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Galeries Lafayette : l'IA au service de l'expérience client et de l'efficience opérationnelle

Podcast Tech.Rocks · 22 mars 2026 · 24 min · en français

Résumé

Épisode enregistré au Tech.Rocks Summit avec Romain Cury, Directeur Technique e-commerce aux Galeries Lafayette. L'échange explore comment une institution du commerce français s'approprie l'IA pour moderniser son infrastructure et fluidifier le parcours de ses clients. Romain détaille la mise en place de Gala, l'assistant conversationnel des Galeries Lafayette, qui a permis de réduire drastiquement la charge du support client sur les requêtes à faible valeur ajoutée. Il décrit aussi les coulisses de la DSI, où l'IA devient un levier de productivité massif pour les développeurs, avec des gains allant jusqu'à une journée de travail par semaine grâce à une utilisation optimisée de GitHub Copilot. L'échange aborde un enjeu stratégique pour tout tech leader : l'arbitrage budgétaire et l'acculturation des équipes. Romain partage sa méthode pour passer du « Shadow IA » à une stratégie structurée, notamment grâce à des hackathons internes et des AI Learning Schools pour tester les usages en mode agile. Une discussion sur le futur du commerce, du « Search and Click » au « Chat and Buy », et sur la manière dont l'IA redéfinit les métiers de l'ingénierie en replaçant l'idéation et la qualité au centre.

Summary

An episode recorded at the Tech.Rocks Summit with Romain Cury, E-commerce Technical Director at Galeries Lafayette. The conversation explores how an institution of French retail is embracing AI to modernise its infrastructure and smooth its customers' journey. Romain details the rollout of Gala, the Galeries Lafayette conversational assistant, which has drastically reduced the customer-support load on low-value requests. He also takes us behind the scenes of the IT department, where AI has become a massive productivity lever for developers, with gains of up to one working day per week thanks to optimised use of GitHub Copilot. The conversation tackles a strategic issue for any tech leader: budget trade-offs and bringing teams up to speed. Romain shares his method for moving from "Shadow AI" to a structured strategy, notably through internal hackathons and AI Learning Schools to test uses in an agile way. A discussion about the future of retail, from "Search and Click" to "Chat and Buy", and about how AI is redefining engineering jobs by putting ideation and quality back at the centre.

Thèmes : IA

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Ce qu'on voit aujourd'hui sur une semaine de travail, à peu près, on a une demi-journée de gagné, un peu plus pour certains, jusqu'à une journée, en utilisant l'IA. Et on arrive finalement à faire en sorte que chaque développeur pose vraiment ses questions, puisse vraiment dire, tiens ça en fait je sais pas, tu m'as donné ça mais je sais pas l'utiliser, ou alors je suis bloqué sur ça. Romain, je suis ravi de t'accueillir aujourd'hui. Aujourd'hui, on est sur le Tech.Rocks Summit. Salut Benoît. Je m'appelle Benoît Gantaume, depuis 25 ans dans la tech, développeur, CTO, manager. Aujourd'hui, je suis manager de transition et j'ai le plaisir de t'accueillir aujourd'hui, Romain. Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots sur qui tu es, d'où tu viens? Bien sûr, moi c'est Romain Cury, ça fait un petit peu moins longtemps que toi, 20 ans bientôt dans la tech. J'ai commencé développeur et puis j'ai gravi un petit peu les échelons, si on peut dire ça comme ça. En tout cas, maintenant, aujourd'hui, je suis au Galeries Lafayette, je suis directeur technique du e-commerce. On est sur le Tech.Rocks Summit, the place to be pour tous les tech leaders. C'est l'endroit où il faut être, comme tu dis. Moi, il y a deux choses qui me bottent dans cette communauté, c'est rencontrer et découvrir.

