← BibliothèqueToutes les vidéos
Tech.Rocks Summit 2021
La data au service du management
- Fabien Galthié (Sélectionneur de l'équipe de France de rugby, France Rugby)
Tech.Rocks Summit 2021 · 10 décembre 2021 · 47 min · en français
Résumé
Quel rôle la donnée joue-t-elle pour les managers ? Le sélectionneur du XV de France partage son retour d'expérience sur cette question : quand la donnée sert le sport et devient une alliée pour mieux manager.
Summary
What role does data play for managers? The head coach of the French national rugby team shares his experience on this question: when data serves sport and becomes an ally for better management.
Thèmes : Management & organisation
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Il vient de passer une saison de folie et il nous fait l'honneur d'être ici à nos côtés. Bienvenue à Fabien Galthié, sélectionneur de l'équipe de France de rugby. Bonjour et merci pour votre présentation et pour votre accueil. Je suis Fabien Galthié, l'entraîneur et le sélectionneur de l'équipe de France de rugby. Je vais partager avec vous un retour d'expérience qui concerne à la fois la gestion de la data, l'analyse de la data et l'utilisation de la data dans le management. Déjà, c'est vrai qu'avant de parler de points communs, je dois parler de différences entre nos deux univers, puisque moi, j'évolue dans un univers que je considère comme un laboratoire. En fait, j'expliquerai pourquoi. Un laboratoire que je situe dans un environnement très particulier, un environnement… Pardon, là, quand je dis des trucs qui apparaissent comme ça, ça coupe l'image, non? Non, moi, ça n'a pas coupé de mon côté. Non, ce n'est pas grave.
C'est uniquement les appels. Ce sera les appels. On ne voit pas vers la caméra, mais ça ne coupe pas l'image. OK, parce que j'ai un truc qui est sorti. Je recommence sur le laboratoire. Donc, un laboratoire dans le sens que tout ce qui se passe dans ce microcosme, dans mon environnement, est très particulier. En fait, le sport de haut niveau, la compétition, en termes de gestion, de ressources humaines et de management, et d'un univers qui est un univers où tous les acteurs touchent leurs limites, puisque plus on monte, plus on monte en compétences, et en fait, on a un objectif très simple, c'est de gagner, de gagner face à un adversaire qui a le même objectif que nous. Il n'y a pas de… à peu près réussi ou à peu près manqué ou on va s'améliorer la prochaine fois. Nous, soit on gagne et c'est réussi et l'expérience est positive, soit on perd et l'expérience est négative.
Donc, à partir de là, les acteurs, s'engagent avec beaucoup d'intensité. Donc, la plus grosse différence, on va dire déjà, avec votre environnement, c'est l'intensité. Lorsque je sélectionne un joueur pour venir travailler à l'équipe de France, pour jouer en équipe de France, je sors du club et je l'amène dans un environnement qui est quelque part pour lui le sublime, l'aboutissement. Il fait partie des 15 meilleurs joueurs de sa nation. On a à peu près 500 000 licenciés. C'est donc la crème de la crème. Donc, ce joueur, je vais le sortir de son environnement le dimanche soir. Et en une semaine, je vais construire avec ces joueurs qui sont sélectionnés une équipe. J'ai une semaine pour construire une équipe qui doit affronter, Samedi prochain, par exemple, les All Blacks, comme ça a été le cas au mois de novembre dernier. Et donc, l'enjeu dans cette construction d'équipe, de communauté, il est à plusieurs niveaux. Donc, c'est pour ça que… Déjà, le laboratoire, les différences avec votre quotidien sont, vous l'avez compris, l'intensité.
L'intensité, puisque lorsque j'appelle un joueur à l'équipe de France, on peut dire qu'il est déjà motivé à un niveau de 10 sur 10, 10 sur 10 sans aucun problème. Donc, quand je dis 10 sur 10, c'est qu'il… Il ne peut pas être plus motivé et cela ne peut pas le mettre plus en joie. Il ne peut pas être plus motivé. Les impacts sur lui, sur sa carrière sont très importants. Donc, valorisation individuelle, valorisation de salaire, évidemment. Vous avez un agent, vous avez un marché. Valorisation du club dans lequel il joue, donc son environnement, puisqu'il est licencié, il a un salaire de club. Valorisation en termes d'image, valorisation en termes d'ego, puisque c'est sa famille aussi qui est impactée par la nouvelle, ses proches. Donc, chaque sélection est une sorte de traumatisme pour le joueur, positif, mais traumatisme. Chaque non-sélection peut être aussi l'inverse, puisque la particularité aussi de ce laboratoire, c'est que... Vous vous engagez à être sélectionné pour éventuellement un contrat à durée déterminée de 80 minutes, puisque le match dure 80 minutes.
À partir du moment où je sélectionne, ils sont 42, ils arrivent le dimanche au soir. Le jeudi, j'annonce une équipe de 15 titulaires plus 8 finisseurs. Donc, il y a des joueurs qui vont repartir chez eux, déçus, des joueurs qui vont être joueurs supplémentaires, d'autres finisseurs et 15 titulaires. Donc, j'ai des états émotionnels qui sont déjà différents. Mais entre le dimanche où ils sont appelés parmi les 42 et le jeudi, ça passe quatre jours où la composition d'équipe va être un enjeu primordial dans la collaboration. Et pourtant, on ne se bat pas entre nous, on se bat pour un projet qui est le match du samedi. Donc, il y a toute une démarche qui est très particulière à ce niveau-là. Donc, je vous disais précarité de l'emploi, puisque c'est un contrat à durée déterminée de 80 minutes. Exposition, là par exemple, nous avons joué face au All Black de dernière. Il y avait 8 millions de téléspectateurs. Il y avait à peu près, dans la salle de France, 80 000 spectateurs. Donc, exposition médiatique très forte et donc lumière très violente, avec tous les enjeux de valorisation, mais aussi de dévalorisation.
