait cette mise en prod, deux jours plus tard, on nous demande de monter une plateforme de crédit automatisé en trois semaines, alors qu'on n'avait rien dans notre stack pour le faire. Donc on l'a là aussi réussi. Je vous rassure, on a loupé plein de trucs. On pourra en parler dans le meet-up, il y a plein de trucs qu'on a foiré par ailleurs. Donc ça, on a réussi aussi. Du coup, avec cette plateforme-là, on a distribué 8000 crédits pour à peu près 300 millions d'euros. Vers le mois de juin 2020, on est devenu un nouveau business de BPI. BPI France, officiellement, le business platform digital, qui n'existait du coup pas en mars, on n'avait rien. Et actuellement, en production, on a six plateformes et on a fait plus de 7 millions d'euros de chiffre d'affaires sur l'année 2020.
Et on prévoit une multiplication de ce chiffre d'affaires assez significative en 2021. Voilà pourquoi je suis là aujourd'hui, c'est parce que c'est à la base, grâce à la tech, qu'on a fait tout ça et qu'on a des résultats hyper impactants dès la... la fin d'année 2020 avec la tech. Super, merci beaucoup Sébastien. Ce qui est hyper intéressant, c'est que Laure et Sébastien, vous travaillez tous les deux dans la FinTech, mais dans des environnements complètement différents. Donc, ça va être intéressant de voir les deux points de vue et comment vous vivez les différentes évolutions de cet écosystème-là avec vos contraintes respectives. Le meet-up s'intitule« Comment la tech révolutionne le secteur financier? Donc ma première question va être calquée là-dessus et je vais l'adresser d'abord à toi Laure. Ça fait 11 ans maintenant que tu es dans la FinTech, donc tu as dû voir tout ce marché-là évoluer, tu as dû voir plein de choses changer pendant ces 11 années-là. Donc la première question que j'aurais, c'est comment est-ce que toi tu as vu l'évolution de la FinTech et surtout l'évolution de la finance?
l'impact de la tech dans l'évolution de la finance lors des dix dernières années. D'accord. Pour moi, il y a deux points hyper intéressants sur l'apport des fintechs dans le secteur financier. Donc effectivement, j'ai deux expériences de fintechs qui sont Litchi et Mangopay, qui sont en fait assez différentes. Mais un premier point commun, c'est déjà la démocratisation des services. Alors, c'est vrai pour l'ITI, pour les sites de crowdfunding. L'ITI, ça a commencé comme un site plutôt d'organisation d'anniversaire, de ce genre de choses, avant de... d'aller vers effectivement la collecte d'argent dans le cadre d'appels à la solidarité, par exemple. Donc, au début, on a plutôt un peu révolutionné l'enveloppe qui passait dans les bureaux ou dans les... Comment... Pour ça. Mais en fait, on a effectivement démocratisé la collecte d'argent pour le grand public, pour n'importe quelle cause, comme l'ont fait d'autres sites de crassonnie.
C'est vrai aussi pour Mangopay, puisque ce qu'on a fait chez Mangopay, c'est qu'on a rendu accessibles les outils de tenue de compte. En fait, quand on est arrivé sur le marché, alors du coup, c'était déjà avec l'outil, quand on est arrivé sur le marché, il y avait très peu d'acteurs qui offraient de la tenue de compte pour notre genre d'entreprise. Et en plus, avec une gestion peut-être un petit peu old school, c'est-à-dire qu'on avait des entreprises qui avaient des frais de setup, qui avaient des API qui étaient un peu vieillottes. Voilà, un coût d'entrée pour les startups qui était relativement prohibitif. Et du coup, cette problématique, on a dû la résoudre pour l'ITCHI en allant chercher un agrément bancaire, en faisant notre propre moteur transactionnel. Et là, on a vu l'opportunité de l'offrir à d'autres entreprises avec des modèles, effectivement, qui à l'époque étaient plus innovants. Donc, un modèle de tarification claire, pas de frais de setup, une approche SaaS, etc. Le deuxième sujet pour moi, c'est qu'on arrive avec une approche différente des pratiques habituelles du secteur financier.
Et on... questionne ces pratiques. Chez Liti et chez Mangopé, en fait, les équipes fondatrices, elles n'étaient pas du tout issues du monde bancaire. Et du coup, dans nos manières de faire, on arrive avec des manières de faire qui n'étaient pas celles du secteur financier. Et en plus, quand on discutait de, est-ce qu'on... l'intégralité des matières de faire du secteur financier, on remettait en question forcément ces pratiques qui, dans le secteur financier, peuvent être une certaine pérennité parce qu'il y a des audits, parce qu'il y a des choses comme ça. Un exemple tout bête, par exemple, moi je me rappelle d'un incident de prod qu'on avait eu chez Mangopay, un truc bien moche qui avait duré plusieurs heures, enfin voilà, l'incident où le post-mortem est un peu long à faire. Et en fait, on avait pris conseil auprès de quelqu'un, un consultant qu'on avait, qui justement, lui, avait travaillé, à la Société Générale pour dire comment est-ce qu'en banque, normalement, on règle ce genre de sujet.
Alors, mon incident, pour donner quelques détails techniques, c'est un problème de requête en base de données qui avait été suivi sur un changement de structure de base de données. On avait eu un problème de perf. Un peu classique, pénible. Et du coup, lui, il m'avait expliqué gentiment qu'en banque, en fait, ce qu'on faisait sur une opération comme ça, c'est que, en fait, des changements de données de cette ampleur, on en faisait genre une fois par an et quand on les faisait, on mettait le site en main, enfin les services en maintenance, on arrêtait tout, on faisait des mises à jour une nuit et on repartait. Et moi, je regardais cette personne qui était... De très bons conseils d'habitude. J'ai regardé, mais nous, c'est absolument pas possible. On ne fait pas ça. On ne va pas arrêter le site. On fait des opérations comme ça. On en fait tous les 15 jours. Il est hors de question qu'on fasse des places de maintenance. de ce type. Donc voilà, on a un type de pratique très, très différente, en fait, qu'on peut avoir. On retrouve un peu ce genre de discussion quand on discute avec nos auditeurs aussi.
