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Resilience : concilier audace technologique et rigueur du dispositif médical

Podcast Tech.Rocks · 1er mars 2026 · 24 min · en français

Résumé

Épisode enregistré au Tech.Rocks Summit avec Nicolas Helleringer, CTO et co-fondateur de Resilience, pour explorer comment l'IA transforme le secteur ultra-réglementé de la santé, là où l'erreur n'est pas une option. Nicolas détaille comment Resilience utilise l'IA pour bâtir un véritable « compagnon » thérapeutique pour les patients et un levier de décision robuste pour les médecins. Il décrit les défis de la classe IIa, où l'innovation doit rimer avec preuve clinique et sécurité absolue. L'échange s'ouvre sur les coulisses de l'ingénierie chez Resilience, où l'IA devient un levier de productivité pour les développeurs, notamment pour optimiser les revues de code et automatiser les tests de non-régression. Nicolas livre enfin sa vision du futur de la médecine, avec la modélisation du vivant et l'émergence des jumeaux numériques pour personnaliser les parcours de soin. Une discussion pour les leaders tech qui veulent concilier innovation de pointe, éthique et impact humain réel.

Summary

An episode recorded at the Tech.Rocks Summit with Nicolas Helleringer, CTO and co-founder of Resilience, to explore how AI is transforming the highly regulated healthcare sector, where error is not an option. Nicolas details how Resilience uses AI to build a genuine therapeutic "companion" for patients and a robust decision-support lever for doctors. He describes the challenges of class IIa medical devices, where innovation must go hand in hand with clinical evidence and absolute safety. The conversation also goes behind the scenes of engineering at Resilience, where AI becomes a productivity lever for developers, notably to optimise code reviews and automate non-regression tests. Finally, Nicolas shares his vision of the future of medicine, with the modelling of living systems and the emergence of digital twins to personalise care pathways. A discussion for tech leaders who want to combine cutting-edge innovation, ethics and real human impact.

Thèmes : IA · Sécurité

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Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Et ça a été plutôt une très bonne approche, puisque aujourd'hui, avoir plus de 80% d'adhérence de patients sur nos solutions, et donc sur les traitements et donc des effets, c'est ça qui fait la force et la validation médicale dans les études cliniques qui amènent à ce remboursement. On a un certain nombre de médecins dans l'entreprise, très compétents et très qualifiés, qui nous aident à guider ces processus-là vers quelque chose de validé et de robuste au sens médical du terme. Bonjour à toutes et à tous, Benoît Gantaume, ça fait 25 ans que je suis dans la tech, tour à tour développeur, CTO, manager, entrepreneur. Aujourd'hui, je suis manager de transition et j'ai le plaisir d'accueillir Nicolas et le Ringer. Bonjour Nicolas. Bonjour. Est-ce que tu peux te présenter? En quelques mots, je m'appelle Nicolas Leringer, donc je suis CTO, cofondateur d'une société qui s'appelle Resilience. Et ça fait 25 ans que j'agis, je travaille dans le domaine plutôt web, French Tech, même si à l'époque ça n'existait pas. Et les trois grandes aventures qui ont architecturé ma carrière, ça a été participer à l'aventure de Mappy.com dans les années 2000, avec un côté B2C et du fort trafic pour l'époque.

Puis après, j'ai passé, comme grande aventure, j'ai passé 7 ans chez Criteo.com où je me suis occupé de structurer et d'être le VP sur la partie DevOps SRE des équipes infrastructures logicielles. Et aujourd'hui, ça fait 5 ans que je travaille en tant que fondateur et CTO dans une société. qui fait des logiciels dispositifs médicaux numériques pour la santé, dans la télésurveillance, dans les pathologies de l'oncologie, l'immunologie et la psychiatrie. Et aujourd'hui, on est au Tech.Rocks Summit, the place to be pour tous les leaders de la tech française. Qu'est-ce qui fait que tu viens ici, toi? Je ne participe pas à beaucoup de conférences, mais celle-là, elle a un attrait particulier dans mon programme annuel. C'est que c'est l'une des rares occasions de partager avec vraiment les pairs sur la partie pilotage, je dirais managérial, mais pas que, vraiment le pilotage opérationnel des équipes qui font soit du product engineering, soit du platform engineering, d'une manière générale des équipes tech dans un écosystème

