Tech.Rocks Summit 2023

La nouvelle ère du son : de la recherche aux usages sonores du quotidien

Tech.Rocks Summit 2023 · 7 décembre 2023 · 60 min · en français

Résumé

Comment mieux relier recherche et marché ? Filiale technologique de l'Ircam, Ircam Amplify développe des technologies audio dans une démarche éthique et responsable. Frederic Amadu présente la construction de ce modèle. La session se clôt sur une performance de l'artiste DeLaurentis, qui illustre la collaboration entre l'humain et la machine.

L’essentiel

Le CTO d’IRCAM Amplify, filiale de valorisation de l’IRCAM, explique comment transformer des résultats de recherche sur le son en produits, en exploitant non seulement les publications mais aussi les outils et le savoir-faire des laboratoires. La session se termine par une performance de l’artiste DeLaurentis et un échange avec elle.

Pour réfléchir à la collaboration entre une équipe produit et un laboratoire de recherche, et à l’équipe nécessaire pour passer d’un résultat de recherche à un produit.

Les idées clés

  1. Exploiter tout l’iceberg du laboratoire. Frédéric Amadu distingue la partie visible (les publications), les chemins explorés et les outils que les chercheurs se sont construits sans les publier, que l’on ne découvre qu’en discutant avec eux, et le savoir-faire accumulé. Exemple : des outils de transformation de voix chantée ont permis de recréer en quelques mois la voix du général de Gaulle pour un reportage du Monde. à 8:42
  2. Chercheurs et industriels ne parlent pas le même langage. Le chercheur vise un résultat qui fonctionne « dans 99 % des cas » et une publication reconnue par ses pairs ; l’entreprise doit répondre au bon moment, avec une maturité qui progresse au contact des utilisateurs. D’où une équipe spécifique : des profils PhD ou post-docs proches du laboratoire, puis des ingénieurs en traitement du signal, puis des équipes de livraison. à 18:20
  3. Aller chercher les laboratoires. Il conseille de repérer les publications et les laboratoires d’un domaine avec Google Scholar, puis de les contacter pour comprendre leurs outils : face à un défi qui semble impossible, un chercheur répond parfois l’avoir déjà fait quatre ans plus tôt. à 24:37

Questions pour votre équipe

L’intervenant est le CTO d’IRCAM Amplify, qui commercialise les technologies présentées (notamment une plateforme d’API) ; les projets clients sont décrits sans chiffres. La seconde partie est une performance musicale suivie d’un échange avec DeLaurentis, artiste qui utilise les outils de l’IRCAM, et non un retour d’expérience technique.

Chapitres

  1. Présentation
  2. Parcours et découverte de l’IRCAM
  3. L’iceberg du laboratoire
  4. Deux visions : chercheurs et industriels
  5. Trouver un laboratoire et plateforme d’API
  6. Questions de la salle
  7. Performance de DeLaurentis
  8. Échange avec l’artiste

Summary

How can research and the market be better connected? Ircam Amplify, the technology subsidiary of Ircam, develops audio technologies with an ethical and responsible approach. Frederic Amadu explains how this model was built. The session closes with a performance by the artist DeLaurentis, illustrating collaboration between human and machine.

Thèmes : Impact & numérique responsable

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Excusez-moi, c'est moi qui étais en retard, alors je vous ai quand même un peu pressé pour être là pile poil après 10 minutes. Donc vous l'avez compris, en fait, on va faire une école des fans et on va vous demander de venir nous chanter quelque chose. Parce qu'on aime bien se quitter comme ça avec beaucoup de micros. Non, pas du tout. Donc certains d'entre vous, ce midi, ont vécu une expérience un peu hors du commun. Une expérience sensorielle. Philippe, est-ce que tu as vécu une expérience sensorielle ce midi? Non? Écoute, peut-être que tu vas en vivre une maintenant, parce que nous allons continuer à discuter justement du son. Vous savez qu'il y avait cette expérience de« on mange un carré de chocolat et suivant ce qu'on entend, il peut changer de goût». Là, c'est de nouveau une nouvelle façon d'utiliser le son et la recherche des usages sonores au quotidien. Et pour ça, je vous demande d'accueillir Frédéric Amadou, le CTO d'IRCAM Amplify, s'il vous plaît. Alors, cher Frederic, bonsoir. Est-ce que vous avez besoin d'une remote?

Alors, je vous propose un truc simple, parce que si vous êtes là, on ne va pas bien vous... Ouais, voilà, c'est merveilleux. Est-ce que si on se met là, on est bien? Oui? Tout le monde voit bien? Surtout en haut, la cachée, Madame, notre grande réalisatrice Hélène. On est tout OK? C'est parfait. Je vous laisse démarrer. Eh bien, merci. Merci à vous. Eh bien, lorsque j'avais 12-13 ans, j'étais déjà passionné de technologie, de musique et d'informatique. Et à cette époque-là, je faisais du piano, du synthétiseur. Et j'avais très envie de savoir comment ces sons étaient générés, à la fois les sons acoustiques, les sons numériques. Et mes parents m'ont emmené aux portes ouvertes d'un laboratoire qui s'appelle IRCAM à Paris, qui est un laboratoire de recherche en musique et en acoustique. Et alors là, j'ai découvert un lieu incroyable. On était dans les années 90, début années 90, et j'ai pu expérimenter à cette époque-là du son à 360 qui était diffusé par des réseaux de haut-parleurs tout autour de moi, avec des sons qui provenaient dans tous les sens.

Il y avait là aussi des synthétiseurs qui pouvaient... Je vais rejouer le chant de la synthèse sonore. Et puis, il y a des machines qui pouvaient transformer les sons à l'infini. Et lorsque je suis sorti de là, je me suis dit, mais quand je serai grand, c'est ça que je veux faire. En 2020, j'ai rejoint en tant que directeur technique la société IRCAM Amplify, qui est la filiale de valorisation industrielle du laboratoire IRCAM. Et du coup, aujourd'hui, des fois, je me dis peut-être que ça y est, maintenant, je suis grand. Alors un laboratoire en recherche musicale, qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce qui se passe à cet endroit-là? L'IRCAM, c'est un lieu qui se trouve à côté du Centre Pompidou, qui a été créé en même temps que le Centre Pompidou, et qui est finalement le répondant de ce qui est l'image de la sculpture au Centre Pompidou, la peinture. En fait, c'est la déclinaison sonore.