Où on a des auditeurs qui viennent du... Voilà, qui codisent en général des entreprises un peu plus classiques, qui sont toujours un peu surpris de ce qu'on met en place. Ça se résorbe un petit peu, je dis ça, c'est aussi des choses qu'ils peuvent avoir quelques années. Les pratiques commencent à être un peu plus... Voilà, un peu plus les mêmes en fait chez les vecteurs plus traditionnels. Merci Laure. J'aimerais beaucoup avoir également ton point de vue dessus Sébastien. Et avant de faire ça, je vais répondre à une question qui a été posée par Adriana, qui demande ce qu'est un agrément bancaire et pourquoi il le faut. Je propose qu'on y réponde tout de suite parce que c'est vrai que ce sera important que tout le monde soit au clair là-dessus avant d'avancer. Donc Laure, comme tu as abordé le sujet, tu peux peut-être y répondre rapidement. Oui, de manière très simple. Chez Mangopay, on reçoit les fonds de nos clients et on garde les fonds de nos clients un certain temps.
Donc, on a une activité bancaire. Et donc, on doit avoir un agrément bancaire. Nous, c'est un agrément d'émetteur de monnaie électronique. Cette activité est régulée. Globalement, il s'agit de garantir à nos clients la manière dont on traite leur argent. C'est tout le sujet d'un agrément bancaire. Les agréments sont obligatoires. On ne peut pas opérer. Ce ne sont pas des sortes de labels de qualité. C'est vraiment obligé d'avoir. Et on doit respecter plein de règles pour avoir l'agrément. C'est un truc qui peut être assez long. Tout à fait. Super, merci d'avoir pris le temps de répondre à ça pour que ce soit plus clair pour tout le monde. Donc du coup, pour revenir au sujet d'avant, Sébastien, toi, tu as un parcours qui est un peu différent. Tu viens de banque traditionnelle et du coup, tu vas vers la BPI. Donc, tu te rapproches. plutôt du monde startup en venant du monde plus traditionnel. Et donc, du coup, ton point de vue sur la manière dont la fintech est en train de changer justement cette approche traditionnelle de la finance et l'impact que ça a sur l'écosystème de manière plus large.
C'est une question vachement intéressante parce qu'effectivement, je viens de BNP Paribas, pour ne pas la citer, qui est une banque très traditionnelle. Déjà, à titre personnel, je n'y trouvais pas vraiment mon compte en termes de culture. C'est une culture, Laure en a pas mal parlé, avec beaucoup de contrôle, très rigide, qui travaille... De manière extrêmement linéaire, des projets qui mettent trois ans à sortir, etc. Il y a plein de choses qui font que c'est très compliqué, il y a très peu de responsabilisation. Donc, pour toutes ces raisons-là, assez compliqué. Et donc, cette culture-là, très historique, elle s'est faite en fait percuter par une autre culture qui est celle, Je vais le résumer très dégafable, de toutes ces boîtes très tech qui arrivent et qui font autant de technologie qu'une banque, qui elle-même fait énormément de tech, mais qui ont une approche beaucoup plus efficace concrètement. Pour aborder les problèmes. Et du coup, ce qui s'est passé pour moi, c'est que j'ai cherché, en allant chez BPI France, effectivement, à me rapprocher d'un monde plus startup, plus agile, etc.
J'ai découvert que chez BPI France, il y avait pas mal de choses aussi qui relevaient du choc de culture, c'est-à-dire qu'il y avait certaines... pratiques qui étaient vraiment issues de l'activité bancaire et du secteur et qui étaient les mêmes que chez BNP. Et donc du coup, la petite révolution, le petit choc de culture chez nous, il a été interne. C'est-à-dire qu'à un moment, on m'a dit, va faire un truc nouveau. Et on a fait un peu table rase des pratiques, notamment des pratiques projet, des pratiques de prod aussi. Laure l'a donné avec un très bon exemple. On a le même genre de choses. Nous, on fait du vrai temps réel, entre guillemets, dans la practice digitale de BPI France, là où le reste de BPI France fait du J plus 2. Et donc forcément, ce n'est absolument pas la même manière de bosser. Là où on se différencie beaucoup, et je le disais un peu plus tôt, c'est que la clé de la réussite qu'on a eue en 2020 pour nous et vraiment de cette révolution, ça a été d'accepter totalement que pour pouvoir utiliser la tech au mieux, il fallait que notre culture soit adaptée à ça.
Et donc, du coup, on a vraiment fait le reset de culture. Alors, il n'y a pas de mystère, il y a pas mal de gens qui ont bougé. Mais c'était indispensable pour pouvoir bien démarrer et parler de tech derrière. Ce n'était pas on va faire du Kafka, on va faire ci, on va faire ça, et ça va nous permettre en termes d'outils de pouvoir mieux faire de la texte. Dans notre cas, ce n'était pas vraiment un sujet d'outillage, en tout cas pas en premier lieu. C'était vraiment un sujet de culture. C'était responsabiliser plus, moins de hiérarchie, pas de formalisation excessive, des contrôles qui cherchent vraiment à traiter les sujets de risque et pas des contrôles pour les contrôles. C'est un package qu'on a craqué en début d'année 2000. Ok, donc du coup, on voit qu'il y a d'un côté la tech qui permet de faire des nouvelles choses et qui fait que l'écosystème financier a été bousculé, mais ça ne vient pas s'il n'y a pas également un changement de culture. On sait que c'est tout aussi puissant.
Je pense que toutes les personnes qui sont managers d'une équipe tech ici le savent. La tech, c'est bien. En fait, la question derrière, ça reste les personnes qui font de la tech et comment est-ce qu'on l'approche avec le bon état d'esprit. On a parlé d'agréments et je vois dans les questions qu'il y a pas mal de questions autour de ça. C'est une question assez clé dès qu'on parle de FinTech, évidemment, les agréments bancaires. C'est quelque chose qui est assez ambivalent quand on travaille dans la FinTech parce que d'un côté, c'est une contrainte à l'innovation. On est obligé d'innover vraiment sur contraintes d'agréments qui sont, pardon, pas d'agréments, mais de régulations qui peuvent être assez fortes et très contraignantes. Donc d'un côté c'est un problème et de l'autre côté on voit bien que ne pas suivre cette régulation, ça peut être également un problème. Et pas seulement d'un point de vue légal, mais également parce qu'en fait on a également des utilisateurs à protéger et que ces régulations à des moments sont très bien faites. et qu'il faut les suivre. Et d'ailleurs, on voit ce qui peut se passer quand des entreprises sont un petit peu trop concilientes sur les questions de compliance.
