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Tech.Rocks Summit 2022
La Tech au service de la performance !
- Thomas Ruyant (Skipper IMOCA « Linkedout » / Directeur des opérations, TR Racing)
- Jérémie Jourdin (Directeur Technique, Advens)
Tech.Rocks Summit 2022 · 8 décembre 2022 · 48 min · en français
Résumé
Session du Tech.Rocks Summit 2022 avec le skipper Thomas Ruyant sur la manière dont la tech peut augmenter la performance d'un bateau de course au large mené en solitaire.
L’essentiel
Le skipper Thomas Ruyant et Jérémie Jourdin, directeur technique d’Advens, racontent comment les technologies d’un centre opérationnel de sécurité (SOC) servent à sécuriser et à mettre au point un voilier IMOCA de course en solitaire.
Pour discuter de la réutilisation de briques techniques (collecte, détection d’anomalies, tableaux de bord) dans un autre domaine, et de la conception de données utiles à un utilisateur sous forte contrainte.
Les idées clés
- La sécurité d’abord. Avec environ 250 capteurs à bord fonctionnant à 50 Hz, les données sur la déformation et les charges servent d’abord à finir une course sans casser. Côté cyber, Advens a segmenté le réseau du bateau, durci les configurations, changé les mots de passe et contribué à créer des alarmes. à 11:10
- Les mêmes technologies que le SOC. Collecte, normalisation et détection d’anomalies sont celles qu’Advens utilise pour ses clients ; à terre, un data lake sert à entraîner les modèles, alors qu’en course le modèle embarqué traite le flux en temps réel. Les données des sessions d’entraînement, analysées au retour, font aussi gagner du temps dans le diagnostic des pannes avec les fabricants. à 17:56
- Ne montrer que l’essentiel, et ce qui permet d’agir. En solitaire, Thomas Ruyant n’a sous les yeux que l’essentiel, sous forme de codes couleurs. À l’inverse, un réseau de neurones capable de prédire 10 secondes à l’avance que le bateau allait retomber s’est révélé inutile : la classe IMOCA interdit l’asservissement et 10 secondes ne lui laissent rien faire. à 25:00
Questions pour votre équipe
- Quelles briques techniques de notre cœur de métier pourraient servir à un autre usage ?
- Parmi les alertes que nous produisons, lesquelles permettent réellement d’agir ?
- Nos tableaux de bord montrent-ils l’essentiel à un utilisateur sous forte contrainte ?
Il s’agit d’un échange sur scène, animé, entre un skipper et son partenaire technique. Jérémie Jourdin travaille chez Advens, entreprise de cybersécurité et partenaire principal du bateau : le talk présente aussi le SOC et l’engagement de son entreprise. Les gains de performance ne sont pas chiffrés et plusieurs travaux sont présentés comme de la R&D confidentielle.
Chapitres
Summary
Session from Tech.Rocks Summit 2022 with skipper Thomas Ruyant on how tech can boost the performance of a single-handed offshore racing boat.
Thèmes : Impact & numérique responsable
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
On a l'immense bonheur, c'est aussi ça qui est génial avec le Tech.Rocks Summit, c'est d'avoir des duos, des attelages, comme ça, assez exceptionnels. Donc je vous demande d'accueillir le vainqueur de la route du Rhum 2022 et de la Transat Jacques Vab, Thomas Ruyant, qui est le skipper d'Imoca Linked Out. Merci beaucoup de nous rejoindre, ainsi que Jérémie Jourdin, qui est directeur technique chez Advens. Je vous avais dit qu'il y avait ce duo fantastique et qui travaille avec lui étroitement pour l'optimisation de la performance de son bateau. Alors je vous donne le code tous les deux. La zapette. La zapette qui passe les slides. Comme vous n'y connaissez pas trop en technologie, performance de bateau, tout ça, peut-être qu'en zapette je peux vous aider. Donc le vert, ça avance. Le rouge, ça recule. D'accord? Tout va bien? Donc merci de nous faire l'immense bonheur d'être avec nous et de pouvoir discuter justement de l'IMOCA, de ce formidable moment que vous passez ensemble depuis très longtemps.
Mais surtout Thomas, tu reviens de vous là, en fait, encore bronzé. Tu étais sur les mers? Oui, je débarque un peu. L'arrivée de la route du Rhum, c'était il y a une dizaine de jours. J'étais en vacances encore jusqu'hier, j'avais besoin d'un peu de repos, la course a été longue, rude. C'était une grosse, grosse, grosse bataille. Et voilà, donc là, c'est un peu sans transition avec vous, mais c'est sympa. Bon, écoute, on va essayer de faire une transition douce. Là, on a la chance de voir ton palmarès parce qu'il n'y a pas que la route du Rhum. Il y a également la Transat Jacques Vabre et puis énormément d'autres. Il y a une course en particulier qui t'a marqué? Elles sont toutes marquantes. Après, c'est vrai que ce qu'on fait là avec ces bateaux que vous voyez là, il faut savoir que la classe IMOCA dont on parle, c'est les bateaux du Vendée Globe. Évidemment, on construit, on conçoit nos bateaux et on les prépare pour cet objectif, qui est l'objectif principal. Après, il y en a d'autres sur le chemin, comme ce qu'on a eu il y a quelques jours, quelques semaines avec la route du Rhum. Il y a la Transat Jacques Vabre. Ce sont des courses qui... Qui est... doivent vous parler un petit peu si vous suivez un petit peu le sport ou la voile.
En tout cas, le Vendée Globe, je pense qu'aujourd'hui, tout le monde connaît. C'est un tour du monde sans escale, sans assistance, à la voile. Et donc, c'est vraiment cet objectif-là qui nous anime. C'est un objectif qui a lieu tous les quatre ans. Et donc, le prochain Vendée Globe, on va en reparler, mais c'est 2024. J'ai participé aux deux dernières éditions. Il y a des embûches sur un Vendée Globe, ça ne s'est pas forcément passé comme on imaginait, mais c'est à chaque fois des belles histoires. Vous pouvez vous demander ce que je viens faire ici, navigateur, dans un renseignement de... Non, on ne se demande pas en fait, mais dites-nous quand même. Et c'est vrai que la particularité aujourd'hui de la course au large, c'est qu'elle est en train de faire un gros bond en avant, d'évoluer fortement. Parce qu'on voit l'arrivée, par exemple, on le voit un peu sur l'image qu'on a là, avec des grands foils, c'est comme des grandes ailes d'avion. Et du coup, ce qui implique beaucoup d'efforts, beaucoup de modifications de la façon dont on navigue avec ces bateaux-là. Et du coup, aujourd'hui, nos bateaux, on est obligé de l'équiper de capteurs.
