Tech.Rocks Summit 2023

Résilience – Efficience, les hauts et les bas vers la réussite

Tech.Rocks Summit 2023 · 7 décembre 2023 · 48 min · en français

Résumé

Patience, abnégation, renoncement et esprit d'équipe sont des qualités essentielles pour évoluer là où l'oxygène se raréfie. La résilience n'est-elle pas, elle aussi, le levier d'une ascension réussie ? Sophie Lavaud emmène le public au sommet du K2, deuxième plus haut sommet du monde, sous l'angle de la résilience, de l'efficience et des valeurs qui les accompagnent.

L’essentiel

Confiance, progression par étapes et capacité à renoncer : un retour d’expérience de l’alpinisme de très haute altitude.

Pour discuter de décisions difficiles et de coopération dans une équipe sous pression.

Les idées clés

  1. Pour Sophie Lavaud, la compétence seule ne suffit pas : sans confiance dans les personnes de la cordée et dans l’organisation, on ne va pas au sommet. à 25:13
  2. Renoncer peut préserver la possibilité de réussir plus tard. Sophie Lavaud raconte avoir fait demi-tour à 130 mètres du sommet du Kangchenjunga : elle présente cette décision comme une protection vitale, même après un investissement considérable. à 27:37
  3. Découper l’objectif en étapes accessibles. Sophie Lavaud décrit comment regarder l’ensemble de la montagne peut devenir paralysant ; elle ramène alors son attention au prochain périmètre dans lequel elle sait pouvoir progresser. à 28:35

Questions pour votre équipe

Le risque vital en montagne ne se transpose pas directement à une décision produit ou organisationnelle. Les parallèles avec le travail sont des pistes de réflexion.

Chapitres

  1. Présentation
  2. Parcours et expéditions
  3. L’ascension du K2
  4. Renoncer et progresser par étapes
  5. Images de l’expédition
  6. Échanges avec la salle

Summary

Patience, self-sacrifice, the ability to turn back and team spirit are essential qualities where oxygen is scarce. Is resilience not also the key to a successful ascent? Sophie Lavaud takes the audience to the summit of K2, the world's second-highest mountain, through the lens of resilience, efficiency and the values behind them.

Thèmes : Management & organisation

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

On va démarrer. On a déjà un peu démarré quand même. Mais là, je vous propose de démarrer très très haut. Mais quand je dis très haut, c'est vraiment très très haut. 8000 mètres. Vous vous sentez bien ou pas à 8000 mètres? C'est un peu dur de respirer, non? Vous ne trouvez pas? Quand on est comme ça sur les sommets, là où l'oxygène se fait rare et qu'il apparaît assez indispensable de faire preuve d'abnégation. De patience. Je vais mettre deux heures à faire cette intro, parce qu'il faut vraiment être très patient pour notre speaker qui va arriver. Donc de patience, de renoncement et surtout de résilience. Ce voyage sur les toits du monde, Sophie Laveau l'a fait 14 fois. Je ne sais pas si vous imaginez ce que ça représente de grimper l'Himalaya 14 fois. Cette alpiniste va nous emmener ce matin au sommet du K2, le deuxième plus haut sommet du monde. Elle va partager avec nous sa définition de l'efficience par la résilience. Je vous demande d'accueillir Sophie Laveau.

Rebonjour ma chère Sophie. Floor is yours. Merci. Bonjour. Namasté, comme on dit au Népal. Salam alaikum pour le Pakistan et tachidélé pour nos amis les Tibétains, parce que c'est dans ces trois destinations qu'on va partir ce matin. Quand on parle de 8000, dans le jargon de la très haute altitude, on fait référence effectivement aux 14 sommets qui culminent au-dessus de 8000 mètres. Moi, ces 14 sommets, je les ai tous gravés, l'un après l'autre, sommet après sommet, pas à pas, comme une évidence, un chemin de vie. Ça m'a pris 11 ans de ma vie. Et j'ai mis 22 expéditions pour réussir ce challenge.

C'est aussi, j'ai fait un petit calcul récemment, j'ai dormi trois ans sous la tente, au-dessus de 5000 mètres. Et c'est ce grand rêve, il s'est achevé le 26 juin dernier au sommet du Nanga Parbat au Pakistan, 8126 mètres. Et le résultat, Le résultat de cette grande aventure fait que je suis le premier Français ou la première personne de nationalité française à réussir le grand chelem himalayen des 14 8000. Alors, justement, je ne vous dis pas ça pour dire« Waouh, je suis une superwoman, super forte et tout». Non, moi, ce qui m'intéresse de partager avec vous ce matin, c'est finalement comment on arrive au sommet de ces grandes montagnes, comment on obtient ce surnom de 112 000 ladies, 112 000... 14 fois 8000, et comment finalement une femme normale, comme moi, parce que j'estime être vraiment une femme normale, arrive au sommet de ces grandes montagnes.