On a vu les questions de Wirecard, par exemple, récemment, qui amènent à des scandales assez énormes. Donc la question que j'aurais pour vous, et peut-être que Sébastien, tu veux commencer sur cette question-là, On parle beaucoup d'innovation, comment est-ce qu'on change le secteur financier, mais du coup, comment est-ce qu'on fait pour innover sous contraintes? Sachant que tu as les contraintes réglementaires et en plus de ça, tu as la partie service public que tu dois gérer de ton côté, Sébastien. Donc, comment est-ce qu'on innove sous les contraintes de la FinTech, qui sont encore plus fortes que les contraintes qu'on peut avoir dans d'autres écosystèmes? La question est excellente. C'est quelque chose qu'on a vécu très fort chez BPI France parce que les 8000 crédits qu'on a distribués sur notre nouvelle plateforme digitale, la construite en avril, on l'a entièrement fait à distance, ce qui est un truc pas du tout trivial pour le régulateur parce qu'on a mis en place de manière systématique un face matching. De nos clients par exemple, et toute une vérification d'identité à distance, qui est un truc qui peut sembler habituel sur d'autres secteurs d'activité, mais qui en banque ne l'est pas du tout, puisqu'il y a tout un tas de règles qui se posent.
Donc en fait, comment innover dans ce contexte? Je pense qu'il y a deux axes qui permettent de réussir. Alors, je mets de côté le fait que nous, Il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites à cause du Covid dans l'urgence. Et il y a quelqu'un qui posait la question, quel était l'impact du Covid sur votre business? Nous, il a été très positif parce qu'en fait, on a dit, on va faire par exemple cette identification à distance comme ça. On va voir comment ça marche et on va ajuster au fur et à mesure. Et la contrainte Covid a fait que c'est beaucoup mieux passé que si on n'avait pas eu ça, clairement. Donc, deux manières, au-delà d'une situation de crise comme celle qu'on a vécue, de pouvoir y arriver à mon sens. La première, c'est d'avoir une approche très progressive et très pédagogique, basée sur les résultats. C'est-à-dire que plutôt que de discuter, comme ça peut être beaucoup le cas dans le secteur financier, en amont, avec des discussions à n'en plus finir de« mais s'il y a ce cas de figure-là qui se produit, qu'est-ce que vous allez faire? on fait des simulations, enfin pas des simulations, mais on poke avec quelques clients, on prouve la robustesse des use cases, des contrôles, etc.
Et en fait, on avance en partant de là, en créant une relation de confiance avec le régulateur et les différentes autorités. Il faut savoir qu'un régulateur, c'est quelqu'un qui ne va jamais... Formellement vous dire oui ou vous dire non sur quelque chose que vous lui demandez. Il va dire j'ai pas de réserve. Le mieux qu'il puisse faire c'est j'ai pas de réserve. Mais il vous dira jamais oui t'as le droit de faire ça. Donc c'est quand même assez compliqué donc c'est extrêmement important d'établir une relation de confiance et de transparence avec eux. Ça c'est le premier point. Le deuxième point, je pense que ça c'est l'écueil de beaucoup de banques traditionnelle, c'est de rester assez ferme sur ses convictions. Et concrètement, quand on a des convictions que le parcours client doit avoir ce niveau de qualité-là, ce niveau de simplicité-là, etc., etc., etc., il faut se démener pour trouver des solutions techniques, pour trouver des solutions du X, et également pour être exigeant vis-à-vis du régulateur. Alors, du régulateur, peut-être un peu moins, mais en interne, dans chaque banque, il y a ce qu'on appelle... la compliance, qui est le département qui s'assure qu'on respecte bien les règles légales qui s'appliquent à nous, de travailler avec eux et d'être exigeant vis-à-vis d'eux aussi pour qu'ils se transforment et qu'ils adoptent petit à petit ce que la tech apporte d'intéressant
à ce business et à ses contraintes. Donc je pense que... D'un côté, une vraie relation de confiance, de transparence. De l'autre, une véritable exigence. Et en ce moment, c'est ce qui se passe chez nous. C'est vraiment très, très dur. Il y a beaucoup de débats en interne. Il y a sur comment est-ce que la compliance travaille sur les projets, le niveau d'appétence que les gens ont vis-à-vis de la tech à la compliance, etc. Il y a pas mal de transformations qui sont en train de s'opérer chez nous à ce niveau-là. Et sur une activité déjà installée, c'est quelque chose qui est vraiment, à mon sens, hyper challenging. Et par contre, si on y arrive, qui va vraiment aider le business et la banque pour les dix prochaines années. C'est intéressant ce que tu dis sur la partie relation avec le régulateur. Je pense que c'est quelque chose que ceux qui ne sont pas dans le monde de la fintech et qui n'ont pas eu à le gérer ne le perçoivent pas. Le régulateur, c'est vrai que ce n'est pas des checkbox. On se dit ça, on le fait, c'est bon, ça, on le fait, c'est bon, ça, on le fait.
C'est vraiment, il y a plein de grey zones et on est en permanence en train de négocier, en train d'essayer de comprendre comment ça se passe avec le régulateur. Comme tu dis, est-ce qu'on a le droit de mettre le pied là? Ils vont peut-être nous dire non, peut-être pas nous dire non, mais s'ils ne nous disent pas non, ça ne veut pas dire non. dire que c'est pas non, donc c'est un truc qui est assez compliqué et en fait cette question d'avoir cette relation, comprendre la personne, les personnes avec qui on discute dans la partie régulateur, c'est quelque chose d'extrêmement important avec lequel on gère et c'est en effet comme tu dis pour ça qu'il y a des départements compliance qui émergent par rapport à ça. Alors je suppose que c'est dans un... peut-être une autre dimension à un autre monde, c'est également des contraintes que tu as. Tu veux peut-être nous en parler un petit peu? Alors absolument. Alors déjà, chez Mangopay, en fait, la réglementation bancaire, c'est aussi une opportunité pour nous. C'est-à-dire que globalement, l'une des choses que les clients viennent chercher, c'est aussi que le service qui lui-même est régulé, pour qu'eux, ils n'aient pas besoin de s'occuper de cet aspect des choses et qu'ils n'aient pas, eux, à obtenir un agrément bancaire.