très startup, mais pas que, et avoir cette occasion incroyable d'échanger sur ce type de conversation-là, qui sont tech et au-delà de la tech, sur comment on administre, on oriente, on incite, on inspire aussi des équipes dans des domaines technologiques très variés. C'est vraiment unique en son genre en termes de conférences. Je n'ai pas retrouvé ça ailleurs. Il y a des conférences qui sont pour les développeurs ou les ops ou les devops, dans lesquelles il y a des sujets comme ça qui émergent. Ici, c'est vraiment le cœur du sujet. Donc, il y a vraiment, en particulier cette année, avec la focalisation sur les sujets d'intelligence artificielle, de prendre du recul par rapport à la pratique quotidienne, de partager de l'expérience sur un sujet aussi neuf. C'est vraiment incroyable d'avoir ce... temps-là de jour complet pour prendre le temps de poser les choses, de discuter les choses, de s'apercevoir qu'on est loin d'être tout seul avec les problématiques qu'on a du quotidien sur ces sujets qui ne sont pas faciles. Donc c'est vraiment un ROI incroyable, un investissement très salutaire.

C'est tous les ans, donc l'année prochaine, on t'invite à venir nous rejoindre lors du prochain Summit. D'autant plus que l'année prochaine, ce sera les 10 ans. Donc je ne sais pas ce qui va se passer, mais à mon avis, ils vont nous réserver quelques surprises. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce que tu fais Résilience aujourd'hui? C'est combien de personnes? C'est quoi les ordres de grandeur un petit peu? Histoire qu'on puisse se repérer un petit peu. Alors là, on va fêter nos 5 ans en février d'année prochaine, donc dans quelques mois. Aujourd'hui, on est un tout petit peu plus de 200 personnes. On a donc une croissance assez importante en termes de nombre de personnes. Et surtout, on a franchi des étapes assez rapidement dans le milieu qui est le nôtre, puisqu'on a fait valider notre premier produit sur la partie oncologie en télésurveillance comme médicament numérique. Donc aujourd'hui, on est quand même une des rares sociétés en Europe à avoir une accréditation pour faire la prescription d'un logiciel pour le suivi d'un patient qui est fait par un médecin et dont le financement est assuré par la Sécurité sociale. Donc c'est un setup assez particulier qui est très exigeant en termes de... De réglementation. Oui, exactement. On pourrait être un peu passé par l'âge dispositif médical et avoir géré des normes là-dedans et avoir fait de la compliance là-dedans.

Ce n'est pas simple. Non, mais ça s'est fait de façon assez agile. On a, malgré tout, cette... réglementation, réussit à à la fois démontrer notre valeur et la qualité de nos méthodologies et garder une vélocité et une capacité à mettre des fonctionnalités en production pour nos utilisateurs qui sont à la fois les patients et à la fois les équipes de soins de façon très régulière et de façon plus dynamique que des acteurs qui étaient déjà présents sur le marché. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur ce que fait la solution et après on rentrera dans le volet plus IA? Alors, Resilience, je vais parler de la solution oncologie, mais c'est des solutions très similaires. qui sont en train d'être déployés en psychiatrie et en immuno. Le principe de la solution, c'est qu'on s'est focalisé d'abord sur l'apport de valeur pour les patients avec une application mobile qui permet d'avoir un suivi opérationnel dans le temps au quotidien. d'avoir un compagnon dans la gestion de la prise du traitement, en particulier les thérapies orales, donc les médicaments qu'on ingère tous les jours.

Il faut se rendre compte que c'est des pathologies qui sont sur le long terme et qui sont difficiles à prendre en oncologie en particulier, puisque les médicaments ont des effets secondaires très importants. Et donc d'être accompagné au quotidien par... À la fois une application, à la fois une présence d'une équipe de soins à distance sur comment gérer les effets secondaires, comment anticiper, et on parlera prédiction d'événements, d'adverse events en anglais, donc d'effets secondaires, pour s'y préparer, en fait, ça a un impact très important sur ce qu'on appelle l'adhérence au traitement. Et aujourd'hui, l'adhérence au traitement dans les pathologies, dans les traitements de cancer, c'est un facteur déterminant. De la survie et du succès de ces traitements-là. Donc vraiment, on s'est dit, si on ne traite pas ça, Et si on n'a pas de l'adhésion par patient de façon très importante, on n'aura pas de succès. C'est-à-dire que ce qui est rigolo, c'est que le projet Résilient démarre par une sollicitation circonstancielle à l'été 2020 des équipes de soins qui nous disent qu'on a beaucoup de patients, comment on crée des nouveaux outils qui nous permettent une meilleure gestion.