Et donc, à cet endroit se trouvent des chercheurs, mais aussi des artistes, des compositeurs, des acousticiens qui se posent la question de comment trouver de nouvelles façons de produire le son et comment aussi l'utiliser de manière différente, alors à la fois pour des artistes, pour des compositeurs, mais finalement aussi dans notre vie de tous les jours. Parce qu'en fait, sans le savoir, vous connaissez déjà l'IRCAM. Quand vous promenez dans les rues, aujourd'hui, il y a tout un tas de voitures électriques. Et il y en a... Il y en a une en particulier qui a un son qu'on reconnaît entre tous, notamment parce que c'est une société française qui fait la voiture, c'est la Renault Zoé. Et en fait, le son que produit la Renault Zoé, et ce son a été créé au laboratoire IRCAM en collaboration avec Renault. Et en fait, ils se sont posé la question de qu'est-ce que doit être le son d'une voiture électrique. Parce qu'il ne faut pas qu'elle fasse du bruit, c'est l'intérêt de faire des voitures électriques, mais en même temps, il faut que les piétons, lorsqu'ils sont dans la rue, sachent qu'il y a une voiture qui passe par là, et que ça s'intègre correctement dans le paysage urbain.

Et donc, toutes ces questions-là ont été posées au laboratoire ERCAM, et ils l'ont résolue avec le son de cette voiture. Un autre exemple, aujourd'hui, dans nos téléphones portables, on utilise quasiment tous des solutions pour écouter la musique dans le streaming. Et puis, vous écoutez vos morceaux de musique et lorsque c'est fini, finalement, le système vous propose d'autres morceaux de musique. D'autres morceaux de musique qui sont en rapport avec ce que vous venez d'écouter, avec vos goûts, mais aussi peut-être des choses qui sortent un peu plus de vos habitudes. C'est les systèmes de recommandations musicales. Et en fait, l'IRCAM, il y a déjà 10-15 ans, travaillait déjà sur cette question-là. Et ils ont produit des solutions logicielles qui sont aujourd'hui intégrées dans ces solutions. Dans le laboratoire IRCAM, il y a plusieurs équipes. Notamment, par exemple, une équipe qui travaille sur l'analyse et la synthèse des sons. Ils travaillent beaucoup sur la voix. Et aussi sur l'analyse de tous les sons. Par exemple, on a pu travailler notamment avec GoPro, qui a un petit logiciel de montage vidéo qui a la particularité de, pour savoir comment faire un montage vidéo, on est content d'en faire ses vidéos, mais on ne sait pas comment monter ça.

Par contre, on a une envie musicale, on met une piste sonore, la piste sonore est analysée, et le montage vidéo va se faire automatiquement sur le rythme de la musique. Cette technologie qui détecte le rythme automatique de la musique et qui va contrôler le montage vidéo, c'est une solution qu'on a développée avec IRCAM pour GoPro. Il y a une autre équipe qui travaille sur la modélisation physique, c'est très passionnant ce qu'ils font. Modélisation physique de l'acoustique, donc en fait c'est comment créer un modèle numérique qui va simuler ce qu'il se passe en physique, en acoustique autour d'un instrument de musique. Aujourd'hui on appellerait ça un jumeau numérique d'un instrument de musique, mais c'est vraiment cette thématique là et on est capable de recréer tout ce qui se passe de complexe en acoustique dans un instrument de musique. Il y a une équipe qui travaille sur l'interaction entre le mouvement et le son. Par exemple, ils sont capables d'instrumenter quelqu'un en mettant des capteurs sur lui. Et la personne, quand elle va danser, elle va danser. produire elle-même sa propre musique. C'est vraiment cette interaction entre le son et le mouvement. Et si avec vos enfants, vous avez été à la Philharmonie des enfants, il y a une installation qui a un pupitre de chef d'orchestre et les enfants se mettent devant et lorsqu'ils vont bouger les bras, battre à la mesure, lever les mains, baisser les mains, la musique va changer, va jouer plus vite, plus lentement, plus forte.

Ça aussi, c'est le laboratoire IRCAM qui est derrière ces technologies. Il y a tout un tas d'autres choses. Le design sonore, c'est ceux qui ont fait notamment le travail sur la voiture Renault Zoé. Et alors, ce laboratoire, on voit qu'il y a des choses très intéressantes et finalement un potentiel aussi commercial, technologique de déclinaison produit qui peut être très intéressant. Ce n'est pas si évident et si facile de partir d'un résultat de recherche d'un laboratoire qui fait de la recherche expérimentale et essayer de construire un produit pour aller répondre à des besoins industriels. Et donc justement, chez IRC Amplify, c'est ce que nous faisons. Nous sommes la filiale de valorisation technologique. Notre rôle, c'est de construire des produits technologiques innovants, la plupart du temps logiciels, qui s'appuie sur le meilleur du résultat de la recherche d'un laboratoire et qui va venir s'adresser à des marchés.

Et donc, pour faire ça, il va falloir transformer. modifier, expérimenter sur le terrain et en créer un produit pour répondre à des industriels. C'est vraiment ce que nous faisons tous les jours. Et alors pour pouvoir justement animer tout ça et que ça fonctionne bien, La première chose à faire, c'est bien comprendre ce qu'est un laboratoire. Alors un laboratoire, leur métier principal, c'est de construire des innovations, ce qu'on appelle des publications. Donc finalement, c'est la partie visible de ce qu'ils font, ce pour quoi on les connaît. Mais c'est plus complexe que ça, un laboratoire. Il y a la partie visible et la partie invisible. Et notre travail, c'est de savoir utiliser la pleine puissance de cet iceberg. Alors, en fait, pourquoi je l'image par un asmerc?

Parce que dans un laboratoire de recherche, on peut le voir en trois niveaux. Alors, comme je disais, il y a la partie visible, c'est la partie sur laquelle ils vont publier leurs résultats. Il peut y avoir des journaux, des médias qui vont en parler. On entend parler de tous les laboratoires. Mais il y a une partie qui est encore plus intéressante que lorsqu'on veut faire de la valorisation industrielle de ça, c'est tous les chemins qu'ils ont explorés pour en arriver là. Et ces chemins, ils sont très longs en recherche. Ce n'est pas le temps, on n'est pas sur le même temps que... que l'industrie, un laboratoire de recherche, peut travailler 3 ans, 6 ans, 10 ans sur une thématique avant d'arriver à ce résultat. Et donc pendant tout ce temps-là, ils vont passer par plein de phases d'expérimentation, d'échecs, de réussites et de mise au point d'outils qu'ils vont utiliser pour eux-mêmes pour arriver à leur fin. Donc ça, c'est une partie intéressante. Et après, il y a le savoir-faire latent qui est dans ces laboratoires. La plupart des grands laboratoires français, CNRS, INRIA, L'IRCAM existe depuis longtemps, l'IRCAM existe depuis 40 ans.

