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Podcast Tech.Rocks
L’empowerment, l'avenir du management ?
- Cyrielle Hanser-Gillet (CIO, Hublot)
- Alain Buzzacaro (Président, Instinct Pionnier) — interview
Podcast Tech.Rocks · 14 juillet 2024 · 22 min · en français
Résumé
Premier épisode de « CTO de Suisse », nouvelle série thématique du podcast Tech.Rocks à la rencontre des CTO de Suisse. Cyrielle Hanser-Gillet partage son parcours chez Nespresso puis chez Hublot, où elle est CIO. Passionnée de tech depuis son plus jeune âge, elle estime qu'un·e tech leader doit être humble et curieux, respecter la tech comme une discipline vaste et en constante évolution qui ne peut pas être maîtrisée seul, et avoir compris que la seule façon de l'aborder, c'est à travers ses équipes. Elle présente son approche du management, qui souligne l'importance de l'empowerment pour donner à ses collaborateurs les moyens de s'épanouir et de réussir. Enfin, elle évoque sa place de femme dans le monde de la tech, en partageant son expérience et ses perspectives.
Summary
First episode of "CTO de Suisse", a new thematic Tech.Rocks podcast series meeting CTOs in Switzerland. Cyrielle Hanser-Gillet shares her career at Nespresso and then at Hublot, where she is CIO. Passionate about tech since childhood, she believes a tech leader must be humble and curious, respect tech as a vast and constantly evolving discipline that cannot be mastered alone, and understand that the only way to approach it is through their teams. She presents her approach to management, which stresses the importance of empowerment to give her team members the means to thrive and succeed. Finally, she talks about her place as a woman in the tech world, sharing her experience and perspectives.
Thèmes : Management & organisation
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Je partage ma conviction que les choses arrivent à 50% avec de l'effort, il faut faire sa part, et à 50% avec de la chance. Moi, ce qui me fait lever le matin, c'est cette curiosité de découvrir quelles nouvelles opportunités on va pouvoir créer. Pour moi, le CTO, c'est vraiment la personne qui va créer la tech, qui va définir le quoi et le comment. Bonjour à tous, je suis Alain Buzzacaro, président d'Instinct Pionnier, une entreprise de coaching et transformation culturelle. Mais aujourd'hui, c'est en tant que membre des communautés Tech.Rocks et City au Romandie que je me présente à vous. En effet, c'est une première. Je suis ravi d'être avec vous pour ce premier podcast Tech.Rocks qui va donner la parole à des tech leaders de la Suisse romande. Je tiens à signaler que cette initiative est liée à l'organisation cette année de Tech.Rocks Summit qui aura lieu les 2 et 3 décembre à Paris et qui sera aussi diffusée à la même date et en direct en Suisse et plus particulièrement à Genève.
L'objectif est de rendre accessible l'événement à distance et surtout de recréer le besoin de tisser des communautés de tech leaders locales. Et ça permet de surcroît de répondre aux enjeux climatiques en évitant des déplacements. Sans plus attendre, découvrons notre première tech leader, puisque j'ai le plaisir d'accueillir Cyrielle Hanser-Gillet. Qui est la CIO de Hublot. Alors Cyrielle, peux-tu nous partager qui tu es, ton parcours et globalement ce qui t'anime et te fait lever le matin? Oui, avec plaisir. Écoute, c'est un plaisir d'être là. Merci de l'invitation. Je m'appelle Cyrielle, j'ai 40 ans, j'ai un mari, deux enfants et du coup une joyeuse petite famille qui me donne une raison de devenir une meilleure personne chaque jour. Je suis française d'origine, devenue suisse, puisque je suis venue pour mes études et je n'ai jamais quitté ce pays, j'adore. J'aime dire que je suis dans l'informatique par choix. J'ai donc fait mes études à l'école polytechnique fédérale de Lausanne, d'abord en microtechnique, avant de me réorienter parce que vraiment la mécanique ne me rentrait pas dans ma tête. Et je suis sortie avec un diplôme ingénieur informatique en poche.
