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Groupe TF1 : les coulisses d'une transformation numérique

Podcast Tech.Rocks · 14 novembre 2023 · 26 min · en français

Résumé

Dans cet épisode du podcast Tech.Rocks, Thierry Bonhomme, CTO d'eTF1, raconte comment le Groupe TF1 se transforme pour devenir le leader français du streaming vidéo gratuit. Selon lui, la diffusion numérique finira par toucher un public plus large que la diffusion hertzienne, et plus de 3 millions de téléspectateurs simultanés deviendront la norme. Il souligne l'importance d'anticiper les montées en charge lors des grands événements, un défi qui demande des ajustements dans plusieurs domaines de l'entreprise.

Summary

In this episode of the Tech.Rocks podcast, Thierry Bonhomme, CTO of eTF1, explains how the TF1 Group is transforming itself to become France's leading free video streaming player. In his view, digital broadcasting will eventually reach a wider audience than terrestrial broadcasting, and more than 3 million simultaneous viewers will become the norm. He stresses the importance of anticipating load peaks during major events, a challenge that requires adjustments across several areas of the company.

Thèmes : Cloud, infra & ops

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Dans mon parcours, j'essaie de lancer une dynamique, créer une dynamique plutôt dans le long terme. Et après, c'est donner du rythme. Et donc, je vais dans les endroits où il y a du rythme à donner. Je sais aussi, de par mon expérience en 25 ans de management tech, qu'une organisation, elle tient trois semaines. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Tech.Rocks. On en est déjà à la cinquième saison. Je suis Nicolas Silberman, directeur de la Digital Factory chez BPI France et j'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Thierry Bonhomme, CTO de TF1. Bonjour Thierry. Bonjour. Je suis ravi de t'accueillir dans ce podcast et ravi d'échanger avec toi parce qu'on tourne beaucoup dans tous les animateurs, les interviewers dans ce podcast pour être entre pairs et j'ai l'honneur, la chance de pouvoir passer ce moment avec toi. Je te propose de te présenter un petit peu rapidement ton parcours, des moments peut-être importants qui t'ont permis d'arriver jusqu'à ton poste de CTO chez TF1.

Ok, donc là aujourd'hui je suis en situ pour TF1, je gère au sens 120 personnes. Mais avant, j'étais passé par un parcours un peu bizarre. J'ai commencé assez jeune, à 18 ans, à travailler. DUT mesure physique, il n'y a rien à voir. Puis après, je suis passé par les télécoms, Ericsson, LDCOM. Où je suis l'un des papas de la 9box. Donc les premières box triple play, vidéo, tout ça. Donc il y a un petit lien déjà avec la vidéo et le streaming. Et après, j'ai accompagné une startup française qui s'appelle Arcadin. On a commencé à 10 personnes, on a fini à 2000 avec 35 filiales dans le monde, dans tout le monde de l'audioconférence et de la vidéoconférence. Et donc un peu de streaming global sur les cinq continents, avant de rejoindre TF1 pour faire du streaming temps réel, une plateforme qui est un peu le point commun entre tout ça, c'est que je fais des plateformes, j'ai commencé par les plateformes SMS, les plateformes triple play vidéo, et maintenant c'est une plateforme de streaming pour un grand média. CTO TF1, c'est quoi?

Parce que c'est gigantesque TF1. Alors, je suis en charge de la partie digital streaming. Donc, en fait, c'est vraiment la partie à la fois B2B qu'on envoie vers les opérateurs, donc quand vous vous connectez à une box, et aussi B2C quand vous vous connectez via votre web, votre iOS, donc sur MyTF1, TF1 Info et TF1 Max. Donc, c'est des équipes qui vont développer les sites de streaming et diffuser. En streaming, en fait, TF1, TMC, les chaînes du groupe. Avant de creuser un petit peu sur tes enjeux, tes objectifs, tout ce qui te drive au quotidien dans ton poste actuel, dans tout ton parcours, qu'est-ce qui, est-ce que c'est via la rencontre de leaders peut-être inspirants, de gens avec qui tu as travaillé ou d'environnements qui t'ont encore plus motivé, conforté, qui t'a fait progresser et avancer dans cet environnement de leadership technologique? Construire des choses. construire des choses utiles pour les gens. Donc, vous voyez, ces premières plateformes SMS, ces plateformes triple play vidéo, c'est vraiment construire quelque chose et dans un but de business.