Il fait 40 ans que des gens viennent là pour traiter la musique, le son sous toutes ses formes. Donc il y a un très grand savoir-faire sur toutes les questions qui entourent le son pour l'IRCAM, puisque c'est sa spécialité. Alors, je vais revenir sur, je disais que la partie visible, c'est la publication. Alors, qu'est-ce que c'est une publication scientifique, une publication académique? Finalement, c'est un document que les chercheurs vont rédiger une fois qu'ils sont arrivés à avoir craqué la recherche. Et ils vont écrire là, finalement, la recette de par où ils sont passés, qu'est-ce qu'ils ont réussi à faire. Pour que d'autres scientifiques puissent s'en inspirer, essayer d'aller plus loin, et qu'ils sachent que si on veut faire quelque chose qui ressemble à ça, il y a des chemins à ne pas prendre, donc tout est écrit, et souvent c'est aussi appuyé par des résultats numériques, objectifs, subjectifs, qui prouvent qu'il y a une nouveauté. Leur intérêt, c'est de pousser la science et avoir un intérêt scientifique là-dessus.

On a parlé en introduction, certains d'entre vous, à 13h, 14h, ont pu expérimenter le son du chocolat. La manière d'aller sonoriser un chocolat, sonoriser un objet, ça s'appuie directement sur un résultat de recherche publié par le laboratoire IRCAM. qui s'appelle notamment la méthode SPIC. Alors le principe de ça, c'est l'équipe justement de design sonore de l'IRCAM qui a mis ça au point. Il s'agit de finalement trouver quel est le rapport entre la description qu'on va faire d'un produit. Alors là, c'était le chocolat, donc la saveur du chocolat, le croustillant qu'il y a dans le chocolat. On l'a déjà expérimenté avec des vins, des champagnes, avec des parfums. Et tout l'enjeu de la méthode MisoPoint, c'est de pouvoir convertir ce qu'un créateur de produits, toutes les émotions et toutes les particularités qu'il a mis dans son produit, vont être déclinées en son.

Et comment on y arrive? C'est parce que l'IRCAM, pendant longtemps, a travaillé sur ce qu'on appelle la psychoacoustique. La psychoacoustique, c'est comment le cerveau interprète les sons. Pourquoi on trouve qu'un son est agréable? Pourquoi on trouve qu'un son est agressif? Et il l'a couplé à la neurosciences. Et finalement, on sait aujourd'hui que finalement, dans notre cerveau, quand on trouve un son agréable, quand on trouve qu'un son est rugueux, un son est pétillant, finalement, ça se rapproche aussi de la sensation olfactive. La vue, le toucher, tout ça marche ensemble. Et quand on trouve quelque chose est très agréable, c'est parce que tout ça a bien marché ensemble. Et on utilise donc ce savoir-faire et cette méthode pour accompagner des entreprises qui veulent faire une déclinaison sonore de leurs expériences. Et puis, finalement, l'enjolivé. J'espère que ceux qui l'ont vécu à midi ont bien perçu ça. Et je disais qu'ensuite, il y avait un chemin intéressant qui est tous les chemins par lesquels ils sont passés. Parce qu'un laboratoire de recherche, une équipe, je vous ai présenté rapidement les différentes équipes. Il y a pratiquement 10 à 15 chercheurs dans chaque équipe qui travaillent sur des thématiques pendant plusieurs années.

Donc, ils ont créé tout un tas d'outils qui leur sont propres. Ce n'est pas publié. Donc, personne ne sait que ça existe. Et le seul moyen de connaître ça, c'est d'interagir directement avec eux. Donc, il y a un travail à réaliser sur le terrain, à aller discuter avec les chercheurs, comprendre ce qu'ils ont fait et venir leur exposer des problématiques. Et encore une fois, c'est ce que l'on fait. Chez IRCAM Amplify, nous, on interagit avec des industriels, avec les différents marchés, tout ce qui est musical. Donc, c'est toute l'industrie musicale, tout le multimédia, tout appareil qui aurait un micro ou un haut-parleur. Et un autre exemple de travaux qu'on a pu faire, qui utilise véritablement des outils que l'IRCAM a mis au point, qui n'étaient pas publiés. Vous avez peut-être vu ça en janvier l'année dernière. Le Monde a réalisé un reportage où ils ont voulu recréer la voix du général de Gaulle. Pour créer le discours sonore de l'appel du 18 juin. L'histoire est passionnante, c'est qu'en fait, vous vous dites, dans l'appel du 18 juin, pourquoi le reconstruire, puisqu'on l'a déjà entendu?

En fait, on ne l'a jamais entendu, parce que celui que l'on connaît, c'est l'enregistrement de l'appel du 22 juin. Le 18 juin, personne n'en a entendu. enregistrer ce message. Les gens l'ont entendu à la radio, mais il n'y a pas d'enregistrement. Et le journaliste du Monde a retrouvé le script de ce qu'il a véritablement dit le 18 juin, qui n'était pas pareil que le 22, et s'est posé la question de comment on recrée ce message sonore. Alors il se trouve qu'à l'IRCAM, qui est plutôt basé sur la recréation de musique et de synthèse de chant. Mais ils avaient aussi des outils pour transformer la voix d'un chanteur vers un autre chanteur. On a pu utiliser ces outils-là. pour créer un clonage de la voix du général de Gaulle. Alors comment ça s'est passé? On a demandé à un acteur, c'était François Morel entre autres, qui a joué le rôle, qui a récité ce texte du 18 juin, mais avec sa propre voix, il n'est pas imitateur. Et le logiciel, qui s'appuie sur de l'analyse par intelligence artificielle, a pu transformer le timbre de la voix.

De l'acteur pour lui mettre le timbre de la voix du général de Gaulle, mais c'est bien l'acteur qui a joué tout le jeu du discours. Et donc grâce à ça, on a pu faire un clonage vocal pour de la parole, alors que ce n'était pas quelque chose que le laboratoire savait faire naturellement. Donc on se rend compte qu'en leur challengeant un laboratoire et leur poser des questions, finalement, eux-mêmes vont pouvoir mettre en place des choses et des outils qu'ils ont. Et en fait, on a pu le faire en quelques mois. C'est vraiment la magie du système de ce laboratoire, mais c'est vrai pour tous les laboratoires de France. Ils ont une capacité à répondre très vite avec des outils qui viennent d'être faits pour répondre à des problématiques. Le dernier niveau, qui est un peu le dernier étage, ou l'intégralité, qui est le savoir-faire. Comme je le disais, les équipes sont là, à l'IRCAM, il y a des chercheurs qui sont là depuis 20 ans à travailler sur une thématique précise. Il y a des experts de la voix qui font la synthèse de voix, qui font du speech-to-text, du text-to-speech depuis 20 ans.