Et alors, en plus, effectivement, en tant que FinTech, on arrive forcément, enfin nous, en tout cas au début, on a eu beaucoup les cas où en fait, Des services comme le nôtre, ils n'étaient pas vraiment prévus par la réglementation, qui est plutôt faite aussi pour des acteurs bancaires plus classiques. Et du coup, on crée le service et puis on se demande un petit peu justement comment est-ce que la réglementation s'y applique, comment est-ce que les termes qui sont dans la réglementation correspondent aux notions, c'est nous, ce genre de choses. Ça veut dire effectivement, pareil, beaucoup de... d'avoir une bonne relation avec le régulateur, de revenir à ça. Quelle est l'exigence derrière? Pourquoi est-ce qu'ils ont cette exigence, etc. Et comment est-ce qu'on peut l'appliquer chez nous? Il y a tout un travail d'analyse assez conséquent qui est fait par les équipes produits et compliance chez nous. Et puis, l'autre point, c'est que pour moi, la réglementation peut aussi pousser à l'innovation.
Les réglementations sur la monnaie électronique, elles sont relativement récentes, elles ont moins de 15 ans et elles évoluent. Et des réglementations comme la DSP2, ça pousse aussi à l'innovation, c'est ce qui est en train de pousser sur le 3DS2, donc pour les gens qui ne sont pas du secteur, le 3DS2, vous connaissez normalement le 3D Secure, donc la vérification d'identité quand vous faites un paiement sur Internet, le SMS qui est en train de devenir obsolète, et du coup, cette vérification que vous êtes bien l'auteur du paiement qui se fait plutôt sur les applications mobiles, c'est poussé par la DSP2. Et ça va dans le sens, en fait, plutôt d'un meilleur service au consommateur. Les règles, enfin la directive ML5, ML5 c'est Antimony Landerink,
qui s'intéresse effectivement aux vérifications qu'on doit faire sur nos utilisateurs et sur nos clients. Comment Sébastien, tu parlais de la vérification en ligne, c'est aussi poussé par cette réglementation. On était sur des choses où on devait, par exemple, récupérer un scan de pièce d'identité des personnes. On va devoir plutôt aller vérifier aussi, avoir un petit film de la personne pour vérifier que c'est bien la personne de la pièce d'identité, ce genre de choses. Donc, Ça nous pousse quand même sur de l'innovation et de l'innovation plutôt dans le sens de la protection du consommateur. Donc, il faut aussi considérer que ce n'est pas que une contrainte, c'est aussi intéressant. Du coup, si j'essayais de résumer, c'est quand la régulation est bien faite, elle te pousse à l'innovation. Et quand elle est mal faite, c'est une opportunité d'innovation. Parce que là où tes concurrents vont potentiellement suivre bêtement la régulation, la personne qui sait faire et qui justement est capable de comprendre ses zones grises et ses discussions et ses relations avec le régulateur va trouver un moyen de répondre à la régulation de manière beaucoup plus intelligente que les autres.
Et du coup, c'est un facteur d'innovation aussi. Potentiellement, oui. Quand la régulation n'existe pas, d'ailleurs. Il y a plein de cas où la régulation n'existe littéralement pas et du coup, c'est vraiment, on y va, on essaye. Et voilà, sur le face matching, par exemple, comme le disait très bien Laure, nous, on a monté un truc, mais en soi, la régulation, elle est en train d'être faite. On a fait 8000 crédits, peut-être qu'on va nous dire, ah ben non, ça n'allait pas. On suppose que non, on a de bonnes raisons de penser que ce ne sera pas le cas, parce que justement, on a travaillé beaucoup avec le régulateur pour innover sur ce sujet-là, même si ça a été très, très rapide. Mais effectivement, tu as toujours le risque de monter quelque chose en étant un peu pionnier et puis qu'on vienne te dire après, Oui, mais en fait, non, tu ne vas pas pouvoir continuer comme ça. Donc, ce risque existe. Et l'autre point qui est intéressant, Chez Mangopay, c'est particulièrement vrai, c'est que les réglementations sur lesquelles on est, elles sont plutôt européennes, appliquées dans tous les pays, mais ça va plutôt dans le sens
d'avoir quelque chose qui est assez semblable dans toute l'Europe, ce qui est aussi une opportunité sur le marché. Tout à fait. Et nous, c'est quelque chose qu'on a bien vu chez Qonto quand il s'agit d'aller dans différents pays européens. La régulation aide énormément en uniformisant des choses. Du coup, comme on est en train de parler régulation, et c'est un sujet qui est assez lié aux questions de sécurité, sécurité pour les clients, c'est un aspect, c'est l'aspect qui est régulé et qu'on est obligé de suivre, mais on est obligé de faire des efforts également de notre côté pour protéger les clients, parce qu'on est sur des business très sensibles quand il s'agit de FinTech, que ce soit pour toi, Laure, ou pour toi, Sébastien, vous gérez l'argent de personne. Que ce soit des particuliers, des business, il y a de l'argent qui est géré. Donc, évidemment, c'est extrêmement sensible. Donc, la question qu'on peut se poser, c'est comment est-ce qu'on gère cette difficulté? Comment est-ce qu'on gère le scale, les questions de qualité quand on est en train de toucher à l'argent de dizaines, de centaines, de milliers de personnes?