Et en fait, la première réponse qui a été la nôtre, c'était... C'est-à-dire qu'il faut qu'on ait un focus pas spiant d'abord pour pouvoir arriver à créer un écosystème qui marche. Et ça a été plutôt une très bonne approche, puisque aujourd'hui, avoir plus de 80% d'adhérence de patients sur nos solutions, et donc sur les traitements et donc des effets, c'est ça qui fait la force et la validation médicale dans les études cliniques qui amènent à ce remboursement. Et donc, une fois qu'on a ça, une fois qu'on a cette approche qui marche, on récupère de la donnée du côté des patients, qu'on met à disposition dans une interface web des équipes soignantes, qui leur permet de piloter plus facilement leurs patients à distance, de faire venir les gens qui ont vraiment besoin d'une consultation, d'avoir des infos plus régulières que tous les trimestres ou même tous les semestres pour les gens qui sont fuis de loin en loin, alors que c'est des pathologies qui avant, on avait une espérance de vie de 5 ans, on est passé à 10, maintenant il y a des gens qui sont à 20 ans avec des thérapies orales sur le long cours. Et donc c'est vraiment quelque chose qui s'inscrit dans la durée. Donc avoir ce qu'on appelle de la donnée longitudinale tout au long de ce parcours-là, c'est quelque chose qui est vraiment très important, qui a un impact très fort sur la capacité d'analyse de ces parcours de soins.

Et alors l'IA là-dedans, comment ça intervient? C'est quoi les chantiers du moment? Alors ça dépend de ce que tu appelles l'IA. Dans l'IA, moi j'ai un petit passé dans une société qui faisait du machine learning, on ne parlait pas de l'IA à l'époque. Et donc il y a plein d'axes différents. Le premier axe, on est utilisateur de l'IA sur plusieurs types de produits, sur la partie documentaire, sur la partie vraiment automatisation, mais je dirais bureautique classique où les... où les moteurs de recherche, les agents conversationnels permettent des choses. Donc ça, c'est la première étape. Et aujourd'hui, c'est quelque chose sur lequel on a investi, on a pris des positions et qui rentrent de plus en plus dans notre quotidien. Mais ça, on va dire dans le process de gestion normal d'une entreprise. Ensuite, il y a le deuxième axe qui est l'IA pour les développeurs. Pour les ingénieurs, d'une manière générale, mais même aussi côté product management, et là, on est... Plutôt dans la phase découverte. On a fait des proof of concept, on a donné des moyens à des champions qui ont fait des tests pendant l'été pour nous donner un premier feedback en disant genre voilà ce qui marche pour nous, ce qui ne marche pas.

Et là, on est dans la phase d'investissement où on a alloué d'un point de vue budgétaire des crédits de façon beaucoup plus large en mettant à dispo. Et donc là, on est dans l'effet de hype en disant genre maintenant qu'on a les dispos, c'est quoi l'adoption? Et on est dans la phase de pilotage de dire à l'échelle, on a mis les moyens, c'est quoi le ROI? Où est-ce qu'on voit des choses intéressantes? Il y a des explorations qui sont faites sur la partie QA en ce moment. On a quelques prototypes, quelques fonctionnalités où on a fait des exploits de gestion de legacy ou de nouvelles fonctionnalités sur lesquelles on voulait aller vite avec de la gestion d'API externe. Et après, il y a plus profond, c'est quoi l'IA dans notre produit? Donc là, on est moins dans l'utilisation, mais plus dans la création. Alors, on n'est pas dans la création de modèles de Gen AI, même si on a fait des tests sur la partie médicale. Il y a tout un écosystème sur l'analyse des termes médicaux en particulier, sur comment analyser automatiquement les textes. Et là, on fait plusieurs chantiers. On a des chantiers de récupération de documents, ce qu'on appelle de biologie, donc des documents textuels de bilan sur lesquels on fait de la récupération et surtout de la qualification, savoir que c'est les associés des...