Parce qu'il y a des gens qui me disent« Waouh, mais t'es vraiment une superwoman, et t'as de la chance, tu vis de ta passion. » Je dis non, non, non, ce n'est pas de la chance du tout. Vraiment, ce n'est pas de la chance. C'est vraiment beaucoup, beaucoup de travail. C'est beaucoup d'investissement, beaucoup d'aléas, d'incertitudes, de peur, de joie, bien sûr. On parle aussi de leadership, de gestion d'équipe, de plein de choses. Et effectivement, j'ai envie de prendre cet angle aussi de la résilience. Et la résilience combinée à l'efficience amène au succès. Donc, je vais vous emmener sur les pentes du Cadeau. et je vais vous dévoiler ce que j'ai appelé mes secrets, les secrets du succès. On y va? On va faire juste un petit retour en arrière. Quand, en 2008, moi je travaillais en entreprise, un petit peu comme vous tous, et

je dirigeais à l'époque une société d'événementiel dans le secteur de la finance avec mon frère. Et là, en 2008, il y a la crise économique, notre business model s'écroule complètement, et c'est, je pense, à ce moment-là que démarre finalement mon chemin de résilience, parce qu'on a péniblement survécu jusqu'en 2011, et là, on a décidé de fermer l'entreprise, et je me suis retrouvée devant cette page blanche. Et cette page blanche, finalement, c'est quoi le résultat? C'est qu'elle m'a donné du temps. Et le temps, c'est indispensable pour aller sur ces grands sommets. Juste pour savoir, gravir un Mont Blanc dans les Alpes, il faut deux jours. Gravir un 8000 en Himalaya, il faut deux mois. Donc c'est en 2012 que je pars sur ma première expédition. Et donc j'ai gravi le Shishapangma et le Choyu sur cette première expédition. Et après, à partir de là, j'ai commencé à organiser ma vie pour continuer à gravir ces grands sommets.

J'ai démissionné de mon dernier travail. en 2015 pour vraiment me consacrer pleinement à ce projet. Et donc en 2014, j'ai gravi l'Everest. 2015, j'étais au Népal, j'ai subi le tremblement de terre du Népal. En 2016, je suis partie pour la première fois sur les pentes du K2 avec François Damilano. Je ne sais pas s'il y a quelques alpinistes dans la salle. Mais François Damilano, c'est vraiment quelqu'un de très, très connu dans le milieu, qui a réalisé ce film avec moi. Et on était prêts, toute l'expédition s'était bien passée, et on arrive juste au moment de ce qu'on appelle le summit push, donc vraiment pour arriver, pour atteindre le sommet, et là on a une énorme avalanche. Qui a balayé notre camp numéro 3 à plus de 7000 mètres, et on a perdu tout notre matériel. Et donc c'est un petit peu... Alors Dieu merci, il n'y avait personne sur ce camp, donc il n'y a pas eu de décès, rien, nous on était au camp 1, mais on a été dans l'incapacité de continuer.

Et donc c'est un peu comme au théâtre, quand le rideau se ferme, il faut vraiment tout recommencer. Et de nouveau, on est dans ce schéma de résilience. La définition la plus simple de résilience que j'ai trouvée, c'est effectivement la capacité d'une personne à répondre et à recouvrir vraiment ses capacités dans un temps rapidement. Donc, Là, je vais vous parler de mon premier secret, qui est une personne résiliente à des compétences de leadership. Qu'est-ce que je veux dire par là? Quand on a un rêve, il faut qu'il se transforme en projet, du projet on va au sommet. Si on garde notre rêve dans la tête, vous en avez plein des rêves, toutes les personnes, tout ce que vous créez dans cette texte, c'est dans la tête, mais il faut le concrétiser. Et donc, moi je suis, pareil, pour concrétiser mon projet, je suis donc totalement leader de mon projet.

Donc il faut retrouver les équipes, l'agence logistique, quelle montagne, l'équipe, qu'est-ce qu'on va faire, quelle saison, etc. Donc il y a toute cette gestion de l'organisation de l'expédition. Et après, sur le sommet, pour moi, il y a d'autres leaders. Il y a un leader clé que je cite très souvent, qui est finalement notre cuisinier. Le cuisinier... S'il ne nous fait pas bien à manger, il n'y aura personne qui va aller au sommet. Donc, on parle vraiment de leadership situationnel. On ne peut pas être leader dans tous les domaines. Et donc, c'est vraiment en fonction du contexte que l'on peut être leader dans le contexte à venir. C'est en 2018 que je repars sur les pentes du K2. J'arrive à rassembler les budgets, forcément, ça c'est toujours le point clé du montage de ces grosses expéditions. La presse en a parlé, et c'est grâce...