Après, je suis quelqu'un de nature assez active. J'aime bien maintenir beaucoup d'effervescence dans ma vie. J'ai ponctué mon parcours en école d'ingénieur avec diverses associations étudiantes, dont deux que j'aimerais partager parce qu'elles ont été assez déterminantes pour la suite. La première a été la création de la commission coaching, dont le but est d'accompagner les étudiants de première année et de faciliter leur intégration. Et à travers les formations qu'ont données à nos coachs, j'ai découvert l'univers de l'écoute active et de la communication non-violente. Et je mesure aujourd'hui la chance que j'ai de découvrir un sujet très, très tôt. Je devais avoir 19 ans. Et ça a défini beaucoup de choses dans la suite de mon parcours. La deuxième expérience, ça a été l'organisation pendant deux ans d'une conférence internationale sur le modèle des Nations Unies, une simulation avec 1800 participants sur une semaine. Ce monde-là, allogé à Genève, appris étudiant, pendant cinq jours de conférences et autant de soirées étudiantes à organiser. Et là, j'ai vraiment appris ce que c'était que d'être responsable d'une équipe de projet et puis surtout développer un grand sens de l'organisation, puisque l'idée, c'était quand même de réussir mes études en parallèle.
Donc, diplôme en poche. J'ai eu une première partie de carrière assez intense et assez soutenue, mais vous avez compris, c'est que j'aime ça. Premier job chez Nespresso où je suis rentrée en tant que canaliste pour le support sur l'ERP et j'ai évolué dans l'entreprise jusqu'à devenir directrice informatique en une dizaine d'années. Tout ça dans une entreprise en pleine croissance et en transformation permanente. J'ai vraiment commencé aux opérations, aux supports, j'ai évolué ensuite dans la gestion de projets, programmes, portfolios, toujours sur des sujets très transverses, lancement de nouveaux marchés, des choses qui touchaient vraiment toute la chaîne de valeur. J'ai fait un passage comme responsable des équipes solutions pour le retail, donc nos boutiques et nos centres d'appel. Et ça, ça m'a vraiment permis de construire une vue assez transverse des métiers de la tech dans une entreprise qui ne fait pas de tech, puisque c'est une entreprise de biens de consommation, et de découvrir aussi tous les processus métiers de l'entreprise. Aujourd'hui, je réunis mes deux cursus, microtechnique et informatique, puisque je suis directrice des services d'information pour la maison Hublot, une manufacture de haute horlogerie sur les bords du lac Léman,
et qui a la particularité d'avoir un réseau de distribution assez varié, comme des boutiques en propre, un réseau de partenaires. Les solutions informatiques couvrent vraiment un large éventail de besoins. Du B2C, ce qu'on a dit commerce et les boutiques, le B2B avec les partenaires. toutes les solutions industrielles et de production qui sont le cœur de métier, ainsi que toute la digitalisation des fonctions de support. Donc aujourd'hui, quand on me demande comment j'ai construit mon parcours, je partage ma conviction que les choses arrivent à 50% avec de l'effort, il faut faire sa part, et à 50% avec de la chance, puisqu'au final, il faut que les opportunités soient là. Et d'ailleurs, récemment, j'ai eu une super conversation sur cette notion de chance avec une personne qui me partageait que pour elle, la chance, au final, c'est une... façon de voir les choses, de lire les situations et de créer les connexions. Et qu'au final, la chance, c'est plutôt quelque chose que tu attires avec ta propre énergie et ton côté positif de voir les choses. Donc moi, ce qui me fait lever le matin, c'est cette curiosité de découvrir quelles nouvelles opportunités on va pouvoir créer.
