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Meetup Tech.Rocks
Être Tech Leader et introverti•e
- Gilles Walbrou (CTO, Datadome)
- Julien Houvion (CTO)
- Mélanie Boudard (Co-CTO, Pix)
Meetup Tech.Rocks · 13 septembre 2024 · 55 min · en français
Résumé
Comment surmonter l'introversion et développer les compétences nécessaires pour s'imposer en entreprise quand on est tech leader ? Lors de ce meetup, trois CTO partagent leurs expériences et leurs stratégies, en abordant à la fois des aspects personnels et sociologiques et en proposant des clés concrètes.
Summary
How can tech leaders overcome introversion and develop the skills they need to make their mark at work? In this meetup, three CTOs share their experiences and strategies, covering both personal and sociological aspects and offering practical keys.
Thèmes : Management & organisation
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Bonjour à tous, je suis un peu fier de pouvoir parler un peu des introvertis, parce que c'est vrai qu'on a tendance à être mis un peu en retrait, particulièrement dans le monde du travail. Ce que je vous propose là, c'est de commencer avec une petite définition et surtout les termes à ne pas mélanger sur l'introversion. N'hésitez pas à poser vos questions et puis après on enchaînera avec un peu les questions et les discussions avec Mélanie et Gilles sur les éléments où on s'est vus en amont pour discuter un peu de nos parcours, des difficultés qu'on a rencontrées, des facilités qu'on a eues aussi, et puis vous partager ces expériences. Donc voilà, est-ce que ça va à tout le monde? Je suppose que oui. J'ai l'impression que oui. Je vais y aller. Normalement, vous voyez l'écran. Donc voilà, c'est parti. Donc, meet up Tech.Rocks. Moi, je retiens sur Tech.Rocks quelque chose que j'aime beaucoup et vous verrez chez les introvertis, c'est un élément important, c'est le no bullshit.
On aime bien prendre la donnée telle qu'elle est, quand elle est vraie, et la traiter de cette manière-là. L'introversion, on va commencer par une définition. C'est un trait de personnalité et c'est particulièrement une question d'énergie. C'est-à-dire, est-ce qu'on va retrouver son énergie? Est-ce qu'on va être à l'aise dans des... Dans des environnements où on est seul ou avec... avec des interactions sociales plutôt faibles, ou justement avec du monde, avec un groupe. Donc, c'est ce qu'on met derrière. On préfère les introvertis, on préfère les environnements calmes, ils tirent leur énergie de la réflexion, des activités solitaires. Et les extravertis, on va les retrouver à la machine à café, on va les retrouver, évidemment, je vanne un peu, mais on va les retrouver sur les soirées ou dans des... Dans des éléments où il y a un peu plus de monde. Je reviens sur une définition. Il n'y a pas d'introverti et d'extraverti à proprement dit. C'est un spectre avec effectivement ces deux notions qui s'opposent.
Mais en fait, chaque personne est située quelque part sur ce spectre. Certains sont au milieu, d'autres ont plus tendance à être vers l'introversion, d'autres vers l'extraversion. On va dire que c'est plutôt faux de parler d'introverti et d'extraverti. Déjà parce qu'il y a des moments où quelqu'un qui a tendance à être plus en introversion va être extraverti et inversement. Donc, voilà. On parle d'ondiversité quand on est plutôt au centre. Ça se passe dans le cerveau, cette partie-là. Il y a eu des études qui ont été faites. On a des cerveaux qui fonctionnent différemment. Ce n'est pas de notre faute. Ce n'est pas de notre faute et c'est notamment un rapport avec la dopamine. En tout cas, c'est là où on en est aujourd'hui sur les recherches et je suis assez content qu'il y ait ces recherches qui se fassent. Principalement, ce qui se passe, c'est un extrait de la dopamine. On en parle beaucoup, mais c'est vraiment ce système de récompense qu'on a dans le cerveau qui permet la répétition. On va aller chercher la répétition de ce stimuli.
Les extravertis vont le trouver de manière sociale, dans les biens qu'ils possèdent, dans la posture dans la société, dans les échanges qu'il a, donc dans toutes les stimulations sociales. Les introvertis, en fait, ils sont très sensibles aux variations de dopamine et donc ça a tendance à les épuiser, ça a tendance à les submerger. Donc, ils vont aller développer, ils vont améliorer leur réception sur une autre molécule qui est la sélectoline et qui a une diffusion plutôt lente et qui est plutôt axée sur une récompense par rapport à l'apprentissage, la créativité, etc. Donc, on les a tous, nos cerveaux prennent tout, mais on va avoir des tendances à favoriser l'une ou l'autre et à réagir en fonction de l'une ou l'autre. Il y a souvent, on confond l'extraversion et l'introversion avec des comportements, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
C'est pour ça que je parlais du cerveau avant, c'est-à-dire qu'il y a quelque chose qui est plutôt biologique. Et en fait, on a des comportements ou des choses qu'on constate chez les gens qui ne sont pas forcément de l'introversion ou de l'extraversion. Par exemple, et ça c'est souvent le cas, on va définir que quelqu'un qui est timide est introverti. Alors ça, ce n'est pas vrai. Alors, ça ne veut pas dire qu'on n'est pas timide quand on est introverti, mais ce n'est pas forcément un critère. La timidité, c'est une réaction de stress, par exemple, à de l'anxiété sociale. Ce n'est pas exactement la même chose. Et puis, on a aussi la partie mise en retrait. Ce n'est pas parce qu'on est en retrait qu'on est introverti. Moi, si je peux donner un exemple là-dessus, j'ai un ami qui est sans arrêt en retrait, c'est-à-dire qu'il ne s'impose pas, qu'il ne prend pas d'espace dans les espaces collectifs, dans les moments collectifs. Et pourtant, il se nourrit de ces moments collectifs. Donc, il va être toujours partant pour sortir. Il fait toujours quelque chose. Il sort tous les soirs. Et pourtant, dans une soirée, Ce n'est pas forcément celui qui parle le plus et qui est le plus en avant. C'est un extraverti, il récupère son énergie dans des situations où il y a du monde, mais il est en retrait.
Et puis après, on a, et ça c'est, on en parlera un petit peu avec Mélanie qui m'a remonté ça, il y a les fausses introverties, les fausses extraverties, c'est-à-dire des gens qui, pour des questions d'adaptation sociale, vont adopter des comportements qui ne sont pas leurs comportements naturels. Ça, c'est le propre de l'être humain de faire l'adaptation. C'est Darwinisme, on va dire. Et puis, on revient sur une chose, introverti et extraverti, donc c'est un spectre, ce n'est pas un défaut, ce n'est pas un manque de confiance, ce n'est pas un manque de compétence, c'est juste une manière différente de fonctionner. Ça fait quelques années maintenant, je dirais une quinzaine d'années qu'on parle beaucoup de... Ça a commencé un peu avec le savoir-être, on disait le savoir-faire, savoir-être, et puis on a commencé à aller sur tout ce qui est la bienveillance, l'engagement, et un peu sur qui étaient les personnes, la culture d'entreprise. Et en fait, ces éléments-là, ils se sont vachement développés. On a commencé à s'intéresser, mais finalement, dans une boîte ou dans un groupe, quel type de personne j'ai et comment je construis une culture autour de ça.