Et qu'est-ce que ça change dans votre travail au jour le jour? Laure, tu veux peut-être prendre cette question pour commencer? Alors effectivement, on se retrouve sur Mangopay directement en prise avec le chiffre d'affaires de nos clients. Donc on a un vrai enjeu sur la qualité de service. C'est très caricaturalement, quand notre service est down, le chiffre d'affaires de nos clients ne rentre pas. Donc on a forcément une exigence des clients sur le sujet. Ce qui fait qu'on a développé des pratiques de qualité qui ont assez longtemps été peu communes par rapport à notre taille d'équipe en tout cas. En termes de pratiques de développement, en termes de test automation, en termes d'infrastructure, et même, par exemple, en termes de ratio entre les équipes dev et les équipes QA, ce genre de choses. On a fait que la qualité, ça infuse vraiment dans tous les niveaux de l'entreprise, pas sur des choses très particulières, mais probablement avec une sensibilité plus importante que dans d'autres secteurs.
On parle aussi, enfin chez nous, par exemple, l'amélioration continue, c'est un sujet hyper important. On est en permanence en recherche d'amélioration sur la qualité. Alors, ça nous arrive de nous compter, je vous comptais tout à l'heure un incident, mais on sait forcément apprendre de nos erreurs et on sait toujours considérer que les individus font du mieux qu'ils peuvent et que ces questions, elles se résolvent aussi. Enfin, c'est les échecs qu'on a, ils sont à corriger en termes d'organisation, de process, de développement, etc. Voilà, ça c'est sur la partie tech, sur la partie d'un point de vue business, forcément c'est beaucoup de réassurance, de bonnes relations avec nos clients, etc. Super. Sébastien, je suppose que tu rencontres à peu près les mêmes questions. Oui, alors ça ne se matérialise pas. Ce n'est pas exactement les mêmes dans le sens où ce que fait Laure, c'est du paiement. Donc, c'est du flux temps réel. C'est effectivement le chiffre d'affaires des clients qui rentrent.
Et nous, on fait plutôt du crédit. Alors, il y a deux choses qui sont sensibles chez BPI France, c'est évidemment toutes les données crédit, etc. Et aussi le fait que comme on est une banque publique, par exemple sur le cas de l'attestation PGE, pour les attestations PGE, on a monté un dispositif complètement systémique. On a aidé 700 000 entreprises, distribué 135 milliards d'euros. Donc en soi, les données de cette plateforme-là sont des données... Qui d'ailleurs ne sont pas très riches en termes de profondeur fonctionnelle, mais qui sont perçus par les gens comme étant ultra sensibles. Donc nous, effectivement, le sujet de sécurité, c'est un sujet qu'on a tous les jours. Donc concrètement, dans nos équipes, en fait, on a un... Une manière de suivre la performance et les réalisations des équipes chaque semaine, dans lequel il y a un des trois axes de suivi qui est la sécurité. Donc clairement, c'est monitorer, verbaliser et suivi sur la gouvernance technique de la tech digitale BPI France systématiquement toutes les semaines.
Donc c'est ça le niveau d'emphase qu'on met dessus. Dans la pratique, évidemment, par rapport à d'autres business, on va forcément y mettre plus de ressources, c'est clair, donc on y passe plus de temps. On essaye de s'entourer de gens qui sont plutôt doués sur le sujet. Ça paraît une lapalisade, mais c'est tellement dur de trouver des profils de cybersécurité aujourd'hui que c'est facile à dire, mais pas facile à faire. Donc, soit on travaille avec des partenaires, soit on trouve quelques profils, mais il faut aussi qu'on adopte des méthodologies assez intelligentes pour arriver à gérer cette pénurie de ressources. Tout en arrivant à faire suffisamment de tests de pénétration, audit de code, etc. Régulièrement de manière à pouvoir sécuriser au maximum ce qu'on fait. On a la chance, comme on est VPI France, de connaître beaucoup l'écosystème de... De start-up tech et notamment il y a plein de belles start-up françaises et même de scale-up aussi françaises en cybersécurité et donc du coup on travaille avec certaines d'entre elles sur nos thématiques.
Et puis le dernier point qu'on déploie dans notre arsenal, c'est qu'on travaille avec la NSSI. Donc la NSSI, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d'Information. C'est une agence de l'État qui est dédiée à la sécurisation de tout l'ESI de l'État en lui-même, donc les ministères, etc. Et c'est l'agence défensive de la France en termes de cybersécurité. Il y a l'armée qui s'occupe de l'offensif et la NSSI qui s'occupe du défensif. Et donc, du coup, notamment sur la plateforme de pré-garantie par l'État, on a travaillé avec la NSSI et on travaille encore avec eux sur la sécurisation et sur le monitoring de la plateforme. Donc, C'est quelque chose sur lequel on met évidemment beaucoup de moyens. Sur lequel on applique par ailleurs les mêmes méthodes d'agilité que partout ailleurs, même si des fois la culture est un petit peu compliquée côté sécurité. Mais amélioration continue, donc beaucoup de ce que nous on appelle Kaizen, donc c'est des dispositifs d'amélioration continue permanent, beaucoup de ce qu'on appelle aussi Gemba, qui sont du Go and See,
des managers et des experts sur une équipe pour savoir comment les choses se passent. Et puis évidemment un traitement des incidents de sécurité le plus sérieux possible dans des durées. En gros dans les minutes, c'est-à-dire quand on a une détection, immédiatement on est en train de traiter le sujet. On ne peut pas laisser traîner ce type d'incident, et pour notre chance, on n'en a pas eu là, depuis le début des opérations, rien à signaler de ce côté-là, dans le sens, il y a évidemment des détections de choses un peu bizarres qui peuvent se passer, pas de problème particulier de nature sécurité sur nos plateformes. Ok, super. Alors j'ai encore 50 questions à poser sur le sujet, mais comme je ne suis pas le seul et qu'il y a des questions dans le chat, on va prendre les 15 minutes qui restent pour y répondre. Donc du coup, Il y a eu des votes sur les questions. Je vais commencer par la question qui a été le plus votée.