La CNV, la communication non-violente à 19 ans, ça devrait être obligatoire, on est bien d'accord. Absolument. En quoi consistent tes missions? Et surtout, tu as un titre de CIO. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu vois ce rôle et comment tu le vois en différence par rapport au rôle de CTO? Alors, je pense que chaque entreprise et chaque organisation va avoir ses définitions, mais pour moi, le CTO, c'est vraiment la personne qui va créer la tech, qui va définir le quoi et le comment. Je pense que c'est un rôle qui s'inscrit vraiment au sein d'une entreprise ou d'un département qui a besoin d'innovation et de développement de technologie. Et la tech devient le cœur de métier, en fait. Et du coup, ma définition du CIO, c'est plutôt quelqu'un qui va mettre cette tech au service d'un business. Du coup, il doit comprendre la tech profondément, respecter, savoir la gérer. Mais surtout, il doit tout autant comprendre les enjeux de l'entreprise au sens large, comment la tech peut y contribuer, et savoir en expliquer la valeur à ceux qui ne la comprennent pas toujours.
Et du coup, c'est quoi ta définition à toi d'un tech leader? Pour moi, un tech leader, c'est quelqu'un qui doit être humble et curieux. Quelqu'un qui respecte cette tech comme une discipline vaste et en constante évolution. Il ne peut pas être maîtrisé seul. C'est quelqu'un qui a compris que la seule façon de l'adresser, c'est à travers ses équipes, à travers ses experts qui vont forcément savoir mieux que lui. Pour moi, le job, c'est un, créer les conditions pour que les bonnes décisions soient prises, le bon budget, le bon projet, le bon timing pour que les experts et les équipes travaillent efficacement. Et puis deux, créer le contexte pour que ces équipes comprennent les enjeux, ce à quoi ils contribuent et les impacts de leurs décisions. Et quand tu mélanges les deux, The magic happens, normalement. Bon, quelque part, tu représentes aussi une nouvelle génération de tech leaders, notamment en tant que femme de la tech. Comment tu te sens investie de cette mission? Et je suis assez curieux de savoir si ça a été difficile pour toi. Alors, merci de la question, parce qu'évidemment, c'est un sujet qui me touche, mais c'est toujours délicat de répondre, parce qu'en fait, j'estime que je n'en ai pas souffert.
Et du coup, j'ai été élevée dans la fierté de la science, j'ai été élevée avec cette fierté d'avoir des ingénieurs dans la famille, et ça m'a un petit peu mise sur des rails. Alors attention, on a toujours laissé le choix, on a toujours dit tu feras ce que tu voudras. Mais ça a vraiment construit cette confiance en moi que si je voulais, je pouvais y arriver. Et ma famille m'a aussi donné le goût de l'effort. Donc moi, au final, le message que j'ai envie de transmettre aujourd'hui, et surtout pour les filles, les petites et les grandes, c'est allez-y, faites ce que vous aimez, je suis sûre que vous allez y arriver. Et pour les parents, continuez de faire de votre mieux et donnez-nous des ailes, on arrivera à voler. Super message, merci pour ça. Et du coup, je serais qu'à... C'est quand même curieux de savoir si tu n'as jamais ressenti dans ta carrière de situation où tu as ressenti un biais en tant que femme. Oui, ça m'est arrivé. Et paradoxalement, je pense que ça partait d'une bonne intention. Quand je suis tombée enceinte et qu'il s'agit de partir en congé mat, alors il y a eu des gens qui commençaient à me dire, oui, de toute façon, ce projet-là, toi, tu t'en fiches, tu ne seras pas là.
