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Podcast Tech.Rocks
L'Humain au cœur de l'IA pour une productivité durable
- Arthur Magne (CPO, Packmind)
- Nathalie Lamy (VP of Engineering, enseignement et conseil en organisation et management tech) — interview
Podcast Tech.Rocks · 12 octobre 2025 · 31 min · en français
Résumé
Épisode de la série consacrée aux speakers du Tech.Rocks Summit 2025. Arthur Magne raconte son parcours chez Packmind, de CTO à son rôle actuel de CPO, un changement guidé par l'évolution fulgurante du marché, notamment avec l'arrivée de la GenAI. Il revient sur l'histoire de Packmind, créée en 2014 face au constat d'une qualité logicielle parfois insuffisante dans de grands projets. D'abord centrée sur la recherche autour de la dette technique et du software craftsmanship, la société aide aujourd'hui les entreprises à améliorer leur code et leur productivité en donnant aux agents d'IA le bon contexte pour générer un code conforme aux standards internes. Arthur souligne l'importance des rencontres et des conférences dans son parcours : elles l'ont fait passer du software craftsmanship aux approches Lean comme le Dantotsu, des concepts autrefois marginaux devenus clés pour tirer un véritable gain de productivité de l'IA. Il partage sa vision du tech leader, qui ne doit pas appliquer de « playbook » universel mais comprendre finement le contexte de chaque entreprise : la technique et l'humain sont indissociables, et l'objectif reste d'éviter le gaspillage de temps. Au Summit, il intervient sur la productivité des équipes de développement avec la GenAI : état des lieux des usages concrets et bonnes pratiques simples, notamment via le Context Engineering.
Summary
An episode in the series dedicated to Tech.Rocks Summit 2025 speakers. Arthur Magne describes his path at Packmind, from CTO to his current role as CPO, a change driven by the rapid shifts in the market, notably with the arrival of GenAI. He looks back on the story of Packmind, founded in 2014 in response to sometimes inadequate software quality in large projects. Initially focused on research into technical debt and software craftsmanship, the company now helps businesses improve their code and productivity by giving AI agents the right context to generate code that complies with internal standards. Arthur stresses the importance of encounters and conferences in his career: they led him from software craftsmanship to Lean approaches such as Dantotsu, once-marginal concepts that have become key to getting real productivity gains from AI. He shares his view of the tech leader, who should not apply a universal "playbook" but understand each company's context in depth: technology and people are inseparable, and the goal remains to avoid wasting time. At the Summit, he speaks about development team productivity with GenAI: an overview of concrete uses and simple good practices, notably through Context Engineering.
Thèmes : IA · Architecture & développement
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
La réalité, c'est que maintenant, toutes les entreprises veulent passer à l'agentique et au développement avec de l'intelligence artificielle. Et en fait, si elles veulent obtenir des vrais résultats et justement des vrais gains de productivité, elles doivent embrasser maintenant ces mouvements qui sont le software from the chip et le lean, etc. Pour moi, un ou une, dont Tech Leader, c'est quelqu'un qui comprend complètement son contexte. Bonjour à toutes et tous, bienvenue dans un nouvel épisode de notre série thématique qui est dédiée à nos speakers de notre prochain Tech.Rocks Summit qui se tiendra les 1er et 2 décembre 2025 au Théâtre de Paris. Je suis Nathalie Lamy, VP Engineering pendant plus de 25 ans dans l'industrie télécom et objets connectés et aujourd'hui je fais du conseil en organisation et management d'équipe technique. Aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir Arthur, Arthur Magne, CPO chez PacMine. Bonjour Arthur. Et bonjour, bonjour Nathalie. Pour ceux et celles qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter en quelques mots?
Oui, alors moi, je suis Arthur Magne, je suis CPO aujourd'hui de PacMagne, j'en étais CTO à la création de l'entreprise, donc on pourra peut-être en parler aussi lors de ce podcast. Ça fait un peu plus de dix ans, du coup, qu'on travaille dans la qualité logicielle et aujourd'hui, je suis... Ce rôle un peu d'expert sur la partie intelligence artificielle et Gen AI dans les équipes. Donc, c'est un sujet qu'on va pouvoir aborder aujourd'hui. Et justement, tu as dit en introduction que tu as été CTO, tu es CPO. Quand on s'est parlé avant ce podcast, tu m'as dit parfois je suis CPTL. Donc, est-ce que tu peux justement un peu dire quelles sont tes missions chez PacMine aujourd'hui? Oui, tout à fait. Alors, en fait, j'ai commencé comme CTO parce que je raconte un petit peu l'histoire de Packmind après, mais j'avais vraiment ce côté garant de la technique. en interne. Et au fur et à mesure des années, à force de parler avec des clients, les entreprises qu'on a eues pendant un peu plus de dix ans maintenant, J'ai passé beaucoup de temps sur le terrain avec les équipes à voir comment les équipes s'organisaient, justement les équipes tech.
