Podcast Tech.Rocks

Réunir la tech et le business pour accélérer les innovations

Podcast Tech.Rocks · 30 juin 2024 · 26 min · en français

Résumé

James Hemery, cofondateur de Yield Studio, raconte son parcours d'entrepreneur, commencé à 16 ans, qui l'a mené à cofonder Yield Studio il y a près de cinq ans. Passionné de tech depuis 2011, il y voit un moyen d'entreprendre et de concrétiser ses idées. Qualité, éthique et excellence sont pour lui les règles d'or pour réussir dans l'entrepreneuriat.

Summary

James Hemery, co-founder of Yield Studio, tells the story of his entrepreneurial journey, which began at the age of 16 and led him to co-found Yield Studio almost five years ago. Passionate about tech since 2011, he sees it as a way to build businesses and bring his ideas to life. For him, quality, ethics and excellence are the golden rules of successful entrepreneurship.

Thèmes : Management & organisation

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Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Ce qui m'a profondément animé, c'est comment on lit la tech et le business. Pour moi, la tech n'existe pas sans business. Je suis assez convaincu d'une chose, c'est que le meilleur moyen d'apprendre, c'est de prendre des risques. On n'est pas là pour construire une boîte au détriment des collaborateurs, mais on est là pour essayer de faire vivre une aventure humaine à tout le monde. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast Tech.Rocks. Je suis Marie Terrier, CTO d'Yelda, et je suis ravie aujourd'hui d'accueillir James Hemery. Bonjour James! Hello Marie! Comment vas-tu aujourd'hui? Bah écoute, ça va très bien et toi? Au top! Alors, qui es-tu James? Eh bien je suis James Hemery, cofondateur et CTO du groupe Yield. Depuis combien de temps? Yield, c'est principalement Yield Studio, ça fait 5 ans maintenant. Et que fait Yield Studio? Et toi, que fais-tu au quotidien au sein de Yield? Yield Studio, c'est une agence de conception et de développement d'applications. Donc on accompagne des startups, des PME, des groupes dans la conception et le développement d'applications.

Principalement sur des sujets d'innovation et de logiciels SaaS, etc. Donc des logiciels métiers dans la majorité des cas. Et est-ce que tu pourrais nous parler de ton parcours? Comment est-ce que tu es rentré dans la tech et qu'est-ce qui t'a amené là aujourd'hui? J'ai découvert la tech très jeune, à peu près au moment où j'ai appris ce que c'était qu'une fraction. Je pense que je devais avoir... 9-10 ans. Au début, je me souviens, c'était parce que j'avais une chaîne YouTube et que je voulais un site pour exposer mes vidéos. D'ailleurs, petite fun fact autour de ça, j'avais publié mon site dans la description de mes vidéos. Après quelques semaines de travail sur WordPress, tout le monde me disait que le site n'était pas accessible, mais pour moi, il l'était, évidemment, puisqu'il était hébergé en local. Donc j'ai mis un petit peu de temps à comprendre qu'après avoir créé son site en local, il fallait utiliser un hébergeur, etc. Donc j'avais découvert toutes ces joies-là à mes dépens. Mais du coup, j'ai découvert la tech, donc en tout cas le développement comme ça. J'ai poursuivi ensuite sur pas mal de choses, du Java pour Minecraft, etc.

Et ça m'a amené petit à petit au techno-web, au techno-mobile, etc. Et si je me rappelle bien, pendant nos échanges précédents, tu t'es mis professionnellement à la tech super tôt en fait. Carrément, comme je disais, c'était une passion. De mes 10 ans jusqu'à mes 13-14 ans, je faisais un peu ça dans mon coin. Puis j'ai commencé à faire un petit peu de bénévolat pour des associations pour mon entourage, pour des projets un peu communautaires sur Minecraft typiquement. Et à mes 16 ans, dès que j'ai pu, j'ai ouvert une auto-entreprise et j'ai commencé à faire un petit peu de freelancing à droite à gauche. Alors au début de manière assez déstructurée, puis plus le temps passait, plus c'était structuré. Ce qui m'a poussé, entre guillemets, alors poussé, ça reste un choix, mais à arrêter mes études très tôt, puisque j'ai arrêté en fin de première. C'était très tôt parce que ça prenait beaucoup de place et parce que je voulais m'y consacrer à 100%, quitte à reprendre mes études plus tard si jamais c'était nécessaire.