Et là, du coup, je ne suis pas d'accord. En général, quand on est là, on est là. Il y avait aussi cette suggestion que mes priorités allaient changer, que j'aurais peut-être envie de lever un peu le pied. Donc, je pense que c'était pour ouvrir la discussion sur mon temps de travail, mais mon message, c'est laissez-nous choisir. Quand on est là, on est là. Et je voudrais balancer ce message aussi avec un autre message pour les femmes, c'est n'hésitez pas à prendre le temps que vous voulez. Moi, je m'étais mis la pression, pas possible. Alors, j'ai quand même pris six mois. Mais en revenant, les gens ne se souviennent plus si j'en avais pris deux ou quatre ou six. Alors faites ce qui vous semble bien. Et honnêtement, quand je suis revenue, j'ai eu une promotion. Donc, ce n'est pas du tout un bloqueur. Comment vois-tu le rôle de l'IT dans l'entreprise? Tout à l'heure, tu parlais de ce rôle de tech leader qui devait respecter à la fois la technologie, mais aussi qui devait apporter cette vision de la technologie. Et donc, toi, en tant que CIO, comment tu vois ce rôle de l'IT, de l'informatique dans l'entreprise? Du coup, pour moi, l'IT, une fois de plus, dans une boîte qui n'existe pas pour la tech, c'est vraiment d'augmenter l'entreprise et puis d'équiper tous les autres départements.
Donc ça, évidemment, ça nécessite une forte compréhension métier, stratégie, challenge, juste. qu'au processus opérationnel. Mais aujourd'hui, je trouve que l'IT, c'est une fonction qui est mal comprise. Les gens pensent qu'il y a un côté mécanique à produire du code, alors que moi, je ne connais pas grand-chose qui soit plus créatif. Il y a mille façons d'adresser un problème. C'est une fonction qui doit comprendre toute l'entreprise. Il faut anticiper tous les impacts. Et on travaille sur une matière en constante évolution. Il faut désapprendre et réapprendre en permanence. Moi, ce qui m'interpelle dans ce contexte, c'est que tout le monde va te parler de business versus IT, alors que personne ne va te parler de business versus IT. Finance ou HR, qu'est-ce qui se passe avec l'IT pour qu'il y ait une frontière au sol, que les gens pensent qu'on est conviés dans deux mondes différents ? Business is IT, IT is business, on est tout à fait aligné avec ça. Et du coup, tu as des initiatives en cours pour justement réduire cette frontière entre les deux? C'est un travail de tous les jours. Déjà au niveau personnel, moi j'aime bien aller passer du temps avec les utilisateurs. La dernière fois que je suis montée à Paris, je suis allée m'asseoir trois heures dans notre boutique de Vendôme.
Et c'est clair que pendant les 15 premières minutes, les gens me parlent d'IT. Il faut rester, il faut écouter. Et au bout d'un moment, les gens te parlent de ce qui est important pour eux, de leur relation avec le client. Et puis, j'encourage mes équipes à faire la même chose et prendre ce modèle, un virage que les RH ont pris il y a quelque temps avec cette notion de RH business partner. Moi, j'aimerais que mes équipes deviennent des IT business partner et qu'il y ait vraiment cette compréhension. Et puis, dans l'autre sens, il y a vraiment le sujet d'amener la tech à la table de la leadership team. Et puis là, j'ai des sujets en préparation. Je suis en train de préparer un format un peu lunch and learn, vraiment sur le temps du repas. Amener des sensibilisations à la data, à la cyber, à des choses fantastiques qu'on pourrait faire dans le monde horloger sur les pipelines 3D, parce que je pense vraiment que maîtriser, même pas maîtriser, mais apprivoiser un petit peu cette technologie, ça va devenir une compétence clé de tous les rôles métiers à l'avenir. Lunch and Learn, j'adore. On peut s'inscrire? Pourquoi pas? Écoute, je commence à l'interne et puis on verra où ça va.