Et donc forcément, l'introversion et l'extraversion sont des éléments qui sortent. assez vite, c'est présent dans le MBTI, je pense que vous le connaissez, c'est présent dans le Big Five. Donc voilà, moi je vous ai mis mon profil, parce que c'est celui-là que j'avais sous la main. Ce que vous pouvez voir sur les parties qui sont à droite, je n'ai pas particulièrement de problème de leadership sur prendre l'ascendant et chercher à convaincre. Donc on part sur la partie tech leader. Par contre, aller vers les autres, s'ouvrir aux autres ou faciliter les interactions, c'est un peu plus compliqué pour moi. D'accord? Donc ça, c'est moi. Mélanie et Gilles, je ne me tire pas de conclusion là-dessus. Et ce qu'on peut voir, c'est que par contre, au niveau de ce qui est seul, donc la créativité, s'adapter, s'intéresser aux choses astrates, etc., je vais être beaucoup plus à l'aise sur ces parties-là. Donc voilà, et quand on a ces modes de fonctionnement, et je trouve ça très bien que les systèmes RH ou que les managers s'y intéressent de plus en plus, on compose des équipes d'une manière différente et on organise aussi le travail d'une manière différente.
Donc voilà, ravi de pouvoir faire ce meet-up. C'était rigolo de regarder un peu quelles sont les personnes connues pour leur introversion. Il n'y a pas Steve Jobs dedans, que certains adorent. Il y a Steve Wozniak, par contre, mais il n'y a pas Steve Jobs. Bill Gates était très connu, Mark Zuckerberg aussi. C'était moi, j'étais assez surpris par l'histoire de Michael Jordan, où on le prend vraiment pour un leader dans un sport collectif. Il est défini comme introverti. Donc, il n'y a pas une opposition entre le leadership, la réussite et l'introversion. C'est vraiment des modes de fonctionnement qui sont différents. Et puis voilà, ça c'était pour la présentation. Et puis maintenant, on va passer à la partie discussion avec Gilles et Mélanie. Est-ce que déjà sur ces définitions, il y avait des questions ou des choses sur lesquelles vous voulez qu'on revienne avant de démarrer? Il y a une question sur l'outil, je crois, Jean-Yves.
Quel outil utiliser pour le graphique de personnalité? Je n'ai pas le droit de faire de la pub. J'ai travaillé chez Assess First il y a quelques années et c'est avec leur solution que... Que j'ai ce type de graphique. Je leur fais de la pub quand même. J'y ai travaillé, on va dire que c'est légitime. Donc voilà. C'est bon pour vous ? C'est bon, ben go alors! Gilles et Mélanie, je ne sais pas si vous voulez vous présenter rapidement juste avant, ou comme vous voulez. On peut peut-être se présenter, Mélanie, je te laisse. Donc moi, c'est Mélanie Boudard, je suis co-CTO chez Pix, qui est un groupe d'intérêt public. Je suis co-CTO depuis deux ans et demi à peu près. J'ai été avant tech lead d'équipe et dev à la base. Et donc, je suis avec Gilles. Donc Gilles Walbrou, je suis CTO chez Datadome, qui est une société de cybersécurité qui protège nos clients du trafic malicieux sur le web.
Donc une solution intelligente basée sur de l'IA pour répondre aux attaques qu'on a aujourd'hui comme le credential stuffing, les attaques des DOS, etc. Ravi de se faire ce meet-up aussi avec vous aujourd'hui. Dans les discussions qu'on a eues, qu'on s'est vues, il y a une partie commune qu'on a, c'est qu'on a tous les trois commencé par faire dev dans la tech. La question, c'est est-ce qu'il y a une disposition aux introvertis à être attirés par ce type de job ou ce milieu-là ? Je ne sais pas, Mélanie, si... Je te pose la question à toi, Mélanie. Allez, pas de souci. Moi, personnellement, je pense que j'ai été attirée par EdDev avant de me rendre vraiment compte que j'étais quelqu'un d'introverti. Ça n'a pas été« je suis introvertie, donc je vais aller côté Dev». Mais je crois vraiment qu'il y a une attirance pour le milieu, parce qu'il y a beaucoup de mythes autour du fait que c'est un métier qu'on peut faire de manière seule, tranquille, isolée.
Pas des métiers effectivement très extravertis. Et c'est assez cohérent en fait que beaucoup d'introvertis se retournent, se tournent vers la tech en disant de bas, je peux le faire chez moi, à tête reposée, sur mon PC tranquillement. C'est assez rassurant. Surtout que les exercices, effectivement, on va dire, de tech à la base, la réflexion profonde, la logique, c'est des choses qu'on retrouve beaucoup chez les introvertis. Je ne dis pas que tous les devs sont introvertis, loin de là. J'ai plein de devs dans mon équipe qui sont des grands extravertis. Mais effectivement, on retrouve quand même beaucoup d'introvertis dans les équipes de tech. Je ne sais pas si toi, Gilles, tu avais poussé Edem. Alors, non, je pense que ça m'a poussé. Enfin, moi, j'étais passionné d'informatique depuis tout petit. Je pense que c'est un métier qui s'y prête bien. Donc, pareil, je n'avais pas conscience non plus des introvertis. Je m'en suis rendu compte. plus tard dans ma carrière. Mais non, je pense que c'est un métier qui attire plutôt les introvertis par nature, parce qu'un peu comme tous les métiers d'ingénieur aussi, c'est des métiers où on peut se poser, concevoir des solutions sur le plus long terme.
Donc je pense que c'est, voilà, c'est pas forcément, les gens ne vont pas forcément dans ce métier en se disant je suis introverti, donc j'ai envie de faire de la tech. Mais moi, en tant que manager, en tout cas dans toute ma carrière, j'ai principalement managé des populations d'introvertis, les amener à se dépasser, à les présenter leur travail devant une audience, ça a toujours été un sujet, en tout cas dans mes équipes. Donc voilà, mon retour d'expérience, c'est que oui, principalement, je vois beaucoup d'introvertis dans ce métier-là aujourd'hui et dans les métiers d'ingénierie au sens large. Maintenant, je ne pense pas que ce soit pour ça que les gens font ce métier, c'est un confort qu'ils ont pour assumer leur introversion au quotidien. Ok. Moi, pour ma part, j'ai trouvé beaucoup de plaisir à être dev. Le casque sur les oreilles détache et je peux dérouler ma journée. Et j'ai un système de récompense qui est lié au nombre de tickets que je vais faire, au code que j'ai fait, à l'ingéniosité qu'on a pu mettre, parce que ça reste un métier avec de l'analyse, avec beaucoup de cognitifs dedans.
Donc, très valorisant, personnellement. Et donc en fait moi je me suis vraiment épanoui et si on parle d'énergie une journée où je fais du dev même aujourd'hui, c'est une journée où je termine ma journée avec plus d'énergie que quand je l'ai commencé Ça crée beaucoup de choses. Ça me rassure. C'est vraiment un moment de plaisir, en fait. Ce métier est un vrai plaisir. Et puis, il y a le moment où on veut prendre des responsabilités. Là, il n'y a pas le choix parce que quand on veut être manager derrière, on a les interactions sociales, on a un rôle dans le management et vous avez eu un peu tous les deux des parcours différents sur la manière dont ça s'est passé. Peut-être qu'on peut commencer par Gilles cette fois sur comment on devient manager et puis qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que ça veut dire? Comment ça se passe? Alors, je mets un warning dans ce que je vais dire. Ce que je vais dire n'est pas une bonne pratique. C'est ce qui m'est arrivé, ce qui arrive à beaucoup de gens dans notre métier. Ce n'est pas ça qu'il faut faire normalement. Mais voilà, moi, j'ai été en tout cas amené à prendre la responsabilité d'une équipe par légitimité technique.
