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Podcast Tech.Rocks
S03E14 · Quelle posture avoir quand on est CTO dans une ESN ?
- Jean-François Wassong (CTO, Fifty-Five)
- Didier Girard (Co-CEO, SFEIR) — interview
Podcast Tech.Rocks · 25 avril 2021 · 27 min · en français
Résumé
Quelle posture adopter quand on est CTO dans une ESN, au service d'autres entreprises ? Jean-François Wassong, CTO de Fifty-Five, répond à cette question.
Summary
What stance should you take as CTO of an IT services company working for other businesses? Jean-François Wassong, CTO of Fifty-Five, answers this question.
Thèmes : Management & organisation
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
On ne comprend pas pourquoi on pouvait toujours quitter une boîte comme Google, qui est, il est vrai, un environnement super, super enthousiasmant. Et le dernier, effectivement, c'est la qualité, la qualité, la qualité. Il va falloir être suffisamment agile pour maintenir un niveau de performance des ventes, malgré les outils qui changent profondément. Ces deux années qui viennent vont être très intéressantes. Bonjour à tous, Didier Girard, co-CEO de SFEIR. Bienvenue sur le podcast Tech.Rocks saison 3. J'accueille aujourd'hui Jean-François. Jean-François, est-ce que tu peux te présenter? Bonjour, je m'appelle Jean-François, Jean-François Wassong. Je suis actuellement chez Fifty-Five, la data company, et j'interviens chez Fifty-Five en tant que partenaire à ICTIO. Ok, donc Jean-François, c'est vrai qu'on se connaît depuis un certain nombre d'années.
Moi, je t'ai connu au moment où tu étais encore chez Google. Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, on prend l'initiative de quitter une entreprise comme ça? C'est une question qu'on m'avait souvent posée à l'époque, effectivement, parce que quand on avait rejoint Google, on avait encore un bureau qui n'était pas très grand. Au début d'une cinquantaine de personnes au bureau de Paris. Et au bout des quatre ans, on était déjà un peu plus nombreux et on ne comprenait pas pourquoi on pouvait vouloir quitter une boîte comme Google qui est, il est vrai, un environnement super enthousiasmant. En fait, c'est simplement parce que dans mon rôle, qui était une espèce d'avocat des technos Google. J'allais dans des forums de développeurs, etc. Pour parler avec les gens, pour leur montrer toutes les capacités des produits Google. Et je travaillais aussi avec des clients de Google pour les aider, effectivement. à mettre en place des solutions. À l'époque, c'était principalement les API.
Et en fait, au bout d'un moment, et c'est quelque chose que j'ai toujours eu dans ma carrière, c'est qu'au bout d'un moment, on a vraiment envie de rentrer dans le détail et d'être véritablement en situation. C'est-à-dire que les outils qu'on nous propose et qu'on... On vante à longueur de journée, on a vraiment envie de les voir fonctionner pour de vrai. Et pour ça, effectivement, il y a eu une opportunité qui s'est présentée de rejoindre une société en cours de création, qui s'appelle Fifty-Five. Et ça a été une opportunité pour vraiment se mettre en situation et voir un petit peu comment on pouvait dérouler l'ensemble de la théorie que j'avais évoquée avec l'ensemble des postés pendant un certain temps. L'idée, c'est que tu étais jusqu'alors plutôt prescripteur et que tu voulais devenir utilisateur. Exactement. C'est quelque chose qui m'est arrivé assez régulièrement au cours de ma carrière. À chaque fois, il y a le côté choisir les technos, choisir les solutions, écouter les discours des uns et des autres pour voir comment ça peut coller. Ensuite, toujours cette envie d'aller y voir pour voir comment ça se déroule pour de vrai.
Souvent, ce n'est pas au sein de la même société que ça se fait. Ça se fait sous des conditions différentes. Ok. Et donc, du coup, tu as rejoint une entreprise qui était en cours de création qui s'appelle Fifty-Five. Est-ce que tu peux nous présenter un petit peu l'activité de cette entreprise? Oui, tout à fait. Donc, effectivement, Fifty-Five, c'était… Alors, c'est vrai que dit en 2020, ça fait un peu tarte à la crème. En 2010, c'était un peu différent, on est une data company. C'est-à-dire qu'en fait, le principe de départ de Fifty-Five, c'est que les annonceurs présents sur Internet et qui investissent en... Des budgets publicitaires souvent colossaux, ont souvent un besoin d'évaluer la performance de leurs investissements sur l'ensemble de leurs assets digitaux. Et ça, ça a donné naissance à cette fameuse discipline du marketing data-driven, qui consiste effectivement à être capable de véritablement mesurer ce qui se passe sur les sites, les apps, dans les points de vente, etc.
