Tech.Rocks Summit 2025

Battle CTO : le métier des devs

Tech.Rocks Summit 2025 · 1er décembre 2025 · 30 min · en français

Résumé

L'IA générative bouscule les fondations du métier de développeur. Avec des assistants de code toujours plus puissants, des LLM qui codent et des solutions low-code avancées, le rôle du développeur est-il menacé ou simplement en pleine mutation ? Une battle pour celles et ceux qui veulent rester à jour et, surtout, définir l'avenir de leurs équipes d'ingénierie.

Summary

Generative AI is shaking the foundations of the developer profession. With ever more powerful code assistants, LLMs that write code and advanced low-code tools, is the developer's role under threat or simply being transformed? A battle for those who want to stay current and, above all, shape the future of their engineering teams.

Thèmes : Architecture & développement

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Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

On vous a prévenu en fait ce matin qu'il y avait quelques nouveautés cette année dans le Tech.Rocks Summit. Alors là, roulement de tambour parce qu'on vous a préparé un nouveau format. Pensez spécialement pour vous, je vous décris un petit peu la scène. Donc on va avoir quatre experts qui vont rentrer dans l'arène un peu façon Matrix Reloaded, prêts à combattre sur un mythe persistant qui est les devs vont disparaître. Je crois que ça fait première personne. Bon, très bien. Certains n'ont pas de soucis à se faire, vraisemblablement. Alors, ce format, il est particulier parce que c'est une battle. Et comme c'est un format particulier, il a son jingle particulier, donc jingle battle, parce que vous allez retrouver deux battles dans ce Tech.Rocks Summit 9e édition. Et donc, je vous demande d'applaudir Yves Caseau, qui est groupe CDO de Michelin, Pierre Lempérière, député CTO d'Adeo, Charlène Friang, VP Training d'OpenClassrooms. Et c'est Pierre qui va animer cette battle.

Jingle Battle! Chacun son petit manche debout. Bonjour à tous. Voilà, Pierre, je pense que c'est bon, je peux déguerpir. Je peux déguerpir. Merci beaucoup. On a dit battle bienveillante. Battle bienveillante. Battle bienveillante, tout à fait. Et on a vu que Charlène est debout et elle est prête. Merci à tous, j'espère que vous avez bien mangé, vous êtes sur la digestion. On est sur une thématique complexe, je suis très content d'accueillir mes invités. Charlène qui est donc VP Training chez Open Classroom. Pierre qui est City Watch joint sur le groupe Adeo. Plus connu aussi, enfin un des... Le Roi Merlin fait partie. Voilà, le plus connu. Et Yves Caseau, qu'on ne présente presque plus. Voilà, Group Chief Digital and Information Officer chez Michelin. Bonjour à tous. Alors, déjà, j'aimerais faire participer, je vais peut-être essayer de vous faire un petit peu participer parce que j'ai l'impression que vous dormez tous.

Levez la main ceux dans la salle qui ont une transfo IA en cours dans leur entreprise. Ok. Levez la main ceux qui mentent. Donc pas mal de mains se sont levées, c'est un sujet qui interpelle, qui intéresse chez vous aussi. Du coup, Charlène, chez OpenClassrooms, Transfou IA. Transfou IA, c'est ce qu'on a fait, tu vois, Transfou numérique, Transfou digital, Transfou truc, maintenant c'est Transfou IA. Oui, Transfoyer en cours à travers toutes les fonctions de l'entreprise, pas que côté tech. Ok. Yves? Il y a des transfoïas depuis longtemps. Il y a des vagues. Je ne dirais pas qu'il n'y a pas une transfoïa. Transfoïa générative? Il y a une vague générative dans la transfoïa. Ok. Et en cours chez Michelin? Ah oui, en cours, mais bien avancé. Ok, bien avancé. Et Pierre, de ton côté? Oui, nous aussi, il y a les transformations plutôt dans les formations, dans comment est-ce qu'on se forme à ces outils et comment est-ce qu'on utilise ces outils dans le quotidien.

