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Podcast Tech.Rocks
S03E03 · De musicien professionnel à CTO du groupe Le Monde
- Sacha Morard (CTO, Groupe Le Monde)
- Claire Mayaux (CTO, MNT) — interview
Podcast Tech.Rocks · 5 février 2021 · 21 min · en français
Résumé
Musicien professionnel il y a une dizaine d'années, Sacha Morard est aujourd'hui CTO du groupe Le Monde, dont il siège au comité exécutif. Il raconte son parcours.
Summary
A professional musician about ten years ago, Sacha Morard is now CTO of the Le Monde group and sits on its executive committee. He tells his story.
Thèmes : Management & organisation
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
J'ai été musicien professionnel. J'ai bûché dans mon coin le code et en fait c'est devenu une passion. Les gens qui n'auraient pas de formation et qui souhaiteraient rentrer dans le numérique, bien évidemment, là vous avez l'exemple avec votre serviteur, que tout est possible. On appartient tous les deux à des entreprises qui ont sacralisé le papier et puis petit à petit, on est en train de remplacer ce papier par du software. Il y a 10 ans, le monde avait 20 000 abonnés numériques et maintenant on est à 350 000 abonnés numériques. Claire Mayaux, bonjour, je suis CTO DSI dans une mutuelle qui protège la santé de plus d'un million d'agents de la fonction publique territoriale et j'ai aujourd'hui l'immense plaisir de recevoir Sacha Morard qui est CTO du journal Le Monde. Alors Sacha, il faut que tu saches qu'on a deux points communs, tous les deux. D'abord un parcours atypique, rien ne nous prédestinait à devenir des numériciens, tu vas nous raconter ça dans quelques instants. Moi, en ce qui me concerne, j'ai fait du droit des affaires, par exemple.
Et puis le deuxième point commun, c'est qu'on appartient tous les deux à des entreprises qui ont sacralisé le papier. Et puis petit à petit, on est en train de remplacer ce papier par du software. Est-ce que tu peux, on va commencer par ça, nous raconter ton parcours très atypique et très intéressant? Oui, bien sûr. Salut Claire, merci de me recevoir. Un petit mot comme ça d'introduction parce que pour moi, c'est un plaisir et une consécration d'être interviewé pour le podcast Tech.Rocks. Donc, je suis très content, très content aussi que tu m'interviews parce qu'en effet, on a beaucoup de points communs et on s'entend plutôt bien. Alors, pour raconter un tout petit peu mon parcours, oui, comme tu l'as dit, j'ai un parcours bizarre. Moi, j'emploie plutôt le terme bizarre parce qu'atypique, tout le monde le dit et tout le monde a un parcours atypique alors que ça vient un peu galvaudé. J'ai été musicien professionnel, puisque au départ, moi, dans ma vie, je viens du sud de la France et j'ai fait beaucoup de choses. beaucoup de musique dans les Alpes, alors que ce n'est pas trop le lieu pour faire de la musique, mais je faisais aussi du ski.
Mais du coup, après, j'ai voulu vivre de ma musique. Et ça a été très problématique parce que pendant six ans, quand on est musicien, on ne gagne pas beaucoup d'argent et c'est un peu la galère. Et en fait, je me suis retrouvé à... À arriver dans le numérique comme ça, un peu par accident. Et en fait, je n'ai jamais lâché. Ça m'a vraiment, vraiment plu. Donc, oui, parcours bizarre, en effet. Ok, et puis tu as enchaîné, tu es devenu aussi entrepreneur. Raconte-nous plutôt comment tu es entré dans le numérique en fait. Qu'est-ce qui a fait que tu es passé de la musique au numérique? Alors quand j'étais musicien, je faisais un peu de tout parce que j'avais mon label, je produisais des disques, pas mal. Donc en même temps, j'organisais des spectacles. Pour organiser des spectacles, il faut aussi designer les affiches, faire des petits sites web de présentation des groupes, etc. Donc en fait, très vite, j'ai un peu mis mes doigts dans le numérique parce qu'il fallait bien le faire. Et également dans le design. J'avais un petit peu plus d'expérience dans le graphisme, ce qui m'a permis, en 2008, d'être embauché dans une boîte qui s'appelle BSO Network, fondée par deux gars qui avaient mon âge à l'époque, on avait 27 ans.