Parce que tu disais sans assistance. En fait, on a quand même la chance d'avoir Jérémie avec nous, qui est une forme d'assistance quelque part au bateau, si je puis dire. Pas quand tu es en mer, c'est une grosse aide. C'est un petit peu l'objet de la présentation. On va expliquer ce qu'on fait avec Thomas, mais effectivement, l'assistance technique qu'on peut lui procurer, c'est plutôt en phase d'entraînement, dans les réglages, mais derrière, il est bien tout seul sur l'océan. Après, il a acquis. la connaissance que vous lui donnez en ayant équipé le bateau pour optimiser ses performances. Alors la genèse du projet un peu de ce bateau Imo Calling Down? Alors en fait ça part d'une rencontre avec le partenaire principal aujourd'hui et son président Alexandre Fayol. On s'est rencontrés sur ma première campagne Vendée Globe en 2016. Et en fait, on s'est tout de suite bien entendu, avec tout de suite une ambition assez forte et commune d'être présent sur le Vendée Globe suivant. Et donc, Alexandre et Advens m'ont aidé à monter un nouveau projet avec un bateau neuf qu'on a construit ensemble.
Voilà, et donc la particularité de ce partenariat... Maintenant, Thomas, quand tu dis qu'on l'a construit ensemble, c'est-à-dire que toi, tu conçois ton bateau et tu fais un peu comme au Père Noël, tu fais ta liste? Comment ça marche? C'est presque ça, c'est-à-dire qu'en fait, la classe IMOCA, donc des bateaux qui participent au Vendée Globe, il y a un cadre, donc c'est une jauge. Qui nous donne une longueur de bateau, une largeur, un tir en air, un tir en dos. Et en fait, dans ce cadre, on peut faire un peu ce qu'on veut. Donc ça reste quand même des bateaux prototypes, c'est des bateaux uniques, où beaucoup de choses sont faites en interne de notre écurie, Terre à Signe. On est 18 personnes à peu près aujourd'hui. Et on fait appel à des... des design teams, des chantiers qui nous aident à construire le bateau. Mais c'est vrai que c'est un travail qui est fait à plusieurs mains. Mais on conçoit nos bateaux et effectivement, on a un cahier des charges au départ. Oui, un template. On essaye d'apporter notre expérience. Qu'est-ce qui a de particulier ce bateau-là? Cette classe de bateau-là, elle a quoi de particulier? Ce sont des monocoques avec tous le même objectif commun, c'est de tourner autour du monde.
En solitaire. C'est cette classe de bateau-là qui tourne autour du monde pendant le Vendée Globe. Cette rencontre avec Alexandre a eu lieu en 2019. On a lancé la construction de ce bateau pour se présenter au départ du Vendée Globe 2020. L'autre particularité, c'est que finalement, Advens s'est un peu effacé et a donné la visibilité du bateau à LinkedOut et le naming. Alors LinkedOut, je ne sais pas si vous les avez peut-être déjà repérés. Tombola, ça parle. Il y a quelques représentantes qui sont là. Ils sont à l'entrée, il y a un QR code que vous pouvez flasher, une petite tombola. Pour gagner notamment le premier prix, c'est avec toi. Il y a plein de trucs, il y a des places VIP pour aller voir le Red Star. Et puis il y a notamment une navigation à bord du bateau à gagner. Donc n'hésitez pas à aller flasher le QR code, ça vaut le coup. Les bateaux sont sympas. Le partenariat s'est fait comme ça. On a fait une première campagne de Vendée Globe avec un bateau aux couleurs et au nom de LinkedOut, qui est une plateforme qui permet de...
viraliser des CV ou en tout cas d'accompagner des candidats sur un retour à l'emploi de façon durable. De l'association Entourage. De l'association Entourage. On s'est vraiment bien rencontrés parce qu'ils ont une façon très moderne finalement de faire de l'inclusion. Et c'était dans nos gènes, à la fois chez Advens et dans notre écurie de course au large, TR Racing. On s'est bien entendu, ça a fité, et puis du coup, on a donné ce gros coup de projecteur à ce dispositif LinkedOut, qui est porté par l'association Entourage lors du dernier Vendée Globe, et on renouvelle l'essai pour la route du Rhum, la Jacques Vabre l'année dernière, mais surtout pour le prochain Vendée Globe qui aura lieu dans... Dans deux ans. Donc on a vraiment l'impression qu'Advens, ils sont assez exceptionnels quand même comme partenaires. Donc moi j'ai envie d'en savoir plus, c'est qui Advens? Qu'est-ce que vous faites? C'est quoi cette folie de partir comme ça sur les océans? Alors en fait, à la base Advens, on est, et on est toujours d'ailleurs, spécialiste de la cybersécurité. Donc en fait, notre métier, c'est de vous protéger. Alors quand je dis vous, c'est les entreprises, les organisations, les associations. On vous protège des attaques et on minimise et on vous défend en fait contre les agresseurs cyber qui sont légion.
Il suffit d'ouvrir un journal aujourd'hui pour voir qu'une entreprise s'est fait hacker ou qu'il y a eu un acte quelconque d'intrusion, de rançon. On a entendu parler des demandes de rançon. Donc c'est notre métier. Par contre, chez Advens, on a davantage d'ambition. On a une ambition, c'est vraiment un projet d'entreprise. On veut avoir de l'impact. C'est-à-dire, ça veut dire quoi avoir de l'impact? toute proportion gardée à notre niveau, on se dit qu'Advens, en tant que société, on a envie de changer la vie des gens, on a envie de changer l'environnement dans lequel on travaille et quelque part contribuer à faire changer le monde. Alors un vœu comme ça, ça paraît très théorique. Alors de manière très concrète, comment on fait ça? Advens, c'est 400 collaborateurs qui travaillent tous les jours en France et en Europe pour aider les organisations à se défendre contre les cybercriminels, comme je l'ai dit. Mais c'est aussi une société engagée. Et notre engagement, en fait, il se matérialise par le fait qu'on a pour ambition de reverser jusqu'à 50% de la valeur financière d'Advens au bénéfice d'un fonds de dotation qui s'appelle Advens for People on Planet.
Et l'objectif de ce fonds, c'est justement de permettre de participer à des projets qui ont de l'impact. Donc aujourd'hui, on est très fiers de participer avec Thomas dans son aventure autour du monde, avec Entourage, avec LinkedOut. Ça, c'est pour le côté people. On a aussi un partenariat en cours avec l'école, le centre de formation Simplon et Microsoft, par exemple. Aujourd'hui, on accompagne des jeunes qui sont en dehors des parcours scolaires. On essaie de les faire venir dans la cyber. Je ne sais pas si vous le savez, mais en France, il y a 15 000 postes qui sont non pourvus dans les filières de la cybersécurité. Donc voilà, c'est une manière pour nous d'intervenir. Donc ça, c'est pour le côté people. Et sur le côté planète, pour l'instant, je ne peux pas encore vous en dire davantage. Mais voilà, dans les mois qui arrivent, Advens, vous allez entendre de plus en plus. en plus parler de nous au travers de notre fondation. Et c'est ça pour nous avoir de l'impact. Donc travailler chez Advens, et ça c'est des valeurs qu'on a en commun avec Thomas et les équipes de Terra Racing, c'est oui, on est là pour faire notre métier, mais on essaie de faire plus que ça et de changer les choses à notre échelle, encore une fois.
