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Podcast Tech.Rocks
Opportunités et défis des produits basés sur l'open source
- Emily Omier (Consultante indépendante, Emily Omier Consulting)
- Philippe Ensarguet (Vice-président de l'ingénierie logicielle, Orange) — interview
Podcast Tech.Rocks · 25 février 2024 · 23 min · en français
Résumé
Emily Omier, consultante indépendante, accompagne les fondateurs de startups open source dans l'accélération de la croissance de leur chiffre d'affaires. Forte d'une vraie vision d'ensemble de l'écosystème open source, elle aide fondateurs et équipes à prendre du recul pour réfléchir à la manière dont leur projet ou produit contribue aux résultats des clients et s'intègre dans un écosystème plus large. Elle a déjà accompagné plusieurs dizaines de startups et interviewé des centaines de fondateurs et d'investisseurs pour son podcast « The Business of Open Source », parfait poste d'observation de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Dans cet épisode, elle raconte comment elle est passée du journalisme à la technologie et a décidé de soutenir les fondateurs de startups dont le logiciel et l'open source sont la clé de voûte. Elle livre quelques ingrédients de sa « potion magique » et les points de vigilance à garder en tête. Américaine, Emily a enregistré ce podcast en français. Elle co-organise avec Rémy Bertot l'Open Source Founders Summit, à Paris.
Summary
Emily Omier, an independent consultant, helps open source startup founders accelerate their revenue growth. With a genuine big-picture view of the open source ecosystem, she helps founders and teams step back and think about how their project or product contributes to customer outcomes and fits into a wider ecosystem. She has already supported dozens of startups and interviewed hundreds of founders and investors for her podcast "The Business of Open Source", an ideal vantage point for spotting what works and what doesn't. In this episode, she explains how she moved from journalism to technology and decided to support startup founders whose projects rest on software and open source. She shares some ingredients of her "magic potion" and the pitfalls to keep in mind. An American, Emily recorded this podcast in French. She co-organises the Open Source Founders Summit in Paris with Rémy Bertot.
Thèmes : Architecture & développement
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
J'ai un podcast qui est hebdomadaire et donc je parle avec beaucoup de monde. Et c'est un peu comme ça que je peux connaître ce qui se passe dans l'écosystème. Toutes les boîtes d'open source doivent gérer la tension entre le projet et le produit. Il faut se concentrer sur une chose, un problème, et il ne faut pas tenter de faire trop. Bonjour à tous, je suis Philippe Ensarguet, VP Software Engineering chez Orange, mais aujourd'hui, c'est en tant que membre de l'équipe contenu de Tech.Rocks que je suis ici. Je suis ravi d'être avec vous pour ce podcast Tech.Rocks, pour lequel j'ai le plaisir d'accueillir Emily Omier. Merci beaucoup, Philippe. Je suis les contributions d'Emilie depuis maintenant pas mal de temps, et notamment ses publications sur The New Stack, et pour moi, c'est une voix et une position intéressante de l'écosystème open source.
J'ai eu le plaisir de déjeuner avec elle récemment, et nous avons échangé à bâton rompu sans vraiment voir ce que l'on avait dans nos assiettes, ni nous rendre compte du temps qui passait. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, elle est avec nous pour évoquer les défis et opportunités pour monétiser un projet open source. Alors, tout d'abord, moi je suis sûr que notre audience aimerait vraiment mieux savoir qui tu es, Emily. Donc, je peux me présenter. D'abord, je suis américaine, donc désolée pour le français. Je ne suis pas ingénieur aussi. En fait, je suis côté business, donc je n'ai pas eu un parcours tech, pas du tout. À la base, j'étais journaliste et ce qui se passait, c'est que je n'avais pas réussi à gagner ma vie avec le journalisme. Donc, j'ai commencé à faire le contenu de marketing pour les boîtes dans le domaine de technologie. Et pourquoi est-ce que j'ai choisi de le faire pour les startups plutôt dans le domaine de technologie? C'était juste pour... parce que ça m'intéressait, mais aussi parce qu'il n'y a pas beaucoup de monde qui font le contenu pour les boîtes de technologie.