Et petite question curiosité, ça s'est passé comment avec ta famille? Parce que ce n'est pas toujours évident de dire je quitte le lycée à 16-17 ans. Comment ça s'est passé? Au début quand j'en parlais, je pense que j'en ai parlé assez tôt. J'ai dû en parler quand j'avais 16-17 ans effectivement. Et dans les faits, ça s'est concrétisé quand j'avais 18 ans. Globalement, ça a été assez bien accueilli puisque ma famille voyait que j'étais investi, qu'il y avait déjà des résultats, etc. Donc c'était quelque chose d'assez stable puisque ça faisait quelques années. En tout cas, ça fonctionnait. Ça a été bien accueilli. Globalement, j'ai été assez soutenu, particulièrement par ma mère. Et comment on passe de freelance? Super jeune à CTO, CPO d'un studio? Je ne suis pas CPO, c'est mon associé qui est CPO. Comment on fait ça? Je ne sais pas, pour moi, il n'y a pas de recette miracle. Dans mon cas, je considère que ça a été une suite assez logique puisque j'étais freelance, j'accompagnais un certain nombre d'entreprises sur ce même sujet de développement d'applications avec toujours un pied dans la conception parce que

c'est toujours ce qui m'a profondément animé, c'est comment on lit la tech et le business. Pour moi, la tech n'existe pas sans business. C'est vraiment comment on lit les deux, tout en alliant aussi tous ces sujets de qualité qui, pour moi, ont toujours été importants quand je parle de qualité, je parle au sens technique, de comment on crée des... Des logistiques. qui vont être évolutifs, maintenables, avec des standards importants. Donc comment on fait ça? Dans mon cas, ça a été assez naturel, comme je le disais. C'est juste une augmentation de la demande par le fait que tu as déjà des clients existants qui reviennent, ou en tout cas qui restent, et des nouveaux clients qui arrivent. Et à un moment donné, tu te retrouves à ne plus pouvoir servir tout le monde. Donc vient le choix de... Je restreins et je reste en solo, ou alors je commence à recruter, à structurer, ce que j'ai fait à l'époque avec deux premiers recrutements qui se sont fait. sont relativement bien passées, c'était mes premiers pas dans cette activité, on va dire, dans vraiment le côté entrepreneurial de la chose, puisqu'avant c'était surtout solopreneur, on va dire. Et donc ces deux premiers recrutements, c'était des freelances ou des CDI ou un autre format?

Pour structurer quelque chose, je pense qu'il faut passer par le recrutement. Typiquement, nous aujourd'hui, on n'a pas de freelance chez nous et on ne travaille pas avec des freelances. Aussi, on a des besoins qui sont... Éloigner notre cœur d'activité, mais typiquement tout ce qui est propre à notre cœur d'activité, ça passe par du CDI, du salariat classique en tout cas. Et ces deux premiers recrutements, c'était... Alors, il y avait une personne qui m'a rejoint en stage, c'est ce qui m'a ouvert un peu cette porte, donc qui a continué en alternance, puis enfin en CDI. Donc c'était vraiment ma première expérience au management, je m'étais dit... ok, ça me permettra de voir un petit peu est-ce que j'arrive à manager quelqu'un, parce que si j'avais ce problème de, j'étais relativement jeune, toute personne que j'allais pouvoir recruter avait de fortes chances d'être plus âgée. Donc c'est comment j'allais réussir aussi à me positionner vis-à-vis de quelqu'un de plus âgé sur le fait de donner des missions et d'avoir un peu ce côté, même si on est très horizontal typiquement et si je l'ai toujours été, d'avoir un peu ce côté où tu es le manager de cette personne. Donc ça s'est assez bien passé. Cette personne est restée chez nous jusqu'à il y a un an.

Elle a suivi tout le parcours de la boîte. Et quelques mois plus tard, du coup, je crois trois mois après, j'avais lancé un recrutement en CDI. Donc c'était pour le coup assez naturel. Et est-ce que tu pourrais nous dire pourquoi est-ce que tu as choisi de t'associer? avec quelqu'un. Et pourquoi ce rôle de CPO? Parce que j'ai l'impression qu'il n'y a pas de CEO dans votre organisation. Alors pourquoi j'ai choisi de m'associer avec quelqu'un? Ce quelqu'un, c'est Cyril Adam, que j'ai rencontré en 2021. Et à la base, on s'est rencontrés parce que l'activité commençait à grossir un petit peu de mon côté et j'avais besoin aussi de structurer tout ça, et notamment côté commercial. La démarche à la base, c'était la recherche d'un business developer. Et avec Cyril, on s'est rencontrés en sachant que ce n'était pas forcément ce que lui recherchait. Lui, il cherchait quelque chose dans lequel il allait plus loin, notamment justement en s'associant au projet. Et moi, ce n'était pas du tout ma dynamique au début. Je voulais vraiment rester en tout cas solo founder.