Des développeurs, des product managers, des gens du business. Donc une vraie grosse démarche avec une gouvernance, etc. J'ai une question. Admettons, Charlène, que je suis ton développeur préféré. J'arrive le lundi matin et je te dis, écoute, Charlène, j'ai recodé tout le backend dans Rust ce week-end en vibecodant. Quel est ton retour là-dessus? Alors, je vais voir le CTO pour le dire. Dégage. Pierre, vite. Non, est-ce qu'il y a des cas plus particuliers? Là, je me pose un petit peu vers tous. Des cas plus particuliers dans lesquels l'IA générative est un vrai plus ou au contraire, des éléments ou des endroits ou des périmètres sur lesquels, attention, gros danger, des retours d'expérience que vous avez pu en faire? Il y a une frontière qui se déplace, c'est celle de la complexité qu'on peut traiter. Alors ce qui est bien, c'est que tous les trois mois, tout ce que je dis devient faux, parce que ça se déplace, mais elle existe à tout moment. Il y a des trucs où, si on se met un vibe collé, ça part. Ça part, voilà, ça ne marche pas.

Et c'est vrai dans plein d'autres sujets. En fait, la raison pour laquelle on a besoin d'agents, c'est que je prends une grosse question, je la coupe en petites sous-questions, et ces petites sous-questions sont très bien traitées par Anthropic, celui que vous voulez de votre choix. Donc oui, il y a des trucs qui marchent bien, des trucs qui ne marchent pas. Et c'est votre job dans votre métier à vous, parce que moi, je ne vais pas vous donner de conseils pour savoir ce qui marche bien et pas. Et c'est pour ça qu'on apprend by doing, pour reprendre la bonne expression. Ce qui me frappe, c'est que je pose des tas de questions pour essayer de piéger les systèmes LLM depuis deux ans et demi. Pour ceux qui ne connaissent pas, moi je faisais de la recherche opérationnelle et de l'optimisation il y a très très très longtemps. Et donc j'ai un tas de problèmes rigolos. Il n'y a pas de doute que tous les trois mois, il faut que je réévalue ce qu'il sait faire et pas faire. Pierre, de ton côté? Oui, apprentissage continu. Les modèles évoluent vite. Les métiers en défaut, il y a six mois, aujourd'hui, ils savent le faire. Malgré tout, on trouve tout un tas de cas. Donc, apprendre toujours, rester curieux et surtout s'organiser pour faire en sorte qu'on soit on top et qu'on teste, évalue sur des cas concrets qui rentrent dans nos processus, qu'on soit développeur ou product manager.

Charlène, de ton côté, peut-être? Oui, ça me fait penser à quelqu'un de mon équipe qui s'appelle Alex, qui me dit toujours, le temps qu'on fasse la transfo dans l'équipe, qu'on change nos process, qu'on intègre ça dans notre workflow, il faut le refaire. Il faut bien le refaire. En fait, il faut démarrer avant que ce soit tout à fait propre. Parce que le temps que les humains mettent à s'adapter et à intégrer ça, l'IA générative saura le faire parfaitement. Donc, t'inquiète, pour l'instant, c'est normal. Je lance un truc sur quelque chose qui n'est pas encore sec, mais ça le sera dans six mois. Je veux parler sur un point qui intéresse quand même beaucoup de gens ici. Je l'ai vu en discutant en dehors, dans les couloirs. L'IA et les juniors. Grosse question. 2026, le Doomsday des juniors. C'était avant. Pour être honnête, là je parle vu d'un grand groupe et d'autres grands groupes que je peux fréquenter, c'était quand même compliqué même avant l'arrivée de l'EA dans nos mains pour nos développeurs les plus juniors.

Est-ce que ça va continuer à ralentir? Parce qu'on voit un ralentissement du trend d'embauche des juniors, ce qu'on ne voit pas sur des populations plus seniors. Est-ce que vous pensez qu'en fait, 2026, on va vraiment avoir un gros coup de down pour ces pauvres juniors qui cherchent leur premier job? Je vois un risque, effectivement. Et c'est à nous aussi, leaders, si on veut faire de la place à nos jeunes dans ces métiers-là, de savoir les accompagner et s'organiser. Même avant que les LLM soient très démocratisés, je voyais beaucoup d'équipes dans le grand groupe qui préféraient des seniors parce qu'ils connaissent un petit peu mieux les process. C'est plus facile pour discuter avec des personnes qui sont d'autres métiers adjacents, etc. Donc oui, effectivement, ça pourrait être un risque à nous de nous organiser pour faire en sorte de leur ouvrir la porte. Et Léa, il va peut-être l'accélérer, ça dépend de nous. Yves, qu'est-ce que tu en penses? Moi, je suis plus optimiste que ça. Alors, pourquoi? En ce moment, il y a une crise de la digitalisation.