Avant même que nous, on en ait eu dans les téléphones portables, avant même que Siri existe, il le faisait déjà. Alors, il n'y a pas de produit qui a été créé avec ça, mais ils ont une très grande connaissance sur tout ça. Et un exemple de comment on l'a utilisé, on a travaillé avec la MGEN, qui a construit une application que vous pourrez regarder sur votre téléphone, qui s'appelle Vocalize, qui est un système qui analyse la voix, qui va analyser la manière dont on fait un discours, à quelle vitesse on parle, est-ce qu'on a fait des pauses, est-ce qu'on a fait des hésitations. Et on l'a travaillé avec des orthophonistes, il y a des textes qui ont été travaillés, et le jeu c'est qu'on lit un texte et le logiciel va finalement faire un scoring automatique de comment on a lu le texte, et ça permet de se... De s'entraîner à faire ce que je fais là maintenant. Et donc, là encore, on a été voir les chercheurs en leur demandant comment on pouvait le faire. Ils avaient des bribes de solutions qu'on a connectées les unes avec les autres. Et après, c'est tout ce que le CIRCAM Amplify, on fait avec une équipe d'ingénierie qui vient utiliser ces outils pour construire une solution.

Et puis, on a fait une version qui fonctionne sur téléphone, ce qui n'est pas le métier du laboratoire. Mais on a pu le faire, encore une fois, très rapidement parce que la technologie était... Était déjà là. Alors, comme vous voyez, il y a des choses quand même assez incroyables qu'on peut faire avec un laboratoire. 150 personnes qui travaillent le sujet du son depuis 40 ans, forcément, on peut faire plein de choses. Mais ce n'est pas si évident d'interagir entre une vision industrielle, ingénieur, entrepreneur et une vision de laboratoire et de chercheur. Alors pourquoi c'est compliqué? Parce qu'on ne parle pas le même langage et on n'a pas la même vision. J'ai trouvé cette image assez parlante. Là où le chercheur va peut-être voir les briques de Lego pas finies, un innovateur, industriel, entrepreneur, lui va se dire qu'il y a peut-être beaucoup de choses à faire avec ça. Et c'est bien vrai parce que finalement la recherche ne s'arrête jamais. Les chercheurs cherchent à arriver à un résultat absolu.

Il faut que ça fonctionne dans 99% des cas. C'est vraiment dans la finesse du résultat. Et la thématique qu'ils traitent ne va pas être forcément celle qui va nous intéresser directement. Le laboratoire IRCAM, ils sont rattachés au ministère de la Culture. Leur rôle, c'est de proposer de... Donner la possibilité à des artistes de créer de nouvelles pièces de musique, ils sont dans une réflexion de créer des logiciels à mettre sur le marché. Donc il y a une modification de trajectoire à prendre quand la recherche est faite, et c'est tout l'enjeu de ce que l'on fait depuis 4 ans chez RK Amplify, c'est de réussir à... Finalement utiliser les technologies mises au point avant qu'elles soient terminées parce que quand elles sont terminées on a besoin de les déconstruire parce qu'elles ont été trop lentes, elles n'ont pas répondu à notre besoin Parce que le chercheur, comme je l'ai dit, le but ultime, c'est de faire une publication qui est réellement scientifique, qui montre le résultat de leurs travaux qui a duré pendant des années.

Et pour susciter l'intérêt de leurs pairs scientifiques et pour que d'autres s'en emparent pour le réutiliser. Il y a une vision très, ce n'est pas forcément du logiciel, mais c'est très open source. Les publications, les chercheurs se connaissent tous, ils se challengent, mais c'est un peu comme ça. S'il n'y a pas de... C'est plutôt l'entraide que la compétitivité. A l'inverse, en entreprise, dans une direction technologique, ce qu'on nous demande, c'est de répondre au bon moment, avec les bonnes fonctionnalités, un besoin de nouveauté. Et on ne va pas chercher à avoir forcément un résultat juste de le premier cours, surtout si on travaille par cycle, en agilité. On va plutôt avoir une maturité qui progresse lentement. On va faire des tests de terrain, on va valider, valider avec des utilisateurs, s'adapter au marché. On va plutôt finir la création d'un produit, d'une technologie en la challengeant avec ses utilisateurs, alors que la recherche reste fermée sur leur challenge et c'est les chiffres qui doivent donner

la vérité. Est-ce que c'est plus performant que la publication précédente? Et non pas, est-ce qu'il va y avoir un intérêt pour quelqu'un? Et donc, il y a un besoin pour que les deux puissent communiquer. Il y a vraiment un besoin de transformer et adapter ces différentes technologies, ces résultats de recherche. Et donc pour ça, la structure IRC Amplify, c'est vraiment le travail que l'on fait depuis 4 ans. Dans le premier challenge que... que j'ai dû faire, c'est de constituer une équipe technique qui puisse réaliser ça. Alors, du coup, l'équipe technique est un peu différente d'une équipe technique qu'on construirait habituellement, parce qu'on a besoin de faire un lien constant avec le laboratoire. Pour pouvoir aller jusqu'au produit. Donc ça se passe par le laboratoire, c'est un peu ce que j'ai schématisé ici avec la construction d'une voiture.

Il y a les simulations, le 3D d'une voiture, c'est un peu ce que le laboratoire a proposé. Il y a des tests qui existent, il y a des choses à reprendre. Et pour pouvoir s'en emparer, ça reste des publications scientifiques. Finalement, ce qu'on reçoit, la matière qu'on va travailler, ça peut être une publication, Ça peut être un bout de logiciel écrit, soit en langage, ça peut être des simulations mathématiques faites avec un logiciel comme MATLAB par exemple. Il peut y avoir du code écrit en Python, mais qui n'est pas de la grande écriture logicielle. Ça permet de montrer que les résultats sont là. La première chose à avoir proche de ça, c'est des gens qui savent interagir avec ça. Et en général, ceux qui savent faire ça, c'est ce qu'on appelle des PhD, des post-docs, donc des gens qui sont passés par du laboratoire, qui ont un savoir-faire académique, mais... Qui ont une appétence aussi pour l'industrie et qui vont pouvoir reprendre les modèles, les simuler et simplifier l'usage pour que,