Je pense que c'est les deux maîtres mots qui me viennent en tête quand on parle du Summit. Découvrir, parce qu'en fait, c'est super de voir de nouvelles approches, de nouvelles façons de faire. Surtout que tout bouge très vite dans la tech. Donc tous les ans, c'est presque trop long d'attendre un petit peu ce Summit. Et rencontrer, parce que justement, l'idée, c'est de faire avec toi aujourd'hui. C'est une super rencontre. J'ai beaucoup suivi ce que tu fais, notamment via les réseaux. Et puis, tu vois, on se rend compte. contre aujourd'hui, rencontrer aussi des personnes inspirantes, parce que forcément, c'est comme ça qu'on bâtit un réseau. Je vois potentiellement tout ce qui va être les meet-afters de cet événement qui sont vachement importants pour moi, parce que quand tu es leader, tu es des fois un petit peu seul, et c'est super important, je trouve, de pouvoir échanger hors de ton contexte. Hors de ta boîte avec des gens qui vont pouvoir avoir des idées différentes et souvent aussi des bonnes idées. Clairement, pour moi, c'est un lieu d'inspiration, d'échange, de réseau. C'est génial de se rencontrer au moins une fois par an parce que Tech.Rocks, c'est une communauté qui est très vivante, qui fait beaucoup de choses. Mais à Paris, moi, je suis en province, donc j'ai rarement l'occasion de venir à Paris.

Donc là, c'est le grand événement. Toujours dans un esprit no bullshit et ça c'est vraiment quelque chose que je kiffe. Est-ce que tu peux nous rappeler un petit peu, nous dire dans quel est ton rôle aujourd'hui? Tu nous as dit que tu travaillais au Galerie Lafayette, ça veut dire quoi concrètement d'être responsable du e-commerce là-bas? Clairement aujourd'hui j'ai deux volets finalement à ce rôle, je suis directeur technique du e-commerce, ça veut dire que finalement j'ai en charge toute la plateforme galerielafayette.com, les applications natives, Également toute une équipe qui bosse sur l'OMS. On a un OMS custom chez nous, donc ça traite le post-achat. L'OMS pour? Le Order Management System. Donc là, on est vraiment sur la gestion des stocks. Donc avoir le stock à jour sur le site, tout ce qui touche au tunnel d'achat. Donc avoir également toute la partie compte client, toute la partie adresse. livraison, gérer les retours de nos clients et le scoring aussi en cifre d'ailleurs au passage. Et ensuite la commande ne s'arrête pas là, c'est envoyer la commande à l'entrepôt et Voir à faire en sorte que le client reçoive sa commande, ce qui est super important. Autant plus aujourd'hui parce qu'on est sur la fin du Black Friday.

Vous avez pris cher? On a pris cher et c'est tant mieux parce que si tu veux, justement je disais ce matin aux équipes, le travail paye et on a fait trois journées de dingue depuis vendredi. Hier on a atteint 2 millions de chiffre d'affaires sur le e-commerce, c'était jamais arrivé dans la boîte. C'est un événement complètement dingue et par contre ça va se sentir à l'entrepôt. On va avoir beaucoup de commandes à expédier notamment. D'ailleurs, j'y vais jeudi pour prêter main forte et aussi voir un peu sur le terrain comment ça se passe. On parle de quelle taille d'équipe aujourd'hui que tu encadres? À peu près 40 personnes dans cette équipe-là. On a replatformé tout le site il y a deux ans avant que j'arrive, enfin juste avant que j'arrive, on a lancé ça et moi j'ai encadré le replatforming. On est monté à à peu près 80 personnes et là depuis un an qu'on est en prod, on a downscalé. Maintenant je veux une équipe avec un tiers d'interne et de la prestat à côté. Ça se passe plutôt bien. Ce que je peux te dire aussi, c'est que je suis également en charge, et ça fait un peu lien avec le summit aujourd'hui, des initiatives IA à la DSI. C'est pour ça qu'elle est là d'ailleurs, je crois. C'est peut-être pour ça d'ailleurs qu'on m'a invité.

Mais c'est un vrai sujet. Donc après, ça touche un peu toutes les strates de la boîte aussi. Mais là, on s'est dit de toute façon qu'il fallait aussi avoir ce rôle dans la DSI, tout simplement parce qu'en fait, on est un petit peu le point de départ, un peu l'épicentre de l'IA dans la boîte. Évidemment, je ne fais pas tout tout seul. Je bosse avec un super chief product officer et une équipe design qui est vachement impliquée et qui fait beaucoup de veille. On en reparlera tout à l'heure. sur un peu les sujets IA du moment aux galeries. Et en tout cas, c'est un peu ces deux rôles aujourd'hui. Donc d'un côté, les arts techniques du e-commerce et également un petit peu, je dirais, évangéliste IA sur la DS. Et justement, on va pouvoir rentrer dans le cœur de l'interview, dans le cœur de ce pourquoi on est là aujourd'hui, qui est l'IA sans bullshit, avec de la hype à la réalité. Moi, j'ai déjà une première question pour toi avant de rentrer dans les cas d'usage. Comment tu réfléchis ton budget IA? Un des internautes nous a donné sa manière de réfléchir le truc que j'ai trouvé super intéressant. Je ne vais pas commenter le fond parce que je n'ai pas forcément encore d'avis particulier là-dessus. Mais ce que j'ai trouvé intéressant, c'est qu'ils se donnaient une règle de budgétisation avec cet esprit sous-jacent qui est de dire, Pas de bras, pas de chocolat.