Non seulement reconnaître les mots, mais surtout les associer à des pathologies et créer des alertes basées sur ces choses-là. Donc il y a des modèles qui sont en cours d'évolution chez nous. On a racheté une entreprise l'année dernière spécialisée dans le sujet. On a des modèles pour faire de la prédiction de toxicité. Donc dire, voilà, vous avez telle caractéristique en tant que patient, votre jumeau numérique ressemble à ça, les prescriptions qui sont les vôtres, c'est celle-là, voilà les effets secondaires des toxicités. Parce que le patient au quotidien, il renseigne quoi dans l'application? Ils renseignent, alors c'est des questionnaires qui existent depuis longtemps, mais qui étaient des questionnaires plutôt papier avant, ce qu'on appelle des pro-CTCAE, un terme un peu technique dans l'oncologie, qui est tout un protocole pour essayer de capturer les variations de poids, les dosés, l'appétit, la pratique du sport, donc tout un tas de métriques qui ont déjà prouvé leur intérêt en termes de captation. Et donc, nous, on est passé à une façon beaucoup plus, alors à la fois industrielle, mais aussi plus intéressante d'un point de vue de ROI, d'un point de vue de passion, il est meilleur parce qu'il ne fait pas que donner des infos.

Il reçoit en échange, entre guillemets, de la pertinence vis-à-vis du système. Et donc, c'est cette dualité-là qui permet effectivement d'avoir du data point sur la longueur. Parce que sinon, moi, j'ai connu des gens qui faisaient, voilà, par conviction, donner des infos pour faire un suivi sur des essais cliniques. Si c'est un puits sans fond, on le fait une semaine, on a la conviction, on le fait deux semaines, on le fait trois semaines, quatre semaines, au bout d'un moment, sans parler de gamification qui est un terme qui est approprié. C'est quoi le retour pour le patient en fait? Alors il y a du conseil. Donc nous, on a investi beaucoup dans du contenu qui est adapté à chaque air thérapeutique. Donc on a, au lieu d'avoir des plaquettes simples qui traînent sur les tables, des salles d'attente, des services, on a une exposition à ce contenu-là, qu'à chaque fois qu'on ouvre l'application, on a du contenu qui est adapté à sa pathologie et à son traitement. On a des soins de support, donc on a des conseils qui, en fonction des pathologies et des effets secondaires, va dire, vous pouvez vous préparer à encaisser ces effets secondaires avec ces soins de support différents.

On a de la messagerie pour pouvoir faire de l'interaction. Donc, il y a tout un suivi au long cours. Ce n'est pas juste, on envoie, il y a vraiment un suivi opérationnel et une capacité à garder le contact avec son équipe de soins qu'avant, on ne voyait que lors des rendez-vous ou par téléphone. Et la gestion opérationnelle de ce contact téléphonique pour les équipes de soins était extrêmement lourde. Et c'est quoi aujourd'hui tes challenges dans la mise en œuvre et le déploiement de ces solutions? Alors, il y a un premier challenge qui me vient à l'esprit, c'est le réglementaire. Là, on a eu pas mal de sessions sur l'exploration, il y a des possibilités. Il y a eu de temps en temps des questions sur, oui, mais dans des secteurs réglementés, comment on apporte une preuve de fonctionnalité et garantie de sécurité. Donc, il y a un grand challenge sur comment encadrer les modèles, en particulier Gen AI. Oui, clairement, dans ton cas, c'est ouf. En plus, la data, c'est un peu sensible comme data, donc tu ne vas pas forcément l'envoyer n'importe où. L'hallucination des Gen AI en médecine, ça fait partie des choses pas envisageables.