Vous réussissez une action, vous êtes un héros. Dans la seconde qui suit, vous ratez une action, vous êtes un zéro. Ensuite, bien sûr, les enjeux de performance. Qui est lié à la réussite de l'exercice. Les enjeux aussi, nous sommes un sport collectif de combat, Donc, vous pouvez être un très bon joueur à l'instant T, et l'action qui suit, à cause d'une blessure, n'être plus rien. Donc, durant la semaine, vous vous blessez à l'entraînement et durant le match, vous ne vous blessez pas dans le match. Vous étiez le titulaire. Vous n'êtes plus rien, vous devez rentrer chez vous, vous devez vous soigner, essayer de retrouver l'intégrité de vos moyens pour rejouer à ce niveau-là, remonter dans le niveau le plus sublime de l'exécution de ce jeu. Donc, vous voyez pourquoi j'appelle le laboratoire, c'est une sorte de petite communauté qui évolue sur un baromètre de l'intensité et de la motivation tout en haut, sur des intensités proches de 10, voire plus. Pour battre les All Blacks au mois de novembre dernier, il fallait que les joueurs soient 12 sur 10. Donc, au-delà de ce qu'ils avaient déjà pu toucher du doigt dans leur propre expérience individuelle.
Donc, l'enjeu, il est d'amener cette communauté à ce niveau d'intensité à la fois individuelle, engagement, confiance. On travaille sur trois cerveaux, en fait. Le cerveau émotionnel, le cerveau sensoriel et le cerveau analytique. Ces trois cerveaux combinés font la performance du joueur. Mais ensuite, il faut combiner aussi l'ensemble du collectif, c'est-à-dire les 15 joueurs, donc les 15 joueurs titulaires, les 8 finisseurs, Il faut combiner cette communauté pour que les interactions soient sublimes, soient les plus intenses possibles. C'est un sport collectif où tous les joueurs ont un rôle, où tous les joueurs aussi ont des différences. Vous avez des grands, des petits, des gros, des maigres, des rapides. Des lames, des techniques, des courageux, des moins courageux. Et cette fusion des compétences crée un équilibre dans la constitution de l'équipe.
Et cette équipe doit être équilibrée, avec ses forces, mais aussi ses fragilités. Mais ce qui va faire la force de l'équipe, et on cherche toujours à renforcer cette équipe, c'est la... Fusion des compétences. La fusion des compétences déclenche le cercle vertueux. Le dernier match est un exemple, c'est-à-dire que les joueurs n'ont pas additionné leur talent, les joueurs ont fusionné leur talent. C'est-à-dire que les compétences des uns et des autres ont fait que chacun a été meilleur que son niveau. personnel. C'est-à-dire, grâce aux autres, les joueurs ont touché du doigt ce que j'appelle le merveilleux. Ils ont touché du doigt, en fait, l'excellence, l'excellence en surjouant, c'est-à-dire en jouant au-delà de leur niveau de base. Donc, tout cet enjeu est de mettre en musique dans l'entraînement, dans la préparation, dans le management. De mettre à musique.
Donc, pour en revenir à notre sujet de base, qui est la data, la data est arrivée dans mon univers, dans mon laboratoire, j'appelle ça le laboratoire, dans les années 2000. Les premières analyses de la donnée que j'ai pu rencontrer, j'étais joueur, j'étais capitaine d'équipe de France, c'était un match de 2000, 2002, on joue l'Angleterre à Paris au Stade de France, c'est toujours un match très particulier. Et l'entraîneur de l'époque, Bernard Laporte, me dit« nous avons mis des capteurs au stade et on va voir les distances parcourues par les joueurs». Ok, très bien. Et donc, ça coûte très cher. Et à la fin du match, la porte nous annonce que nous avons couru tant de kilomètres. Et il vient me voir et me dit« mais toi, tu n'as pas beaucoup couru». Et presque, il me dit que je n'ai rien foutu. J'avais moins couru que les ailiers, que les arrières. Et j'avais touché par contre en plus de ballons. Et moi, je ne comprenais pas parce que j'étais à ma place.
Donc, je suis ressorti avec cette idée, j'ai moins couru. Donc, ça veut dire que j'ai moins couru. Moins de données. Donc ça, c'était l'analyse brute de Bernard Laporte. Je suis devenu entraîneur quelques années plus tard au Sade français et j'ai commencé à créer des deals avec des marques de trackers, des petits boîtiers, la GPS que l'on met dans le maillot. Et on pouvait récupérer des distances parcourues, des volumétries de temps, des volumétries d'espace. Je me suis rendu compte, en fait, quand j'ai combiné les premières années, de la donner, que le demi-mêlé courait toujours moins que l'arrière et que l'élié. Donc, ce qu'on m'a dit, la porte avait raison, mais ce n'était pas de mon fait. En plus, ce jour-là, on avait battu l'Angleterre, j'avais été élu homme du match. Mais c'était juste parce que dans le poste, le travail qu'on nous demandait, finalement, on courait moins qu'un arrière et qu'un élié. En touchant presque… Moi, je touche 90 ballons par match. Un arrière-ailier touche 4 à 5 ballons par match.
Donc, c'est vrai qu'on se dit, mais pourquoi il court autant pour toucher aussi peu de ballons? Et en fait, je me suis rendu compte que la première idée que m'a donnée cette analyse-là, c'est qu'on pouvait faire mieux sur l'organisation, sur la stratégie. Depuis toujours, depuis la nuit des temps, l'arrière est lié, se déplacer, notamment sans le ballon, en défense, pour couvrir le champ profond du terrain. Puisqu'en rugby, on peut jouer devant la défense, mais on peut jouer aussi en tapant dans le dos de la défense. Et donc, l'arrière est lié, passer leur temps à courir à vide dans le champ profond du terrain, pour couvrir l'espace. Et là, mon premier travail, ça a été lorsque j'ai entraîné l'Argentine en 2010, d'essayer de voir si je ne pouvais pas remodeliser l'organisation, c'est-à-dire faire en sorte que les ailiers qui sont des finisseurs, les ailiers et l'arrière, soient utilisés. De manière plus efficiente, en fait, et éviter qu'ils courent tout cet espace sans toucher le ballon. Donc, j'ai changé d'organisation et j'ai arrêté de faire courir les ailiers, ce qu'on appelait la bascule.