J'ai bossé sur un projet. J'étais un des premiers développeurs sur ce projet et au bout de deux ans, on m'a proposé le poste de manager. J'étais jeune diplômé quand je suis arrivé. Donc voilà, j'ai repris l'équipe dans laquelle je suis arrivé. J'ai managé les gens qui travaillaient avec moi historiquement. Et j'ai été amené à ce poste-là sans trop de formation, en me disant, c'est la continuité de ta carrière. Encore une fois, c'est souvent ce qui est fait. En tout cas, pour les gens de ma génération, en se disant, c'est logique, c'est la suite logique pour l'équipe et pour ta carrière, donc tu prends ça à partir. Donc, c'est chouette parce qu'on est légitime techniquement, ça donne une certaine légitimité au manager à ce moment-là. Par contre, ça demande à sortir un peu de son rôle d'introverti. Moi, l'équipe avait grossi, donc j'ai dû me foutre les deux. Mais ça veut dire justement aller retourner sur l'interaction sociale au quotidien, aller voir les gens, animer cette ambiance d'équipe. Et ce n'est pas forcément naturel chez les introvertis. Donc, moi, mon feedback, en tout cas aujourd'hui, c'est ne fais pas de la promotion des managers sur un critère technique uniquement.
J'espère aujourd'hui que ça s'est documenté pour que les gens ne le fassent plus. Et en tout cas, quand vous voulez confier le leadership d'une équipe à un introverti, accompagnez-le, donnez-lui une formation et accompagnez-le. sur la prise de poste, notamment sur les soft skills. Je ne sais pas si tu as les mêmes expériences de ton côté, Mélanie? Un peu un mythe, je pense que c'est assez habituel de faire monter les gens, soit par ancienneté, soit par connaissance technique ou du scope. Donc, ça a beaucoup joué. Là où je pense qu'il y a une petite différence aussi, c'est que moi, le passage en lead dev, la première fois, ça s'est fait assez naturellement, j'ai l'impression, autour de moi. Parce que même en tant qu'introverti, on peut montrer des forces. Souvent, on dit que les introvertis sont un peu invisibles, on ne les voit pas dans des rôles de manager ou de lead. Mais là où il y a des forces aussi qui peuvent être visibles, c'est que j'avais beaucoup de communication écrite, très claire. Donc, je n'étais pas invisible. Tout le monde voyait, même en étant introvertie, que j'étais là, que je suivais certains sujets. Et pour les introvertis, il y a souvent cette impression d'avoir une forte écoute des gens.
Pour l'introverti, souvent, on montre plus d'écoute. Donc, ça s'est fait assez naturellement, ce côté un peu managériel, où les gens se sont dit, en fait, vas-y, ça se passera bien, parce que même en tant qu'introverti, tu communiques bien, tu donnes beaucoup d'infos, l'info claire et, on reviendra peut-être dessus plus tard, mais l'info claire, très précise, très détaillée. Parfois, ils vont dire trop, je fais peut-être trop d'écrits, c'est au choix selon les équipes en face. Mais ça s'est fait assez naturellement, en fait, malgré l'introversion dans les équipes dans lesquelles j'étais. Et après, je te rejoins, c'est aussi, même si ça s'est fait naturellement, ça bouscule un peu des habitudes d'introversion. de purement d'oeuvre, notamment, Julien, ce que tu disais, la valorisation de nos tâches, où j'étais très contente de faire du code, de valider des PR, c'est aussi tout un travail sur soi de retrouver la valorisation de ce qu'on fait, là où il y a plus d'interaction sociale que purement du code et des tâches. Je vois que ça réagit un peu sur le management dans le chat.
Donc, évidemment, être extraverti ou introverti ne fait pas de nous un bon ou un mauvais manager. Et on est tout à fait d'accord, je suppose, en tout cas dans les échanges, que c'est un métier qui est différent. C'est vrai qu'en tout cas en France ou dans l'Occident, c'est vu comme une progression de carrière va se faire aussi par, à un moment donné, prendre la responsabilité du management ou en tout cas d'augmenter ses interactions sociales. Et dans ces interactions sociales, il y en a une dont on a parlé, Mélanie, c'est celle aussi de valoriser son équipe. C'est-à-dire qu'à un moment donné, si on manage les introvertis, ce qu'on a vu au début, il y a quand même pas mal d'introvertis dans les équipes tech, qui ont besoin d'un système de reconnaissance, comment est-ce qu'on communique sur leur travail? Et en fait, ils vont avoir des attentes aussi. Je veux dire, en fait, on veut quand même quelqu'un qui nous représente. Il est là, c'est mon manager, je veux qu'il me représente auprès des autres instances parce que moi, je ne suis pas à l'aise forcément avec cet exercice-là. Oui, effectivement. Comme tu disais, Gilles, il y a beaucoup d'introvertis dans notre métier, donc on se retrouve facilement à un abjit des introvertis.
Et c'est notre rôle aussi de les mettre en avant, le travail qu'ils font et tout. Je trouve ce qui est intéressant, c'est aussi de trouver la manière de les mettre en avant, mais sans que ça soit gênant pour eux, en fait. De trouver le bon équilibre entre mettre en avant leur travail, possiblement essayer de faire qu'ils communiquent, qu'ils fassent des présentations ou des choses qui peuvent les mettre un peu mal à l'aise. Mais sans que ça soit difficile pour eux, et trouver cet équilibre. Et je trouve ça encore plus important quand on est introverti d'être dans ces rôles de manager aussi, parce qu'on se rend compte des problématiques qu'il peut y avoir. Ça peut être des toutes petites choses, des organisations de réunion qui pourraient être améliorées, ce genre de choses. Et en tant que manager introverti, j'ai l'impression que c'est aussi le rôle de faire un cadre de travail qui est de base assez extraverti, en tout cas en France, de le rendre un peu plus facile pour les introvertis de l'équipe. Oui, ça dépend des équipes, ça dépend des managers.
Moi, je sais quand j'ai pris ma première équipe, il y a eu cette phase où on m'a dit en fait, on attend ça de toi. Donc, c'est ce que tu disais tout à l'heure, ça dépend du rôle aussi, ça dépend aussi de l'équipe. Et c'est dur pour un introverti d'aller chercher son équipe des fois et dire, OK, dites-moi. Et pour les introvertis en dessous, de dire aussi à leurs managers ce qu'ils attendent d'eux. Donc il y a cette phase-là dans l'établissement d'un manager dans son équipe, je pense qu'il faut vraiment formaliser, dire« ok, dites-moi ce que vous attendez de moi». Et moi, ça m'a été demandé, effectivement, on est mis. où il y avait beaucoup d'équipes, des fois, une équipe me disait « Pourquoi tu n'as pas réagi ? » Ça arrive souvent, les jeunes managers,« Pourquoi tu n'as pas parlé? » Parce que je suis introverti, je n'ai rien à dire, ce n'est pas mon naturel. Moi, en tout cas, j'ai appris à le faire dans le temps, à dire« Ok, là, effectivement, je représente mon équipe, c'est plus moi tout seul. Donc, j'ai besoin d'intervenir parce que j'ai l'équipe derrière qui va pousser en disant« Non, on n'est pas d'accord et tu es en train de nous mettre dans la mouise si tu ne réagis pas. » Donc, voilà, il y a cet aspect-là. C'est vrai pour les managers et les leads. Quand on tient un... sujet globalement, ce devoir et ce rôle de se manifester dans un sujet pour protester ou pour montrer son désaccord, ce n'est pas naturel, je suis introverti, c'est quelque chose qui s'apprend dans le temps à mon avis.
Je me permets de réagir là-dessus. Effectivement, la réaction à chaud, ça a été une discussion qu'on a eue tous les trois. On n'a pas du tout la même manière de réagir. Moi, j'ai réagi à chaud assez facilement. Je sais débloquer de l'énergie à ces moments-là pour réagir à chaud, mais je ne fais pas toujours quelque chose que je ne regrette pas derrière. Et toi, Mélanie, tu avais plutôt tendance à me parler de comment tu gérais ces réunions et qu'il ne fallait pas forcément attendre une décision à la fin, mais qu'elle allait venir. Je ne sais pas si tu peux nous développer un peu cette partie-là. Oui, alors effectivement, moi, je suis moins à l'aise pour réagir à chaud de temps en temps. Il le faut, comme tu dis, Gilles, on est aussi là pour représenter des équipes. Je peux mettre de l'énergie, mais... Parfois, se dire que ça aurait pu être fait mieux. Je trouve que c'est important aussi d'assumer ses points forts et ses points faibles, et notamment dans son introversion. Moi, ça m'arrive dans des points ou dans des réunions de dire, là, stop, je ne vais pas aller plus loin dans la réflexion à chaud. Je vais prendre le temps et j'en reparle plus tard.