Mais après, la question, c'est comment tu peux faire un système... C'est légèrement fâcheux. C'est légalement pas envisageable, en fait. Douche froide, ça va aller mieux. Non, n'écoutez pas ce conseil. Donc la vraie question, c'est comment tu transformes quelque chose qui est une opportunité. C'est évident d'efficacité opérationnelle, d'analyse contextuelle, de résumé, mais sans perdre des infos, en l'intégrant dans une chaîne de valeur où ta garantie, elle est quand même au final validée par quelqu'un d'humain parce qu'il y a une expertise médicale qui vient s'exprimer à un moment ou à un autre. Nous, on a un certain nombre de médecins dans notre entreprise, très compétents et très qualifiés, qui nous aident à guider ces processus-là vers quelque chose de validé et de robuste au sens médical du terme. Comment vous faites pour expérimenter ces choses? Comment tu fais pour expérimenter? Alors, tu modélises beaucoup. Est-ce que tu as des utilisateurs avec qui tu es un programme bêta? Ça me paraît tellement sensible, tous ces trucs-là, dans ce contexte-là. Alors, même hors de notre cas à nous, c'est même philosophique.

Au bout d'un moment, quand tu fais un essai clinique d'un médicament, et que tu sais que tu fais du double aveugle avec du placebo, En donnant un placebo à une partie des gens qui sont malades, ils ne sont pas malades pour le test, ils sont vraiment malades. Est-ce qu'en donnant le placebo, tu enlèves une chance à cette personne de bénéficier d'un traitement qui pourrait les dire à suivre? Le débat n'est pas tech, en fait. Il est beaucoup plus profond que ça. Et c'est encadré. Il y a de la méthodologie, il y a un certain nombre de jalons à respecter dans ces choses-là pour faire des retours très early, pour s'apercevoir si vraiment tu es en train de faire perdre de la chance aux malades. C'est une notion qui est assez... Oui, qui est hyper important en médecine. Est-ce que tu fais... Et d'ailleurs, qui est, je crois, pénalement répréhensible pour un médecin. Exactement. Si son suivi, son conseil ou son attitude, au sens très large, fait perdre des chances de soins, de survie à son patient, sa responsabilité peut être mise en jeu. C'est ça. Et donc, comment tu fais du... Ce qui doit être votre cas aussi, du coup, de vous être engagé sur ça, votre responsabilité doit être engagée.

C'est pour ça que la... Vu que vous êtes un médicament. Voilà. C'est pour ça que la norme CE européenne, dispositif médical et dispositif médical, numérique. Donc les dispositifs médico-numériques sont d'un certain nombre de classes et nous on a été chercher la classe 2A qui est la plus haute classe avant la classe 3. La classe 3 c'est tout ce qui est implanté. Ça peut être un car artificial, ça peut être les implants hormonaux, ça peut être tout ce qui est vraiment intérieur. Et donc 2A c'est vraiment très très exigeant en termes de suivi, traçabilité, preuve de valeur, garantie de conception et tout ça, mais ça nous a semblé complètement indispensable de faire ça. C'est pas obligatoire. Vu l'ambition. Oui, voilà, c'est ça. Et bon, je ne rentrerai pas dans les détails des essais cliniques et comment on gère la perte de chance dans ce cadre-là, parce que ce n'est pas ma spécialité, mais il y a un sujet. Il y a un sujet qui n'est pas tech. Et en fait, la tech est un outil qui vient s'intégrer dans ce cadre-là. Et donc, ça se fait surtout, moi, je le vis comme un nécessaire collaboration et compréhension et de créer des ponts entre les équipes tech, les équipes produits,

qui sont la R&D qui travaille la main dans la main tous les jours, et l'équipe médicale, où ce n'est pas le métier des équipes product engineering de faire du médical, ce n'est pas le métier des équipes médicales de faire de la tech et de comprendre les méandres des choses. Alors, on a la chance d'avoir un certain nombre de médecins qui sont IAER dans la boutique, donc c'est assez agréable. Mais il y a vraiment une co-construction à faire des paradigmes qu'on applique dans nos projets. Comment tu vois les choses évoluer dans le temps? Quelle place t'imagines que ça prendra? On ne va même pas demander à 5 ans, ça paraît tellement lointain. Mais t'imagines, il y a trois ans, ChatGPT n'existait pas. N'existait pas. Donc, je ne sais pas, allez, on va faire un pronostic fou dans un an. Comment tu vois les choses évoluer dans ta boîte sur ces thématiques-là, sur les thématiques des IA dans ta boîte? On a raison que six mois, un an. Dans ma boîte, il y a les trois sujets. Aujourd'hui, l'évolution sur la gestion documentaire, gestion de projet, je pense que l'industrialisation d'outils... Passer du prompt à vraiment du block programming avec N8N ou des outils comme ça, je pense que ça va prendre de plus en plus.

