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Tech.Rocks Summit 2025
L'entreprise agentique : nouvelles architectures, nouvelles équipes, nouvelles règles
- Marie Crappe (Head of Finance & Data, Choose)
- Didier Girard (Managing Director, SFEIR)
Tech.Rocks Summit 2025 · 1er décembre 2025 · 26 min · en français
Résumé
Au Tech.Rocks Summit 2025, cette session part d'un constat : si le LLM est la vague, l'agent IA est le tsunami prêt à transformer l'ingénierie logicielle. L'IA devient un « collègue » digital avec qui concevoir, construire et opérer des systèmes, une évolution qui dépasse la productivité et redéfinit le cycle de développement logiciel, les architectures et les organisations.
Summary
At the Tech.Rocks Summit 2025, this session starts from one observation: if LLMs are the wave, AI agents are the tsunami set to transform software engineering. AI is becoming a digital "colleague" with which to design, build and operate systems, a shift that goes beyond productivity and redefines the software development lifecycle, architectures and organisations.
Thèmes : IA · Architecture & développement
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Effectivement, ça va être une très très belle édition. Vous l'avez vu, vous le savez de toute façon, l'IA est au cœur de tout. On a parlé de géopolitique, d'impact social évidemment, mais aussi de ce qui vous anime tous, des best practices qui sont partagées régulièrement en toute transparence et sans bullshit. Et justement, on va démarrer. Si les LLM étaient un épisode intriguant de Black Mirror, c'est la saison entière où les machines deviennent des collègues capables d'agir par elles-mêmes, à la fois fascinant et légèrement inquiétant. Et c'est Didier et Marie qui vont nous emmener dans un futur où l'entreprise évolue comme un laboratoire secret. Nouvelles règles, nouvelles architectures, nouvelles alliances entre humains et entités numériques. Je vous demande d'accueillir Didier Girard, Managing Director de SPER, et Marie Crappe, Head of Data de Choose. Let's go. Petite zapette, ma chère Marie. Je vous laisse prendre la scène centrale.
Vous mettez le vin là. Oula, c'est fort. Oui, c'est ça. Bonjour à tous. Bonjour à tous. Alors on a une petite vingtaine de minutes pour introduire un petit peu les choses qui vont se dire pendant ces prochains jours. Et on a décidé de couvrir cinq thèmes pour passer en revue un petit peu tous les impacts de l'IA générative. On va vous parler cognition, société, entreprise, SI et logiciel. Didier, tu peux nous dire qui tu es? Oui, donc moi, Didier Girard, je suis le directeur général de SFEIR, une entreprise de 1000 personnes. Et dans le domaine de l'IA, ce que je constate, c'est que ça va vite. Ça va vraiment très, très vite. Pour illustrer ça, je vais d'abord commencer par une petite anecdote. Donc, je suis apiculteur. Mais j'ai une deuxième particularité, c'est que je suis allergique à la piqûre d'abeille. Pour un apiculteur, ce n'est pas terrible. Et donc, ce qui fait que régulièrement, je vais chez mon médecin. Et mon médecin me dit, Didier, ce qui serait bien, quand tu arrives pour faire ton injection de venin, je trouve que tu as de la tension.
Et j'aimerais bien, pour vérifier que tu n'as pas d'hypertension, que régulièrement tu prennes ta tension et quand tu arrives, tu m'amènes ton carnet de tension dans lequel tu as noté toutes les mesures que tu as faites. Chose que, bien évidemment, je ne fais jamais. Et un matin, je suis dans mon lit et je me dis... mais finalement, est-ce que je ne peux pas créer une application qui me permettrait de logger les différentes mesures que je fais entre deux injections ? Je suis dans mon lit et c'est vraiment ce qui s'est passé. Je prompte, vous avez le prompt à l'écran, c'est d'ailleurs pas très bien écrit, je prompte mon idée en fait. Je le confie à une AI qui me génère 5 écrans. Donc une minute pour prompter, à peu près 8 minutes pour, enfin 2 minutes pour générer les 5 écrans avec une application qui s'appelle Stitch. Derrière, je fais un screenshot de ce prompt et de ces cinq écrans. Je les confie à un outil de génération de code type Cloud Code Gemini CLI. J'appuie, ça tourne. Cinq minutes plus tard, j'ai une application. Je l'installe sur mon téléphone. En gros, en dix minutes, chrono, j'ai réussi.
