Tech.Rocks Summit 2022

Les leviers de la Tech eco-responsable

Tech.Rocks Summit 2022 · 8 décembre 2022 · 26 min · en français

Résumé

Où en est la connaissance du calcul de l'empreinte environnementale d'un service numérique ? Quels gains attendre d'une moindre consommation de CPU, de RAM, de stockage ou de réseau, ou d'un passage au cloud ? Gregory Cauchie présente les différents leviers pour réduire l'empreinte des services numériques, selon que l'on travaille sur le front-end ou le back-end, en B2B ou en B2C.

L’essentiel

Gregory Cauchie (Koevoo) présente les bases de l’évaluation de l’empreinte environnementale d’un service numérique et deux leviers pour la réduire : où et combien de temps on utilise un équipement, et quels composants on sollicite.

Pour préparer une démarche d’éco-responsabilité sur l’infrastructure (cloud, serveurs, parc de postes) et éviter les fausses bonnes idées.

Les idées clés

  1. Ne pas remplacer un équipement qui fonctionne pour consommer moins. Pour un MacBook Air de deux ans remplacé par un modèle récent, le « retour sur investissement » en émissions serait de plus de 200 ans, car la fabrication pèse lourd, en gaz à effet de serre comme en matières extraites. à 1:50
  2. Le lieu d’utilisation compte. L’intensité carbone de l’électricité varie fortement d’un pays à l’autre et au sein d’un même pays : le même serveur utilisé quatre ans en France plutôt que dans une région cloud américaine économise des tonnes d’équivalent CO2, pour un objectif d’environ 2 tonnes par personne et par an. Il ne s’agit pas de tout rapatrier en France, mais de regarder où l’on est ; chez un fournisseur cloud, choisir sa région est un levier simple. à 8:00
  3. Ce que l’on sollicite, sur plusieurs critères. Dans un serveur de calcul, la fabrication de la RAM pèse bien plus que celle du CPU ; mais remplacer de la RAM par du CPU ferait gagner sur les gaz à effet de serre et perdre sur les ressources abiotiques. Il invite à chercher à réduire la RAM et à raisonner sur tous les critères environnementaux, pas seulement le climat. à 12:42

Questions pour votre équipe

Il s’agit d’une conférence de sensibilisation : l’intervenant rappelle que les évaluations d’empreinte restent approximatives (conception et maintenance non comptées, peu de données sur le réseau, le cloud ou les GPU) et qu’il n’a pas de réponse sur le choix des langages. Il dirige Koevoo, entreprise engagée pour une IT plus durable, et s’appuie sur le calculateur d’une association dont il est membre bénévole ; les valeurs précises figurent sur les diapositives, pas dans la transcription.

Chapitres

  1. Présentation
  2. Une fausse bonne idée : changer son ordinateur
  3. Éco-responsabilité et cycle de vie
  4. Levier : où et combien de temps
  5. Levier : ce que l’on utilise
  6. Fabrication ou utilisation ?
  7. Bonnes pratiques et questions ouvertes
  8. Questions de la salle

Summary

How well do we understand how to calculate the environmental footprint of a digital service? What gains can be expected from using less CPU, RAM, storage or network, or from moving to the cloud? Gregory Cauchie presents the different levers for reducing the footprint of digital services, whether you work on front-end or back-end, in B2B or B2C.

Thèmes : Impact & numérique responsable

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Après avoir navigué avec Thomas et Jérémy, il y a une transition toute trouvée aussi sur l'importance des infrastructures IT sur la partie durabilité. Où en est la connaissance du calcul de l'empreinte environnementale d'un service numérique? C'est quand même un vaste sujet dont on a un tout petit peu parlé aussi ce matin. Mais c'est maintenant avec Grégory Cauchie, président fondateur de Koevoo, que nous allons en parler. Ah non, tu peux... Oh, pardon. Déjà prêt. The One, The Zapet, Gregory, c'est pour vous, je vous laisse. Un grand merci. On va laisser tout le monde s'installer tranquillement parce qu'il y a un tout petit peu de mouvement. Moi, j'aime bien qu'on vous écoute et que tout le monde soit bien installé. C'est normal, c'est normal. Est-ce que tout le monde peut s'installer dans un délai relativement rapide? Merci beaucoup. Tu fais comme tu veux, t'es la bienvenue.