On a des opportunités budgétaires pour faire ce genre de choses parce que ça a une efficacité opérationnelle accrue. Sur la partie DevIA, je... Voit une opportunité d'avoir de l'efficacité sur l'indicateur que j'essaye de suivre, mais que je ne donne pas aux équipes pour éviter que ce soit un KPI qui soit retranscrit en objectif. C'est, est-ce qu'on arrive à réduire le temps entre je pousse ma première PR et j'ai un premier retour opérationnel pour dégager vraiment les trucs les plus évidents. Et l'IA à cet endroit-là, moi, je voudrais vraiment qu'on ait systématiquement, dans les 20 minutes, une IA qui te réponde à ta PR en disant genre, ah non, mais attends, t'es gentil, les trucs évidents. J'ai beaucoup vécu et souffert des temps de review dans les équipes dans ma boîte précédente où des fois, il pouvait se passer deux jours où tu as fait fait de PR, elle est présente à ton esprit. C'est maintenant que tu as envie de travailler dessus. Et sauf que la personne en face de ton équipe ou d'ailleurs, elle n'est pas dispo et tu prends du lag pour rien. Et je pense que... Là, il y a un vrai côté opérationnel en disant genre, OK, 80-20, on va au moins avoir du feedback. Et tu auras le feedback humain, peut-être plus profond, qui n'aura pas besoin de dire toutes ces choses-là, qui viendra après, mais ça permet d'avoir une continuité, d'aller plus vite, pas au sens rapidité d'exécution, mais de ne pas perdre de temps, en tout cas.

Donc ça, il y a une opportunité. Un des projets que je caresse, c'est dans la méthodologie de développement, les tests de non-régression sont hyper importants. Évident, dès que tu as détecté que tu avais des modes de défaut et ça arrive, quelle que soit l'étape du process, tu as envie de garantir que ces modes de défaut ne reviendront jamais dans ton système, c'est une obligation réglementaire. Et donc ça, industrialiser ça avec de l'IA, moi vraiment, c'est ça, parce que c'est un puissant fond sinon, parce que tu commences avec 10 TNR, test de non-régression, pardon, tu finis avec 6000, tu ne vas pas passer ta vie à appuyer sur des boutons, ce n'est pas gérable, donc il y a une vraie opportunité là-dessus. Et après, plus profondément dans le produit, on a vraiment une opportunité de faire des analyses. Dans la durée de données longitudinales, donc dans le temps, de modélisation. On parle de jumeaux numériques, mais après, il y a des modèles. Est-ce qu'on arrivera à modéliser les cancers? C'est-à-dire qu'un cancer de tel type, dans tel cas, ça va réagir de cette manière-là. Et donc, on apporte de la connaissance structurelle d'un modèle, pas de langage, mais de compréhension du vivant.

Donc ça, il y a une vraie opportunité. Franchement, je pense qu'il y a moyen cette année, entre maintenant et la fin 2026, d'apporter des vrais trucs sur la table. des explorations en tout cas autour de ces sujets-là qui devraient avancer dans un timing pas si lointain que ça. Ce qui paraît, tu m'aurais dit ça au début de l'aventure de résilience à 5 ans, je te disais genre oui, c'est un bel objectif. En fait, ça arrive beaucoup plus vite qu'on ne croit. Qu'est-ce que tu retires de... On est là mardi matin, fin de matinée, donc un jour et demi. Qu'est-ce que tu retires de ce midi jusqu'à mon bout? Je suis venu chercher des murs sur lesquels faire rebondir mes idées, les problématiques que j'avais. Donc j'ai trouvé des gens. C'est plus sympa que des murs, ça renvoie à la... des fois plus fort, mais c'est beaucoup d'échanges. J'ai trouvé beaucoup de pragmatisme, c'est-à-dire que par rapport à, on va dire, le... À la hype que peut générer, il peut y avoir autant de souvenirs. On a tous, c'est marrant, parce que je vais faire râler mon comité de direction, on a tous les mêmes membres du COMEX qui nous disent« Oh, mais il y a, il y a, il y a, il y a! » et on leur dit« Oui, mais quoi?