Est-ce que je vais avoir besoin? Si je veux prendre les bonnes décisions, je sais que je vais avoir besoin de ce temps de réflexion à froid, seul. Et à chaud, je peux donner des informations ou des idées, mais ce ne sera pas la bonne direction, en fin de compte, qu'il faudra prendre. Parce que, peut-être, Je ne sais pas, mais il n'y aura pas eu ce temps de réflexion. Donc, je trouve que c'est important aussi d'assumer et de dire, là, personnellement, je préférais qu'on s'arrête là dans la discussion, qu'on revienne plus tard et qu'on digère un peu tout ce qu'on s'est dit. Même si à la fin, on dit non, souvent, il y a des réunions où on veut une solution à la fin, on veut une réponse à la fin. Je considère parfois que c'est trop rapide et qu'il faut laisser digérer pour avoir la meilleure solution. Ça dépend aussi s'il y a besoin de revanche ou pas. Gilles, je ne sais pas si tu as ce genre de système. Je suis complètement d'accord avec toi. En fait, c'est... Moi, j'ai tendance à dire, je montre mon désaccord, on parle d'une solution, je ne suis pas d'accord, on peut s'arrêter là, on en parle à côté. Et souvent dans les équipes, moi je pense aux équipes back ou infra, ils vont avoir tendance à dire, ok, on en parle sur Slack, on en parle dans un document dans Ocean, on va commenter des choses. Mais voilà, on va vouloir produire un matériau de base sur lequel on va itérer.
Donc ça, c'est typiquement le profil introverti, on va se poser, on va prendre le temps. Et donc, surtout pas venir à chaud en disant non, non, mais j'ai une meilleure solution. Là, on crée de l'émotion et c'est inutile. Donc voilà, moi je le vois souvent sur les populations qui sont, ce que j'appelle dans le jus, soit face aux clients, soit face à la prod. On a besoin d'une prise de décision maintenant. On peut avoir un plan d'action court terme, on peut prendre une décision court terme, on se met d'accord tout de suite, puisque c'est l'urgence. Mais en tout cas, sur le reste, je suis d'accord, je ne suis pas d'accord. Et on prendra le temps. En tout cas, on vous donne une date. Demain, on revient vers vous et puis c'est réglé. Souvent, notamment pour tout ce qui est population face aux clients, ils veulent juste avoir un callback quelque part. Ok, je reviens te voir dans une heure, un jour, etc. Mais c'est déjà une réaction à chaud qui va leur suffire. Il n'y a pas besoin d'aller se mettre dans la mouise à chaud, surtout quand on est introverti et qu'on veut creuser la solution. Vous pensez aussi aux populations introverties qui bossent avec vous. On ne va pas les mettre en inconfort en prenant une décision comme ça, on va les remettre dans un cadre confortable et puis juste prendre un peu plus le temps de bien faire les choses.
Si c'est OK avec tout le monde, on ne peut pas. On parle beaucoup des équipes et de comment on représente les introvertis. Il y a aussi eu un moment chez chacun de vous qui est celui où on reconnaît son introversion. C'est vrai qu'on vit dans un monde qui a plutôt une norme d'extraverti. Et puis, à un moment donné, on assume. Alors, est-ce que c'est la crise de la quarantaine pour certains? Est-ce que c'est plutôt qu'on se retrouve dedans? Et où finalement, on finit par faire ce diagnostic qui nous aide à nous organiser, à choisir les bonnes équipes, à choisir les bonnes méthodes aussi, parce qu'il y a plein de méthodes, il y a plein de choses, donc on ne gère pas de la même manière. Il y a cette représentativité. Est-ce que quand on est soi-même introverti en tant que manager, on va manager différemment et particulièrement dans les équipes? Est-ce qu'on va faire plus attention à ces profils pour essayer de leur donner une place qu'ils ne vont pas prendre d'eux-mêmes? Comment est-ce qu'on gère là-dessus, Gilles? Déjà, il faut être conscient de ça. Comme tu disais tout à l'heure et au tout début, il y a aussi une question d'âge, évidemment, il y a une question de génération, etc.
Mais il y a un moment donné où il faut prendre conscience de ce qu'on est nous. Donc, il y a des outils pour ça que tu as évoqués tout à l'heure. Et ça fait partie pour moi aussi des formations à mettre en place pour les jeunes managers sur le management situationnel, sur le fait d'aller reconnaître les profils des individus dans les équipes et arriver à concevoir des équipes qui ne soient pas tous les mêmes, tous les mêmes profils, mais une somme de profils qui donnent une équipe. Comment j'en ai pris conscience? C'est en étant dans le jeu avec l'équipe où je me suis dit qu'il faut que je me dépasse à ce niveau-là. Et avec les outils que tu évoquais tout à l'heure, apprendre à se connaître. aussi voir son profil et dire ok, je suis dans cette case-là aujourd'hui, si je veux être amené à mieux représenter mon équipe, vers quoi je vais devoir évoluer. Et j'ai fait à l'époque des formations de prise de parole en public, des choses qui m'ont beaucoup aidé à gérer aussi cette forme de timidité. Je mets les deux un peu côte à côte, mais il y a aussi une forme de timidité au début quand on n'ose pas aller parler en public. Et à surpasser un peu ces choses-là, que ce soit la partie introversion ou la partie présentation.
Donc voilà, il y a 10 ans, je n'aurais pas fait ce que je fais aujourd'hui, clairement. Donc c'est se connaître et puis après se fixer un objectif et l'atteindre. Donc ça fait partie de la démarche de l'introverti au lien, comme tu disais tout à l'heure, se mettre une vision des TPI et puis après y aller. Et avoir les moyens aussi, avoir une entreprise dans laquelle on a les moyens de pouvoir le faire, des formations ou du coaching via des managers seniors qui nous permettent de faire ça. Oui, Mélanie, je ne sais pas si tu veux rebondir là-dessus. Oui, en tout cas, on va dire que la découverte de l'introversion, pareil pour moi, c'était vraiment quand j'ai pris un peu de la place dans les équipes en tant que lead et en tant que représentant. Je pense que pendant très longtemps, ça se cachait dans ma tête derrière de la timidité et pas de l'introversion. Donc, on ne règle pas, on va dire, de la même manière. C'est un gros sac timidité. En fait, quand on se rend compte que c'est vraiment de l'introversion, là, tu peux plus utiliser certains outils. Tu dis en fait, je ne suis pas si timide que ça, mais c'est juste mon niveau d'énergie qui n'est pas au même niveau que les autres. Et après, effectivement, il y a plein de petits tips d'habitude qu'il faut prendre, d'organisation, de prise.
de recul, de temps pour soi, qu'on peut mettre en place. Et tu demandais, Julien, est-ce que ça a changé en termes de management? Je vois notamment pour le management 1-1, on va dire. Effectivement, quand on manage des introvertis, on s'en rend un petit peu compte au départ, on peut creuser un peu le sujet, les aider à faire qu'ils s'en rendent compte, donner des tips, des astuces de la vie de tous les jours pour les aider. Et alors moi, dans mon équipe, j'ai plein d'extravertis. Donc, c'est un peu différent, j'ai l'impression que toi, Gilles. Mais je trouve ça aussi intéressant parce que ça permet aussi, en tant qu'introverti, d'aider un peu les extravertis aussi à prendre du recul au temps en temps. Ils vont très vite foncer et en tout cas, les miens. Et enfin, voilà, importer un peu cet équilibre. Comme tu disais, Julien, c'est un spectre. Et des fois, mettre un peu d'introversion dans de l'extraversion, ça aide la personne aussi à prendre du recul. Et donc, quand on s'en rend compte, en tout cas, de son introversion, qu'on travaille un peu dessus en tant que manager, ça permet, je trouve, d'apporter plein de... On a une valise de solutions, d'idées pour les personnes en face qui sont introverties et extraverties, qui est intéressante.
