Podcast Tech.Rocks

S01E06 · Cofonder une startup et piloter à la fois la tech et le produit

Podcast Tech.Rocks · 13 février 2020 · 37 min · en français

Résumé

Jean Lebrument, cofondateur, CTO et CPO de Brigad, plateforme qui met en relation les établissements de l'hôtellerie-restauration et des freelances, raconte la genèse de l'entreprise : les premiers modèles testés, le concours Uber Pitch et le lancement de la V2 qui a déclenché la croissance. Il décrit sa double casquette tech et produit, l'organisation en feature teams, une stack Node.js, React et React Native largement mutualisée, et l'exigence d'une interface simple pour des utilisateurs de tous âges. Il partage ses conseils : bien s'entourer, recruter des personnes plus compétentes que soi et prendre le temps de gérer sa propre croissance.

Summary

Jean Lebrument, co-founder, CTO and CPO of Brigad, a platform connecting hospitality businesses with freelancers, tells the story of the company: the first models it tested, the Uber Pitch competition and the launch of the V2 that sparked its growth. He describes his dual tech and product role, the feature-team organisation, a largely shared Node.js, React and React Native stack, and the need for a simple interface for users of all ages. He shares his advice: surround yourself well, hire people more skilled than you, and take time to manage your own growth.

Thèmes : Management & organisation · Recrutement & carrière

Transcription de l'épisode #6 (archive du blog Tech.Rocks)

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Parole de Tech Leader, le podcast Tech.Rocks qui donne la parole aux Tech Leaders. Tech.Rocks, la communauté qui rassemble, connecte et valorise les tech leaders d'aujourd'hui et de demain. Bonjour, c'est Marie-Caroline Bénézet, je suis directrice digitale et technologie de SNCF Gares et Connexions et aujourd'hui je suis avec Jean Lebrument, cofondateur chez Brigad. Jean, dis-nous qui tu es. Bonjour à tous, moi c'est Jean, je suis cofondateur CPO et CTO chez Brigad. Brigad, on est une plateforme de mise en relation entre des entreprises des secteurs de l'hôtellerie et de la restauration et des freelances. Jean, est-ce que tu peux nous dire un petit peu d'où tu viens et comment tu te retrouves aujourd'hui cofondateur de Brigad? Donc mon parcours, j'ai commencé par une école d'informatique, Epitech, où j'ai été diplômé il y a quelques années. S'en suit après quelques expériences dans différentes startups. J'ai surtout un background de développeur très mobile. J'ai toujours été assez intéressé par la création d'applications, voir vraiment le produit vivre.

C'est toujours quelque chose qui m'a passionné pendant ces années. Et au fil de mes expériences, j'ai travaillé dans des startups où j'avais des responsabilités plus proches du produit, un peu plus proches du management, un peu plus proches du leadership technique. Et j'ai rencontré dans l'une d'entre elles mon associé actuel, Florent Malbranche, qui était cofondateur d'une des entreprises où j'avais travaillé. Et après quelques années, on s'est très bien entendus et on a fini par monter Brigad ensemble. Tu nous as dit rapidement en introduction du sens que c'était de Brigad, est-ce que tu peux nous dire un petit peu plus sur l'équipe et sur ce que tu fais au sein de cette équipe ? Bien sûr, donc Brigad, c'est une plateforme qui permet à des entreprises de trouver des freelances qualifiées, professionnelles de métier, pour des missions de courte durée, qui vont répondre à des besoins type saisonnalité, pic d'activité impromptu, absentéisme, etc. Qui sont des problématiques quotidiennes pour ce secteur-là, qui sont en flux tendu. Et côté travailleurs, ça permet à ces mêmes professionnels d'avoir accès à des missions bien rémunérées qui leur permettent de changer d'horizon, de monter en compétence sur de nouvelles méthodes de travail, de diversifier leurs expériences

et de travailler quand ils le souhaitent, puisqu'en tant que freelance, ils ont la maîtrise complète de leur agenda. Parle-nous de Brigad, un peu de son développement. Comment est-ce que vous en êtes arrivé là? Alors, j'ai un associé, Florent Malbranche, qui a investi dans un restaurant après la revente de sa précédente entreprise. C'était en début 2015 et qui s'est rendu compte de... l'énorme problématique d'avoir accès à du staff quand on en a besoin à des moments non anticipés. C'est-à-dire, pic d'activité, il fait beau le dimanche, on va ouvrir la terrasse, on n'avait pas prévu. Absentéisme, turnover, vacances, etc. Et saisonnalité surtout, qui est intrinsèquement liée à la restauration. Et c'est là où il s'est dit, mais c'est quand même dingue qu'en 2020, où on peut commander à manger chez soi, qu'on peut prendre une voiture pour se déplacer d'un point A à un point B, qu'on peut faire tout un tas de choses de la vie quotidienne sur une app. Et moi, en tant que professionnel, il n'y a pas de véritable solution pour nous aider à, en quelques minutes, trouver du staff qualifié, alors qu'il y a plein de gens qui ont envie de travailler, qui sont des professionnels qualifiés et qui seraient prêts à faire quelques heures de plus, moyennant finance.