Bonjour à toutes et à tous. Effectivement, je vais vous parler des co-responsabilités. Qu'est-ce que c'est? Pourquoi on en parle et quels sont les enjeux? Ça va être tout le sujet de cet échange. Je pense qu'Aurore Stéphan vous a bien sensibilisé ce matin sur les enjeux environnementaux et encore, elle n'en a fait qu'une partie. Ce que je vais vous dire... Ce que je vais essayer de vous donner, c'est des bases pour répondre aux problématiques de comment on trouve les informations, comment on évite les pièges de déplacer les problèmes d'un critère à un autre, comment on évite les fausses bonnes idées. En parlant de ça, j'ai une question, la réponse est un peu dans la question, mais à main levée, qui pense que changer son ordinateur parce qu'il consomme moins d'énergie est une bonne idée? Qui pense que c'est une mauvaise idée ? Beaucoup plus.

C'est effectivement une mauvaise idée. Pourquoi? Il y a quelque chose qui ne vient pas. Ça a été déplacé en bas, pardon. Si on faisait un calcul, qui n'est pas exact, mais d'une sorte de ROI sur l'économie d'émissions de gaz à effet de serre, de CO2 équivalent fait, on serait sur une période de plus de 200 ans. Juste parce que, comment j'ai fait ce calcul? On prend un MacBook Air qui a deux ans, on passe sur le nouveau, on a un petit gain de consommation électrique. En revanche, Ce qui apparaît sur la droite, ce qui change, c'est que la fabrication a eu un impact énorme, quand on parle d'ordinateurs portables, sur les émissions de gaz à effet de serre. Autre problématique dont parlait Aurore Stéphane ce matin, c'est qu'en plus, on a consommé beaucoup plus de matière pour pouvoir le fabriquer. Et je ne reviendrai pas sur ce qu'elle a dit, toutes les problématiques qui sont liées à ça. Donc du coup, aujourd'hui, changer une flotte d'ordinateurs qui marche encore très bien pour moins consommer,

c'est d'une certaine manière un non-sens à la fois sur les émissions de gaz à effet de serre et à la fois sur la quantité de matière qu'on va devoir extraire de la croûte terrestre. Je vais vous parler de la base pour essayer de comprendre comment ce calcul a été fait et comment on peut l'appliquer au serveur ou à différents endroits. L'éco-responsabilité, je suis reparti de la base éco. Je suis désolé, mais a priori, toutes les animations ont sauté. Je vais essayer de m'adapter comme je peux. Ça vient du grec oikos, qui parle du milieu, de la demeure. Et donc, dès qu'on va parler d'écho quelque chose, on va parler finalement de toutes les interactions entre les organismes vivants, donc vous, moi, les animaux, tout ce qui vit, des plantes, tout ce qui est organique, et tout ce qui est aussi... Ah ben voilà, pardon, c'est bon, j'ai l'animation. Donc de tout ce qui est organique et inorganique, l'inorganique étant tout le sujet, notamment traité par Aurore Stéphan ce matin, qu'on peut étendre à tout le milieu de l'écosystème Terre dans lequel on évolue.

Et donc si on prend éco et qu'on le décline de différentes manières, dès qu'on va parler d'études, on va parler d'écologie, dès qu'on va parler de gestion, d'administration, on va parler d'économie, et dès qu'on va parler d'action, et notamment le côté d'être redevable sur ces actions, on va parler d'éco-responsabilité. Donc l'idée, dans la continuité de ce qui a été dit ce matin, c'est de pouvoir vous donner les éléments qui vont vous permettre de prendre conscience que même si vous ne faites que du dev, vous avez quand même un impact. sur les ressources sous-jacentes qui vont être mobilisées. Et selon vos choix, d'aller dans une direction ou dans une autre, il y aura du coup un effet peut-être égal, mais différent et potentiellement sur différents critères. Alors comment est-ce qu'on va regarder tout ça? Le schéma typique qui est représenté là, c'est celui des analyses de cycle de vie que vous retrouvez sur les documents de l'ADEME, que vous trouvez dans différents endroits. On part de la gauche sur la phase de conception et on fait tout le tour sur après, une fois qu'on sait ce qu'on veut faire, il nous faut de la matière, il nous faut la construire, il nous faut la transporter, on va l'utiliser.