Pour moi, j'ai toujours eu un lien accompagner le business et les clients. Donc, je ne suis absolument pas tech pour la tech. Je ne sais pas développer, je ne sais pas coder, ce n'est pas du tout mon truc. Par contre, je prends des besoins, je suis plutôt un business martyr avec mes pairs, et avec les équipes, je suis plus créer une dynamique. Donc dans mon parcours, j'essaie de lancer une dynamique, créer une dynamique plutôt dans le long terme, et après, c'est donner du rythme. Et donc, je vais dans les endroits où il y a du rythme à donner, où il y a de la transfo, où il y a des challenges, où il y a des moments un peu compliqués, des fois stressants, pour des périodes, il faut lancer ça, il faut faire ça. Et ça, c'est le moment où je peux me positionner pour essayer de battre un peu le rythme, mais plutôt sur du moyen long terme. Ok, c'est super clair effectivement ce côté tech pour la tech. On entend souvent pour se dire en fait on aime bien être avec le business ou en tout cas tout au bout avec peut-être un pied dans la réalité, voire presque deux en fait, qu'on peut partager avec les différents leaders tech dans ce podcast et dans la communauté Tech.Rocks.

Ce qui pourrait être du coup un peu comprendre dans ton quotidien, ton rôle de CTO que tu as expliqué tout à l'heure de ton job, c'est peut-être les enjeux. Alors, tu dois avoir pas mal d'enjeux aujourd'hui parce qu'on a préparé ce podcast. On a commencé à voir quels étaient les objectifs du groupe et ce vers quoi vous allez. Mais déjà, si on fait un tout petit pas de recul, ce par quoi vous êtes passé, parce que la chaîne a pas mal... Développer sa présence sur le digital. Donc, ça a dû être assez intéressant aussi, déjà, avant même de parler du futur. La partie digitale de TF1 existe depuis plus de 20 ans. Donc, moi, je les suis depuis plus de 5 ans, à peu près. Ils ont fait des articles. Avant, c'était très du... articles d'information, c'était des choses comme ça avant que j'arrive. Après, ils ont fait du streaming vidéo, effectivement, et c'était essentiellement du replay. Donc moi, je suis arrivé à un moment où on s'est posé la problématique de volume. Donc c'était après 2018, c'est si on veut faire beaucoup de volume sur du live streaming, comment on fait?

Donc là, on s'est posé des questions de qualité de service. C'était déjà le cas il y a quelques années, ça va... qu'on va passer au futur, ça sera d'autant plus vrai. Et donc, ces premiers axes de qualité de service, volumétrie, streaming, et à l'époque, on disait replay, on parlait de la chaîne, mais c'était ça les dernières années. Parce que ça va plus loin que le replay maintenant? Moi, j'ai le sentiment d'avoir le replay, Et le live, je me souviens de chiffres partagés pour des Coupes du Monde, des choses comme ça qui sont juste dingues. Culturellement, c'est-à-dire que les gens vont sur MyTF1 pour regarder, ils ont raté le Koh-Lanta de la veille ou ils ont raté le The Voice de la veille. Ou sinon, regarder en live un événement sportif parce qu'ils sont dans le train ou ils sont avec des copains l'après-midi. On a notamment... La volonté et l'axe stratégique de sortir de ça. C'est-à-dire qu'on ne veut plus être un acteur télé, on veut être un acteur du streaming. Et en fait, ça, quand tu découles, ça veut dire beaucoup, beaucoup de choses, parce que du streaming gratuit, donc être leader de ça, on est leader du replay en France depuis des années, ce n'est pas le problème. Mais quand tu te positionnes en tant que plateforme de streaming gratuite, ça veut dire quoi pour nous?