Et en fait, ces gars-là, ils m'ont fait confiance, ils ont voulu que j'intègre leur entreprise en tant que graphiste. Et voilà, en fait, j'étais, comme c'était un opérateur hébergeur, cette boîte-là, j'étais en contact qu'avec des... qu'avec des nerds, des mecs barbus. Et ce n'était pas trop mon monde. Mais j'ai adoré bosser avec eux. Et surtout, j'étais très curieux de savoir ce qu'ils faisaient parce que je ne comprenais rien. Et en fait, c'est là où j'ai proposé à mes boss de l'époque, Antoine et Mickaël, de devenir développeur. Ils m'ont regardé avec des gros yeux, ils m'ont dit« t'es géantie, mais en fait, t'y connais rien, pourquoi tu deviendrais développeur? » Moi, je dis« je sais bien, c'est une idée un peu bizarre, mais en fait, j'ai envie de le faire, j'ai commencé à bidouiller dans mon coin, et si vous ne me donnez pas ma chance, en fait, j'irai saisir ailleurs. Et en fait, ils m'ont donné cette chance. Ils m'ont dit« Ok, d'accord, mais tu vas faire un test technique, le même que les développeurs font. Et tu te prépares un peu et tu passes. Et si jamais ça le fait, on te passe développeur. » Donc, j'ai bûché sur le site du Zéro.
À l'époque, c'était le site du Zéro sur lequel j'avais appris le PHP. J'ai bûché dans mon coin le code. Et en fait, c'est devenu une passion, vraiment. Et ils m'ont fait confiance, j'ai commencé à être développeur et après tout s'est accéléré en fait. J'ai quitté cette entreprise parce qu'il fallait tourner la page et je suis passé brièvement en agence où là on... On code beaucoup, très vite, assez mal. Et donc, ça ne m'a pas trop plu. Au bout d'un an, j'ai voulu partir. Et en fait, mon aventure dans les médias a commencé à ce moment-là, puisque j'ai intégré Le Parisien. J'ai eu la chance d'intégrer Le Parisien. pendant six mois en tant que développeur. Et au bout de ces six mois, les patrons de l'époque ont voulu me donner les rênes de la technique aux Parisiens. C'est comme ça que j'ai démarré ma carrière de CTO, avec la chance de travailler sur un site à fort trafic comme ça, et de gérer des problématiques très spécifiques au site média à forte charge.
Et j'en ai fait un peu mon expertise. Ok, et donc tu arrives au monde, c'est en 2018, si je ne me trompe pas? Oui, exactement, juste avant, en fait, à la fin du Parisien, J'ai quitté le Parisien parce que j'avais eu une idée de startup, enfin de produit. J'ai quitté le Parisien en leur soumettant cette idée, ce qui m'a valu de les avoir comme premier client de la startup que j'étais en train de créer avec mon associé. Et ensuite, au bout de trois ans d'aventure entrepreneuriale, j'ai dû passer à autre chose. Ce qui fait que j'étais de nouveau libre sur le marché de l'emploi. Et c'est là où j'ai atterri à L'Obs en tant que directeur technique qui fait partie du groupe Le Monde. Et dix mois après, je me retrouvais à diriger aussi bien L'Obs que Le Monde. Alors quand arrive Le Monde, c'est 170 000 abonnés en ligne. Oui, en 2017.