C'est important aussi de souligner que pour une association, ce n'est pas toujours évident de pouvoir s'autoriser une campagne de communication. Et rien que d'avoir son logo floqué sur une voile qui fait comme ça le tour du monde et avec une performance comme la tienne au final, Je pense qu'effectivement, c'est un vrai moyen de soutien. Donc, c'est très intelligent d'allier ces deux aspects-là. Tout à fait. Et puis après, il y a plein d'initiatives autour de ça. On fait ce qu'on appelle du mécénat de compétences. Par exemple, on peut aussi intervenir auprès d'ONG ou d'associations qui n'ont pas forcément les moyens d'assurer leur propre cybersécurité. Advens va dédier du temps ou va participer à des projets pour aider justement ces organisations à faire le minimum vital pour assurer la protection de leurs données, par exemple. J'ai envie de savoir maintenant comment ça marche concrètement, Jérémie. Parce qu'on comprend bien que tu es là en soutien lors des entraînements pour améliorer la performance du bateau et donner tout un tas de data à Thomas. Même si tu restes maître à bord, sans mauvais jeu de mots, sur la manière dont tu navigues. Quelles données sont captées?
Juste un petit mot avant. Non, je t'en prie. Et juste un petit mot pour introduire finalement ce que va vous dérouler Jérémie. Finalement, tout ce dont on va parler là, c'est quelque chose d'assez nouveau. Et c'est vrai que là, les images qu'on voit là, on a des bateaux maintenant qui volent. Ça reste des monocoques, des bateaux qui portent du plomb. Donc il y a beaucoup d'efforts. Et finalement, toutes ces données qui vont nous donner de l'information sur la déformation du matériau, les charges appliquées aux mains, aujourd'hui, on doit les avoir pour réussir à tourner autour du monde ou à finir une course sans casser. Ça, c'est le premier truc, c'est vraiment notre premier objectif. C'est la sécurité du bateau. Alors, il y a la sécurité aussi, parce qu'on a des bateaux qui... connecté donc on n'a pas non plus envie de se faire hacker surtout un bateau parrainé par Advens ça ferait mauvais genre donc il y a ce premier truc là il y a tout ce qui est lié à les sécurités et là depuis maintenant quelques temps on arrive finalement en collaboration avec Advens à augmenter la performance du bateau Et tout ça, c'est sûr qu'on a 250 capteurs à peu près à bord, ça tourne à 50 Hz.
Donc moi, toutes ces données-là, il faut que je puisse les comprendre, les traiter en live et puis réagir en conséquence. Et donc c'est là où justement l'intervention d'Advens... Et des équipes de Jérémie sont hyper importantes. Et là, on est en train de pousser encore plus loin, on a plein d'idées. D'ailleurs, chaque fois qu'on se voit, on a encore de nouvelles idées. Donc, il faut qu'on arrête de se voir, parce qu'à un moment donné, il faut quand même faire aboutir les choses. Mais c'est vrai que c'est assez passionnant d'avoir un partenaire qui est spécialiste finalement du traitement de données, parce qu'aujourd'hui, nos bateaux, c'est des bateaux connectés avec beaucoup de choses qui circulent. Effectivement, vous l'intéressez aussi les données, mais surtout que ça t'aide toi pour améliorer la performance de la conduite. En fait, Thomas l'a expliqué, l'aventure a commencé, c'est d'abord une aventure humaine, la rencontre d'Alexandre et Thomas. Et sur le plan technique, la collaboration, en tout cas pour moi et mes équipes et les équipes de Terra Racing, elle a commencé à l'occasion du premier Vendée Globe. Et donc, c'est un peu un choc des cultures, le monde de la cyber qui rencontre le monde de la course au large, la course en solitaire.
Donc, c'était une découverte. pour eux comme pour nous. Donc nous, la première chose qu'on a fait, c'est ce qu'on sait faire de mieux, c'est la cyber. Donc en fait, il faut savoir qu'un bateau, en tout cas... J'ai quand même posé des questions au début, on s'est dit, on a des geeks en face, ils ne savent pas faire de bateau, comment on va faire? Et puis finalement, ça ne s'est pas trop mal passé. Et en fait, il faut savoir que le bateau, c'est une petite usine. Alors, qu'est-ce qu'on trouve dans un bateau dans le désordre? Donc, on a un PC avec une connexion Internet par satellite. Cette connexion permet à Thomas, notamment pour tes cartes météo, je pense que pour toi, c'est un des usages les plus... De regarder YouTube aussi. Oui, de compter son vie, oui. C'est une bonne passante, d'abord. Voilà, on a plein de capteurs, j'y reviendrai. C'est quoi un capteur? C'est par exemple une girouette pour avoir la force du vent, le sens du vent. On a des capteurs dans les appendices, les feuilles, des fibres optiques qui parcourent tout le bateau. Ça permet de mesurer les déformations du bateau. Il faut savoir qu'un bateau, quand il fait le Vendée Globe, je ne sais pas si tu peux en dire quelques mots, mais il part en bon état, il revient toujours pas forcément dans l'état dans lequel il est parti.
Donc voilà, il y a plein de capteurs qui nous permettent de mesurer tout ça. Et en fait, ce qu'on a fait côté cyber, c'est qu'on a sécurisé le réseau. Donc ceux qui font de la sécurité connaissent bien ça. On a segmenté, on a durci les configurations, on a changé les mots de passe. lorsqu'il y avait des mots de passe. Et comme disait Thomas, on intervient aussi sur le côté sécurité, c'est-à-dire qu'on a contribué à créer des alarmes. Par exemple, attention, là Thomas, il peut y avoir une casse, attention, là il y a un souci quelconque. Donc c'est toujours Thomas derrière qui a le dernier mot, mais on vient... C'était notre première découverte du bateau. On est resté sur le volet de la sécurité. Aujourd'hui, c'est différent. Aujourd'hui, il y a un problème avec les slides. Aujourd'hui, on a... C'est crypté, en fait. C'est crypté. Je ne comprenais pas grand-chose à vos trucs. Il y a la version PDF, peut-être. Je vais vous faire la traduction. C'est les mots de passe. Le défi à relever, c'est le défi de la performance. Thomas l'a expliqué. La performance. Aujourd'hui, ça passe par les réglages. Et aujourd'hui, pour régler un bateau, on a effectivement plus de 250 variables à bord du bateau.
Le plus petit capteur génère à 50 Hz 50 mesures par seconde. Ce qui veut dire qu'on a des capteurs haute fréquence. Mais grosso modo, dans le bateau de Thomas, toutes les secondes, vous avez plus de 12 000, 15 000 points de mesure. Et toutes ces données, en les analysant, ça nous permet quelque part de comprendre le bateau. Donc en fait, le comportement du bateau peut se résumer à comprendre toutes les données qui vont être générées. Donc, ce que vous ne voyez pas en bas, c'est que l'enjeu commun de l'IMOCA et du SOC, Là, je vais revenir un petit peu sur le métier d'Advens. On a chez Advens ce qu'on appelle un SOC, un centre opérationnel de sécurité. C'est quoi le SOC? En fait, c'est une sorte de tour de contrôle, de superveillance, la vigie, qui va permettre de surveiller ce qui se passe. Chez un client, par exemple, on va récupérer énormément de data. En informatique, on appelle ça les logs, les alertes, des mesures de variables, etc. Et l'objectif du SOC, en tout cas celui d'Advens, en fait, il a été conçu autour d'une approche data-centric, c'est-à-dire on collecte tout ce qu'on peut.