Et j'ai fait décrocher un joueur de plus pour qu'à deux joueurs, ils couvrent le fond du terrain comme ça, au lieu de faire à trois des bascules incessantes et des courses à vide, qui leur faisaient consommer beaucoup d'énergie. Et lorsqu'ils étaient en action, lorsqu'ils avaient le ballon, ils étaient moins explosifs parce qu'ils avaient lâché beaucoup d'énergie. En courant à vide. C'est très simple. Et en fait, ça a marché. Ça a marché à plusieurs titres. Ça m'a permis d'avoir plus de monde sur le premier réseau défensif. Et deux joueurs concentrés uniquement sur un job qui était de couverture et ne couraient que la moitié de la largeur du terrain sur la profondeur. Et je me suis rendu compte que ces joueurs, lorsqu'ils utilisaient le ballon, ils étaient plus tout, plus explosifs, plus aériens, plus efficaces. Donc, cette analyse de la donnée, moi, je l'ai rencontrée en 2002 avec des données brutes de distance, une analyse aussi, on va dire, primaire. En devenant entraîneur, je me suis mis à réfléchir à ce qu'on a dit.
Et puis, petit à petit, on a bien vu qu'avec la technologie, notamment l'image aussi, l'image liée, on pouvait aller beaucoup plus loin. Et aujourd'hui, j'ai créé dans mon staff, j'ai à peu près 30 personnes dans mon staff. J'ai de l'analyse de la donnée un peu partout, en fait. Pour vous expliquer comment nous sommes organisés, nous avons des entraîneurs rugby. J'ai à peu près six entraîneurs rugby. L'attaque, la défense. Dans la conquête, la touche et la mêlée. Dans la reconquête, les phases de ruck. Ce sont les mêmes entraîneurs, donc ça fait quatre. Le jeu au pied, ça fait cinq. C'est tout ce qui est utilisé sur le jeu au pied. Plus un entraîneur, la performance et la préparation physique associée au rugby. Comme on a peu de temps, il faut bien contrôler nos volumétries de temps et d'espace. Et c'est là que déjà, quand je vous parle de volumétrie de temps et d'espace, je rentre déjà dans l'analyse de la donnée. C'est-à-dire que quand je prends mon planning de la semaine, déjà je regarde quels sont les cerveaux que je vais stimuler dans la semaine pour essayer d'équilibrer.
le travail sur les trois cerveaux. Très longtemps, on a pensé que la préparation d'un match, c'était uniquement l'entraînement, donc le cerveau sensoriel. Mais ce n'est pas que ça. Et c'est surtout pas que ça. La préparation d'un match, c'est stimuler les trois cerveaux à égalité, sensoriel, Et là, on rentre énormément dans l'analyse de la donnée, c'est-à-dire contrôler les volumétries de temps et d'espace et l'intensité. On parle souvent d'entraînement à très haute intensité. Donc là-dedans, je rentrerai un peu plus tard dans le détail sur qu'est-ce que c'est la très haute intensité et comment nous sommes vraiment… et nous utilisons vraiment les outils de technologie pour, avec la data, travailler sur le prédictif, le descriptif et le prédictif. Donc, il y a effectivement le cerveau sensoriel, l'entraînement, mais il y a aussi le cerveau analytique. Donc, comprendre ce que je fais à titre individuel et collectif, sans dépenser de l'énergie, bien sûr. L'énergie physiologique, il faut que je la mette uniquement sur le cerveau sensoriel, l'entraînement.
Après, il y a l'énergie qui est liée à l'analyse du jeu, la compréhension du jeu, la stratégie. Donc là, on va travailler sur une énergie qui est une énergie de réflexion basée sur l'écoute, l'échange, la communication. mais pas de déplacement. C'est-à-dire que soit on s'entraîne, soit on le fait en marchant, donc zéro intensité, on marche. Il faut bien que le cerveau comprenne que là, on analyse. Donc, le cerveau comprend qu'on analyse quand on marche. Si on se met à courir, là, il y a des questions. Le cerveau nous dit, mais qu'est-ce que c'est? C'est du rugby? C'est de l'entraînement? C'est le match? Non, on lui dit, là, on est dans l'analyse. La même chose aussi dans les meetings, dans les ateliers où je fais travailler par petits groupes sur des sujets très identifiés de rugby, attaque, défense, jeu au pied, on revient sur les cinq domaines que j'ai évoqués. Mais là aussi, on va contrôler la volumétrie de temps. C'est-à-dire qu'une réunion, nous savons qu'une réunion ne peut pas dépasser 30 minutes.
Parce que dans ces 30 minutes, l'autonomie de concentration d'un joueur, dans un groupe, parce que le groupe rend toujours moins autonome l'individu. L'individu est plus autonome, évidemment, lorsqu'il est seul dans la préparation individuelle. Nous, comme on est en groupe, on essaie de casser ce phénomène de groupe en divisant, en faisant des petits ateliers. Et par groupe de 5, 6, 7, 8, on arrive à donner une dynamique collective sur le travail analytique. Donc, avec les visuels, là aussi, il faut bien traiter les visuels pour qu'ils soient, entre guillemets, attractifs. Et les sujets aussi, il faut bien mener les sujets. Donc là, les réunions ne dépassent pas 30 minutes. une métrique de temps aussi sur le meeting, sur l'analyse du meeting. Et puis, il y a aussi un troisième cerveau, qui est le cerveau émotionnel. Donc, quand je présente un planning de la semaine, j'ai un planning simplifié avec des couleurs simples. J'ai trois couleurs. Quand est-ce que j'active le cerveau sensoriel? C'est le rouge. C'est l'entraînement.
