Podcast Tech.Rocks

S02E01 · Le rôle de responsable technique du pôle News et la gestion d'une trentaine de développeurs (1/2)

Podcast Tech.Rocks · 7 mai 2020 · 22 min · en français

Résumé

Premier épisode de la deuxième saison du podcast Tech.Rocks, diffusé en deux parties. Cédric Nilly, responsable technique du pôle News de France Télévisions, raconte son rôle au sein de France TV et la gestion de sa trentaine de développeurs. Première partie de l'entretien.

Summary

First episode of the second season of the Tech.Rocks podcast, released in two parts. Cédric Nilly, technical lead of the News division at France Télévisions, talks about his role at France TV and about managing his team of around thirty developers. Part one of the interview.

Thèmes : Management & organisation

Profil LinkedIn de Cédric Nilly

Profil LinkedIn d'Hervé Lourdin

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Ce podcast Tech.Rocks donne la parole aux managers de la tech. Des startups aux grands groupes, ils sont CTO, VP Engineering ou directeur R&D et font la tête de demain. Dans chaque épisode, on vous promet du concret, de vrais retours d'expérience pour vous permettre de trouver l'inspiration. Nous parlons ici de management, de pratique et surtout de comment faire du fail in force. Le tout sans langue de bois. Parole de tech leaders. Ce podcast Tech.Rocks a été réalisé dans des conditions de confinement. Nous comptons sur votre bienveillance quant à la qualité sonore, moins bonne que pour un enregistrement en studio. Aujourd'hui, c'est Hervé Lourdin, Engineering Director chez Leboncoin, et j'ai le plaisir de recevoir Cédric Nilly, responsable technique du pôle news au sein du numérique chez France Télévisions. Bonjour Cédric. Bonjour Hervé, merci de m'accueillir. Cédric, peux-tu nous partager en quelques mots qui tu es et notamment nous dire ce qu'est le pôle technique news de France Télévisions? Oui, tout à fait. J'ai le plaisir de gérer la partie technique des sites d'information du numérique de France Télé, qui regroupe France Info, site et application, mais aussi les sites d'information France 3 Régions, La Première Outre-mer et France TV Sport.

Ça regroupe un peu plus d'une trentaine de développeurs essentiellement, mobile, front, back et même full stack, et quelques scrum masters qui gèrent des équipes. Moi j'ai sinon trois enfants. En ces temps de confinement, Le nombre d'enfants ressentis, c'est plutôt 12, mais on fait avec. Et puis, j'aime avoir un peu de temps pour... Tenter d'avoir un peu de temps pour faire des jeux de plateau, des jeux de société, et puis surtout garder aussi un peu la main en faisant du dev. Alors ce n'est plus mon métier là, mais notamment via des plateformes comme Coding Game. Bon, j'ai l'impression qu'on va avoir plein de trucs à se raconter. Généralement, quand on commence cet échange, on essaie un petit peu d'avoir un peu de perspective, de contexte autour de toi. Et l'idée, c'est que tu nous racontes en quelques mots... Quel parcours tu as suivi? Comment tu en es arrivé au job que tu as aujourd'hui? Tes rencontres et tes expériences? Je suis tombé dans le dev quand j'étais tout petit, puisque j'ai eu la chance d'avoir dans les mains, dès 8-9 ans, un vieux PC sur lequel j'ai commencé à faire du BASIC, puis du Pascal, de l'assembleur, etc.

J'ai suivi une voie de maths et d'informatique à la fac, et j'ai commencé à faire du développement PHP, JS, Java, au sein de startups, notamment une startup qui travaillait dans des jeux qui rémunéraient les gagnants. Donc ça m'a appris deux sujets principaux qui sont la montée à l'échelle, la scalabilité et la sécurité, qui sont des marottes que j'affectionne et que je garde tout au long de ma carrière. J'ai fait quelques passages dans d'autres startups, dans des groupes un peu plus grands comme Vivendi sur la partie jeu. Une bonne expérience chez e-France, qui est une startup, un hébergeur gratuit de sites, d'adresses email et de blogs. Là aussi, avec des questions de scalabilité qui ont été extrêmement... Enfin, une très, très bonne école. J'étais ensuite pendant pas mal d'années CTO du groupe de presse et de médias Bayard, dans lequel j'ai eu la chance de refondre l'ensemble de l'activité e-commerce, notamment pour les ventes numériques et de magazines enfants, adultes, papiers. C'était ma première expérience avec une rédaction et l'actualité.