Et c'est à partir de là où on a commencé à se dire, bon, moi j'ai aussi une partie de ma famille qui vient du secteur de la restauration, donc forcément ça aide. Et on a commencé à se poser et se dire, tiens, qu'est-ce qu'on ferait? Donc on a commencé à partir de fin 2015 à tester plein d'idées. On a testé un job board, quelque chose qui ressemblait beaucoup à Airbnb, de petites annonces pour les restaurateurs et les professionnels de la restauration. Et on a testé plein de business models. Mais tout ce qu'on pouvait imaginer, on a fait du recurring fees avec de l'abonnement, on a fait du frais one shot quand on trouve la personne, on a vraiment tout fait. Et à chaque fois, on avait une croissance assez plate. Et on se disait, ce n'est pas ça qui révolutionne le marché. On est juste en train de faire de la cosmétique sur un truc qui ne marche pas. Donc, ça ne va pas changer. Et on a participé, comme toute petite startup qui a envie de créer sa notoriété, à plusieurs événements de startup, dont un qui était Hubber Pitch, qui était le concours de pitch organisé par Hubber. Et en fait, avec Florent, on s'est dit, tiens, on va pitcher un truc complètement différent. Et on a commencé à sortir tous les buzzwords à la mode.

Alors, on fait du machine learning pour faire en sorte de staffer des gens automatiquement sur des missions en fonction de... ce qu'ils veulent faire, etc. Et du coup, on a fait le pitch en plus de ça dans un hubber. C'était un moment assez marrant. On avait un iPad qui était dans le hubber et on devait faire le pitch tous les deux en anglais. Alors, il pleuvait des cordes, ça s'entendait. C'était assez marrant comme expérience. Et en fait, notre idée a un peu saugrenu. On s'est bien marré après qu'on l'a pitché. On a gagné le concours à Paris, on a gagné le concours en France, on a gagné le concours en Europe. Et Florent, du coup, a été reçu par Travis Kalanick, qui est le fondateur et l'ancien CEO de Hubber. Et il a dit, mais les gars, c'est super votre idée. Je comprends tout à fait le côté disrupt. Il y a quand même quelques idées en termes de plateforme, etc., qui se rapprochent de ce qu'on a fait avec Uber. Et là, Florent lui dit un petit peu gêné, oui, mais ça n'existe pas encore. Et il dit, mais pourquoi? Il dit, comme tu l'as dit, c'est très disruptif. Et avec le marché du travail et tout, on ne sait pas trop machin. Il dit, mais les gars, foncez, c'est ce que les gens veulent. Et effectivement, on a tout cassé, on a tout refait en un mois et demi. Et on a eu une croissance de malade.

Et ce qui a été très drôle, c'est que la première journée où on a lancé ce qu'on appelait nous en interne la V2, on a fait plus de chiffre d'affaires la première journée que les six mois d'avant. Et ce qui était tellement marrant, c'est qu'on s'est dit, mais ce n'est pas possible d'avoir un bug. Est-ce qu'on n'a pas fait une erreur de conversion entre les centimes et les euros? Et que dalle, tout était bon. Et on a rappelé les restaurateurs qui nous disaient, mais c'est génial votre truc, ça marche super bien. Et c'est là où on s'est dit, on a mis le doigt sur le product market fit. Et à partir de là, on a fait de la croissance. Et donc du coup, concrètement, entre la V1 et la V2, c'était quoi la grosse différence? En fait, la V2, donc Brigad tel qu'on le connaît aujourd'hui, la grande différence, c'est qu'on fournit une prestation clé en main. Donc moi, je suis restaurateur, je suis sur Brigad.co et je vais pouvoir passer une demande de mission en disant, voilà, je recherche un serveur pour samedi de 19h à 23h. Je suis un restaurant italien, donc j'ai besoin que le serveur puisse parler un petit peu d'italien. Et j'ai besoin de quelqu'un qui vienne avec une chemise blanche, par exemple. Donc nous, on va prendre toutes ces informations-là qui vont entrer dans un algorithme. Et après, nous, on a une base de brigadeurs qu'on a préqualifiés.

Donc on connaît toutes leurs expériences et compétences. Et on va matcher cette demande avec des brigadeurs. On va ensuite leur proposer la mission sur notre application mobile. Donc ils sont libres d'accepter ou de refuser en fonction de leur disponibilité et de leur souhait. Et in fine, celui qui accepte la mission, il l'a. Et on gère après derrière toute la partie facturation, paiement, sécurité de la mission, etc. C'est quoi un CTO, CPO chez Brigad? Qu'est-ce que tu fais au quotidien? Alors moi, j'ai deux casquettes, comme tu l'as dit, à la fois responsable de la technique et responsable du produit. Sur la technique, j'ai aujourd'hui un step assez éloigné du code. Je m'occupe principalement de tout ce qui va être budget, organisation des équipes, gestion du recrutement assez high level et valider le roadmap technique très en bottom-up, c'est-à-dire les équipes techniques qui vont, en fonction de nos challenges, proposer des solutions. Et moi je vais être là pour arbitrer et pour s'assurer que les décisions qu'on prend vont dans le sens de la stratégie et des besoins de l'entreprise.

Et pour la partie produit, pareil, moi c'est vraiment avec ma casquette de cofondateur, ou par rapport à la vision qu'on a avec mon associé et les autres directeurs de l'entreprise de Brigad, c'est m'assurer que cette vision est traduite dans le produit, avec une vision claire de où est-ce qu'on va aller dans les prochaines années. Donc si je comprends bien, d'un côté le moteur, s'assurer que l'équipe est au travail pour construire le moteur dont vous avez besoin, et de l'autre côté, le produit, est-ce qu'il y a une interaction forte avec vos utilisateurs, vos clients? Tout à fait. Nous, il faut savoir que Brigad, en plus de la plateforme de mise en relation, on a développé tout un écosystème qui permet aux brigadeurs de grandir professionnellement avec nous. Donc cet écosystème, il se traduit à la fois par des missions, des événements exclusifs. Et en plus de ça, on a développé toute une série de partenariats qui permettent de les sécuriser. Donc l'accès à la mutuelle, à l'assurance, bientôt à la prévoyance, mais aussi pour faire des microcrédits, par exemple. Donc tout cet ensemble d'écosystèmes nous permet d'être très souvent en relation avec eux.