Quand est-ce que j'active le cerveau analytique? C'est le cri. Et quand est-ce que j'active le cerveau émotionnel? C'est le bleu. Et donc, j'ai travaillé sur l'équilibre de l'activation du cerveau, sachant que j'ai besoin aussi d'espaces de liberté où il n'y a rien, où les joueurs… digère, analyse, mais individuellement, ou sur des activités qui sont des activités qu'on appelle des activités décalées de respiration. Et là, c'est le blanc. Il y a tout un équilibre dans la vision de la semaine avec ces trois couleurs d'activation et la couleur neutre qui est le blanc, notamment la nuit aussi, qui sont des moments off. Donc, le moment off est aussi très important. Et tout ça, déjà sur la planification et l'équilibre de la semaine, je suis déjà dans l'analyse de la donnée. Parce que je me suis rendu compte qu'il fallait que j'arrive à trouver comment nous pouvions être le plus pertinent sur l'activation de ces trois cerveaux.
Plus l'activation du repos, du off. Voilà, le off. Parce que le plus important, en fait, le plus important, ne pas perdre de vue le plus important, C'est arriver le maximum d'énergie le jour du match. Ce qui fait gagner un collectif, C'est bien sûr l'activation en équilibre de ces trois cerveaux. Mais à condition que l'équipe ait l'énergie la plus haute possible. Je vous ai dit, il faut monter sur des intensités proches de 12 pour gagner des matchs à ce niveau-là. 12 sur 10, ça veut dire que si tu n'as pas l'énergie, Tu ne peux pas monter à 12 sur 10. Donc, le plus important, c'est l'énergie. L'énergie que tu as à ta disposition. Et donc, l'équilibre cette semaine, dont nous a mené à arriver sur l'événement, avec des réserves énergétiques les plus élevées possibles. Et c'est là que l'analyse de la donnée, déjà sur la planification, m'aide aujourd'hui à construire l'agenda le plus pertinent. Et je dirais que ça, c'est la dernière approche que j'ai mis en œuvre dans le management de mes activités, c'est trouver,
trouver l'équilibre dans la stimulation des trois cerveaux, plus le off. Le off est très important. Et gérer le temps off aussi. Voilà les quatre couleurs que j'utilise sur l'agenda. Et puis, je vais rentrer maintenant un peu plus sur l'analyse à données, notamment la techno, c'est-à-dire tout ce qui est… tout ce qui est capture de données. Donc aujourd'hui, on a de véritables petits ordinateurs dans les boîtiers des joueurs. Moi, j'ai deux data scientists, un qui récupère toutes les données sur la partie, on va dire, physiologique, donc performance. Mais j'ai aussi un data scientist qui me récupère toutes les données sur le terrain. Donc là, on travaille sur la partie terrain sensorielle. Par exemple, pour préparer le match face au Black, pendant quatre semaines, tous mes entraînements étaient et sur des scénarios prédictifs, comment se passent les matchs face au Red Bull.
Et tous mes entraînements, c'est-à-dire les lancements de jeux, tous les départs des lancements de jeux, mais aussi des relances de jeux, chaque zone de run, j'essayais de toucher du doigt 90%, 95%, 100% du scénario du match face au Black. Comment j'ai fait? J'ai récupéré tous leurs derniers matchs. Tous leurs derniers matchs. Et avec mes analystes, on a décortiqué, on a décharné tout le corps de leur jeu offensif et défensif. On appelle ça les rucks aussi. Où se passent les rucks avec eux? Où est la possession avec eux? Où est la dépossession avec eux? C'est-à-dire qu'en général, quel est le scénario des matchs qu'ils nous proposent? Et j'ai travaillé pendant quatre semaines sur chaque entraînement, et même sur les matchs face à nos adversaires qui étaient l'Argentine et la Géorgie en amont, sur qu'est-ce qu'il va falloir mettre en place. Pour être prêt le 20 novembre.
En plus de cela, j'ai aussi la notion de bluff. On est sur des jeux d'échecs et donc dans la notion de bluff, c'est que je ne devais pas montrer lors des matchs qui étaient visualisés, télévisés, l'Argentine, la Géorgie, je ne pouvais pas montrer la stratégie qu'on allait appliquer face au black. Donc, j'ai montré des morceaux de stratégie. J'ai testé un… de manière désorganisée, des morceaux de stratégie. Et donc, l'entraînement que nous construisons avec la performance, c'est l'analyse de la donnée physiologique. Je contrôle l'évolumétrie de temps, le temps passé sur l'entraînement. Les joueurs le savent. L'entraînement de mardi après-midi durera 15 minutes d'activation, 10 minutes séparées, un quart d'heure collectif. Deux blocs, 10 minutes séparées, un quart d'heure collectif. Dedans, ils connaissent, j'ai un chrono qui signale le début de la séquence et la fin de la séquence. Ils connaissent même le contenu de la séquence. Ça, c'est le mardi.
Et le mercredi, on part sur ce qu'on appelle un ball in play, c'est-à-dire un scénario de match. Avec des scénarios de fin de match, avec des séquences qui sont déjà préparées par rapport à une volumétrie de temps. Mon dernier entraînement, j'avais un objectif de 3500 mètres, par exemple, 3500 mètres en moyenne parcouru par les joueurs, sur une volumétrie de temps de 26 minutes, temps effectif de jeu. J'ai fait 3 485 mètres. Donc, c'était parfait. Mais dedans, la distance, c'est une chose dans le rugby, mais il faut trouver aussi des intensités. C'est-à-dire, je dois trouver 50% de vitesse au-dessus de 14 km heure. Avec des vitesses au-dessus de 21 km heure et des vitesses au-dessus de 27 km heure, qui sont des vitesses max. Je dois trouver aussi deux fois ou trois fois ou quatre fois dedans des vitesses maximales, c'est-à-dire la vitesse maximale, c'est-à-dire la vitesse maximale. que les joueurs atteignent lorsqu'ils sont lancés. Et je trouvais aussi ce qu'on appelle des accélérations. Le secret du jeu à notre niveau, c'est la capacité de répéter des accélérations, ce qu'on appelle l'endurance de vitesse.