C'est une question d'Abraham. Alexandre, quel risque pour une startup fintech si une banque traditionnelle propose un service similaire et se modernise en termes de process et de workflow? Donc c'est vrai que c'est une question qui se pose dans la fintech et qui se pose dans plein d'environnements en fait. Qu'est-ce qui se passe si les grands acteurs se décident à réagir? Peut-être que la personne la plus exposée à ça ou qui a pu avoir eu cette crainte, c'est toi Laure, tu veux peut-être discuter un peu de ça? chez Litchi ou Mangopay ? Oui, alors, il y a deux choses. Déjà, les banques traditionnelles, en fait, rachètent les fintechs puisque Litchi et Mangopay ont été rachetés par le Crédit Mutuel Arkea en 2015. D'une part, les banques font aussi ce genre de choses. Et après, il ne faut pas négliger le savoir-faire qu'on peut agréer sur plusieurs années, même qu'on avait dès le départ.
Le CMA, quand ils nous ont racheté, Eux, ils n'étaient pas en capacité. Ils auraient pu mettre les moyens, mais ils ont considéré qu'on savait mieux faire que sur le sujet, j'imagine. Donc voilà, après on a d'autres concurrents qui ne sont pas des banques traditionnelles, mais qui doivent avoir une culture qui est effectivement plus proche de la nôtre. C'est une question sur laquelle tu veux rebondir? C'est un sujet qu'on connaît bien parce qu'en fait, on l'a vécu en interne chez BPI France et on le voit bien avec les boîtes qu'on accompagne. En fait, le truc, il est assez simple. Les banques traditionnelles, aujourd'hui, elles ont un énorme problème de culture. De mon point de vue, même plus qu'un problème de tech, parce qu'on peut dire, ah bah oui, mais elles ont plein de systèmes legacy, donc c'est très dur et tout. Non, en vrai, si tu as envie de faire un truc nouveau, de dire le legacy va continuer et on construit des nouvelles capabilities, etc. Tu le fais. Elles ne le font pas.
Pour moi, c'est un sujet de culture. Donc, en fait, c'est assez simple. On a des boîtes, justement, comme Litchi, comme Mangopay, qui sont des boîtes dans lesquelles, à la base, qu'est-ce qui a changé? C'est qu'il y a une culture de base qui n'est pas exactement la même, qui est plus pionnière, qui cherche à faire plus d'efficacité opérationnelle, etc. qu'une banque, elle ne va jamais pouvoir transformer facilement en interne, surtout vu la taille des banques françaises. Les banques françaises, il faut se le rappeler, les grosses banques françaises, c'est les plus grosses banques d'Europe. Il y a Santander en Espagne qui est de taille comparable à BNP, BPCE, Crédit Agricole, mais c'est bien la seule. Globalement, des banques de la taille des banques françaises, il n'y en a quasiment aucune en Europe. Donc, transformer ces mastodontes-là, c'est hyper compliqué en termes de culture. Quasi impossible si on enlève le renouvellement naturel des effectifs qui fait qu'il y a des gens plus jeunes qui finissent par arriver, mais ça prend deux, trois générations. Donc en fait, comme le dit Laure, qu'est-ce qui se passe?
Il se passe que les banques rachètent les fintechs. Aussi pour racheter leur culture. Et d'ailleurs, ce qui est très intéressant dans le cas de Crédit Mutuel Arkea, c'est qu'on constate que les rachats ont été faits, mais les intégrations de ces boîtes n'ont pas été... En fait, du coup, vous ne vous appelez plus Mangopay, mais vous vous appelez Arkea Paiement ou je ne sais pas quoi. Il y a des gens... vraiment un rachat pour le mettre dans le groupe bancaire, mais en gardant cette nouvelle culture qui diffère totalement de ce qui existe. Donc je pense que, Pour répondre à la question qui était posée, c'est quoi le risque quand il y a une banque qui se transforme? Déjà, est-ce que ce cas peut vraiment arriver? C'est honnêtement assez compliqué. Il y a extrêmement peu de banques qui ont réussi à faire une vraie transformation profonde. Donc, il y a plutôt des rachats qui se font. Et donc, le risque, et c'est quand même assez cool qu'on puisse se souhaiter ça, c'est de dire on va se faire racheter par une banque. Effectivement, pour le coup, chez BPI France, avec ce qu'on a fait sur les plateformes, on a créé une espèce de filiale interne avec la nouvelle culture pour traiter cette nouvelle activité.
Donc, de facto, on s'est un peu retrouvé dans la situation évoquée dans la question. Donc, on constate qu'on fait des volumes bien significatifs et à cause de quoi? À cause de la marque BPI France. C'est-à-dire que les gens connaissent BPI France, donc ils disent« Ah, il y a cette nouvelle activité». Et donc, on fait, par exemple, par rapport à October, qui est la deuxième banque en termes de volume à faire, nous, on fait 8 000 crédits en 9 mois. Eux, ils en ont fait, je crois, un millier en 5 ans. Ça ne veut pas dire que c'est mieux ou moins bien, c'est juste qu'en octobre, il y a un sujet de notoriété qu'il faut faire monter. La OBP France a énormément de notoriété, donc le risque, c'est qu'à cause de la marque, un acteur existe. qui arrivent sur ce nouveau marché-là avec beaucoup plus d'efficacité, ils phagocytent juste à cause de ça un peu le marché. Il s'avère que dans notre cas, ce n'est pas exactement ce qui s'est passé parce que le marché étant assez nouveau, le marché du crédit automatisé pour les TPE, en fait, il y en a plusieurs qui se lancent en même temps, des fintechs dans leur immense majorité et nous. Et donc, en fait, il y a de la place pour tout le monde.
Merci beaucoup pour les réponses. En 30 secondes, je peux également apporter une... Encore une autre manière de voir les choses, je suppose que parmi vous, il y a des fondateurs de startups. Je pense que vous voyez tous à quel point c'est dur de monter une startup, à quel point c'est compliqué, comme il y a déjà énormément d'obstacles, l'énergie qu'il faut mettre pour faire décoller une boîte. Donc imaginez que vous alliez faire ça avec en plus les contraintes que va vous mettre une banque traditionnelle, même s'ils essayent de créer une startup complètement à côté, mais ils vont quand même imposer des contraintes. Et en plus, le fait que vous n'allez pas en tirer tous les bénéfices parce que c'est monté par une autre banque. Et donc du coup, vous allez être dans un autre monde en termes de comment est-ce que vous pouvez vraiment posséder votre boîte et les bénéfices que vous allez en tirer. Donc en fait, ça de base, c'est quelque chose qui va, je pense, faire peur aux entrepreneurs les plus doués et qui vont préférer monter leurs produits à côté où ça ira plus vite et ils auront des plus gros bénéfices. Excuse-moi Marc-Antoine, mais puisqu'on est en...