Justement, beaucoup de personnes qui ont des compétences, des choses comme le journalisme, en fait, en écriture, en storytelling, ont un peu peur d'aborder les sujets techniques. Moi, je n'en ai pas peur. Je me suis concentrée sur le marché, surtout cloud native, donc dans le domaine du Kubernetes. J'écrivais des blog posts, des trucs comme ça. Mais au bout d'un moment, je trouvais ça un peu ennuyant parce que j'écrivais toujours la même chose. Et en plus... Je voyais que les startups avec qui je travaillais avaient des problèmes beaucoup plus importants que juste écrire un blog post. En fait, parce qu'ils ne savaient pas sur quoi écrire. Ou même le message qu'ils devaient donner au monde n'était pas du tout clair. Donc, j'ai passé à... Faire des blog posts, faire plutôt la stratégie du marketing, plutôt la stratégie du contenu. Après, j'ai passé à faire le positionnement et c'est ce que je fais maintenant. Le positionnement, par contre, ce n'est pas du marketing. En fait, ça touche la stratégie du produit, ça touche la stratégie du vent.
Donc, ça touche toute la stratégie commerciale. Et j'ai trouvé... Et en fait, les startups les plus intéressantes pour moi, c'était les startups open source. Donc, dans le domaine du Kubernetes, il y a des boîtes qui sont closed source, qui sont propriétaires complètement. Il y a aussi des boîtes open source. J'aurais dit que c'est à peu près 5 ans, 5 ans. Mais pour moi, le défi le plus intéressant, c'était avec des boîtes open source. Donc, j'ai changé un peu ma concentration, ma focus, pour ne me concentrer que sur les startups open source. Donc, c'est ce que je fais maintenant. Je travaille avec des startups open source. Je travaille avec tout type de startups open source, pas que dans le domaine de Kubernetes. Parce que, justement, je pense que si on parle déjà du positionnement et de la stratégie commerciale, il y a des défis qui unissent toutes les boîtes open source. Et pour moi, c'est ces défis-là qui sont intéressants. C'est vraiment super intéressant et très inspirant. Moi, j'aimerais bien savoir finalement ce qui te motive et ce qui te fait lever le matin et quelles sont tes inspirations quotidiennes.
Comment tu fais pour être active dans cet écosystème qui finalement est bouillonnant? Pour moi, la motivation, c'est que je veux aider les fondateurs à construire les boîtes qui sont financièrement durables. Je pense que ça, c'est super important parce que je travaille avec beaucoup de personnes, beaucoup de fondateurs qui ont eu les parcours d'ingénieurs et qui ne sont pas à l'aise avec le business. Parfois, il y a aussi des investisseurs, des pressions qui viennent du VC qui ne visent pas exactement la durabilité ou même le succès financier, même dans le court terme. Parce que ce n'est pas toujours ça le but d'un investisseur. Donc, pour moi, c'est d'aider les fondateurs à construire des boîtes qui sont des succès du point de vue du business. Parce que beaucoup de monde peut aussi construire des super projets, des super produits, mais au final, en fait, ne pas avoir de revenus. Et pour moi, c'est dommage.
Donc, je pense que c'est un peu ça, le but de mon travail. L'open source, en fait, et tu as un petit peu commencé à l'aborder, c'est un sujet qui est très vaste. Open technology, open source software, open hardware, open source AI. Tout ce qui est autour des legal, des trans, du business dont tu as déjà bien commencé à parler. Moi, je serais curieux de comprendre comment dans un environnement finalement aussi large et dense, comment est-ce que tu t'organises pour pouvoir gérer ta veille et finalement avoir des positions qui sont aussi pertinentes dans tes prises de parole ou dans tes conseils. Moi, je serais curieux de savoir si tu as une forme de secret sauce. Tu vas être déçu parce que je n'ai pas de potion magique, ça n'existe pas. Par contre, il y a beaucoup de sujets que je ne connais pas trop bien. Open hardware, je ne connais pas trop bien. Open AI, je ne connais pas trop bien. On ne peut pas tout savoir. C'est pour ça qu'il faut se concentrer, je pense. Parce que moi, je me concentre sur le open source software, donc sur le domaine du logiciel.
À la base, en fait, au début, c'était que ça, l'open source, c'était le logiciel. Il y a des autres sujets qui sont super intéressants. Parfois, j'ai des personnes, des invités dans mon podcast qui peuvent aborder un peu l'open hardware, par exemple. Mais moi, je ne suis pas spécialiste, donc je ne peux pas prendre la parole et dire des choses intéressantes. J'ai un podcast qui est hebdomadaire et donc je parle avec beaucoup de monde. C'est un peu comme ça que je peux connaître ce qui se passe dans l'écosystème. J'écris aussi encore pour le Newstack. Je tente de parler avec les gens, de lire les articles, de suivre des personnes intéressantes sur LinkedIn. Mais même dans le domaine de l'open source software, où je suis spécialisée, je ne peux pas connaître tout. Et donc, il faut juste reconnaître qu'on ne peut pas savoir tout, on ne peut pas connaître toutes les personnes. Moi, je tente de ne pas avoir des surpris où je me sens comme une idiote, mais ça arrive et ça arrive à tout le monde, je pense.