MyTF1 existant, c'est-à-dire plein de choses. On faisait des lives, tu mentionnais les volumes, on était à 3,5 millions de streamers en 10 minutes sur notre plateforme. Donc, c'est quand tu vois la population française, 3,5 millions, ça commence à faire en 10 000. Donc, on doit encaisser effectivement cette charge-là. Et plateforme de streaming gratuite, ça veut dire, ça, c'était l'année dernière. Donc, si on se positionne à remplacer la télé, ça veut dire qu'on va atteindre 5 millions, 10 millions. De personnes et parce que les audiences télé baissant, peut-être 5-10 ans, il n'y aura plus de télévision telle que tu la connais, ça va être du streaming. Donc ça veut dire 16 millions de personnes en simultané pendant un live de Coupe du Monde sur la plateforme de streaming. Ah ouais, mais remplacer la télé, c'est un sacré défi à plein de titres. Et je pense qu'en plus, toi, dans ton quotidien, dans ton scope, ça doit avoir pas mal d'impact. Mais j'ai presque envie de dire, avant de parler déjà des impacts, c'est remplacer la télé. Il n'y a pas déjà les Netflix, les YouTube, etc. Comment vous vous positionnez par rapport à ça?

C'est effectivement, la concurrence, c'est l'une des spécificités de TF1. C'est-à-dire que c'est une grande entreprise et les concurrences, effectivement, les YouTube, Netflix, Prime et autres. Je pense qu'on a vraiment, déjà en termes de produits et offres, on a des vraies différenciations qui sont sur le positionnement et sur l'offre. C'est-à-dire qu'on a un catalogue français avec des séries, des spécificités. On a du live que n'a pas Netflix. On a des événements à la fois du sport, sur du foot, l'entertainment avec Koh-Lanta, The Voice, de l'information que n'a pas Netflix, que n'a pas Prime. Donc ça, c'est ce qui nous différencie. Et puis en termes de produits, c'est vraiment, eux, ils ont des choses qu'on n'a pas. Donc là, c'est... accrocher les wagons justement du streaming, avoir des parcours qui sont plus proches de ces codes-là, avoir plus d'IA, plus de personnalisation, plus des choses qu'on ne manie pas encore. Donc, il y a encore des transfo techno. Eux, ils sont beaucoup plus nombreux que nous. Je parlais de 150 personnes et on ne va pas aller sur leur terrain. Mais par contre, en termes de transfo, on va aller vers plus d'industrialisation qu'aujourd'hui, c'est sûr.

Et on va mettre en avant des choses qu'on fait déjà, mais plus. On va mettre en avant des services de face, des chaînes. On a 60 chaînes aujourd'hui, les gens ne savent pas, mais on a 60 chaînes digitales qui sont disponibles. Tu peux regarder tous les matchs de rugby depuis 1997, tu peux regarder tous les Feux de l'Amour, tu peux regarder en live, en direct, sans la notion de TF1. Effectivement, cette transformation, comme tu dis, c'est une transformation, certainement à l'échelle de l'entreprise, on n'est pas là pour en parler, mais en revanche, à ton niveau dans la tech, quand on parle de« je suis une plateforme de replay» où j'imagine que tes enjeux initiaux, c'est d'abord, je ne sais pas, ça va peut-être quoi, le player vidéo avec l'encodage et la tenue à la charge, ça change quoi? Tu parles de plateforme par rapport au mindset, par rapport peut-être à l'orga, à la façon de préparer, d'anticiper les projets? Alors, ça change que c'est une plateforme évolutive. Quand on parle de plateforme streaming, en fait, c'est pas j'ai la télé et je regarde toujours la télé. C'est qu'on va faire bouger des homepages, on va mettre des nouveaux features qu'on va supprimer si ça ne marche pas.