Effectivement, jouer sur ces différentes parties du spectre, moi, ça m'est quand même pas mal arrivé. Alors, dans ce côté-là, avec le management des équipes, c'est vrai que j'ai eu, en début de ma carrière, un comportement un peu, on va dire, paternaliste avec les introvertis, c'est-à-dire, OK, moi, je suis là et maintenant, je vais vous protéger. Je vais vous faire la place que vous avez besoin et je suis le mur qui va vous empêcher de vous faire écraser par les demandes des commerciaux. par tout un tas de choses, donc j'ai mis un bouclier assez fort, je mets un bouclier assez fort sur mes équipes, et donc forcément, il fallait passer par une organisation, une organisation du feedback, une organisation, tout ce qui est insight, etc., pour que la manière dont ça arrive soit capable d'être prise par les équipes. Et puis, il y a ce côté où, en fait, moi, je m'en suis rendu compte quand j'avais de plus en plus le retour dans les 360 où l'image que les gens avaient de moi n'est pas l'image que moi, j'avais de moi. C'est-à-dire qu'on me voyait comme un extraverti. Parce que je peux prendre beaucoup de place, parce que je parle fort. Là, on ne voit pas sur la caméra, mais je mesure presque 2 mètres.
Donc, on s'est dit, lui, il prend de la place, il est là, il est super présent. C'est un extraverti, sauf que moi, en fait, je me sens plus en retrait. Et donc, je ne m'y retrouvais pas. Je ne me retrouvais pas là-dedans. Et le fait d'en avoir pris conscience à un moment donné, de me dire que ce n'est pas une tare ou quoi que ce soit, même si je pense que dans la réussite et dans une évolution professionnelle, quand on monte de l'extraversion et quand on prend de la place, quand on se fait parler de soi, ça peut amener un avantage, même en négatif, ça peut amener un avantage. Mais je m'en suis rendu compte là-dessus en disant, si je dépense autant d'énergie, si des fois je rentre, je suis rincé, c'est parce qu'aujourd'hui, j'ai été me comporter comme ce que je ne suis pas. Et drogue à marque, j'avais vraiment ces différents comportements. Et donc, il y a quelque chose qui a changé il y a 4 ans pour les uns. Et ça, c'est Mélanie qui me l'a remonté. C'est notre petite bulle d'oxygène qui s'est appelée le Covid, qui nous a permis d'avoir du télétravail.
Moi, ça ne me venait pas spécialement à l'esprit, le télétravail avant. J'en ai fait un petit peu quand j'ai eu des enfants, etc. J'ai fait des moments à la maison, mais dans la norme et dans la norme de la société, c'était je viens au travail. Je viens au travail et d'ailleurs, je ne sais pas si c'est pareil pour vous, mais j'ai plutôt tendance à arriver vers 7h30, 8h le matin pour être tranquille dans les bureaux. jusqu'à 9h30, préparer mes journées, que tout soit calibré, etc. Préparer mes réunions. Et ensuite, après, ça déroule tout seul. Et puis, le soir, je pars et je vois comment j'ai géré ma journée. Mais donc, on a eu cette partie du télétravail qui, au moins personnellement, m'a fait beaucoup de bien et dans mes équipes, a fait beaucoup de bien aussi. On voit que c'est quelque chose qui résiste beaucoup. Il y a une volonté un peu de la société de revenir un peu en arrière, mais dans les équipes tech, le retour en arrière, il ne prend pas trop. Je ne sais pas, Mélanie, c'est toi qui m'as un peu lancé là-dessus dans notre échange. Est-ce que tu as des choses à partager? Oui, effectivement, nous aussi, on avait commencé à faire un peu Covid, ça a été assez intéressant en tout cas, pour voir la dynamique, notamment introversion, extraversion, qui n'a pas du tout été vécue de la même manière, s'il y avait déjà l'aspect Covid.
Et ensuite, tout le télétravail, moi je fais partie des gens, effectivement, en tant qu'introvertie, j'aurais du mal à revenir en tout présentiel, en fait. Je trouve ça intéressant d'y aller de temps en temps. Quelques fois par semaine, mais je trouve que ça a changé complètement la dynamique de travail, notamment sur la question de l'introversion, parce que les interactions sociales, il y en a, il y a plein de mythes, mais ce n'est pas du tout la même chose. Et je prends juste l'exemple. Une pause, quand je fais une pause chez moi, je suis tranquille, seule, avec mon thé. Et ce n'est pas obligatoirement une pause qui va demander une interaction sociale devant une machine à café. En fait, la pause va me demander plus d'énergie qu'il m'a ordonné, presque, avant de réenchaîner du travail. Donc, rien que sur ça, déjà, ça aide beaucoup. Et effectivement, une facilité de gestion du temps, comme tu disais, Julien, c'est intéressant pour les introvertis de prendre le temps le matin, de prévoir un peu leur journée, de voir un peu déjà quand est-ce qu'il va y avoir des interactions par exemple et bien prévoir calmement sa journée c'est plus facile en tout cas chez moi je dois avouer que sur place où il peut y avoir effectivement
tu vas prendre un café, lancer les interactions les interactions du midi aussi et on est sur place donc le fameux after work où ça serait bien d'aller les interactions sociales de soi, pour moi, ça a changé complètement la dynamique de travail. De façon plus agréable et surtout remettre de l'énergie au bon endroit pour mon travail, en fait. Pas seulement de l'énergie dans l'interaction sociale qui est aussi importante, mais avoir aussi de l'énergie pour le reste. Et toi, Gilles, le télétravail, ça s'est passé comment? Moi, très bien. Le télétravail, j'en faisais avant le Covid. Donc, j'avais cette chance-là dans ma carrière assez tôt. Et j'avais un raseau de deux jours de télétravail par semaine avant de rejoindre Datadome. C'était du confort aussi. Pour moi, c'est du confort pour pouvoir préparer les présentations, le travail de fond. Je sais que mon chef à l'époque me disait« j'adore parce que toi, je te demande une presse». Je l'ai le lendemain, c'est super et elle est nickel. Donc voilà, pour tous les sujets de fond, aller creuser les sujets stratégiques, l'architecture technique ou aller convaincre des gens, je pouvais préparer ma presse.
Pour un introverti, c'est quand même plutôt cool de pouvoir peaufiner son sujet. Pendant le Covid, j'étais en mi-teinte. C'était une période assez spéciale. J'ai eu un enfant qui arrivait à ce moment-là pile poil. Je suis parti, je suis revenu un an après au boulot. Mais j'ai pu accompagner mon deuxième enfant de la même façon que le premier. J'ai des amis autour de moi qui m'ont dit« c'est super le Covid, j'ai pu en parler à des gens». Alors que moi j'étais plutôt en demande de relations sociales à l'époque de la nouvelle parentalité. Mais voilà, donc nous, ça s'est plutôt bien passé. On avait anticipé, on avait commencé à déployer le télétravail avant le Covid. Et pour moi, ce qui a changé beaucoup pendant le Covid, c'est pour les introvertis, la formalisation des choses, la communication écrite, l'arrêt de la discussion de machine à café où on prend des décisions et après on va coder en rentrant à son bureau. C'était fini, ça et ces discussions-là, on les a systématiquement formalisées. Et je sais que les gens qui étaient en remote à 100% à l'époque m'ont dit« Oh, le changement, le changement, on a l'impression d'être plus avec vous au quotidien parce qu'il n'y a plus ces échanges informels.