Et une fois que l'on... Collecte cette data, on va être capable d'identifier des anomalies. Donc en cyber, c'est quoi une anomalie? Ça va être un comportement déviant, ça va être une tentative d'intrusion, ça va être un défaut de paramétrage. Et là, vous commencez à comprendre le parallèle. entre le SOC d'un côté et le bateau de l'autre, c'est que finalement les technologies que nous sommes amenés à développer chez Advens dans le cadre du SOC sont les mêmes que ce qu'on va développer dans le bateau. Alors le SOC Advens en deux mots, à gauche vous avez le terrain de jeu, c'est-à-dire qu'aujourd'hui quand on fait de la cyber, on va protéger des réseaux, on va protéger ce qu'on appelle des endpoints, des laptops, des machines de travail, des utilisateurs, on va protéger des applications, on va protéger des serveurs, de plus en plus on protège également des environnements industriels. Je n'ai pas fini mon histoire sur le bateau, mais le bateau, je vous disais, c'est une petite usine. Je vous ai parlé des capteurs. Il y a des automates, il y a des pilotes automatiques. Il y a un moteur diesel avec une cuve à gasoil.
Pourquoi? Parce qu'en fait, le bateau est autonome en énergie. Il fonctionne sur des batteries et on embarque un moteur avec des alternateurs pour rechercher ces batteries. Ce qui fait aussi que sur le côté perf, c'est des discussions intéressantes qu'on peut avoir avec les équipes de Thomas. C'est que nous on arrive avec, il faudrait rajouter une application, il faudrait rajouter un serveur, il faudrait rajouter un ordinateur. Le problème c'est qu'à chaque fois qu'on rajoute de la consommation électrique, il faut embarquer davantage de gasoil pour recharger les batteries, donc ça a un impact sur la performance. On a aussi côté SOC de plus en plus de périmètres OTI, donc des périmètres industriels. Le principe du SOC c'est, je suis capable de collecter, de surveiller tous ces environnements, J'agrège de l'information, je la normalise, je l'enrichis avec des informations cyber. Et ensuite, on a une équipe d'analystes qui vont être capables d'écrire des règles et d'utiliser des algorithmes. On fait du machine learning, on fait de l'intelligence artificielle, encore une fois, pour identifier les anomalies. La seule différence entre le SOC et ce qu'on peut faire dans le bateau, c'est que dans le SOC, on a ce qu'on appelle un data lake.
Toutes les informations collectées finissent dans un énorme entrepôt de données sur lequel on peut faire ce qu'on appelle du big data et lancer tous nos algorithmes. Sur le bateau, on n'a pas le luxe de pouvoir mettre des bases de données infinies pour les raisons que j'ai évoquées. Donc sur le bateau, on est davantage en temps réel, mais c'est exactement les mêmes technologies. Alors, de manière encore cryptée. On avait dit qu'il y avait des secrets, des secrets défense. Ça tombe bien, comme ça, il n'y a aucun risque. Donc en fait, ce que je ne vous ai pas dit, c'est que côté Advens, on a développé ce qu'on appelle l'Apliance, dans notre jargon, c'est un collecteur un peu universel qui est capable vraiment de collecter n'importe quoi. Donc pour les plus techniques d'entre vous, c'est un système basé sur Harden BSD, c'est un FreeBSD avec une surcouche de sécurité. C'est exactement le même système qu'on embarque dans le bateau. La seule différence, c'est qu'on l'a miniaturisé et on a porté notre système d'exploitation sur les technologies ARM. Peut-être que vous connaissez les Raspberry. C'est un peu la même chose, mais on a un poil plus puissant.
On a quand même plusieurs teraoctets de stockage dans le bateau. On a ce qu'on appelle des NPU, du Neural Pro. qui nous permet de faire tourner des algorithmes d'intelligence artificielle au sein du bateau. Et on va s'interfacer avec tous les organes. Donc ça c'est assez intéressant côté cyber parce que pour s'interfacer avec les différents équipements à bord du bateau, c'est un petit peu les cinq briques bleues que vous voyez, Il y a les équipements où il n'y a pas de sujet, TCP, IP, UDP, on se connaît que ça fonctionne. Il y a les équipements qu'on a nous créés, je n'en dirai pas trop parce qu'il y a encore un peu de R&D, notamment on y a... de certains systèmes de réglage. Il y a des équipements de type standard, du RFID, du Bluetooth, pas trop de difficultés. Là où ça devient rigolo, c'est quand on doit s'interfacer avec des équipements qui sont gérés par des fabricants qui n'ont pas forcément envie qu'on vienne s'interfacer avec eux. Donc vous avez deux types de fabricants. Vous avez ceux qui jouent le jeu, pas de problème, mais vous me signez un NDA et je vous ouvre mes API de communication et on saura du coup discuter avec ces équipements.
Et il y a ceux qui vont nous dire, non, non, mais ce n'est pas possible, de toute façon, vous n'y arriverez pas. Donc c'est là, au côté cyber, nous, c'est notre métier de faire du reverse, de la rétro-ingénierie. Ce n'est pas illégal dans ce cadre-là, puisqu'on le fait... Vous avez le droit de le dire, ça? Alors oui, j'ai le droit de le dire, justement, parce que ce n'est pas illégal. On le fait à des fins de compatibilité, et c'est complètement autorisé. Et donc là, on est amené à utiliser des techniques de cyber, c'est-à-dire du reverse, de la rétro-ingénierie logicielle, de la décompilation, pour comprendre comment fonctionnent les protocoles, et on les réimplémente dans notre collecteur. Je terminerai là-dessus et je laisserai la main à Thomas. On a également... Oui, c'est parfait l'équipe. Franchement, la classe. On n'aurait pas fait mieux. Ça, c'était Croc Summit. On a aussi, en fait, le SOC pour Thomas, c'est aussi quand le bateau va faire des sessions de navigation, ils ont la capacité d'emmagasiner toutes les données de navigation. Et quand ils arrivent à terre, ils vont uploader toutes les données dans le SOC Advens. Et nous, on leur montre.