On fait évoluer ce produit. Ce n'est pas un produit fini. Quand tu auras le JT sur ta télé, comment c'est un produit fini? C'est un fluide. Nous, on peut faire évoluer, on peut faire des coupures, des chapitrages. On va cibler les publicités un peu plus, si tu es un homme, une femme, un amateur de gilettes, amateur de voitures, je ne sais pas quoi. Donc, tout ça, c'est les choses, effectivement, plateforme de streaming que tu ne peux pas faire avec la télé. Après, c'est surtout, tu touches au client. C'est-à-dire que la télé, c'est le broadcast, c'est-à-dire que c'est le même flux qui est envoyé à tout le monde et c'est la même chose. On voit la même chose au même moment. Plateforme de streaming, c'est-à-dire que toi, si tu aimes les séries françaises, je ne vais te présenter que des séries françaises. Et ton voisin qui n'aime que les séries américaines, je lui propose des séries américaines. Donc en fait, le produit en lui-même, il va se différencier. Ce que tu ne peux pas trop avoir à la télé, c'est quand tu regardes TF1, tout le monde regarde TF1 de la même manière, au même moment, de la même chose. Donc c'est cette personnalisation qui est plus importante et c'est pour ça que c'est culturel en fait. Avant d'être un changement technique, c'est avant tout un changement culturel en entreprise de je passe d'une culture télé, je suis mon présentateur, je suis face à toute la France, à en fait chacun.

Va regarder des petits bouts de quelque chose d'un peu différent. Et tout ça, c'est vraiment d'abord culturel. Avant d'être tech, je dirais, la partie tech, c'est la partie la plus simple. C'est comme tu dis, c'est les performances, c'est les parties... Il y aura toujours des solutions technologiques, je dirais, qu'on peut trouver. Ça me fait penser, il y a quelques années, quand a commencé à s'accélérer le taux d'équipement en smartphone des internautes, on disait on passe maintenant en mobile first. Là, c'est presque du online first ou du custom first, je ne sais pas trop comment le dire, mais ça fait un changement et peut-être des relations et des modes de travail, des façons de travailler avec des équipes produits qui ont dû pas mal évoluer. Oui, c'est que historiquement, à la télé, déjà, tu n'avais pas d'équipe produit. Donc déjà, c'est plutôt assez simple. Là, il y a un produit, il y a des releases qu'on doit faire, qu'on doit remplir avec un backlog qu'on fait depuis plusieurs années. Mais ça va s'intensifier parce que c'est des squads, des squads. des squads d'innovation, des squads un peu plus sur le discovery, comment faire découvrir ton catalogue, par exemple. C'est-à-dire que tu es un nouveau utilisateur, comment tu sais qu'on a des centaines de milliers d'heures de programme et comment tu mets en avant tel programme versus un autre?

Et ça, c'est le discovery. C'est un peu ce qui correspond au search dans d'autres entreprises. Donc, créer des squads comme ça, créer des squads qui sont plus sur l'intelligence artificielle et tout ça, c'est la télé de demain. Ce qui t'impose, j'imagine, une relation avec la data et la compréhension de ce qui se passe assez forte, assez fine, assez naturellement, j'imagine bien. D'autant plus que nous étant gratuits, en plus il y a la pub dedans, donc la donnée utilisateur et donc les enjeux effectivement data sont très forts avec data privacy, les enjeux de volumétrie parce que quand on est TF1, on a des gros volumes et donc effectivement la data à la fois pour connaître l'usage mais aussi pour la pub donc monétiser. Tu fournis au service de pub les infos dont ils ont besoin pour pouvoir mieux présenter, mieux les formats et du coup, une question de monétisation parce que tu es sur un service gratuit, mais qui impose quand même de repenser toute la relation que tu as avec la pub en tant qu'utilisateur à tous les niveaux. C'est ça, c'est ça. C'est-à-dire que tu essayes de moins aussi subir la publicité.