Et en fait, on s'est rencontrés, ça a super bien matché. Donc au début, on s'est dit OK, on essaie de travailler ensemble, on voit où ça nous mène. Et puis on est aujourd'hui trois ans plus tard et on travaille toujours ensemble. Donc Cyril aujourd'hui a plus ce rôle de CPO, là où j'ai plus le rôle de CTO. Et pour répondre à tes questions, c'est vrai qu'aujourd'hui, il n'y a personne qui se revendique CEO parce qu'au début, je pense pour une raison un peu bête, qui pour le coup est une raison d'ego, lui se voyait rejoindre de par son cursus et sa vision en tout cas une boîte en tant que CEO ou futur CEO. Et moi, je pense que je n'étais pas prêt à lâcher ce titre d'une boîte que j'avais fondée, à laquelle je tenais, etc. Et pour laquelle j'avais une vision particulière. Du coup, c'est vrai qu'au début, on s'est dit, bon, OK, personne ne se revendique comme ça. Ça nous allait très bien. bien à tous les deux et c'est resté. Je pense qu'aujourd'hui, c'est un rôle qu'on porte bien à deux parce qu'on est très différents et du coup, ça nous pousse à vraiment nous challenger sur les décisions un peu stratégiques. Est-ce que tu pourrais nous détailler un peu plus ton rôle au quotidien? Est-ce que tu es plus dans la vision?

Est-ce que tu codes? Est-ce que tu recrutes? Est-ce que tu t'occupes de la roadmap? Est-ce que tu es en contact avec les clients? Est-ce que c'est un peu ton quotidien et tes missions? Mon rôle au quotidien, il a beaucoup évolué les premières années, jusqu'à il y a globalement deux ans. J'étais beaucoup, beaucoup dans l'opérationnel, jusqu'à il y a même un an en vrai, je pense. J'étais peut-être 80%, donc en tout cas, ça baissait petit à petit. Je pense qu'il y a un an, on était sur de l'ordre de 60%, mais c'était de l'opérationnel. C'est-à-dire que j'intervenais sur les projets clients, je développais des features, j'éteignais un peu les feux aussi quand il y avait des ratés. À la fin, c'était surtout ça. C'était surtout, il y a un projet qui a pris du retard ou il y a un projet sur lequel quelque chose a été négligé ou mal fait. Bon bah James, tu viens éteindre le feu. Ça avait un petit côté désagréable sur la fin. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, mon rôle, il est plus dans le, OK, comment on structure cette boîte, qu'est-ce qu'il y a de studio, comment on améliore, on développe ces process qui sont des process pour nous importants sur notamment la qualité technique, la qualité produit. Donc c'est plus sur tout ça.

Je suis pas mal en interaction avec les clients aussi. Et mon focus en ce moment est plus sur, comme je le parlais tout à l'heure, on prend un peu une stratégie de groupe sur la diversification des activités tout en gardant dans un sens dans tout ça. C'est un rôle où j'interviens sur un peu tout. En tout cas, si je dois le scoper aujourd'hui, au niveau de la tech, c'est surtout comment on structure et comment on garantit qu'on atteindra notre promesse, en l'occurrence, qui est la qualité technique. Comment, en fait, tu t'es formée et comment tu te formes aujourd'hui à tout ça? Parce que du fait que tu as démarré tout seul directement, tu n'as pas forcément, par exemple, pris des choses que tu aurais pu voir dans des boîtes précédentes, ce qui est un parcours plus classique. Donc, toi, comment tu as fait, en fait, pour arriver à... Trouver des références, savoir où tu voulais aller et aujourd'hui à continuer à structurer tout ça? Au tout début, j'ai appris avec des sites qu'on connaît certainement tous, comme le site du Zéro, désormais Open Classroom, avec Jonathan Boyer, alias Graphic Art, qui fait beaucoup de contenu sur le développement web et qui, en tout cas, pour moi, a été vraiment...