met à disposition des métriques. On a analysé, on a préanalysé, on a prédigéré toutes les informations qui ont été générées par le bateau. Et à quoi ça sert? En fait, ça sert pour les équipes de Terra Racing de comprendre le fonctionnement du bateau, d'optimiser les réglages et parfois également de comprendre des faits de course. Je pense que Thomas en aura quelques-uns, mais par exemple, on a démontré par l'analyse de données que parfois, certains équipements à bord pouvaient dysfonctionner, pouvaient avoir un bug sporadique ou pouvaient remonter des anomalies. Alors ça paraît anecdotique, mais en fait, dans la mise au point du bateau, c'est très important parce que sans ces outils, avant, comment ça se passait? On contacte le fabricant. Bonjour, on a eu un problème. Tel jour, telle heure, dans une session de navigation. Fabricant, c'est légitime, mais non, il n'y a pas de problème dans nos outils, jamais, ça marche très bien. Donc là, on va les voir en disant, regardez, on a vu un problème, on pense savoir pourquoi, voici les données, c'est arrivé là, regardez, on a trouvé une corrélation, on a trouvé quelque chose de suspect, et on gagne du temps dans le diagnostic,
et du coup, on améliore la boucle, session de navigation, collecte des données, analyse, et le feedback, on est beaucoup plus véloce dans la capacité à finalement régler le bateau. Voilà à peu près ce que je pouvais dire sur le sujet. Je ne sais pas Thomas si tu as des exemples à nous partager sur justement les apports concrets qu'on a pu te faire. Surtout ce qu'il faut bien comprendre dans ce que présente Jérémie. Jérémie, là, c'est qu'on reste quand même un sport avec des courses qui sont sans assistance. Donc tout ce qu'on fait là, c'est une démarche qu'on a dans la préparation du bateau, dans sa mise au point, dans toutes nos séances d'entraînement. Et finalement, c'est là où nous, ça nous permet de gagner en performance, de gagner du temps dans la compréhension des couacs qu'il peut y avoir à bord, parce qu'il y a quand même beaucoup d'électronique, d'informatique et des choses comme ça. Et donc c'est là où la grosse plus-value de... d'Advens et de ses équipes dans l'analyse de finalement tout ce qui circule et de toutes ces données à bord. Nous, ça nous permet d'aller beaucoup plus vite dans la résolution de problèmes et d'être pris le jour J.
Et c'est vrai que sur cette route du Rhum qui vient de se terminer, finalement, on a tous nos lots de problèmes. Alors, ça peut être des casses purement matérielles, composites ou de la voilerie, de la mécanique, des choses comme ça. Mais c'est vrai qu'en informatique électronique, Et dans l'utilisation du bateau, je pense qu'on est le bateau qui avons eu le moins de soucis. Et notamment grâce à tout ce qu'on a pu mettre en place en amont de la course et dans notre préparation. Et cette grosse différence-là, elle est apportée justement avec cette collaboration étroite qui n'a pas été si évidente à mettre en place au début. Je blaguais en disant au début, moi, on a des gens en face de nous, on ne parle pas le même langage, ils ne sont pas des marins. Et finalement, on s'est quand même vachement bien retrouvés. Et là, aujourd'hui, on a les ressources à la fois chez Advens et chez nous pour avancer sur tous ces projets-là. qui sont passionnants et qui nous permettent du coup de... De bien augmenter notre performance et de mieux comprendre nos bateaux, en tout cas plus rapidement, d'aller plus vite dans la résolution de problèmes.
Et c'est ça qui est passionnant dans cette collaboration technique. Et ce n'est pas trop frustrant justement de te dire que tu as tout un tas d'informations qui arrivent quand tu t'entraînes et qui te connectent, sans mauvais jeu de mots, au bateau. Et puis après, quand tu pars, d'un seul coup, tu n'as plus forcément accès à ces informations-là. Alors, en fait, j'ai toujours accès. C'est là où le travail était intéressant, c'est justement de savoir quelles sont les données dont moi j'ai besoin, comment est-ce qu'il faut que je les lise et comment il faut que je les traite. Et finalement, j'ai beaucoup de données, mais sous les yeux, j'ai que l'essentiel. Et finalement, moi, à la fin, c'est des codes couleurs. En fait, il faut que quand il se passe quelque chose au niveau de la sécurité ou de la perf, je puisse tout de suite mettre le doigt dessus et être prévenu. Finalement, il y a tout un boulot de traitement de données, d'analyse de données, mais il y a aussi toute la restitution, tous les dashboards qui viennent aussi de chez Advens, qui est hyper important pour moi, me faciliter le travail. Quand je suis en solo sur mon bateau, j'ai déjà beaucoup de chiffres sous les yeux.
Il faut que ça soit simple, efficace. Et en fait, tout est pensé comme ça à bord de nos bateaux, c'est-à-dire que même la nourriture, pour parler de quelque chose d'un peu plus basique, c'est des choses qui sont ultra préparées. C'est-à-dire que moi, le matin, j'ai mon sachet, je le sors, je sais que j'ai tout ce qu'il me faut pour la journée. J'ai mon petit-déj, mon dîner, mon déjeuner, le grignotage, les plus... Tes 5 fruits et légumes par jour. Mes 5 fruits et légumes par jour. Je ne me pose pas de questions et dans la préparation de mes repas, c'est pareil. Une fois que je sors du sachet mes trucs, c'est des trucs faciles. Il faut vraiment que ça soit simple. Parce que les bateaux, là les photos sont jolies, on voit le bateau un peu comme un oiseau à voler, mais c'est ultra violent. Et c'est de plus en plus dur, c'est engageant physiquement, techniquement pour le bateau. Et donc, il faut que tout soit simple. Mais ça veut dire que... On va faciliter les choses. On entend, ça rigole dans la salle parce qu'il y a toujours les dessins de Tommy, d'ailleurs qu'on remercie comme ça de séquencer toute cette journée et celle de demain également. Voilà, ça fait pirater. Allô Jérémie, tu vas rire, je me suis fait pirater.
Vous rigolez, mais en fait, parce qu'on se dit maintenant, en fait, il va faire un tour du monde, il ne craint rien dans l'océan Indien. Mais si, en fait, le bateau est connecté, il est connecté à Internet. Nous, évidemment, quand le bateau, il quitte le port, il est sécurisé, on a appliqué toutes les mises à jour de sécurité. Mais qu'est-ce qui se passe s'il y a un 0D qui sort sur Firefox, sur Chrome, sur Windows, sur Linux et sur tout ce qu'on a à bord? Thomas, il est tout seul et on ne peut pas l'appeler, il ne peut pas appeler un patch, passer son patch de sécurité. Donc c'est un risque qu'on est obligé de tenir compte parce que, je ne sais pas Thomas, qu'est-ce qui se passerait si tu avais une panne totale d'informatique? Je pense que ça t'en dit qu'après quand même dans une course. En fait, en solo, on ne peut pas avoir de panne électrique, électronique ou d'informatique, parce que ce qui fait qu'on arrive à être seul sur nos bateaux et tourner autour du monde en solitaire sur des machines comme ça, c'est qu'on a des pilotes automatiques. Et aujourd'hui, tous ces aimants-là, c'est grâce à ça finalement qu'on sait faire du solitaire aujourd'hui. Moi, je vais revenir sur l'histoire de ton repas, pas pour savoir ce que tu manges quand tu es en course, ce n'est pas ça, mais tu dis, voilà, il faut que ce soit très compartimenté, un peu de l'ordre de la routine, du réflexe.