On organise très souvent des apéros brigadeurs pour récupérer du feedback sur leur mission, sur leur produit, sur leur service. Qu'est-ce qu'ils souhaiteraient qu'on fasse pour eux? Parce que ça, c'est hyper important. Beaucoup d'initiatives qu'on a en interne viennent directement de leur feedback. Ça a l'air très riche et surtout ce qui est assez impressionnant, c'est que ça a l'air complet en termes de pratiques et puis d'activités. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur l'équipe technique? Puisque aujourd'hui, on est là pour donner la parole aux tech leaders et s'adresser à des futurs tech leaders ou à des gens qui aspirent à travailler dans ce secteur. Comment est-ce que vous vous êtes organisé? C'est quoi les jobs chez vous en termes d'équipe technique? Alors comme tu l'as dit, on a un service, une proposition de valeur qui est assez complète. Donc on a effectivement beaucoup de projets, de sous-produits en interne à gérer, que ce soit pour les entreprises in fine, parce qu'on travaille avec des entreprises très différentes, le petit restaurant de quartier comme... un très grand groupe type Sodexo ou Compass, etc. Ce qui fait que chaque entreprise a des besoins au niveau du produit assez différents, mais que tout doit se traduire dans la même interface.

Et du coup, il y a quand même un peu de gymnastique intellectuelle pour faire un produit qui s'adapte aux besoins de tout le monde. Et côté freelance, pareil, pour les accompagner à la fois dans l'acceptation de nouvelles missions, pour qu'ils gagnent plus d'argent, pour développer leurs expériences, mais aussi via les formations et les missions Brigad avoir accès à... à de nouveaux métiers, parce que c'est quelque chose qu'on fait aussi, et on a un peu cette fierté de dire qu'on s'intègre dans leur parcours professionnel, puisque les Brigadors ont la possibilité d'évoluer au fil du temps avec nous et d'avoir accès à de nouveaux métiers ou à de nouvelles industries auxquelles ils n'avaient pas accès jusqu'à présent. Donc après, côté équipe produit et technique, il y a beaucoup de chantiers. Alors ça, c'est un peu ma responsabilité de bien les prioriser pour ne pas qu'on parte dans tous les sens, dans toutes les directions et qu'au final, on n'avance pas. On reste une startup. On se doit d'avoir une croissance très forte. On a levé des fonds de façon assez fréquente. Et par conséquent, on doit être quand même assez concentré sur nos obligations de croissance vis-à-vis de nos investisseurs pour continuer à écrire cette belle histoire. Donc côté produit et technique, aujourd'hui, c'est 25 personnes au produit, à la technique, à la data science et à la qualité.

Et qu'on a réparti en feature team, donc des frameworks somme toute assez utilisés dans la tech de nos jours, qui permettent justement d'apporter de l'innovation et des solutions sur chacun des pans de notre produit. Et vous avez quoi? Trois feature team, quatre feature team? On est à cinq feature team aujourd'hui. Alors c'est assez en flux tendu parce que 25 personnes divisé en cinq feature team, il y a du boulot. Mais après, on essaie de garder au maximum un mindset qui a fait notre réussite jusqu'à présent. C'est un peu le 80-20, le pareto. C'est sans créer une dette technique. Impressionnante, mais c'est comment on arrive très rapidement à avoir de l'impact sur notre produit. Donc il ne s'agit pas de réinventer la roue, il ne s'agit pas de faire de l'over-engineering, il s'agit de répondre à des problématiques concrètes qui ont été priorisées en amont, qui répondent à des enjeux stratégiques de notre société. et de les adresser de la meilleure des façons. Tu peux nous en dire un tout petit peu plus sur ces cinq feature teams et surtout sur les compétences que vous cherchez ou les processus que vous cherchez à mettre en place pour que ça fonctionne bien et que ça porte ses fruits? Bien sûr. Donc les feature teams, elles sont axées sur des domaines différents du produit.

Donc on va avoir une feature team, par exemple, tout ce qui va être paiement, finance, facturation. Une feature team qui va être sur toute la partie mise en relation. Des feature teams sur l'expérience utilisateur, ça c'est quelque chose de très important. Et une dernière future team qui va être sur tout l'outillage et la scalabilité des process des équipes opérationnelles en interne. Parce qu'on a une boîte qui est quand même une marketplace très complète, donc on a à la fois des sales, du marketing, du customer care, une équipe onboarding qui est la responsabilité d'accueillir les nouveaux brigadeurs sur la plateforme. Et toutes ces équipes-là ont besoin d'outils, toutes ces équipes-là ont des challenges de scalabilité au fur et à mesure. Et in fine moi ce que je dis toujours c'est dans une startup technologique n'importe quelle problématique va in fine être du cash et de la tech. Moi je gère la tech, donc mon but c'est de trouver des réponses technologiques à des problèmes de l'entreprise. Tu nous parles des feature teams et de la manière dont vous êtes organisé.

Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur la stack technologique, le produit technologique, à quoi il ressemble? Ce que je comprends, c'est que c'est un peu comme ça. Produit web principalement, j'imagine mobile aussi ? C'est à la fois un produit web et un produit mobile. Pour nos deux audiences, le service est disponible sur notre site web et sur des applications mobiles. Donc effectivement, produit intrinsèquement web, donc stack orienté web. Côté backend, on est sur du Node.js, c'est tout quelque chose d'assez commun. Et sur le frontend, on est sur du React.js et du React Native. Là-dessus, j'ai un peu mis ma petite patte, parce que j'ai un background assez mobile, beaucoup d'iOS. J'ai fait du Swift le jour de la sortie du Swift. C'était plus un kiff technique qu'une idée très pragmatique. Mais c'était très intéressant. Et du coup, je me suis dit, tiens, le challenge est intéressant, j'aime bien. Sortie de React Native, on l'a fait en React Native. Donc on s'est mangé 2-3 murs au début. Mais aujourd'hui, je suis très content qu'on a réussi à monter une équipe front qui gère deux applis mobiles et deux sites web. Et ils sont trois personnes. Parce qu'en fait, on a réussi à mutualiser énormément de code.

Donc toute la partie networking est mutualisée. Et on a créé un dingue système qui est assez poussé parce que dans notre dingue système on crée des components React et React Native ce qui fait qu'on a une vélocité qui est hyper élevée dans la création de nos apps et nos sites web puisqu'en fin de compte après je ne vais pas non plus trop grossir le trait mais c'est presque comme si on faisait de l'assemblage de pièces de puzzle parce que d'un côté toute la partie networking est mutualisée dans un package et de l'autre côté les components UI que ce soit React Native ou React JS sont dans des librairies et après on les assemble Comment tu peux nous parler un peu du rythme de production et de mise en prod? Quotidien, suivant la complexité des chantiers actuels, ça peut être plusieurs prods par jour ou par semaine ou par mois pour les très gros refactoring, ça nous arrive évidemment. Et nous justement, une de mes casquettes, c'est de me dire, ok, Comment, via l'organisation de l'équipe, via le nombre de people qu'on va avoir dans l'équipe, et aussi via la technologie, l'infrastructure, le côté DevOps, comment on augmente notre delivery? Comment on augmente la fréquence de mise en production pour que systématiquement, on augmente la valeur de nos services?

c'est la valeur de notre produit et qu'on n'ait pas des innovations qui restent dans les cartons sur des branches sur GitHub le temps que je ne sais pas quoi va arriver, que du coup on puisse mettre en production. Et ça c'est aussi un de mes enjeux, c'est de me dire comment on a une vélocité plus agressive alors qu'on fait monter les rangs au niveau de l'équipe technique et produit. On l'a doublé cette année, donc c'est beaucoup de monde. Et justement qu'on ne perde pas parce qu'il y a trop de communication, d'intercommunication, qu'on perd du temps, qu'on n'arrive pas à prendre de décision, qu'on n'arrive plus à itérer comme on faisait. Tu disais que tu t'adresses à un secteur qui finalement n'a pas été gâté en matière de digital et de solutions depuis assez longtemps, enfin jamais. Tu parles aussi du fait que vous évoluez assez fréquemment, vous mettez en prod assez fréquemment. Et ça se passe comment avec les utilisateurs? C'est vrai que c'était un peu une crainte au début de se dire, est-ce que comme c'est des gens qui n'ont pas forcément l'habitude de mêler technologie avec leur vie professionnelle, est-ce que c'est des gens qui vont prendre le pas? Je vais toujours nous comparer un peu à Amazon par rapport à Facebook, en disant voilà, nous, on a des gens de 20 ans à 80 ans qui peuvent nous utiliser.

Donc, on n'est pas là pour aller dans le design ultime du bouton, etc. Un truc où dans un réseau social, ça va être vachement plus important. Nous, on est là pour faire une interface utilisateur que tout le monde puisse utiliser, peu importe sa génération. Ce qu'on dit souvent, c'est quand tu fais simple, c'est compliqué. Nous, on doit faire très simple. Donc, ça peut être très compliqué. Voilà. Donc, il y a ça. Et après, il y a aussi l'évangélisation. On a creusé un peu notre bâton de pèlerin et on a prêché la bonne parole. Et du coup, ça arrive. Il y a beaucoup de restaurateurs au début qui ne pensaient pas que c'était possible ce qu'on faisait. Ils disaient, mais comment ça marche votre truc? On leur a montré, on leur a dit, si, si, regardez, il y a tel restaurant dans votre quartier, il a fait appel quatre fois à nous, on lui a trouvé quelqu'un en quelques minutes et ça a marché. La mission s'est très bien passée et les deux parties se sont notées mutuellement 5 étoiles. Et donc il y a eu un petit travail, c'est vrai qu'au début, alors maintenant, ce qui est génial, c'est qu'à Paris, les gens nous connaissent très bien, en France aussi, notamment, et que maintenant, très très souvent, quand un restaurateur en contact, il me dit, si, si, je vous connais, j'ai déjà entendu parler de vous, ou je vous ai déjà vu être utilisé dans un restaurant où j'ai travaillé.

Alors parlons un peu des compétences en tant que tech leader. C'est quoi pour toi un bon tech leader? Et une question qui m'intéresse, c'est est-ce qu'il y a des gens qui t'ont inspiré dans ce domaine-là et comment tu as travaillé pour y arriver, pour devenir meilleur? Alors pour moi, un bon tech leader, c'est plusieurs choses. Dans un premier lieu, je dirais que c'est quelqu'un qui est fédérateur. Parce que quand on est un tech leader, il y a le mot leader dedans et on doit être capable de créer une équipe, de la fédérer, de l'aligner et de faire en sorte que tout le monde puisse travailler ensemble dans un objectif commun. Après, je dirais qu'être un tech leader, c'est aussi être quelqu'un qui est capable d'apporter une vision, une stratégie, une ligne claire à une équipe sur la durée et qui est capable aussi au quotidien de pouvoir désamorcer des problèmes, réagir à des problématiques en apportant des solutions concrètes. Ok, donc si j'ai bien compris ce que tu as dit, Tu me dis, il y a la notion de fédération, travailler avec les autres, interpersonnel, relationnel. Il y a la notion de stratégie vision. Et le dernier sujet, qui est effectivement un sujet qui revient assez fréquemment, c'est être capable de régler les problèmes.