Déjà, c'était un sujet qui me passionnait personnellement. Mais quand j'ai pu ensuite travailler à la refonte des sites et des applications du journal La Croix, c'était une vraie découverte aussi de travailler avec une rédaction. Et puis, quand France Télé m'a proposé de venir gérer les sites d'information, notamment France Info, j'ai eu très peu de temps et d'hésitation. Et puis j'ai dit oui, donc maintenant ça fait deux ans et demi que j'ai la chance de gérer ce pôle news de chez France Télévisions. Beau parcours, assez crescendo et naturel vers le job que tu as aujourd'hui finalement, c'est assez marrant. Une anecdote sur ton passage e-France, finalement un de ces points clés du Far West de l'Internet en France, c'est quand même sympa. C'est drôle que tu parles de Far West parce que je trouve que c'est le mot qui va très bien à cette époque-là. Vu le nombre de sites, d'emails, de blogs qu'on hébergeait, d'un point de vue technologique, on n'avait pas tous les outils scalables qu'on peut avoir maintenant. Et c'est vrai qu'on a dû réécrire notamment des bouts de soft comme du SMTP pour gérer plusieurs dizaines de millions d'adresses email.

Donc ça, c'est des sujets... technos qui étaient intéressants mais qui ont été difficiles à mettre en place. On s'en est sortis quand même. Et puis, une anecdote, s'il y a peut-être un truc assez marrant, c'est que comme on est un hébergeur gratuit, on fait extrêmement attention à la bande passante, parce que c'est ce qui nous coûte. Donc, il faut qu'on fasse la chasse aux pirates, etc. Et pendant longtemps, en fait, on a... Buté sur un sujet, on ne comprenait pas pourquoi un site qui hébergeait des trucs assez communs, des photos de chats, de soleil, etc. Faisait énormément de trafic, énormément de bandes passantes. Et on a réussi à creuser ces images-là. Regardez un peu dans le détail. Et en fait, il se trouve qu'à la fin des images, des JPEG, des GIF, etc., on avait des MP3. Et en fait, les pirates, enfin en tout cas ceux qui partageaient ce contenu-là, avaient réussi à camoufler dans la fin d'image, lorsque tu l'as mis dans ton navigateur, ça affichait correctement, tout simplement des albums, des musiques, etc. Donc voilà, c'était un truc assez marrant. Ils sont vraiment assez malins et c'est toujours un peu le jeu du chat et la souris pour les hébergeurs gratuits avec les pirates ou ceux qui veulent contourner les règles. Ok, c'est un moment intéressant de cette grande époque.

Merci pour ce partage, Cédric. Si on prend un peu un pas de recul, pour toi, à l'aune de ton expérience actuelle et des ans passés, qu'est-ce que c'est un tech leader? Je pense que ma vision a changé au fur et à mesure des années et je pense qu'il y a plusieurs axes qui sont vraiment importants et il y en a un qui est celui que je privilégie maintenant mais que je ne faisais pas forcément des années, qui a pris le pas, c'est vraiment celui de la communication. C'est-à-dire que moi j'ai la chance de travailler avec plusieurs équipes extrêmement compétentes, des développeurs, des exploitants, des ops, des architectes, des équipes produits, etc. Mais vraiment arriver à faire communiquer tout ce monde-là, arriver à synchroniser les équipes, pour moi c'est vraiment un sujet extrêmement important dans le rôle de tech lead et qui est un des vrais sujets du quotidien. Et puis à ça je rajouterais aussi le côté donner du sens. C'est-à-dire que les équipes qui bossent, pas en vase clos, mais qui bossent entre elles, forcément elles n'ont pas la vision de ce qu'on souhaite faire dans 6 mois, dans un an, dans 5 ans.