C'est vraiment du parcours produit utilisateur quand tu fais les études. Qualitatif sur nos utilisateurs. Qu'est-ce que tu n'aimes pas chez TF1 quand tu regardes la chaîne? La pub. Or, dans le digital, c'est quelque chose qu'on peut essayer soit minimiser, soit jouer avec. soit faire des pubs plus immersives, soit les mettre à un autre endroit, beaucoup plus que dans le linéaire télévisuel où c'est un peu plus figé. Les équipes, peut-être ceux qui sont là depuis le plus longtemps, tu dois avoir une part d'interne, une part d'externe, comme beaucoup, mais pour les internes, en tout cas ceux qui ont le plus vécu, peut-être ceux qui sont là depuis quelques années, qui ont vécu ces changements-là, comment tu les accompagnes? Parce que ça doit être, je ne me rends pas compte de l'ancienneté que tu peux avoir dans tes équipes, et surtout quand tu es arrivé avec les équipes déjà en place et ce vers quoi tu souhaites aller, ça doit être des points assez importants à suivre et un challenge à tenir. Moi, je suis rendu à la partie digitale, donc je n'ai pas les personnes du broadcast qui ont effectivement une moyenne d'âge plus élevée que la mienne, mais même dans le digital, il y a des personnes qui sont là depuis 15-20 ans. Culturellement, c'est la formation, c'est du coaching sur l'agilité d'abord, sur la responsabilisation.

Responsabiliser des personnes quand on fait du produit tech aujourd'hui, c'est quelque chose qui ne vient pas naturellement. Dire, toi, tu es en charge de la discovery ou de la pub sur TF1. Au début, ça veut dire, waouh, la pub sur le streaming TF1 avec 3,5 millions de personnes si ça se plante. Et en fait, tu dois accompagner les gens sur, je suis en charge de la diffusion sur 3 millions de personnes. Effectivement, les serveurs, c'est... C'est beaucoup de coaching, aller dans la responsabilisation, mais petit à petit, essayer de sortir de la hiérarchie trop forte et faire travailler des gens ensemble d'univers différents, faire travailler des gens du broadcast avec des gens du digital, avec des gens de la régie, avec des gens de la régie. de l'éditorial, c'est quelque chose qui effectivement a dû se faire au fil des années et qu'on va intensifier, mais ce qui prend du temps. Et tu penses que qui est moteur? C'est vous avec votre organe de ton côté qui pousse à essayer de faire en sorte que tout le monde s'aligne parce qu'en fait c'est des besoins supérieurs de la boîte ou c'est autrement? Non, ça vient d'une volonté forcément d'en haut.

C'est-à-dire que tu es obligé d'avoir un alignement d'entreprise pour ça. C'est une vraie transformation d'entreprise. Ce n'est pas la partie digitale et c'est 200%. tout seul dans un coin qui change une entreprise de la taille de TF1, c'est toute entreprise qui va se mettre en marche. Et dans la stratégie de l'entreprise, on est devenu le streaming, la priorité numéro un, ce qui n'était pas le cas avant. Et donc de là, tu as l'entreprise qui va accompagner, faire des projets transverses qui n'existaient pas. Et donc ces petits tapis, on va essayer tous ensemble, nous compris, parce que nous, on doit, le parti digital, faire un pas vers les collègues du broadcast. Et inversement, on doit apprendre d'eux comme ils doivent apprendre de nous. En fait, ça va vraiment aussi d'en haut. Pour pouvoir après diffuser et infuser petit à petit. Ce n'est pas un truc qui est immédiat, top-down, forcément, tu infuses petit à petit, parce que la vie est comme ça, on a des grandes boîtes, il faut casser les silos, ça prend du temps, mais c'est toujours la partie marrante de découvrir l'autre, de découvrir des métiers qu'on ne connaît pas. La partie production, la partie...