Il y a eu un surboom d'embauches, puis là, ça s'est un peu calmé. Donc, les gens qui analysent la baisse des embauches de juniors, ils disent qu'il y a beaucoup de facteurs, c'est un peu difficile. Après, ce que je t'ai dit, je vais... Il n'y a pas que l'IA, tu veux dire, dans cette... Oui, il n'y a pas que l'IA. Ensuite, moi, ce qui me frappe, c'est que, de manière générale, un junior développeur, c'est plus intelligent qu'un senior. Le senior a juste plus d'expérience. Donc, ils vont apprendre. Je ne crois pas du tout à l'idée, là, on ne pourra plus former le senior parce que les juniors, ils ne peuvent pas apprendre. Ça, je n'y crois pas. Ensuite... Là, on vit un moment qui bouge beaucoup. Donc, c'est ce que je disais en préparant, que dans les 2-3 ans, dans les entreprises, il faut qu'on réfléchisse à comment on les intègre et comment on leur apprend à collaborer dans un process qui est en train de changer. Il y a sûrement quelques années pas super simples. Mais par contre, si la question est un peu macro, on aura toujours besoin de juniors. Et pour préparer le monde de demain, parce qu'il faut être plus créatif, plus adaptatif. Mais il n'y a pas beaucoup de juniors dans la salle. Non, non, il n'y a que des... Voilà, donc... Les juniors, ils bossent. C'était Crocs, c'est le club de bridge.

Pardon. Justement, on parle d'intégration de ces juniors, parce que ce n'est pas tout d'avoir la volonté d'embaucher des juniors. Ce qui est quand même important, c'est de les intégrer derrière. Peut-être qu'en fait, l'arrivée de l'IA change aussi la donne. Comment on intègre des juniors qui arrivent à la mode IA et qui vous disent« Waouh, on va vibe-coder aujourd'hui! » Et tel senior qui fait« Oula, non, on ne va pas vibe-coder du tout». Qu'est-ce que tu en penses, Charlène? Mais ça fait longtemps que tu n'as pas vu de junior, non? Pour penser qu'il parle comme ça. Je vais être au club de Bridge ou SST. Non, je pense que franchement, en tout cas, nous, les juniors conformes à Open Classrooms, ils ont les fondamentaux du code en tête. Et justement, ils sont en train d'apprendre là, en ayant déjà ces technos-là, en connaissant vachement bien les limites, parce qu'on leur en parle. Ils apprennent à auditer un code qui est généré par IA, à le challenger. En fait, tu es optimiste comme Yves, en fait. Oui, franchement, ils ont même vachement les trucs en main. En fait, tu veux dire qu'ils sont meilleurs que nous, ce qu'on était. C'est ça que tu veux dire? Ok, d'accord.

Tu vas te mettre à dos toute la salle, mais bon. En tout cas, ils sont prêts, je pense, pour ce qui arrive là. OK. La démarche, parce que là, intégrer des juniors dans l'entreprise, en IA, les démarches IA en tant que CTO ou en tant que manager, vous qui avez... Qui démarrait ou qui avait mis en place déjà ce type de stratégie. Est-ce que vous avez des tips ou des best practices, ou surtout en tout cas des worst practices, de ne surtout pas faire ça, etc. Comment on démarre une bonne transformation IA dans l'entreprise, à différentes tailles d'entreprise finalement? Quelqu'un veut prendre la... Oui, je peux commencer. Je me méfie des conseils, mais je vais quand même en donner un. Moi, mon expérience, c'est qu'il y a deux étapes. Il y a toujours un groupe de gens, que ce soit de l'IA, du Kafka, du Cube, ce que vous voulez, qui n'ont aucune envie de faire, il faut qu'on leur foute la paix. Donc, le job du DSI, c'est d'enlever les barrières et de dire, allez-y, de couper les problèmes de sécurité, les problèmes d'accès, de ressources, de temps libre.