Donc, il y a le côté opération dans la vie quotidienne du produit, être capable d'arriver et soit mettre les gens d'accord s'ils ne sont pas d'accord, soit régler un problème quand il survient, que ce soit facteur interne ou externe, j'imagine, à la boîte. Ok, merci. Et sur la question des mentors ou des gens qui t'ont inspiré, tu peux nous parler un peu de ça? Tout à fait. Alors moi, une particularité, c'est que j'ai cofondé la boîte quand j'avais 22 ans, donc j'étais très jeune. Brigad, c'était mon stage de fin de master et que la personne qui avait aidé mon master à l'époque, qui était mon directeur de master, maintenant est head of engineering chez nous. Je ne sais pas si c'est la prophétie autoréalisatrice ou quoi, mais c'était assez marrant. Non, effectivement, l'avantage quand on est très jeune et qu'on démarre une boîte et qu'on a pleine conscience des enjeux et à quel point la tech dans une startup tech ne doit pas être le bottleneck de la croissance. Moi, je n'ai eu aucun problème à aller voir des gens et leur dire je ne sais pas faire ou je ne suis pas sûr de moi, qu'est-ce que tu ferais à ma place, comment tu peux me conseiller. Et j'ai eu la chance, via notre incubateur, de rencontrer plein de personnalités tech assez fortes, notamment Francis de Blablacar, que j'ai rencontré très tôt

au début de l'aventure de Brigad, mais aussi Justin Ziegler, l'ancien sitio de presse minister, et Fabien Penso, qui est notamment... cofondateur et CTO de Card. Et comment ça se passe concrètement? C'est des discussions, des échanges, des cours? Moi, ce que j'ai toujours souhaité faire, ce qui me paraissait être le plus pertinent quand je me faisais mentorer avec les personnes notamment que j'ai citées, c'était de les contacter quand j'avais des problématiques, des questions ou que je travaillais sur des sujets en anticipation. Structurer le pôle après une prochaine levée de fonds, quelle partie je dois déléguer de mon rôle actuel, etc. Donc moi j'arrivais toujours de façon hyper pragmatique avec. Voici la solution, voici ce que je pense qu'on doit réussir à atteindre comme objectif et ma façon de le faire, qu'est-ce que tu en penses ? Et à partir de là, entamer une discussion. Et au-delà même de cette discussion sur trouver des solutions à des problématiques identifiées, c'était vraiment la posture à avoir et le mindset, je devrais dire, pour trouver des solutions. Ce que j'entends dans ton témoignage, que je trouve super intéressant, c'est que finalement, l'âge qui, avec du recul, on pourrait se dire, c'est un frein, il est super jeune, il va faire des erreurs ou il ne va pas savoir comment régler quelques problèmes.

Toi, tu le tournes en disant, de toute façon, je suis jeune, donc j'ai à apprendre et donc je vais chercher, je fais de cette particularité une dose d'humilité supplémentaire par rapport à d'autres. Alors il y a ça, après effectivement il n'y a pas que des points positifs à être jeune quand on monte une boîte, il faut être réaliste aussi. Évidemment après quand c'est ta première, je ne vais pas dire vraie expérience professionnelle, parce que j'en ai eu des assez significatives avant aussi, mais quand c'est une expérience majeure et surtout nouvelle, forcément tu vas te prendre plus de murs que si tu avais déjà 10 ans d'expérience et que c'était ta troisième boîte, ça c'est évident. Mais encore une fois moi je pense qu'une très grosse qualité chez un entrepreneur c'est la résilience et la capacité à pouvoir sortir la tête de l'eau analyser des situations et se dire ok je vais dans la mauvaise direction ou ok attention ce que tu fais là aujourd'hui tu peux le faire mais dans trois mois il faudra que tu changes ta façon de travailler sur ce type de problématiques et je pense que que peu importe l'âge, c'est plutôt une histoire de mindset. Et évidemment, le jour où je vais montrer une autre boîte, je vais prendre un milliard de raccourcis.

Il y a plein de choses que j'ai faites chez Brigad que je ne referai pas de la même manière ou pas au même moment. Mais c'est comme ça qu'on apprend. Et je pense que peu importe l'âge, la première fois que tu montes une boîte, tu vas te prendre des murs. Parle-nous un peu de ce que tu aimerais faire. Par exemple, qu'est-ce que tu n'arrives pas à faire faute de temps et que tu aimerais pouvoir faire? C'est quoi ton rêve? Moi, mon rêve, il peut paraître assez bête, mais c'est avoir plus de temps pour moi professionnellement, pour vraiment... Avoir le temps de réfléchir out of the box. C'est que moi, je trouve qu'il y a un des pièges quand on est six levels, mais surtout sur la technique où c'est quand même énormément de flux tendus, de choses à régler opérationnellement au quotidien, c'est un petit peu qu'on soit trop concentré à faire mieux. Au lieu de complètement innover, casser les choses et faire attention à ne pas tomber un peu dans ce piège de, on passe nos journées, nos semaines, nos mois à juste faire mieux ce que l'on fait aujourd'hui.