À cela que je me retrouve à Islamabad en 2018. Islamabad, c'est vraiment le cœur, le démarrage de toutes les expéditions pour le Pakistan. C'est l'équivalent de Kathmandu au Népal. Parce que les montagnes, contrairement aux Alpes, en Himalaya, elles sont régulées, il y a des autorisations, il faut des demandes de permis. Et donc, on a besoin de faire toute cette démarche administrative. Et donc, on doit passer notamment par une société qui s'appelle Ascari Aviation pour finalement demander l'autorisation pour le secours. Donc, on va poser 15 000 dollars cash sur la table de cette coquille de l'armée pour le secours. Parce que le Pakistan, c'est une région du monde qui est très souvent pas couverte par les assurances. Et donc on doit mettre ça sur la table pour le secours éventuel. Et si tout se passe bien, à la fin, on revient à Islamabad et on récupère notre argent moyennant.

Une petite... Commission, vous vous en doutez, mais ça c'est cette bonne guerre de nos jours. Ensuite, on a fait un petit shopping sur Islamabad, avant de partir sur la grande province du nord, qui s'appelle le Baltistan, dans un village qui s'appelle Skardou. Vous voyez, à chaque fois, il y a une date et une altitude qui permet de vous repérer dans le temps. Et là, je mets sciemment cette photo parce qu'on oublie des fois dans nos sociétés où on a beaucoup de liberté que le Pakistan, c'est un pays très difficile pour les femmes. Et à force d'y aller et d'y retourner, j'ai sympathisé avec les porteurs de haute altitude et les gens locaux avec qui je travaille. Et j'avais été conviée à un anniversaire et non seulement j'ai pu rencontrer les femmes, mais elles ont accepté d'être photographiées. Et c'est une photo finalement très très rare. C'est important de temps en temps de se rendre compte de la chance qu'on a quand on vit dans nos sociétés.

De Skardou, on va repartir en Jeep, remonter jusqu'à Ascoli, et à partir de là, on va remonter le grand glacier du Baltoro. Baltoro, c'est un des plus grands glaciers du monde, 65 km, donc c'est déjà une aventure en soi, rien que pour aller au pied de la montagne. On part sur cette traversée, on monte nos tentes, c'est la première nuit sous tente. Les porteurs sont là. Les porteurs, c'est les paysans de la région qui viennent nous aider pour faire le portage jusqu'au camp de base. Il faut comprendre que c'est le seul salaire qu'ils vont avoir de toute l'année. Donc on a un accueil chaleureux de leur part. C'est l'une des régions les plus pauvres du Pakistan. Et là, on part sur notre trek ou marche d'approche jusqu'au camp de base. Le dernier point, avant de monter sur le glacier, c'est cet endroit qui s'appelle Payou. Et là, c'est la dernière fois où on voit du vert.

Finalement, c'est important parce que quand on part après sur ces grands sommets où il n'y a plus que de la glace, de la neige, du rocher, le vert, c'est le symbole de la vie. Et quand on voit du vert, quand on redescend surtout, on sait qu'on est en sécurité. Là, les mules sont ferrées pour attaquer le glacier et les porteurs aussi préparent leur nourriture. Ça vous dit un petit steak, là? Pour partir sur ce glacier. Et on a les premières vues, Des tours de Trango. Les tours de Trango, c'est ces flammes très spécifiques au Pakistan, qui sont des montagnes très techniques à gravir. On remonte de nouveau ce glacier, petit à petit. On vient de passer les 4000 mètres. On a des rivières de glace. acier à traverser. Et là, c'est à Concordia qu'on voit pour la première fois le K2.

Et là, vous avez deux solutions. C'est soit vous faites demi-tour et vous partez en courant, soit vous vous dites, bon, c'est tellement beau qu'il y a une espèce d'attirance et on se décide quand même de tenter l'ascension. On est arrivé au camp de base sous la neige, et là, les porteurs, on les paye, ils repartent dans leur village, et on va les appeler à la fin de l'expédition pour débarrasser complètement le camp de base. Et là, on arrive sur ce camp de base, Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'un camp de base, c'est le lieu de vie, c'est le cœur de l'expédition, c'est là où se décide toute la stratégie d'ascension. Chacun a sa tente, il y a la tente messe, il y a une tente cuisine, etc., il y a une tente communication. Aujourd'hui, on a la technologie du satellite qui nous permet de recevoir des informations, on a même des modems satellites, et c'est là vraiment que se décide toute la stratégie d'ascension.

Et là, j'ai envie de partager mon deuxième secret, qui est la méthode d'apprentissage et de résilience. Qu'est-ce que je veux dire par là? Dans la vie de tous les jours, on parle du corps, de l'esprit et des émotions. En sport, on parle du fait que la vie est une vie. physique, du mental et des émotions. Les émotions, c'est ce qui nous drive, c'est notre but, c'est notre sommet, c'est notre objectif, c'est notre projet, c'est vraiment où on veut aller. Le physique, sans doute, si on ne s'entraîne pas, On ne va pas aller bien loin. Et puis, il y a le mental. Le mental, c'est quelque chose de très intéressant à expérimenter. J'ai mis 17 heures sommet de la Nimpurna. Du dernier camp d'altitude jusqu'au sommet de la Nimpurna, on a mis 17 heures. Dans cette zone de mort au-dessus de 8000 mètres. Donc autant vous dire qu'à un moment, vous avez votre corps qui vous dit« mais fous-moi la paix, j'en peux plus».