Comment? Quel coût? Quelle opportunité? Quel moyen face à l'ambition? » Donc déjà, je me sens moins seul, ce qui est toujours agréable. Et au-delà de ce sentiment assez fugace, c'est le côté genre« Ok». Et de ce chat, on a fait une table ronde, la tech clinique de Tech.Rocks, qui était très bien animée par Denis. Sur comment on partage tous un constat. Et alors, qu'est-ce qu'on en fait? Comment on démarre des choses? Comment on cadre une discussion budgétaire? Comment on adapte par rapport à l'ambition? C'est quoi les KPI qu'on essaye de regarder, mais sans tomber dans l'over-optimisation? On discutait encore avec quelqu'un tout à l'heure de, à l'époque du COBOL, les gens étaient payés à la ligne de code. On se retrouve avec des fichiers de 16 000 lignes de code qui font un switch case qu'on fait en 5 lignes aujourd'hui. Donc, comment on ne tombe pas sur le sujet IA, dans des mauvais indicateurs qui vont nous faire prendre des mauvaises habitudes et comment on arrive à se focaliser sur où est-ce qu'on gagne vraiment du temps, où est-ce qu'on gagne de l'efficacité, quel est le ROI. Sans scléroser le système en termes de je veux une réponse immédiate parce que si on est encore tous dans une grosse phase d'exploration les modèles changent toutes les deux semaines on a un sujet d'opérabilité de comment on passe d'un

d'un modèle à l'autre. On contractualise avec le modèle A la semaine 12. On a passé trois semaines à faire des échanges et des accords commerciaux. Ah, pas de bol, la semaine d'après, ce n'est plus le bon modèle, l'équipe veut autre chose. Donc, il y a une vraie opérabilité du procurement sur ces sujets-là. Donc ça, c'est des sujets qu'on a tous, sur lesquels on échange. Et ça, vraiment, c'est un héroïne que j'ai ici à Tech.Rocks que je ne trouve pas ailleurs. Oui, surtout qu'il y a tout ce qui se passe on stage ou derrière le micro, et puis tout ce qui est en off, et qu'il faut venir pour le voir. Alors, les confs et les rediffusions de confs, c'est bien. Le off in situ, tu ne l'as pas chez toi. C'est irremplaçable, en fait. Voilà. Et vraiment, c'est un jus de cerveau, au sens très littéral du terme, du volume de café qui est bu. Mais c'est incroyable ce que tu peux... Tu reviens avec des questions, tu repars avec des doutes, mais au moins, tu as progressé dans ta réflexion. Ça, il n'y a pas de doute. Alors Nicolas, je vais te laisser réfléchir au mot de la fin. Pendant ce temps-là, je vais reparler un petit peu de la commu. Tech.Rocks, c'est plus de 3000 personnes qui se réunissent sur leur Slack, qui se réunissent physiquement aussi régulièrement, alors plutôt à Paris.

Mais tout au long de l'année, tu as des events, certains sont rediffusés en ligne. Tu as évidemment ce podcast sur lequel normalement tu es en train d'écouter cet épisode. Et puis tu as le submit, donc ça sera raté pour l'édition 2025, mais bien pour 2026. Je crois qu'ils vont commencer à travailler sur le programme à partir de demain. Nicolas, le mot de la fin? Le mot de la fin, c'est échange. Parce que moi, depuis que j'ai mis le pied dans cette communauté, j'ai eu la chance, les gens que je connaissais et qui ont fait partie de la aventure dès le début, en particulier Dimitri, de voir les tout débuts de Tech.Rocks depuis 10 ans. Je n'ai jamais regretté le temps investi avec les gens, de participer à différents événements, d'interagir avec toute l'équipe qui s'occupe opérationnellement, toute l'équipe de Noemi en particulier. Et donc, vraiment, l'effort qui est mis dedans, le ROI est incroyable, les gens sont super. Et cette capacité d'échange à ce niveau-là, je l'ai retrouvé nulle part ailleurs. Donc, c'est une opportunité unique, je pense, de collaborer. Merci Nicolas.

Merci.