Ici, un des motos, c'est le no bullshit. Je vais être clair sur ce sujet. J'ai un esprit assez entrepreneurial parce que de fait, je suis parti de rien. J'ai failli me faire virer deux fois de chez BPI France alors que ça fait trois ans que j'y suis. Parce qu'il y a un clash de culture. Et évidemment, la question, elle a traversé mon esprit de dire est-ce que je ne vais pas aller le faire à l'extérieur parce que c'est horrible. C'est un peu le chemin de croix. Il faut être clair. Tu as tout à fait raison quand tu dis ça. Le faire en interne et faire cette... Tu te prends toute la complexité de la banque dans la figure et c'est... Je suis honnête avec vous. Ultra dur. C'est plus dur cette année d'ailleurs, maintenant qu'on est un peu installé dans la boîte et que du coup il faut se rebrancher à tout le reste de la boîte, que l'an dernier où on pouvait faire les choses beaucoup plus en stand-alone. Et voilà, très honnêtement, il y a des jours, c'est un vrai enfer, il faut être clair. Par ailleurs, c'est passionnant et BPI France m'a donné une très très grande confiance, donc c'est absolument génial, c'est hyper gratifiant, mais c'est vrai qu'il y a des downsides et que
c'est pour ça qu'il y a très très peu de cas comme ça qui se produisent. Tout à fait. Et donc du coup, ce qui est intéressant, la question suivante que pose Tony dans le chat est assez liée. Comment est-ce qu'on s'assure de la robustesse du développement d'une fintech face aux grands comptes bancaires? Je pense qu'on a donné une bonne partie de la réponse. En fait, c'est qu'en exécutant plus vite avec la bonne culture face à des personnes qui prennent du temps à bouger, en fait, ça laisse le temps à des fintechs de se développer, d'être assez solides avant que les grands comptes puissent être une grosse menace. Donc, sauf si vous voulez rajouter quelque chose là-dessus, Laure, c'est peut-être... Moi, si j'ai un conseil à donner sur comment tu t'assures justement de ta robustesse, le service client. La qualité du service que tu apportes au client et la qualité de ton service client, parce que les grands comptes, pour moi, c'est une de leurs principales faiblesses.
En effet, c'est un point clé dans beaucoup de startups où on sait qu'on peut se distinguer. Laure, tu avais également un point là-dessus? Oui, juste de dire qu'effectivement, au tout début de l'ITI de Mangopay, on n'avait pas la robustesse qu'on a actuellement. Avec des risques qui étaient aussi limités parce qu'on était des petits boîtes avec pas la même activité qu'actuellement et que cette robustesse, on l'a aussi acquise au fur et à mesure. Je vais faire du service qu'on avait dès le départ. Mais voilà, clairement, en termes de qualité, ce n'était pas la même chose que maintenant. Donc oui, c'est avec la croissance de la boîte qu'elle arrive également. Là où une banque la mettrait probablement plus dès le départ et au prix d'une certaine agilité dès le départ. Super. Du coup, la prochaine question est posée par Marc-Antoine, qui a un prénom assez rare, donc on est deux Marc-Antoine aujourd'hui.
Est-ce que les solutions KYC, donc Know Your Customer, c'est pour ceux qui ne sauraient pas ce que sont les KYC, c'est la vérification, par exemple, des pièces d'identité des clients pour s'assurer que c'est bien eux qui sont en train d'ouvrir un compte, notamment pour éviter la fraude, entre autres. Est-ce que les solutions KYC à implémenter sont toujours développées in-house ou est-ce qu'il existe des stacks ou des services tiers qui allègent ce fardeau technique? Laure, tu veux peut-être commencer là-dessus? Oui, il existe des services de tir qui allègent le fardeau technique. Nous, notre sujet, c'est le secteur transactionnel. Ce n'est pas vraiment l'analyse de documents. Et là-dessus, par exemple, on s'appuie sur un prestataire qui est Unfido, qui fait l'analyse de pièces identiques. On fait, nous, les vérifications KYC, mais cette partie analyse de pièces d'identité, récolter les informations qu'on utilise, etc. On s'appuie sur. Le point sur lequel il faut être clair concernant le KYC, c'est qu'en fait, le KYC, c'est un ensemble de choses à faire.