Il y a plein de choses. Donc, une partie de mon job, c'est sur des trucs émergents, juste de libérer un peu les énergies. Après, il y a l'autre vague qui est« j'ai pas le temps». Ça a l'air bien ce qu'ils font les techs là, mais moi, tu comprends, je suis en retard, ma roadmap, mon truc. Donc, il y a une deuxième question et c'est là où je ne vous donnerai pas de leçons parce que je pense que ça dépend beaucoup de qui vous êtes, de qui ils sont et de comment est votre entreprise, qui est comment une fois qu'on a un petit groupe qui est parti, on donne envie aux autres. Et quand on a commencé à regarder dans les autres entreprises que Michelin, Comment on fait augmenter le taux d'adoption de GitHub Copilot, par exemple ? On s'est rendu compte que ça, c'est une bonne question et qu'il faut aller demander, il faut aller faire son marché de bonnes pratiques et puis prendre celle qui vous parle. Je te rejoins. Là, on ne va pas se battre sur cette question-là. C'est comme ça qu'on l'a abordé. Sur le deuxième plan, c'est quelque chose qu'on a fait beaucoup cette année, alors que les modèles sont très performants. C'est de l'enablement, c'est de l'acculturation. Mais c'est dans nos valeurs, nous, retailers, qui sont très verbaux, on aime bien se discuter, se voir au café, c'est d'organiser des moments toutes les semaines où tu peux venir et être formé,

faire des labs avec des personnes expertes et pouvoir poser tes questions en live et avoir tes réponses. Focaliser sur des cas concrets de ta vie de développeur à toi, pour que ça te parle et que tu puisses voir ce que tu peux en retirer et l'amener dans ton quotidien, dans tes workflows, en parler à tes collègues. Je dirais que, en tout cas, nous, l'approche qu'on a eue, c'est de travailler avec les gens sur ce qu'est leur métier aujourd'hui. Et je pense qu'il ne faut pas l'aborder d'un point de vue purement outillage ou ce qu'on pourrait faire avec les outils, etc. Purement tech, en fait. Voilà, mais je ne l'ai pas dit. Tu peux le dire. Mais quel est ton métier aujourd'hui? Sur qu'est-ce que tu fais? À quoi ça sert? Sur quelles tâches? Est-ce que tu as besoin d'aller plus vite, d'accompagnement, etc. Et nous, on a opéré des grandes transfo dans des équipes qui n'étaient pas du tout des équipes tech, avec au départ beaucoup de réticence, de peur de perdre le fun de ton métier, etc. Et à l'arrivée, des gens qui sont vraiment des power users de plein d'outils d'IA générative et qui sont plutôt en avance sur les équipes tech parce qu'on a travaillé sur

le cœur de ton métier et comment on peut travailler sur ce que tu fais vraiment et comment l'accélérer. Ça, c'est un point. Merci, Charlène. Comment on lève ces barrières psychologiques? Je pense que tout le monde ici dans la salle, manager, tech, CTO, a affaire à des équipes où un certain pourcentage non négligeable du personnel et des collaborateurs sont... flippés, ils ont peur pour leur métier, ils ont différents types de peur, ils ont différents drivers, ils sont dans un momentum de carrière qui est différent chacun, etc. Comment on aborde cette question de l'humain? Dans ces équipes dont on sait qu'il est aussi très probablement le premier des obstacles si jamais on n'arrive pas à bien le faire passer, c'est-à-dire à bien, j'imagine, communiquer tout ça. Pierre, peut-être? Je reviens à ce que je disais. Ton quotidien, faire en sorte d'avoir des cas concrets, de pouvoir te parler en proximité sur comment est-ce que tu peux l'utiliser dans ton quotidien.

Souvent, certains collaborateurs qui étaient réticents n'avaient pas ou peu manipulé ces outils dans ce qu'ils pourraient faire au jour le jour. Et en concrétisant comment est-ce que ça peut m'aider à summariser plusieurs documents, comment ça peut m'aider à prendre des notes de meeting et à m'aider à me préparer en amont, que ce soit moins chronophage, tout de suite je vois le bénéfice, je peux me recentrer sur ma mission, je peux continuer à collaborer plus avec mes collègues que faire de la préparation de meeting. Et du coup, je vois l'intérêt pour moi, le what's in it for me du change management est pour moi très, très important. Pour moi, est-ce que moi, ça peut m'aider dans mon quotidien, dans mon travail? En accrochant des médailles eux-mêmes, tu les fais comprendre de l'intérêt de l'outil plutôt que d'avoir des peurs, Pierre, de ton côté ? Je vais revenir sur ce que dit Martin Fowler, que je pense que beaucoup dans la salle connaissent. Le vibe coding, c'est génial pour faire des trucs jetables ou explorer, parce que ce n'est pas du code qui se maintient. Il dit ce qui est très juste. Si vous ne regardez pas le code produit, vous n'apprenez pas.