Et donc c'est toujours extrêmement important de redonner le sens et d'expliquer pourquoi cette première étape sur laquelle ils sont en train de travailler, pourquoi ça va nous amener à la vision plus globale à plus long terme. Et puis un des sujets peut-être du quotidien et qui est peut-être encore plus exacerbé avec le confinement qu'on vit actuellement, c'est celui de déminer un peu des sujets, c'est-à-dire avoir une vision un peu macro pour savoir que dans telle équipe, dans telle situation, dans tel projet, est-ce qu'on a pensé à ça, est-ce qu'on a pensé à... À la conséquence de tel acte ou de tel projet et déminer, donc voilà, arriver à creuser, à ouvrir des situations, à casser des choses. avant que ça soit des drames ou avant que ça soit des points de complexité. Déminer, pour moi, c'est un mot important au quotidien. Oui, je te rejoins pas mal sur ça. Et alors, du coup, les thématiques que tu viens d'aborder sont très orientées soft skills, finalement. Et quelle est pour toi la soft skill qui t'apparaît la plus importante pour mener ça à bien? Est-ce qu'il y a quelque chose que tu as dû un peu muscler, un peu développer pour justement donner plus de sens, déminer, etc.

Je pense vraiment dans la communication. Au fur et à mesure, j'ai commencé, je le disais tout à l'heure, à faire du développement et ce n'était pas forcément les soft skills qui primaient. Ce que j'ai vraiment dû muscler, c'est la communication et c'est de la pédagogie aussi. Et c'est le fait d'arriver à échanger avec des équipes qui sont pluridisciplinaires, avec des gens qui ont des niveaux techniques qui peuvent être radicalement différents. Donc le but, c'est d'arriver à chaque fois à trouver, je pense, le bon canal de communication avec la personne ou avec l'équipe avec qui on veut travailler. Ok, merci. Petite section que j'apprécie beaucoup, parce que généralement je repars avec des choses à aller bouquiner. Est-ce qu'il y a des ouvrages, des présentations, des éléments de lecture particuliers qui t'ont marqué et que tu conseillerais à nos auditeurs? Pour rebondir sur le sujet de communication dont on vient de parler, il y a... Un ouvrage qui m'a pas mal aidé, qui s'appelle ProcessCom, de Tybee Keller, qui est un psychiatre, je crois, qui avait travaillé dans les années 70 avec la NASA pour essayer d'améliorer les communications entre les astronautes.

Et il en a sorti quelques scénarios, quelques pistes pour arriver à mieux communiquer, notamment au sein de l'entreprise. Donc ça donne des pistes, des outils, ce n'est pas miraculeux non plus, je ne suis pas un expert de ça, mais ça m'aide au quotidien à trouver justement quel est le bon canal de communication avec telle personne ou telle équipe. Un deuxième ouvrage que je pourrais conseiller, c'est Culture Agile de Jean-Claude Grosjean, parce que je pense que c'est un bon panorama de définition de l'agilité au sein de l'entreprise. Je pense que c'est un ouvrage à mettre dans toutes les mains, à tous les niveaux de genre d'entreprise, tant sur l'agilité et l'IT jusqu'à l'agilité et des services comme des services RH dans la maison. Et puis peut-être un troisième que je ne conseillerais pas forcément de lire parce qu'il est sûrement obsolète maintenant, mais un ouvrage qui m'a vraiment envie moi de mettre vraiment l'informatique et qui a fait que je me suis dit c'est ça que je veux faire, c'est ça mon métier, c'est PC Interdit, qui est un bouquin de la fin des années 90 qui explique le monde des démomakers, comment on peut optimiser via le hardware de la machine, comment on arrive à...