On peut dire un mentor en tout cas, à travers ces vidéos, m'a beaucoup appris. Et après, je pense que pour tout ce qui tient à la tech, ça a toujours été une passion. Globalement, quand j'avais une idée en tête, je ne m'arrêtais pas et je n'allais pas me coucher tant que je n'avais pas trouvé la solution. Donc j'ai appris force... Force de tentative, force d'échec aussi. Et surtout, je suis assez convaincu d'une chose, c'est que le meilleur moyen d'apprendre, c'est de prendre des risques. Et typiquement, au début, quand je faisais beaucoup de bénévolat, etc., on venait me demander si tu sais faire ça, etc., est-ce que tu as déjà fait ça? Et souvent, ma réponse était oui. Si je me sentais capable de le faire, c'était oui, même si je ne l'avais jamais fait. En fait, ce n'est pas grave, j'allais juste donner deux fois, trois fois plus pour atteindre l'objectif. J'ai eu des trucs comme ça où je n'ai pas dormi pendant plusieurs jours, en tout cas très très peu pour... Pour tenir un truc que je n'avais jamais fait. Typiquement, la première fois que j'ai dû faire une application avec un espace client, du paiement, etc., des choses que tu n'as jamais fait. En plus, je pense qu'à l'époque, j'avais 13-14 ans.

Tu as aussi des limitations dans la compréhension de certaines choses et du coup, ça me poussait tout le temps à dépasser ça. Donc ça a été essentiellement de l'autodidacte. Et ça, je le dois à toutes les personnes qui ont créé du contenu sur le sujet. Et ensuite, sur toutes les autres thématiques, typiquement le management, etc. Je pense que dans l'entrepreneuriat, il n'y a pas de théorie. Les choses s'apprennent beaucoup sur le terrain. Et typiquement, si on prend le management, ça reste de l'humain. Il suffit en tout cas d'avoir envie de développer des compétences humaines et parfois d'avoir ce truc aussi qui reste un truc très social, d'être capable de parler à des gens, de se préoccuper, d'être empathique, etc. Pour moi, c'est des choses qui s'apprennent sur le tas. En tout cas, c'est comme ça que je les ai apprises. Ok, donc toi, c'est vraiment plus apprentissage au fil de l'eau et pas trop de bouquins, de conférences, c'est plus au jour le jour. Si beaucoup de conférences, j'ai regardé et assisté à énormément de conférences très jeunes, donc c'était principalement des conférences sur la tech, et beaucoup autour de l'écosystème PHP, qui est un écosystème dans lequel j'ai beaucoup été. Et si des livres après un peu plus sur tout ce qui est entrepreneuriat, etc., un petit peu tech, En tout cas, mes lectures ont toujours été beaucoup plus business au sens large.

Et est-ce qu'il y aurait par exemple un ou deux bouquins qui t'auraient particulièrement marqué ou pas plus que ça? Alors il y en a un qui m'a marqué, mais je pense qu'il m'a marqué parce que ça doit être un des premiers que j'ai lu, qui est un livre un peu orienté entrepreneuriat, un peu développement personnel, mais qui n'est pas si connu que ça je pense. C'est« Vous pouvez être ce que vous voulez être» de Paul Arden. C'est un tout petit livre, je crois que je l'avais lu en deux heures. En vacances avec ma famille. C'est le point. Premier livre qui m'a fait voir les choses un peu différemment et globalement, le titre est assez clair. À partir du moment où tu veux quelque chose, le seul facteur déterminant là-dedans, bien souvent, ça va être les actions que tu vas mettre en place. Donc ça a été celui-ci, je pense, qui a été le plus marquant puisqu'il m'a ouvert à quelque chose que je ne connaissais pas, qui était le développement personnel. Avec ses travers aussi, parce que du coup, au début de ma carrière, je consommais beaucoup de contenu autour de ça, du coup, et typiquement, je pensais que tout ce qui était douche froide à 6h du matin, méditation, etc., allait faire la différence, alors que