Ce n'est pas très grave si c'est pour s'en servir, mais si c'est pour que ça dure, c'est une autre histoire. Et donc, maintenant, je reviens à ta question, parce que ça illustre bien. Pour moi, pour mettre l'organisation en mouvement, il faut faire deux choses. Il faut enlever la peur des grandes, il faut en fait dédramatiser, débunker tous les trucs complètement idiots de ce qui va se passer. Les fantasmes. Les fantasmes, c'est-à-dire regarder tout ce que ça ne fait pas encore, etc. Et après, regarder tout ce que ça fait aujourd'hui. Donc, c'est mettre une tension. Et alors, j'aime beaucoup ce que tu as dit, ce qu'a dit Pierre, parce que la meilleure façon, c'est effectivement, c'est des labs, c'est de travailler sur des cas concrets, c'est de faire des petites choses. Et puis, les petites choses deviennent plus grandes. L'intérêt d'ailleurs en passant d'une approche à Gentic par rapport à du vibe coding, c'est que l'agentique a un framework. Le framework va suivre tout ce qu'on attend d'un bon développeur. Et donc le junior va dire, tiens, quand j'utilise le framework à Gentic, je fais mes tests, je fais machin, je passe mon sonar cube, je fais tout ce qu'il faut. Et j'ai du code, je peux tout d'un coup débrancher le général et le passer à mon collègue et on continue en humain, ça fonctionne. C'est l'énorme différence entre faire du vibe coding et de faire du code assisté par un framework.

Bon, ça, il faut le montrer, il faut le toucher du doigt. Si c'est un discours, ça... Ça n'a aucun intérêt. Mais quand on te couche du doigt, on dit« Ah ouais, d'abord, je comprends, c'est marrant, ça me fait gagner du temps. » Et puis ça ne prend pas mon job, en tout cas pas aujourd'hui. Ou mon job devient encore plus intéressant demain. Si je peux rajouter un tout petit peu de battle là-dedans. Le risque en travaillant en mode lab avec un peu les early adopters, c'est de détirer la queue des early adopters, la longue traîne et des autres jusqu'au bout. Je trouve qu'il y a un travail énorme qui va faire des mains maintenant, parce que cette traîne est déjà énorme, alors que ce ne sont pas des technos qu'on utilise depuis très longtemps. C'est de ramener la queue vers l'avant. Il y a un énorme enjeu de standardisation quand même. Désolée d'utiliser un gros mot, mais des pratiques. Mais non, c'est la battle. Il y a quelque chose, moi ça me fait... Je pense que le terme vibe coding est la plus énorme connerie qu'on ait jamais sortie.

Parce qu'en fait, rien n'est magique. Et bizarrement, ce que tu évoquais Yves, c'est que tout le monde en revient à des best practices, des design patterns, du craftsmanship, etc. Donc on en revient à toutes ces best practices. Parce qu'en fait, avec de l'IA ou avec sans IA, si tu codes avec les pieds, tu codes avec les pieds. Tu vois, moi je me bats beaucoup dans l'organisation avec ce terme que j'adore, mais parce que je l'ai vu sur Twitter et j'ai suivi comment est-ce qu'il a évolué, et dans la bouche de certains membres de... nos équipes, il est galvaudé et je le referai en prototype. C'est prototype. C'est effectivement ce que tu faisais avant en prototype, tu ne vas pas l'envoyer en production et là tout de suite ça clique un peu plus. Et encore une fois, on montre, c'est-à-dire que les personnes disent« Ah ça va, ok, on va faire des workshops, ça va être ouvert. Vous allez pouvoir manipuler ces outils et vous rendre compte que finalement, la sortie, ce n'est pas quelque chose qu'on peut mettre en production avec nos systèmes complexes, nos architectes, que vous avez l'habitude de travailler avec.