Le but final, c'est de t'assurer que ton client est la personne qui prétend être et de connaître ce client pour savoir si tu peux faire du business avec lui. Ça veut dire quoi concrètement? On ne fait pas de business avec des mafieux, on ne fait pas de business avec des terroristes, on ne fait pas de business avec des gens qui font du business avec des terroristes, on ne fait pas de business avec des gens qui travaillent dans des pays sous sanction, par exemple la Corée du Nord. Le Soudan, alors peut-être qu'il est sorti récemment, mais bref, enfin voilà, un certain nombre de pays douteux, la Syrie, etc. Voilà, donc c'est ça le KYC en fait. Donc on vérifie l'identité par la pièce d'identité, on vérifie, voilà. Il y a deux... Sujet très différent il ya le sujet je pense alors tu fais aussi du b2b donc je pense que tu as les deux il ya le sujet ouais ok tu as du sujet du kyc b2c donc pour les gens comme vous et moi c'est à dire la banque va chercher à savoir ah bah l'or qui es tu tu t'appelles l'or némé t'es né tel jour à tel endroit etc t'es bien qui tu prétends être quand je regarde ta carte d'identité je vois que c'est bientôt etc ça c'est
pas très compliqué. Ça peut l'être dans certains cas bien précis, mais c'est globalement pas très compliqué. Et en fait, il faut combiner deux choses. Il faut combiner des informations de référence, exemple les informations des pièces d'identité, etc. Et puis les contrôles qui sont faits. par les gens. Il peut y avoir du coup besoin de quelques solutions techniques dessous, par exemple de l'OCR, de la reconnaissance faciale, etc. Et on peut s'appuyer sur un mix entre des choses qu'on construit nous et des solutions qui existent sur le marché. Mais il n'existe pas aujourd'hui, en fait, pour répondre à ta question, une sorte de grand progiciel. Où en fait tu rentrerais en API je ne sais pas quoi, et ça te sortirait oui c'est bon ou non c'est pas bon. Ça n'existe pas. Il faut combiner des solutions pour pouvoir... D'ailleurs, je vois qu'il y a une question, est-il intéressant de nouer des partenariats avec d'autres startups comme Trustpair au niveau des fraudes à Liban, par exemple? Oui, parce qu'en fait, justement, et c'est un peu la réponse à la question, c'est que tu vas combiner des solutions, tu vas combiner une solution de face matching, une solution d'OCR sur les documents qui sont donnés,
un algo que tu auras construit toi-même pour détecter d'éventuelles fraudes, une solution comme Trustpair pour vérifier l'IBAN de ton client pour savoir si l'IBAN, ce n'est pas une fausse banque, ce n'est pas un faux IBAN, que c'est bien l'IBAN de la personne en question, etc. Et en fait, c'est cette combinaison-là qui permet de construire un KYC robuste. Sachant qu'on l'oriente beaucoup d'un point de vue régulation, Et ce qu'il faut garder en tête, c'est que c'est extrêmement important pour les clients. Parce qu'on est obligé de faire ces checks de KYC. Et ce que ça va avoir comme impact, c'est des questions de lead time pour le client. Combien de temps il faut avant que je puisse utiliser le service? Et c'est très frustrant, j'essaye d'ouvrir un compte et on me dit, nous sommes en train de vérifier. Rifier votre identité. Et donc, en fait, plus vous êtes efficace sur votre process de KWIC, plus vous réduisez le temps entre le moment où la personne arrive sur votre service et le moment où elle peut l'utiliser. Et souvent, quand ce temps-là est long, c'est ce qui va vous créer des tickets et de l'insatisfaction client. Donc, on a beaucoup de questions sur les points de régulation et la suivante par Eric, qui est, mis à part l'agrément, est-ce qu'on est soumis aux mêmes règles que le secteur bancaire, legacy, tel que BAL3, PSD2, etc.
Donc, c'est une question qui peut être assez longue et la réponse sera différente pour Laure et Sébastien qui ne seront certainement pas soumis aux mêmes choses. Je pense qu'elle est surtout pour l'or en fait, parce que nous, BP France, on est une banque, donc la réponse c'est oui pour tout, à part Mifid 2 qui est un truc pour protéger les investisseurs. Donc Mifid 2, non, pas vraiment. Je ne répondrai pas plus longuement sur le sujet, mais on peut en discuter si tu veux, Eric, dans une table après. Mais je pense que la question était plutôt pour l'or. Écoutez, de mon côté, oui aussi, sauf effectivement des réglementations qui ne s'appliquent pas sur… Là où on est typiquement, on ne fait pas de crédit, donc la réglementation sur le crédit, on n'y est pas soumis. Sinon, on est soumis aux mêmes réglementations qu'une autre banque. Pour apporter peut-être un autre point de vue en regardant ce compteur, il y a différents niveaux d'agrément d'agrément. Il y a les agréments d'établissement de paiement et il y a les agréments bancaires, où là, vous devenez vraiment une banque.
Donc, du coup, vous n'êtes pas soumis aux mêmes choses. Par exemple, quand vous avez l'établissement de paiement, vous pouvez processer des paiements, mais vous n'êtes pas soumis à BAL3. BAL3 qui va être des questions de ratio entre les fonds propres, les fonds prêtés, les dépôts sur vos comptes, etc. Donc ça, vous n'y êtes pas soumis quand vous êtes établissement de paiement. Et vous y devenez soumis quand vous êtes établissement bancaire. Il y a vraiment le truc. différents niveaux d'agrément qui vous soumettent à différentes règles. Et donc, question suivante sur la sécurité. En tant qu'utilisateur de solutions FinTech, comment on sait si une solution est safe? C'est vrai que du coup, je suis utilisateur, je veux choisir une solution. Souvent, j'ai en gros écrit sur la landing page, c'est ce qui est 100% secure. En réalité, comment est-ce que je peux avoir plus de granularité et mieux comprendre si le service que je vais utiliser est sécurisé ou pas? Tu veux le prendre, Laure? Oui, je peux.
Des choses assez classiques. Nous, on a des clients qui nous envoient des questionnaires de sécurité pour comprendre un peu comment on traite le sujet. On a aussi un peu de certification. Par exemple, on a soumis à la certification PCSS. Voilà, ce genre de choses qui garantissent effectivement qu'on est audité et contrôlé sur le sujet. Voilà, les clients qui ont besoin, en fait, ils creusent le sujet et c'est complètement normal. Quand tu es en B2B, il y a des due diligence qui sont faits par les entreprises. Et d'ailleurs, si vous avez une boîte et que vous voulez bosser avec un acteur de fintech, on vous conseille de faire une due diligence. Si vous ne savez pas comment faire cette due diligence, il y a des... Il y a des cabinets un peu qui sont spécialisés là-dedans et qui peuvent vous aider à comprendre ça. Quand vous êtes un particulier, la première chose qu'il faut regarder, à mon sens, c'est est-ce que la... solution FinTech est agréée, justement. Est-ce que le régulateur a dit oui, vous avez le droit d'opérer? Déjà ça, c'est un premier niveau de qualité qui permet de dire que c'est une boîte qui est quand même plutôt sérieuse, enfin plutôt sérieuse, qui a le droit d'opérer.
Donc il y a un minimum de règles qui sont en place. Et après, effectivement, de regarder s'il y a des certifications, PCI DSS, etc. Sont des choses qui vont vous aider à savoir si ce que vous utilisez est sécurisé. Super, merci beaucoup pour ces réponses. On va devoir conclure. Merci beaucoup pour le partage de votre expérience, toutes les réponses aux questions. C'était très clair et hyper intéressant, Laure et Sébastien. Merci beaucoup. Je vais laisser Jérémy reprendre la main pour conclure.