Ensuite, une équipe d'ingénierie vient derrière et puis là, on va passer dans un process qui est un peu plus standard. Alors, notre métier, c'est de faire du son. Donc, on a des ingénieurs experts en traitement du signal qui vont pouvoir tester plus profondément les technologies, puis commencer à les mettre en forme. Et puis ensuite, des équipes de livraison. d'intégration continue et ce genre de choses. Et l'idée, c'est vraiment de construire un pipeline qui soit le plus rapide entre un résultat de recherche, le savoir-faire du laboratoire et la construction d'un produit. Alors tout ça, chapeauté par une vision évidemment de marché et de produit. Et ce qu'on cherche aujourd'hui à faire vraiment, c'est que les retours marchés qu'on peut avoir grâce à des technologies qu'on a mises en place, comme j'ai cité avant avec MGEN, des expérimentations avec le monde, Finalement, on revient vers le laboratoire avec une vision qui est assez nouvelle pour eux, c'est qu'on leur apporte des challenges qui viennent des marchés, de l'industrie, et petit à petit,

on va avoir des résultats qui sont plus directement liés à ce qu'on fait. Et c'est pour ça qu'on a mis en place toute cette mécanique. Alors voilà, si vous aussi vous voulez utiliser des résultats de recherche, peut-être que la première question que vous allez vous poser c'est comment je trouve un laboratoire? Il y en a plein. Il y en a des très grands, on connaît leur nom. Il y en a des plus petits, ils sont tous spécialisés. Et pour savoir finalement quelle est leur spécialité, en fait, déjà, on peut commencer avec Internet. Sur Google, par exemple, il y a un moteur de recherche Google qui s'appelle Google Scholar, qui permet de faire des recherches. De toutes les publications qui existent dans le monde entier. Donc, on peut le réduire sur un secteur particulier que sur la zone française. Et là, vous allez avoir les publications. Il y aura plusieurs thématiques. S'il y en a une qui vous semble intéressante, vous trouverez le nom des chercheurs, parce qu'ils sont écrits, et le nom des laboratoires.

Et je vous invite à aller vous mettre en relation avec les laboratoires pour savoir comment ils fonctionnent, quelles technologies ils ont. Et comme je l'ai dit, vous allez voir les publications, mais vraiment, ce qui est intéressant, c'est de comprendre comment ils travaillent les choses et d'aller chercher leur savoir-faire et leurs outils mieux au point, parce qu'ils ont des choses qui sont là, sur étagère, qui peuvent être utilisées. Souvent, on arrive avec des challenges qui nous semblent quasi impossibles ou qui vont devoir demander beaucoup de temps à faire. Et en posant la question aux chercheurs, parfois ils disent« Ah, mais ça, on l'a fait il y a quatre ans, j'ai un bout de logiciel dans un coin. » Et puis ils l'avaient fait pour eux. Il y a vraiment un échange important à avoir pour en tirer le plein intérêt. Et encore une fois, ce qui est vrai avec l'IRCAM, c'est vrai pour tous les laboratoires de France. Et ils sont là pour ça. Pourquoi on est des laboratoires en France? C'est pour faire valoir cette puissance de recherche française.

Et nous, entreprises françaises, à nous de s'en emparer et les utiliser pleinement pour accélérer nos recherches et aller plus vite que notre recherche interne et essayer de construire ça par nous-mêmes avec nos équipes d'ingénierie. Et si le laboratoire 6, ce qui vous intéresse, c'est le son? Je vous partage mon laboratoire, le laboratoire IRCAM avec IRCAM Amplify. Ce qui est là, c'est finalement un peu le... L'aboutissement de ce que je vous ai raconté, on a mis en ligne une plateforme en API SaaS depuis le mois de novembre, qui permet d'avoir un accès direct aux technologies que l'on a pu mettre en place avec le laboratoire Aircam. Donc, tout un tas de technologies, on va retrouver des choses. Super intéressante. Music Tagger, c'est la fameuse technologie qu'on a utilisée avec GoPro qui va disséquer un morceau de musique et qui va être capable de vous dire où sont les couplets, les refrains, quand est-ce que ça chante, l'instrument de musique qu'il y a là-dedans.

Tout ça avec des réseaux d'intelligence artificielle entraînés pour ça. Le spatial audio, c'est quelque chose dont on entend beaucoup parler aujourd'hui. Vous avez entendu parler de Atmos, de Sony 360, qui sont des nouveaux formats immersifs qui visent à remplacer la stéréo. Donc on a des technologies qui permettent de réaliser ce genre de choses. Je vous invite à aller jeter un oeil. Il y a des démos qui montrent un peu comment tout ça fonctionne. L'idée de ce magasin d'API, c'est dans l'accélération et dans ce pipeline que l'on crée, de pouvoir le plus rapidement possible identifier quelque chose d'intéressant qui est dans le laboratoire, qui fait quelque chose que l'on a vu sur un marché. avec des industriels demandes et de le plus vite possible les amener au format API documenté, prêt à l'emploi. Pour que tout le monde puisse les utiliser le plus facilement possible. Finalement, on propose d'avoir de l'audio as a service comme nouveauté. Un truc important dans ce que l'on produit aussi, l'IRCAM, c'est d'abord, comme j'avais dit, une entité qui travaille avec le ministère de la Culture.

Donc les artistes ont une importance capitale. Les artistes dans la musique portent une émotion, peu importe la matière qu'ils traitent, mais l'autre, c'est la musique. Et cette émotion, elle est beaucoup portée par les artistes. Nous, on croit beaucoup, par exemple, dans l'intelligence artificielle, comment l'utiliser, est-ce que ça va faire, est-ce qu'il y a des artistes qui vont disparaître ou ce genre de choses. Nous, on croit beaucoup que c'est les artistes qui doivent s'emparer de ces outils et définir eux-mêmes comment ils vont utiliser. Donc, on a l'habitude de travailler avec des artistes qui sont nos ambassadeurs et qui utilisent nos technologies. Et c'est un peu tout ce que vous voyez sur scène là, c'est ce qui va se passer tout à l'heure. Mais je ne vous en dis pas plus. Bravo ! Bravo! C'est très gentil d'avoir gardé The Secret. Vraiment, c'est cool, Frédéric. Merci beaucoup. On va prendre quelques petites questions avant justement cette surprise. Sauf si vous êtes trop impatients et que vous avez tout saisi de tout ce qui nous a été raconté.