Effectivement, vous n'oseriez pas leur donner le code tel quel, n'est-ce pas? Par contre, travailler sur vos specs? Avoir du consensus sur la fonctionnalité métier, c'est plutôt intéressant. Quand on a mis ensemble 5 membres de business units différentes qui n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur comment faire des écrans, et qu'en workshop bien dirigé avec un outil de prototypage assisté par IA, ils ont réussi à arriver sur des écrans, en fait c'est peut-être utile, mais ce n'est pas du code qu'on va mettre en prod, c'est les specs. J'ai une question pour Charlène, parce qu'on parle de changement de métier finalement, tu parles de spec, tu parles de vibecoding, on a l'impression que la limite devient de plus en plus ténue en fait, entre développement, spec, fonctionnel, métier. En fait, est-ce que le développeur du futur, ce n'est pas un PM qui sait vibecoder, Charlène? Je crois qu'on a eu la démonstration de la limite du Vibe Cody. Mais oui, en gros, les PM qui savent plus facilement build des trucs et des développeurs qui... ont le temps de se rapprocher des problématiques produites, ça, ça arrive.

Je pense que cette fusion, ce rapprochement, on va dire, il arrive avec des gens qui sauront mieux se parler. Déjà, c'est un gros point positif. C'est énorme. Qui sachent mieux se parler, en fait. Mais on n'en est pas là pour l'instant. Tu voulais rajouter quelque chose Yves? Oui, moi j'ai une petite théorie là-dessus. C'est-à-dire qu'on a des gens qui vont devenir des power users, que ce soit des PM ou chez nous, des citizen developers, des gens dans les usines. À qui on a donné Data IQ, à qui on donne Office Copilot Studio, ils font des trucs super cool. Donc, ça, c'est parti pour durer. Ce n'est pas tout le monde. Tout le monde ne devient pas le matant dont j'ai envie de parler à l'ordinateur pour faire des trucs. Donc, il reste quand même une partie du système d'information qui ne bouge pas. Et puis, après, quand on fait des choses complexes, on se met à faire la programmation. Qu'on le fasse en anglais, en Java, en COBOL ou en Rust, c'est toujours la même chose. Il faut de l'abstraction, il faut commencer à réfléchir. Donc, il y a un déplacement, ça c'est clair. Les métiers de demain, ils vont se déplacer. Mais tu vois, moi, j'ai fait un post sur LinkedIn avec un poisson.

Le software dévore le monde, et là, il développe le software. Mais à la fin, il reste quand même des choses. L'os du poisson, il ne bouge pas. C'est-à-dire que faire des systèmes hautement distribués avec des grands volumes, il y a tout un problème de performance. Ça, ça ne se fait pas en vibe coding comme ça. Peut-être dans 20 ans ou dans 4 ans, parce que je ne connais pas le futur. Et justement, comment on recrute ces nouveaux talents à l'heure de l'IA et du vibe coding? Est-ce que ça impacte les processus de recrutement, d'onboarding? Est-ce que ça peut impacter les processus RH de carrière des collaborateurs? Est-ce que ça a déjà bougé des choses dans vos organisations? Ou pour l'instant, wait and see et on attend? Oui, ça fait partie des compétences qu'on considère au recrutement, ça fait partie des compétences que l'on soutient dans le plan de carrière de nos collaborateurs. Là, je parle de software engineering. Software engineering, data engineering. C'est ce que l'on a mis dans notre carrière pass déjà cette année. S'assurer du niveau, déjà savoir où est-ce que tu en es.

Donc ça, c'est un acte entre le manager et le collab. Dire, OK, les process, effectivement, on voit de plus en plus que nos collaborateurs par eux-mêmes utilisent l'AI. Donc, OK, comment est-ce qu'on t'aide à acquérir les bonnes compétences? d'utilisation, peut-être potentiellement de développement de modèles, si c'est quelque chose qui t'intéresse dans ta carrière potentiellement. Oui, ça me plaît bien. Donc ma réponse, ça a un impact énorme sur notre plan de développement, sur le training et sur la façon dont on travaille. Sur notre recrutement, ça a un petit impact. Il y a un peu de travail en amont, mais on n'y est pas encore. Nous, on n'a pas encore tellement changé. Parce qu'à la fin, on est plutôt dans la conversation et l'appréciation human to human. Je pense au processus de recrutement, où avant on avait des sacro-saints tests techniques, etc. Aujourd'hui, faire passer un test technique à quelqu'un chez soi, ça a quand même un sens relatif. Je ne sais pas ce que tu en penses. Je peux parler du point de vue de l'évaluation, parce que nous, on forme beaucoup de développeurs. Et la manière dont on les évalue, qui est à preuve, c'est une soutenance.