Très bien. Donc finalement, tu dis que tu n'as pas de potion magique, mais tu nous en as partagé déjà au moins un ingrédient, c'est le fait d'être focus et de suivre finalement cet écosystème précis qui est finalement l'écosystème open source software. Et je trouve qu'il y a déjà un champ qui est absolument extrêmement important. Tu animes, et tu l'as évoqué, tu animes depuis maintenant plusieurs années un podcast qui t'a permis d'interviewer et d'échanger avec de très nombreux leaders et serial entrepreneurs. Écosystème open source. Moi, je serais curieux de voir ce que tu as pu apprendre à leur contact. Quels sont les principaux enseignements que tu as pu en tirer? Je viens de me rendre compte que j'ai menti. Il existe quand même une potion magique et c'est le podcast. Si vous, les écouteurs dans le public, Il faut échanger avec beaucoup de gens qui sachent beaucoup plus que vous. Il faut animer un podcast. C'est super. Parce que tu as l'opportunité de poser des questions aux gens qui sont super expérimentés.
Et normalement, si tu écris un mail à un fondateur d'une boîte qui a, je ne sais pas, 2000 employés, tu ne vas pas avoir cette personne dire, oui, je peux échanger avec toi pendant une heure. Mais si tu dis, je t'invite à mon podcast, il te dit oui. Et donc, tu as l'opportunité de poser des questions aux personnes qui sont parfois assez connues. Animer un podcast, c'est excellent. Et c'est vrai que j'ai appris beaucoup du podcast. Ce qui est super intéressant d'avoir un podcast et de parler avec des gens, surtout d'avoir un podcast qui est hebdomadaire. Donc, je fais beaucoup d'épisodes. Et tu vois, en fait, les modèles. Et tu vois pas juste ce qui fonctionne dans une boîte, mais tu vois les tendances. Quels sont les commentaires qui font... tous les fondateurs qui viennent sur le podcast. Donc ça, c'est super important, je pense, surtout si tu vas faire des conseils pour les boîtes, parce que tu as un point de vue qui est beaucoup plus large.
Là maintenant, j'aimerais qu'on passe sur la partie défis et opportunités pour pouvoir monétiser un projet open source. Quand tu entends les mots défis et opportunités dans cette optique de monétisation de projet open source, finalement, qu'est-ce que ça t'évoque? Si on parle de... Une boîte open source, en fait, l'idée est assez basique. La théorie, c'est que d'abord, il faut avoir un projet qui apporte de la valeur. Donc, ça doit être un projet qui est utile pour les utilisateurs. Et deuxièmement, il faut avoir une offre commerciale qui apporte encore plus de valeur. Donc ça, c'est super simple. C'est la théorie qui est super simple. Par contre, c'est assez dur de faire. Donc, le défi, en fait, c'est de réussir à avoir un projet. Qui est aimé par les gens, aimé par les utilisateurs, qui apporte vraiment quelque chose d'utile, mais aussi d'avoir quelque chose qui est utile pour lequel les gens sont prêts à payer.
Ça, ce n'est pas du tout simple et ça, c'est le défi basique. Toutes les boîtes d'open source doivent gérer la tension entre... Le projet et le produit. Si une boîte vend pas un produit, mais du support, par exemple, il existe aussi cette tension parce que si le projet est super, fonctionne tout le temps, on n'a jamais des questions. Donc, comment est-ce que tu vas vendre du support? C'est impossible. Personne ne va avoir besoin de support. Mais également, si tu as un produit qui est basé sur le projet open source, tu dois savoir le marché visé par le projet, le marché visé par le produit. Et ça ne peut pas être exactement la même chose. Donc, tu dois savoir. C'est qui qu'on vise avec le projet? C'est qui qu'on vise avec le produit? Et là aussi, si tu mets tout dans le projet, il ne reste rien pour le produit. Et donc, tu ne vas pas avoir des personnes qui sont prêtes à payer pour quelque chose si le projet est déjà super.
Il y a des autres défis aussi. Beaucoup de gens, surtout des investisseurs, il faut dire, pensent qu'un projet avec une communauté énorme va être très facilement utilisé. Il y a beaucoup de monde qui pense que c'est un pourcentage de la communauté qu'on va pouvoir convertir en des clients payants. Ça, c'est faux parce que ce n'est pas question juste de convertir 1%, par exemple, des utilisateurs d'un projet open source en client parce que le marché est différent. En fait, l'utilisateur qui va payer après pour avoir accès au produit, c'est un utilisateur avec un profil qui est différent aux utilisateurs du projet. Donc, il faut vraiment faire attention à ça parce que si on fait beaucoup d'investissements sur la communauté, on fait beaucoup d'efforts pour faire grandir la communauté, ça ne va pas forcément apporter des revenus. Il faut juste faire attention à ça.