À finalement créer mon application. C'est pour ça que régulièrement je dis aux personnes de mon entreprise, si on ne bouge pas, En fait, l'entreprise SFEIR va disparaître. En gros, ce que j'ai fait ici en 10 minutes, c'est ce qu'il y a quelques années, on mettait peut-être une semaine, voire deux semaines à réaliser. Donc on voit un petit peu l'accélération dans laquelle on est. Et ce que je dis à mes équipes, en fait, il faut que mentalement, maintenant, on se comporte comme une entreprise de 10 000 personnes, même si on n'est que 1 000. Et toi, Marie? Alors, Didier me raconte ça et j'ai dit, quand même, ton app en 10 minutes. Moi, je m'appelle Marie, je suis Head of Data Freelance. Fidèle à mes origines belges, j'aime beaucoup la bière, j'aime beaucoup recevoir chez moi. Et quand il m'a raconté ça, j'étais en mode, mais attends, moi j'ai envie de ma petite app de gestion de stock pour que quand mes invités arrivent, je sois en mode, alors voilà ce que j'ai à vous proposer, vous allez découvrir la Belgique. Il avait raison, on y est arrivé. Donc maintenant j'ai ça pour quand mes invités arrivent.
Combien de temps ça t'a pris? Peut-être quand même 20 minutes. 20 minutes, c'est pas mal. Ok, voilà, donc on est vraiment dans ce phénomène-là. Là, elle arrive, ça arrive très très vite, ça bouleverse tout, et elle va avoir donc un impact sur la cognition. On y va ? En gros, ce n'est pas quelque chose de nouveau. Chaque fois que l'humain a inventé quelque chose, finalement, ça a eu un impact sur la cognition. Par exemple, historiquement, les Grecs apprenaient l'Iliade et l'Odyssée par cœur. Et un jour, l'écriture est arrivée et finalement, on n'a plus eu besoin d'apprendre par cœur l'Iliade et l'Odyssée, puisqu'en fait, elle a été rédigée et c'est comme ça que finalement, ce texte s'est transmis. L'imprimerie, pareil, elle a eu un impact sur la... les gens ont commencé à apprendre à lire en silence. Et ça a amené le sens critique, on pense qu'il est arrivé, cette notion est arrivée avec l'imprimerie. Le numérique a un impact aussi qui est très important. Typiquement, mes enfants n'ont jamais acquis, c'est pas qu'ils l'ont perdu, c'est qu'ils n'ont pas acquis le sens de l'orientation.
Finalement, quand ils veulent aller d'un point A au point B, ils sortent leur smartphone et puis se déplacent avec leur smartphone. L'IA, c'est pareil. Elle va avoir un impact sur la cognition et on peut le voir comme quelque chose qui est négatif. Ou quelque chose qui est positif. En fait, comme chaque fois que l'humain inventait quelque chose, les gens qui sont optimistes voient cette innovation comme quelque chose qui va améliorer, comme un partenaire, et les gens qui ont une tendance à voir un petit peu les choses de manière négative le voient comme un parasite, quelque chose qui va être gênant. Et j'aime beaucoup le fait de regarder dans le rétroviseur et de voir ces quatre ruptures parce qu'on se dit, ok, en effet, il y a des menaces, ce parasitisme, il est possible, mais à chaque fois, ça a en effet libéré l'humain, libéré du champ cognitif pour construire d'autres choses. Exactement. Et donc moi j'aime bien, c'est Michel Serres qui parlait de ça, de Saint-Denis et de la décapitation, j'aime bien en fait, et c'est ce qu'on constate, de plus en plus de choses en fait sont maintenant dans notre smartphone. On est en train de transmettre petit à petit notre cognition à notre smartphone.