Et je mesure les accélérations qu'on appelle à 2 mètres par seconde, 2,5 mètres par seconde, ou 3 mètres par seconde. Et je mesure de manière très précise la distance d'accélération que je veux atteindre pour formater mes gars, toujours pareil, en vue de l'échéance qui est le samedi, qui est le match France-Rouen-Blac, par exemple. Donc, la data et l'analyse de la donnée me permettent de construire un prédictif Parce que j'ai déjà un descriptif. Je vous le disais, je sais comment le scénario des matchs face au All Black se passe. Je sais exactement les volumétries de temps qu'il faut avoir. Je sais que le match va se jouer à 118 mètres par minute. Je sais que les entraînements, si je veux que mes joueurs soient prêts, il faut que mes entraînements se placent. Approche de 140 mètres par minute. Donc, lorsque j'anime l'entraînement qu'on appelle le bowling play haute intensité, j'accélère le jeu en permanence avec des techniques et des skills que l'on a à disposition pour que les joueurs se formatent individuellement et collectivement à se préparer
à des connexions neuromusculaires individuelles et collectives. Je reviens toujours sur individu et collectif, c'est indissociable. Pour que le jour du match, en fait, déjà, il soit confortable. Parce que le jour du match, Ça joue à 118 mètres par minute. Ça veut dire qu'ils ont 20 kilomètres de marge par minute qu'ils ont déjà à eux pour prendre des décisions et pour que leur cerveau comprenne qu'ils ont un peu plus de temps. Ils ont un peu plus d'espace pour soigner leurs gestes. Ils sont confortables. Donc, tout l'art de l'entraînement, notamment grâce à la data, me permet de, comme je dis aux joueurs, vous serez prêts. Nous allons vous formater. Vous êtes des individus le dimanche soir. Le samedi, vous serez une équipe. Nous allons vous préparer et vous serez prêts. Et aujourd'hui, après 20 matchs joués, nous avons gagné 14 matchs, donc ça fait 70% de victoire. Nous avons perdu 6 matchs. Les 5 derniers que nous avons perdus sont à la dernière action ou la dernière action.
C'est-à-dire que même si nous perdons, et qui est pour nous un échec, nous perdons la dernière action ou la dernière action. C'est-à-dire que nous perdons alors que nous sommes en phase de gagner. Et donc après, cette partie qui est à améliorer, c'est-à-dire pourquoi on perd le match alors que nous sommes en phase de gagner, je quitte le cerveau sensoriel et je vais aussi sur le cerveau analytique et le cerveau émotionnel. À un moment, lorsque l'enjeu du présent fait que mon dernier geste, ma dernière décision, elle fait gagner le match, eh bien là, je travaille sur le cerveau émotionnel. C'est-à-dire que comment je peux me détacher? De l'enjeu, c'est-à-dire être présent au présent et ne pas penser aux conséquences de mon geste. Donc là, l'analyse de la data me permet de travailler aussi sur des scénarios. C'est-à-dire que dans mon entraînement sensoriel, les joueurs ne savent pas les six dernières minutes. Et là, je déclenche un chronomètre, j'ai les 78e minutes, il y a un arbitre au milieu, je donne un score et je donne un départ d'action.
Donc, les deux équipes qui matchent ensemble, donc gérer une avance au score, l'autre un retard au score. Ils doivent se préparer collectivement à prendre des décisions stratégiques, d'abord sur les lancements, puis après, à nouveau stratégiques, mais dans le disruptif. Le jeu de rugby est un jeu très disruptif. On a un lancement qui est assez organisé, mais après la première séquence, on ne sait pas ce qui va se passer. La première séquence, c'est le premier plaquage où l'art se pose, on appelle un ruck, un breakdown, en français on va dire un regroupement. Je ne sais pas comment le dire en français parce que le langage… C'est un moment où le ballon est à l'arrêt et où la photo des acteurs est un instantané de trois secondes en fait. Et quand le ballon va ressortir du ruck, eh bien, le ballon va se déplacer et les photographies qui vont être prises par les joueurs sont des instantanées qui sont en permanence déchirées, annulées, puisque le joueur qui était là n'est plus là, l'espace qui était devant n'est plus là, il est derrière. En fait, on est en permanence en train de chercher des solutions collectives et individuelles par rapport à des nouvelles photographies, à des nouvelles situations.
Le travail qui est réalisé autour de l'analyse à données sur ce terrain qui est disruptif, c'est-à-dire que chaque phase de jeu se construit en trois secondes et se détruit en trois secondes. La photographie que je vais avoir à l'instant T, trois secondes après, ce n'est plus la même. Les joueurs qui étaient là ne sont plus là. De nouveaux joueurs sont apparus. Des espaces qui étaient ouverts sont fermés. Des espaces qui étaient fermés sont ouverts. C'est pour ça que nous apprenons. La première, vous savez, les consignes de jeu que je donne à mes joueurs, elles sont très simples. En attaque, c'est… chercher l'espace, et en défense, c'est être en face, en face des joueurs. Donc, d'un côté, on cherche à ouvrir l'espace, à s'ouvrir l'espace en attaque, de l'autre côté, en défense, on cherche à fermer l'espace. Et donc, ce travail analytique du disruptif, En fait, c'est grâce à mes data scientists, je leur dis, pose-moi, donne-moi un mapping, ce que j'appelle mapping sur le terrain, de tous les rues que je vais avoir à traiter face au black en attaque contre les France. Et donc, dans l'entraînement, l'entraînement va constituer à construire des entraînements.