dans le fond, je pense que malheureusement, c'est... Ce n'est pas ça qui fait la différence in fine. Et sinon, un deuxième livre qui a beaucoup drive, qui est plus récent, celui-là, je crois, qui date de 2020, mais en tout cas, qui m'a beaucoup inspiré sur la manière de structurer, de gérer, en tout cas, sur la vision que tu peux avoir d'une boîte, c'est Il se business de Jean-Charles, j'ai plus son nom de famille, le fondateur d'Alan, qui a un livre qui parle justement de sa vision d'un business sain, notamment sur l'organisation, le fait d'avoir des politiques RH qui soient saines. C'est une super lecture. Et toi aujourd'hui, avec le studio, c'est quoi un peu tes défis? Et tes objectifs à moyen et long terme? Où est-ce que tu veux aller aujourd'hui? Je dirais qu'aujourd'hui, on reste une structure qui est relativement intaïe humaine, on est une vingtaine. On fait aussi face à cette période où il y a quand même une marche à passer, qui n'est pas la plus évidente. qui est une marche où du coup, tu as commencé à beaucoup structurer, mais tu as encore à faire. Et globalement, où est-ce qu'on veut aller?

C'est 80 collaborateurs d'ici 3 ans, voire d'ici 2 ans si tout se passe comme prévu. Donc il y a un petit peu de croissance là-dedans. On cherche à garder une croissance qui est maîtrisée. On n'a pas envie d'hypercroissance, on n'a pas envie de tout ça parce que déjà on est en autofinancement depuis le début et on compte le rester. Donc mes défis c'est principalement ça. C'est comment aujourd'hui on arrive à garder toutes ces valeurs qu'on porte qui sont facilement conservables à taille humaine et qui peuvent être de plus en plus difficiles aussi à porter avec la croissance. Est-ce que tu pourrais m'en parler un peu plus de ces valeurs? Parce que j'ai l'impression que c'est un truc qui est important pour toi. J'ai cru détecter la qualité. Est-ce que tu peux en parler un peu plus? Quand j'ai lancé cette boîte, j'avais bossé en freelance avec beaucoup d'agences. J'avais trouvé que c'était un secteur qui, dans certains cas, pouvait manquer d'éthique sur pas mal de sujets. Et du coup, mon premier truc, ça a été un peu de chercher à contrer ça. Alors, quand je parle de qualité, je parle évidemment de qualité technique, de qualité produit.

Pour moi, c'est assez important que ce qu'on délivre, ça respecte en tout cas ce qu'il pourrait y avoir de mieux à la tech. Alors, évidemment, il faut toujours faire la part des choses. Une petite boîte qui veut développer un petit ERP pour compter des choux et des carottes, ce ne sera pas la même chose qu'une boîte de 3000 collaborateurs qui veut développer. Un logiciel beaucoup plus important, etc. Les standards ne vont pas être les mêmes. Mais en tout cas, j'ai vu trop de boîtes vendre des WordPress bâclés avec du code pansement à droite à gauche, des milliers d'euros. Notre positionnement est très craftsmanship globalement dans l'ensemble. Et ensuite, sur les valeurs qui sont importantes pour moi, c'est celle de la transparence en interne comme en externe, avec nos clients ou nos collaborateurs. Et surtout, c'est... On n'est pas là pour construire une boîte au détriment des collaborateurs, mais on est là pour essayer de faire vivre une aventure humaine à tout le monde. Et donc, ça passe par plein de valeurs qui sont finalement des valeurs humaines. C'est comment on traite ses collaborateurs, comment on les implique dans le projet et comment on fait en sorte que...

Quand de nouvelles personnes arrivent, le projet évolue aussi un petit peu avec elles, pour que chacun puisse un peu ajouter de son ADN. Donc ouais, c'est surtout ça. Je pense que c'est beaucoup de valeur éthique, ce qui pour moi manquait un petit peu à notre milieu. Et est-ce que tu pourrais nous partager peut-être un peu des exemples concrets que tu as mis en place dans ta boîte, que les autres tech leaders qui nous écoutent pourraient peut-être... Dont ils pourraient s'inspirer pour arriver à mettre en place des process de qualité et aussi à faire infuser ces valeurs humaines. Tu fais quoi quand il y a quelqu'un qui arrive pour qu'ils se sentent vraiment investis de tout ça et qu'ils le ressentent et peut-être le mettent en place eux aussi? Déjà, ça se passe en amont de l'onboarding. C'est vraiment, est-ce qu'on va ressentir un peu un alignement avec la personne? Déjà, est-ce que les intérêts qu'on pourra avoir nous et les siens sont alignés? Sinon, on ne pourra pas avoir ce matching à un moment donné. Ensuite, quand la personne arrive, c'est notamment dans son onboarding, c'est vraiment d'essayer de lui faire comprendre qu'il y aura les sujets qui font partie, entre guillemets, de son poste, mais ensuite, il y a tous les moments humains qu'on va vivre, typiquement nos séminaires,