Et on voit de plus en plus de gens d'ailleurs qui se baladent dans la rue avec... Leur tête dans les mains. Je ne sais pas si vous avez déjà vu ça. On le voit régulièrement, des gens qui se baladent. comme ça en fait, quand vous les reverrez, vous penserez à nous, vous repenserez au Technocrop Summit et à cette image de Saint-Denis qui allait à sa sépulture en portant sa tête. Alors finalement, où est-ce qu'on va? On est tous un peu des Saint-Denis. Et l'impact sociétal du coup. Exactement. Donc on sait que l'AI, c'est sûr qu'elle va transformer notre manière de penser. Elle va bien évidemment aussi avoir un impact social. Et donc dans cet impact social, il y a quelque chose, moi, qui me préoccupe. C'est un petit peu ce qu'on appelle le monopsychisme. Au Moyen-Âge, il y avait certains philosophes qui pensaient qu'il y avait un seul psychisme qui connectait tous les humains et que les humains pensaient à travers ce psychisme. Mais finalement, d'autres philosophes ont dit non, ce n'est pas vrai. Si on n'avait plus de retour.
Et donc, ce n'est pas vrai. Les humains sont des libres penseurs, en fait, et chacun est libre, en fait, de sa pensée. Moi, je pense que c'est peut-être quelque chose qui m'effraie. Une des choses qui m'embête le plus, en fait, avec l'arrivée de l'AI, c'est qu'il y a actuellement une concentration. Et il est probable, si les choses continuent comme ça, qu'en fait, vu qu'on confie de plus en plus de choses à l'AI et en fait à ces fameux chatbots avec lesquels on converse et qui ne sont finalement pas si nombreux que peut-être on est en train de converger vers ce monopsychisme qu'on a tant voulu éviter. Voilà. Après, Beaucoup de gens nous demandent, finalement, est-ce que c'est une bulle ? Moi, je pense que c'est une bulle et qu'elle a forcément des conséquences sur la société. C'est déjà, de toute façon, quoi qu'il arrive, l'arrivée de l'EI, c'est un concentrateur d'investissement. Les sommes qui sont investies dans l'EI, elles sont absolument gigantesques. Et tout l'argent qui est investi dans l'EI, de toute façon, déjà, premier problème, il n'est pas investi ailleurs. Il y a plein d'autres endroits où il pourrait être investi, mais il investit uniquement dans l'EI.
Et un jour, et j'espère le plus tard possible, cette bulle, en fait, elle va éclater. On verra. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'une fois que cette bulle va éclater, il y aura forcément des entreprises qui vont émerger de l'éclatement de cette bulle, un petit peu comme Amazon a traversé l'éclatement de la bulle Internet au début des années 2000. Qui dans cette salle survivra? On vous laisse avec cette question. Donc, impact cognitif, impact sociétal, quelques mots sur l'impact sur l'entreprise. La première idée qu'on a à vous proposer avec Didier, c'est celle de l'entreprise bionique. Si on se projette pas forcément beaucoup dans le futur, 2030 par exemple, on a cette image de presque tous les salariés ou tous les salariés augmentés par la technologie. Oui, Didier. Moi, j'aime bien ce mot bionique. C'est pourquoi? En fait, ça me rappelle quelque chose de mon enfance, qui a vu quand il était enfant un télégraphique.
qui s'appelait « L'homme qui valait 3 milliards ». Il y a pas mal de gens de ma génération. Il y avait aussi Super Jimmy. D'ailleurs, tu as un petit côté Super Jimmy. Vous me direz, pour ceux qui ont vu le show, si c'est un compliment ou autre chose. Moi, j'ai plus l'image d'Iron Man, forcément, quand tu me parles de Bionic. Et d'ailleurs, Jarvis, vous avez l'IA d'Iron Man, elle ne remplace pas Iron Man. Elle l'aide. Elle l'augmente. Et j'aime bien ce paradoxe avec l'IA qui est... Ça fait un peu peur parfois de se dire, OK, on va avoir de l'IA partout, nos entreprises vont être bioniques. Mais en fait, il y a aussi de l'optimisme là-dedans qui est, avec vraiment le déploiement massif de l'intelligence artificielle, on peut être libéré. Notre temps peut être libéré, nos priorités peuvent être libérées, notre cognition peut être libérée pour d'autres choses, pour la créativité, pour la résolution de problèmes complexes, pour l'empathie. Et donc, le paradoxe, c'est que mettre toujours plus de technologies dans nos entreprises pourrait enfin être une opportunité pour remettre l'humain au centre.