Et petit à petit, je me suis rendu compte qu'avec l'évolution rapide dans l'IT, surtout depuis qu'on a la Gen AI qui est arrivée, il faut se tenir au courant chaque semaine, tous les jours même, des nouveautés, de ce qui sort, de comment les entreprises fonctionnent sur l'utilisation justement de copydotes, cursors, des agents, etc. Et en fait, c'est un travail à plein temps. Je ne peux plus gérer en interne la partie tech pour nous et en même temps suivre justement les évolutions du produit qu'on doit faire pour s'adapter au marché, à la vitesse à laquelle il évolue aujourd'hui. C'est Cédric, mon associé cofondateur, qui a repris le rôle de CTO interne. Et moi, je suis CPO pour accompagner les entreprises qui vont utiliser notre solution et pour voir surtout comment ça se passe aujourd'hui sur le marché. Mais j'ai aussi ce rôle de CTO parce qu'il y a ce rôle de fil de CTO qui existe également, qui est un petit peu le côté CTO, mais en externe. Donc, ce n'est pas le CTO interne pour notre équipe, mais c'est plutôt de voir comment est-ce que les entreprises vont utiliser notre solution.
En fait, j'ai un rôle de CPO, mais technique aussi, vu que je suis évidemment développeur à la base. Il y a ce côté technique qui revient. Oui, ce n'est pas toujours simple de bien séparer les rôles. Je pense que ça s'adapte aussi en fonction de la situation. des profils qui sont dans une entreprise et il n'y a pas forcément une organisation qui fonctionne partout. Justement, on va revenir sur l'histoire de Packmind. Est-ce que tu peux un peu raconter quand est-ce que tu as créé la boîte? Qu'est-ce que vous faites concrètement? Et rentrer un peu plus dans les détails de votre mission. Surtout que c'est le point important parce que c'est l'histoire de PacMind qui nous a amené là où on en est aujourd'hui. Et c'est ça qui m'a amené à parler justement au Tech.Rocks Summit. Parce que c'est toute l'évolution pendant ces années qui ont permis de voir l'évolution du marché justement et d'avoir ces retours d'expérience. Comment ça s'est passé? En fait, il y a un peu plus de dix ans, en 2014, je terminais mon... Mon stage dans une grande ESN pour un grand compte, un grand client, un truc très barbant, on va dire, assez classique, où
on travaillait sur un projet en Lotus Notes, donc vraiment un vieux langage, tout le code était dans le même fichier, la qualité en fait était vraiment assez catastrophique et c'était très différent de ce que j'avais pu voir justement à l'université. Et ça m'a un peu choqué d'arriver dans ce monde où je me dis, on apprend des choses pendant plus de cinq ans à l'université sur la qualité logicielle, les tests d'architecture, etc. En fait, on arrive dans le monde réel. Et quand je voyais ce que faisaient mes collègues à l'époque, je me rendais compte que chaque projet était très différent, qu'il y avait une différence de qualité et de niveau de maturité sur les projets qui était énorme. Je me suis dit comment ça se fait que pour des grandes entreprises comme celle pour laquelle je travaillais, on puisse arriver à des niveaux de qualité aussi catastrophiques. Et en fait, aussi par chance, pendant que je faisais mon stage, mon maître de stage qui était Xavier Blanc, qui aujourd'hui est directeur du laboratoire de recherche de Bordeaux, cherchait quelqu'un pour cofonder une startup sur la qualité logicielle.
Ça tombait bien parce que moi, j'étais en plein dans la non-qualité logicielle. Donc, ça a permis, tout de suite, je me suis jeté évidemment sur ça, même s'il y avait des risques, évidemment. Quand j'ai vu le potentiel, je me suis dit que ça allait être super intéressant. Donc en fait, Packmind a été créé à ce moment-là, ça s'appelait Promise d'ailleurs à l'époque. L'histoire, c'est qu'on est parti du laboratoire de recherche de Bordeaux. C'était à la base des sujets de recherche autour de la dette technique. Donc, qualité logicielle, dette technique, architecture, etc. Petit à petit, au fur et à mesure des années, on a travaillé sur des sujets de gamification, d'adapté technique. On est passé sur un aspect un peu culturel dans les équipes. Parce que la dette technique, ce n'est pas juste un sujet tech, c'est plutôt un sujet culturel et d'humain derrière. Je pense qu'il y a eu beaucoup de podcasts et de discussions sur Tech.Rocks justement sur ces sujets-là. Et donc, on a travaillé sur cette gamification, on a travaillé sur la performance des équipes IT. Et petit à petit, du coup, on en est amené à faire évoluer un peu notre produit sur du partage de connaissances dans les équipes et de l'animation justement des équipes techniques.
