Podcast Tech.Rocks

Plongée dans les tendances technologiques 2025

Podcast Tech.Rocks · 2 février 2025 · 28 min · en français

Résumé

Premier épisode 2025 du podcast Tech.Rocks : Antoine Chantalou (OCTO Technology) explore les défis clés des CTO et tech leaders pour l'année. Au programme : - un tour d'horizon des enjeux technologiques clés de 2025, avec un décryptage du Tech Radar 2025 d'OCTO Technology ; - les grandes tendances en software engineering, architecture, cloud et plateformes. Antoine partage aussi son parcours, sa vision de la tech et du rôle de tech leader, et ses réflexions sur l'impact de l'IA sur les organisations.

Summary

The first Tech.Rocks podcast episode of 2025: Antoine Chantalou (OCTO Technology) explores the key challenges facing CTOs and tech leaders this year. On the agenda: - an overview of the key technology issues for 2025, with a breakdown of OCTO Technology's Tech Radar 2025; - the major trends in software engineering, architecture, cloud and platforms. Antoine also shares his career path, his view of tech and of the tech leader's role, and his thoughts on the impact of AI on organisations.

Thèmes : Architecture & développement · Cloud, infra & ops

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

La tech, j'adore ça, j'adore être hands-on, avoir les mains dedans, être pas loin de la tech. Alors même si tu deviens tech leader, tu manages, mais de garder en fait cette proximité avec la tech. Il ne faut pas tomber dans le dogmatisme, il faut être ouvert. Et je pense qu'avoir une vision pour embarquer les gens, les gens avoir des convictions, c'est aussi une qualité du tech pour être tech leader. Mon sujet du moment, c'est tout ce qui est autour des tendances technologiques pour 2025. Et donc, on vient de publier un leaflet, c'est un petit bouquin de 40 pages qui s'appelle les TechRadar 2025. Bonjour à toutes et à tous, je suis Philippe Ensarguet, VP Software Engineering chez Orange. Mais c'est en tant que membre core de la communauté Tech.Rocks que je suis avec vous aujourd'hui. Je suis ravi d'accueillir dans ce nouvel épisode des podcasts Tech.Rocks, Antoine Chantalou, Head of Engineering chez Octo Technologies. L'objectif de ce podcast est de donner une vue à 360 degrés des principaux enjeux pour des CTO ou des leaders technologiques pour cette nouvelle année.

Donc avec Antoine, on parlera de software engineering et d'architecture, de data et d'IA, de cloud et de plateforme, et également du TechRadar 2025 d'Octo Technologies, auquel Antoine a participé activement. Donc bon épisode et sans plus attendre, allons à la rencontre d'Antoine. Première question très simple, Antoine, qui es-tu? Que fais-tu? Bonjour Philippe, bonjour à tous. Je suis Antoine Chantalou, responsable du software engineering chez Octo, comme tu l'as dit, et je suis partenaire. Octo, c'est une société de conseil et de réalisation IT basée à Paris. Et donc, moi, j'ai une équipe qui compte environ 200 développeurs et architectes. Pour être plus précis, 200 software crafters et architectes, parce qu'on est passionné du software craftsmanship, de l'architecture. On est tous passionnés par l'IT, c'est un peu le dénominateur commun. Donc aujourd'hui, je suis architecte au 360 avec tout de même une expertise pour... les architectures d'intégration et l'API.

Et alors, moins formellement, j'ai 46 ans, j'ai des passions plutôt de boomer, j'aime bricoler, j'aime le cinéma, plutôt le cinéma sud-coréen, japonais, américain, j'aime voyager et découvrir des nouvelles cultures. Et puis, j'assume totalement un côté un peu geek, j'aime tout ce qui touche à la technologie. Je suis en train de connecter un peu tout dans ma maison, y compris ce qui n'est pas connectable. Super, merci beaucoup Antoine. Pour rentrer dans le vif du sujet, je serais curieux peut-être de comprendre quel était ton parcours pour pouvoir arriver aujourd'hui dans le rôle qui est le tien. Mon parcours, j'ai un parcours je pense assez traditionnel. J'ai commencé il y a plus de 20 ans dans une USN en tant que développeur. Je développais en Java, si je me souviens en web, à l'époque c'était je crois du jQuery, donc c'était il y a longtemps. Et puis assez classiquement, je suis devenu tech lead. Je ne sais plus si c'est après un an, deux ans, tu commences à pouvoir encadrer des gens, des développeurs un peu plus juniors.