Donc peut-être un petit message d'optimisme pour construire vos propres projets dès demain avec cette idée-là en tête. Maintenant, pour construire justement cette entreprise bionique, il faut faire attention au piège de l'optimisation. Le piège de l'optimisation, je pense qu'on est tous tombés dedans depuis que les LLM sont arrivés. On essaye d'utiliser l'IA pour gagner 5%, pour gagner 15 minutes. Ce n'est pas 15 minutes à la fin de votre journée qui va avoir un vrai impact organisationnel. En général, ces 15 minutes, vous allez les utiliser de toute façon pour autre chose. Non, c'est le x2, c'est le x10 qui va transformer nos entreprises et nos métiers. Du coup, il faut se forcer à changer notre mindset et à réfléchir au x10. C'est-à-dire, comment est-ce que là, je peux faire ça complètement différemment? Pour illustrer, que ce soit un peu plus concret, je vous donne un exemple personnel. Il se trouve que... Chose peut-être un peu cocasse, mais je suis aussi directrice financière depuis deux ans maintenant. Et parmi les choses que je dois faire, il y a le reporting financier pour les investisseurs, les actionnaires.
C'est chronophage, c'est un peu répétitif, ce n'est pas le truc que je préfère. Et j'ai utilisé des LLM pour m'aider. Écris-moi un exécutif summary, commente-moi cette table avec des chiffres dedans, vérifie que mon anglais est cool, etc. J'étais en plein dans le 5%. Puis un jour, je me suis réveillée, je me suis dit, mais Marie, tu utilises LLM à droite, à gauche, mais en vrai, tu ne gagnes pas de temps. Il n'y a rien qui a changé dans ton quotidien. Tu réfléchis mal le truc. Et alors j'ai passé un tout petit peu de temps à créer un agent avec trois MCP. Un MCP Google Sheet pour avoir accès à notre budget, à notre P&L et tout le tralala. Un MCP Notion pour avoir accès à tout l'historique des reporting investisseurs et pour pouvoir créer lui-même aussi une nouvelle page Notion. Et un MCP BigQuery pour avoir accès à notre data warehouse et faire de lui-même des analyses complémentaires par rapport aux chiffres qu'il trouvait dans les résultats du trimestre. Et voilà, une grosse journée de travail, je suis passée maintenant à une heure de relecture et modification de mon reporting invest.
Et ça, ça fait plaisir. C'est vraiment ça, si on veut constater des gains au niveau de l'institution, pas au niveau individuel, il faut aller chercher vraiment ces facteurs multiplicatifs. Et en parlant finance, justement, le truc avec l'IA maintenant, c'est que, j'espère que vous l'avez fait, début décembre, vos budgets ne sont peut-être pas encore encore. Il est peut-être encore temps. Mais clairement, la fête est finie. Il faut passer l'IA dans vos budgets. Et d'ailleurs, il me semble que toi, tu avais des ordres de grandeur en tête. Oui, donc j'ai défendu cette vision, moi, parce qu'en fait, moi, j'ai un exercice budgétaire qui est décalé. On démarre notre fiscal au 1er juin et donc on a dû positionner notre budget. Donc, on travaille sur notre budget fin juin et je suis vraiment allé chercher une ligne dédiée à l'EI et aux outils, en fait. Et ce que j'ai défendu auprès du comité de surveillance, c'est que je souhaitais pouvoir investir jusqu'à 10 euros par heure et par personne sur l'EI. Donc ça semble absolument considérable d'investir ça, mais je ne peux pas à la fois demander à mes équipes de faire du x2, x3, x10, et en même temps, entre guillemets, mégoter sur le budget que je suis prêt à consacrer aux outils.
Si je peux aller chercher du x2, pourquoi finalement dépenser uniquement 10 euros par mois ou 20 euros par mois sur de l'EI? Je trouve que ça amène un problème, une incohérence entre l'objectif qu'on se fixe et les moyens qu'on est prêt à y allouer. Donc vraiment, si vous croyez à l'EI et à sa capacité à démultiplier l'énergie dans votre entreprise, à ce moment-là, il ne faut pas hésiter à mettre de l'argent. Et qui plus est, une EI qui ne coûte pas grand-chose. En fait, elle ne fait pas grand-chose. Oui, et d'autant plus que les IA gratuites, il y en a plein, mais c'est des mauvais benchmarks. Aujourd'hui, On voit quand même pas mal de gens qui disent « Ah oui, mais j'ai testé ça, ça ne marche pas du tout ». La première question à leur poser, c'est« D'accord, mais c'était quoi comme IA? Elle coûtait combien? Parce qu'on voit qu'il y a quand même de plus en plus un fossé qui se crée entre celles qui sont gratuites auxquelles tout le monde a accès et celles où on est prêt à mettre de l'argent sur la table. Exactement. Mais toujours en parlant argent justement, attention je dirais parce que oui, il y a l'investissement financier à mettre dans...