Ah, à droite. Vous êtes toujours équipée, c'est génial, toujours le micro. J'ai toujours quelqu'un qui me rapporte le micro. Bravo, merveilleux. Merci Frédéric pour la présentation. J'ai une question, il y a un truc que je n'ai pas compris. Je pense que tu as des clients qui viennent vers toi pour une demande en particulier, comme par exemple ce midi, la musique du chocolat. Mais après, toutes les agences de pub ne vont pas venir vers toi pour demander ça. Après, tu donnes ça à quelqu'un qui va construire une plateforme, qui peut construire les sons, comment ça fonctionne ? Jusqu'où vous allez dans le projet? On va jusqu'au bout. En fait, dans le... Donc, je veux dire, moi, je m'occupe de la partie qui est plus ingénierie, qui est ce que j'ai présenté là, mise en forme, sous forme d'API, mais on a aussi un pôle expérience et design sonore qui, eux, vont accompagner ça jusqu'au bout. Donc, c'est à la fois des gens qui vont faire la direction du projet, des designers au sens large et qui travaillent avec des designers sonores et qui vont mettre en place cette méthode qui a été inventée hier, qui est tout le travail

que l'on fait avec le créateur d'un parfum, le créateur d'un vin, pour définir avec lui et l'aider finalement à définir quels sont les sons qui correspondent à son produit. Et toute la beauté de la méthode, c'est ça, c'est qu'au final, c'est... C'est notre client lui-même qui va être capable de définir ce qu'il a en tête en son. Et en fait, on l'aide à arriver à ça. Alors moi, j'ai un truc en tête en son. Qu'est-ce que vous pensez, Frédéric, de ce bruit de porte qu'on a depuis ce matin? Quand même, c'est assez intéressant. Est-ce que nous, Amy, tu peux juste un peu, tu peux vraiment... Alors, c'est quoi? C'est métallique? C'est quoi? Ah, ça ne le fait plus, évidemment. Ah, tu vois, c'est dingue quand même. Elle a l'esprit de contradiction, cette porte. Il faut de l'huile dans les rouages. Alors, une dernière question pour Frédéric. C'est la fin de journée, il y a un moment où on craque.

On parle du fait que le futur de ChatGPT, c'est un peu mettre aussi la voix, la vidéo. Quand est-ce que tu estimes qu'on aura cette technologie, le ChatGPT voix? Alors le chat GPT, en fait, il existe déjà aujourd'hui des systèmes où avec un prompt, on tape des phrases et du text-to-speech. C'est assez simple. Aujourd'hui, ce qu'on sait aussi faire, finalement, le clonage de voix, il y a des plateformes aujourd'hui où, avec son téléphone, son internet, on s'enregistre pendant 10 secondes. On tape du texte et on va entendre sa voix qui est lue par ce texte. Ça, c'est des choses avec lesquelles on arrive. Ce qu'on ne sait pas faire aujourd'hui, c'est qu'en fait, ça marche, c'est rigolo, 10 secondes. Ce qu'on ne sait pas encore faire aujourd'hui, c'est avoir la qualité humaine de narration. La parole, c'est quelque chose de foncièrement humain, foncièrement émotionnel, dans lequel il y a énormément de subtilité et aucun système d'intelligence artificielle aujourd'hui n'arrive encore à faire ça.

C'est que, quand on discute ensemble, je suis passé par plein de façons de parler et il n'y a aucun système de synthèse vocale qui est capable de faire tout ça à la fois, de faire chuchoter, de faire pleurer, d'appuyer des mots. On n'y est pas encore. Et... L'IRCAM travaille depuis longtemps, nous c'est un peu notre bataille de tous les jours, garder l'émotion et l'humanité dans le travail. Donc, ce n'est pas encore là. Ce n'est pas facile à craquer. Donc, je pense qu'on va en avoir encore pendant longtemps. On n'aura pas encore des voix complètement humaines. Tant mieux, j'ai envie de dire. Pardon. Pardon, je suis désolée, Frédéric. J'ai cassé un peu le business pour la vie. Je suis d'accord aussi. Il faut être très vigilant à comment on le fait et pourquoi on le fait, finalement. C'est important. Oui, l'intonation, les variations, la modulation. L'envie de conquérir les gens, les réveiller, quand on est en fin de journée, comme ça. On est bon, en fait. Moins 23. On est à moins 23, là. Donc, on n'est pas mal.

Merci infiniment. Merci beaucoup. Peut-être que... Dire qui va venir quand même, parce que même si vous avez le droit, je vous donne le droit. Allez. Eh bien, la personne qui va venir sur scène, c'est Cécile Delaurentis. Qui est une artiste musicienne qui fait de la musique électronique et qui depuis plusieurs années utilise l'une des technologies qui s'appelle le chœur virtuel. Mais elle va nous en dire un tout petit peu plus après. Elle va vous le dire elle-même, je ne dis rien, je vous laisse découvrir ce que c'est ce chœur virtuel et comment elle l'utilise avec brio. Merci beaucoup Frédéric pour toutes ces explications. Effectivement, la voici. Donc vous avez saisi son art et prodigieux parce qu'il allie l'homme avec un grand H, pas avec un petit H, l'homme, la femme. L'homme avec un grand H et sa machine pour le meilleur des scénarios, celui de l'art.

Voilà, et ça on aime, évidemment, c'est celui de l'émotion. Sa voix, elle s'accorde aussi parfaitement aux boucles du tempo. Vous allez voir, c'est absolument prodigieux ce qu'elle est capable de faire. Bref, vous l'aurez compris, moi je suis... Je suis complètement fan de Cécile Laurentis. Elle a même fait chanter à Gianni et au Bispo, figurez-vous, mais surtout, elle a revisité Éric Satie. Et rien que pour ça, franchement, ça vaut de l'or. Donc, on accueille Cécile Laurentis. I always had a voice, but now I am a singer.

When I open up my Sing the words that we've done. For a crowd Some legendary. My posture

Speak so well. Sing about my loneliness. They're thin, me. Stay at my Sands pick so well. Sing about my loneliness. And in which I'm the thing. To be a singer. But I'm slowly getting used to the idea. I'm a part of this whole movement. Now people come to see. For seven hours.

From all across the country. We weighs our voices unison at the end of the show. To tears fall. Just try. The wounds on your hands.