C'est un vrai métier, c'est quelque chose qui est vraiment un vrai métier TF1, que nous dans le digital on n'a pas et on doit aussi de s'apprendre, si on veut remplacer la télé, on doit d'apprendre ces métiers-là aussi. Oui, donc ça veut dire que tu as des équipes qui n'existaient pas forcément il y a, je ne sais pas, deux, trois ans, ou en tout cas il y a quelques années. Toi, dans ton service, tu as des équipes qui n'existaient pas. Tu parlais de Discovery, je ne sais pas si ça existait il y a deux, trois ans. Tu avais peut-être du Search, même pas. Est-ce qu'il y en a d'autres comme ça qui ont peut-être nécessité pour toi de te reposer, de prendre le petit pas en arrière pour te dire, bon, attends, en fait... C'est quoi l'orga qui est intéressante ou ce vers quoi je dois aller pour être encore plus une plateforme? Avoir des équipes qui gèrent le rôle. Le catalogue, par exemple, qui est vraiment dédié des squads par périmètre fonctionnel, et non plus seulement par squad technique avec un PO qui va s'occuper de la branche iOS. On était très délivré en processus et augmenter la partie discovery en rajoutant du product management, en rajoutant l'UX intégré aux équipes qu'on n'avait pas, ces choses-là et vraiment créer des squads métiers, une squad découvrabilité du catalogue, une squad onboarding,

quand tu t'inscris sur TF1, le fait que ce soit fit, enfin toutes ces choses dans le digital auquel on est habitué, effectivement nous il faut qu'on l'amène et même si on a commencé, il faut qu'on continue à le diffuser au sein de la télé. Tout le traitement des métadonnées, des émissions, des programmes, tout ça, c'est des choses qu'on doit structurellement essayer d'avoir des équipes dédiées, focalisées là-dessus. Donc, on va découper par pan fonctionnel et puis après, par petit bout d'équipe. C'est un point que je trouve très intéressant. C'est quand tu expliques effectivement que tu passes d'équipes qui sont très focus sur le delivery et qui ont besoin d'avoir des équipes. Les mêmes ou d'autres qui se concentrent sur la partie discovery, donc différent de ton équipe discovery, là où tu disais que c'était plus un... Bref, discovery au sens produit. Toi, dans ton équipe, tu as des techs et tu dois avoir certainement un peu... Tu dois avoir des PO chez toi ou peut-être qu'on pourrait parler un peu de ton organe, mais ça t'impose aussi de prendre le petit pas en arrière et de réussir à embarquer tes interlocuteurs, tes stakeholders pour... Les embarquer, oui, tout simplement. Oui, c'est-à-dire que les médias, ça évolue très, très, très, très vite.

Donc, il y a la nécessité d'urgence à embarquer les stakeholders. On n'a pas à les convaincre parce qu'en fait, le monde du média, quand on voit ce qui se passe à côté, Netflix, Prime, machin, c'est quand même des fusées à côté. Donc, il y a certaines entreprises, on doit les convaincre. Oui, il faut y aller, il faut changer. C'est comme ça. Nous, on n'a pas ça, pas trop. En revanche, il faut plutôt travailler sur les échéances, le planning, qu'est-ce qui est faisable, pas faisable. c'est plutôt sur cet aspect-là qu'il faut plus travailler. Qu'est-ce qu'on rentre dans la roadmap? Comment on fait la roadmap? On va faire valider les bonnes étapes, les contenus de cette roadmap et dire, non, mais ça, on ne peut pas l'avoir dans trois mois, il faut attendre six. Et en plus, bien identifier les parties prenantes extérieures qui sont pour nous, soit des fois les opérateurs, soit des fois en interne, d'autres départements, type la régie ou des choses comme ça. C'est plutôt la gestion des stakeholders et plus vraiment sur l'aspect calendrier, planning, sur essayer de les convaincre que ça ne se fait pas en deux semaines, mais ça se fait en deux mois. Quand on t'entend, tiens, le streaming, c'est la priorité numéro un.