Et alors, tu nous l'envoies. Tu parles beaucoup de ton rôle de manager, de leader. Quel est ton style de management? C'est quoi tes convictions dans ce domaine-là? Aujourd'hui, je suis convaincue que tout ce qui est management 3.0, pyramide inversée, décentralisation et empowerment, c'est vraiment la chose à mettre en place. Pour moi, l'empowerment, c'est une nécessité. Le manager n'est pas le grand sachant de tout. Qui mieux que les gens du terrain, que les gens experts, voient les problèmes qu'on doit adresser et peuvent même y répondre potentiellement. J'aime aussi dire par contre que l'empowerment, c'est parfois inconfortable. Beaucoup d'équipes le demandent et le jour où ça leur tombe dessus, ce n'est pas toujours évident parce que d'un seul coup, on se retrouve face à ses décisions, face à ses responsabilités. Et c'est vraiment quelque chose qu'il faut accompagner et construire parce que ça nécessite de comprendre l'impact de ces décisions. Ça nécessite de créer du contexte pour que les gens réalisent où ils vont. Je pense que ça nécessite aussi de connaître quelques trucs qui ne sont pas toujours évidents sur de la prise de décision distribuée.
On connaît assez facilement tout ce qui est le top-down, tout ce qui est le consensus, mais avoir une sensibilité plus fine autour de ce que sont finalement mes territoires d'autorité en tant que personne, là où je peux décider seule, là où je dois consulter, et là où c'est carrément en dehors de mes prérogatives, où il faut que je commence à escalader un petit peu ça, je pense que c'est des choses qui doivent être mises en place au fur et à mesure. Donc, ce n'est pas facile, mais ça s'accompagne. Tu nous expliquais en préambule que tu avais eu la chance de rencontrer justement la communication non-violente, et puis tout un tas d'expériences très tôt. Mais comment as-tu basculé petit à petit dans cette posture de, on va appeler ça un manager 3.0? Qu'est-ce que tu en as appris? Est-ce que tu as appris des choses sur toi? Oui, alors je suis tombée dedans un peu par hasard, parce qu'au final, j'ai vu passer ce meet-up sur les organisations distribuées. Et ce sujet m'a attirée. Je n'ai pas tellement de meet-up, ou je n'allais pas à tellement de meet-up à l'époque, mais je suis allée là-bas et là, j'ai vraiment découvert tout le pouvoir et j'ai été fascinée par les notions d'holacratie et j'ai vraiment eu envie d'explorer ça.
Maintenant, toute la question, c'est comment tu le mets en œuvre? Parce que forte de toutes mes nouvelles convictions, je me suis dit, tiens, je vais déléguer. Et il y a vraiment eu une première fois où j'ai délégué mon rôle en tant qu'animation de l'équipe de leadership IT. Et j'ai été toute déçue de voir le résultat au final, parce que j'avais délégué une tâche à quelqu'un qui investit de cette nouvelle mission, avait finalement pris plein de décisions et n'avait pas nécessairement pris l'approche que moi j'essayais d'avoir, qui était de déléguer ce pouvoir. Et en fait, je me suis rendue compte que tu ne peux pas déléguer une tâche. Tu dois déléguer ta vision, tes valeurs, tu dois l'accompagner, mais tu ne peux pas juste imaginer que les choses vont se produire toutes seules. Donc je l'ai appris un peu à mes dépens, mais aujourd'hui c'est une conviction forte. Alors, comme tu le sais, le thème que nous allons explorer cette année lors du semi de Tech.Rocks, c'est celui de la résilience. Et je serais curieux de t'entendre sur ce sujet. Alors, quand tu me parles de résilience, il y a un événement qui me vient assez fort, qui a été... qui a été assez traumatique parce qu'on a eu dans une expérience passée une assez grosse réorganisation.