Donc, j'en parlerai après quand on parlera plutôt des rencontres marquantes justement de notre vie. Mais il y a eu l'arrivée Vient du software craftsmanship, de tout ce qui était justement culture de l'excellence, etc. Au bout de quelques années, on a vraiment essayé d'intégrer ça dans notre entreprise et dans la solution. Et évidemment, en 2021, arrive la Gen AI, arrive GitHub Copilot, arrive une nouvelle manière de développer, quelque chose qui change radicalement quand même aujourd'hui notre quotidien dans les équipes tech. Et quand on a vu ça, on s'est tout de suite posé la question de ça va avoir quel impact sur la qualité des entreprises, justement des systèmes techniques, ça va avoir quel impact sur la dette technique. Parce que quand on a du code qui est généré par des agents IA qui vont se référer à du code générique qui est peut-être de très mauvaise qualité, comme celui sur lequel j'ai commencé dans les grosses ESN, on ne veut pas retrouver du code comme ça sur des projets récents. Et on a besoin justement d'avoir du code qui correspond à nos standards de qualité, qui correspond à notre contexte technique, etc.
Et pour autant, quand ces outils sont sortis en 2021-2022, ils n'ont pas du tout mis le focus sur la qualité. Quand on regardait le marketing de GitHub Copilot ou d'autres solutions, on n'était plus sur la production de code, comment on va faire en sorte qu'il y ait beaucoup de gens dans les équipes qui utilisent ces outils et qui produisent beaucoup de code. Donc, on était beaucoup sur la production de code, le nombre de lignes de code produites, etc. Mais on mettait un peu la dette technique de côté. Et le risque, justement, c'était qu'à utiliser beaucoup d'agents IA pour générer du code de mauvaise qualité, en fait, on fait de la dette technique, on va dire, avec un peu de délai, qui va arriver dans six mois, dans un an. Et là, en fait, on va être incapable de reprendre ce qui va se passer derrière. Donc, la dernière évolution qu'on a fait sur l'entreprise ImpactMind, ça a été de se dire comment on s'intègre à ces agents IA pour leur transmettre le bon contexte technique, justement, des équipes, des bons standards, des bonnes recettes, on va dire, de développement qu'on va avoir en interne, et s'assurer que ces agents IA, que ce soit Copilot, Cursor, Augment, Code ou autre, appliquent à la lettre nos standards, nos recettes, etc.
Pour qu'on puisse itérer plutôt sur l'input, sur ce qu'on va transmettre à ces agents, et qu'on n'itère pas sur l'output, ce que font la plupart des entreprises, c'est-à-dire j'ai du code généré par l'IA, ce n'est pas forcément ce que je voulais, j'itère, c'est repris en revue de code, etc. Et c'est là justement où on perd beaucoup de temps. Ok, super intéressant le lien entre la technique et l'humain, je trouve. Et chez PacMind, vous êtes une entreprise de quelle taille? Vous êtes toujours à Bordeaux? On est une dizaine de personnes aujourd'hui. Donc, on a pas mal de gens qui nous accompagnent aussi, qu'on ne compte pas forcément dans l'équipe. On est en full remote. Donc, on a des bureaux, le siège qui est quand même à Bordeaux. Moi, je suis juste en dessous de Royan, en bord de mer, en full remote. On a des gens qui sont à La Rochelle, à Besançon, notre CEO qui est à Boston. Donc, on a une équipe qui est assez distribuée. Et le fait d'être en full remote, d'ailleurs, c'est arrivé évidemment avec le Covid, comme la plupart des entreprises. Mais ça nous force aussi à avoir une culture de l'écrit et une organisation qui est beaucoup plus carrée que ce qu'on a.
qu'on avait avant justement, qu'on se voyait tous les jours dans les locaux. Et je trouve que le fait que ça nous force à avoir cette culture et ces contraintes et cette rigueur, c'est super intéressant parce que c'est aussi quelque chose qu'on peut transmettre aux agents IA. J'en parlerai justement dans mon talk, mais l'idée, c'est que ces agents qui vont travailler avec nous dans le quotidien, Ils n'ont pas la capacité de nous écouter tout le temps, de comprendre nos sentiments quand on se parle, etc. Et donc, ils ne vont bénéficier que de ce qu'on a écrit. que de ce qu'on a inscrit quelque part. Et si on n'a pas une culture comme ça de l'écrit, justement, de la transmission, on va avoir du mal à communiquer avec ces agents et ils vont faire des choses assez génériques qui ne correspondent pas à ce qu'on veut. Donc, on va dire que le côté full remote qu'on a nous a aidé aussi à bien appréhender ces outils et à pouvoir les utiliser dès le début avec beaucoup de contenu, beaucoup de contexte qu'on a pu leur transmettre. Je ne sais pas, Packmind, vous accompagnez des entreprises justement pour les aider avec vos outils à améliorer la qualité de leur code, etc.