Et puis donc deux ans plus tard, et une crise sanitaire en plus, on se retrouve avec le double d'abonnés en ligne. Donc, comment ça s'est passé pour toi ? Parce qu'avec le socle technique, quand on fait x2, il peut y avoir quelques problèmes. Comment tu as géré tout ça? Avec un gros pari technique. Quand je suis arrivé, il fallait reconstituer un peu les équipes, même si très franchement, il y avait beaucoup de choses de très bonne qualité. Et puis, il y avait des gens vraiment avec énormément de compétences. Mais par contre, moi, j'arrivais avec un... Une philosophie technique qui était un petit peu différente. Je m'explique parce que ça va devenir des détails un tout petit peu techniques, mais je suppose que l'audience est assez attrait à ça. En fait, les sites médias à forte charge, généralement, sont basés sur du cache CDN. C'est-à-dire que les serveurs qui servent les pages sont généralement des serveurs de tiers, des solutions CDN, qui font en fait du proxy cache.
Ce qui fait que les pics de charge, vous ne les recevez pas sur votre plateforme, c'est surtout des serveurs tiers qui les prennent. Et moi, je ne voulais pas ça. Moi, je voulais qu'on ait un site complètement dynamique, donc très scalable. Pourquoi? Pour réussir à commencer à faire de la personnalisation, à s'adapter vraiment à ce que le lecteur attend, servir des pages en fonction de ce que le lecteur attend et optimiser vraiment l'expérience utilisateur. C'était vraiment le but. Au départ, quand j'ai dit ça, on va voir. créer un site dynamique et tout, les gars ici m'ont fait un peu les gros yeux, ils ont dit on ne va jamais y arriver, avec la charge qu'on a, ça ne tiendra jamais. Et en fait, c'est le premier truc qu'on a fait, on a complètement refait le site web en créant un site dynamique, qui a été livré fin 2018. Et en fait, c'est ce qui nous a vraiment permis, aidé plutôt à... Créer un écrin pour les contenus de nos journalistes. C'est beau ça, c'est bien dit. Oui, mais c'est comme ça que je le vois. Notre force, évidemment, elle est dans notre contenu, elle n'est pas dans la techno, même si la techno, en fait, elle aide à mettre en avant correctement les contenus des journalistes.
Mais évidemment, avant toute chose, ce qu'on propose à nos lecteurs, c'est des contenus. Ce n'est pas un site web ou une application mobile. Donc, c'est un écrin. Il fallait qu'on crée cet écrin. Pour mettre en avant, mettre en valeur les contenus. Et après, il y a derrière toute une stratégie qui est investir un petit peu dans la data, reprendre le contrôle de la donnée de nos utilisateurs, la travailler un petit peu pour limiter le churn, pour les engager un petit peu plus, aussi pour leur soumettre des offres d'abonnement qui sont... Qui les intéressent plus. Voilà, donc ça, c'est ce genre de stratégie qui nous ont, je pense, amené maintenant à avoir plus de 350 000 abonnés numériques. Et vous êtes aussi le numéro 1 au classement des abonnés en ligne, si je ne me trompe. Oui, ouais. En tout cas, pour les quotidiens. Pour tout ce qui est... En fait, Média Presse, on a le... plus grand nombre d'abonnés numériques. C'est assez vertigineux maintenant, puisqu'il y a 10 ans, le monde avait 20 000 abonnés numériques.
Et maintenant, on est à 350 000 abonnés numériques. Évidemment, la crise du Covid nous a été favorable en ce sens, même si on ne peut pas spécialement s'en réjouir, mais pendant le premier confinement, on a triplé les prises d'abonnement. Mais la force, notre force a été de savoir les garder, puisque les gens qui se sont abonnés à ce monde, moment-là sont restés chez nous. Alors, novembre 2020, Sacha, tu rentres au COMEX du journal. Alors, pourquoi en novembre? Pas avant, pas après. Qu'est-ce qui s'est passé? Qu'est-ce qui s'est produit? Et qu'est-ce que ça a changé pour toi dans ton quotidien et puis dans les relations que tu as maintenant avec les autres dirigeants, les autres membres du COMEX? Ça a été, je pense, une opportunité ou un concours de circonstances. Je travaille aujourd'hui avec le DSI du groupe Le Monde qui s'appelle José Bollufer, avec qui on s'entend parfaitement bien et on collabore ensemble depuis un bon petit moment. Mais cette personne arrive proche de l'âge de la retraite et donc il fallait se mettre en ordre de bataille pour organiser la succession.
