← BibliothèqueToutes les vidéos
Podcast Tech.Rocks
S06E07 · CTO de Nantes
- Laurent Michelet (CTO et RSSI, Shopopop)
- Olivier Bonnet (CTPO, BlaBlaCar) — interview
Podcast Tech.Rocks · 28 avril 2024 · 25 min · en français
Résumé
Premier épisode de « CTO de Nantes », série du podcast Tech.Rocks réalisée en collaboration avec Un Job à Nantes. Laurent Michelet revient sur son parcours, son expérience à la SNCF avant son arrivée chez Shopopop et ses projets les plus marquants en tant que tech leader. Il évoque son double rôle de CTO et de RSSI, l'IA générative, et les raisons qui font de Nantes un formidable écosystème numérique.
Summary
First episode of “CTO de Nantes”, a Tech.Rocks podcast series produced with Un Job à Nantes. Laurent Michelet looks back on his career, his time at SNCF before joining Shopopop and his most exciting projects as a tech leader. He discusses his dual role as CTO and CISO, generative AI, and why Nantes is a great tech ecosystem.
Thèmes : Management & organisation
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
En 2006, il y avait très peu de clients finaux finalement sur Nantes. Alors j'étais dans la ceinture dans une ESN, mais je pense que le constat c'était qu'on était un peu vu comme du near short pour les DSI parisiennes. Donc on était un peu les devs, pas cher, pas trop loin. Et maintenant, il y a vraiment plein de boîtes tech qui sont installées sur Nantes. Et donc, il y a vraiment un choix. On voit plus que ça continue à arriver. Bonjour à tous, ici Olivier Bonnet, je suis le CTO de BlaBlaCar et aujourd'hui j'ai le plaisir d'accueillir Laurent Michelet qui est CTO de Shopopop. Alors j'accueille Laurent parce qu'on lance une série sur les CTO à Nantes avec le collectif Un Job à Nantes. Nantes, c'est un des écosystèmes numériques locaux les plus dynamiques en France. Le collectif Un Job à Nantes existe depuis déjà trois ans et a été créé par l'agence de développement économique Nantes Saint-Nazaire Développement et la Cantine Numérique.
Il permet, avec les boîtes du territoire nantais, de mettre en place des actions de communication, des événements pour promouvoir la marque employeur des entreprises et du territoire, de parler de Nantes et de son environnement tech et bien sûr de pousser des offres d'emploi tech. Alors Laurent, est-ce que tu peux rapidement te présenter? Bonjour Olivier et bonjour aux auditeurs de Tech.Rocks. Moi, je suis Laurent Michelet. Je suis CTO chez Shopopop, à l'occasion de parler de la boîte, que je pense que tout le monde ne connaît pas. J'ai 39 ans, je n'ai pas de fille de 9 ans et 12 ans. Super, et donc Shopopop est intégralement basé à Nantes. Oui, alors pas intégral. En gros, on est 140 à Shopopop. On est 110 à Nantes. La boîte, elle est décrée à Nantes. Il y a des personnes qui sont dans d'autres pays aussi pour le développement de notre activité au niveau européen. Oui, super. Nous, chez Blacar, on a aussi une communauté nantaise bien représentée avec une quinzaine de personnes. personnes qui se retrouvent et qui aiment bien bosser ensemble. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ton parcours pour en arriver là?
Oui, alors moi, juste le côté tech, je l'ai eu assez tôt. C'est-à-dire que j'ai commencé à faire du développement vraiment très tôt. Je pense fin de collège, si j'ai une bonne mémoire, en autodidacte sur du C++. J'ai commencé un peu sur du direct, ça a été un peu touchy. J'ai tout de suite su que j'allais faire ça, ça allait être mon métier. Donc globalement, mon idée, c'était d'arriver très rapidement sur le marché du travail. Donc je n'ai pas fait d'études longues, au sens où j'ai fait un DUT Info, une licence Pro Info, et direct, j'ai commencé à travailler. Après, j'ai fait quand même un master en cours du soir au CNAM par la suite. Mais globalement, mon idée, c'était de rentrer dans le dur assez rapidement. J'ai commencé dans une holding à Tours pour faire du développement web. Je faisais un peu tout. On était dans une DSI, on était quatre pour gérer une boîte de plus d'une centaine de personnes. Donc, je faisais de la maintenance informatique. Je faisais de l'administration réseau, administration de base de données. Du développement sur le projet Ciel, du développement sur les sites web, un peu tout. Et ça, c'est top pour commencer, parce que du coup, ça permet d'avoir un spectre hyper large de connaissances dès le début.