Du coup, le marché de Packmind, c'est européen, c'est mondial. Et quelle est un peu votre vision du marché actuel? Alors, en fait, ça va s'adapter, ça va être important pour toutes les entreprises qui font de l'IT, qui font du développement logiciel. Par contre, c'est justement le premier point important que je partagerai dans le talk, c'est vraiment qu'il y a une hétérogénéité qui est énorme entre les entreprises. Comme je le disais au début, il y a quelques années, c'était surtout celle qui n'avait pas de test, celle qui avait du code de mauvaise qualité versus les entreprises qui avaient travaillé sur la qualité, sur l'architecture, etc. Maintenant, ces entreprises qui ont investi sur la qualité, sur la culture de l'écrit, on les retrouve souvent en avance par rapport aux autres sur l'utilisation de la GNI et donc sur la productivité qu'elles vont avoir en utilisant des outils comme Copilot ou autres parce qu'elles ont un code de bonne qualité avec des standards carrés qu'elles peuvent transmettre à ces outils-là. Et donc, ces entreprises vont être… être vachement plus performante.
Donc ça, c'est super intéressant. Et pour nous, en termes de marché, ça veut dire que vu qu'on fait une solution qui va nous permettre de faire confiance à l'intelligence artificielle à l'échelle quand on fait du développement, Évidemment, on cible des entreprises qui utilisent de l'intelligence artificielle, ce qui n'est pas le cas pour le monde. Aujourd'hui, on voit quand même encore beaucoup de monde qui soit n'ont pas d'outils comme GitHub Copilot ou d'autres solutions comme ça, ou alors démarrent juste. Donc, c'est encore en phase de POC avec ces outils-là. Ensuite, on a des entreprises qui utilisent ces outils, mais vraiment à 10% des capacités, c'est-à-dire j'utilise d'autocomplétion de Copilot et je me retrouve avec un IDE un peu plus performant que ce que j'avais avec mon IntelliJ de base, par exemple. Mais en fait, je ne bénéficiais pas vraiment des gains de productivité que je pourrais avoir avec l'IA. Et donc, on a des entreprises qui vont plutôt utiliser d'agentique et qui vont utiliser le mode agent de ces solutions-là. Et donc, ils vont passer en mode vraiment, eux, des copilotes qui vont rédiger du code. Et donc, comment est-ce qu'eux, ils se comportent bien en tant que copilote pour transmettre les bonnes informations?
Et nous, on va vraiment adresser ces entreprises-là qui sont en train de faire ce mouvement vers la partie agentique. C'est un marché qui évolue très vite. Il y a six mois, il était assez émergent. Aujourd'hui, c'est vraiment extrêmement différent. Et ce qui est bien, c'est que des entreprises se rendent compte que c'est la course à ceux qui seront les plus productifs et qui tireront le plus de bénéfices de ces solutions d'IA. Et donc, tous les budgets sont mis là-dessus. C'est-à-dire qu'il y a plein d'entreprises qui sont en train de se faire des choses. On se dit que les budgets sont coupés sur telle ou telle solution, etc. Par contre, on a des lignes budgétaires sur la partie intelligence artificielle, évidemment. Toutes les entreprises, évidemment, toutes les startups se mettent vite sur la partie intelligence artificielle parce qu'on sait qu'on va avoir des budgets là-dessus. Mais en gros, nous, on va quand même avoir ce qu'on appelle notre ICP, le IDL Customer Profile, qui est vraiment ciblé sur des entreprises qui sont quand même assez grandes pour avoir ces problématiques de scale. Donc, on va dire au moins 30, 50 développeurs et qui, justement, cherchent à obtenir des bons bénéfices avec l'intelligence artificielle.
Dans ton parcours, est-ce qu'il y a des moments, des rencontres ou peut-être des lectures d'ailleurs, qui t'ont inspiré et qui t'ont aiguillé finalement dans tes choix professionnels? Alors effectivement, ça a été surtout ça l'évolution de ma vie professionnelle, ça a été des rencontres. La toute première, dont je parlais tout à l'heure, c'était Xavier Blanc, qui est directeur du labo de recherche de Bordeaux. Donc tout de suite, cette rencontre m'a permis de rentrer dans le bain de la gestion d'adeptes techniques, de la qualité logicielle, du côté recherche. On a fait beaucoup d'articles de recherche autour de cette partie qualité logicielle. Donc là, c'était la phase très recherche pendant les premières années de la startup qui était vraiment super intéressante. Ensuite, il y a plein de choses qu'on ne connaît pas quand on sort de l'école. Et notamment, j'ai eu des rencontres dans des conférences. C'est surtout les conférences qui m'ont aidé à... à rencontrer des gens. J'ai même organisé BDXIO à Bordeaux, puis des Agile Tours, etc., ce qui permet de rencontrer encore plus de monde.