Mais après, il y a aussi des opportunités qui existent pour les boîtes open source qui n'existaient pas ailleurs. Donc, par exemple, il y a la transparence qui est super importante pour certains clients. Les gouvernements et les grosses boîtes, par exemple, aiment beaucoup savoir exactement ce qui se passe dans le logiciel qu'on va utiliser. Et ça, c'est quelque chose que les boîtes d'open source peuvent très bien montrer. Voilà, vous voyez ce qui se passe dans le code. Il n'y a pas de surprise, pas de problème au niveau sécurité. Ce n'est pas question d'avoir confiance en nous. Nous qui sommes une startup de cinq personnes, vous pouvez voir vous-même ce qui se passe. Il y a aussi des avantages quand même de communauté. Donc, la communauté peut quand même apporter des feedbacks qui peuvent être super importants pour construire un produit qui est valorisé par les utilisateurs et pour les clients aussi. Avoir un projet open source, c'est une manière de se faire connaître et aussi de dominer le marché.
Surtout si c'est un projet qui est très technique, qui est visé aux développeurs, tu peux avoir des projets qui vont être utilisés par 70-80% des développeurs et donc que tout le monde va connaître. Ça serait impossible si vous êtes un startup de cinq personnes avec un produit qui est complètement propriétaire. Donc, ça, c'est encore une opportunité pour une boîte d'open source. Et après, en fait, il y a le rêve, le rêve d'avoir les contributions du code. Je pense que ça, c'est plutôt un rêve pour la plupart des boîtes. open source, ça existe, c'est super d'avoir une boîte d'open source qui réussit à avoir les contributions de code qui sont vraiment importantes. Ce qui est quand même extrêmement intéressant, Amélie, dans ce que tu nous as partagé, dans ces défis et opportunités, moi je trouve que tu as été très très clair sur la tension justement entre le projet et le produit,
question de positionnement, et le deuxième point que tu as évoqué et qui pour le coup... ni technique, ni produit, qui est lié à la communauté et à son écosystème. Et on se rend bien compte finalement que ça fait appel à des compétences qui sont finalement extrêmement variées. C'est ce qui nous permet aussi de pouvoir appréhender que dans un projet open source, mais dans la vie en général, on a vraiment cette question de complémentarité des profils pour pouvoir être successful dans cette trajectoire. Moi, j'avais une question que j'avais envie de te poser, puisque tu observes finalement cet écosystème open source depuis maintenant pas mal de temps, que ce soit au travers de ton podcast ou des contributions, des publications que tu as faites. Comment il se porte cet écosystème pour toi? Comment tu le sens et comment tu le vois évoluer? Je pense que c'est une question très intéressante justement parce qu'il y a l'écosystème open source, en fait open source, pur open source, qui n'a rien à voir avec des business.
Et il existe aussi un écosystème open source business pour des gens qui vont construire des boîtes basées sur les projets d'open source. Je pense qu'il y a de plus en plus des boîtes open source. Donc ça, c'est une tendance qui est assez claire pour moi. Donc c'est un écosystème qui est en train de grandir. Par contre, maintenant, c'est beaucoup plus dur si on veut lever les fonds pour construire une boîte d'open source. Ce n'est pas que pour les boîtes d'open source, c'est tout le monde. des problèmes avec les levées de fonds dans le moment. Construire une entreprise ou avec un business dans lequel l'open source est l'élément central, moralité, on observe tous que c'était quand même beaucoup plus simple il y a, je ne sais pas, 4, 5, 6 ans qu'aujourd'hui. Je ne suis pas exactement d'accord. Je pense qu'il y a six ans, c'était quand même, surtout en Europe, c'était peut-être encore plus difficile que maintenant parce qu'on ne connaissait pas trop bien les business models d'open source.