Donc tech lead d'abord en leur montrant le design applicatif, faire du software design, et puis un peu des architectures de projets d'applications un peu plus grosses. Et j'ai travaillé ensuite dans une banque pendant cinq ans. J'étais chef de projet technique et j'étais responsable d'une équipe socle qui développait un framework web, le framework web de la banque et l'usine logicielle. Donc une équipe... assez tech, très tech, avec un peu les développeurs plus plus. En fait, on était en charge des assets qui soutenaient tout le parc applicatif de la bande. Donc, je travaillais avec des gens très tech. Et puis, il y a 12 ans, je suis tombé amoureux de ma boîte actuelle, Octo Technologies. Et alors, je me souviens de mon entretien, quand j'ai passé un entretien. Je me suis présenté en tant que chef de projet technique. J'étais fier face au CEO, chef de projet. Et puis, je me souviens qu'à l'époque, il s'est mis à rire, chef de projet technique, mais tu as un vrai job, quelle application tu as codé, quelle architecture tu as bâti, c'est quoi ta stack de dev?

J'étais assez choqué, je me souviens. Je me suis dit, mais waouh, ils sont quand même super tech et très franc-tireur. C'est un peu calmé depuis parce qu'on a grossi, mais j'ai décidé de rejoindre la boîte sur le champ pour cette singularité. Et donc depuis, je me souviens, j'avais monté une équipe de tech autour des API. On était quatre, je me souviens, c'était dans un bar. Et on accompagnait des startups et puis des grands comptes autour des API. Et ça a grossi. Et ça marchait bien. Et ensuite, j'ai pris en charge plus de périmètres avec des gens à qui je travaille toujours aujourd'hui, des gens super, des experts autour du mobile, du web, des API, et pour enfin devenir le lead du software engineering. Je pense à un parcours assez classique avec une singularité. qui est quand même beaucoup de baigné dans la tech. Si tu devais, par exemple, citer un moment qui a été peut-être clé plus qu'un autre dans tes choix professionnels, lequel te viendrait tout de suite à l'esprit, finalement? C'est une super question. Je pense qu'un moment clé pour moi, ça a été de me dire, est-ce que je reste proche dans la tech ou pas?

J'ai fait ce choix après avoir travaillé dans cette banque, sur des socles techniques très poussés, puis après chez Octo. J'ai fait un choix, je pense, qui était un choix de carrière, de me dire que la tech, j'adore ça, j'adore être hands-on, avoir les mains dedans, être pas loin de la tech. Alors même si tu deviens un tech leader, tu manages, mais de garder en fait cette proximité avec la tech. Donc c'est un choix que j'ai fait, et je pense que c'est bien, parce que dans des discussions, on est dans l'IT, il y a besoin de beaucoup de choses, du métier, etc. C'est bien d'avoir des personnes qui sont capables de dire, ok, mais ça, tu vois, je vais le tester, je le teste demain, je suis hands-on, et de se faire des opinions quand même assez ancrées dans la réalité. Bon, c'est un choix que j'ai fait, je ne dis pas que c'est le seul choix, mais c'était un tournant, ce côté d'assumer mon côté tech. Oui, je trouve ça très intéressant. Et puis, on sent finalement, bien quand tu parles, la passion qui est associée. La prochaine question va peut-être te surprendre, mais c'est une question que je pose très souvent dans ce podcast. Petite question de sémantique. Pour toi, c'est quoi être un ou une tech leader?