Et en fait, pour traverser ça, il y avait vraiment deux forces en opposition. J'avais à la fois un conflit de valeurs parce que moi, je crois fortement en l'humain et à la construction des équipes. On passe énormément d'énergie à former et à engager les gens. Et là, le fait de les faire partir, ça ne me correspondait pas. Et en même temps, je me sentais investie d'une mission. Moi, on m'a proposé de rester et je me suis dit, j'arrivais à un moment... De ma carrière où j'avais un peu fait le tour, comme je disais tout à l'heure, de beaucoup de process, de beaucoup de projets. Je me suis dit, si quelqu'un arrivera à reconstruire ce département, c'est peut-être moi. Alors du coup, avec le recul, évidemment que j'ai appris plein de choses, évidemment que ça m'a amenée là où je suis aujourd'hui. Voilà, ça a été difficile, mais ça m'a construit. Mais à la question de si je le referais, Honnêtement, je ne suis pas sûre. Parce que quand tu travailles avec des valeurs qui ne sont pas alignées, ton énergie s'effondre en fait. On parlait tout à l'heure de cette énergie positive qui attire la chance.
Et en fait, quand tes valeurs ne sont pas alignées, J'ai fait des insomnies pendant un an et demi, en toute transparence. Donc ça, pour moi, c'est maintenant une conviction plus forte qu'il faut que je travaille en alignement avec mes valeurs. Et du coup, en termes de résilience, les deux choses qui m'ont un peu tenue debout, et je pense que ce ne sera pas une révélation pour beaucoup de monde, c'est le sport et la méditation. La méditation, ça m'a vraiment donné ces cinq minutes de calme tous les matins pour avoir du recul sur les situations que j'allais vivre. Le sport aussi, et tu te rends compte quand tu crois que tu n'as pas le temps et que tu lâches sur ces choses-là, c'est là que d'un seul coup, les situations te touchent, c'est là que d'un seul coup, tout ce qui est difficile pénètre et c'est là que tu vas faire des insomnies. Donc en fait, j'adore cette expression qui dit que cinq minutes de méditation, c'est essentiel, sauf quand tu n'as pas le temps, là, il faut une heure. Comme tu le sais, il y a une nouveauté en temps réel. d'organisation cette année, puisqu'on va adresser la thématique de la résilience avec Tech.Rocks Summit, mais qui sera aussi diffusée en Suisse et plus particulièrement à Genève.
Alors, c'est quoi ton point de vue sur cette initiative? Je te remercie de la mettre en place, parce que je trouve qu'en Suisse, on a un vivier extrêmement riche, on a des super écoles, on a vraiment beaucoup d'entreprises internationales, on a vraiment la chance d'avoir un environnement extrêmement riche avec des gens passionnants et passionnés. Et je me réjouis en fait de faire connaissance avec toute cette communauté-là et qu'on puisse échanger encore plus. Alors nos éditeurs, ils sont toujours intéressés d'apprendre des nouvelles choses. Est-ce que tu aurais un livre, une vidéo, quelque chose qui, toi, t'a particulièrement influencé à nous partager? Oui, j'ai quelques petites choses à vous partager. Il faudrait que j'avoue d'abord que je n'ai pas fini beaucoup de livres, en fait. J'aime bien commencer des livres et puis en général, je m'arrête en route. Mais un que j'ai lu jusqu'au bout parce qu'il est tout petit et il est hyper pratique, concret, c'est« How to change the world» de Jürgen Appello. Et en fait, il fait, honnêtement, si je regarde, il fait 60 pages.
Et il n'a rien inventé, Jürgen. Il a mis en place quatre frameworks. Il nous apprend vraiment à danser avec le système, avec un plan de check act, à s'occuper des personnes, à simuler le réseau avec les courbes d'adoption. C'est comment est-ce que tu aides les gens à te suivre. à changer l'environnement, comment tu communiques, comment tu accompagnes les gens là où ils sont. Et je pense que ça, c'est 60 pages. Et honnêtement, j'y retourne régulièrement. C'est un guide pratique qui est un petit rappel sur comment, au jour le jour, ton rôle en tant que leader, c'est d'être un catalyseur, en fait. Ce n'est plus de faire toi-même, c'est de délivrer à travers les gens et de gérer l'environnement, de gérer les parties prenantes, de gérer les gens autour de toi. Et en fait, j'adore ce petit livre. J'ai peut-être deux autres références, si on a le temps. Le premier, c'est un podcast que j'adore qui s'appelle Generation Do It Yourself de Mathieu Stéphanie. Hyper éclectique, beaucoup d'entrepreneurs. Et en fait, Mathieu vient avec cette conviction que nous sommes la moyenne des gens que nous rencontrons et il va vraiment chercher des profils hyper intéressants.