Never seems to heal. I thought all I needed was to believe Here I am, a lifetime away from you. The blood of Christ. Beat of my heart West Forbidden Color

Learning to cope a lifetime away from you My hands in the soil, buried inside of myself. My love wears forbidden colors. Believes in you once again I'll go walking in seconds while dust hits the very ground beneath me Trying to show and questioning facing

On va vous... Un micro ? Oui. Et on va se mettre tranquille un peu dans notre petit coin cosy-cosy, parce que, évidemment, j'imagine que la salle a plein de questions après cette performance. Moi, j'en ai quelques-unes, mais je vais d'abord laisser, évidemment, le public pour savoir comment ça marche, comment on crée, d'où vient, en fait, ce mouvement. Voilà, donc tout ça, vous allez pouvoir nous en parler. Mais est-ce qu'il y a des questions dans la salle, là, pour Cécile? Et bien alors, ça va être les miennes et c'est très bien. Partez, partez, on va être toutes les deux, on va être super. Comment est-ce qu'on décide de composer uniquement via l'électronique comme ça et via cette appli? Ah, voilà, c'est mieux. Merci Antonin. Merci. Antonin. Oui, c'est mieux. Il marche ou pas? Si en plus on ne vous entend pas, ce n'est pas possible ça. Ah voilà, il marche. Là, ce que j'ai proposé, c'était vraiment une performance dédiée au chœur virtuel de l'IRCAM, le chœur virtuel que j'utilise depuis deux ans, pour qui j'ai eu un vrai coup de cœur.

Moi, j'adore manipuler ma voix, la transformer, mettre des vocodeurs, des harmoniseurs. Vraiment, l'idée, c'est de repousser la voix naturelle au plus loin. J'ai créé un double numérique, c'est ma soeur numérique, elle s'appelle Unica, c'est celle qui émane des machines. C'est vraiment un dialogue, c'est comment je crée, j'interprète et je fais de la musique en dialoguant. avec des machines. Donc effectivement, il y a deux ans, quand l'IRCAM et l'IRCAM Amplify m'ont fait découvrir cet outil, Voilà, je l'ai trouvé. Trouver amoureuse. C'est vraiment ce que j'ai fait tout à l'heure, c'est que je suis accompagnée par le cœur. Alors avec mes gants, je le dirige, c'est-à-dire que je peux diriger avec la main gauche les accords. Avec la main droite, je dirige le nombre de voix selon l'intensité du cœur que j'ai envie d'avoir. Concrètement, pardon, moi je suis vraiment béotienne ignorante complète, c'est peut-être évident pour vous, pas pour moi. Donc quand vous bougez? C'est ça qui fait l'harmonie?

Comment ça fonctionne techniquement? C'est vraiment moi qui l'assigne. C'est-à-dire que chaque personne peut utiliser le chœur virtuel comme il le souhaite. Moi, j'ai eu envie de le diriger avec les gants, mais aussi avec les ride-touch de mes amis Embonmi, que j'adore. C'est vraiment le chœur virtuel. On peut l'utiliser avec n'importe quel contrôleur. Là, c'est un contrôleur pad. Ça, c'est un contrôleur connecté. Avec la gestuelle et ensuite c'est moi qui décide d'assigner cette particulière état du coeur par exemple les accords le nombre de voix et ce qui est génial c'est que malgré tout pendant le live le coeur va avoir une réaction différente d'ailleurs ce soir enfin tout à l'heure j'ai été surprise parce qu'à un moment donné il a fait une proposition dans les aigus dans les notes qu'il n'avait jamais fait en fait c'est selon Mon état, selon ma respiration, selon mes inflexions de voix, et le vibrato, quand je fais...

Normalement, un harmoniseur ou un vocodeur reste droit. Et là, en fait, il m'accompagne. Donc j'ai l'impression d'avoir des cœurs vulgaires derrière moi. Qui réagissent. C'est impressionnant de constater ça. Hier, quand on discutait toutes les deux, vous m'avez confié que cette passion est quand même venue. de votre maman, que vous avez vu très tôt plonger dans le MS-DOS, il faut le dire. L'informatique fait partie aussi, la tech fait partie de votre vie depuis le départ. Oui, ma mère, même aujourd'hui, il y a à peu près deux ordinateurs par pièce. Vous avez combien de pièces? C'est une maison, donc il y en a pas mal. Et elle les démonte. Donc moi, c'est vrai que j'ai vu ma mère toujours le nez dans les machines. Et après, du côté de mon père, là, c'est plutôt du jazz, parce que lui, il est musicien. Donc j'ai eu aussi cette approche-là, très classique finalement, avec le conservatoire. Et c'est assez tard finalement, enfin beaucoup plus tard, que j'ai décidé d'associer les deux.

Surtout en voyant un documentaire sur Laurie Anderson. On la voyait dans les années 70 dans son studio avec ses machines, ses vocodeurs, ses synthétiseurs, sampler sa voix et être totalement autonome. Exister dans un monde un peu plus pop parce qu'elle était amie avec Peter Gabriel et donc je me suis dit en fait on peut aussi puis elle était violoniste classique donc et je me suis dit on peut en fait faire tout ça en même temps et c'est là que j'ai eu envie de et depuis ça ne s'arrête pas c'est Ce qui est intéressant aussi, c'est que vous avez vu une espèce de bascule d'inflexion. Parce que vous, ça fait très longtemps que vous composez, que vous performez de cette façon-là, avec plus ou moins de confidentialité, on va dire. Et là, vous avez senti une espèce de bascule, comme si d'un seul coup, l'IA étant un peu présente partout, vous êtes devenue une forme d'icône sur cette pratique-là. En fait, c'est vraiment l'utilisation des outils IA. Moi, j'ai commencé à les utiliser en 2018.

Et pendant deux ans, j'ai travaillé sur une chanson. Parce qu'en 2018, les outils sur lesquels je travaillais, c'était le laboratoire de recherche Spotify. Ce n'était vraiment pas du tout abouti. Donc, on voyait vraiment les outils avancer avec mes réactions. À chaque fois, je rentrais chez moi avec des générations d'harmonie, des générations d'audio, de midi. Et je devais faire mes choix et revenir. Et en fait, en deux ans, un an et demi, j'ai pu voir les outils passer de 10% de choses intéressantes à 50%. Et donc j'étais tellement heureuse de ça et de ce premier titre qui est sorti sur mon album Unica, l'histoire de Master Numérique, que moi je l'avais vraiment mis en avant sur le communiqué de presse. Et en fait, je ne sais pas trop à l'étranger, c'était quand même adressé à la France parce que c'est un public français. En tout cas, en France, les médias ne voulaient pas en entendre parler et c'était même quelque chose de... C'était un frein pour me faire une promo parce qu'on ne voulait pas en parler en fait.