Les outils, les licences, les LLM, les algos. Mais en fait, il y a aussi l'investissement au grand sens du terme, en temps, en effort, investissement humain, le focus de l'entreprise. Et on a fait un petit schéma en trois phases hyper scientifiques avec Didier pour dire, en fait, dans un premier temps, le gros de l'investissement, il n'est pas vraiment sur la techno, il est énormément sur la partie humaine pour la conduite du changement, pour gérer les projets, pour acculturer toute l'entreprise à ces nouvelles technos. Et seulement dans une seconde phase, on a un switch de cet investissement. Avec un gros focus, comme vous le voyez, sur la data. Exactement. Donc c'est vraiment ça. C'est quand on démarre un projet qu'on veut vraiment être efficace, le sujet n'est pas tellement technologie, parce que la technologie, elle existe, elle fonctionne. Il y aura énormément de blocages. Ces blocages sont principalement humains. Donc il faut vraiment... Investir du temps et de l'argent aussi pour acculturer l'entreprise.
Et puis au final, une AI sans data, ça ne marche pas. Donc au final, il faudra de la data. Et là, c'est ta zone de confort. Rien de nouveau sous le soleil. Ça fait 10 ans que les projets d'IA réussissent ou échouent en fonction de ça, en fonction de l'humain, en fonction de la qualité de vos données, garbage in, garbage out, on connaît tous ça dans la salle. Mais en fait, avec la Gen AI, c'est la même chose. Si pas, c'est encore plus vrai. Pas de data, pas de chocolat. Ce que vous avez vu tout à l'heure, ma petite démo avec le MCP, etc., ça marche bien, mais parce qu'il y a de la donnée gouvernée. documenté, structuré, en dessous. Ce n'est pas de la magie. On s'est aidé. Moi, j'aime bien dire« aide-toi, le ciel t'aidera». Et maintenant, c'est« aide-toi, le LLM t'aidera». Maintenant, quelques mots sur l'impact sur le système d'information, Didier. Donc l'OSI, en fait, il va forcément être transformé, surtout la manière de communiquer avec l'OSI, elle va être transformée avec l'arrivée de l'AI. J'ai repris sur ce slide, en fait, un peu les trois R que je vois. Quand j'ai démarré, la communication avec le système d'information était assez bruyante.
Les claviers étaient mécaniques, ça faisait du bruit. Et quand on voulait comprendre ce qui se passait, on imprimait des états. Et souvent, les imprimantes étaient à aiguille, elles faisaient beaucoup de bruit. C'est pour ça que j'ai appelé ça l'ère mécanique. Ensuite, dans les années 90, on a basculé sur une ère qui était beaucoup plus visuelle. On naviguait dans le système d'information, on avait des menus, des sous-menus, des sous-sous-menus, on arrivait à des formulaires. Tout ça, c'était très visuel et très guidé. Et puis, en fait, ce qui est en train de se passer là, c'est que pour communiquer de manière efficace avec le système d'information à l'ère de l'IA, en fait, souvent, on va le faire en mode conversationnel. On va poser une question au système d'information. Et vous le savez toutes, vous qui manipulez l'IA, finalement, la qualité de la réponse, elle est d'abord liée à la qualité de la question. Et avant de poser une question, en fait, on réfléchit, on passe du temps. Et c'est pour ça que j'appelle ça l'ère cognitive. Et alors dans cette ère cognitive, qu'est-ce qu'on pourrait par exemple faire avec ton SI conversationnel? Qu'est-ce que tu nous as imaginé?