Et tu as besoin aussi d'avoir les éléments qui proviennent d'Advens de façon très routinière et que tu puisses lire très vite ce qui se passe, en fait, si je suis le raisonnement, l'analogie. Ça veut dire que tu as commandé aussi, d'un point de vue ergonomique, la 3. des dashboards, tu as dit qu'il fallait que ce soit un peu comme ça, ça a été jusque là la co-conception ? Oui, il y a des projets en cours, justement, on parlait du pilote, mais typiquement on a un fournisseur de pilotes automatiques, c'est pareil, c'est des ingénieurs, et moi ça ne me correspond pas, ce n'est pas très ergonomique, ce n'est pas très user-friendly, et du coup, moi j'ai des demandes à ce niveau-là, Et donc Advens intervient pour justement aller un peu hacker le fournisseur de pilotes pour me créer mon dashboard personnalisé et que je puisse avoir accès à des réglages fins qui me correspondent, qui correspondent à ma façon de naviguer. C'est encore ce qu'on fait au sein du SOC, puisque dans le SOC, on détecte, alors je ne vais pas raconter toute l'histoire, on détecte, évidemment, on intervient et on réagit, et à un moment donné, il faut qu'on restitue l'information au client, des plans d'action, des KPI de sécurité.
Donc on a aujourd'hui les technologies de dashboarding et de reporting, et pareil, c'est les mêmes technos qu'on embarque dans le bateau de Thomas. Qu'est-ce que ça a changé pour toi, Thomas, dans ta façon de naviguer? Est-ce qu'il y a un élément que tu ne fais plus de la même façon grâce au partenariat avec Advens? Finalement, on a quand même des machines où tout est nouveau. Donc finalement, là, tout ce qu'on est en train de faire avec nos prototypes et tourner autour du monde avec des bateaux volants qui portent du plomb, c'est complètement, c'est tout récent. On est vraiment dans une transition dans la course au large et la voile en général. Donc finalement, tout est neuf. Moi, je pense que la différence... que ça apporte par rapport à la concurrence, parce que ça reste de la compétition. C'est vraiment la rapidité à optimiser et à mettre au point nos bateaux. Et c'est vraiment là le gros plus. Donc ça c'est fait. Et maintenant on est vraiment en train d'aller plus loin en ce moment avec les équipes d'Advens, où on est vraiment là hyper focus sur de la perf. Et de toute façon, c'est un sport mécanique.
C'est finalement dans le domaine de la compétition. Dans le fonctionnement, c'est proche du sport auto, avec quand même des équipes techniques assez conséquentes. D'ailleurs, tu dis l'écurie. Tu dis l'écurie TR Racing, comme en sport automobile d'ailleurs. Comme en sport auto, et puis là, on a la chance de collaborer avec un partenaire qui nous apporte un gros plus. Et alors, l'association Entourage, comment c'est venu? Comment ça a émergé? C'est vous, Advens, qui avez porté ce projet-là auprès de Thomas, ou c'est toi, Thomas? Et maintenant, quelle relation tu entretiens avec Thomas? C'est finalement une rencontre qui s'est faite assez naturellement, c'est en 2019. Et en fait, le patron d'Entourage est un ancien entrepreneur de la tech, Jean-Marc Poitvin. Et donc, les liens se sont faits comme ça avec Advens. Et finalement, c'était cet ADN un peu commun où à la fois Advens, nous et puis Entourage, on ne fait pas les choses... On n'est pas sur le... On fait toujours un petit pied de côté, un petit pas de côté. Et c'est là où on s'est bien retrouvés dans des ADN assez communs.
Donc tu n'as pas l'impression que finalement, le fait d'avoir un bateau qui est devenu très technique, avec le fait de capter toutes ces infos-là, a dégradé ton sens de la mer? Au contraire, il faut absolument le garder. Aujourd'hui, la jauge qui régit nos classes de bateaux est suffisamment bien foutue, bien faite pour garder ça. C'est extrêmement important. Et puis, oui, bien sûr qu'il y a ce feeling. Mais si sur le feeling qu'on a en mer et sur le bateau, on peut y... Ils mettent un petit côté scientifique et le vérifier. Ou finalement, nous aider. Là, par exemple, on est en train... Alors, le bateau que vous voyez là, c'était finalement la route du Rhum, sa dernière navigation. On a un nouveau bateau en construction. Il y aura évidemment du feeling avec ce bateau-là à venir sur les premières navigations. Mais en amont de ça et en amont de sa mise à l'eau, on peut faire déjà énormément de choses.
On a des simulateurs sur lesquels on intègre les pilotes. Enfin, finalement, au moment de la mise à l'eau, je vais déjà avoir un travail qui est un peu dégrossi dans le fonctionnement du bateau, dans la façon dont ce bateau va se comporter dans telle ou telle condition. Et tout ça, c'est grâce à tout un... À tout ce travail collaboratif. Là-dessus, côté tech, au sein du SOC, on a des équipes de data scientists qui sont là justement pour analyser les datas des clients et créer des modèles de détection. Et donc ce sont les mêmes équipes qui travaillent aujourd'hui avec les ingénieurs Terra Racing justement pour essayer d'automatiser les phases de test et les phases de réglage. Donc on est en train de concevoir des algorithmes de réglage automatique. Alors ça, c'est la théorie. Dans la vraie vie, on tâtonne. C'est vraiment de la R&D. Donc autant Thomas n'utilisera jamais ça en course parce qu'il a expliqué que c'était interdit, autant à terre et dans les phases de réglage, ça nous fait gagner beaucoup de temps. Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour les prochaines années, à tous les deux? Le futur bateau qui arrive là dans quelques semaines, Moa, soit réussi.
Ça reste des protos, donc il y a toujours une petite prise de risque dans les choix, le cahier des charges qu'on a mis en place pour concevoir ce nouveau bateau. Et puis, on a gagné deux belles courses, qui sont un peu les courses phares de ces deux dernières années, donc ça c'est super. Le but était aussi de donner ce coup de projecteur et qu'il y ait un maximum d'impact pour ce qu'on porte dans les voiles avec LinkedOut. Donc ça c'est coché, il reste le Vendée Globe dans deux ans et ça c'est vraiment le gros objectif de nos équipes, c'est d'aller claquer le tour du monde. Allez claquer le tour du monde. On a le CTO du monde d'ailleurs dans la salle. J'ai un rappelé. Sacha, où es-tu Sacha? Ah il est parti. On avait le CTO du monde. Donc vous savez auprès de qui se plaindre si jamais il y avait des soucis. Merci beaucoup à tous les deux. On va se lancer pour une session de questions réponses. J'imagine que vous en avez sans doute plein, j'espère. Alors qui démarre le bal? Qui ouvre le bal? Une question à...