Antoine, quelles sont les qualités à avoir quand on est un tech leader ? Un ou une tech leader, alors déjà, je pense que franchement, je pense que c'est le meilleur job du monde. Parce que je suis convaincu que, comme dit Mark Andreessen, il a dit ça en 2011,« Software is eating the world». Et donc, en fait, de la tech, du software, il y en a partout. Donc, je pense que c'est un job qui est aujourd'hui juste génial, parce que ça bouge. Mais je pense que c'est un job très difficile. Alors, je vais dire pourquoi. Je pense qu'il y a trois qualités essentielles pour être un ou une tech leader. Je pense que la première qualité, c'est de maîtriser la tech. Et on sait que dans ce monde, en fait, tout va très vite. Il y a, je dirais, c'est la fast fashion, ça change tous les jours. Moi, je me souviens, ça s'est extrêmement accéléré, je trouve, vers 2007, avec la digitalisation, je me souviens de l'arrivée du smartphone, l'iPhone. Et là, tout est allé très vite parce que l'informatique a pris une autre dimension avec l'arrivée du web, les API REST.

Je me souviens, le cloud est arrivé, les conteneurs, le DevOps. Et puis, l'impact sur la sécurité en allant sur le web avec OpenID Connect. Je me souviens qu'on faisait du SQL, mais est arrivé le NoSQL. Et puis, aujourd'hui, on peut continuer. Il y a l'AI, la GNA. Donc, maîtriser la tech dans un écosystème qui n'arrête pas de bouger. Donc, ça, c'est une qualité. Et je pense que pour ça, la clé, c'est de choisir des expertises. On appelle ça être T-shape skill. Donc, de dire, moi, j'ai une expertise T-shape. Par exemple, pour moi, c'est les architectes. l'intégration des API, c'est la barre verticale du T, mais il faut savoir avoir une barre horizontale du T qui ait un peu cette culture générale et suive la tech. Donc ça, je pense que c'est la première qualité. La deuxième, c'est, je pense, d'avoir une vision, c'est-à-dire avec ce foisonnement technologique, de dire, moi, j'ai quand même des convictions et de faire des choix. Quelque part, choisir, c'est renoncer. Alors, il ne faut pas tomber dans le dogmatisme, il faut être ouvert. Et je pense qu'avoir une vision pour embarquer les gens, les gens, avoir des convictions, c'est aussi une qualité du tech ou d'être tech leader. Et enfin, la troisième, dans Tech Leader, il y a leader.

Et donc, il y a évidemment toute la dimension de l'humain, des petits pôles. Et ça, je pense que c'est aussi une qualité à avoir. Et moi, je me souviens, quand j'ai commencé à manager à l'idée, je faisais des erreurs. Je me disais, tiens, voilà mon prisme. Il faut que tout le monde ait ce carcan, mes convictions, c'est ça, d'être un bon tech. Et en fait, pas du tout. J'ai appris que comprendre les gens, les gens sont différents déjà de nous, puis ils sont différents entre eux. Et au contraire, ils ont des qualités, des forces, des faiblesses. Et ce qui est intéressant, c'est de savoir les décrypter, de savoir tirer parti des forces des individus pour faire un collectif à la fin hyper fort et avec toute cette diversité. Bon bref, c'est ce que j'appelle moi le leadership Aïkido, le management d'Aïkido, c'est ne jamais aller à contre-courant, mais c'est utiliser un petit peu la force des gens. Bon, cette dimension humaine, donc voilà. Je pense que c'est effectivement maîtriser toute cette tech, ça va très vite, c'est avoir une vision, faire des choix, et puis toute la dimension humaine. pour le leadership. Antoine, tu as très bien parlé de la hauteur des vagues et la fréquence des vagues technologiques qu'on est en train de vivre.