Il faut arrêter de croire que c'est magique, que ça ne coûte rien. Non seulement ça coûte des outils, mais ça coûte du temps, ça coûte de l'accompagnement, ça coûte beaucoup de choses. Et lui nous donnait un chiffre de 10 euros par heure travaillée par personne. Aujourd'hui, on n'y est pas encore. Si tu veux, l'IA aux galeries, moi, le rôle, il a pris sens depuis cet été. On a lancé des choses. Budgétairement parlant, aujourd'hui, on est un peu le parent pauvre encore des budgets. C'est-à-dire que clairement, on n'a pas une ligne. Aujourd'hui, on n'a pas une ligne. On n'a pas une ligne IA, on a des coûts IA, heureusement. On arrive à dégager des budgets à la demande, mais on n'a pas une ligne aujourd'hui inscrite au budget. Sur 2026, on est en train de finir justement l'exercice budgétaire et c'est ce dont on est en train de réfléchir. Et on se dit justement, moi demain je rêve que l'année prochaine on ait à la fois une ligne IA pour les dépenses et se dire, tiens tout le monde a tant de budget pour tenter des choses. Et en même temps aussi une ligne IA pour avoir finalement de la CAF. Ce qu'on y reviendra, c'est la capacité à faire sur l'IA, c'est aussi quelque chose de super important, et donc avoir potentiellement une team qu'on appellerait, on va réfléchir à un nom,

le Lab IA par exemple, où on pourrait avoir un budget avec une capacité à faire qu'on irait piocher à droite à gauche, ou même en externe s'il faut un petit peu se caler pour un sujet, mais en tout cas pouvoir être réactif à ça. C'est vrai qu'aujourd'hui, honnêtement, c'est de la... Bonne volonté, tout le monde a envie, on priorise les choses, on y reviendra, mais on n'avait pas encore cette ligne dédiée. Donc si tu as un projet IA, ça vient en concurrence du système. Exactement. Tu es obligé d'arbitrer. Aujourd'hui, c'est des arbitrages. C'est comment est-ce qu'on va réussir à s'intercaler versus de la valeur qu'on doit apporter au client, puisque notre raison d'être, c'est de servir le client. Et c'est vrai que c'est toujours des échanges qui sont... Ce n'est pas forcément houleux parce qu'en fait, ça fait sens, mais ce n'est pas facile parce que choisir, c'est renoncer. Et là, on est totalement dedans, on est obligé de choisir. Oui, surtout que c'est des axes d'évolution assez différents. Donc, super intéressant de voir cette évolution où vous commencez à budgétiser le truc. À partir du moment où tu as ta ligne budgétaire dédiée, c'est quand même que tu as décidé d'y allouer une vraie place. Et ça, je trouve ça important. Est-ce que tu veux nous parler un petit peu des cas concrets, si on est dans la réalité, dans la vraie vie?

Dans la vraie vie, sans bullshit aussi, parce que ça reste vachement important, moi c'est ce que j'aime ici. Tu parlais de lignes budgétaires. Le premier budget qu'on a débloqué, il y a un peu plus d'un an, c'est Copilot pour les devs. Parce qu'en fait, on s'est posé la question, on voyait évidemment que ça faisait déjà un petit moment que tout le monde essayait dans son coin. Il y a tout ce côté aussi, le DPO qui vient nous voir, la sécurité qui nous en parle, et puis on veut éviter l'effet shadow IA, parce que c'est super dangereux, la fuite de données, c'est vraiment quelque chose qui peut nous impacter. Donc en fait, on s'est dit, ok, on prend un outil, on a avec le groupe des partenariats aussi Microsoft, on s'est dit, allez, on tente Copilot. Tant de copilotes, il y a un an, honnêtement, forcément, on était pareil à la traîne. Moi, ce n'était pas clairement ce que j'attendais. Je me suis dit, bon, on y va. On a débloqué cette ligne. Moi, j'aurais préféré qu'on dise qu'il y a un point de curseur pour tout le monde. Et finalement, on l'a tenté. On a attendu un petit peu. Et là, depuis huit mois maintenant, je crois, tu as le mode agent qui est sorti sur Copilot. Et là, je trouve qu'on est sur quelque chose d'intéressant. C'est-à-dire que tous les devs ont pris le pas.