Sans les arrêter, c'est-à-dire avec 140 mètres par minute durant le point play, où je vais retrouver 100%, là j'ai touché, le dernier entraînement c'était 87%, les phases de jeu que nous allons rencontrer sur le match. Et donc, ce qui se passe, c'est que les joueurs vivent l'expérience à l'entraînement, Et donc, ça leur permet d'enregistrer des informations neuromusculaires individuelles et collectives sur ce qui va se passer. Donc, on est déjà à travers le sensoriel, l'émotionnel et l'analytique sur le prédictif. On se prépare à ce qui va se passer, sachant que… Souvent, le propre du plan, c'est que le premier à mourir dans un combat, le premier à disparaître, ce n'est pas un joueur, c'est le plan. Je dis, on a un plan, les gars, c'est super, il faut un plan, mais il va mourir très vite, le plan. C'est pour ça que dans l'entraînement, on s'entraîne sur ce qu'on appelle le worst case scenario. C'est-à-dire que, En permanence, je leur propose le worst-case scenario.
Donc, je manipule l'entraînement pour que sur les intensités émotionnelles, analytiques et sensorielles, ils soient sur les limites déjà, ils soient sur le worst-case scenario en intensité et aussi en gestion de la situation. Donc, je revenais sur ces photographies. Moi, ce qui est important, c'est que sur chaque phase de jeu, possession et dépossession, on a trois secondes pour mettre en œuvre une petite cellule de production. Une petite cellule de production. C'est un tiers de l'équipe. Cinq joueurs en position, reconnus et en action. C'est-à-dire qu'il faut que sur une position défensive, j'ai une annonce immédiate des trois plus deux, ça fait trois plus deux, ça fait cinq premiers joueurs capables de structurer notre… notre base défensive. Et en attaque, c'est la même chose. Il me faut les cinq premiers joueurs capables de me structurer la base offensive. Ça veut dire quoi? La base offensive, c'est le joueur qui va éjecter le ballon de la phase de reconquête.
Un premier utilisateur avec trois options. L'option de la droite, l'option de la gauche, l'option de l'espace dans le dos. Toujours trois options. C'est-à-dire qu'on peut jouer face à la défense, devant la ligne, mais aussi dans le dos pour chercher l'espace. Toujours trois options avec cinq joueurs. Et en défense, c'est la même chose. C'est trois options, plus deux, ça fait cinq, capables de fermer l'espace dans le sens et à l'intérieur du jeu. Et donc, en permanence, les joueurs s'entraînent à se reconnaître, à se resituer et à construire des cellules de production. Pas sur un grand mapping, il nous faut des petites cellules de production capables de se reproduire toutes les trois secondes et de mettre en œuvre déjà. Quelque chose, offensivement ou défensivement. Et ça partout sur le terrain, parce que vous imaginez que quand vous avez un ballon à gauche dans votre camp, que vous avez à gérer, n'est pas le même. L'espace de jeu, mais l'espace émotionnel, quand vous êtes dans votre camp, Vous savez très bien que si vous perdez le ballon, vous pouvez prendre des points de suite.
Donc, l'émotion que vous gérez, que vous vivez là, elle est plutôt stressante et négative. Par contre, quand vous tenez le ballon dans le camp inverse, quand vous jouez haut, c'était par exemple l'objectif de jouer face au All Black, parce que le All Black n'aime pas qu'on joue haut dans leur jeu, ils aiment bien qu'on les joue de loin, et nous on a refusé de jouer de loin, ou quand on a décidé de jouer de loin, ils n'étaient pas en place. Mais lorsqu'on joue haut, c'est une équipe qui n'aime pas psychologiquement être dominée de par les origines. C'est un peuple guerrier, tribal, et puis c'est un peuple qui domine le rugby mondial. Donc ils n'aiment pas quand on les amène à jouer haut. Et nous, l'enjeu, c'est de les amener à jouer haut parce que nous, émotionnellement, on a quelque chose de plus léger à traiter. C'est-à-dire que quel est l'enjeu quand on joue? C'est de marquer. Et si on ne marque pas, ce n'est pas grave. Il va falloir qu'ils ressortent de leur camp, qu'ils remettent en place une stratégie pour sortir de camp. On appelle ça les sorties de camp. Donc l'enjeu, c'était nous, diminuer la zone de stress et de ne pas jouer en bas. Parce qu'on peut être amené à jouer en bas parce qu'il y a toujours un peu plus d'espace.
Mais par contre, il y a une notion de stress et de risque. Par contre, jouer haut, il y a une notion émotionnelle qui est moins impactante pour nous, Français. Par contre, maîtriser son jeu, c'est aussi maîtriser le moment où on va… décide de surprendre l'adversaire. Et dans ce match-là, vous avez vu que sur trois ou quatre actions, et j'en ai deux en tête, nous avons déclenché volontairement une relance de 100 mètres, c'est-à-dire jouer de très très loin, même d'un endroit où il n'entendait pas, c'est-à-dire notre but. Sauf qu'on s'entraîne à jouer dans notre but. On s'entraîne à jouer notre caméra une fois, deux fois, à un moment où on porte, ou à un moment où on est à la limite. On recherche toujours ce qu'on appelle la limite. Toucher sa limite, toucher la fracture. La fracture qui peut être pour nous, mais pour eux. Mais on s'entraîne aussi à toucher la fracture et à vite ressortir. Je vais toucher ma limite, toucher la fracture, mais je ressors pour éviter de me casser.
Mais parfois, en touchant la fracture en ressortant, souvent on impacte l'adversaire. Donc tout l'entraînement et l'analyse de la donnée à travers le mapping et les zones de jeu étaient maîtrisées. Des notions à la fois stratégiques, émotionnelles et aussi opérationnelles. C'est ce petit nombre de cinq en production. Et c'est vrai que l'analyse de la donnée nous a permis de préparer des entraînements. Chaque fois, je notais mon entraînement, c'est-à-dire que j'avais mes datas scientifiques, ils me ressortaient les possessions, les zones de possession, je ne note pas. Possession, il y a quatre zones de possession, sortie de camp, occupation, action, conclusion. Il y a des tiers terrains, en fonction du terrain où on est, on a plus ou moins d'espace pour faire basculer l'équipe offensivement ou défensivement. Et puis, il y a des zones de profondeur. Et donc, chaque fois, je code par les zones de recul le temps passé avec et sans le ballon. Et ça, j'ai pu le quantifier durant ces quatre semaines de travail. Dans les derniers entraînements, on était quasiment à 87% du scénario que proposait l'EOM.