Et en fait, d'informer et d'alimenter comme ça. Une conduite du business qui est vraiment orientée aux chiffres, c'est-à-dire qu'en fait on pilote et on prend des décisions sur la base de données chiffrées qui sont collectées de manière maîtrisée. Et Fifty-Five en fait c'est un peu ça, c'est surtout ça, c'est-à-dire que c'est à la fois des consultants qui comprennent les métiers des clients et leurs objectifs business en termes de chiffre d'affaires et d'efficacité, etc. Des experts du marketing digital qui comprennent effectivement comment une MarTech fonctionne et comment on peut en tirer le meilleur, et des équipes d'intégration et de développement technique qui permettent de mettre tout ça en musique, et donc d'avoir cette espèce de décliner cette vision au niveau. Comment je fais pour atteindre mes objectifs business dans un monde digital ? Jusqu'à l'implémentation au quotidien de tout ce qu'il faut pour que ça marche et pour que ça existe pour de vrai. Donc en fait, c'est un peu un nouveau type d'agence où on est à la croisée de plusieurs chemins d'expertise.
Et c'est vraiment ça qui a été intéressant et qui m'a amené à faire pas mal de mises en situation. C'est vrai que c'était vraiment se positionner il y a plus de dix ans maintenant sur ce marché-là, c'était vraiment assez visionnaire. Et je me rappelle bien quand tu m'avais présenté ce que vous alliez faire, c'est vrai qu'à l'époque, tout ça me semblait assez obscur et que maintenant que tu me le rappelles, ça semble tout à fait cohérent et concret. Donc, tu as rejoint Fifty-Five directement en tant que CTO? Oui. Alors après, on était moins d'une dizaine. Donc en fait, dans un petit groupe comme ça, le CTO, c'était principalement le tech qui savait faire. En fait, si je reprends l'évolution sur Fifty-Five, je pense qu'en tant que tech de la bande, on va dire, au début, on est vraiment dans une approche de doer. C'est-à-dire, en fait, c'est vraiment le gars qui va s'occuper de tous les trucs de base au début, parce qu'il n'y a personne d'autre pour le faire, de toute façon. Et au fur et à mesure, le rôle change, effectivement, pour devenir plus un coach.
On va faire venir des gens pour prêter main-forte, parce qu'il y a quand même des choses à faire. Et après, avec les effectifs qui croissent au fur et à mesure, on passe du rôle de coach. rôle de coach, plutôt un rôle d'arbitre, voire parfois de gendarme, pour que tout ça, ça reste consistant, puisque là, on est plus de 200 maintenant, et qu'il faut surtout fédérer les énergies et les efforts. Donc, ce que tu dis là, c'est qu'en gros, entre ton rôle de CTO il y a 10 ans et celui d'aujourd'hui, ça a beaucoup évolué. Et donc, en fait, le rôle de CTO s'adapte finalement à la taille de l'entreprise. Oui, tout à fait. Alors en fait, il s'adapte à plusieurs choses. Dans la croissance d'une entreprise, en fait, il y a déjà un choix assez critique et qui est souvent, je pense, qui est souvent pas clair au début parce que justement, Ce n'est pas aussi évident que ça. Est-ce qu'on est plutôt dans du service ou du produit?
En gros, quand on a une composante technique dans son activité, on a toujours la tentation de se dire, ce qu'on sait bien faire, on va le packager, en faire un produit et puis ça va rouler. Et en fait, je pense que ça, c'est un écueil qu'on a souvent dans un tas de sociétés. C'est qu'en fait, ça n'est faisable que si on a une entreprise qui est complètement organisée autour de cette volonté de faire un produit. Versus le cas le plus habituel, effectivement, dans des boîtes de conseil, qui est, en fait, je fais surtout... construire des choses et capitaliser, mais dans une optique d'être capable d'être flexible et d'adresser les besoins des clients. C'est vraiment cette distinction-là qui est un peu compliquée et structurante et qui fait évoluer le métier juste après. Donc ça, c'est un premier élément d'évolution. Je te rejoins assez sur le fait qu'assez rapidement, on est amené à choisir quand on travaille dans l'accompagnement des entreprises, est-ce qu'on prend
une piste plutôt produit, une piste plutôt conseil et que la piste produit est assez difficile pour les boîtes de conseil. Je suis bien en phase avec toi. Est-ce que tu peux nous parler de ton quotidien de tech leader chez Fifty-Five? Alors, mon quotidien maintenant a pas mal évolué, puisqu'effectivement, on a des équipes assez importantes. En termes d'équipe technique, on a des grandes variétés de disciplines, puisqu'on a à la fois des gens qui vont faire de l'intégration pour mettre en place des solutions de tracking, On a des ingés qui vont développer des outils pour automatiser la manipulation des différentes plateformes digitales. On a des équipes qui font plus du DevOps, parce qu'une fois qu'on a collecté toutes les données, on va vouloir les synthétiser et en extraire la suite scientifique. Il faut utiliser le cloud et donc du coup, il faut être capable de déployer des choses. Il y a une... partie expertise, marketing digital et écosystème, très importante parce qu'on est dans un domaine qui est extrêmement mouvant.