Et donc c'est comme ça en fait que Louis Dreyfus, le patron du groupe, m'a proposé de prendre en charge également la partie informatique, donc la DSI des entreprises. Enfin, du groupe. Et il a souhaité que je rejoigne le COMEX, en effet, à ce moment-là. Donc, c'était en novembre dernier. Ok, donc rien à voir avec la période de crise sanitaire et du Covid et tout ça? Après, je ne sais pas, il faudrait poser la question à Louis Dreyfus, mais... Peut-être que c'est aussi lié à ça, je n'en sais rien, je n'ai pas la présomption de dire que ce sont spécifiquement les résultats des abonnés ou les résultats de mes équipes qui ont joué en ma faveur. J'en sais rien. Toujours est-il que je pense que tout ça, c'est très partagé. Il y a quand même aujourd'hui le fait que je sois au COMEX. C'est un... En tout cas, c'est quelque chose que les gens retiennent, dont on parle beaucoup, bizarrement, beaucoup plus que le fait que j'ai repris un service informatique, alors qu'avant, j'étais plutôt dans un service...
Enfin, je pilotais un service purement numérique. Que je pilote encore d'ailleurs, alors que rejoindre le COMEX, c'est sûr, c'est hyper gratifiant, je suis très content parce que j'ai des contacts du coup très réguliers avec l'ensemble des DG, et du coup ça met en position de plus un rôle exécutif et de stratégie dans la boîte. Donc fondamentalement, c'est très valorisant. Oui, c'est ça. Et en plus, je pense qu'on t'en parle beaucoup parce que des CTO au commerce, il n'y en a peut-être pas tant que ça en fait. Il n'y en a peut-être pas tant ça dans les entreprises un peu traditionnelles et un peu âgées. Après, évidemment, dans les nouvelles boîtes, dans les pure players, il y en a beaucoup. Les situations sont un pilier de... Oui, c'est vrai. J'ai la chance de travailler pour cette entreprise pour ça parce que je pense que le virage, la transition numérique a été vraiment prise au bon moment. Elle est plus qu'installée maintenant, ce qui fait que je n'ai pas à fournir énormément d'efforts.
Pour évangéliser le numérique, évangéliser la tech plutôt. que le numérique s'est installé, mais évangéliser la tech. Donc c'est vrai que la tech a une place particulière, à mon avis, dans la stratégie du groupe. Et tu peux la définir comment, cette stratégie numérique du groupe? Je dirais qu'elle est prudente, mais elle est également ambitieuse. Par exemple, on peut tenter des choses, mais on ne fera rien qui ne soit pas digne de notre marque. Et c'est important parce que dans la tech, on peut très bien partir un peu dans tous les sens et mettre en place des solutions qui n'ont un peu ni queue ni tête, simplement parce qu'elles sont à la mode, pour simplement les tester. Non, ce n'est pas tout à fait dans notre état d'esprit. On veut que les expérimentations qu'on mène soient dignes de notre marque. Tu veux dire par exemple que la data, vous n'allez pas forcément l'analyser comme le fait Netflix par exemple? Exactement, exactement. Ce n'est pas dans notre ADN.