Et in fine, ce n'est pas comme ça qu'on distrobe des marchés. Donc moi, mon rêve aujourd'hui, ce serait de pouvoir me dire, tiens, pendant une semaine, je m'enferme, pas forcément chez moi, mais même au bureau, mais pas de meeting, rien, pas de presse, pas de choses à faire au quotidien. Et vraiment, je me dis, OK, aujourd'hui, Brigad, on en est là. à notre vision, par rapport à nos ambitions, par rapport à où est-ce qu'on en est aujourd'hui, qu'est-ce qui pourrait être un booster, qu'est-ce qui pourrait être l'idée qu'on n'a pas eue jusqu'à présent, qui peut avoir un impact très fort sur nos enjeux stratégiques. Moi, je me rappellerai pendant très longtemps, ce n'était pas cet été, mais l'été dernier, j'ai fait exprès de prendre mes vacances en déca avec le reste de la boîte. Et au mois d'août, j'étais quasiment tout seul dans l'open space. Je passais ma journée sur du papier et à faire des dessins pour imaginer des solutions pour enrichir notre écosystème. Et après plusieurs semaines de travail, je suis arrivé avec une solution en me disant, tiens, il y a un truc, il y a une crazy idea qu'il faudrait tester. J'en ai parlé à mon associé et s'il y a d'autres personnes de la boîte.

Et on a conclu que c'était une bonne idée. Dans notre pitch de levée de fonds, on l'a intégré. Et là, on est en train de tester cette idée. On sent que c'était un bon moment, on le voit quand on t'entend. Et du coup, si là, je pouvais réaliser ton rêve et que je te donnais une baguette magique, tu ferais quoi avec? Forcément, je ferais en sorte de me donner plus de temps. Mais à la limite, ça, c'est quelque chose qui structurellement arrivera un jour ou l'autre. Non, sinon, sur un autre sujet qu'on n'a pas encore beaucoup abordé dans le cadre de ce podcast, c'est la petite blague que j'ai à faire sur ce sujet-là, c'est j'emmènerai notre président Emmanuel Macron en mission brigadier pour qu'il puisse vraiment... Lui présenter le modèle et surtout tous les avantages de notre modèle et tout le bien qu'on fait à nos utilisateurs. Parce qu'aujourd'hui, on est vraiment dans une position où on veut se faire entendre plus largement. On a une super mission de boîte. On change le quotidien de plus de 5000 brigadeurs avec nous chaque mois. Et on a des feedbacks toute la journée qui sont du type, vous avez changé ma vie parce que je travaille totalement différemment.

Vous me permettez d'avoir du temps pour monter un projet que j'ai en tête depuis des années. Vous me donnez la possibilité de passer plus de temps avec ma famille parce que j'ai des enfants en bas âge. Et qu'avant... J'étais cuisinier dans un restaurant et je finissais tous les soirs à 2h du mat et je n'avais pas mon mot à dire sur mon emploi du temps. Et grâce à vous, je peux travailler quand je le souhaite. J'ai une diversité de missions, je gagne mieux ma vie et en tant que plateforme, vous m'accompagnez dans toutes mes démarches et aussi dans la sécurisation de ma vie professionnelle et même de ma vie personnelle. Et nous aujourd'hui, on souhaite vraiment que les pouvoirs publics et que les professionnels comprennent que l'innovation qu'on propose sur la façon dont les gens travaillent est une innovation très forte pour les travailleurs parce que ça leur permet d'avoir accès. À une façon de travail qu'on connaît tous très bien dans la tech, le freelancing. Les développeurs freelance, ça fait 15 ans que ça existe, les designers, pareil, tous les métiers liés au digital. Et nous, notre mission de boîte, c'est d'apporter cette flexibilité, cette révolution du travail sur des secteurs d'activité très peu digitalisés. Donc Emmanuel, si tu nous entends, j'ai un truc à te dire.

Il a une solution pour les travailleurs dans le monde de la restauration. Là, on a parlé des rêves, on a parlé de ce que tu ferais si tu avais plus de temps, justement, et vers où tu travaillerais. Parle-nous un peu de ce qui est difficile et de ce qui t'empêche de dormir. Carrément, vaste sujet, je pourrais encore en dire plusieurs. Je vais me concentrer sur un seul. Au niveau de la scène entrepreneuriale française-européenne, on entend très souvent des messages du type« on veut avoir plus de licornes françaises-européennes, on veut que l'écosystème des startups en France... en Europe prennent de l'ampleur et soient plus compétitifs par rapport à la scène américaine ou à la scène asiatique, parce qu'on voit aussi de très belles choses se monter en Asie. Et c'est pour ça, je pense qu'il faut que l'Europe et la France aussi soient moins frileuses sur certaines disruptions du marché de l'économie. Parce qu'en fait, il y a des géants américains qui se montent aujourd'hui sur le secteur où on est.