Moi, il y a une question qui me paraît vraiment importante et qui souvent est inspirante pour notre audience, c'est comment tu te formes? Comment tu apprends? Qu'est-ce qui marche pour toi? Parce qu'on est tous différents dans notre façon d'apprendre et de découvrir, on est différents dans notre curiosité. Est-ce que tu as des routines? Est-ce que tu as outillé? cette veille ou cette exploration ? C'est une très bonne question, Philippe. Alors moi, je suis un peu dans un contexte assez particulier parce que moi, j'ai plutôt mon aspiration qui vient, mon aspiration quotidienne, qui vient principalement de mes collègues. Je baigne dans un environnement où il y a un foisonnement technologique. J'ai plein de collègues, de gens autour de moi qui sont des experts tech, des passionnés, qui font des missions dans des startups, des grands comptes. Et du coup, on apprend des choses, on teste des nouvelles trends, on parlera des tendances technologiques après. Mais du coup, déjà, ce qu'on fait en mission, et là, je suis très alimenté, influencé, et puis surtout, le fruit de notre R&D. Donc moi, en fait, je n'ai pas vraiment le problème de suivre la technologie parce que je baigne dedans et j'ai un écosystème qui est là-dedans.

Ma douleur à moi, c'est plutôt de trier et de faire des choix. Et de me dire, en fait, ça, je vais le creuser. Tiens, ça, est-ce que ça va marcher? C'est plutôt le foisonnement d'informations et le tri. Donc, je n'ai pas cette problématique d'aller chercher l'info, de faire du pool, de tirer, mais plutôt trier. Et ça, c'est lié à mon contexte, je dirais. Du coup, c'est quoi la dernière formation ou certification que tu as suivie ou passée? Alors, je ne suis pas un super élève, mais je vais répondre de manière transparente. Je n'ai pas passé de certif récente. Je m'étais posé la question, les trois cloud providers, mais du coup, tu en fais une, je veux faire les deux autres. Je tiens à ce côté T-Shape et 360. Je me souviens, par contre, il n'y a pas longtemps, il y a eu, je pense que tout le monde en a entendu parler, l'explosion, la déferlante. GNI, si vous n'avez pas entendu, c'est que vous étiez sur une île déserte, comme dans le film, c'est quoi, Castaway, Solo Monde. Et en fait, j'ai entendu rapidement un débat, mais tiens, c'est bien, la GNI, les assistants de code pour aider les développeurs dans l'IDE, ou c'est pas bien, il y a eu tout un débat.

Et là-dessus, je me suis dit, je vais me former. Donc, j'avais suivi une formation, un training chez Microsoft. Et puis tout de suite, end zone, c'est un peu moi comment je fonctionne. On a un ordinateur, on a un laptop, une connexion Internet. Tac, on prend la solution. Et j'ai testé tout de suite, moi j'ai pris Copalot sur Appui d'Atteinte d'Outils. Dans un script, je me suis fait un script, tiens, parce que j'avais des besoins pour sortir des métriques sur des KPI pour une performance, etc. Et tac, j'ai utilisé dans plusieurs scénarios ça dans un projet. Et là, je me suis fait mon avis à moi là-dessus. Et du coup, je suis sorti avec des convictions. Je ne suis pas un exemple à suivre là-dessus, mais plutôt une approche hands-on et on fait. Ok, très bien. Je suis certain qu'il y a un ouvrage particulier qui a structuré ta carrière ou en tout cas qui a donné une orientation particulière. C'est quoi? Alors dans mon cas, je pense que ça serait probablement moi reste avec Roy Fielding. Je pense que les spécifications HTTP et puis tout ce qui reste, moi a changé je pense ma carrière.

Je suis tombé amoureux du web à ce moment-là, je ne sais plus si c'était en 2005. Et on peut tout faire en web avec des archi-web, c'est un peu je suis tombé dans la potion magique du web grâce à ça donc je citerai Roy Fielding Il y a d'autres architectes qui m'ont extrêmement influencé. Martin Fowler, je me souviens des ouvrages sur l'architecture d'entreprise, les design patterns ou les systèmes distribués. Et puis, je me souviens, c'était en 2012, quand j'ai rejoint Octo, ils avaient déjà publié« Les géants du web». Et c'est un ouvrage qui m'a influencé, qui m'a marqué, où on expliquait, mais regardez comment font Facebook, comment travaille Google en termes de méthodaux, de technologies, des patterns d'architecture, et le build versus buy, etc. Mais en fait, comment on peut utiliser ça dans les entreprises en France? Alors, il ne faut pas tout importer, il y a des choses bien, il y a des choses moins bien, mais c'est un ouvrage qui m'a marqué. Dernière question avant de passer peut-être dans un vif du sujet plus technologique. Être tech leader, c'est aussi savoir interagir avec son écosystème. Comment toi, tu interagis avec tes pairs?