Et en fait, c'est le mental qui va prendre le relais et qui va faire que vous arrivez à mettre un pied devant l'autre. Et ça, ce sont des choses qui sont très intéressantes à expérimenter. Le mois de juin est déjà passé, on n'a pas mis la pointe d'un crampon sur la montagne, et on doit passer par cette cérémonie de la puja. La puja, c'est une cérémonie bouddhiste, mais comme les Sherpas népalais, viennent avec nous également au Pakistan, et qu'ils sont très croyants, et que toutes les montagnes sont sacrées, il faut qu'on fasse cette cérémonie pour demander à la déesse de la montagne l'autorisation de cravir ses flancs. Et donc c'est une journée qui est complètement dédiée à cela, et il y a un lama qui fait ses prières, donc les Pakistanais sont conviés bien sûr, on dresse les drapeaux de prière en signe de protection des alpinistes, et c'est seulement à ce moment-là que l'on peut commencer l'ascension.

Un Sherpa n'ira jamais dormir sur les pentes d'une montagne sans avoir fait une puja. Et là, évidemment, le secret naturellement qui arrive à ce moment-là, c'est l'équipe. L'équipe, c'est majeur dans un contexte comme ça. Seul, moi en Himalaya, je ne vais aller nulle part. Donc c'est vraiment cette équipe soudée qui va redonner de l'énergie et qui va faire qu'ensemble, on va pouvoir aller au sommet. Un pas, cinq secondes. Qu'est-ce que je veux dire par là? C'est qu'on est, comme je l'ai dit, dans la zone de mort, au-dessus de 8000. Mettre, on ne peut pas survivre. Et à cette altitude, avec l'hypoxie, donc le manque d'oxygène, on a une progression extrêmement lente. On est entre 3 et 5 secondes par pas. C'est-à-dire que vous posez votre pied et vous allez compter 1, 2, 3. Pour essayer demain matin dans votre salle de bain, vous allez voir, c'est très très très lent.

Et si je prends le sommet du Gacher Brom 2, qui est un des grands 8000 juste à côté du K2, Sur la partie sommitale, on n'était plus que trois. Il y avait Mahmoud, Nima Sherpa et moi. Et j'avais cette routine de compter jusqu'à cinq pour me forcer à poser un pied devant l'autre. Et on se relayait toutes les dix minutes pour ouvrir jusqu'au sommet. Et on est arrivé au sommet comme ça. Donc ça, c'est vraiment une réussite d'équipe. Et de nouveau, seul, je n'y serais pas arrivé. Aujourd'hui, je travaille avec Dawa Sanghe Sherpa, que j'ai rencontré justement dans cette expédition au K2 en 2018. Depuis, on a réalisé 12 expéditions ensemble, dont 7 sommets réussis, avec le sommet du Nanga Parbat, le 26 juin dernier. C'est vraiment important de connaître son binôme et avec qui on va progresser sur la montagne. Voilà, le 6 juillet, Yann, je ne vous en ai pas encore parlé, Yann Gizendanner, c'est une personne clé aussi dans l'organisation d'une expédition.

Yann, lui, il est à Chamonix, dans son salon, et c'est le météorologue. Et il m'envoie les bulletins météo quotidiennement sur mon GPS satellite. Et donc, il nous annonce une fenêtre de beau temps. Donc, on est partis. Sur le sommet, avec la première étape au ABC, qui est l'Advanced Base Camp. Ensuite, on attaque les pentes du K2 pour arriver au camp 1, qui est déjà à 6100. Ça vous tente une petite nuit, là ? Je peux vous dire que quand on sort faire pipi la nuit, on met deux frontales. Le lendemain, Yann nous annonce de nouveau une journée de beau temps, donc on décide de continuer sur le camp 2. Mais il s'est passé quelque chose cette année sur le camp 2.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que le camp 2, c'est... Depuis le bas de la montagne jusqu'en haut, c'est 3600 mètres de face, avec juste quelques petits ressauts où on peut poser quelques tentes. Et je dis toujours qu'au cas d'eux, il n'y a pas de joker. Et il y avait cette année-là, sur le camp de base, une petite expédition canadienne. Et Serge, qui faisait partie de cette expédition, a fait une chute mortelle. Et on se rend bien compte qu'avec la raideur des pentes comme ça, il n'y a pas de chance possible. Et donc, moi, j'ai décidé de renoncer au palier du camp 2. On est redescendu et j'ai aidé les membres de l'expédition à faire les formalités pour évacuer le corps. Et là, sciemment, je mets ce secret à ce moment-là, qui est en fait les compétences. Il y a des obstacles, il y a des choses qui se passent, qui peuvent ne pas se passer comme ça. prévu, mais ça ne va pas remettre en cause l'organisation générale.