Et comme c'était tabou, voilà. Et c'est vrai que là, depuis le mois de janvier, d'un seul coup, on m'appelle, on me demande de faire des tables rondes, de parler de comment j'utilise ces outils. Donc j'ai vraiment vu que là, on était passé de la phase de peur à... la phase de curiosité et d'acceptation. Donc moi, c'est vraiment ce que je prône dans ma musique. C'est vraiment ce partenariat avec la technologie. Donc, je suis contente qu'enfin, il y ait de l'intérêt. Il y ait de l'intérêt pour ça. Oui, exactement. Et qu'on apprécie ça. Est-ce que vous avez une dernière question pour Cécile? Ah, là-bas, oh, même ça y est, une forêt de mains. Tout le monde était au fond. Oui, c'est ça. Se planquer, ils pensaient qu'ils allaient chanter en fait. Ils sont tous mis au fond, pardon. Merci beaucoup Cécile pour la démo, c'était vraiment bien. J'ai une petite question par curiosité, comment marche le contrôleur? Est-ce que c'est un espèce de contrôleur midi où chaque main c'est trois potentiomètres, un pour X, un pour Y, un pour Z?

En fait, c'est les gants MIMU qui ont été développés par l'artiste Imogenip. Alors moi, la première fois que je les ai vus, c'était en 2016. C'était au Loop d'Abbleton à Berlin. Tu sais, où il y a à chaque fois toutes les nouvelles technologies, toutes les nouvelles avancées en avance. Et donc, il y avait une artiste qui s'appelle Chagall qui faisait la démonstration de ses gants. Et il y avait d'ailleurs un... Une masterclass juste après, donc j'ai pu les essayer. En rentrant, j'ai voulu les acheter tout de suite, et c'était beaucoup trop cher à l'époque, je crois que c'était 6 000 euros. Donc il n'y avait que très peu de personnes dans le monde qui pouvaient se... Pour un gant? Non, c'était les deux. Donc effectivement, je me suis dit, peut-être que je peux commencer par un, ou un doigt déjà. Mais... Et en fait, après, il y a Ariana Grande qui, elle aussi, fan d'Imogenip, l'a inclue dans son show où elle faisait la tournée mondiale de stade. Et à chaque fois qu'il y avait un morceau avec les gants, il y avait une vidéo d'Imogenie qui présentait ses gants.

Donc effectivement, les gants se sont démocratisés. Maintenant, il y a de plus en plus de monde qui les utilise. Mais moi, j'ai essayé pas mal de choses, comme les bagues aussi, où il n'y a que trois assignations. Là, les gants, ce qui est génial, c'est que déjà on a deux mains, que sur les deux mains, il y a autant de gestes. C'est nous qui assignons des gestes, en fait. Donc moi, j'ai assigné celui-là, celui-là, celui-là, celui-là, celui-là. C'est des gestes assez basiques, finalement, mais en fait, on peut en assigner autant qu'on veut. Et en plus, on peut aussi faire des combinaisons avec les deux mains. C'est-à-dire que d'un seul coup, toutes les assignations qu'on a faites sur chaque main, on peut les combiner, ça fait encore de nouvelles assignations. Donc c'est assez infini, on peut vraiment contrôler. Alors moi, sur mon show, on va dire que j'utilise les gants sur 2-3 titres. Mais il y a des artistes qui font ça, notamment cette artiste anglaise, qui fait ça sur tout son show. Donc j'imagine que pour une heure de show, le nombre d'assignations et de gestes et de combinaisons à retenir, ça doit être vraiment fou dans sa tête.

Parce qu'il faut réapprendre quelque part, c'est comme un nouvel instrument qu'il faut réapprendre. Le do dièse, il n'est plus là, tout rechanger. Et c'est la gestuelle. Mais après, c'est toi qui la signes vraiment comme tu veux. Quand ça rigole, Cécile, c'est parce que Tommy dessine, et puis il croque un peu, et il y a beaucoup de 25e degré. C'est intéressant, cette histoire de signes, ça voudrait dire qu'on pourrait presque aussi utiliser même la langue des signes, pour que ça devienne aussi des compositions musicales. Ça serait hyper inclusif pour le coup. Il y avait une deuxième question, monsieur? On va vous amener un micro tout de suite. Antonin, qui est toujours très véloce sur la fourniture du micro. Voilà, et ce sera notre dernière question. Merci Cécile pour cette magnifique performance. J'avais une question sur votre collaboration avec l'IRCAM. Est-ce que vous participez aussi aux évolutions du produit? Est-ce que certaines de vos idées se retrouvent dans les logiciels? Comment vous faites avancer leurs produits? Bien sûr, ce produit-là, justement, ils l'ont adapté pour moi, pour Ableton, parce qu'au départ, c'est un logiciel Max.

Et donc là, ils l'ont adapté Max for Live. Donc, ils ont fait une adaptation pour que je puisse l'utiliser dans mon logiciel habituel. Et on est en train de le faire évoluer parce que là, pour l'instant, il est en stéréo. Et là, parce qu'en fait, il peut être, comme il y a 21 voix, on peut avoir les 21 voix. Et là, je suis en train de préparer un live immersif pour mon prochain album et sur lequel je vais faire vraiment une performance avec le chœur virtuel. Et ils sont en train de travailler à justement le spatialiser afin qu'on puisse, dans ce live immersif, toutes les voix, les avoir autour de nous et qu'elles puissent se balader pendant tout le show. Donc oui, c'est en évolution constante. Ça a progressé la recherche. Votre prénom? Frédéric, votre prénom? Faouz et Frédéric, je suis très heureuse de vous dire que vous avez gagné un vinyle dédicacé de Cécile Delaurentis. C'est pour ça qu'il fallait poser des questions. Merci beaucoup. C'est vraiment top.

Merci à toi. A très très bientôt. Alors voilà, effectivement, notre première journée touche à sa fin. Alors j'ai plusieurs choses à vous dire. La première, c'est qu'il y a les séances de dédicaces de Cécile pour vous deux, et puis pour moi, parce que j'ai posé trois questions. Voilà. Et puis vous dire qu'il y a un cocktail qui nous attend au-dessus, et que ce cocktail, il est en plus réalisé avec notre partenaire remote, parce qu'il va y avoir aussi une petite masterclass au-dessus. Donc n'hésitez pas avec Francis en plus. Alors quand il y a Francis, forcément, on va à la masterclass. Quant à nous, on se retrouve demain. Qui sera là demain? Très bien. La photo, on va discuter toutes les deux. Alors demain, très important, 9h. Soyez pas en retard parce qu'on va démarrer... Ah, voilà, soyez vraiment pas en retard. À partir de 8h, ouverture des portes, PNC aux portes, etc. À partir du terme. En revanche, les conférences, elles, démarrent à 9h. Et demain, programme de super choix puisqu'on aura Luc Julia, Carolina, Rachel Dubois pour ne citer que quelques-uns.

Parce qu'il y aura évidemment plein d'autres surprises aussi. Et encore des cadeaux à gagner. N'oubliez pas de poser des questions. A demain!