C'est une réalité. Uber vient d'annoncer qu'il lançait Uberworks en pilote à Chicago. Et Uber est une entreprise qui a un super track record de croissance. On sait à quel point ils peuvent exécuter rapidement. Et si en Europe, la volonté stratégique, c'est d'avoir plus de licornes en Europe, il faut nous aider davantage, nous soutenir davantage. Et pour ça, il faut qu'on ait des canaux de communication privilégiés avec les instances françaises et européennes pour qu'ils puissent nous soutenir dans notre développement. Et que les enjeux socio-économiques, politiques, on puisse y travailler ensemble, main dans la main, avec une communication directe, parce que nous, on a besoin aussi, on a besoin des pays pour se structurer et faire en sorte que notre modèle soit encore plus vertueux. En fait, ce que tu dis, c'est que vous êtes une solution à des problèmes sociaux, que vous êtes même une belle solution à des problèmes sociaux, parce que tu parles de redonner la main à des gens sur leur vie, sur leur façon de travailler et donc leur façon de vivre. Je comprends, même si tu ne l'as pas tout à fait dit, qu'il y a des contraintes qui sont imposées dans ce domaine-là et qu'il faut travailler avec les pouvoirs publics pour libérer ces contraintes ou en tout cas faire en sorte qu'elles ne vous soient plus imposées.

cette manière. Et tu dis aussi une autre chose qui me paraît intéressante parce que je pense qu'elle s'applique assez largement, c'est comment est-ce que vous pourriez, vous, donc toi, Brigad, mais aussi d'autres sociétés start-up qui travaillent dans ce même secteur, avoir plus la parole pour raconter à quel point ça peut révolutionner des domaines qui sont un peu éloignés des domaines de la tech, tels qu'on les connaît en général dans le monde des start-up. Belle mission. Je te souhaite plein de bonnes choses. Je vous souhaite plein de bonnes choses dans cette mission et dans cette quête. Alors, si on devait revenir sur toi, Jean, et sur ton rôle en tant que cofondateur, c'est quoi ta fierté? C'est quoi les choses que tu as réussies jusqu'à maintenant qui te semblent être des points d'appui forts pour la suite? J'ai deux fiertés en tête. La première, ça reprend ce que je disais tout à l'heure, c'est l'impact sur nos utilisateurs. Alors ce qui est très drôle, c'est que Brigad, c'est finalement un produit que, à titre personnel, j'ai assez pu utiliser, parce que je ne suis ni restaurateur, ni professionnel de la restauration. Je me dis souvent, c'est quand même un peu un con qu'on est directeur produit, et un peu ce qu'on fait d'un startup, et qu'on n'utilise pas sa solution au quotidien en tout cas.

Mais un truc qui apporte énormément de drive à ce que l'on fait, c'est les feedbacks utilisateurs, et les feedbacks, comme je le disais tout à l'heure, de vous avez changé ma vie, c'est une révolution. Ma vie professionnelle n'aurait pas été la même si vous étiez monté il y a 20 ans. Ça, c'est une énorme fierté déjà, c'est de se dire qu'on a une boîte et une mission de boîte avec un impact hyper fort parce qu'on change la façon dont les gens... Surtout hyper concret. Hyper concret et hyper fort parce qu'on inverse. complètement le rapport de force. C'est les freelances qui sont au centre de notre attention et qui sont la pierre angulaire de tout le service. Ça, c'est quelque chose d'hyper fondateur dans notre vision. Et en plus de ça, c'est un impact qu'on a sur la façon dont les gens travaillent et gagnent leur vie, ce qui est quand même dans nos sociétés quelque chose de hyper central. Donc ça, c'est le premier point. C'est vraiment l'impact qu'on a sur nos utilisateurs. Et le deuxième point, c'est l'équipe. Parce qu'aujourd'hui, Brigad, on est à plus de 85. La centaine arrive à... à grands pas. Et franchement, c'est une vraie fierté d'avoir une équipe qui soit autant fédérée autour de la mission et de la vision.

Et c'est vraiment un plaisir de voir des gens qui, toute la journée, se battent, c'est de trouver des solutions pour faire en sorte que le projet Brigad continue à traverser les frontières. Aujourd'hui, on est présent dans deux pays, on a des très grosses ambitions sur la scène européenne. Et tous les directeurs, mon associé et moi-même, on est vraiment hyper... Heureux de voir des gens s'arracher, prendre à cœur la vision Brigad, la mission Brigad, et essayer de proposer des solutions, de faire en sorte qu'on soit encore plus disruptif et qu'on soit mieux dans ce qu'on fait. C'est top. Et alors l'avenir, tu fais quoi dans deux ans? Alors dans deux ans, nous, notre vision, c'est continuer à faire de l'expansion géographique sur notre modèle actuel. Donc nous, on a en ligne de mire l'Europe. Aujourd'hui, on est présent en France, en Angleterre. On regarde aussi de façon assez proche d'autres pays voisins. Et nous, vraiment, dans deux à trois ans, on veut que Brigad, ça soit non pas 5000 freelancers sur la plateforme, mais que ce soit 50 000 freelancers et que vraiment ça soit une vague européenne.

Et aussi, on regarde d'autres industries, parce qu'il n'y a pas que dans l'hôtellerie-restauration qu'il y a des besoins au quotidien de main forte. Toutes les industries en flux tendu, on peut avoir la santé, le retail, des industries pénuriques. On entend tout le temps parler qu'il n'y a pas assez d'infirmières en hôpitaux. On entend tout le temps parler que pendant les soldes, il y a des pénuries. de vendeurs et que ça pose des problèmes pour les entreprises. Et nous, on a des vraies solutions à apporter. Et nous, notre produit a été en interne développé de façon tout à fait agnostique. Et ça, c'est vraiment une de nos forces, c'est qu'on a une capacité derrière à se diversifier sur d'autres industries, toujours avec... Une idée d'être multispécialiste. Donc nous, dans la restauration, on est capable de répondre à un besoin dans n'importe quel type d'établissement, que ce soit la brasserie quartier, au grand groupe, dans l'hospitality ou au restaurant étoilé. On travaille avec un restaurant 3 étoiles à Londres et on fournit du staff même en cuisine. J'ai des questions à te poser pour essayer de partager ce qui t'anime et la manière dont vous travaillez surtout.