Et donc, si on veut être vraiment pertinent par rapport aux attentes de nos clients, il faut qu'on soit tout le temps aux aguets sur ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, etc. Donc moi, mon rôle dans tout ça maintenant, c'est principalement, je dirais, trois choses. La première et la plus prenante, c'est vraiment s'assurer que tous les gens, qui travaillent au sein de Fifty-Five. et le pass d'acquisition d'expertise, de progression et d'enrichissement personnel qui va bien, parce qu'effectivement, c'est ça qui fait la force de l'entreprise. Donc c'est un, la gestion de personnes et la gestion de ressources, mais au sens vraiment expertise, c'est-à-dire être sûr que chacun apprenne. Il y a une partie aussi qui est importante, qui est l'alignement des comètes. C'est-à-dire qu'en fait, on a des bureaux un peu partout dans le monde, et effectivement, quand un data scientist construit une solution à Taïwan, il faut que ce soit consistant avec ce qu'on aurait délivré si on l'avait délivré à Genève ou à Paris. Donc ça, c'est un travail de...
De réconciliation des points de vue d'experts qui prend pas mal de temps aussi. Et le dernier, effectivement, c'est la qualité, la qualité, la qualité. Parce qu'en fait, comme on travaille dans la donnée, le côté rigoureux et assurance qualité, c'est vraiment quelque chose qui est à l'alpha et à l'olive de ce qu'on fait. Donc, il y a aussi pas mal d'efforts de structuration. C'est la donnée marketing qui est assez sensible, parce qu'il y a souvent de l'information utilisateur derrière, donc j'imagine qu'il y a aussi beaucoup d'enjeux au niveau de la sécurité, des choses comme ça, non? Ah, tout à fait. Alors ça, c'est les dernières innovations sur ces dernières années. Ça a été effectivement ce focus de plus en plus important. La pression réglementaire sur ce genre de choses fait qu'effectivement, On est maintenant... En fait, il y a différents phénomènes qui ont couru à ça. Il y a d'abord la grosse pression, JDPR, etc., qui fait que les données personnelles, c'est devenu un enjeu pour toutes les boîtes.
Et il faut être capable de montrer vraiment pas de blanche avant de manipuler quoi que ce soit. Donc ça, c'est une première grosse contrainte qui compte effectivement la sécurité là-dessus. C'est très important. Je me demandais, peut-être que ça va être en phase, est-ce que vous êtes impacté par tout ce qui tourne autour des coquilliers? Complètement. Alors ça, c'est à la fois pour nous, c'est à la fois un élément perturbateur, mais aussi une opportunité. En fait, il faut bien voir qu'avec cette espèce de triple menace sur les coquilliers et la disparition annoncée des coquilliers, c'est un peu comme si dans une assemblée de... De gens, d'un coup, tout ce qui est fil de nylon se dissolvait. Et donc, il y a des tas de trucs qui ne tiennent plus ensemble. Et ça, on est dans un écosystème qui, pour l'instant, est encore un petit peu dans le déni. Et donc, en fait, il y a un gros mouvement de fond sur tout un tas de solutions innovantes à trouver ou à concrétiser pour être capable de continuer à préserver une activité qui est vraiment menacée par la disparition des coûts de filière.