» Et après, de mon côté, je suis complètement lié à ce que tu disais tout à l'heure, ça me consomme de l'énergie d'avoir des relations sociales. Ce n'est pas là-dessus que je vais m'alimenter en énergie. Donc, c'est pareil, ça me permet toujours aujourd'hui de pouvoir prendre du temps, et c'est un sujet dont on va certainement parler après, pouvoir m'allouer du temps pour, comme je le faisais historiquement, traiter les sujets de fond. Maintenant, dans le management, plus on monte, que ce soit lead ou manager, plus on monte en hiérarchie, plus on monte en visibilité et en fait notre rôle aussi nous demande de le faire. Donc moi je me l'impose aussi par mon rôle. Et comme tu disais, quand je vais au bureau, les gens me tombent dessus, me posent des questions, sont contents de me voir, ils savent qu'ils ont un peu de levier en me parlant, etc. Donc oui, ça me consomme de l'énergie, mais disons que je fais le plein au début de la journée. Et le télétravail me permet de me ressourcer là-dessus aussi, d'avoir cet équilibre entre les deux. Julien, je ne sais pas si tu veux rebondir aussi là-dessus. Oui, moi, j'organise assez mon emploi du temps par rapport à ça. J'ai tendance à aller plutôt au bureau le lundi, mardi, les jours ou en début de semaine. Comme ça, j'ai mon week-end qui m'a redonné de l'énergie.
Et là, je vais aller caler tous mes rituels managériaux où vraiment, je me fais deux journées sociales. Donc, ça dépend en fonction des entreprises, quand est-ce que sont les codires, etc. Mais je me fais vraiment… Et après, je me dis, c'est bon, à partir du mercredi après-midi, c'est ma semaine à moi qui commence. C'est ma semaine de tech leader. Et après, on est plus en petit comité, on est plus dans l'opérationnel. Et ça, d'ailleurs, ça transcrit un peu dans notre manière de parler, mais on a une… On a un focus sur la tâche, sur l'efficacité, sur ce qu'on réalise. Moi, j'ai des amis qui me disent, moi, mon boulot, ce que je fais, je m'en fous. Ce qui compte, c'est mes collègues, c'est me sentir bien, c'est ce bon moment. Moi, je ne comprends pas. Je constate que ça existe, mais je ne comprends pas ces méthodes-là. Et dans nos discussions qu'on a eues, on était vraiment, mais en fait, la tâche est quelque chose d'important. C'est-à-dire que ce que je réalise, le fait d'avoir produit quelque chose, ça représente une fierté, et c'est très axé là-dessus. On prépare nos réunions, on sait quelles décisions on doit prendre, on sait quel niveau de code on doit avoir.
Est-ce que ça, c'est typique? J'ai l'impression que ça nous parle en tant qu'introverti d'organiser le travail pour obtenir du résultat à la tâche, pas forcément la faire soi-même, mais ça, c'est le rôle du tech leader, mais aussi, quand on a des choses à produire, avoir la fierté. Et l'envie de les produire soi-même. Parce que l'énergie, tu ne l'attires pas de l'interaction sociale. Pour un introverti, ça a moins de valeur. Pour certaines populations ou professions, ça a beaucoup de valeur. Des populations qui vont faire de la vente, du commerce, etc. Forcément, l'interaction sociale compte beaucoup. C'est pour ça que ce qu'on disait tout à l'heure, c'est des métiers qui attirent les introvertis, je pense, parce qu'il y a ce rapport à la tâche et à la mesure de la performance. Sur du long terme, donc ça laisse l'occasion aux collaborateurs de se poser, de se projeter sur le long terme et donc de s'isoler, de pouvoir s'isoler et puis de travailler sur sa tâche, à mon avis. Oui, clairement, mais je pense qu'au-delà de ça aussi, c'est qu'on passe manager ou lead, de passer de la tâche à l'interaction, on est un petit peu obligé de valoriser ce qui est fait et d'avoir cette fierté de dire que c'est que de l'interaction, mais c'est intéressant.
Je pense que c'est un passage que beaucoup de lead ou manager vivent, mais surtout les introvertis aussi, parce que ce n'est vraiment pas naturel de prendre ça comme... Voilà, comme je peux cocher des cas dans ma to-do list, en fait, parce que j'ai eu telle interaction. Après, il y a des moyens, effectivement, de vraiment rendre ça en tâche, entre guillemets, et en quelque chose qu'on puisse mesurer ou valoriser ou mettre en avant. C'est important de prendre du temps pour valoriser tout ce qui est un peu difficilement palpable ou mesurable, parfois dans les métiers de lead ou manager. En tout cas, pas automatiquement, parce qu'on n'a pas les bons KPI qui vont bien pour mesurer ça, mais prendre le temps, effectivement, de les rendre plus palpables pour sentir aussi mieux sur... Sur toutes ces tâches, on va dire, plus humaines qu'on puisse faire. Ça fait plusieurs années qu'on entend quand même les boîtes dire on veut plus de formalisme, on veut préparer les réunions, la réunionnite c'est pas bien, etc. Donc ça va quand même un peu dans ce sens-là. C'est bien aussi que le monde de l'entreprise prenne conscience.
C'est plutôt une force de se dire je ne vais pas perdre de temps sur mes interactions sociales, je sais pourquoi j'y vais et je sais ce que je veux en tirer. Donc, voilà. Ça touche à la reconnaissance, justement, là. Et c'est un mot qui est très présent, la reconnaissance. On sait que c'est une variable hyper importante dans le management. C'est comment on amène le système de reconnaissance, comment on organise le système de reconnaissance dans nos équipes. En fonction des équipes, ce n'est pas le même. En fonction des boîtes, ce n'est pas le même. En fonction des managers, ce n'est pas le même. Et il y a un cocktail, il y a une formule à trouver pour que ça fonctionne. Alors, quand ça fonctionne, c'est génial. Quand ça fonctionne moins bien, c'est un petit peu plus compliqué. C'est quoi votre rapport à la reconnaissance, justement, quand on sait qu'on a des introvertis, quand on sait que c'est à la tâche, et comment vous le gérez dans vos équipes, Mélanie? C'est vrai que j'essaie de passer beaucoup dans ces cas-là par de l'écrit, déjà, qui est parfois plus simple, et pour le dire, et parfois pour le recevoir, la valorisation. Beaucoup de demandes de feedback par écrit ou des feedbacks seulement en 1-1 de temps en temps, que ce soit moi qui peux en demander de certains membres de mon équipe ou que je donne de certains membres de mon équipe.
Vraiment essayer de passer... et par l'écrit et par des situations vraiment en petits groupes, pour déjà valoriser les autres personnes, moi en tant qu'extravertie, valoriser par exemple l'extravertie, ou inversement. Tout ça en place parce qu'en fait, c'est là où je vais aussi pouvoir récupérer beaucoup de valorisation. Si j'arrive à avoir des feedbacks positifs, un bon cadre aussi, notamment les personnes introverties, pour m'en redonner un peu les deux leviers que j'utilise le plus, on va dire l'écrit, le 1. Je ne sais pas si Gilles... Je suis complètement aligné sur le fond. En tout cas, ce qu'on disait avec Julien, c'est mesurer effectivement la valeur de l'équipe aussi. Leur feedback factuel là-dessus et reconnaître les progrès de l'équipe. Après, introverti, extraverti, c'est pareil, la valeur du manager pour moi, c'est donner de l'énergie à l'équipe, célébrer les réalisations et les progrès.