Est-ce que tu aurais des recos, des conseils, des routines que tu voudrais bien partager avec nous? Des routines, je dirais, au-delà de routines, je dirais un petit peu des conseils qui m'ont permis moi de me structurer, parce que quand je regarde un petit peu dans le rétroviseur, le Jean qui avait 22 ans quand il a monté Brigad et le Jean 8 ans après, quand la boîte est quasiment à 100 employés, présente sur deux pays et qu'on a levé... Plusieurs millions d'euros, ce qui m'a permis de me structurer, c'était savoir s'entourer. Ça, c'est très important. Il ne faut pas être timide. Quand on est dans la situation de« j'ai ma petite idée et on va construire quelque chose de grand», forcément, on va avoir besoin de gens en interne, mais aussi en externe pour s'aider. Donc, en interne, c'est... Recruter les bonnes personnes, des gens qui sont meilleurs que nous, même sur des domaines d'expérience. qu'on adore, et vraiment savoir déléguer, responsabiliser les gens et les aligner. Donc c'est vraiment un travail de fédération. En externe, c'est s'entourer de personnes bienveillantes qui peuvent nous faire grandir, qui peuvent nous aider à nous montrer, en fait là, tu penses que ta problématique centrale aujourd'hui c'est ça, mais en fait non, c'est plutôt ça, c'est ce qui se cache un peu derrière les fagots.

Un dernier point, non pas des moindres, c'est un point hyper important, c'est prendre le temps de gérer sa propre croissance, parce qu'on est toujours très focus sur la croissance de l'entreprise, on est très growth-centric, user-centric, on est très business-driven, mais en fait, souvent on oublie quelque chose, c'est que si on veut toujours être la bonne personne pour l'entreprise, pour l'accompagner dans ses enjeux stratégiques et dans la construction de la vision et dans chapeauter l'exécution, il faut aussi qu'on prenne le temps soi-même de se remettre en question et de faire du développement personnel. Donc penser à soi pour mieux servir l'entreprise. C'est ça. Ok. Tu as des outils, des routines? Je ne vais pas être très original ici. Moi, j'utilise principalement deux outils, Airtable pour toute la gestion de projet. D'ailleurs, on regarde potentiellement pour switcher vers une autre solution qui s'appelle ClickUp, que j'aime beaucoup personnellement. Et sinon, Excel, que j'utilise pour gérer le budget, gérer l'organisation, gérer de la communication assez large, faire des présentations aussi. Donc Excel, c'est devenu un petit peu mon quotidien. J'ai troqué un éditeur de code pour Excel.

Alors en guise de conclusion, on aimerait te demander, est-ce qu'il y a des lectures? Ouvrages qui ont marqué ta carrière ? Il y en a un tout particulièrement qui s'appelle Blitzscaling. C'est un livre que Reid Hoffman a écrit et ça parle vraiment de quelles ont été les stratégies disruptives et gagnantes de plateformes très connues comme Paypal, eBay, Airbnb. Et ça a été pour moi un vrai révélateur parce qu'avec mon associé, on a toujours été assez tête brûlée dans notre prise de décision. Et il y a forcément certains moments où on disait mais est-ce qu'on a raison de faire ça ou est-ce qu'on est... fou et qu'on prend beaucoup beaucoup de risques et est-ce qu'on va pas trop vite est-ce qu'on va pas trop loin dans nos idées est-ce qu'on n'est pas trop tête brûlée et in fine je me suis rendu compte que toutes les plateformes qui ont réussi les fondateurs se sont posé la même question donc je me suis dit j'ai au moins la bonne question voilà j'ai au moins la bonne question et c'est plutôt un bon signe ça veut dire qu'on avance à pleine vitesse donc non non c'est un livre que je recommande à tous même si vous n'êtes pas forcément créateur de plateforme ça reste un livre qui pose les bases même de l'entrepreneuriat en startup technologique à très forte croissance.

Et ça, c'est vraiment un livre que j'aurais voulu lire dès le début. Et ta guideline, si tu en as une? Alors moi, ce que j'ai souvent dit à mes équipes, c'est que les hypothèses n'ont pas de valeur. Il faut systématiquement tester les hypothèses. Donc ça reprend un peu les principes Lean aussi de tester très rapidement les choses, découper les projets en plus petite itération possible, etc. Et c'est quelque chose que je dis toujours. Et surtout quand la boîte grandit, où on commence à avoir de plus en plus de parties prenantes sur des décisions, du coup, il y a de plus en plus de gens qui vont arriver un peu avec leurs propres dogmes, leurs propres idées reçues. Et ce qui était très important c'est surtout pour les décisionnaires que ce soit des développeurs, des product managers ou d'autres positions qui sont amenées à prendre des décisions sur des solutions d'être le moins dogmatique possible et de toujours avoir la prise d'oreille nécessaire pour se dire est-ce que la solution que je propose ou que je vais prendre est en phase avec la stratégie de l'entreprise et avec notre façon de faire parce que la façon de faire c'est finalement quelque chose de très très structurant Pour la boîte. Et très particulier à chaque boîte.

Qui émanent directement de la culture de l'entreprise. Merci Jean, merci pour cette discussion, c'était super intéressant, on a abordé des choses assez diverses, assez vastes, on voit que même si le sujet tech est au cœur de la société, puisque c'est le principe d'une startup technologique, on voit bien que la mission que vous portez et ce qui vous anime, en tout cas ce qui t'anime aujourd'hui, c'est une mission qui est assez large et assez noble et bravo. Donc moi je suis très admirative. Merci beaucoup et merci à tous et merci pour l'invitation.