ce qu'on appelle aussi le Yield à Paris. Du coup, on a des collaborateurs qui sont partout en France, mais nos bureaux sont à Paris. Donc tous les mois, on se regroupe tous à Paris pour une activité le soir. Donc ils viennent deux jours et on a une activité le soir. Donc c'est un peu classique, beaucoup de boîtes ont ça. Sur l'implication, c'est qu'on essaie aussi de pousser nos collabs à vraiment s'investir, soit par de l'organisation interne, donc chacun est libre d'organiser un séminaire, une activité, etc., en tout cas de le proposer, et derrière on soutient ou pas l'initiative. On essaie de favoriser aussi l'intrapreneuriat, parce que ça va dans le sens de nos stratégies. Et quand on a des collaborateurs qui ont une idée, quelque chose d'assez aligné, on va essayer de les soutenir. Ensuite, pour la qualité tech, ce qui, je pense, va beaucoup plus parler aux auditeurs, s'ils sont principalement tech, on a un certain nombre de choses qui sont en place. Déjà, il y a les basiques. Il va y avoir tout ce qui est les CI, les outils de lint, évidemment les tests, test inter, test fonctionnel, test end-to-end, avec des stratégies de tests qui sont...

Adapté d'une part au projet et à chaque scope du projet. Typiquement, est-ce que c'est pertinent de mettre des tests end-to-end partout? Je ne pense pas. Donc nous, on a des stratégies de test qui sont définies selon les projets. Il y a un collab chez nous qui a fait venir dans l'organisation les Dora Metrics. C'est un ensemble de... De métriques, de mesures, qui, quand on les ajoute à un instant T, ne vont pas forcément faire changer les choses. Mais qui par contre, sur le long terme, vont permettre de mieux se connaître et donc de pouvoir améliorer. Donc c'est le genre d'initiative aussi que quand on les met en place, on capitalise et on sait qu'on pourra s'améliorer plus tard. Je me demandais si dans l'histoire du studio, tu aurais une histoire particulière de succès ou d'échec à nous partager. Je n'en ai pas une qui me vient directement en tête dans l'histoire du studio. Comme je l'avais évoqué l'autre fois, j'en ai une qui me vient d'avant et qui illustre aussi pourquoi je pense qu'aujourd'hui la tech et le business doivent... vraiment collaborer et vraiment être dans une démarche de co-conception.

On conçoit un outil ensemble. Je travaillais à l'époque pour un client qui développait un ERP globalement sur le secteur de la location. Et il y avait une volonté de son côté d'être micro-service. Ce qui globalement... Ne veut pas dire grand-chose. À l'époque, on était une équipe de 2-3 développeurs, et donc on ne comprend pas trop au début le besoin, mais globalement, c'est un prérequis. On avait tous une expérience assez similaire dans l'équipe, donc ça c'était en 2017 peut-être. Et globalement, on part sur ce côté microservice en essayant de lui expliquer un peu les tenants et les aboutissants. En fait, il s'avère qu'il n'avait pas du tout compris ce que c'était que les microservices, même malgré nos explications. La faute est certainement aussi de notre côté, du fait qu'on l'ait mal illustré. Mais pour lui, c'était une manière de se dire, on a développé tel sujet, on peut l'utiliser demain dans n'importe quel autre projet, sans contexte particulier. Par exemple, on a développé un système de réservation. Demain, on n'a aucune adaptation à faire pour se mettre à louer des appartements plutôt que des voitures.

Et donc, ça a pour moi illustré beaucoup le fait que c'est deux mondes qui parfois ne se comprennent pas. Et en l'occurrence, c'était des conflits permanents. Donc ça, c'était un beau fail parce qu'on a travaillé peut-être pendant un an et demi. Sur le sujet pour qu'au final tout soit jeté parce que de leur côté ils n'avaient pas du tout compris les tenants aboutissants. Ils ne pouvaient pas l'exploiter comme ils le voulaient. Ils pouvaient l'exploiter pour leur activité principale. Mais ça n'avait pas d'intérêt pour les activités secondaires. Aujourd'hui, tu le traiterais comment ce client? Qu'est-ce que tu ferais différemment? Je pense que tous les projets qui rentrent chez nous aujourd'hui, on essaie déjà d'enlever de la tête d'un client les idées reçues ou une conception des choses qui parfois ne seraient pas la bonne. C'est-à-dire que si quelqu'un vient nous voir en disant, typiquement prenons cet exemple, moi je veux développer une application de réservation, je veux qu'elle soit en microservice, enfin en tout cas avec une architecture microservice, sinon ça ne veut rien dire. Ok, mais pourquoi? Qu'est-ce que tu en as compris? Pourquoi tu demandes ça? Est-ce que c'est un tech de chez toi qui est... Qui t'a demandé ça, si oui, pourquoi, ou est-ce que c'est juste que tu étais à une conférence business l'autre fois et tu as entendu quelqu'un parler de comment ça leur avait permis d'exploser.