J'ai déjà pas mal de pairs. Nous, on est à peu près 900 dans la boîte, donc beaucoup d'experts tech. Mais au-delà, c'est souvent en conférence que ça se joue, participer, assister à des événements tech. Soit on assiste à des confs, on talk. Et là, il y a beaucoup de monde et on peut créer des contacts. Moi, je vais souvent à API Days parce que j'ai quand même cette expertise d'intégration et d'API historique. DevOps, par exemple, Tech.Rocks. Chez nous, chez Octo, on a la DocConf, qui est une conférence autour de l'architecture. Je ferai un talk d'ailleurs en mars à la prochaine édition. Il y a l'UZI aussi chez Octo, où on prend de la hauteur. Et donc là, je rencontre des gens fantastiques de différents... En milieu, et puis des fois, ça crée des discussions autour d'un café, et puis on garde des contacts, puis on se fait un petit réseau. Voilà, j'en suis un peu là, je pense à étendre mon réseau, et souvent grâce aux conférences tech. Je serais curieux de savoir ce qui te motive en ce moment. C'est quoi ton gros sujet? Mon sujet du moment, c'est tout ce qui est autour des tendances technologiques pour 2025.

On vient de publier un leaflet, c'est un petit bouquin de 40 pages, qui s'appelle les TechRadar 2025. Et donc, on a essayé avec mes collègues, plusieurs experts chez Octo, de donner notre vision sur les tendances technologiques pour 2025. Et donc, on a fait ça autour de trois axes. Un, le software engineering et l'architecture. Moi, je suis plutôt expert là-dedans. Et puis, avec d'autres collègues, sur deux autres thématiques, le cloud and platform engineering, où on parle de cloud, de plateforme, de DevSecOps, etc. Et puis, aussi sur la partie, évidemment, data et AI, où là, on a effectivement une grosse tendance avec la poussée de la Gen AI. Donc, un tech radar 2025, c'est ma préoccupation. Et j'ai aussi sorti un autre bouquin, alors plus épais, qui s'appelle OctoPulse. Un pulse pour Octo donne le pouls de la tech et cette fois on donne le pouls de la tech avec un ouvrage qui fait je crois 146 pages donc beaucoup plus en profondeur et cette fois c'est sur les tech trends c'est la vision des tech trends mais détaillée autour du software engineering et de l'architecture Tu l'as dit, choisir, c'est savoir renoncer.

Du coup, j'ai envie de te dire, mais tu as choisi quoi comme thème 2025? Et surtout, ce qui est peut-être encore plus intéressant, c'est pour quelles raisons? Effectivement, la plus grosse difficulté, c'est de choisir les thèmes dont on pense que ça va être les bons thèmes pour 2025, pour pouvoir essayer de voir comment on peut aider nos clients à les apprivoiser, et donc trier. Alors, il y en a beaucoup. Si je devais, je pourrais en choisir peut-être trois, trois tendances technologiques autour de l'architecture qui me semblent importantes. La première, c'est la première. ce serait les architectures composables. C'est l'idée d'avoir des architectures, c'est un peu un paradigme dont on entend parler depuis longtemps, d'avoir des systèmes qui s'empilent, qui communiquent un peu comme des Legos, très composables. Et très concrètement, la meilleure implémentation qu'on a aujourd'hui, c'est les Mac architectures. Pour microservices, API first, cloud native et headless. Donc, Edless est peut-être un peu moins connu que les autres paradigmes. Donc, Mac, c'est un peu One Architecture pour Rules and All.