Et dans ces conférences, j'ai rencontré des gens comme Julien Topsu ou Cyril Martraire, très influents sur le software craftmanship, justement, la partie artisanat logiciel et qualité. Et à ce moment-là, du coup, On a vu que les concepts clés du software craftsmanship étaient ultra importants par rapport aux messages qu'on véhiculait et à notre solution. Donc, on a... pour intégrer ces concepts dans notre solution au mieux. Ce qui m'a amené aussi à faire un peu d'enseignement en école. J'ai fait pas mal de cours et d'interventions autour du software craftsmanship. Pas mal de conférences autour de ça. Ça a été, il y a quelques années, vraiment focalisé là-dessus. Et ensuite, au fur et à mesure des échanges, je suis rentré en contrat avec Dimitri Bali, dans l'organisation aussi de Tech.Rocks, qui m'a fait découvrir Tech.Rocks. Donc là, ça a été un accélérateur, évidemment, vers beaucoup plus de rencontres très rapidement, des rencontres de super qualité. Et grâce à Dimitri, j'ai pu rencontrer des gens comme Fabrice Bernard, Théodo, Régis Medina, qui là parlaient beaucoup de Lean.
On n'est plus vraiment sur le software craftsmanship, mais on est sur le mouvement en Lean, avec d'autres méthodologies ultra intéressantes comme Dantotsu, qui est une méthodologie, par exemple, pour apprendre de tous les bugs qu'on a eus, de toutes ces erreurs, et de se dire à chaque fois que j'ai un bug sur notre production ou quoi que ce soit, je vais essayer de comprendre la root cause justement de ce bug d'âge et tout un process en fait que je peux mettre en place pour m'assurer que plus jamais dans l'histoire de l'entreprise, on ait le même type de problème qui revienne. Et donc là, ça passe par la culture de l'écrit, évidemment, il faut tracer ce qui s'est passé derrière, la culture aussi de l'amélioration continue dans les équipes, de prendre ce recul à chaque itération sur qu'est-ce qu'on peut améliorer sur notre manière de faire, etc. Et donc ça, c'est aussi des choses qu'on avait intégrées dans Packmind avant que l'intelligence artificielle arrive un petit peu partout. Tous ces concepts, on a essayé de les transcrire dans la solution. Et ce qui est super intéressant, je trouve, et ça fera aussi un petit peu la trame de mon talk, c'est que le software craftsmanship et le lean, c'est des mouvements super importants que certaines entreprises poussent à fond et ont des résultats exceptionnels, comme Conto, par exemple, ou des entreprises de ce type-là avec le lean.
Et pour autant, je trouve que c'est des mouvements qui ont échoué globalement dans l'entreprise, dans l'industrie, que ce soit en France ou aux États-Unis ou dans le monde. En fait, on a très peu d'entreprises qui suivent ces mouvements ou très peu d'équipes qui sont... Qui vont suivre les concepts du craft, du lean, etc. Ça reste vraiment une minorité des entreprises en France ou dans le monde. Et quand on en parle justement avec Julien ou avec les autres personnes, c'est quand même le constat. On va rester sur une niche. Nous, c'était ce qu'on s'était dit un petit peu au début. Est-ce qu'on est vraiment en train de travailler sur une niche en faisant du craft et du lean? Ce qui peut faire peur, surtout aux investisseurs. La réalité, c'est que maintenant, toutes les entreprises veulent passer à l'agentique et au développement avec de l'intelligence artificielle. Et en fait, si elles veulent obtenir des vrais résultats et justement des vrais gains de productivité, elles doivent embrasser maintenant ces mouvements qui sont le software crime, le chip et le lean, etc., qui en fait vont nous pousser vers une culture de l'écrit, qui vont nous pousser vers une excellence technique sur comment est-ce qu'on gère justement notre architecture, etc.