Elle va partir, si on y arrive, en recyclage pour après réattaquer ce cycle. Tout ce qui est encadré en bleu ici, c'est finalement ce qu'on va utiliser, ce quoi on va solliciter pour pouvoir rendre la fonctionnalité que l'on cherche à obtenir, le service que l'on cherche à offrir. La partie utilisation, logiquement, c'est où est-ce qu'on va l'utiliser. Et combien de temps on va l'utiliser. Sur tout ce cycle, on peut déjà faire deux grandes catégories. Ce qu'on va utiliser, ensuite combien de temps et où. Vous verrez dans le schéma, il y a un petit bonhomme qui n'est pas encadré. Et ça, dans toutes les études que vous pourrez voir aujourd'hui sur les empreintes environnementales, tout ce qui touche à la conception, Tout ce qui touche à la maintenance et au support sont... aujourd'hui non comptabilisé. Déjà dans les chiffres que l'on a, on a une partie qui n'est pas encore prise en compte, donc on a un petit biais.

Globalement, ce biais, vous le retrouverez un peu partout, c'est très très dur de faire des empreintes environnementales, c'est pour ça qu'on ne parle pas vraiment de mesures, mais on parle plus d'évaluation. On essaye d'approcher le plus possible l'ordre de grandeur, l'ordre d'idées, la valeur qui serait le plus proche de la vérité. On n'est jamais très très précis. En tout cas, voilà les deux leviers sur lesquels je vais revenir dans cette présentation. Sur la base de ce qu'on fait chez Koevoo, c'est une entreprise que j'ai fondée qui est engagée dans la simplification et rendre l'IT plus durable. Et qui se base notamment sur des travaux, je reviendrai tout à l'heure, d'une association qui s'appelle Boa Vista. Alors, je vais commencer par le levier numéro 2, donc où et pendant combien de temps on utilise un équipement? Quels sont les effets liés à cela? Donc, du coup, je vais vous parler d'électricité, de mix énergétique, de pays. Ce que vous pouvez voir sur ce schéma, c'est que plus la couleur est verte, plus l'intensité carbone pour 1 kWh consommé est basse, plus on va vers le noir, plus ce même kWh émet de CO2 équivalent.

Donc plus il émet d'émissions de gaz à effet de serre. Deux choses à... Enfin, plusieurs choses à retenir, mais j'en mettrai au moins deux. La première, c'est que d'un pays à l'autre, il y a énormément de différences. Par exemple, vous regardez en Europe, entre la Norvège, la France, l'Allemagne, la Pologne, on a des couleurs assez différentes. Et même dans un même pays, si vous regardez les États-Unis, si vous regardez l'Australie, on voit que selon l'endroit où on est, le mix énergétique n'est pas le même. Donc déjà, pour pouvoir prendre en compte l'impact, l'empreinte de ce que vous utilisez, il faut se poser la question de où vous êtes et des caractéristiques d'empreinte environnementale de l'électricité qui est consommée en local. Pour vous représenter ça, j'ai pris l'hypothèse d'un serveur, un serveur informatique avec certaines caractéristiques de CPU, de mémoire, de stockage, que je vous ai mis en haut à droite pour référence, un serveur pas très vieux qui date de 2019.

J'ai voulu comparer deux régions typiquement. Utilisé dans les clouds américains. En haut, l'état de l'Oregon qui correspond à la région ouest. En bas, la Virginie qui correspond à la région est. Je vous ai mis en référence, si jamais ça vous intéresse, allez voir d'où j'ai tiré les données, parce qu'on voit que selon la source de données, on n'a pas forcément la même valeur. Exact. Mais en tout cas, ce qu'on peut voir, c'est que autant le site Electricity Map, qui est représenté en rose, dit que... Quand on prend le même serveur, on l'utilise quelques années quelque part. Donc là, en l'occurrence, c'était 4 ans. Je l'utilise pendant 4 ans quelque part. Je le déplace et je l'utilise ces 4 mêmes années de la même manière en France. J'économise des tonnes d'équivalent CO2. Les tonnes d'équivalent CO2, ça ne vous parle peut-être pas, mais grosso modo, l'objectif d'empreinte environnementale par humain est autour de...