J'étais à Tours, donc je suis arrivé à Nantes. Donc là, si je remonte, c'est en 2006. Je travaillais à Accenture pendant deux ans. Donc là, j'ai fait aussi la petite passe ESN. Qui a duré deux ans. Je me suis concentré sur des clients finaux. Mais c'est bien d'avoir vu aussi la partie ESN. Du coup, après, j'ai été cinq ans en Ile-de-France avec ma femme, où j'ai eu l'occasion de bosser pour un leader judiciaire allemand qui s'appelle Winkorn Nixdorf. En gros, il y a trois gros constructeurs d'automates bancaires au monde, et c'est un des trois. Ils font la partie construction, vraiment industrie des automates bancaires, et aussi la partie soft. Je reviendrai un petit peu là-dessus. C'est juste quelques sujets intéressants sur ces projets-là. Ensuite, j'ai fait 8 ans à la SNCF. Je suis revenu à Nantes. J'ai fait un petit aller-retour. J'ai été dans différentes équipes, sur la partie voilesncf.com, qui a changé de nom, qui est devenue WeSNCF. Je suis parti avant le changement en SNCF Connect. Je n'ai pas fait les trois, mais j'ai fait les deux premiers.
J'ai eu différents postes, poste de Scrum Master, poste de Delivery Manager, responsable d'équipe tech, avec des équipes assez conséquentes. Le dernier projet sur lequel j'étais, c'est le portail d'accès aux offres de la SNCF. En gros, c'est toutes les API de vente de billets de train et d'après-vente de billets de train pour l'ensemble des clients de la SNCF, autant en interne qu'en externe. Trainline est connecté dessus, SNCF Connect est connecté dessus. Les bornes libre-service en gare sont aussi connectées dessus. Du coup, ça fait que c'est un projet assez énorme, hyper critique pour la SNCF. Il y a une centaine de personnes qui bossent sur le projet à Nantes. Suite à ça, j'ai été faire deux ans chez AP. IP qui est un prestataire de services de paiement, donc un petit peu Stripe pour donner un petit comparatif, une plateforme qui facilite tout ce qui est intégration des différentes méthodes de paiement sur du web et aussi en boutique. Du coup, j'étais Head of Engineering de six équipes qui bossaient sur vraiment la partie core paiement. Et là, ça fait un an que je suis à Shopopop, donc en CTO.
Donc un parcours en fait assez atypique dans le sens où Quand j'étais au dernier poste à l'SNCF, j'avais des équipes vraiment très grosses. À passage à IP, qui est une boîte qui fait à peu près 230 personnes, avec 110 personnes à l'IT. Donc là, je suis redescendu. J'ai un passage à l'échelle plutôt à revenir sur des équipes plus petites, où on a un peu plus d'un sujet vraiment plus opérationnel. Et Shopopop, au niveau IT, on est 37 produits et tech, donc 30 au niveau de la tech. Donc vraiment des profils d'entreprises et de services tech assez différents. Donc ça, c'est une expérience qui est plutôt intéressante à avoir. Moi, c'est vraiment ce que je recherche actuellement. Là où je m'éclate le plus, c'est justement là où on peut avoir le plus d'impact. Et donc, en fait, dans les structures un peu plus petites, on est assez rapidement confronté à des sujets où on peut avoir de l'impact vraiment très direct.
Entre le portail d'API de la SNCF et Shopopop, je suppose qu'il y a des... Oui, qu'on connaît, nous, chez BlaBlaCar. Je suppose qu'effectivement, c'est des mondes et des enjeux différents, mais intéressants dans les deux cas. Comment tu décrirais, toi, aujourd'hui, ton rôle de CTO chez Shopopop? Alors, mon rôle de CTO, il y a trois scopes un peu distincts. Du coup, je suis responsable des équipes de développement, donc assurer les fonctions de delivery management, vraiment de s'assurer qu'on est là. À bon niveau de productivité, de tenue d'engagement de ce qu'on fait. Un rôle aussi sur la partie plus production, donc s'assurer que notre plateforme tourne et soit dispo, donc garant de la stabilité de la plateforme au global. Et aussi une casquette sur la partie sécurité, et donc s'assurer qu'on soit dans les bons niveaux de standards de sécurité sur l'ensemble de l'entreprise, pas que sur la partie service tech.