Juste en haut à droite, merci beaucoup. Pareil, vous connaissez le rituel de vous lever, s'il vous plaît, de nous dire qui vous êtes. Merci, Alexis Berges, Préligence. Une question sur l'organisation des équipes qui travaillent sur la conception des algos et les itérations. C'est du un jour par semaine, c'est des sprints dédiés? C'est une très bonne question. J'explique. que la collaboration technique a démarré en 2020. Donc on va dire qu'en 2020, c'était un petit peu un engagement de moyens. On fait un petit peu ce qu'on peut, on se découvre. On était aussi pressés par le temps parce que Thomas a expliqué que le bateau a été livré peu de temps finalement avant le départ de la course. Donc on n'a pas vraiment eu le temps de s'entraîner. Aujourd'hui, c'est différent. L'équipe Terra Racing s'est structurée. Moi, j'ai un homologue chez Terra Racing en charge de l'innovation, en charge de la R&D, alors qu'avant, on devait nous traiter en direct. Et au fait, oui, aujourd'hui, Advens, c'est ce que j'expliquais au travers du mécénat de compétences. Aujourd'hui, je ne vais pas donner le chiffre parce qu'on va le garder pour nous, mais oui, j'ai des ETP au sein de la direction technique qui sont consacrés au projet de Thomas.
Et en fait, la chance qu'on a, c'est un petit peu l'objectif de la presse, c'est que ce qu'on fait pour Thomas vient alimenter ce qu'on fait pour le SOC et vice versa. C'est-à-dire que, par exemple... Sans trahir de secret, on a par exemple là récemment sorti un super algorithme pour faire ce qu'on appelle de l'UEBA, User Entity Behavior Analysis. Ça permet en cybersécurité de détecter qu'un individu lambda au sein d'une organisation a un comportement anormal. Ce même type d'algorithme permet de discriminer un certain nombre de données au sein du bateau. Ça veut dire que pour répondre à votre question, oui, on dédie des ressources, mais également, il y a beaucoup de sujets. Qui sont en fait assez liés. Donc ça devient de plus en plus facile finalement. Merci beaucoup Jérémie. Une autre question? Tout le monde a envie de partir. Ah, voilà, monsieur. Pule de marin, en plus, ça tombe bien. Bonjour, Thomas Ross, le fève d'Aloz.
Déjà, super de vous voir, c'est juste génial. Je trouve que l'assortiment du sport de haut niveau, la sécurité, on ne les mettrait pas ensemble. Et en fait, vous parlez bien, vous communiquez bien ensemble, c'est juste génial. Le SOC, je trouve ça trop fort, l'adapter, adapter les logs, l'analyse, etc. C'est juste félicitations. Et derrière, je me demandais si vous n'aviez pas le socle le plus frugal finalement au monde, parce qu'étant donné que c'est censé tourner sur un bateau, il y a peut-être de la promotion à faire autour de ça. Et l'autre question qui va avec ça, vous avez dit qu'il n'y a pas de data lake, donc pas de CM pour stocker toutes ces informations. Je suppose qu'en phase amont, lors de l'entraînement de tous les modèles, etc., vous avez un data lake et en phase de training, vous chargez toutes ces données pour pouvoir les exploiter derrière. Félicitations pour les deux victoires, bien sûr. Question très technique, merci de l'avoir posée. Donc effectivement, en fait, oui, toutes les phases de préparation en amont, on a le terrain de jeu complet, le terrain de jeu du SOC.
Donc on a les collecteurs, les parseurs, tout ce qu'il faut pour traiter, analyser la data. Et donc les data scientists peuvent faire ce qu'ils veulent sur les données pour la mise au point des modèles. Et en fait, ensuite, quand on est en course, donc en autonomie, Le data lake n'est plus forcément utile. Pourquoi? Parce que le data lake va être utile pour ce qu'on appelle la phase de training, la phase d'entraînement des modèles. Mais ensuite, quand on est entre guillemets en production, donc c'est aussi rigolo, mais notre production à nous, c'est quand le bateau part et qu'il est en autonomie. En fait, pour la partie détection d'anomalies et génération des alarmes, on n'a plus besoin de data lake. Le modèle a été entraîné, il est dans le bateau et sur la base du flux de data qui vont le traverser, les algorithmes sont autonomes pour prendre les bonnes décisions et pour alerter. Donc en course, on n'a plus besoin de ce data lake. Mais sinon, oui, à terre, on a tous les outils. Il y a une autre question dans la salle. Oui. Alors, pardon monsieur, après. Bonjour, Camille-Noël Caroz.
Merci pour la présentation. Je voulais savoir si des prédictions ou la donnée est parfois allée en contradiction avec l'intuition du marin. Et comment ça s'était passé? Je demande à Thomas si j'ai le droit de dire ce que je vais vous dire. J'ai deux exemples en fait. J'ai un exemple où en fait, Advens avec la naïveté qui est la nôtre vis-à-vis de la course au large, on était hyper fiers de nous parce qu'on vient voir Thomas et on dit Thomas on a un super réseau de neurones pour toi. On a été capable de détecter, vous savez le bateau il vole et ce qu'on ne veut pas c'est qu'il retombe parce que quand il retombe ça casse sa vitesse. Donc ce qu'on veut pour gagner un Vendée Globe ou pour gagner une course, il faut avoir la vitesse moyenne la plus élevée tout le temps. Donc on va voir Thomas, on dit Thomas on est super content, on est capable de prédire 10 secondes avant que ça se produit, et c'est vrai, que le bateau va tomber. Thomas nous dit, les gars vous êtes gentils, mais qu'est-ce que tu veux que j'en fasse? Le bateau va tellement vite, on n'a pas le droit à l'automatisation, la classe IMOCA nous interdit l'asservissement, et Thomas dit, en 10 secondes je ne peux rien faire, donc votre truc il ne sert à rien.