2 tonnes par an. C'est l'objectif qu'on souhaite atteindre aujourd'hui en France. On est, pareil, les virgules c'est difficile à dire, mais en gros on est aux alentours de 9. Donc en gros, on est sur des choses assez significatives. Juste pour un serveur, pendant 4 ans, selon l'endroit où on le met, il a une empreinte complètement différente. Ce schéma à comprendre, les flèches roses, c'est selon les données de mix énergétique d'un site, la flèche bleue d'un autre site. C'est pourquoi vous voyez le drapeau américain, parce que l'autre site, qui est Our World in Data, faisait une moyenne sur les États-Unis et ne différenciait pas par zone. Donc du coup, déjà entre un pays et l'endroit où on est, on peut voir aussi des différences. Cette localisation a vraiment un impact sur le calcul. Même chose si on se met dans une région cloud en Irlande, si on le rapatrie en France, pareil, on voit que l'impact est non négligeable.

Pareil si on était en Allemagne et qu'on revenait en France. Le message que j'ai pour vous ici n'est pas de dire rapatrier tout en France. À un moment donné, il y aura aussi d'autres problèmes. Le message est de dire, selon où vous êtes, il n'y a pas que la France qui est un pays à l'électricité moins carbonée, en plus on voit avec les problématiques énergétiques aujourd'hui que ça peut vite changer, plus ou moins, mais il y a aussi d'autres pays qui ont des mix au bas carbone. Donc le message est, regardez où vous êtes, potentiellement ce que vous utilisez à un autre endroit aura une moindre empreinte environnementale que là où vous êtes. Si maintenant on regarde le deuxième levier qui est ce qu'on utilise, quelle est l'empreinte environnementale d'un serveur, comment elle évolue en fonction de ses caractéristiques ? Et est-ce qu'un serveur ou une imprimante ou un écran, c'est la même chose? Ce graphe est pour vous montrer que si on regarde l'empreinte environnementale d'un serveur, qui est l'histogramme tout à gauche, par rapport aux autres, je vous ai mis les références pour comparer, parce que forcément, dès qu'on change la référence, le chiffre change un peu, mais dans l'idée,

Vous voyez qu'un serveur, il y en a peut-être moins, mais ça a une empreinte beaucoup plus forte. Les smartphones, elle a une empreinte potentiellement plus faible, mais il y en a beaucoup. Donc, on ne peut pas se dire comme ça, comme une réponse évidente, on s'occupe des serveurs ou on ne s'en occupe pas, on s'occupe des smartphones ou on ne s'en occupe pas. C'est toujours multidimensionnel et malheureusement, il faut regarder à chaque fois, dans vos cas particuliers, qu'est-ce qui est votre situation. Si on zoome dans un serveur, là je vous ai pris un serveur pour les gens de l'infra, plutôt dédié calcul. Donc qui va avoir beaucoup de cœurs, beaucoup de RAM, un peu de stockage. J'ai utilisé du coup le calculateur Boa Vista pour vous sortir ces chiffres. Et on voit que l'empreinte de la fabrication de la RAM, est beaucoup plus importante que celle du CPU. On a toujours tendance à se dire que c'est le CPU qui a le plus d'impact à la fabrication, au niveau gaz à effet de serre.

Et donc la réponse est non, c'est la mémoire dans un cas de calcul qui est largement prépondérant. Si je prends un serveur plutôt dédié stockage, on va garder les mêmes rapports entre la mémoire vive et les processeurs. En revanche, on voit que la part de stockage a pris une part prépondérante, parce que là, on s'est mis à multiplier les teraoctets de stockage. Et donc, du coup, c'est devenu quelque chose de plus important. Je vous ai parlé quasi exclusivement de gaz à effet de serre. Donc je vous ai parlé d'empreintes environnementales sur le réchauffement climatique. Il y a d'autres impacts. Ce matin, on parlait des mines et des ressources qu'on dit abiotiques. Donc ces ressources non renouvelables qui viennent de la croûte terrestre, les minerais pour faire quoi? Le même serveur, si on le regarde d'un point de vue gaz à effet de serre, on voit qu'il y a une répartition de l'empreinte totale entre les différents composants.