Le SI conversationnel, je vais l'illustrer avec une application qui a été développée par l'application ECTAR. ECTAR, c'est une entreprise qui a plusieurs missions, dont une des missions, c'est de diminuer la charge mentale des agriculteurs. Il faut savoir qu'un agriculteur, de manière régulière, il doit faire le tour de son exploitation, voir tout ce qui va et tout ce qui ne va pas. Par exemple, il s'aperçoit qu'il y a des parasites qui commencent à arriver et qu'il va falloir les traiter ou que sur une de ses parcelles, il va manquer d'eau et donc il va falloir hydrater un certain nombre d'aides. Donc il fait le tour de son exploitation et en théorie, en rentrant dans son exploitation à la ferme, il doit noter un petit peu tout ce qu'il a constaté, chose qu'il ne fait jamais. Et donc du coup, il a toujours cette espèce de charge mentale de ce qu'il aurait dû faire en tête. Et donc ce que Hectare a proposé, c'est de dire, en fait, on va utiliser l'IA pour réduire cette charge mentale. Et donc qu'est-ce que fait maintenant un agriculteur quand il a l'application Hectare? En fait, il va enregistrer de manière vocale ce qu'il voit. Donc il prend son dictaphone, il dicte ce qu'il voit, et derrière il va y avoir une suite de traitements qui vont être réalisés.
Donc ce vocal va être transformé en texte, ce texte va être un petit peu... Par une première IA, il va être ensuite transformé par une deuxième IA pour ajouter du vocabulaire métier. Ensuite, une troisième IA va récupérer l'information structurée et la pousser dans le système d'information. Donc on voit ici qu'en fait, on est en train de dialoguer de manière orale avec le système d'information et on modifie l'état. Donc de la même manière qu'un... Chef d'usine pourrait discuter avec l'état de son usine grâce à tous les capteurs. Exactement. Ou même un développeur avec son SI. Exactement, c'est exactement ça. Mais du coup, c'est quoi un petit peu les prérequis pour que nos SI soient prêts pour la vague déjà bien en cours? On vous a proposé cinq piliers, deux sont organisationnels, trois sont technologiques, même si très franchement, on pourrait discuter là-dessus. Gouvernance IA, évidemment, on en a besoin pour encadrer l'usage. de l'intelligence artificielle, la gestion des talents aussi, trouver les bonnes personnes, mais aussi insuffler l'envie d'aller de l'avant, rassurer les gens.
Il y a beaucoup de faux mots, il y a beaucoup d'inquiétudes, même chez les développeurs qui sont à la pointe. Aujourd'hui, il y a besoin de les accompagner, donc ce n'est pas qu'une histoire de recrutement. Et sur la partie technologique, c'est comme je l'avais déjà un petit peu dit tout à l'heure, pousser encore plus loin la logique de data as a product. La donnée est clé, son organisation, sa documentation claire et précise, c'est la fondation de vos IA, de vos agents. Sans ça, vous ne ferez rien d'exceptionnel. Et si on pousse cette logique un peu loin, on a l'idée du jumeau numérique. De l'entreprise. Je ne sais pas si tu voulais commenter. En gros, pour que s'il y a une partie de l'entreprise dans laquelle il n'y a pas de data, en fait, l'AI sera aveugle et du coup, elle ne pourra pas agir ou transformer cette partie-là. Donc l'idée, c'est d'avoir une représentation numérique de l'entreprise à travers des datas. C'est pour ça qu'on parle de jumeau numérique. Ce n'est pas un mot qui est nouveau. Il existe déjà depuis pas mal de temps dans l'industrie où le jumeau numérique est en fait l'entité, la modélisation d'une usine.
Et donc là, on l'étend à toute l'entreprise. Jumeau numérique des villes aussi pour les smart cities. Exactement. Et enfin, plateforme IA. L'idée étant que, en tout cas pour beaucoup des entreprises dans la salle, ça paraît crucial d'investir sur sa propre plateforme IA. sécuriser tous ces développements à venir. Oui, parce qu'en fait, l'AI va devenir le système nerveux de l'entreprise. Et en fait, on n'a pas forcément envie de confier ce système nerveux à un tiers. Donc autant investir si on a les moyens sur sa propre plateforme pour héberger toutes les IA qu'on est en train de développer. Il n'y a plus qu'à. Bon, et on finit avec l'impact sur nos métiers. Et on parle beaucoup du développeur, comment le développeur est aidé grâce à Cursor, comment le développeur va être remplacé, etc. Mais en vrai, ce sont tous les métiers de la tech au sens large qui vont et sont déjà impactés par la Gen AI. Le développement, certes, mais aussi l'UX, la gestion de projet, les ops, le cloud, la data.