Je pense que dans toute la gestion de vos projets, dans tout ce que vous entreprenez, il y a ces obstacles qui arrivent et il faut donc rester soudé. Donc on est de nouveau dans un esprit d'équipe avec un itinéraire commun et un objectif commun. Le 16 juillet, ça fait dix jours qu'on est bloqués au camp de base, avec du mauvais temps. La qualité numéro une de l'himalayisme? Patience. Patience et l'abnégation. Ce qui est intéressant de vivre dans ces grandes aventures, c'est finalement qu'on n'a plus le contrôle du temps. Aujourd'hui, c'est quelque chose d'intéressant, quand on a nos calendriers et nos agendas où tout est minuté, là il y a un prompteur, etc., tout est minuté, et d'avoir vraiment des fois des journées entières à attendre. C'est un exercice qui n'est finalement pas si facile à faire.

Mais le 16 juillet, Yann nous annonce une fenêtre de beau temps, donc on décide de repartir vers le sommet. Donc on monte première nuit au camp 1, ensuite on enchaîne avec le camp 2. Où on passe ce passage très technique qui s'appelle la House Chimney, qui a été découvert par Bill House, qui permet d'accéder sur les pentes somitales du K2. Et on fait notre première nuit au camp 2. Et là, on commence vraiment à être plus proche des avions que du bord de la mer, et on commence vraiment à dominer le paysage. On est presque à 6700 mètres. Et là, Yann m'annonce de nouveau une journée de beau temps. Et donc, on décide de partir sur le camp 3. Du beau temps. Ça, il faut le dire vite. Donc, du camp 2 au camp 3, sur le K2, c'est plus de 1000 mètres de dénivelé.

Donc, on a eu une journée épouvantable, avec du vent, ça a été vraiment très, très, très dur. Et là, je peux vous dire qu'il y a un secret qui est évident à ce moment-là, qui est en fait la gestion du doute. Le doute, la peur, ce sont des facteurs bloquants. Et quand vous doutez de la prévision météo, il faut trouver des solutions, sinon vous allez faire dix pas dehors de la tente et puis vous allez rentrer. Donc là, j'ai pris mon téléphone satellite et je l'ai appelé et j'ai dit« Mais tu déconnes, qu'est-ce qui se passe? » etc. On a eu un temps dégueulasse et tout. Il dit« Non, non, non, mais t'inquiète pas, il y avait un petit nuage qui était collé sur la montagne et vous étiez dans le nuage, mais tout autour, il faisait beau. T'es sûr de toi, là ? Effectivement, il avait raison. Yann, le lendemain, on a eu du beau temps qui nous a permis de continuer vers le camp 4.

Et on est arrivés au camp 4 en début d'après-midi. On est à 7600 mètres. Je peux vous dire que là, je rigole, mais en fait, ce n'est pas drôle du tout, quand d'altitude, vraiment à cette altitude. C'est vraiment très, très, très difficile. Il faut s'imaginer qu'on est en hypoxie. L'hypoxie, c'est vraiment ce manque d'oxygène. Tout l'organisme est au ralenti. Quand on arrive là, il faut faire une plateforme, il faut monter sa tente. On est au minimum quatre personnes pour monter une tente, sinon on n'y arrive pas. Rentrer dans la tente, gonfler le matelas. Moyenne 20 minutes pour gonfler un matelas avec le manque d'oxygène. Il faut sortir le réchaud, il faut ressortir de la tente, aller chercher de la neige, faire fondre de la neige. C'est plus d'une demi-heure pour un litre d'eau. Essayer de manger, de se nourrir, la moindre odeur, ça vous donne envie de vomir. Je pense que vous avez envie de venir avec moi là. Je le sens là, je me sens super motivée pour venir sur la prochaine XP.

Donc vraiment, non, les camps d'altitude, On parle d'extrême et c'est vraiment le cas. Et on a décidé de partir pour le sommet la même nuit, à 20h. Et à partir de là, il y a un secret qui est majeur et qui est le complément du précédent avec le doute, c'est le lien de confiance. Donc, si vous n'avez pas confiance dans l'entourage qui est avec vous, vous n'irez pas au sommet. L'exemple d'une cordée, c'est la même chose. Vous pouvez avoir le meilleur guide de haute montagne dans les Alpes, l'alpiniste qui sont encordés à lui s'ils n'ont pas confiance. Vous n'irez pas au sommet. Donc c'est vraiment majeur d'avoir confiance dans toute l'organisation, dans toutes les personnes qui vous entourent, avec qui vous allez à... On parle de mort, à ces altitudes.

Et donc, le 21 juillet, on arrive, c'est la sortie du bottleneck. Le bottleneck, ça vous dit quelque chose? C'est ce qu'on appelle le couloir de la bouteille. C'est vraiment le moment clé sur le K2, qui est un couloir entre 8200 mètres et 8400 mètres, avec des sections en glace à 60 degrés. Et là, désolée, mais je ne suis pas arrivée à prendre de photos. Donc ça, c'est la première image qui est à la sortie au col, à 8400 mètres. Il nous reste encore 200 mètres pour arriver au sommet. Et avec encore, on a mis plusieurs heures pour faire ces 200 mètres. Et on est arrivé au sommet le matin à 8 heures, après à peu près 12 heures d'ascension. Donc de nouveau, là, c'est la photo du super-héros au sommet, mais il ne faut jamais oublier vraiment toutes les personnes.