On ne vit pas, nous, en tant que tel, du coup de filière. On n'est pas une agence de pub. Mais par contre, nos clients... clients, annonceurs, eux, s'appuyaient pas mal sur les coûts de tiers pour arriver à remplir un certain nombre de cas d'usage qui leur permettent de faire leur métier. Et donc là, en fait, le gros du travail sur les deux années à venir, ça va être de trouver les moyens de continuer à assurer la vente pendant les travaux. C'est-à-dire qu'en fait, il y a des tas de choses qui vont cesser de fonctionner et d'autres trucs qui vont arriver. Il va falloir être suffisamment agile pour maintenir un niveau de performance des ventes malgré les outils qui changent profondément, les pratiques et les écosystèmes. Donc ces deux années qui viennent vont être très intéressantes. Chaque crise étant une belle opportunité, là on a une belle crise, donc on a une très belle opportunité pour vous. Ah bah oui, vu la taille de la crise qui s'annonce, oui, ce sera une très belle opportunité. Super. Donc en fait, ton entreprise est dans un écosystème qui s'appelle les ESN.
Est-ce que tu peux préciser un petit peu, est-ce qu'il y a des particularités à être CTO dans une ESN? Alors, c'est vrai que je n'ai pas trop tendance à considérer Fifty-Five comme une USN. C'est plutôt pour moi une boîte de conseils qui fait aussi de la tech. C'est un peu différent. Mais sinon, effectivement, le principe en tout cas qui tourne autour de tout ce qui est service aux clients, la grosse spécificité, c'est le devoir d'agilité. Ce qui est en fait effectivement, avec chaque client, les environnements sont différents. Donc là, forcément, ça dépend. de l'adaptation. C'est ça qui est intéressant, c'est que ce côté mise en situation, on l'a régulièrement, parce qu'en fait, à chaque fois, c'est de nouveaux environnements techniques, etc., de nouvelles contraintes. C'est aussi une grande variété dans ce qu'on délivre, en fait. C'est-à-dire que suivant la maturité des marchés, des sujets et des clients, on ne va pas du tout délivrer la même chose. En fait, un client qui démarre sur un sujet, il va faire appel à nous pour qu'on le prenne par la main et qu'on lui fasse tout du sol au plafond.
Et en et qu'on assure le run des solutions qu'on met en place. Là où un client beaucoup plus mature a déjà constitué ses équipes data, etc., aura besoin d'une expertise ponctuelle pour amorcer un sujet, éventuellement craquer un ou deux sujets un peu compliqués où il n'a pas les ressources pour rentrer dans le détail ou le niveau d'expertise nécessaire. Mais après, tout ce qu'on produira pour ce client sera dans une optique de transfert de compétences, de passation et de co-création. On va créer à quatre mains avec le client, puis à la fin, il sera autonome sur les sujets et puis on craquera des trucs un peu plus complexes. Donc en fait, c'est surtout ça la difficulté. La grande variété d'environnements, la grande variété de modes de livraison et d'attente client, c'est vraiment ça qui fait le sel de ce rôle. C'est un peu comme si tu étais le CTO de plusieurs entreprises au final. Voilà, c'est un peu ça. En tout cas, il faut à chaque fois faire l'exercice d'empathie et comprendre les attentes et les enjeux du client d'un point de vue technique.
Effectivement, il n'y a pas de solution unique pour un problème donné. Il y a autant de solutions que de capacités à accueillir cette solution. Et c'est ça qui demande un effort au début. Parce qu'on se dit toujours que la solution qu'on a trouvée à un problème, une fois qu'on sait la faire marcher, tout va bien, on va pouvoir le répliquer et le vendre à la terre entière. En fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça, parce qu'à chaque fois, effectivement, composé avec un... un existant, il faut composer avec les capacités des équipes en place et les volontés d'investissement. Donc le métier du service, du conseil, il y a souvent des fréquences, des critiques associées à cette typologie d'entreprise. Qu'est-ce qui te plaît dans ton quotidien et pourquoi est-ce que c'est intéressant de travailler dans des entreprises qui sont au service d'autres entreprises? En fait, je pense que la première chose, c'est qu'on apprend énormément de ses clients. J'ai toujours été les plus grosses révélations.
Tout au long de ma carrière, j'ai fait du conseil technique, de l'expertise pour les éditeurs, etc. J'ai travaillé en immersion chez un certain nombre de clients. Et c'est vraiment très intéressant de voir comment fonctionne une organisation et d'y entrer suffisamment pour voir les principes qui sont à l'œuvre. Et je trouve que c'est une telle mine d'enseignement que par rapport à des structures où on est en permanence dans le même environnement, avec une espèce de routine qui s'installe, Je trouve que le côté changement d'environnement et mise en situation multiple est beaucoup plus enrichissant. Je pense que c'est effectivement lié aussi au type d'activité qu'on peut avoir et au domaine dans lequel on travaille. J'ai toujours trouvé qu'effectivement, c'est en étant en contact avec des réalités différentes que vraiment on arrive à se forger une opinion. C'est pertinent. Ok, très bien. Et donc, qu'est-ce qui… On est là aussi pour parler un petit peu de Fifty-Five et pour donner, en tout cas pour présenter l'entreprise.