Donc, c'est le rôle du manager d'arriver aussi à argumenter ça à l'équipe. Surtout sur les populations tech et introverties, en général, ils ont tendance à se focaliser sur les problèmes, ils ne voient pas forcément les accomplissements et puis toute la valeur qu'on a pu générer. Moi, comment je tire de la valeur de mon équipe au quotidien en tant qu'introverti et même pas forcément toutes les relations sociales? c'est voir l'équipe s'épanouir. Mais ça, c'est pareil, ça fait partie des drivers des managers fondamentalement. Voir les membres de l'équipe se développer, les voir progresser, voir l'équipe se structurer, accomplir des choses de plus en plus folles. Pour moi, ça fait partie du métier de manager en soi. Et après, il y a aussi un... Une autre facette qu'on oublie souvent sur le management, c'est pousser les gens à prendre le temps pour eux. Notamment les introvertis, on en parlait tout à l'heure, ils ont besoin de temps. Donc dire aux gens, prenez, une fois que vous connaissez et que vous savez que vous avez besoin de temps, que c'est à la fin de la journée, comme disait Julien, si je suis fatigué parce que j'ai eu trop de relations sociales et que je n'ai pas pu me focaliser sur
les tâches qui font que je suis content à la fin de ma journée, prends le temps de faire les tâches, prends le temps d'allouer. une, deux heures dans la journée pour arriver à bosser sur les sujets qui t'intéressent et qui font qu'à la fin de la journée, tu sois content et que tu aies l'impression d'accomplir quelque chose. Donc, tout ça, ça se tient, c'est prendre le temps, se connaître, prendre le temps pour arriver à se focaliser sur les bons sujets et puis après, avoir du feedback positif, donc le formaliser en tant que manager et puis quand on est pour les collaborateurs, leur formuler. Et comme tu le disais, à l'écrit ou à l'oral, certaines personnes ont besoin d'une main sur l'épaule physiquement pour se sentir soutenues. Moi, d'autres personnes au quotidien, souvent, je leur envoie un slack en disant« Là, j'ai vu ça, c'est chouette. Bravo, continue de faire ça, c'est chouette. Je l'ai noté. En tout cas, sache que tu es soutenu et que c'est la bonne façon de faire, à mon avis. » Voilà, ça suffit pour leur faire un retour formel et satisfaisant pour les introvertis. Je reviens sur ce que tu dis sur prendre le temps. Prendre le temps ne veut pas dire vaquer. Non, non, non. Prendre le temps, c'est avoir des temps de concentration pour pouvoir faire quelque chose. C'est finalement faire le métier qu'on est censé faire.
Moi, je reviens sur ces systèmes de reconnaissance. Si je prends mon exemple à moi et qui va forcément jouer à moi, La manière dont j'en donne aux autres, moi, je suis assez peu sensible au feedback ou au compliment. Ça ne marche pas très bien chez moi. Par contre, je suis très sensible à ce que j'ai appris, à ce que j'ai réalisé, à la confiance qu'on me donne. La confiance qu'on me donne est un élément important. Si, et tu le disais tout à l'heure, les choses folles qu'on a réalisées, en fait, les équipes et dans les introvertis, je trouve que ça marche très bien. C'est le niveau de complexité que je vais te donner, le challenge que je vais te donner, le défi que je vais te donner va être une reconnaissance en soi. Parce que je fais confiance pour réaliser cet objectif que tu vas faire seul ou à plusieurs. Et ça, je trouve que c'est une reconnaissance qui marche assez bien avec les introvertis. Voilà la confiance que je t'accorde, voilà l'expertise que je te donne. Et en fait, c'est juste un espace que je te donne. Ce n'est pas un feedback, c'est un espace que je te donne pour pouvoir l'exprimer. Mais quelque part, tu lui fais un feedback aussi. C'est une forme de reconnaissance que tu transmets qui s'insère dans le rôle du manager pour moi.
Donc, on est admis là-dessus. Et je reviens sur un point qui est monté vachement en tous les trois aussi, c'est dans la communication. Alors moi, je me suis trouvé un peu plus d'extrémiste que vous sur cette partie, mais le mot franchise est revenu très souvent. Très direct. D'ailleurs, c'était dans mon profil tout à l'heure de personnalité, vous voyez que je n'ai pas un score très élevé en diplomatie. Je suis très froid dans la data. Quand je pense quelque chose ou quand j'ai trouvé quelque chose, je vous le donne assez brut. Ça, c'est quand même... C'est quelque chose qui m'est dit dans les équipes. Tu es dur, tu es franc, c'est bienveillant. Et au moins, toi, on sait ce que tu penses, on sait à quoi on a affaire. Il n'y a pas d'ambiguïté dans le rapport managérial. Donc ça, c'est plutôt un trait. Et puis j'ai l'impression que je l'ai retrouvé aussi chez vous. On a besoin de dire les choses telles qu'elles sont, parce que c'est rassurant dans cette maîtrise d'interaction sociale de savoir sur quoi on se base. Mélanie?
Oui, je t'envoie. Comme tu disais, mon extrême... que toi. Je pense qu'on est effectivement des personnes, mais il y a un fond où, si je simplifie un peu, l'interaction sociale est importante, mais elle est importante dans un but, en fait. Et mon objectif, ça va être que l'information passe ou qu'on se mette d'accord. L'important, c'est parfois d'aller au plus rapide, au plus franc, au plus direct, parce que mon objectif, ça va être de régler une problématique et régler une tâche et pas obligatoirement faire du small talk ou ce genre de choses autour. Donc, oui, il peut y avoir parfois ce côté un peu franc qui ressort parce que mon objectif, ça va être ce qu'on doit faire et pas la création d'interactions sociales un peu plus larges. Complètement aligné avec ça. Après, en tant que tech, on est plutôt aligné sur l'efficacité. Donc, ne pas faire ça, c'est quoi? C'est ne pas se dire les choses déjà. Donc, c'est malheureux pour du management.
Ça n'amène pas les gens à se dépasser. Il n'y a pas de feedback honnête. Donc, on n'apprend pas en faisant ça. Et puis après, en tant que tech, moi, je déteste le shit sandwich. En général, quand je le vois arriver, je l'ai vu aussi. On va dire, allez, vas-y, dis-moi, c'est quoi le vrai feedback? Oui, tout va bien, tout va bien, tout va bien. Hop, je te fais le feedback de la vie, je te remets un truc qui va bien, qui va bien. Non, cette partie-là, moi, c'est pareil, j'en veux pas. Maintenant, ça veut pas dire être brutal non plus. Faut pas dire des choses qui vont générer de l'émotion des gens. Donc ça, en tout cas, je l'ai appris dans le temps, avoir une communauté. questions non violentes. Et puis, c'est pareil, il y a des tas de bouquins sur le sujet, il y a des tas de formations sur le sujet. Mais en tout cas, savoir dire les choses, et même sur des comportements, ça m'est arrivé dans le management de dire des choses sur des soft skills, tu ne te comportes pas bien là-dessus. En tout cas, il y a eu un problème. Il y a des gens qui ont compris, des fois, après 10-20 ans de carrière, en disant, c'est le premier à me le dire vraiment. Je l'ai perçu, mais je n'ai jamais entendu la bouche d'un manager. Donc, je n'ai jamais eu de bouclier en face de moi dans les équipes en faisant un feedback à quelqu'un, même sur du comportement.
Il faut juste bien savoir le faire. Mais en tout cas, ce dont je suis sûr, c'est qu'il faut dire les choses. Ce que tu disais, Julien, c'est qu'il faut dire les choses. On va prendre à le dire bien pour ne pas brusquer les gens. Mais je n'ai jamais vu personne prendre mal un retour bien dit. À chaque fois, les personnes s'alimentent de ça. Elles progressent à partir de là. J'ai l'impression que c'est quand même lié à une notion qui se développe de courage, c'est-à-dire la capacité à dire des choses qui sont gênantes. Et donc, je reviens sur la question de Florence. Oui, c'était ma dernière question sur le codire. Effectivement, et ça, c'est toi, Mélanie, qui remontait. Le fait qu'il y a certains profils. C'est vrai qu'on a tendance à avoir des profils qui prennent plus de place au codire, qui sont... Tu m'as parlé un peu de présence, de puissance, d'énergie. Alors, moi, je sais le faire. Je sais arriver dans un codire et faire le bulldozer. Sans souci, ça me coûte aussi énormément quand j'ai besoin de le faire.