Sans savoir bien évidemment quel était le scénario. Mais globalement, grâce à l'analyse de données, on savait qu'ils allaient nous proposer cette quantité, cette volumétrie de temps. d'espace dans ces zones de terrain, ce nombre de rucks offensifs et défensifs à gérer. Et dans l'approche, avec mes data scientists, on a même développé avec une marque qui s'appelle SAS, je peux la citer, SAS qui est un éditeur de logiciels qui est mondial dans l'analyse de la donnée. La construction de logiciels qui nous permet d'aller plus loin sur, en fait, continuer à mettre toutes les images, toutes les données physiologiques, toutes les données sensorielles, pratiques. On a même construit, on est en train de construire un protège-dents avec un… Donc, on avait deux personnes qui travaillaient sur ce sujet-là. On le protège dans une puce, un système opérationnel qui nous permet de collecter les intensités des collisions, puisque c'est un sport de combat, pour savoir à quel moment…
Aujourd'hui, je ne vais pas vous dire ce qu'on va en faire, mais je veux récupérer toutes les collisions. Avoir un cumul de collisions et voir l'effet que ça a sur l'équipe, mais aussi sur le joueur. Et comment on peut jouer avec ça? Des fois, je dis à mes analystes, mettez tout. Et je pose des questions. Je leur dis, pour moi, l'analyse de données, c'est une question simple, une réponse simple. Je ne veux rien de plus compliqué. Comment je vais battre le holdback? La question simple, elle est une réponse simple. Première réponse. J'ai dit aux gars, si vous voulez battre les All Blacks, si on fait moins de trois fautes en possession entre les 22 et les 22, moins de trois fautes sans le ballon, on a 75%. Cette combinaison de ces deux chiffres nous amène à 75% de chance de gagner le match. J'ai arrangé une heure. Les équipes ont battu le All Black. Cette année, il y en avait deux. L'Afrique du Sud une fois, la dernière action, et l'Irlande. Et l'Afrique du Sud aussi, sur notre match, avait perdu la dernière action. J'ai pris ces trois matchs et j'ai comparé avec toutes les équipes qui ont perdu.
Le point commun des équipes qui avaient gagné, c'était moins de 20 secondes, la position du ballon. Entre les 22 et les 22, ça veut dire qu'on traverse vite la zone et si on n'arrive pas, on se dépossède. On sait que nous, après trois rucks sans avantage, on perd le ballon. Et contre cette équipe-là, on est punis. Donc, on savait qu'il fallait mettre en place une stratégie de dépossession au bout de 20 secondes dans la majorité des cas. Et jouer très haut, comme je l'ai dit, jouer très haut. Jouer très haut. Les équipes qui ont perdu contre les All Blacks, elles ont tenu le ballon deux fois plus de temps dans cette zone-là, mais ont été punies immédiatement. Et donc, c'est un chemin qu'il ne fallait pas prendre. Et après, il faut jouer aussi avec nos spécificités, parce que nous, notre qualité première des Français, c'est le French Fair. Donc, savoir déclencher le French Fair, mais au bon moment. Dans ce match-là, vous l'avez vu à deux reprises, notamment en deuxième mi-temps, sur une relance de Romain Ternac de 100 mètres. Il nous fait échouer à 2 mètres de la ligne, mais qui leur coûte un quart de zone de finalité. Et sur une mêlée aussi au centre du terrain, nous avons fait un... un jeu de supercherie. Nous avons inversé le jeu et nous avons fini aussi à s'émettre leur ligne.
Nous n'avons pas concrétisé, mais c'était des moments où on a pu parler avec ce que nous sommes, c'est-à-dire le frein-flair. Voilà. Donc, pour arriver en fait à toute cette mécanique, on va dire, qui nous permet de récupérer le maximum d'informations, de traiter des questions simples à des réponses simples, à l'info physiologique, stratégique et opérationnelle, Ce qui est important, c'est comment j'ai structuré notre organisation. C'est ça qui est clé finalement. J'aurais peut-être dû commencer comme ça, mais je vais terminer comme ça. En fait, j'ai construit un mode d'organisation que j'appelle un mode de liberté, des cercles en fait. Il n'y a pas de hiérarchie, il y a des cercles. J'ai un premier cercle. Dans lequel j'ai à peu près une dizaine de compétences qui viennent travailler autour des sujets. Tous les sujets sont traités simultanément.
Il n'y a pas de travail en silo. L'open space est déjà la base de notre travail et tout le monde travaille autour d'eux. Des cinq ou six personnes qui sont chargées de l'analyse. Analyse de la donnée, visuelle, chiffrée. Donc, j'ai six personnes, deux d'analystes, plus trois d'analystes qui traitent les informations. Moi, je suis à côté d'eux, je suis au centre. Et autour de tous les pratiques, viennent déverser leurs travaux. La performance et la préparation physique, l'attaque, la défense, le médical, le well-being. J'ai deux nutritionnistes, j'ai deux psychologues. Tout le monde déverse en permanence. Sans savoir sur les activités qu'ils ont à traiter sur l'agenda. Donc, en fait, j'ai une organisation qui est circulaire. Un premier cercle avait des pratiques. Donc, des pratiques, c'est… qu'on appelle le cadre de jeu. Je vous l'ai dit déjà, l'attaque, la défense, le kicking game, les phases de collision,
et les phases de conquête. Donc, j'ai 50 entraîneurs. J'ai la performance, là-dedans, la performance, c'est le préparateur physique. Ils sont trois, où on individualise énormément le travail, puisque chaque joueur a un format très différent. Dans la performance, j'ai un sujet qui est le plus important. Je vous ai dit, nous, on mesure quoi les accélérations? Donc, comment on s'entraîne? On s'entraîne à accélérer. Tout le travail de performance dans les gymnases, c'est la poussée horizontale ou la poussée verticale. On ne travaille que sur un travail de poussée, de poussée, tout ce qui va développer la poussée des joueurs. Accélération de mètres par seconde, 2,5 par seconde, ou bien le saut. Parce que le rugby se joue soit au sol, soit en l'air. Et ensuite, c'est tout ce qui va toucher aux joueurs sur les parties, on va dire, à la fois analytiques et sensorielles. Puis après, j'ai deux nutritionnistes qui vont nous accompagner en permanence sur, vous savez, le cerveau.