C'est en gros des paradigmes qu'on utilise depuis 2000, 2007, 2015. Et aujourd'hui, l'acronyme, c'est MAC. Alors ça, c'est une façon de faire des archi-composables, mais attention, il ne faut surtout pas tomber dans ce dogmatisme Mac partout. Je pense que la meilleure façon de faire du composable aujourd'hui, c'est le retour du bon vieux monolithe avec le Majestic Monolithe. Et donc, le Majestic Monolith, c'est l'idée de faire des monolithes, des choses plus monolithiques, mais découpées proprement, prêtes à être demain découpées sous forme de microservices, etc. Donc, souvent, en alignant les domaines, en disant, voilà, j'ai différents domaines dans mon monolithe et je le découpe avec du DDD, CleanArchie, etc. Donc, Majestic Monolith. La deuxième tendance, ça c'est les architectures composables. La deuxième, je pense, est tout aussi importante, c'est le paradigme Brownfield. Et alors Brownfield, c'est quelque chose dont on voit effectivement que là, dès le début de 2025, on le voit un peu partout, c'est la volonté de reprendre le contrôle du système legacy. existants. On a pas mal d'entreprises qui ont des SI avec des applications, donc il y a peut-être une temporalité, et où on se pose la question, est-ce que je réécris cet asset, est-ce que je lance une refonte Greenfield?

Et on voit une tendance de dire, mais attendez, on va essayer quand même de faire avec ce qui est là. Et donc concrètement, pourquoi on fait ça? Il y a toujours la volonté de faire des innovations, d'aller vite, mais on a un peu en 2025 toujours des tensions un peu économiques, un contexte qui est un peu compliqué, et donc ce n'est peut-être pas le moment de lancer des projets à plusieurs millions et peut-être risquer de refondre sur 1, 2, 3, 4 ans. Et donc, on a une tendance de réapprivoiser avec une démarche brownfield un système existant. Techniquement, comment ça se fait? C'est utiliser des paradigmes qu'on connaît bien, façader un système avec une API façade, c'est reprendre le... Contrôle, changer le geste, mettre du craft, etc. Et tout ça, ça se mesure avec les Dora Metrics pour revenir un petit peu à démontrer qu'on arrive à livrer fréquemment, etc. Donc ça, c'est reprendre le contrôle de l'existant. C'est une vraie tendance de fond. Et pourquoi? Parce qu'il y a un enjeu énorme sur le numérique responsable qui nous incite, en fait, on se rend compte que Tristan Nito le dit très bien chez nous, chez Octo, que la loi de Moore est peut-être plus, depuis 2015, est peut-être plus vérifiée.

C'est-à-dire qu'on ne double pas la puissance informatique, on ne double pas tous les deux ans. On voit depuis 2015 pour les CPU, on a une raréfaction des ressources matérielles. Et donc, on voit qu'on fait un espèce de retour avec une frugalité pour moins empiler des milliers de serveurs peut-être sur le cloud et réutiliser, capitaliser sur nos archives, nos infrastructures. existantes. Donc ça, c'est le brand field. Je terminerai avec un truc de tarte à la crème, c'est l'architecture Zero Trust. On voit qu'aujourd'hui, on arrive aux limites de la sécurité périmétrique parce qu'effectivement, on a des archis plutôt distribués, de plus en plus distribués depuis les 15 dernières années. On en parlait avec Mac. Et donc, comment tout ça s'interopère sur le web? On n'est plus dans des VPN avec des douves et des crocodiles, un système qui est fermé avec des firewalls. Et aujourd'hui, comment on ouvre sur le web pour sécuriser? Curiser en profondeur ce système, et la réponse, c'est la Zero Trust, avec souvent la mise en œuvre de protocoles très connus comme OpenID Connect. Je m'arrête là, je pourrais en parler trois heures sur la partie. Très bien.