Je préfère les quotidiens plus calmes, je préfère les quotidiens d'introverti que ceux où on parle beaucoup et où c'est celui qui crie le plus fort qui a raison, ce qui est aussi un fonctionnement assez occidental. Enfin, en tout cas, que je constate. C'est quoi votre rapport au CODIR? Comment on y arrive? Est-ce qu'on a notre place? Est-ce qu'on doit jouer de stratégies particulières pour se faire entendre, Mélanie? On a notre place, les introvertis en tout cas. Il n'y a aucun souci. Non, c'est vrai qu'on en parlait. Est-ce que dans des comités de direction, en tout cas, que j'ai pu voir, il peut y avoir pas mal de personnalités extraverties? Donc, au départ, il faut réussir à trouver une place dans toutes les interactions qu'il peut y avoir au CODIR. Et comme tu dis, Florence, avec des situations de tension, de pouvoir qui peuvent être là. Est-ce que c'est un inconvénient pour les introvertis? Je pense que ça va clairement dépendre aussi des personnes et des relations que la personne qui rentre, on va dire, au Codire a avec les personnes déjà présentes, qui vont énormément jouer.
Un inconvénient au global, non, parce que c'est intéressant dans une dynamique de groupe, de toute façon, d'avoir des introvertis et des extravertis. Par contre, c'est vraiment aussi faire attention à soi et trouver effectivement peut-être des façons de gérer les conflits, comme on a dit avant. C'est-à-dire que je vais peut-être parfois aller plus sur des discussions à un et pas des discussions en codire direct pour... de calmer en tout cas s'il y a des tensions. Je vois que c'est bientôt la clôture. Donc Gilles, je ne sais pas si on est au niveau... Je vais te faire vite aussi pour intégrer la réponse à ta question aussi, Florence. Alors un, ça dépend des boîtes déjà. Il y a des boîtes très politiques, d'autres non. La politique, ça s'apprend aussi. Tu peux aligner ce que j'ai dit tout à l'heure. Quand c'est ton rôle en tant que CTO de faire de la politique, il faut faire de la politique. Spoiler, moi, je suis à Datadome, je n'ai pas besoin d'en faire. C'est une boîte tech et je suis là depuis assez longtemps. Le Codir, c'est une équipe. C'est ça que je voulais te partager aussi, Florence. C'est une équipe. Comme dans toutes les équipes, il y a une synergie à avoir.
Mon rôle au niveau du Codir, c'est d'être un tech et d'être rationnel. C'est souvent le rôle des CTO dans les boîtes tech et dans les boîtes au global. Donc, c'est apprécié en fait. Mon introversion et ma sérénité, elle est appréciée au sein des membres du Codir. Et dans toutes les équipes, si tu as deux personnes qui s'engueulent dans l'équipe et que tu es la personne posée, ils vont valoriser ça aussi. Ils vont dire, attends, de toute façon, on va lui parler à lui, on va faire l'intermédiaire et puis ça va se calmer un peu. Mais en tout cas, pour moi, c'est vraiment le rôle du CTO dans une boîte. c'est d'être rationnel, de venir avec, comme disait Julien tout à l'heure, avec le projet, le truc carré, le plan d'action, et proposer quelque chose, et gérer après cette synergie avec le codire. Mais le codire est une équipe, donc ça dépend des équipes. Voilà, ça dépend de ton rôle, mais chacun son rôle dans le codire, il faut que ce soit clair, comme dans toutes les équipes, et après, le CTO, il a le rôle qu'on lui donne. C'est un rôle un peu différent dans le codire, parce que c'est nos collègues, donc on n'a pas de rapport hiérarchique, pas forcément. Et encore, les rapports hiérarchiques dans un même codire, il est un petit peu différent.
Donc effectivement, c'est un endroit où on développe d'autres choses et où on peut parler, on va dire, d'égal à égal. Ce qui n'est pas le cas dans le côté tech leader avec des équipes, soit en descendant, soit avec son manager. Là où moi, Florence, j'ai une difficulté, c'est... Tu en parlais sur le plus ou moins politique. Moi, j'ai fait des boîtes où il y avait plus ou moins de politique. Et quand je dis de la politique, c'est des gens qui vont gérer leur carrière et que l'intérêt de leur carrière vont passer devant l'intérêt de la société. Et ça, moi, j'ai mis du temps avant de le détecter. Parce que je prenais, je me disais, mais attends, ça ne va pas du tout dans le sens de ce qu'on veut réaliser. Je ne comprenais pas le défi, c'est-à-dire en quoi ça va servir la réussite. Mais en fait, chacun va apporter ce qu'il peut avec les moteurs qu'il a. Et donc, ça, ça m'a créé de l'incompréhension, de bien identifier, OK, là, il le fait parce que ce qu'il est en train de jouer, c'est en fait, il veut rayonner sur la boîte plutôt que de faire rayonner la boîte pour lui en tirer les conséquences. C'est un positionnement qui, pour moi, est moins évident. Je suis très, OK, on veut vendre tant, on veut sortir tel produit, c'est très clair, on est dans l'organisation de les boîtes et pas dans l'organisation de chacun des individus.
Ça, dans le codire, je trouve que c'est assez... C'est un peu Mélanie, on montait ça aussi. Dans nos échanges, c'est des gens qui ont fait des carrières, c'est des gens qui ont su se hisser, et nous aussi, manifestement. Donc, on fait partie aussi de ces gens-là. Et ça, c'est le petit critère sur lequel moi, j'ai plus de mal, parce qu'en fait, ça ne matche pas avec ma vision de l'entreprise, qui est sa réussite. C'est un meet-up à faire préparer sur comment arriver à animer un codire qui fonctionne. Parce que c'est un sujet d'équipe pour moi aussi. Du coup, je vous propose qu'on arrête là, puisqu'on nous le demande dans le chat. On a tenu un peu plus longtemps que prévu. C'est une bonne nouvelle. Est-ce qu'il y a des questions? Il n'y en a pas eu depuis Florence, en tout cas. Pas de question, pas de question.
On va pouvoir clôturer. Nous aussi, on va pouvoir aller déjeuner. Noémie, je te relaisse la main. En espérant que ça vous ait été très bien et que vous avez des feedbacks. Vous m'entendez? Oui, on t'entend. C'est bon, super. Merci beaucoup. Oui, plus de questions. Mais voilà, il y en a qui ont été posées au-dessus de l'eau, donc c'était top. Déjà, merci beaucoup à tous les trois d'avoir évoqué ce sujet d'introversion, d'avoir osé en parler. Et voilà, sans ce retour, c'est très chouette. Et en effet, je partage le retour de Florence. C'est très cool d'entendre vos retours d'expérience. C'était important. On prend note sur le prochain meet-up. On a une bien autre peine de prochain meet-up. Moi, je refais un petit... Un petit coup, on a un prochain meet-up, justement, au format Asminis, qui arrivera, Mardi prochain, on ne s'arrête plus. Sur la partie vraiment méthodologie, si ça vous intéresse, n'hésitez pas.
Et puis, on est ravis de vous retrouver. On espère que vous passez tous une bonne rentrée, toutes et tous. Et on se retrouve mardi avec grand plaisir. Et on vous souhaite un bon appétit. Un bel appétit. Je pense qu'il va être là. Voilà. Merci encore à tous. Merci. Merci. Au revoir. Au revoir.