Donc, qu'est-ce qui… Pourquoi est-ce qu'on aurait envie de rejoindre l'entreprise pour laquelle tu travailles? Je pense que le gros intérêt qu'il y a à travailler chez Fifty-Five, Si on est intéressé par tout ce qui est digital, marketing digital, etc., c'est déjà que c'est quand même une très bonne école pour les gens qui ont un bagage technique, qui ne sont pas forcément impliqués au marketing digital. C'est une bonne école parce que ça permet de voir l'ensemble des métiers du début à la fin. Tout ça, c'est une première chose. On a pas mal de gens qui nous rejoignent pour ça, pour comprendre un peu comment ça marche, le marketing digital, comment ça marche, la data appliquée à... Pilotage de l'activité PRM, on va dire. Et après, en fait, une fois qu'on est à l'intérieur, je pense que ce qui est vraiment intéressant, et c'est vraiment ça qui m'occupe le plus gros de mon temps, c'est de s'assurer que les gens acquièrent de l'expertise et grandissent chez nous. En fait, ce qu'on aime bien, c'est des gens qui prennent les sujets, qui grandissent sur les sujets et qui ont fait profiter les autres et gagnent en épaisseur et en consistance sur ce truc-là.
Et on valorise très fortement l'acquisition de l'expertise. Que ce soit une expertise métier, purement data ou purement tech, mais en tout cas, c'est vraiment le... l'horizon pour tous les postes qu'on a. Et après, en fait, c'est un... un peu un melting pot, c'est-à-dire entre quelqu'un qui va s'intéresser à vraiment comment traquer l'activité sur un site, comment les hits vont être collectés, et un data scientist qui va faire tourner des modèles, et un expert du média qui verra comment on peut transformer ça en pub efficace ou en prévision de comportement, etc. C'est des disciplines très diverses qui demandent de l'expertise chacune dans son coin, mais aussi beaucoup de dialogue entre les disciplines. C'est vraiment ça qui est... Je pense que c'est intéressant chez nous, c'est qu'on a le coutume de représenter le consultant Fifty-Five comme une espèce d'hybride entre plusieurs profils très avancés. Et donc, du coup, effectivement, on a toutes ces spécialités qui dialoguent entre elles.
Et c'est ça qui est vraiment intéressant. Puis en plus, par rapport à ce que tu disais tout à l'heure sur le tremblement de terre qui est en train d'arriver dans tout ce qui est la data et le marketing, je pense que c'est un bon moment pour monter à bord en ce moment parce que c'est apprendre une nouvelle… manière de faire le métier, donc ça va sûrement être très enrichissant. Ok. Donc, juste, moi, je suis vraiment content qu'on ait cet échange-là. Et puis, quand j'échange un peu avec des tech leaders, j'aime bien qu'ils partagent aussi un petit peu leur fierté, c'est-à-dire qu'elles sont, qu'elle est le... La réalisation dont ils sont fiers, quelque chose qui était un défi mené à bien ou des choses de ce type-là. Et inversement, j'aime bien aussi tirer de l'expérience et l'expérience, on l'acquiert aussi à travers les fails. Donc, est-ce que tu pourrais nous partager un succès de ta part et puis aussi un fail où tu as appris beaucoup de choses? Je pense qu'il y a quelques choix technologiques que j'ai fait tout au début de Fifty-Five notamment, qui n'étaient pas forcément très heureux.