faire de l'assembleur, comment on arrive à faire des effets fous avec très peu de CPU. C'est vraiment un bouquin qui m'a passionné et qui m'a aussi permis de faire cette carrière-là, en tout cas de m'engager dans cette voie-là. Ok, merci, je repars avec des titres, j'espère que ça plaira à nos auditeurs. Petit exercice de style qu'on fait de temps à autre dans nos podcasts, si tu devais avoir un animal totem, ça serait quoi pour toi? Un animal totem, je ne pense pas être très original en parlant du poulpe, avec des multiples tentacules de bras, etc., qui, je pense, peuvent un peu montrer les différents métiers qui sont les nôtres au quotidien dans le rôle de tech lead ou de CTO. Après, comme je suis fan de BD et qu'en face de moi, j'ai un cadre qui représente le concombre masqué, je ne sais pas si on a le droit à un légume totem, mais si on a le droit à un légume totem, je mettrais bien le concombre masqué parce que c'est un personnage qui vit dans un monde extrêmement irrationnel. Et non pas que le monde de l'entreprise, des projets, etc.

Le soit, mais il y a quand même souvent des bouts un peu d'irrationnel, et c'est un personnage qui essaie de trouver justement le rationnel là-dedans, et je pense que c'est une des pistes, en tout cas un des axes qu'il faut qu'on travaille en tant que CTO, c'est donner un peu de rationnel et montrer ça à l'ensemble des équipes avec lesquelles on travaille ou qu'on manage. Ça me va très très bien, écoute, je valide le légume totem, ça me paraît parfaitement bien. Dans cette lignée-là, est-ce qu'il y a un leader tech que... connu, que tu aurais aimé être et pourquoi, ou en tout cas que tu trouves particulièrement inspirant. Je ne sais pas si c'est une personne que j'aurais aimé être, en tout cas c'est quelqu'un dont j'ai lu la bio et dont je lis pas mal les écrits et qui est inspirant, c'est Richard Stallman. Richard Stallman c'est un des chantres du logiciel libre, fondateur de la Free Software Foundation, de GNU, d'IMACS, etc. Je trouve qu'il a une vision sûrement jusqu'au boutiste, mais intéressante du libre. Et puis si on parle de Salman, il faut parler aussi de son némésis, qui est Éric Raymond, qui lui aussi a une vision bien à lui de l'open source.

Je crois même que c'est lui qui a l'origine de ce terme-là. Et donc j'aime bien suivre, lire, en tout cas les échanges, les écrits, et un peu le côté philosophique autour du livre et de l'open source qu'il nous propose. Good, super. Merci pour ça. On va passer maintenant un petit peu plus de temps autour de ton job et précisément de tes équipes, ton organisation. Est-ce que tu pourrais un petit peu nous en dire plus sur tes équipes, la stack technologique que vous utilisez, comment vous êtes organisé? Est-ce que vous avez une... Une culture principale dans tes équipes, voilà, en quelques instants. Quand je suis arrivé à France Télévisions, j'ai eu la chance de prendre la tête des équipes de sites France en région, La Première Outre-mer, France Info, France TV Sport, qui sont quatre sites de news, mais avec des... qui sont des silos avec des stacks différentes. On avait du D7, du D8, du Zen Framework, etc. Et donc, un de mes jobs, c'est d'arriver à rationaliser un peu tout ça, à arriver à trouver ce qui est le socle commun.

Et c'est pour ça que j'ai créé avec les équipes un logiciel qui s'appelle PIC et notre plateforme d'information commune qui est en fait toute la partie back-office API qui fournit l'ensemble des données. À ces différents sites-là. Et donc, on est en plein dans cette migration-là. Donc, il y a un enjeu extrêmement important, c'est qu'on a des sites qui ont des audiences extrêmement bonnes, qui satisfont les rédactions, qui peuvent travailler au quotidien avec l'ensemble des outils. Donc, tout l'enjeu, c'est d'arriver à... Changer le socle techno, à complètement le renouveler, puisqu'on a encore quelques lignes de code qui datent de 2012, qui fonctionnent très bien, on a des audiences dont on est content, etc. Mais l'enjeu, c'est d'arriver à renouveler complètement ce socle techno, sans casser la pente ascendante de Visitorat sur laquelle on est. Donc on a déjà de sérieuses premières étapes qui sont passées, puisqu'on a la majeure partie des sites ultramarins qui a été passée sur la nouvelle version fin 2019. Pour les municipales, on a passé aussi une bonne partie du site France Info sur la nouvelle version. Donc voilà, bout par bout, on change, on met à niveau l'ensemble de la stack de ces sites d'information.