Le cerveau, chaque fois qu'on le met, dès qu'on joue, Il faut l'alimenter, il faut qu'il ait l'énergie nécessaire pour travailler, pour être lucide. Donc, la nutrition est un facteur important de performance. Donc, attention au pic de glycémie, à quel moment on va traiter la glycémie. Attention aux réserves. C'est-à-dire qu'un joueur ne doit jamais être sur des réserves, piocher sur sa réserve, il doit être alimenté, mais il doit être alimenté pour ne pas non plus stocker. Il y a un enjeu, donc j'ai deux nutritionnistes qui nous accompagnent en permanence sur le terrain, dans toutes les activités, en traitant la nutrition, l'hydratation bien sûr. Je vous ai parlé des psychologues, donc on a toujours un sujet. Chaque fois que j'annonce une composition d'équipe, c'est un traumatisme pour ceux qui ne jouent pas, donc on accompagne. J'annonce aussi ceux qui jouent, donc c'est un traumatisme pour ceux qui jouent, donc on accompagne. Après, chaque entraînement, il y a des actions qui sont réussies, on accompagne. On appelle ça la gestion des émotions. Les émotions des adhérents notamment, il faut savoir les évacuer. La récupération de mâches, c'est la gestion physique, évacuation des déchets musculaires, mais aussi des émotions, la déception, la frustration, la colère, la peur, la déception.
La culpabilité, ce sont les six émotions qu'il faut évacuer rapidement. Donc, avec un psychologue du sport, on travaille sur comment on évacue les émotions. Donc, j'ai aussi bien sûr un team manager. J'ai 28 personnes dans mon staff. Et ces 28 personnes, elles travaillent par cercle. Je vous ai parlé de cadre de jeu, mais j'ai le cadre de vie. Le cadre de vie, j'ai la santé, la nutrition, le sommeil. J'ai quelqu'un qui travaille sur le sommeil aussi. Comment j'apprends à gérer mon sommeil? Comment je me pose les bonnes questions sur mon sommeil? Comment j'évite de stresser mon sommeil? Voilà. Nutrition, santé, nutrition, sommeil. Ensuite, nous avons tout ce qui est l'approche analytique des médias, puisque je vous ai dit que la lumière est trop violente, donc on le traite. On a un pratique images et paroles. Donc, qu'est-ce qu'on dit de nous? Où on en est, qui nous sommes, savoir qu'est-ce qu'on va... On a des conférences de presse à traiter, donc comment on va les traiter, comment collectivement on va traiter ça, tout en donnant cette phase de liberté.
L'équilibre dans une équipe, c'est la zone rouge qui est la zone de respect des... De nos règles non contournables, fondamentales, qui permet de maintenir une zone bleue de respiration, d'autonomie, de bien-être. Dans le cadre de vie, il y a cet équilibre à traiter avec, je vous disais, psychologie du sport, santé, nutrition, sommeil, images et paroles. Ensuite, on a le matériel, la gestion du matériel. Parce que nous, on a besoin de matériel. On est un peu comme la région étrangère, vous savez. On se réunit, on s'entraîne dans un camp, puis on part jouer en opération dans le monde entier ou en France. Donc, on se prépare dans un camp et on part. Et on passe à l'action. Donc, il faut qu'on gère tous le matériel, notre matériel. Tous les joueurs sont aussi acteurs de la gestion de l'eau matérielle. Donc, le matériel. Puis le sacré, parce que nous sommes l'équipe de France, notre communauté, c'est le bleu, blanc, rouge, c'est le sacré.
Et il y a quelque chose de sacré autour de notre mission, de sublime et de sacré. Donc, partout où on va, on essaie aussi de porter des sujets, on va dire, de société, de beaux sujets de société. Donc, ça va être, par exemple, lorsqu'on était à Bordeaux, on est allé voir les enfants malades. On a toujours un soutien des causes. Lorsqu'on était à Nice, on est allé voir les... les familles qui avaient été victimes le 14 juillet, les martyrs de la promenade des Anglais. Partout où on va, on essaie de traiter, d'accompagner une belle cause, puisque comme on a beaucoup de lumière sur nous, c'est noble et c'est facile pour nous d'aller accompagner des gens qui en ont besoin. Et puis, ça nous nourrit aussi. Ça nous ramène aussi à des choses simples. Parce qu'en fait, l'objectif, le jour du match, c'est de gagner le match. Pour gagner le match, la première qualité d'un groupe, d'une communauté, c'est l'énergie. L'énergie.
Et après, je vous dirais que... Le deuxième objectif pour moi, c'est que dans la tête des joueurs, ce soit simple. Comment on va jouer? Que le plan du jeu soit le plus simple possible. Il y a un mot chez nous, c'est l'espace en attaque et en face en défense. Et avec l'énergie et la simplicité, alors on est capable de mettre en œuvre dans le chaos, puisqu'on vit dans le chaos, je vous l'ai dit, on vit dans des intensités qui sont maximales, émotionnelles, mais aussi physiologiques et aussi analytiques. Il faut être capable collectivement et individuellement de traverser, comme je dis, de traverser l'événement. Donc, on essaie d'arriver par en haut sur le stade. C'est une image, d'arriver par en haut et non pas dominer par la charge émotionnelle d'un événement comme ça. Voilà, j'espère que j'ai été complet, que j'ai pu partager avec vous. Des choses qui peuvent vous inspirer dans votre quotidien. En tout cas, merci de m'avoir... Écoutez. Et puis, bon match.