C'est resté un petit peu de ce que j'avais pu avoir comme empreinte. Je pense notamment à... Un framework qui a peut-être été oublié maintenant, qui était à l'époque GWT avec une vision qui était assez séduisante. C'est-à-dire que je développe un truc une fois pour toutes en Java et puis derrière, ça me fait autant d'interfaces que j'ai de devices. Ce n'est ni les premiers ni les derniers à avoir essayé. Non, tout début de Fifty-Five, je me suis lancé avec GWT et effectivement, on a été amené à changer en tout cas assez rapidement de techno parce que c'était effectivement pas complètement au rendez-vous en termes de GWT. C'est intéressant que tu parles de ça, parce que j'étais quand même un des gros promoteurs de cette technologie que je trouvais très séduisante, effectivement, et qui a eu du mal à survivre, ne serait-ce qu'en interne chez Google, et qui a amené finalement un peu de dette, parce que
Google s'en est un peu détourné à un moment donné. Oui, tout à fait. Mais c'est vrai que la promesse est intéressante, et c'est une promesse qui reste effectivement intéressante, et je pense que là, il y a... Il y a des choses qui arrivent qui permettent, qui feront peut-être de mieux, on peut mieux réussir sur ce truc-là, parce que c'est vrai que c'est un peu désespérant d'avoir que ce qui était, ce qui frappait autant d'interfaces qu'il y a de devices. Donc là, on commence à avoir des solutions, donc ça, c'est pas mal. Mais en tout cas, c'était un truc séduisant et il a fallu changer pour des choses un peu plus classiques maintenant. Ça m'a appris effectivement de trouver le bon moment où on passe de vraiment build versus intégration versus buy. C'est-à-dire qu'il y a des moments où on est obligé de rentrer vraiment dans les détails et de repartir de zéro, ce que les techs adorent en général. Et puis il y a des moments où la maturité est faite, que la première chose à faire, ce n'est pas de se jeter sur son vidéo pour coder des trucs, mais c'est plutôt de voir ce qui existe et de voir ce qu'on peut intégrer pour avoir de l'impact.
Et ça, c'est un... Après, c'est un fail dans le sens où, effectivement, à partir d'un certain âge, normalement, on ne devrait plus tomber dans ces travers-là. C'est vrai que le tech de base, il adore repartir from scratch. C'est quelque chose qui... Et je pense que c'est quelque chose qui fait sens dans les trucs naissants, dans l'état de domaine où, en fait, la première chose à faire, c'est de regarder ce qui existe et de s'appuyer dessus. Non, tu l'as réussi. Alors ça, heureusement, il y en a eu pas mal sur des projets vraiment sympas. C'est surtout des collaborations avec des clients qui ont duré longtemps et qui ont donné lieu à plein de développements divers et variés. On a quelques cas où on démarrait effectivement sur des petites missions de mobilisation data science. Et puis, de fil en aiguille, on construit des data lakes, on commence à vraiment trouver des... des pistes de prédiction du comportement d'utilisateurs, etc.
On finit par vraiment prototyper des applis un peu plus sympas qui permettent de faire tout un tas de choses. Donc ça, c'est ce genre d'approche qui sont intéressantes. Et puis après, dans les tools qu'on a pu développer nous en interne pour nos usages, en fait, tout ce qui va nous permettre de systématiquement comprendre tout ce qui a été mis en place dans les papilles. sur des milliers de sites. Ça, c'est des choses, voilà, c'est des développements internes, ce n'est pas des toquis, ce n'est pas en libre-service, mais c'est des choses qui nous rendent service au quotidien et qui fonctionnent vraiment bien. Tout l'outillage que tu as réussi à mettre au sein de Fifty-Five et qui vous aide à avoir une très grosse productivité, tu considères que c'est un véritable atout. C'est vrai que ce n'est pas forcément évident d'arriver à faire ça au sein d'une entreprise. D'arriver à capitaliser comme ça, c'est toujours des gros enjeux dans les boîtes de services. Oui, ce que je veux dire, surtout, ce qui est vraiment sympathique, c'est quand on voit que cet outillage développé à Paris, par les équipes à Paris, est utilisé
à Taïwan pour des missions et qu'on arrive à déployer ces missions-là à Taipé avec très peu de gens sur place et beaucoup d'outillages fournis depuis Paris. Donc oui, c'est le genre de choses qui est effectivement très satisfaisante. On arrive à la fin de cet échange. Pour terminer, est-ce que tu aurais un livre, un podcast, une conférence à conseiller aux auditeurs? C'est un peu compliqué. Je dois avouer que je ne suis pas forcément la meilleure personne pour ce genre de choses. Moi, ce que je fais en général, c'est que je passe mon temps plutôt à regarder un petit peu. Je suis aussi de là, mais c'est vrai que je n'ai pas d'adresse référente sur laquelle je vais régler. C'est un peu un peu. Buitineur, alors. Exactement. Oui, c'est pas mal aussi. C'est vrai que je pratique aussi beaucoup cette manière de faire de la vie. Ok, Jean-François, merci beaucoup pour cet échange. Merci à toi.
A bientôt. A bientôt, oui.