Si on le regarde d'un point de vue, donc la même montagne, juste on se décale et on le regarde du point de vue des ressources qui ont été consommées, on voit que les rapports ne sont plus du tout les mêmes. Donc si dans un système que vous utilisez, vous vous mettez à utiliser moins de RAM, très bien, vous allez baisser un petit peu les ressources abiotiques qui ont été nécessaires à créer votre système, et vous allez diminuer encore plus l'impact sur les gaz à effet de serre. Si en revanche vous remplacez de la RAM par du CPU, cas théorique hypothétique, vous allez gagner sur les gaz à effet de serre, mais vous allez perdre sur les ressources abiotiques. Donc dès qu'on parle empreinte environnementale, aujourd'hui, Puis dans nos débats, on parle beaucoup des gaz à effet de serre, c'est clairement une problématique, mais ce n'est pas la seule. Et quand vous voulez aller sur une démarche réco-responsable, il ne faut pas penser que gaz à effet de serre, il ne faut pas penser que réchauffement climatique, il faut penser à tous ces critères qui rentrent en jeu. Alors tous ces critères, je ne les ai pas tous mis parce qu'il y en a beaucoup, mais pour vous donner à peu près trois catégories.

Il y a la catégorie de ce qu'on utilise comme ressources, donc l'extraction du fossile, l'extraction des minerais, l'extraction de l'eau douce, etc. Il va y avoir toute la partie transformation, donc là on parle d'énergie primaire, donc c'est toute l'énergie qui aura été nécessaire à toute la transformation de ce qui était là pour l'amener. À l'état que l'on souhaite. L'autre transformation dont on entend un peu parler, c'est typiquement la transformation des sols. Donc une forêt qui devient une prairie ou qui devient un data center ou qui devient je ne sais quoi, c'est un type d'exemple de transformation de sol. Et tout ce qu'il y a derrière, c'est tous les effets, on pourrait dire pollution, qui sont derrière, qui sont induits par ces changements. Et donc, ils sont à chaque fois des critères différents. Donc, le réchauffement climatique en est un. Il y a les pollutions des eaux, les acidifications. L'eutrophisation, c'est un mot qu'on entend, qu'on connaît en général mal, qui est en fait le rajout de particules de phosphore dans l'eau et qui crée en général ces mousses vertes qu'on peut voir, qui font partie de ces pollutions.

Donc, c'est les conséquences de nos actes qui se traduisent de différentes manières. Je vous ai parlé consommation, je vous ai parlé fabrication. Quel est le rapport entre les deux? Est-ce qu'il y en a un qui est plus important que l'autre? Doit-on s'attaquer en priorité à un sujet ou à un autre? Comme d'habitude, ce n'est jamais si simple. Ça va dépendre de ce que vous faites, où vous êtes. Donc là, typiquement, si je prends un équipement, c'était le cas du serveur de tout à l'heure, je regarde sa consommation sur 5 ans, sa fabrication, Si je l'utilise aux États-Unis, je vais voir que la part de ma consommation, donc la partie bleue, est beaucoup plus importante. Alors que si je me mets en France, dans un pays bas carboné, on voit que tout d'un coup, ça s'inverse complètement. C'est la part de la fabrication qui est beaucoup plus importante que la consommation. Donc en soi, s'attaquer aux deux, c'est toujours une bonne idée. Maintenant, selon vous êtes, si vous attaquez à un sujet ou à un autre, aura plus d'impact qu'à un autre endroit.