En individuel devant un humain où l'étudiant arrive avec son code et il assume. Et là, je trouve qu'il y a un vrai... Là, c'est hyper intéressant de voir ce qu'il comprend exactement, ce qu'il a challengé, parce que oui, il l'a fait en partie avec l'IA. Et c'est ce... Ce dialogue-là qui nous permet de dévaluer, de mettre un tampon sur des vraies compétences, de savoir coder avec l'IA et pas grâce à l'IA. Parce que sinon, on tombe dans ce travail-là. Donc, nous, c'est comme ça qu'on fait. C'est vraiment la soutenance en one-one avec un évaluateur. Si je pensais qu'en fait, l'IA allait être la cause de plus de liens sociaux et de discussions dans la vraie vie, aujourd'hui... Vraiment exceptionnel. Je regarde un petit peu les questions. Je ne sais pas combien il me reste de temps. Je ne sais pas si quelqu'un peut me dire. Trois minutes. Trois minutes. Il faut peut-être qu'on commence à prendre des questions. Une question. Je reviens. Je crois qu'on a les cinq minutes. Il reste effectivement deux minutes. Et il y a encore un temps de questions et réponses. Voilà, c'est ça. Bien sûr.

On est large en fait. Tu as besoin de moi, Pierre? Non, non, on est tranquille. Si jamais tu sonnes, je suis juste là. Non, mais je pense qu'on peut prendre des questions du public. Comme ça, on en aura une ou deux de plus. Donc, ça sera parfait. Est-ce que quelqu'un a une question pour nos invités? Je... Oui, bonjour. Il y a une autre personne après au milieu. Oui, je lui passerai. Merci. Florent, Swan, une fintech. L'enablement résonne beaucoup dans ce que vous dites pour équiper les équipes. Quelle approche vous avez pris? C'est délégué, décentralisé dans différentes équipes. Une équipe qui fait la transfo et qui par équipe. Je serais intéressé de voir comment vous... On passe à l'échelle sur les changements d'habitude. Et Pierre peut-être? Oui, complètement, avec plaisir. C'est ce qui nous a beaucoup occupé cet été. Donc ce qu'on a fait, c'est qu'on a constitué un pool de, on les appelle experts en fait, mais quand on se présente aux équipes, on n'est pas vraiment des experts, on est surtout des très curieux, qui sont niveau senior developer jusqu'à staff engineer, et qui ont écrit un curriculum

très axé sur le what's in it for me pour le developer. Systématiquement, tu as deux labs. C'est des sessions qui durent deux heures et qui sont tous les vendredis. Et qui sont une basique et une advanced. Basique, je n'ai jamais touché. Et advanced, je fais de l'AI dans mes processus de développement au moins une fois par semaine. Et ça, ça nous permet, comme je le disais tout à l'heure, de faire du what's in it for me, de un peu toucher sur des cas compris, comment est-ce que je teste, comment est-ce que je fais du context engineering, en partant vraiment du c'est quoi un modèle, c'est quoi un agent. Donc ne pas présumer de ce qui peut être du B.A.B.A. Souvent, on a vu que même certains qui étaient seniors, on le disait tout à l'heure, je n'ai pas forcément le temps de m'y intéresser, je suis déjà super busy. Ils ne savaient pas qu'il y avait un mode agentique dans VS Code. À partir du moment où on leur a dit, expliqué comment ça fonctionne, la personne, maintenant, c'est un utilisateur daily. Donc avoir cette proximité était très importante pour nous, qui permettait de pouvoir répondre en live. On l'a fait d'ailleurs en français, avec nos collabs français. On a fait ça sur 700 développeurs sur l'été.

Et ce qu'on a fait, c'est que maintenant, on le décentralise dans nos business units. On a des business units un peu partout dans le monde, le Brésil, la Pologne, l'Italie. Et on a formé sur ce fonds documentaire. Et cette formation des AI et 4DF champions dans ces business units qui font ce matériel en proximité avec leurs collègues pour pouvoir leur transmettre et bien sûr reprendre du feedback par rapport à ce contenu. Merci Pierre. Si je peux rajouter, nous on a fait ce qu'on appelle des AI Champions par équipe pour être sûr que dans chaque... toute petite équipe, il y ait quelqu'un qui puisse se réunir en communauté pour monter les problématiques métiers et être accompagné par des gens un peu tournants qui pour le coup ont de l'expertise et qui peuvent former et aider. Top, top, top. Peut-être une autre question de ce monsieur? Troisième rang, c'est la fraîcheur. Pendant que la question arrive, la fraîcheur. Toutes les semaines, on a mis à jour, toutes les semaines, on met à jour notre contenu. Que ça vive. Que ça vive, parce que les modèles arrivent. Il y a des nouvelles capabilités dans GitHub Copilot.