J'imagine derrière des enjeux, peut-être des budgets différents, ou en tout cas plus de mise en avant vis-à-vis de tes projets que tu peux avoir. Est-ce que tu repenses, est-ce que tu refais un petit saut dans le passé de ce que tu as vécu, de gens avec qui tu as discuté, de boîtes que tu as pu connaître ou dont on a pu te parler, ou de bouquins, de dire, tiens, ça m'avait inspiré, ça peut peut-être me permettre de penser autrement? À l'inverse, te dire, bon, on va avancer progressivement, on va voir, et au pire, on ajuste petit à petit, on est dans un... amélioration continue, je ne sais pas comment tu vois le... Alors moi, mon approche là-dessus, je pense de par ma personnalité, comme je dis, moi je viens de Meurphie, j'ai plutôt un caractère à apprendre par moi-même plutôt empirique. Parce que je dis, physique, chimie, ça n'a rien à voir. Et les formations théoriques, ce n'est pas trop mon fonctionnement, même si je vais lire des bouquins sur la théorie, mais je suis plus quelqu'un qui... Qui arrive quelque part, qui regarde le contexte ou qui regarde ses voisins à côté et qui va dire tiens c'est pas mal ou qui essaye d'analyser la situation que je vis, moi, j'apprends autour de moi, et après j'essaye de trouver des solutions plutôt customisées.

Je sais, quand je lis les bouquins d'organisation, d'agile, toutes ces choses-là, Oui, mais aussi, je sais aussi de par mon expérience en 25 ans de management tech, qu'une organisation, elle tient trois semaines. Il suffit que tu aies quelqu'un qui parte, quelqu'un clé, quelqu'un, ça bouge, un nouveau projet qui arrive, tu exploses le truc. Donc, il faut réussir quand même à avoir une certaine adaptation. Et ce qui marche chez le voisin ne marche pas chez toi parce que ce ne sont pas les mêmes personnes, parce que ce ne sont pas les mêmes enjeux business, parce que ce n'est pas des fois ce qui marche dans le e-commerce ne va pas marcher dans le streaming, ce qui marche avec des devs ne marche pas avec de l'infrastructure. Donc voilà, moi je suis plus, de par mon expérience, plutôt à créer une dynamique, à voir ce qui se passe, essayer de créer une dynamique, commencer petit à petit à, je suis musicien à la base, donc créer un rythme. Et donc effectivement, de temps en temps, tu vas faire plaisir à ton soliste qui va jouer un solo guitare tout seul, c'est un truc technique, une stack de fou. Et puis après, non mais tu as besoin du batteur, tu as besoin du bassiste, tu as besoin des autres, et donc tu repars sur un rythme.

Tu ne peux pas faire des ruptures et tu dois garder le même rythme un peu tout le temps, mais régulier. Et donc là, tu vas rassembler les gens, petit à petit, ton orchestre, et tu vas y aller. Je ne suis pas du tout à faire varier les rythmes tout le temps. Tiens, il faut y aller, après on ralentit, on débranche tout, on refait, on repasse une page blanche. Non, je suis plutôt à la... Continuité, parce que les ruptures, surtout quand on a des gros chiffres d'affaires, ça peut être compliqué à gérer. Sinon, il faut être sûr de soi pour en avoir déjà fait par le passé. Il vaut mieux plutôt faire la continuité et gérer le legacy après, petit à petit. Mais c'est vraiment plus lié à mon mode de fonctionnement qu'au bouquin que j'ai lu. On peut appeler ça une sorte d'organisation un peu vivante qui ne va pas se remettre en cause fondamentalement, qui va juste... Est-ce que c'est apprendre en marchant ou en tout cas grandir progressivement ou s'adapter? C'est une rivière, en fait, il faut que tu arrives à choper le rythme de la rivière qui coule. De temps en temps, tu as des embranchements, de temps en temps, ça va créer un fleuve, tu entends un torrent, une cascade, mais il faut essayer toujours que ça coule. Si tu as un barrage quelque part, effectivement, c'est compliqué, ça peut déborder et tout.