Merci beaucoup Antoine. Le temps passe vraiment très vite en ta compagnie. Malgré tout, il y a une ou deux questions complémentaires que j'aimerais te poser en essayant d'optimiser un petit peu notre timing. Moi, je vois vraiment monter une trajectoire très forte autour du platforming. Il y a une montée en puissance maintenant depuis 3-5 ans autour du platform engineering qu'on positionne comme une approche qui permet de répondre non pas aux limites du DevOps, mais aux limites des N-Dev et des N-Ops, évidemment avec un focus très fort sur l'efficience et la productivité. Sauf qu'on sait tous que la génération de valeur, elle se fait beaucoup plus sur les couches métiers et fonctionnelles. Et du coup, comment est-ce que toi, tu vois ce platforming des business capabilities? C'est une super question, Philippe. Je pense qu'effectivement, on voit depuis les 20 dernières années, le niveau d'abstraction ne fait que monter dans l'IT. On l'a bien vu avec le cloud, les solutions packagées. Et finalement, on en est arrivé à le serverless.

Pourquoi pas coder directement dans une iframe et ne pas avoir d'environnement de développement? Je développe dans mon navigateur Internet. Et puis, mon runtime, il est masqué derrière. Moi, je vois juste un navigateur. Donc, il y a cette volonté d'abstraction. Tout est un peu automagique. Et effectivement, je ne mentionne même pas le low-code, no-code, et pourquoi pas la GNI, mais l'abstraction monte. Pour passer le moins de temps possible sur la partie, je dirais, les basses couches, tech, infra, et pour mettre beaucoup d'énergie plutôt dans le métier, dans la partie fonctionnelle. Donc, oui, c'est une tendance. Et ça continue clairement, on le voit aujourd'hui. Alors, par contre, je pense qu'on ne se coupera jamais de la tech et des basses couches. Et je vois trois, quatre raisons à cela. La première, c'est que pour les sujets stratégiques, pour tous les produits stratégiques, en fait, c'est important quand même de maîtriser et d'être capable de descendre plus bas, à plus bas niveau, pour faire quelque chose de différenciant. Si on ne fait que cliquer sur les mêmes solutions éditeurs, etc., il faut quand même être capable de faire quelque chose de plus mec et tirer parti de la technologie qui peut être dans les basses couches.

Pour les produits, les choses un peu stratégiques, on voit que la tech peut devenir indifférenciant. La deuxième raison, c'est la sécurité, c'est être capable de dire« je vais quand même faire du à façon parce que je suis peut-être une banque, j'ai des problématiques sur des données très stratégiques ou des traitements que je veux garder chez moi. » Et donc là, être quand même souverain et maîtriser les choses. Donc ça, ça peut faire redescendre aussi le niveau d'abstraction. Je pense aussi à tout ce qui est FinOps. On a vu les dernières années, on s'est engouffré, on a cliqué, on a généré plein de VM, plein de choses en ça sur le cloud. Et finalement, des fois, des factures mal maîtrisées. Et donc, c'est bien aussi de se dire des fois, en fait, je n'ai pas besoin. Alors, pour plein de sujets, j'ai besoin des services managés, du cloud, de tirer parti de ça parce que le time to market est fondamental. Quand je suis sur la phase d'innovation, quand je suis sur le gross, grossir mon produit, Et puis, il y a des fois, en fait, je veux juste maintenir mon parc, C'est des applications que je dois maintenir. Et la vitesse n'est plus le premier levier, mais je dois plutôt réduire les coûts. Et là, il faut essayer d'être capable de faire des choses plus à façon et peut-être avec une volonté de maîtriser les coûts. Et puis le dernier, j'en ai parlé, c'est tout ce qui est Green IT, Green Ops.