Sur le côté mentoring aussi qu'on va avoir derrière. Avant, on le faisait avec... des personnes juniors qu'on allait mentorer, etc., qu'on allait essayer d'aider. Maintenant, c'est notre GitHub copilote qui est notre Padawan, on va dire. Et on doit lui transmettre justement toutes les choses qu'on a apprises au fur et à mesure de notre vie, avec tous les apprentissages même de l'entreprise. Plus on a une grosse entreprise, plus on doit avoir d'apprentissage. Et plus ça va être impactant pour ces agents IA. Et ça me fait assez plaisir de voir que ces mouvements qui auraient pu tomber un peu dans l'oubli, parce qu'au début de la sortie de Copilote, j'ai entendu beaucoup de personnes dire« Ah, maintenant le craft, le TDD, l'archi, etc. C'est mort complètement parce qu'on va faire du vibe coding. donner des promptes assez génériques, on va avoir un résultat, regardez, en 5 minutes, j'ai eu un truc que j'aurais pu faire en 2 mois, c'est génial, etc. Oui, alors ça marche pour des petits POC qu'on veut faire rapidement, des choses assez simples. Évidemment, après plusieurs années d'utilisation, on le voit avec tout le monde, ça ne passe pas du tout à l'échelle dans des conditions complexes, parce qu'en fait, L'IA, elle est là pour générer du code, c'est bien.
Mais le plus important, c'est la compréhension du métier, du besoin, des specs, de l'architecture, de nos contraintes, etc. Et donc, on a besoin justement d'aller plus loin que du Vibe Coding. Et donc, ce qu'on voit avec le craft et le lean, ça se rapproche maintenant de ce qui s'appelle du context engineering. Qui est l'évolution du vibe coding, on va dire. Il y avait le vibe coding pour les gens qui sont un peu has-been sur, voilà, on fait du vibe coding, c'est très bien, on envoie des promptes, on a du code et puis ça nous donne des bons résultats. Maintenant, les gens parlent beaucoup plus de context engineering. C'est-à-dire, comment je transmets le bon contexte à mon agent ou mes agents qui vont travailler pour moi, pour qu'ils puissent faire en autonomie une tâche complexe, des tâches complexes, et derrière que je n'ai pas à itérer et à passer quatre jours à retravailler ce qui a été produit, où là je vais vraiment perdre du temps. Donc c'est bien parce que je trouve que le contexte engineering, j'ai vu assez peu de postes ou de personnes parler de ça, mais c'est un peu la vision que j'ai. Alors ce serait intéressant justement que j'en parle avec d'autres personnes, même au Summit. C'est vraiment que le contexte engineering, ça a repensé. prend aussi justement tous ces apprentissages qu'on a eu pendant des années avec le craft, le lead.
Beaucoup d'inspiration et d'échanges apparemment avec d'autres CTO, d'autres tech leaders. Et justement, sur cette notion de tech leader, il y a une question qu'on aime bien poser à tous nos speakers et à tous nos participants au podcast. C'est qu'est-ce que c'est pour toi un ou une tech leader? Parce que c'est un terme qui peut vouloir dire un peu tout et n'importe quoi. Et du coup, déjà, c'est quoi pour toi? Et pour toi, quelle qualité il faut avoir pour être un bon tech leader? C'est une super question, parce que justement, c'est... Des discussions qu'on a eues avec beaucoup de personnes, que ce soit dans la communauté Tech.Rocks ou dans des conférences. Justement, quand on reprend les valeurs du software craft net chip sur le mentoring, sur le compagnonnage, ça reprend beaucoup de concepts qui viennent justement du monde industriel, de l'industrie, de l'artisanat. Où on va avoir justement cet apprentissage continu avec tout le monde. Ça donne tout de suite l'image de c'est quoi un mauvais tech leader ou une mauvaise tech leader.
Pour moi, c'est des personnes qui arriveraient avec un playbook dans leur tête de solution technique, par exemple, ou d'une solution précise, et qui iraient essayer de le pousser dans n'importe quel contexte. Qui ne vont pas s'adapter justement à leur contexte. Et j'en ai vu beaucoup des gens comme ça, qui avaient une vision de quelque chose, même ça peut être technique, je ne sais pas, du TDD ou d'autres choses. et de se dire, moi j'ai appris que ça c'était la bonne manière de faire, donc je viens te répéter que c'est la bonne manière de faire. Ça pour moi, c'est plutôt quelqu'un qui va exécuter quelque chose et qui peut être très bon techniquement, d'ailleurs sur de l'architecture hexagonale ou autre, mais qui ne va pas du tout nous aider à progresser dans l'entreprise. A l'inverse, pour moi, un ou une bonne tech leader, c'est quelqu'un qui comprend complètement son contexte. Son contexte, c'est les contraintes qu'on va avoir. Par exemple, chez nous, la contrainte, c'est qu'on est 10, on n'a pas 50 développeurs, développeuses, et donc on n'a pas la capacité d'aller aussi vite que Cursor ou Copilot, etc. Sur plein de choses. Donc, on ne va pas aller forcément chercher des fonctionnalités qui ont déjà ces outils-là.