Ils ont tous essayé. On a des retours qui sont quand même bien meilleurs. On arrête d'avoir à chaque fois, bah, curseur, c'est mieux. Pourquoi on n'a pas curseur? Donc là, on est plutôt sur des gens maintenant qui font. Qui donne des retours. On essaye vraiment d'assappréhier cet outil. On a fait aussi, il y a trois mois, j'ai fait un sondage, c'est pareil, mesurer la productivité, le gain de productivité, c'est toujours très compliqué. Donc moi, j'ai plutôt fait un sondage où j'ai posé des questions honnêtes, j'aurais demandé de répondre honnêtement. Ce qu'on voit aujourd'hui sur une semaine de travail, à peu près, on a une demi-journée de gagné, un peu plus pour certains, jusqu'à une journée, en utilisant l'IA. Ça va passer par faciliter la revue de code, ils l'utilisent beaucoup pour découvrir les nouvelles façons de faire aussi, parce que finalement, ils analysent ce qu'il leur est proposé, ils découvrent, donc ils font un peu de veille au travers de ça. On a vraiment enrichi notre qualité de test unitaire, ça on n'en avait pas assez, donc là pour le coup, c'est un moyen, créer des jeux de données, faire des tests unitaires, donc on a une qualité de code qui s'est beaucoup améliorée pour le coup grâce à l'IA, en tout cas parce que l'IA nous permet de le faire avec un coût et un temps réduit. Donc ça, ils ont bien pris le pas. Ce que je peux te dire d'autre sur tout ça, c'est que pareil, on a un petit tip.

Moi, ce que j'ai fait, j'ai monté des AI Learning School. En fait, on a... On a remplacé un peu nos communautés de pratique qui étaient un peu chronophages. Tu sais, tu arrives dans une boîte, tu lances une communauté de pratique, il y a un engouement, les bacs, les frondes, ça se passe bien. Au bout de deux semaines, tu te retrouves avec toujours les mêmes personnes qui font des presses et puis les dix autres qui sont sur leur téléphone ou qui font peut-être le jardin ou la cuisine en parallèle et qui écoutent du noir. Donc là, on s'est mis en petit groupe. On s'est dit, OK, moi, j'ai dit, maintenant, je veux 3-4 devs maximum par session. Et là, on se retrouve vraiment ensemble. Si on est en remote, on a tous la cam, on a tous le partage d'écran et on réfléchit. Donc moi, je suis... Je ne suis pas celui qui va leur apprendre la vie sur l'IA. J'essaie de faire beaucoup de veille quand même pour driver le truc. On partage en petits groupes et on arrive finalement à faire en sorte que chaque développeur pose vraiment ses questions, puisse vraiment dire, tiens ça en fait je ne sais pas, tu m'as donné ça mais je ne sais pas l'utiliser, ou alors je suis bloqué sur ça. Et donc là on en sort depuis trois mois qu'on a lancé ça avec, j'ai des super feedbacks, des développeurs qui prennent vraiment la main dessus et on voit qu'on a un niveau d'usage en termes de code de l'IA qui a progressé.

Voilà, ça c'est plutôt le côté technique, je pense qu'on a encore pas mal de choses qu'on pourra améliorer. Les cas d'usage après concrets peuvent aussi nous intéresser sur qu'est-ce qu'on fait d'autre, parce que finalement aujourd'hui, Copilot ou Cursor, ça reste un moyen finalement de faire de l'IA, mais ce n'est pas vraiment de l'IA si je puis dire. Là, les cas qu'on a concrètement, le premier sujet qu'on va lancer, c'est un agent conversationnel. Alors, comme tout le monde, Et comme tout le monde, on l'a lancé sûrement un peu tardivement. On s'est dit que tout le monde l'a déjà, Amazon a son Rufus, le Roi Merlin ils ont un, nous on a lancé Gala pour Galerie Lafayette Concaténé. Et Gala au début elle a répondu sur tout simplement les FAQ. Donc elle a donné les FAQ en rag et puis elle a réussi finalement à décharger un petit peu les appels et services clients. Ça nous fait quand même gagner du temps et aussi un peu d'argent. Vous avez pu le mesurer ça? On l'a mesuré, je crois qu'on a gagné, si je ne fais pas de bêtises, c'est plus de 40% d'appels en moins sur un certain thème de sujet. Tous les sujets vraiment classiques, parce qu'on n'arrive pas encore à te remonter ta commande, donc là pour le coup les clients appellent.