Et donc, si on voulait faire, il y a six ans, d'élever le fonds, je pense qu'on n'aurait pas trouvé ni un investisseur qui comprenait le modèle d'open source. Tout le monde aurait dit non, en fait, on ne va pas investir parce que vous faites les logiciels qui sont gratos. Donc, ce n'est pas un business. Par contre, oui, c'est tout le monde. Il y a un an, il y a deux ans, tout le monde avait beaucoup moins de difficultés à faire les levées de fonds. L'année dernière a été assez dure pour beaucoup de monde. Si ce n'est pas dans le monde d'IA. En fait, si c'est dans le domaine d'IA, tu vas bien. Très bien. Peut-être une dernière question sur cette partie défi et opportunité. Est-ce que pour toi, tu as réussi à identifier quelles sont les principales raisons d'un échec annoncé ou pour le dire autrement, quelles sont les lignes rouges finalement qu'une équipe qui monte un projet software dans l'open source finalement doit avoir en tête? Est-ce qu'il y a ce qui est...
tu aurais des conseils à apporter à nos auditeurs ? C'est le focus. En fait, il faut se concentrer sur une chose, un problème. Il ne faut pas tenter de faire trop. Parce que si on veut construire une boîte d'open source, on tente déjà de faire beaucoup plus qu'une boîte qui va faire juste le logiciel propriétaire. Parce qu'on a déjà deux produits. Si on a un projet et un produit, ça fait déjà deux produits. Ça fait déjà, je ne veux pas dire deux équipes de marketing, mais c'est quand même deux stratégies de marketing qui sont différentes, deux marchés qui sont différents. Donc, une boîte d'open source doit se concentrer sur une problématique, sur le moindre nombre de marchés possible. Doit aussi gérer la tension entre le projet produit. Ça, c'est très important. Si une boîte va réussir, il faut avoir le focus. Donc le focus, toujours avoir ça en tête, et finalement bien rester concentré et de ne pas finalement répondre aux tentations de vouloir élargir
le scope sans avoir finalement atteint le focus qu'on se définit étape par étape. Effectivement, merci. Dernier point que je voulais évoquer avec toi, Emily, je sais que tu organises très prochainement un événement qui s'appelle Open Source Farm to Summit. Moi, j'aimerais bien que tu puisses nous en dire un peu plus. Déjà, c'est quand ça va se passer? C'est où? Et finalement, on va retrouver qui là-bas? Et pourquoi est-ce qu'on doit s'y rendre, en fait? Donc, j'ai déjà dit que le but de mon travail, c'est d'aider aux fondateurs à construire des boîtes financièrement durables, des fondateurs d'open source. Donc, pour moi, organiser ce événement-là, ça fait partie de cette mission. Ça s'appelle Open Source Founders Summit. Et effectivement, c'est en mai, c'est le 27 et 28 mai à Paris. C'est pour réunir les fondateurs et les autres leaders des boîtes d'open source pour qu'on peut échanger des idées, échanger des leçons, avoir un événement où tous les fondateurs peuvent se connaître, s'aider, apprendre les bonnes astuces pour créer des boîtes d'open source.
Parce que créer une boîte d'open source, en fait, ça a beaucoup en commun avec les autres boîtes. Il y a les choses basiques de créer une entreprise. Qu'est-ce qu'il faut faire pour embaucher quelqu'un, par exemple? Mais il y a quand même aussi des spécificités. Et je pense qu'il n'existe pas des lieux où des fondateurs peuvent parler de ces spécificités d'une boîte d'open source. Donc, c'est pour ça que je voulais organiser ce événement. Donc cet événement, c'est pour permettre aux fondateurs de se retrouver entre eux et de partager leurs bonnes pratiques et leurs trucs et astuces. Écoute, Émilie, nous arrivons à la fin de notre podcast. Il y a une dernière question que j'aimerais te poser, qui est finalement celle de la place de l'open source quand tu es un leader dans la tech. En quoi cela est transformatif? Qu'est-ce que doivent changer finalement les tech leaders ou qu'est-ce qu'ils doivent faire mieux pour pouvoir en bénéficier en fait?
Tout le monde utilise l'open source. Je pense que tout le monde dans le public de ce podcast savent que... L'open source est utilisé partout, dans toutes les boîtes, dans tous les stacks. Donc, tout le monde utilise l'open source, mais ce n'est pas tout le monde qui est conscient de leur dépendance sur l'open source. Et donc, pour moi, je pense que c'est très important pour les leaders dans le tech d'être un peu plus conscients de leur dépendance sur l'open source et de penser, est-ce qu'il y a une manière d'apporter du support aux mainteneurs qui peut être une seule personne qui crée un projet qui est quand même très critique pour beaucoup de boîtes, mais si cette personne décide qu'elle ne veut pas faire le projet parce qu'il y a des autres choses à faire, parce que le projet n'apporte rien financièrement pour cette personne, si ça arrive, ça va être assez dur pour la boîte, pour les organisations de technologie.
Donc, je pense que c'est très important de penser à la durabilité financière des projets et des mainteneurs aussi. Écoute, Emily, le temps passé avec toi a vraiment filé très vite. C'était captivant, excitant à la fois. Un grand merci pour tous tes partages. Super, merci beaucoup.