Donc en fait, toi, tu es en avant et tu essaies de voir où va la rivière et tu essaies de faire couler l'eau. Tes équipes, elles attendent quoi de toi? Elles attendent qu'on leur explique, il y a une vision stratégique qui est énoncée par le top management. Ils attendent qu'on leur répète, qu'on leur donne la vision avec d'autres mots, qu'on leur donne une stratégie, de la visibilité, de la transparence. Ils attendent, je pense, de la confiance. Les gens sont aujourd'hui beaucoup, beaucoup en attente de confiance, de transparence. Quand ça va, on leur dit bravo. Quand ça ne va pas, on leur dit ça ne va pas. Ils attendent de moi, je pense, plutôt ça et que je garde mon sang froid quand ça ne va pas, pas, pas, pas du tout. C'est-à-dire qu'au moment des crises, effectivement, Ce qui arrive toujours quand on est tech, il y a... un moment toujours dans ton expérience dans l'entreprise, tu as une crise opérationnelle à gérer, à ce moment-là, les regards se tournent vers le CTO et dire, bon, c'est la merde, qu'est-ce qu'on fait ? D'ailleurs, tu as peut-être un moment à nous partager, alors peut-être pas de crise, ça peut être dans de la réussite ou au contraire, un magnifique cas d'école à ne pas faire, à nous partager peut-être.

Des échecs et des erreurs, il y en a un peu tout le temps. Des premiers, pas les matchs à la Coupe du Monde qui sont vraiment très bien passés, mais il y a des matchs, des événements sportifs qu'on a déjà plantés ou figés pour des choses bêtes souvent. Je dirais le point commun de tout ça, je pense que c'est l'ego du tech. Je pense que le plus gros ennemi du tech, du leader tech ou du développeur, de l'ingénieur, c'est l'ego. De penser qu'il va régler tous les problèmes, de penser qu'il n'y a qu'à faux cons, de penser... Je vais tenir le timing de penser qu'il est plus fort et qu'il va, oui, techniquement, on peut tout faire, mais l'ego, en fait, un peu d'humilité, je trouve, dans les techs, dans la manière d'appréhender les problèmes, d'être paranoïaque des fois, de ne pas être trop optimiste. Et des gros fails, c'était des fails pour des événements où on s'est planté parce qu'on... Ouais, non mais si, allez, ça va passer. Oui, c'est un super point que j'ai déjà vécu et je pense qu'on est pas mal à voir exactement de quoi tu parles, mais difficile de le détecter.

peut-être dans le quotidien. On arrive à la fin de ce podcast déjà, je n'ai pas vu le temps passer. Est-ce que tu aurais deux, trois conseils ou bonnes pratiques à partager auprès de tous nos auditeurs? La tech, c'est avant tout de l'humain en fait. C'est-à-dire qu'on doit gérer les hommes, on doit gérer les femmes, on doit, comme visait, faire attention à l'ego, gérer les changements, s'adapter aux gens, beaucoup plus qu'aux technos, c'est très simple. de s'adapter à une techno comme parler une autre langue, c'est des choses qui s'apprennent. Mais déceler tous les soft skills, déceler ce qui va, ce qui ne va pas dans le regard de quelqu'un, parce qu'il ne va pas le lire, parce qu'il ne va pas oser, parce qu'il ne sait pas le lire. Donc être très à l'écoute des signaux faibles, beaucoup plus finalement des fois qu'à l'aspect technologique, quel code, quel langage je fais. Au moment où on est prêt à appuyer sur le bouton, je dis« tu le sens comment? » et si je vois la peur dans le regard du mec qui va appuyer sur le bouton, je lui dis« attends un peu, on ne le fait pas». C'est déceler ça avant d'y aller.

C'est faire attention à l'humain dans ce sens-là. Merci beaucoup Thierry. Est-ce que tu viens au Tech.Rocks Summit? Oui, je serai là le 7 et 8 décembre, je crois, c'est ça? Absolument, le 7 et 8 décembre 2023 à Paris. Hâte de pouvoir rééchanger avec toi de visu. Merci beaucoup pour cette demi-heure que nous avons passée pour ce podcast de Tech.Rocks. Et je te dis à très bientôt et une excellente journée, soirée. Pareil, merci beaucoup.