On est assez limité. Par contre, on a fait un truc qui est vraiment intéressant, c'est que, pareil, début septembre, enfin septembre, pardon, on a fait un hackathon à la DS. On a fait un hackathon et là, ça a été un petit peu le... Tu parlais de budget, c'est ça aussi qui fait que ça débloque un petit peu les esprits pour aller au-dessus du budget là-dessus, parce que finalement, on a remis six équipes de six personnes qui se sont affrontées chacune sur... Donc on avait deux équipes en battle par sujet, donc trois sujets. On a fait ça chez Motive& Gear, qui est la branche investissement du groupe, qui investit beaucoup dans les startups, dans les IA. Et on s'est retrouvé à réfléchir sur trois thématiques. On a mixé finalement les équipes, parce qu'en fait, on a demandé aux gens de participer. Et on a eu des équipes vraiment pluridisciplinaires, métiers, tech, testeurs, produits. On a réussi à avoir une super avancée là-dessus et une prise en main notamment d'Adeka, qui est vraiment un outil super sympa pour faire des agents à côté Google. Un petit partenariat avec Google au passage, donc je vous aide souvent là-dessus, c'est pas plus mal pour t'avancer. Tout ce hackathon, ça a généré des idées.

Par contre, on le voit aujourd'hui, manque de CAF, on ne peut pas continuer. La suite, ce sera début janvier, quand on aura justement alloué du budget et de la CAF pour prendre ces sujets et les continuer. Les sujets qui sont sortis, il y en avait un, c'était pareil, j'ai perdu mon mot de passe, qu'est-ce que je fais? J'appelle le support IT. Le support IT, pareil, c'est 15 euros l'appel. Donc finalement, aujourd'hui, on a eu un POC pendant ce hackathon avec un QR code que tu mets dans les open space sur ton ordi. Tu le flashes, tu as tous les liens pour réinitialiser ton mot de passe, parce que finalement, c'est des gens qui ne connaissent pas les liens. Et donc là, c'est quelque chose qu'on va sortir bientôt et qui va vraiment décharger le support IT de toutes ces opérations qui sont très chronophages et pas du tout... Avec peu de valeur ajoutée. Ça c'est un de nos cas. La suite de Gala, on a un truc qui est en prod, qui est Camon, qui a été fait post-Hackathon aussi, avec l'équipe produit notamment, ils ont eu une super idée, on s'est dit en fait, notre assistant sur le site, notre chef conversationnel, pourquoi est-ce qu'il ne nous donnerait pas des recommandations de cadeaux pour Noël?

Et donc là, on a monté un projet Data Science e-commerce, c'est-à-dire Data Science fait le bac, on t'apporte des modèles sur Gemini en faisant justement du ADK. Et les gars chez moi ont fait toute la partie front. Et donc c'est un vrai projet de collaboration inter-service. Aujourd'hui, on a été même plus loin. On s'est dit, en fait, pourquoi on va recommander un lien? Tiens, tu cherches une casquette pour Noël. On va te recommander un lien, tu vas aller dans les casquettes. Mais finalement, on a essayé d'aller encore plus loin. Un peu comme Google va sortir son conversational search dans pas longtemps. Et bien là, on te propose maintenant carrément des produits directement dans l'agent conversationnel. Et donc tu vois tout de suite des carousels de produits, un petit peu comme des recommandations également. Et donc ça permet d'engager finalement tout de suite un acte d'achat, d'aller tout de suite sur une page produit et non pas sur une page liste. Et donc potentiellement d'essayer de faire de la conversion. Oui, il y a ce truc fou où pour moi, tu vois, ChatGPT a remplacé Google.com, en tout cas le moteur de recherche. Mais du coup, l'étape logique, moi j'ai été bluffé de voir Atlas. arriver, tu te dis, bon, et en même temps, c'est tellement logique, mais surtout de me dire, ok, en fait, le moment où il y a à commencer à me proposer des ressources, que ce soit