Et on ne va pas juste se contenter de vous le dire et d'énumérer ça. On vous a sélectionné trois petits exemples avec Didier. Ce qu'on peut dire aussi, c'est qu'il n'y aura pas une intelligence artificielle qui sera capable de tout faire. Il y aura bien des intelligences artificielles dédiées à un certain métier. Il ne faut pas chercher à avoir l'outil qui sait tout faire, il faut plutôt voir quel est le meilleur outil pour son usage. Exactement. Alors, premier exemple, il nous vient de Didier. Donc en fait, sans doute, on parle souvent d'IA gentil et d'IA autonome. On a un cas, en fait, nous, on a travaillé sur... Alors, socialement, ce n'est pas super, j'ai envie de dire, mais en tout cas, on a créé des IA qui ont permis d'avoir un support 24-24-7-7 avec zéro personne. Donc tout le support niveau 1 est maintenant géré par des AI. En fait, l'OPS, c'est sans doute l'un des endroits où les agents autonomes vont arriver en premier. Pourquoi? Parce que c'est un espace où il y a énormément, c'est très monitoré, il y a beaucoup de données. Et qui plus est, face à un signal qui arrive, on a des procédures qui sont détaillées, qui décrivent exactement ce qu'il faut faire face à ce signal.
Et ce qu'on demande aux personnes de support de niveau 1, c'est de ne surtout pas prendre d'initiative. Donc finalement, les AI, dans ce contexte-là, sont vraiment très adaptés parce qu'il y a de la donnée. Et en plus, elles ont des procédures à suivre en cas de problème détecté. Deuxième exemple, celui de la data, mon domaine. Chez Choose, on a du coup créé notre plateforme pour créer des agents. Je vous en ai montré un pour la finance tout à l'heure. Là, c'en est un deuxième qui est notre data analyst. Et en fait, on voit qu'avec un mini prompt, pas dingue, de deux lignes, l'agent va non seulement faire des requêtes sur le data warehouse, mais construire un dashboard de zéro, parce qu'il a le MCP de notre data warehouse, mais il a aussi le MCP de MetaBase, notre outil de BI. Et ça, ça lance toute une réflexion chez nous sur, mais c'est quoi finalement le futur du métier de data analyst? Si mes requêtes SQL, elles sont générées, mon dashboard, il est déjà là, prêt à l'emploi, est-ce que je BI as a service maintenant ça va devenir BI through LLM as a service comment est-ce qu'on fait pour
continuer à gouverner des dashboards et des analyses dans un contexte comme ça. Je vous laisse avec toutes ces questions, on pourrait en reparler plus tard. Dernier exemple, c'est ce qu'on a fait chez Sphère. On a redéveloppé le site web de notre entreprise de conseil qui s'appelle WeEnvision. En utilisant les outils d'AI, on est passé d'un projet, la première version du site web, ça avait été 6 mois de délai et 100K de budget. On a redéveloppé ça en utilisant des AI en à peu près 70 heures de travail et 1000 euros de budget. Donc on le voit à nouveau ici, il y a vraiment une énorme transformation qui est en train d'arriver. Et bien voilà, ce n'était pas simple de couvrir ces cinq thématiques en 20 minutes. Le moment du choix est arrivé pour vous tous. Et comme dit Didier, l'avenir n'est pas écrit dans le silicium. Donc à vous de réfléchir à comment vous voulez aborder ces grandes thématiques. On vous conseille d'investir dès maintenant, pensez à vos budgets, de gouverner avec rigueur, éthique et d'innover. Merci.
Merci à tous. Bravo Didier, bravo Marie, vous avez inauguré cette neuvième édition du Tech.Rocks Summit, c'était tout à fait passionnant et vous n'allez pas échapper au rituel de cette année puisque nous avons les fameux QR codes dont je vous ai parlé, vous allez pouvoir raconter en toute bienveillance, en toute bienveillance. Ce que vous avez pensé de ce premier talk et inaugurer cette session, ce n'est pas toujours évident. Moi, j'ai appris plein de trucs. La première chose, c'est que maintenant, la qualité de la réponse dépend aussi de la qualité de la question. Donc ça, je vais le retenir. Et une IA qui ne coûte pas très cher, forcément, n'aura pas des résultats qui seront probants. Donc je vais retenir ça aussi pour mes prochaines activités. Merci infiniment à tous les deux. Merci à tous.