Quand on collecte de la donnée, c'est vraiment pour servir le lecteur. Déjà, on ne collecte que ce qui est vraiment purement utile. Que ce que le lecteur nous autorise à collecter, bien évidemment, on est très rigoureux à ce niveau-là, Et puis en plus, ce n'est pas pour ni remplacer la curation d'un journaliste, ni... Par exemple, le sujet de la recommandation, C'est un sujet très sensible chez nous. On ne veut pas aller dans quelque chose qui pourrait remplacer, vraiment le rôle d'information que nous avons. Parce que forcément, en fait, un journal comme Le Monde, ça a une dimension de service public. On le considère d'ailleurs comme le quatrième pouvoir. Un journal, c'est le quatrième pouvoir. Oui, bien sûr. Donc, en fait, c'est pareil, on prend ça très au sérieux, mais notamment parce que les lecteurs nous prennent au sérieux. Donc, il ne s'agit pas de mettre de l'algorithmie dans tous les sens pour remplacer le travail des journalistes. Bien évidemment, je grossis le trait, mais c'est ça. Donc, du coup, ça nous pousse à nous... À nous dépasser techniquement.
Ok, très bien. Du coup, cette double casquette qui t'arrive, ça veut dire que tu vas maintenant diriger l'informatique de gestion et tu as certainement, toi, des méthodes de travail qui sont un peu différentes de celles pratiquées par la DSI précédemment. Qu'est-ce qui va se passer dans les équipes de la DSI traditionnelle? Tu vas insuffler quoi de nouveau pour ces équipes? Alors, ce que je vais essayer de faire, c'est de les aider, vraiment. J'ai l'impression d'avoir un rôle qui a une casquette de manager un petit peu différente. C'est-à-dire qu'avec la direction technique numérique, donc les développeurs qui font les sites et les applications mobiles, je suis toujours resté très opérationnel. Très au contact des équipes. Et avec la DSI, c'est un petit peu différent. J'agis plutôt comme un servant leader, j'ai l'impression, en tout cas pour l'instant. Où je suis là pour essayer de les aider, de les comprendre surtout, parce que c'est des gens avec qui je n'ai pas eu l'occasion de travailler jusqu'à maintenant, et qui ont une histoire complètement différente de la mienne, dont certains d'ailleurs sont arrivés là par reclassement.
Donc en fait, c'est une équipe bourrée de talent et de bienveillance. Tu penses qu'il y aura des vases communicants entre les deux équipes? Probablement un jour, même si on est sur des métiers et des fonctions différentes. Mais on a l'informatique éditoriale, par exemple. Ça, c'est une équipe qui est en charge de l'impression du journal, de la conception et de l'impression du journal, mais qui sont déjà en lien avec les équipes de la direction numérique. parce que forcément, nous, on édite un CMS, et donc ce CMS discute avec l'info éditoriale. On a aussi l'info de gestion, l'informatique de gestion, qui travaille sur tous les sujets régaliens, la paye, en passant par la facturation, etc. Donc forcément, on a plein de liens à mettre en place. Oui, et après, ce qui me tient particulièrement à cœur, c'est... Dans ces équipes qui n'ont pas pu expérimenter les méthodes agiles, de leur montrer un petit peu et qu'ils se les approprient parce qu'à mon avis, il y a beaucoup de réponses à apporter à leurs problèmes aujourd'hui, éventuellement à leurs douleurs, avec ces méthodes-là. Oui, bien sûr, tu vas les aider à mieux gérer la complexité, en fait.