des ressources qui répondent à une question, ou que ce soit des produits à acheter, j'ai vraiment eu le sentiment de me dire, ah ouais, on est vraiment en train de changer, d'interface en fait, et notamment si on parle de ce qui concerne le commerce, on est en train de changer d'interface. Demain, ce n'est plus via des prestashops qu'on va acheter, c'est via des moteurs de... d'agent IA, en fait, et ce que tu dis va complètement là-dedans, en fait. Et demain, je me dis, c'est même plus moi qui vais le faire, ce sera au travers de mon MCP ou de je sais pas quoi, j'aurai dit à mon agent, à mon double à moi, voilà ma liste de cadeaux, fais-moi une liste de cadeaux, en fait. C'est ça, en fait, c'est petit à part. Il va passer commande tout seul. C'est ça, parce qu'on a une trame quand même à suivre pour cette interview, et il y avait une question à la fin, c'est quoi l'avenir pour toi, justement, de ça, et c'est un lien, c'est déjà l'avenir, mais c'est déjà maintenant, puisque tu en parles. Je ne sais pas si tu as vu, mais tu as Walmart qui a signé un partenariat aux Etats-Unis justement avec OpenAI et Stripe. Pour faire justement passer d'un modèle search and click, donc dans Google, à un modèle plutôt chat and buy, avec justement des produits tout de suite proposés par, là ce sera par ChatGPT,

et pouvoir tout de suite faire de l'instant checkout dans ChatGPT, sans même aller sur le site de Walmart. Demain, ils vont leur dire, je fais un dîner italien, 6 personnes, tu vas avoir les produits, potentiellement même les petits procès de cuisine qui vont avec, et puis surtout, tu vas pouvoir tout acheter tout de suite dans le chat GPT. En Europe, ce n'est pas encore possible, mais c'est vrai que c'est typiquement l'avenir. On peut se poser la question, si on va même plus loin, est-ce que demain, les city commerce ont encore une vocation à exister? Moi, je pense que oui, parce que c'est quand même un gage de qualité, de marque, et ça rassure le client. Oui, puis city commerce, ce n'est pas juste un front, c'est aussi toute une chaîne logistique. Ah oui, la partie d'en haut, en tout cas le front, pardon. Oui, ok. Et c'est vrai que par contre, l'interface maintenant avec les agents, comme tu dis, le trafic explose. On a énormément de clients qui sont dessus. Et en fait, les gens aujourd'hui veulent déjà trouver finalement au moins les produits, sans même pouvoir forcément les acheter, trouver les produits dessus. Moi, il y a beaucoup de potes, on fait beaucoup de running, qui chargent des chaussures et qui me disent maintenant, moi je demande à Tchadji et PT, c'est quoi les chaussures qu'il me faut? Et puis surtout, montre-moi lesquelles je dois acheter. En fait, tout simplement. Et ce qui pose la question d'un truc qu'ils avaient absolument refusé de faire, qui était de la pub.

Je crois que j'ai vu passer une annonce où visiblement ils ouvraient un peu les chakras sur ça. Et je me dis, mais d'abord c'est logique. À partir du moment où tu as un produit que tu veux mettre en avant, moi je vois, je m'intéresse pas mal au SEO, on a vu que ça avait commencé à avoir un impact et que maintenant tu vois, des agences de SEO parlaient de ça, de dire comment on se référence pour Google, certes, mais pour OpenAI aussi. Et puis, dans le e-commerce, comment je vais promouvoir mon produit? Ce n'est pas le moteur d'OpenAI, ce n'est pas ça, mais je pense que s'il y a une ligne, de produits en plus, de revenus en plus, ils ne vont pas cracher dessus. Surtout que ça va être naturel. Alors à moins qu'ils aient une espèce de ligne éthique de« non, non, vous ne pouvez pas nous acheter», mais je suis quand même un petit peu dubitatif. Donc moi, je suis convaincu qu'à un moment donné, on verra, tu auras la possibilité de passer des annonces et de pousser des produits, ce qui va poser... Autre question derrière sur le moteur d'OpenAI, mais je trouve ça fou. Dans les usages, comment en un an, en deux ans, OpenAI a pris la place de Google?