Oui, c'est exactement ça. Et donc le secret finalement qui peut faire un petit peu de conclusion, c'est les enseignements. Donc l'humilité, évidemment, on n'est tellement rien sur ces grandes montagnes, on est des petites fourmis, on essaie de passer dans un petit trou de météo justement et redescendre le plus vite possible pour rester en sécurité. L'abnégation, le dépassement de soi, le renoncement. Je pense que dans votre activité aussi, de résilience, d'efficience, l'efficience passe aussi par le renoncement. Si je prends l'exemple d'un sommet qui s'appelle le Kanchenjunga, qui est le troisième plus haut sommet de la Terre après l'Everest et le K2, au Kanchenjunga, j'y suis retournée. On est trois fois. Et la deuxième fois, j'ai fait de mes tours 130 mètres sous le sommet.

Je peux vous dire que c'est une sacrée décision. À 8000 et quelques, avec l'oxygène, etc., j'ai décidé de faire demi-tour. Aujourd'hui, je suis très contente parce que je suis là pour vous le raconter. Je pense que si j'avais continué, je ne serais pas là pour le raconter. Une des personnes qui était avec moi, qui a continué, elle a fait un an d'hôpital et elle n'a plus d'orteils et elle n'a plus de doigts aujourd'hui. Donc le renoncement peut sauver la vie, d'une façon, si on prend le spectre large. Milestone accessible. Qu'est-ce que je veux dire par là? Ça, c'est quelque chose que j'ai expérimenté très souvent. Quand on est sur ces grandes montagnes, on est déjà à 5000 mètres au camp de base, donc on est déjà au-dessus du Mont Blanc, et quand on regarde ces énormes sommets, on se dit« mais mon Dieu, mais quelle tâche, mais ça, je ne vais jamais y arriver». Et en fait, ce qui est intéressant, c'est de rester dans un périmètre dans lequel on est capable. Donc c'est de là, je vais aller jusque là, parce que là je sais que je suis capable, et puis après, etc. Il y a des alpinistes qui ont fait des crises d'angoisse, ou qui ont abandonné, de ce reste que par la tâche qu'ils avaient devant eux.

Et si je reprends l'exemple du bottleneck dont je vous ai parlé tout à l'heure, je me souviens très bien d'un moment précis. On est la nuit, il y a le halo de la frontale, et à un moment j'ai levé la tête, J'ai vu des lumières et je ne savais pas distinguer si c'était des étoiles ou des lampes frontales. Et donc ça m'a mis un coup au moral, j'ai dit mais je ne vais jamais y arriver. Et donc j'ai baissé la tête et je suis restée dans mon périmètre où je sais que je suis capable. Donc ça c'est un enseignement, je pense, qui peut être appliqué dans beaucoup, beaucoup de domaines, de rester dans quelque chose où on sait qu'on va pouvoir progresser en sécurité. Sur ce cas 2, on est redescendu. Du camp 3, je suis montée au camp 4, je n'ai pas dormi, j'étais au sommet, je suis arrivée à redescendre jusqu'au camp de base en 39 heures sans dormir. Donc voilà, ça c'était vraiment encore une fois quelque chose où j'étais capable. Et donc, ces 14 8000, la conclusion de tout ça, c'est finalement, il faut oser.

On a des ressources incroyables. Et donc, en 2012, vous m'auriez dit que j'allais réussir les 14 8000, vous auriez dit, mais non, mais ce n'est pas possible. Et donc, c'est vraiment intéressant d'aller chercher au fond de soi son petit Everest, son petit cadeau, etc., pour pouvoir réussir. Alors, ça ne marche pas à tous les coups, 22 expéditions, c'est clair que ça ne marche pas à tous les coups, mais quand ça marche, ça procure beaucoup de satisfaction. Donc voilà, je vous remercie vraiment de m'avoir écoutée. On avait sur cette expédition, on était dix membres d'expédition, cinq hommes, cinq femmes, la parité. Ce qui est très, très rare aussi, parce qu'en Himalaya, en général, plus on monte en altitude, c'est un peu comme la hiérarchie dans les entreprises, plus on monte et moins il y a de femmes. Et donc là, on était... Donc j'ai récolté toutes les vidéos de chaque membre d'expédition et on a fait cette petite vidéo que je veux partager avec vous. Ahí se ve el campamento uno.

C'est vraiment l'enfer, cette panthéocantroie. Oh, my God. On est arrivé hier vraiment défoncé. Cette montée de la plaque pervide est vraiment super pénible. Et hier avec le brouillard, la fixing team n'a pas pu fixer le bottleneck. Donc on fait une pause. Ici et demain on monte au camp 4 et si tout va bien la nuit prochaine on tente le sommet. Allez, c'est parti, bonne journée. Where are we going now? Today in the camp. Okay. And then? Night in the summit pools. Tomorrow morning in the summit. Summit? No summit, I don't know. Ah, we'll see.