Et d'un point de vue Orga, tu t'es inspiré d'un modèle particulier, vous avez des feature teams, vous fonctionnez en mode projet classique, comment vous vous êtes organisé? Il y a une culture... très agile au sein de France Télévisions. On a des équipes qui travaillent complètement en Scrum, avec des tailles d'équipes qui vont de 7 à 14, 15, même si on déborde un peu du Scrum Guide, et ça tourne comme ça vraiment bien. On est en train de se chercher un peu sur les questions Future Team, Component Team, etc. Donc ça, c'est des modèles d'organisation qu'on est en train de travailler. Chaque modèle, chaque nouvel modèle d'organisation n'étant là que pour rappeler le précédent. Le but, c'est surtout d'itérer et de voir quelle est la meilleure manière d'organiser. ce travail-là. Donc voilà, on a des équipes en Scrum relativement petites, autonomes, et qui travaillent, et un de mes jobs notamment, c'est d'arriver à ce qu'ensemble, elles arrivent à se synchroniser, à travailler extrêmement bien entre elles, et puis avec toutes les autres équipes qui nous entourent, les architectes, les exploitants, les équipes produits, etc.

Petite question, pareil, figure de style imposée de Tech.Rocks, qu'on va poser un peu à tous les tech leaders. Est-ce que tu codes encore, Cédric? Alors malheureusement, je n'ai pas le temps et ça n'est plus dans mes fonctions de coder, en tout cas pour les sites applications. Par contre, pour moi, c'est un sujet perso de garder la main, de garder un bon niveau, notamment d'algorithmie. J'essaie de trouver du temps pour me mettre à niveau sur certains langages. Je suis fait un peu de gauche, je commence à bidouiller un peu du Rust. Donc c'est plus une passion. Dans le temps que j'arrive à trouver, plutôt qu'un point important de mon job. Je sais qu'il y a des... Pour moi, le rôle de tech lead ou de CTO, en tout cas, personnellement, il faut qu'on arrive à garder la main, en tout cas, la compréhension des archis techniques, sans être le meilleur développeur Kotlin ou Swift, sans être le meilleur expert de Kubernetes. Mais j'ai vraiment, en tout cas, ce besoin et le temps qui est nécessaire pour arriver au moins à comprendre. Le niveau d'architecture, à comprendre ce qu'on utilise, à comprendre l'expertise de l'ensemble des équipes, arriver à les coordonner, et c'est aussi comme ça qu'on peut tracer une voie sur des plateformes.

Donc il y a notamment des CTO qui n'ont pas forcément cette expertise technique, et je pense qu'elle n'est pas... Obligatoire dans le rôle de CTO. Par contre, personnellement, c'est quelque chose déjà que j'affectionne, c'est mon passé, et moi je veux continuer à garder une certaine acuité technique. Cool. Dans ton quotidien, est-ce que tu as une routine particulière, quelque chose que tu fais tous les jours, qui est un peu ta façon de fonctionner, que tu pourrais partager aux auditeurs? J'essaie, comme il y a plein de sujets différents, avec des temporalités différentes, etc., j'ai cette manie d'avoir des checklists. Je me fais un peu des checklists pour être sûr, en tout cas tenter d'être sûr de ne pas oublier des sujets. Donc au moins chaque matin, je regarde l'ensemble de ce qu'il y a à faire pour les heures, les jours, les semaines à venir, pour essayer de ne pas oublier des sujets importants. Après en termes de routine, j'essaie pour garder aussi du contact avec les équipes, de participer un maximum, en tout cas quand je le peux, déjà au daily, pour prendre un peu aussi le pouls des équipes et avoir aussi du détail un peu plus micro que la hauteur de vue que je peux avoir naturellement.