Et nous, on le voit aussi. On se bat tous les jours contre les bots. Notre site voit aussi tous ces bots maintenant passer, que pour le coup, on autorise. Et ils deviennent de plus en plus nombreux. On a vu un switch il y a un mois. On était très peu crôlés par ces bots IA. Mais maintenant, ça fait x100 quasiment depuis un mois. À quel moment le trafic bot dépasse le trafic humain? Aujourd'hui, il ne dépasse pas. Aujourd'hui, il dépasse pas. C'est sûr que non. Tu es dans quelle ratio aujourd'hui? Là, pour l'instant, c'est infime. Franchement, les botias, même quand ils nous crawlen beaucoup, ça reste de l'ordre du centième peut-être et encore. Ok, d'accord. Donc, c'est vraiment que le début. Le trafic a beaucoup augmenté, mais ça reste, par rapport au trafic humain, encore très faible. C'est ça, tout à fait. Il y a un moment, on voyait quelques requêtes. Maintenant, on en voit beaucoup plus. C'est encore une goutte d'eau dans l'océan. Comment tu vois ton métier évoluer avec tout ça? Comme je te le disais, je pense qu'il faut... Une des facettes qu'on a, normalement, c'est d'être un leader. C'est d'avoir de l'impact, de réussir à faire en sorte d'emmener les gens avec nous. Moi, j'aime toujours dire ça, c'est pas moi qui vais faire, mais par contre, si tu donnes pas le sens aux équipes, tu vas pas aller très loin.

Et c'est vrai qu'aujourd'hui, ce métier, quand t'es dans la tech, t'es un éternel apprenti, finalement, un éternel étudiant. Et là, aujourd'hui, on a révolutionné, finalement, cette manière d'apprendre. Moi, je trouve que ça m'éclate tous les jours de voir ce qui se passe. Donc j'essaye vachement de me tenir à jour et surtout de partager des cérémonies de partage qu'on a mis en place. Et il faut vraiment, je pense, d'un côté se tenir à jour, d'un côté partager et surtout essayer beaucoup de choses. Il faut vraiment réussir à faire en sorte, comme le disait Bidié dans le premier talk, il faut faire des cycles très courts. Il faut essayer de donner le moyen. aux équipes d'avancée. Des fois, on n'aura rien et des fois, on aura des super résultats. Donc, il y aura un budget. Ce budget, il ne va pas toujours avoir un ROI. Mais en fait, si tu ne le donnes pas aujourd'hui, tu n'auras vraiment rien demain. Donc, moi, je pense qu'il faut vraiment, en tout cas, se battre pour ça. Donc, il y a un métier. Maintenant, comment ça va évoluer? Je pense qu'il faut être encore plus visionnaire et il faut aussi aller chercher encore plus de budget. Il faut réussir à se battre, c'est-à-dire que ce n'est pas juste de la tech. Justement, maintenant, je travaille beaucoup avec le design, le produit, encore plus qu'avant, parce qu'en fait, il faut travailler ensemble.

Pour réussir à aller vers un objectif commun encore plus et réussir à disrupter un peu ce qu'on fait. Parce que finalement, tout est possible maintenant. On le voit, tu vois, tout à l'heure, on montrait, j'ai une appli pour suivre ma glycémie, je peux la générer en 10 minutes, là où avant, on aurait pris, Didier disait, 2 semaines, moi je pense que c'est même beaucoup plus. Et donc en fait, maintenant, il faut juste avoir les bonnes idées au bon moment. Donc en fait, on est vraiment sur un moment où la tech restera toujours un moyen, mais par contre, il faut vraiment avoir plus d'idées, et pour avoir ces idées, il faut connaître encore mieux cette tech. Est-ce que tu as envie de dire quelque chose pour le mot de la fin? Merci. Un conseil pour quelqu'un qui nous écoute aujourd'hui. Un conseil, en fait, je pense qu'il ne faut pas hésiter à y aller. Ça paraît bateau, mais en fait, on a toujours... Tu vois, l'IA, en fait, on a des résultats super rapides. On se dit, mais en fait, c'est bien. Après, le plus dur, c'est le dernier dixième qui va te manquer pour mettre des choses en prod. Et c'est là où il faut insister. En fait, nous, on n'a pas évoqué toutes nos initiatives, mais on fait pas mal de Vibe Coding aussi.