Okay, first let's go camp for. So the plan should be that we're gonna rest on the low camp for and five Sherpa is going today fixing the bottleneck and if everything is well We will follow tonight. It might be work, inshallah. Avant de partir, je vais laisser mes médicaments. Je pense qu'on a une chance là. Je suis inquiet, je ne sais pas où je vais.

Le soleil se lève. I'm going to put the neck on. We make it. I could talk before because I was crying.

This is two years that I've been waiting for this. Sophie, Sophie, Sophie. Bravo, bravo. Not already. Voilà, je suis sur la redescente.

Du sommet. Putain, j'ai fait le sommet du cadeau. Je suis trop contente, je suis trop émue. Je me suis juste arrêtée parce que j'ai réalisé que je n'avais pas mis mon casque pour redescendre entre le camp 3 et le camp 2. Là, je vais essayer de voir si j'arrive à trouver de l'énergie pour descendre jusqu'au camp de base. Mais bon, ça a été un super beau sommet. J'ai rarement eu autant d'émotions. Et bon, je vous embrasse. Je suis super fière. Putain, j'étais au sommet du cadeau, bordel. Il nous reste 1 minute 56 pour quelques questions.

Come on. Ça, c'était ton talk qui vient de s'achever, mais on va avoir 10 belles minutes de questions avec la salle. Ah, parfait. Je voulais surtout, hier, quand je t'ai rencontré pour la première fois, je t'ai dit que je n'étais pas forcément une grande fan de la montagne, parce que je suis incapable, évidemment, comme beaucoup d'entre nous, de faire ce que tu as fait. Il y a deux remarques que j'ai envie de t'adresser avant qu'on prenne les questions de la salle. Ce que je trouve intéressant, c'est qu'on ne perd pas toujours son humour, c'est ça? Parce qu'on voit qu'il y a des moments de joie, notamment avec ton cher pas qui t'accompagne, où vous riez aussi ensemble de cet effort surhumain que vous êtes en train de faire. Et puis on garde aussi sa grossièreté. Et ça, c'est vachement bien. De se dire, putain, merde, je l'ai fait. Je ne sais pas si pour vous c'était perceptible. On va s'asseoir, Sophie, si tu veux bien. Si pour vous c'était perceptible, tu fais un petit verre d'eau? Ça va, ça va. Perceptible, émotion, est-ce que vous l'avez ressenti aussi dans ces images? Oui, je pense que ça mettait un peu la chair de poule pour tout le monde. Et on comprend la patience, l'abnégation, la résilience, la force de caractère qu'il faut avoir aussi pour grimper.

Si haut, là où on manque d'oxygène. Alors, est-ce qu'il y a quelques questions? J'imagine oui, une forêt de doigts qui va se lever. Alors, on va peut-être passer un micro dans la salle, s'il vous plaît. Ou pas. Je t'en prie, Nathalie. Vas-y, voilà. Préparation physique et mentale pour faire les sommets. C'est 11 ans, donc c'est beaucoup de travail. C'est vraiment, je pense, l'expérience qui est la meilleure préparation. Alors, il y a une vraie discipline, une vraie hygiène de vie, l'hiver. Il y a trois saisons pour grimper. C'est le printemps et l'automne pour le Népal et le Tibet, et l'été pour le Pakistan. Et donc, je ne fais pas d'hivernal. Donc c'est vraiment aussi l'hiver où je m'entraîne dans les Alpes préparation spécifique mentale non, j'ai jamais fait et de nouveau je pense que

c'est vraiment cette progression au long de toutes ces années avec toutes les années de préparation donc j'ai pas commencé en 2012 à faire de l'alpinisme mais c'est toute cette préparation des années d'avant quand j'ai des gens qui m'envoient des messages et qui me disent j'ai le rêve de gravir l'Everest qu'est-ce que je fais? Je lui dis, tu vas d'abord faire le petit Salève, qui est la petite montagne à côté de Genève, puis après on en reparle. Donc c'est vraiment pas à pas. Et il faut garder cette modestie par rapport à ces grands sommets. C'est beaucoup de discipline. Merci Sophie. Est-ce qu'il y a une autre question? Monsieur, un micro est juste derrière vous. Parfait. Bonjour, bravo déjà pour l'exploit. Moi, ma question, c'est plus sur la dynamique de groupe. On sait quand il y a beaucoup d'efforts, le moral s'use, la tension peut vite monter. Est-ce qu'il y a eu des moments de tension, voire de conflit dans l'équipe?