Les contraintes, ça va être justement à qui on s'adresse, c'est quoi notre marché, c'est quoi nos compétiteurs, etc. Et donc, en fonction de tout ça, du niveau des personnes de notre équipe aussi, est-ce qu'on a des gens en reconversion, est-ce qu'on a des gens qui sont plutôt experts, est-ce qu'on a des gens qui s'entendent bien ou pas, parce qu'il y a l'aspect humain qui est important. En fonction de tout ça, de toutes ces contraintes, et évidemment des objectifs qu'on a, donc de la valeur qu'on veut fournir, on doit être capable, en tant que tech leader, de prendre tout ça, de tout mélanger, de tout bien orchestrer, organiser, et d'obtenir dans le temps imparti, parce qu'en fait, notre contrainte sur laquelle on ne peut jamais déroger, c'est le temps. Le temps, il s'écoule. Et si on a un mois pour faire quelque chose, on a un mois pour faire quelque chose, qu'on soit 4000 ou qu'on soit 10, c'est pareil. Et donc, comment on peut faire pour, avec nos contraintes justement, délivrer le maximum de valeur? faire tout ce qu'on a pu pour délivrer le maximum de valeur dans le temps imparti. Et vraiment, cet aspect-là, c'est important, parce que ça veut dire qu'il faut avoir une compréhension du marché, de la technique, de tout ce qu'on va avoir derrière comme contrainte.
Et c'est là où l'IA ne pourra pas nous remplacer, je pense, parce que tout ce que je suis en train d'expliquer, à transmettre tout ça à une intelligence artificielle, en gros, c'est prendre tout ce qu'on a dans le cerveau et le transmettre. Donc, ce n'est juste pas possible. Et c'est là où on a besoin d'humains pour moi. Et donc, quelqu'un qui a un bon tech leader ou une bonne tech leader, c'est quelqu'un qui est capable justement de savoir comment ne pas gaspiller son temps et donc regarder en arrière et se dire, là, ce qu'on a fait, c'est le mieux qu'on ait pu faire. Donc, même si on s'est planté, je ne sais pas pour X ou Y raisons, on a fait vraiment du mieux qu'on a pu. On a découvert des choses petit à petit, on s'est adapté, etc. Mais on a réussi à ne pas gaspiller notre temps. C'est vraiment sur ça que je mettrais l'accent. Ok, super. Super intéressant. Et ce que je trouve super intéressant, C'est le parallèle entre ce que tu as dit sur l'IA tout à l'heure, le context engineering, donc apporter du contexte. Et là aussi, tu reparles de contexte, d'avoir que le tech leader, le ou la tech leader doit avoir tout le contexte de son entreprise dans sa tête.
Et que finalement, les deux, il y a un parallèle un peu entre les deux, c'est que... Faire des choix, c'est faire des choix par rapport à une situation donnée, un contexte donné, à un instant donné. Et aussi le parallèle sur l'amélioration continue, puisque là, c'est ce que tu viens un peu de dire. d'écrire aussi sur le fait qu'avec les éléments qu'on avait, peut-être qu'on n'a pas eu le résultat qu'on aurait espéré, mais en tout cas, on a fait du mieux qu'on pouvait avec les éléments qu'on avait. Et ce qui compte, c'est aussi de faire le bilan et de s'améliorer pour la suite. Donc, super intéressant. Et je te propose que tu nous parles un peu de ton intervention au Tech.Rocks Summit, sans évidemment tout dévoiler pour que les gens viennent écouter la conférence. Le 1er et le 2 décembre. Est-ce que tu peux, en quelques mots, nous dire de quoi tu vas parler, quel va être le sujet et aussi pourquoi c'est important pour toi de parler de ça? C'est un sujet qui va tourner autour de la productivité des équipes de développement avec la Gen AI.
Donc, un sujet plutôt dans l'air du temps, en tout cas. En fait, ce que j'ai voulu faire dans ce talk, c'est partager vraiment le retour d'expérience qu'on a pu avoir. Qui a un mélange de retours d'expérience d'autres entreprises. On est allé, par exemple, avant l'été à San Francisco, dans les docos de Meta, pour voir des meetups sur la productivité avec la Gen AI. Il y avait des gens de Uber, des gens de Netflix, des gens de Microsoft, de Meta qui étaient là et qui partageaient leurs retours d'expérience sur ce qui marchait bien, ce qui marchait moins bien, etc. C'est des choses qu'on a pu avoir aussi beaucoup en France. Là, on y retourne au mois d'octobre. On retourne à New York en deux semaines, au Dev New York. On retourne à GitHub Universe à San Francisco à la fin du mois. Donc vraiment, la chance qu'on a chez Packmind, c'est qu'on est un peu neutre. On va dire qu'on n'est pas une entreprise qui développe un produit très précis. On travaille sur les gains de productivité pour les entreprises IT. Donc, ça fait que depuis 10 ans, on rencontre beaucoup, beaucoup de CTO, de personnes, tech leaders, justement, sur ces équipes-là.