On essaie d'aller comprendre vraiment la motivation derrière le terme qui est utilisé, et ensuite, si c'est adapté, tant mieux, et sinon, on vient faire un petit peu de pédagogie. Je pense qu'on travaille beaucoup aujourd'hui avec ce côté pédagogique de, ok, on accompagne, on explique, et le client, lui, nous accompagne et nous explique son métier, inversement. Maintenant, j'aimerais te poser comme question, peut-être si on a des plus jeunes qui nous écoutent, quel conseil tu aurais à donner à quelqu'un qui aime la tech et par exemple a envie comme toi de lancer un studio? Est-ce que déjà tu penses qu'aujourd'hui, en 2024, c'est une bonne idée de faire un studio? Et qu'est-ce que tu lui recommanderais? Alors pour commencer, est-ce que c'est une bonne idée? Le marché c'est assez tendu, mais je pense que ce n'est pas une mauvaise idée. Aujourd'hui, N'importe qui peut arriver avec une proposition de valeur bien différente et s'installer sur n'importe quel marché, je pense, avec un peu de motivation et de détermination. Et qu'est-ce que je donnerais comme conseil? Je ne sais pas si c'est un bon conseil, mais globalement, c'est celui que j'ai toujours appliqué.

À un moment donné, quand on veut quelque chose, il faut savoir créer les opportunités et les saisir. Et typiquement, c'est d'accepter de prendre des risques et d'avoir des inconnus. Dans chaque décision, il y a un certain nombre d'inconnus. Plus il y en a, plus le risque d'échec est élevé, naturellement. Quand on n'a rien à perdre, en tout cas, c'est d'accepter de prendre ses risques. En considérant éventuellement l'impact que ça aura pour la personne qui est en face. Il ne faut pas tout accepter sous prétexte qu'on veut entreprendre et qu'on prend des risques. Mais en tout cas, il faut oser se lancer et tant pis, c'est des périodes où vous donnerez deux fois plus, mais vous en sortirez avec deux fois plus de compétences que s'il n'y avait pas eu de risque. Donc là, je pense qu'on commence à arriver un peu à la fin du temps imparti. Donc, est-ce qu'il y a un sujet, une question que je ne t'ai pas posée et que tu aurais aimé que je te pose? Je pense qu'on a tout abordé. Il y a peut-être un sujet, une question que je trouve toujours intéressante, mais c'est qu'est-ce que tu as appris à déconstruire au travers de tes expériences? Pour y répondre, dans mon cas, ça a été ce que j'évoquais tout à l'heure, ce côté très...

Cette image qu'a un peu l'entrepreneuriat de tu médites, tu manges hyper sain, tu fais beaucoup de sport, tu te lèves à 8h. Tu prends des douches froides. Enfin, en fait, ce que les influenceurs en développement personnel essaient de relayer. Je pense que c'est assez faussé, ça peut faire peur à des gens aussi qui voudraient se lancer dans l'entrepreneuriat. Je pense que naturellement, quand on a un mode de vie comme ça qui est assez exigeant quand même, entreprendre, ça demande beaucoup d'investissement, beaucoup d'énergie. On a besoin de trouver un équilibre et ça passe par des activités sportives, par une vie saine, etc. Mais typiquement, il y a plusieurs années de ma vie où j'ai pris des douches froides. Ça n'a jamais rien changé, je n'en prends pas aujourd'hui. Et voilà, donc c'est savoir faire la part des choses entre ce qu'on lit et ce que les gens font vraiment. C'est une belle conclusion. Merci beaucoup James. Merci beaucoup à tous et à toutes de nous avoir écoutés. Merci Marie et merci Tech.Rocks.