Et si c'est le cas, c'était de quelle nature et comment vous avez réussi à les dépasser? Alors, en fait, d'une expédition à l'autre, l'équipe change. Mais la constante qu'il y a dans chaque expédition, c'est finalement l'équipe locale, parce que je travaille avec la même agence logistique depuis des années, et Dawa Sanghe et Yann. Finalement, c'est vraiment ce trio qui reste. Parce qu'au camp de base, on mutualise, il y a l'équipe, mais après, sur la montagne, et c'est un petit peu différent de la pratique dans les Alpes, c'est que le binôme est autonome. Donc on peut vraiment faire des incursions en haute altitude et certains rester en fonction de la forme, en fonction, sans rentrer dans les détails, mais de l'acclimatation. Donc finalement, si la petite garde rapprochée, le team avec lequel on est, il y a cette entente et cette connaissance l'un de l'autre, c'est rare qu'il y ait vraiment

des conflits. Alors l'avantage d'être à 8000 mètres, c'est qu'on est en hypoxie. On ne peut pas s'engueuler, en fait. Et l'hypoxie, ça vous met dans un état de torpeur. Alors, le danger qui est... Je dis ça en rigolant, mais on est vraiment dans un état léthargique. Et en fait, beaucoup, beaucoup d'accidents viennent du fait de... Le corps est fatigué, on s'assoit, on s'endort et la personne ne va pas se réveiller. Mais ça altère énormément la capacité de réflexion. Donc je pense qu'on s'engueule moins aussi. Et en plus, sur certains, il y a les masses à oxygène, donc ça évite aussi un peu le dialogue. Ça simplifie le truc. On va prendre une dernière question, je vous en prie. Bonjour Sophie, très admiratif. Vous me donnez de l'espoir parce que le salève, je connais bien, mais j'ai l'impression qu'il y a pas mal d'étapes entre le salève et ça.

Une question quand même. Vous parlez beaucoup de résilience. Vous êtes une femme. Est-ce que vous pouvez, je serais curieux de savoir si vous avez observé, différence entre hommes et femmes sur la résilience. Sur la résilience en tant que telle ? Surtout. Surtout. Oui, vraiment. C'est un monde effectivement très masculin. Je pense qu'aborder ces grandes montagnes en tant qu'homme ou en tant que femme n'est pas la même. On est un peu avec les hommes, c'est quand même souvent un peu le super-héros. Et donc l'échec est pris beaucoup plus en frontal. Et finalement, je pense que la femme, déjà, elle se veut à se mettre beaucoup plus de barrières. Et c'est pour ça que, aussi dans mon rôle, je suis ambassadrice pour une ONG qui s'appelle Terre des Hommes, où on fait de l'aide à l'enfance et de l'aide aux femmes. Ce message de dire« oser» pour la femme va faire que,

si au travers de cette grande aventure des 8000, ça peut inspirer les femmes et donner un petit déclic ou dire que je serais contente. Merci. On voit, Tommy dessine, tu as pu le remarquer pendant ton tour, que de temps en temps, certains fourrures pouvaient être perceptibles dans la salle. C'est normal. Oui, oui, j'ai vu. Il croquait tout ce que tu disais. Moi, j'ai une toute dernière question, mais vraiment rapidement. Il y avait une question là? Peut-être, oui. Projet. Prochain challenge. Prochain challenge. C'est clair, 11 ans de ma vie qui viennent de s'achever. On ne tourne pas la page comme ça du jour au lendemain. Brièvement, c'est assez clair dans ma tête aujourd'hui que je vais arrêter d'aller à 8000 mètres. J'ai réussi tout ça en gardant, moi, mes dix orteils, mes dix doigts. Je n'ai pas été blessée, je n'ai pas été évacuée, sauf pour le Covid. Mais bon, ça, c'est encore autre chose.

Et donc, je pense qu'il y a une petite étoile qu'il faut préserver. Donc là, par contre, le monde de l'expédition, ce n'est pas fini. Je ne vais pas aller à la plage tout de suite. Je vais faire encore quelques petites ascensions. J'ai prévu de finir le challenge que j'avais démarré avant les 14, qui est ce qu'on appelle les Seven Summits, et c'est de gravir les points culminants de chaque continent. Et donc là, dans quelques dizaines de jours, je pars en Antarctique. C'est Noël. Tu passes Noël en Antarctique. Pour aller faire le point culminant de l'Antarctique. Bravo quand même, parce que déjà, là, on était extrêmement impressionnés. L'Antarctique, on n'imagine même pas. Hier, tu me confiais qu'en fait, la température, quand tu grimpes, évidemment, elle diminue plus tu grimpes, sauf que là, en Antarctique, dès le départ, en fait, c'est très, très bas. Donc physiquement, c'est... Ça va être aussi autre chose.

Oui, je pense que le challenge va être effectivement la gestion du froid, plus que la technique. Oui, c'est ça. Mais bon, j'ai déjà l'équipement, donc c'est bon. J'ai une dernière question pour finir sur une petite note positive. Pourquoi faut-il deux frontales quand on va faire pipi la nuit? On a peur de perdre une frontale et après de ne pas retrouver son chemin. J'ai un truc technique que je n'ai pas saisi. A priori, oui. C'était un petit joke. Très bien, on va rester là-dessus. Merci beaucoup, Sophie, de nous avoir fait rêver. Merci, merci.