Chouette, c'est une bonne pratique, je pense, de tourner dans les délits. Permet d'être sur le terrain. Autre question, c'est si aujourd'hui je te donnais une baguette magique, tu as le droit à un vœu, tu peux changer n'importe quoi autour de toi, tu ferais quoi dans ton boulot? Ça ne va pas être très originel, mais je pense qu'on est plusieurs à être confrontés à des problématiques de recrutement. Donc effectivement, si j'avais une baguette magique, je mettrais plein de développeurs experts autour de nous qui ont envie de venir bosser pour nous. Et puis peut-être un deuxième truc, c'est que je pense qu'on a des équipes techniques notamment qui sont extrêmement masculines. Donc effectivement, si on pouvait avoir un peu plus de parité dans les équipes de développeurs et développeuses, ça serait intéressant, mais à mon sens, ce n'est pas du tout le marché actuellement. Je pense que la baguette magique sur les recrutements, elle devient récurrente dans les différents entretiens. Tout le monde partage ce gros problème. On va enlever ce vœu de la baguette magique.

Je crois que tout le monde veut le même. Est-ce qu'il y a quelque chose de particulier qui t'empêche de dormir en ce moment? Un de ces problèmes dans ton boulot du quotidien où tu te dis« Oh là là, ça je ne l'ai encore pas résolu et ça me gratte, ça me démange, ça m'empêche de dormir. Alors, je n'ai pas du mal à dormir parce que je tombe d'un peu de fatigue tous les soirs. Donc, ça, ce n'est pas un souci. Par contre, au quotidien, peut-être le truc qui me tourne dans la tête, c'est ce que je disais un peu tout à l'heure, c'est comment on va arriver à changer l'ensemble de l'archi de sites qui fonctionnent très bien, à renouveler tout ça sans casser l'audience, tout en satisfaisant les équipes produits et surtout les rédactions pour lesquelles on travaille, les 400-500 contributeurs qui rédigent pour nous. Donc il y a cette question vraiment de changement de manière la plus transparente possible, que chaque mise en production, chaque nouvelle fonctionnalité, etc. Soit finalement un non-événement et qu'on arrive petit à petit comme ça à itérer. Pour moi, c'est un vrai sujet. Changer le moteur pendant que la voiture roule, tu as des premiers résultats, des stratégies particulières quand tu dois opérer ce genre de renouvellement de technologie en même temps que tu fais les projets?

Oui, c'est vraiment ça, c'est changer le moteur pendant qu'on roule. Donc ce qu'on a fait, avec les équipes, c'est essayer de découper au maximum et surtout de ne pas faire un big bang un grand soir où d'un coup, on passe d'une V1 à une V2, mais vraiment c'est par c'est par bout, c'est voir par pattern d'URL qu'on change petit à petit l'ensemble de la plateforme. Donc le but, c'est vraiment que chaque MEPS soit un non-événement, et petit à petit, vraiment en découpant le plus possible, on arrive à passer d'une version à l'autre. Alors ça, c'est en théorie. Dans la pratique, on ne peut pas avoir la granularité forcément qu'on souhaite, mais c'est vraiment l'objectif qui reste visé. Alors chez Tech.Rocks, on aime bien le partage en mode no bullshit et comme on est entre nous, il n'y a personne qui nous écoute, j'aurais aimé te demander de partager un de tes fails ou un de tes grands moments de solitude ou à contrario un succès qui t'a permis d'apprendre des choses et qui serait intéressant de partager avec nos auditeurs. C'est à la fois un grand moment de solitude et heureusement un succès, mais un bon moment de solitude quand même.

J'aurais bien aimé partager avec vous le week-end et la soirée en particulier des municipales fin mars 2020, en plein Covid, etc. Il nous est arrivé quelques aventures intéressantes. Écoute, ça m'apparaît un super sujet. Alors, on va s'arrêter là, on ne va pas en dévoiler plus, puisqu'on en parlera dans la seconde partie du podcast qui t'est consacrée. Ça me paraît un bon cliffhanger En tout cas, je tiens vivement à te remercier pour cette première partie d'interview. C'était très, très riche et intéressant. Et on se retrouve dans la seconde partie de cette interview pour parler de cette fameuse soirée des élections 2020. des élections municipales, je pense que ça va être assez sympa. Merci à nous. Merci beaucoup.