Il y a une nouvelle méthodologie que nous, on apprend nous-mêmes, qui est dans l'éther, dans la communauté, qu'on vient transmettre. Avoir aussi cette curiosité, cette nouveauté montrée en transparence aux personnes que l'on forme, crée ce lien aussi. Oui, du coup, bonjour, je suis Kevin. Vous avez beaucoup parlé de transformation, en fait. Et j'ai l'impression que tout ce que vous avez dit, ça s'appliquait globalement aux transformations agiles. On peut aussi parler de transformation technologique au sens large. Sauf que du coup, sur le thème de en quoi cela va changer pour le métier de développeur, en tant que développeur, à vous écouter, du coup, j'ai l'impression que rien ne change. Au final, c'est juste la transformation de plus. Peut-être que j'ai mal écouté, j'ai peut-être mal compris, mais pour moi c'était beaucoup des questions de transformation là, et pas vraiment de questions de virage ou changement technologique, ou alors on parle du changement de l'assembleur OC ou du C au Java, j'ai l'impression qu'à vous entendre parler, au final, c'est juste la transformation de plus. Je ne suis pas d'accord avec ça. Ah ouais? En gros... Moi, je pense qu'il a décrypté le...

Message secret des GAFAM. Prenez-le, sortez-le de la salle, s'il vous plaît. Non, mais déjà, c'est vraiment plus rapide. Alors moi, j'ai des équipes, notamment de création de contenu, qui ont vu pour certaines 80% des tâches qu'elles faisaient disparaître. Oui, mais là, il parlait spécifiquement du métier de développeur. Je pense que le niveau de hausse de productivité, je ne crois pas qu'on l'ait eu avec les autres. Transformation. Alors là, c'est discutable. Ça, c'est vraiment mon... Moi, je pense que c'est radical. Oui, moi, je vais revenir sur le fait que c'est l'ensemble du SDLC, Software Development Lifecycle, qui est touché. Donc, ce n'est pas juste la barre du code, c'est le test. On fait beaucoup de choses dans le droit le plus sexy pour nous. C'est très bête à dire. Moi, c'est le legacy, c'est le vieux code. Et le vieux code, on a démarré il y a deux ans, on a d'abord une année un peu difficile, où en fait ça ne marchait pas très bien. Et ça marche de mieux en mieux. J'ai plein d'anecdotes comme celle de Pierre, où on l'utilise en amont pour aider à finaliser le cahier des charges.

Alors des fois, si on est modéen, c'est du user story, backlog design, des fois c'est un peu plus tradit, mais sur des gros systèmes, ça apporte beaucoup de valeur. Et après, il y a tout le déploiement. Et dès qu'on en infrase code, tout le déploiement est scripté. Et là, il y a une valeur énorme. Et puis pour finir, on fait des choses très, très amusantes en agentique pour le support aux ops. Donc, c'est vraiment partout. Alors maintenant, est-ce qu'on dit tout ça? Finalement, c'est le... Phase du jôle, amélioré avec des outils. C'est amusant parce que c'était probablement le cas il y a un an. Aujourd'hui, je ne suis pas à l'aise, je pense que non. Et mon gut feeling, c'est que ça secoue quand même. Ça secoue parce qu'à la fin, si on se projette dans 3-5 ans, la somme des choses qu'on fait dans la journée aura changé. Il y aura plus de... Alors ça va te plaire, on va plus se parler entre humains, c'est clair. Parce qu'au fur et à mesure que la machine automatise des trucs, on attaque des choses plus complexes. Il faut se parler plus. Merci beaucoup Yves, merci à mes invités, merci à tous de nous avoir écoutés.

Et si vous voulez continuer la discussion entre êtres humains, on sera au second à vous attendre. Merci beaucoup. Merci infiniment à tous les quatre. Merci beaucoup. Je vous laisse repartir où vous voulez, droite ou gauche, vous êtes chez vous.