Donc la réponse n'est pas binaire. Autre représentation, si je prends cette même idée de serveur, que je compare cette fois-ci sur deux ans et cinq ans, quelle va être la différence? On voit que ça ne change pas énorme. Plus vous allez faire durer, logiquement, plus la part de votre utilisation va être importante. Aujourd'hui, ça ne remet pas complètement en cause les choses sur le cas d'un serveur. Sur le cas... d'un smartphone encore moins. Sur le cas d'une imprimante, là, en fait, ça ne change pas vraiment. C'est de toute façon toujours l'utilisation qui l'est. Cet exemple aussi pour vous montrer que souvent on dit que c'est toujours la fabrication en France qui est plus importante que l'utilisation. Il y a des cas où ce n'est pas complètement vrai. Il faut toujours se garder des grandes idées reçues sur cette partie environnementale. Il faut vraiment prêter attention où on est, de quoi on parle, quelles sont ses caractéristiques. Un exemple que je n'ai pas mis, qui serait un peu intermédiaire, qui est l'exemple du réseau.

Je ne vous l'ai pas mis parce qu'on manque beaucoup de données. Mais grosso modo, les grands équipements réseau, notamment de cœur de réseau IP, on est autour des frontières 50-50. Donc du coup, difficile de vous dire de quel côté on penche, il y a beaucoup de choses qu'ils font. Mais il y a tous ces cas finalement d'une fabrication vraiment prépondérante, à une utilisation prépondérante, et qui va changer par type d'équipement. Je voudrais finir sur quelques bonnes pratiques ou quelques questions qui reviennent souvent pour essayer de mettre tout ce que je viens de vous dire en application, dans l'idée un peu de faut-il changer son laptop ou pas. Si je prends la question de comment je peux optimiser mon cloud, l'hypothèse de base est que je suis chez un fournisseur de services cloud, l'idée n'est pas d'en changer, je suis de toute façon trop compliqué. Qu'est-ce que je peux faire pour rentrer dans cette démarche des co-responsabilités et avoir un impact positif? Le moins d'impact possible, le moins d'empreintes possibles sur l'environnement.

La première partie, ça va être de choisir sa région. Finalement, quand vous êtes chez un fournisseur cloud, que vous déployez dans la région Est, Ouest, Europe, Asie, Europe, il n'y a pas vraiment de grand changement, vous choisissez de où vous êtes, après potentiellement une histoire de contrat, mais ça vous pouvez le choisir, vous pouvez le changer, sans grande complexité, et ça peut avoir un grand impact sur le total de votre empreinte. La deuxième partie sur laquelle je vous engagerai de travailler, c'est comment est-ce que vous pouvez minimiser la RAM, qui est quelque chose de... Plutôt à l'envers de tout ce qu'on fait depuis ces dernières années, où on a tendance à tout mettre en rame pour accélérer et améliorer les performances. Comment pourrait-on faire sans trop y aller, voire en le réduisant? C'est la grande question. Et c'est ça qui vous aidera dans un deuxième palier à pouvoir avoir des gains. Deuxième question, c'est est-ce qu'il faut privilégier certains langages ou pas ?

Est-ce que si vous codez sur du Rust, sur du Go, sur du C, sur du Java, sur je ne sais quoi, est-ce que vous êtes un meilleur développeur dans un sens éco-responsable ou pas? Je n'ai pas de réponse à cette question, malheureusement. Ça fait partie de tous ces grands sujets à mener. Un autre point sur lequel je voudrais attirer votre attention, c'est qu'aujourd'hui, je vous livre un peu l'état de l'art de ce que nous connaissons, en tout cas chez Koevoo, de ce qu'on a pu trouver dans différentes associations, dans différentes contributions sur la veille. On sait beaucoup moins de choses que ce qu'on aimerait savoir. Il y a beaucoup, beaucoup de choses encore à creuser. Je vous ai parlé d'un serveur, je ne vous ai pas parlé du cloud, je ne vous ai pas parlé d'Internet, je ne vous ai pas parlé de CDN, je ne vous ai pas parlé de... Et encore, dans les serveurs, on n'a pas les GPU. La liste est malheureusement assez longue. Le code, le langage en fait partie. Maintenant, il y a quand même des travaux en cours. Si les sujets vous intéressent, je vous invite à y participer, à lire, à faire des revues critiques, à tout ce qui peut être une aide.