Oui, on va essayer. Alors, dernière petite question, Sacha. Tu nous as raconté tout à l'heure que tu as démarré en tant que musicien. Tu as été entrepreneur, CTO. Ça sera quoi ton prochain métier? Alors là, c'est une question difficile. Parce que, par exemple, dans ma bucket list, tu vois, j'avais d'avoir une belle famille, une femme formidable et des enfants. Donc ça, c'est bon, check. J'avais d'avoir une maison, de la retaper complètement. Ça, c'est bon, c'est quasiment terminé. Je suis en train. J'avais d'être interviewé sur le podcast Tech.Rocks, bien évidemment. Ça aussi, c'est fait. Et j'avais de travailler pour le monde. Donc, c'est-à-dire que c'est vrai que c'est une marque qui me fascine et je sens que j'ai beaucoup de chance de travailler pour cette entreprise. Et fatalement, quand je me pose cette question de la... Je suis un peu embarrassé parce que déjà, je me sens bien là où je suis. J'ai énormément de challenges et il faut redoubler d'imagination pour savoir ce que je vais faire après. Donc du coup, je me laisse aller à penser des vies complètement différentes, soit construire des maisons en bois, soit, je ne sais pas, retenter la musique, ça m'étonnerait.
Je pense que je n'ai plus la patience de le faire. Mais très franchement... Journaliste, pourquoi pas journaliste? Ah non, je pense que je n'en ai vraiment pas le talent. Non, non, je n'en ai vraiment pas le talent. Mais non, après, comme je suis autodidacte, si tu veux, je n'ai pas trop de crainte à ce niveau-là. Je pourrais très bien derrière aller dans des fonctions plutôt de direction. Ça aussi, c'est quelque chose qui me botterait. Diriger une boîte, pourquoi pas? Ou continuer à être CTO pour un pur player, pourquoi pas? Voilà, mais si tu veux, ça pourrait être aussi quelque chose de fondamentalement différent, que ça ne me fait pas non plus très très peur. Quand on est autodidacte, on se passionne de beaucoup de choses. Donc je peux très bien découvrir une autre passion demain et me mettre à la planche à voile et faire que ça, je ne sais rien, mais par exemple quoi. Alors dernière question, être autodidacte, ça a été un atout pour toi dans ces métiers de la technique? Oui, en fait c'est ambivalent, ça peut être aussi bien un atout comme un inconvénient.
C'est un atout parce que je pense que ça m'aide aujourd'hui à ne pas avoir peur d'apprendre, à assumer. mes ambitions aussi. Là où ça peut être un inconvénient, c'est que c'est difficile d'avoir des bases très très solides sur lesquelles vraiment t'appuyer, tu vois, c'était toujours un petit peu... Tu fais à l'instinct, quoi. Je suis très instinctif, en fait. Je ne suis pas un théoricien. Après, ça ne m'a pas empêché d'être, je pense, bon développeur à l'époque où j'étais vraiment développeur, ce qui fait que j'en suis arrivé là. En tout cas, ce n'est pas un frein. Les gens qui n'auraient pas de formation et qui souhaiteraient rentrer dans le numérique, bien évidemment, là, vous avez l'exemple. avec votre serviteur, que tout est possible. C'est ça, c'est pour ça que je posais cette question, c'est que ton cas peut en inspirer plein d'autres. Il n'y a pas besoin toujours de faire des études longues en informatique pour devenir citoyen. Non, c'est sûr qu'il n'y a pas obligatoirement besoin. Après, ce n'est pas pour autant qu'il faut refuser de faire des études. Je pense qu'il y a de magnifiques écoles qui peuvent faire accélérer les choses.
Et surtout, plus que de faire accélérer ou vous donner des bases, ça aide surtout à avoir une parfaite overview rapidement des différents métiers du numérique. Chose que moi, je n'ai pas eue. En fait, moi, j'ai commencé dans un langage. Et puis, en fait, c'est le meilleur moyen de s'enfermer là-dedans. Alors que maintenant, je suis beaucoup plus curieux. J'ai appris à développer dans plein d'autres trucs. Et à élargir mes compétences, mais tardivement en fait. Ça, c'est quelque chose que j'aurais dû faire plus tôt. Bon, écoute, je suis vraiment ravie d'avoir passé un moment avec toi. C'était super. Et puis, on va se souhaiter longue vie dans le numérique, puisqu'on est quand même passionnés par ce métier. A très bientôt, Sacha. A bientôt, merci beaucoup Claire.