c'est avec la volonté un petit peu d'avoir des choses frugales et de ne pas empiler avec des choses automagiques d'abstraction, mais de faire des choses peut-être de plus bas niveau, plus simples, parce qu'on se soucie un petit peu de la réaffection des ressources matérielles. Donc voilà, ça monte, ça monte, mais je vous ai donné quatre exemples de réserves. Très bien. Écoute, Antoine, je vais te poser une dernière question, mais je pense que c'est vraiment intéressant autour de l'IA. Mais la question que j'ai envie de te poser autour de l'IA, en fait, elle n'est pas sur la dimension technologique, elle est beaucoup plus dans la dimension évolution des organisations ou des fonctionnements des entreprises dans leurs activités. Je serais curieux de voir ce que vous avez extrait, justement, des tendances et ce que vous voyez arriver. Ok, alors effectivement, il y a la Defendant AI avec la Gen AI. Il y a un impact qui est évident sur le change, l'aspect change, c'est d'encourager tous les métiers à utiliser ces technologies, pas forcément de forcer, mais de mettre à disposition les outils et puis de laisser les gens tester et monter en compétence.

Je ne pense pas qu'il y ait un risque énorme en disant« mais attendez, l'IA…» tout casser, prendre le job de tout le monde. Là-dessus, effectivement, il y a les IA enthousiastes qui disent« Non, mais ça va remplacer tout. Demain, 90% du code qu'on trouvera sur GitHub sera le fruit de la Gen AI, etc. » Ça peut être vrai. Et puis, il y a un peu les IA réactionnaires qui disent« Mais non, tout ça, c'est une mode qui va tomber. » Alors moi, je suis un peu au milieu. À dire, comme James H. Huang, CEO de Nvidia, que l'IA ne volera pas le job, l'emploi, mais par contre, quelqu'un qui utilise l'IA, il faut faire attention, c'est très puissant. Donc, je veux dire, c'est une... opportunité dans tous les métiers, il faut utiliser, il ne faut pas être alarmiste, qu'on soit dev, ops, métier, marketing, etc., utiliser les outils. Je pense que c'est vraiment le sujet de change sur l'ORGA qu'on va avoir en 2025. Il y en a un deuxième, je vais vite, c'est un enjeu sur le travail en remote ou en hybride. Aujourd'hui, on constate qu'on soit promoteur ou détracteur du télétravail, on voit qu'il y a quand même beaucoup de software engineering distribué pour faire des logiciels en étant distribué en mode hybride, avec une archipélisation des lieux de travail.

Et c'est aussi un sujet de change, où il y a un peu un conflit générationnel entre les boomers qui veulent le retour en mode caméra café, dont je fais un peu partie, et puis la Gen Z qui dit, moi, je veux être développeur digital nomade dans un pays où il fait beau, etc. En tout cas, il y a beaucoup d'hybrides. Et puis, je dirais, attention, à la fin, la tech, c'est important. On voit qu'il faut peut-être changer nos carrières past tech. Alors, past tech en deux mots, pas le fruit, mais de dire faire des carrières pass pour la tech. Parce qu'il faut attirer les pépites de la tech, il faut former des pépites de la tech pour avoir de la bonne tech en France. Et ça, ça passera par changer un peu nos chemins de carrière pour les adapter aussi, pour avoir des profils qui font de la tech sur la durée. Voilà un petit peu les trois choses que je vois sur la partie organe et notamment avec l'IA en premier point. Merci Antoine. On arrive à la fin de ce podcast. Est-ce qu'il y a une dernière chose que tu... aimerait partager avec nos auditrices et nos auditeurs. Je ferai juste une petite synthèse.

Si cet échange vous a intéressé, on a parlé de pas mal de choses, n'hésitez pas à aller voir sur le site Octo et à retrouver soit notre ouvrage Tech Radar, si vous voulez un parcours en largeur pour voir d'autres tech trends de 2025, ou alors si vous voulez zoomer plus, un parcours en profondeur, la publication Octopulse, où là vous avez vraiment 146 pages sur le détail des tendances technologiques, mais pour le software engineering et l'architecture. Donc voilà, je vous dirais, si ça vous intéresse, écoutez, continuez, puis j'espère qu'on se croisera pour parler de ces tendances clés, tendances tech en 2025. Antoine, un immense merci pour ce podcast que j'ai trouvé personnellement vraiment inspirant et instructif. Et à très vite pour de nouveaux épisodes de podcast Tech.Rocks. Merci infiniment à toi, Philippe. Merci à Tech.Rocks.