Notamment, il y a Youn et Jérémy qui travaillent chez Boa Vista, qui sont aussi chez Tech.Rocks, et qui ont fait une présentation à l'Open Source Experience il y a quelques semaines. Les vidéos ne sont pas encore publiées, mais devraient arriver. Je vous engage à regarder pour voir un peu comment ça évolue. Et on espère que bientôt, on aura des réponses à vous donner. Donc voilà, très rapidement, qui suis-je? Gregory. Moi, j'ai un background dans les infrastructures IT, c'est pour ça que j'ai pris ce focus aujourd'hui. Et ce pourquoi j'ai mis ce slide, c'est surtout pour vous reparler de cette association, qui est Boa Vista. On y est tous bénévoles, on y est tous contributeurs, on fait de l'open source, l'open data, l'open science, donc c'est vraiment ouvert, c'est des communs, c'est pour la connaissance globale, et c'est pour faire avancer cette problématique qui, à nos yeux, est essentielle et ultra importante. Je vous remercie. Merci beaucoup.

C'était passionnant, mais c'est bien, on a une bonne couleur sur ce Tech.Rocks Summit, je trouve. Oui, c'est assez passionnant d'avoir tous ces sujets-là qui s'interfacent. On va passer à notre session de questions-réponses. Si vous êtes d'accord, on a 10 minutes. Est-ce que certains d'entre vous ont une burning question, comme on dit? Qui se lance. Ok, merci. Il y a un micro qui va arriver. Je vous laisse vous lever. Pardon. Je ne l'ai pas. Man. Ah, non, je suis désolée. C'est parce que vous n'êtes pas debout, ça. C'est mieux pour les caméras, en fait. C'est pour ça que je demande de vous lever un petit peu, pour que je puisse vous voir. Pour ceux qui nous regardent, à qui on fait coucou, d'ailleurs. On fait coucou à tous ceux qui nous regardent en remote et qui vont... Voilà, merci. C'est très sympa parce qu'ils râlent un peu parfois qu'on ne prenne pas leurs questions. Donc, on va prendre toutes les questions en remote qui vont arriver. Bonjour, Quentin Gouesse d'Achlein. J'ai une question. Comment on peut allier le fait de ne pas renouveler les parcs informatiques avec le fait d'avoir à faire des mises à jour automatiques pour les questions de cybersécurité, pour des questions d'OS qui deviennent de plus en plus gourmandes en énergie et tout ce genre de choses?

La meilleure réponse que j'ai pour toi aujourd'hui, c'est l'open source. Typiquement, j'ai une toute petite boîte, donc j'ai des besoins IT très faibles. Mais typiquement, je fais tourner mon IT sur des... serveur qui ont 10 ans et j'ai toutes les mises à jour de sécurité sur mes systèmes Linux dont j'ai besoin. Je mets des containers en place et les containers sont aussi avec toutes les dernières mises à jour de librairies dont j'ai besoin. Donc du coup, ce n'est pas forcément antinomique. Et ça rejoint en tout cas le point que tu relèves, cette question d'obsolescence logicielle. Et il y a clairement, selon le choix que vous faites en termes de logiciel, une conséquence sur le renouvellement de hardware que vous allez devoir faire. Je ne vais pas citer de nom, mais on sait qu'il y a certains... C'est aussi compréhensible. Quand on veut assurer une performance... un support aux clients, forcément on va s'assurer que ça marche bien sur un parc informatique. On n'a pas le temps ni les ressources pour tester tout le parc, donc on limite et on dit que c'est supporté que pour tel hardware, et donc le reste, même si c'est encore fonctionnel, on ne peut pas.

Dans l'open source, on l'a moins. Donc c'est un premier type de réponse. Pour essayer de faire durer. Ça répond à ta question? Juste pour préciser, dans le cadre d'une application mobile ou quelque chose, aujourd'hui, la majorité des gens utilisent soit Android, soit iPhone, avec du coup un environnement qui n'est pas forcément open source. Et du coup, en termes d'application, on ne peut pas forcément appliquer ça. Est-ce qu'il y a d'autres leviers? Sujet d'innovation. Merci. Y a-t-il une autre question à la salle? Ok, parfait. Merci beaucoup, merci beaucoup, Gregory. Merci à vous aussi. Et à très bientôt. Merci infiniment.