Douche froide pour nous, on est très contents, mais voilà, exemple du coup de, on démontre quelque chose, mais on ne peut rien en faire. Deuxième exemple, je ne vais pas non plus donner trop de détails, mais les équipes de Thomas nous sollicitent suite à une session. On dit tiens, il y a un truc bizarre sur les vérins de safran. Advens, on est persuadé qu'il y a ça comme... Est-ce que vous pouvez confirmer qu'il y a le problème ? Et là, justement, il n'y a pas eu besoin d'algorithme, mais on a donné ça aux data scientists. Et là, les data scientists ont infirmé les... qui avait été formulée par les ingénieurs de TerraSing, on leur dit non, non, en fait, contrairement à ce que vous pensiez, et contrairement effectivement à ce qu'on aurait pu penser nous de premier abord, les données ont démontré que non, c'était quelque chose d'autre qu'il se passait sur ces fameux verres de safran. Donc ça aussi c'est un exemple de collaboration, c'est-à-dire qu'il n'y a pas que de la tech, il y a aussi de la prestation d'ingénieurs. C'est-à-dire que c'est là-dessus où on se retrouve et finalement pourquoi deux mondes différents on arrive à travailler ensemble, c'est parce que dans les équipes de Thomas il y a énormément de technicité, il y a des ingénieurs, nous aussi on est ingénieurs et on se retrouve en fait
dans ce travail d'ingénierie avec chacun notre domaine d'expertise et on se complète et on s'enrichit les uns les autres. Et puis vous êtes nordistes tous les deux aussi, ça aide. Aussi, oui. Un autre sujet qui concerne un peu le feeling, la sensation et la donnée, on a eu un projet aussi autour du sommeil sur le dernier Vendée Globe, où j'étais équipé d'une ceinture connectée et avec un réveil avec de la data. Et finalement, toutes ces informations-là, était traité et puis moi je pouvais lire sur un dashboard conçu par les équipes d'Advens, par exemple mon temps de sommeil sur les dernières 24 heures glissantes et d'autres données finalement liées au sommeil, où là finalement plusieurs fois pendant la course j'ai pu confronter moi ma sensation, mon feeling avec avec une donnée un peu plus scientifique. Ça n'a pas marché tout le tour du monde, pour plein de raisons. test aussi, mais en tout cas c'était un exemple qui montre aussi jusqu'où on peut aller
et c'était très intéressant, je pensais bien me connaître et c'est vrai que j'en ai appris encore grâce à ce qu'on a fait sur ce dernier Vendée Globe autour du sommeil. Je crois que monsieur vous aviez une question, il me semble. Bonjour, Antonin Garcia, RICI-VP. J'avais deux petites questions. Vous avez parlé de votre stack, vos Linux, Windows, Mac, qui contactaient Internet quand le bateau était en mer. Pourquoi est-ce qu'ils ont besoin d'aller sur Internet? Est-ce que c'est un besoin légitime? Et la deuxième chose, c'est un sport compétitif, mais est-ce que vous pensez à... Open sourcez les données, les learnings que vous faites. Et troisième et dernière question, est-ce que vous... Oui, parce que j'en ai encore une mois. Elle est pour toi, celle-là. Il y a des associations type Sea Shepherd, etc., qui pourraient bénéficier de SOC ou d'Operating Services comme les vôtres. Est-ce que vous pensez à... À collaborer avec eux, à partager des choses avec eux.
Voilà, merci. Alors, t'en es très parti, c'est parce que c'est un vrai duo. Alors, qui fait la première? Juste pour corriger, aujourd'hui, tous les systèmes à bord n'ont pas de connexion Internet. Justement, c'est pour ça qu'on a fait la segmentation. Donc, le pourquoi du besoin, je vais te laisser répondre, Thomas, à la question de pourquoi tu as besoin d'accéder à Internet. En fait, c'est une course sans assistance et du coup, on n'a pas de... Comment de... De routeurs ou de météorologues qui nous accompagnent pendant la course. Donc finalement, pour faire la meilleure trajectoire possible, on a de l'information météo qu'on va chercher. Et finalement, on a le droit d'aller chercher de l'information qui est accessible à tous. On appelle ça des fichiers GRIP, c'est des fichiers de vent qu'on va aller récupérer, des images satellites, des cartisobariques. On a le droit finalement d'aller chercher un peu tout ce qu'on veut pour établir notre stratégie et la meilleure route par exemple. Mais on a aussi du monde internet parce qu'on vous envoie des images depuis la mer, du son, des photos.
Il y a aussi une partie média qui est assez présente aujourd'hui pour faire vivre nos courses, aussi pour avoir des beaux partenaires, forcément. C'est un sport qui est de plus en plus médiatisé, donc on a besoin d'Internet pour pouvoir envoyer aussi un peu d'infos du large. Et puis pour les associations aussi, continuer à faire la promotion, je pense, du partenariat avec Entourage. Ça, c'est fondamental aussi. Sur la partie open source, moi personnellement, c'est un sujet qui me tient énormément à cœur. On est chez Advens, on est fortement investi, on est contributeur R6Log, on est contributeur sur des projets comme Future Projects, un WAF, etc. Alors au risque de vous surprendre, la Playance aujourd'hui, elle est complètement open source. Tout le framework, il est open source. La seule chose aujourd'hui qu'on ne rend pas open source, c'est les algorithmes. Parce que là, pour le coup, il y a des cas d'usage différents. Pour revenir sur la flotte IMOCA, en fait, il y a deux sujets. Il y a le sujet de la cyber. Et là, c'est un secret pour personne. Aujourd'hui, on est très heureux, et on le fait déjà, de contribuer pour d'autres écuries que Terra Racing sur le côté cybersécurité. Je me souviens, le premier truc qu'ils ont fait, première course en partenariat avec Advens, vous êtes arrivé avec vos bandes de hackers, ils sont arrivés sur les pontons.
Au final, ils ont acquitté tous les bateaux, ils sont venus me voir, ils ont dit« Bon, écoute, on a la main sur tout le monde. » Je suis OK, super, j'ai vraiment une équipe de tueurs. Et depuis, on les a prévenus quand même. Et donc, il y a eu une espèce de petite conférence que tu as animée, Jérémie, pour essayer de leur donner les bonnes pratiques pour éviter... On a été contactés, donc on a vraiment plaisir à le faire. On fait ça de mon cœur. Et c'est juste, par contre, sur le volet performance, où là, non. Là, c'est chasse gardée pour Thomas, évidemment. On ne va pas... Ouvrir nos secrets de cuisine. Pas tout de suite. Il y a une toute dernière question d'Alexandre Maslow qui est en remote, parce qu'on est suivi aussi sur la chaîne de Tech.Rocks. Donc super presse, bravo il dit super presse, vraiment une question naïve, mais qui n'est pas tant que ça. À quand une transat sans marin à bord? Quelle serait la performance d'un tel bateau? Ça sera sans moi, forcément.
Non, on n'y est pas parce qu'évidemment, on essaye de pousser le truc, de grader nos bateaux. Il y a plein de sujets passionnants. Maintenant, la jauge est suffisamment bien faite pour... La jauge est suffisamment bien faite pour ne pas que ça dérive. Je passe encore du temps sur le pont avec mon ciré sur le dos, à changer des voiles, à réparer le bateau, à monter en tête de main. Capteur sur le ciré ou pas de capteur? Non, pas de capteur sur le ciré. Mais non, ça reste quand même un sport aujourd'hui qui n'est pas du tout prêt à être sans homme à bord. Sans homme à bord, non. Pour l'instant, Thomas, il y a plus de gens qui ont été dans l'espace que de personnes qui ont terminé un Vendée Globe. Pour vous rappeler l'engagement physique que c'est que de faire un Vendée. C'est vrai, même des chiens sont allés dans l'espace. Il n'y a jamais de chien qui a fait le Vendée Globe. Non? Pas encore. Ok.
Bon. Pardon. La chute était nulle, mais bon, c'est pas grave. En tout cas, c'était vraiment, vraiment génial. C'est dommage. J'ai envie d'avoir avec moi. Vraiment, c'est top. Top, top, top. Les cadeaux Tech.Rocks, merci beaucoup. Je vais vous laisser retourner dans vos pénates. Et on va rester sur ces... Des images merveilleuses de mer. Alors, plutôt de l'autre côté. Oui, s'il vous plaît. Merci beaucoup. Je vais essayer de me dégager. C'est aussi petit que l'habitacle d'un bateau par ici.