Et c'est vrai que moi, je l'encourage vachement parce qu'on a eu trois applis qui sont sorties de Vibe Coding et qu'on a poussé en prod. Et l'air de rien, si tu t'arrêtes juste à la partie Vibe Code, on a vu une démo, puis on dit« Ouais, mais en fait, on ne pourra pas y aller. » C'est dommage parce que tu ne te transformes pas l'essai. Et franchement, moi je pense qu'il faut y aller. Il ne faut pas se dire en fait que je suis en retard. Parce que quand tu regardes tout le monde, tu as toujours l'impression d'être à la traîne. On y écoute à droite, à gauche, tu te dis, nous en fait on n'y est pas. Ou alors tiens, ils vont super vite. C'est pas mal. partout pareil en fait, ils vont très très vite, ils ont du mal à transformer à la fin, et de toute façon, quand tu te dis que tu es en retard de 3 mois, même si tu l'avais fait il y a 3 mois, aujourd'hui tu serais peut-être déjà dépassé, puisque tout change très vite, il ne faut pas baisser les bras, il ne faut pas se dire c'est trop tard, ou alors on est à la traîne, au contraire en fait, il faut toujours essayer d'y aller, et de toute façon il faut te dire un truc, c'est que ce que tu fais aujourd'hui, dans 3 mois tu seras sûrement has-been, et il faudra encore continuer en fait. C'est ce que j'aime là-dedans et ce qui me marque, c'est que vraiment adopter l'IA, c'est vraiment un processus paressé en fait, par petits pas. Exactement. Et tout le potentiel est difficile à appréhender.

Et c'est en faisant un petit quelque chose que ça apprend, que ça donne plein d'idées et que ça ouvre des portes. J'ai vraiment l'impression de revoir ce qui se passait dans la tête de mes clients quand je réalisais un système pour eux. C'est-à-dire qu'ils avaient une idée de base, et puis dès que je leur mettais un truc dans les mains, évidemment la moitié de leur plan avait déjà changé, et ils avaient de nouvelles portes qui s'ouvraient, certaines qui se fermaient. Je le voyais chez mes clients en fait. Mais là, je le vois vraiment sur moi en fait, sur moi, sur ma manière de faire mon métier, sur la manière d'accompagner l'entreprise dans laquelle je suis, où on fait un pas. À pétard, ça ouvre plein d'idées, plein de possibilités. On fait un autre pas, ça ouvre plein d'idées, plein de possibilités. Il faut apprendre à faire avec. Et ça, en fait, il faut se dire qu'on part à peu près tous du même niveau, puisqu'il y a deux ans, à part ceux qui étaient vraiment dans le milieu, à mon avis, il n'y avait rien. De fait, il y a deux ans, peut-être, les gens commençaient à faire. Mais il faut se dire que c'est un outil qui sort. qui est tellement nouveau qu'il n'y a pas de track record sur ça en fait. Et partir aujourd'hui, tu pars avec le bénéfice de la maturité de l'écosystème qui a énormément évolué en deux ans.

Donc je suis assez aligné avec toi pour dire c'est jamais trop tard, just do it, allons-y quoi. C'est ça, il faut y aller. Et par contre après, c'est un petit quelque chose. Et c'est pareil, à un moment par contre quand tu y vas, fais ton petit pas de recul avant de te lancer. Je l'ai souvent dit, mais tu vois, si tu promptes mal, tu vas avoir un résultat très rapide, comme si tu avais bien prompté d'ailleurs. Et par contre, tu perds beaucoup de temps après à raffiner ce que tu as eu. Et c'est vrai que nous, on bosse beaucoup aussi sur ça. Finalement, mettre les idées un petit peu au clair, prompté un peu plus cadré, et puis avoir un résultat. Puis après, comme tu l'as dit, c'est itéré en fait. Mais finalement, l'itération, c'est un peu comme nos journées. On se lève, on se couche, et puis on continue. Eh bien Romain, merci d'être venu aujourd'hui sur le podcast. Et ravi que tu sois dans ce TechRock Summit. Pour info, pour les auditeurs, les replays seront disponibles pendant 3 mois pour tous les participants. Et puis, rejoignez-nous sur tech.rocks, la communauté TechRox, pour échanger tout au long de l'année. La communauté pour les tech leaders. Merci Romain. Merci beaucoup, Benoît.