Et on leur pose toujours la même question. C'est quoi tes problématiques autour de la productivité? Comment ça se passe? Qu'est-ce que tu as mis en place, etc. Donc là, l'idée de cette conférence, c'est vraiment que je puisse partager un état de zard, déjà aujourd'hui, fin 2025, de comment les entreprises utilisent la Gen AI et pourquoi on a des gains de productivité qui sont aussi différents, des équipes d'anthropiques, des équipes de... Des banques et des assurances en France, etc. C'est assez énorme, en fait. L'hétérogénéité, le terrain se creuse, le fossé se creuse vraiment énormément. Et donc, je vais essayer de partager des tips aussi sur qu'est-ce qu'il ne faut pas faire et c'est quoi les bonnes choses à faire pour réellement gagner en productivité. Ce qui est intéressant, c'est que c'est un peu comme le mouvement Craft ou Lean. Il y a des choses très simples à mettre en place, mais vraiment que n'importe quelle entreprise, même une équipe avec des gens en reconversion, pourrait mettre en place et qui les rendrait dix fois plus performantes qu'une équipe avec que des seniors. Et ces tips, on peut les voir qu'en discutant avec les gens, qu'en voyant sur le terrain comment ça se passe.
Le but de ma présentation, c'est d'essayer de partager ce retour sur l'état de l'art aujourd'hui, que ce soit en France ou à l'étranger, et qu'est-ce qu'on peut mettre en place facilement pour progresser. Ça va évidemment parler de contexte engineering, qui est un des éléments clés pour réellement gagner là-dessus. Mais pas que ça. Il y a vraiment plein de choses qui tournent autour de ça et qui sont assez faciles à mettre en place. Le but, ce n'est pas de sortir un framework safe numéro 2 en 50 étapes que personne ne pourra appliquer. Donc, en tout cas, C'est super intéressant comme prise de parole et je pense que ça va permettre au public de prendre du recul sur leurs pratiques et aussi avoir une vision. Un peu 360 sur ce qui existe en dehors de leur entreprise, parce que je pense que c'est aussi pour ça que les leaders viennent à la conférence, pour s'ouvrir à d'autres pratiques. Et par contre, je pense que ça va être un enjeu pour toi de préparer ta conférence, sachant la vitesse à laquelle ça évolue en ce moment.
Tu vas devoir modifier le contenu de ta conférence peut-être jusqu'au dernier moment. Je suis déjà en train de le faire régulièrement. Effectivement, ça va tellement vite que je sais qu'on doit envoyer des slides, par exemple, un petit peu avant. Si ça se trouve, c'est pour ça que je vais essayer de faire des slides assez génériques, avec très peu de choses dedans, parce que je pense que jusqu'au dernier moment, comme tu dis, on n'est pas à l'abri qu'il y ait des dingueries qui sortent de certaines entreprises ou quoi que ce soit en novembre, par exemple. Donc, le but, ce n'est pas que je fasse une conférence de comment c'était bien en juillet d'utiliser l'intelligence artificielle. Non, c'est vraiment le jour J. C'est quoi l'état de l'art? Merci beaucoup. J'espère que ces quelques éléments, et maintenant les auditeurs te connaissent mieux et vont venir le 1er et le 2 décembre pour t'écouter. Je ne sais plus, tu passes quel jour? Je passe de 2, donc le mardi, vers 15 ou 16 heures. J'espère que ça aura donné envie à tous ceux et toutes celles qui nous écoutent de venir t'écouter le jour J.
Je te remercie beaucoup pour cet échange. C'était vraiment très riche et très intéressant. J'adore ce parallèle tech et humain. C'est vraiment... Ce en quoi je crois le plus. Bonne journée à toutes et tous. On se retrouve pour le Tech.Rocks Summit 2025, les 1er et 2 décembre, au Théâtre de Paris. Merci beaucoup, Nathalie. Merci à toi pour toutes les questions et effectivement tous les échanges qu'on a eus pendant le podcast et même avant le podcast sur ce sujet. Effectivement, je reprends ce que tu dis, mais pour moi, le point principal, c'est d'avoir ce mix entre l'humain et la technique. Ça a toujours existé. Et maintenant, pour bénéficier justement de tout ce qui sort avec l'intelligence artificielle, c'est comprendre comment l'humain vient s'insérer là-dedans. Et donc, en fait, on refait encore une boucle avec quelque chose qui existait déjà. Ça existait largement avant l'intelligence artificielle. En fait, ces entreprises vont être obligées, toujours pareil, de travailler sur l'humain, sur les interactions, la culture, etc. Merci encore pour tous les échanges et pour cette interview.
Merci Arthur.