Donc, ça nourrit à la fois mon énorme curiosité d'avoir des sujets qui parlent de tout et n'importe quoi. Et c'est toujours des gens qui ont des parcours atypiques et inspirants. Donc, c'est le conseil vivement. Et la dernière personne qui m'a beaucoup inspirée, Elle s'appelle Hélène Bonhomme. Et Hélène, elle a une communauté en ligne qui s'appelle Les Fabuleuses. Elle a commencé par monter ça pour les mamans. Et aujourd'hui, elle l'étend avec son mari pour les familles et les papas aussi. Et on est vraiment dans le sujet de fond de la résilience, en l'occurrence, et de comment, quelque part, tu peux être une bonne maman, mais au final, une bonne personne. La première chose qu'elle te demande de faire, c'est de prendre 10 minutes pour toi tous les matins. Pour toi. Et tu es le premier à le dire, Alain, parce que pour s'occuper des autres, il faut d'abord... s'occuper de soi. Et elle vient avec tout un cursus, avec plein de petits conseils tous les jours, hyper concrets sur comment, brique après brique, tu construis quelque chose de solide. Et ça, pareil, ça m'a beaucoup aidée. Merci beaucoup pour ces partages, Chériel. Nous arrivons à la fin de ce podcast.
Une dernière chose que tu voudrais partager avec nos auditeurs? Oui, j'ai une anecdote toute fraîche puisqu'elle date de la semaine dernière. Je suis allée manger avec une collègue qui m'a dit« Cyrielle, t'es jolie! Vraiment une superwoman. Et au début, j'avais envie de tuer le mythe. D'ailleurs, c'est ce que je lui ai dit. Je lui ai dit non, pas du tout. Tout ça, c'est très fatigant. Et je ne suis pas sûre que je suis un exemple. Je me suis dit, au final, c'est peut-être plutôt l'inverse. Parce qu'en fait, prendre conscience de ses super pouvoirs, prendre conscience de ce que tu sais. Ça, c'est quelque chose que j'ai fait. Malheureusement, il a fallu un changement d'entreprise pour que je m'en rende compte, mais j'ai vraiment pris conscience de ce que je savais. Souvent, il y a ce proverbe qui dit« on ne sait pas ce qu'on ne sait pas». Mais là, en l'occurrence, je ne savais pas ce que je savais. Et puis, prendre le temps de temps en temps d'avoir cet effet miroir et de prendre la mesure de tout ce qu'on a appris, de tout ce qu'on sait faire. Ça, c'est un super pouvoir. Donc, vraiment, prenez la mesure de ce que vous savez et partagez-le.
Personne n'a dit que ça allait être facile. Oui, c'est fatigant, mais alors ça vaut le coup. Et du coup, je retournerai manger avec cette personne. Et cette fois, je ne louperai pas l'opportunité de l'inscrire. Merci Cyrielle, superwoman, j'adore ton super pouvoir. Cyrielle, le temps passé en ta compagnie a filé à toute vitesse. Je sais que tu seras présente du Tech.Rocks Summit que nous organisons à Genève. Nos auditeurs suisses auront bien sûr l'occasion d'interagir avec toi lors du summit. Merci beaucoup. J'en profite pour appeler de vous inscrire au Tech.Rocks Summit 2024 qui se tiendra les 2 et 3 décembre prochains au Tote de Paris et bien sûr à la même date à Genève. N'hésitez pas à prendre d'ores et déjà. À bientôt. Merci beaucoup.