Je pense que les attentes qu'on peut avoir sur ce type de rôle sur une entreprise de la taille de Shopopop, ça va être des choses qu'on va retrouver aussi dans les autres entreprises, mais c'est en gros être capable de donner un cap, une vision technique assez long terme et qu'on puisse du coup... Ne pas être que dans l'opérationnel du quotidien, et vraiment être capable de se projeter sur les chantiers tech qui sont un peu plus longs, et donner vraiment cette trajectoire-là. Ça, c'est un gros enjeu, parce que c'est ça qui donne du sens aux équipes, qui va donner de la motivation, et on va comprendre ce sur quoi on est en train de travailler, quel va être le résultat qui est attendu derrière. Travailler aussi sur l'organisation, Côté tech, du coup, et d'avoir une organisation qui soit la plus fluide possible. Donc, il y a des grosses différences en termes d'attente de choix d'organisation, justement, entre le portail d'Aix et OZOF, la SNCF, où il y a des enjeux d'agilité à l'échelle. Vraiment, quand il y a beaucoup d'équipes, du coup, ce n'est pas du tout les mêmes enjeux que quand il y a beaucoup moins d'équipes. Donc, savoir adapter.
Un truc important, je pense, c'est de ne pas vouloir tout le temps rappliquer les mêmes solutions. C'est-à-dire que les solutions que j'avais à la SNCF ne sont pas du tout les mêmes qu'il y a à Shopopop. Il y en a quelques-unes qui sont en commun et qu'on peut appliquer telles quelles et qui vont très bien marcher. Il y en a d'autres où il va falloir réfléchir, il va falloir être pragmatique dans ce qu'on va faire, à ne pas vouloir mettre un truc trop processé. On a une petite boîte, tu as besoin d'être aussi rapide et d'être efficace. Donc, il ne faut pas porter des contraintes trop lourdes. Mais à côté de ça, il faut quand même être capable d'avoir un cadre qui soit assez propre pour ne pas partir dans tous les sens. Oui, moi, ce que je dis souvent, c'est qu'en fait, on fait un métier où on fait en permanence des trade-offs, des choix, et choisir, c'est renoncer. Mais ce qui est important, c'est de le faire de manière explicite, en sachant ce à quoi on a dit non. Et souvent, il y a des choix qui sont très implicites et ça aide d'aider tout le monde à les expliciter. Qu'est-ce qui t'a aidé pour te développer au cours de ta carrière? Tu nous parlais un peu des différentes entreprises dans lesquelles tu as évolué.
Qu'est-ce qui t'a inspiré? Qu'est-ce qui t'a aidé toutes ces années? Alors, ça a été quand même principalement pendant ma période à la SNCF, sur les 8 ans. J'ai eu successivement trois managers, direct ou indirect, qui ont été vraiment des grosses sources d'inspiration pour moi. Clément, Cyril et Thomas pour les citer s'ils écoutent le podcast. Et donc finalement, je vais beaucoup piocher quand même dans ce qu'eux ont mis en place et ont su m'expliquer et donner du sens. Et j'ai pu voir aussi des résultats très concrets par rapport à... par rapport à ce qu'il m'avait donné comme un peu directive. Donc, je m'en sers encore aujourd'hui, au quotidien, j'ai envie de dire. Je suis quand même réapproprié des choses pour me les faire à ma sauce, mais globalement, ça a été quelque chose de très important pour moi. Peut-être si on zoome du coup, donc aujourd'hui, toi, tu es venu t'installer à Nantes. Pour Shopopop et pour toi personnellement, est-ce que tu peux nous parler de ce choix-là? Oui, d'un point de vue perso, ça peut faire un peu beauf, mais c'est le côté foot.
Je suis fan de supporters du FC Nantes. Je ne sais pas quand le podcast sera diffusé, mais j'espère qu'on sera encore en Ligue 1 au moment où il sera diffusé. Du coup, c'était un des enjeux principaux de pouvoir aller voir des matchs et m'approcher de mon équipe. D'un point de vue plus pro, quand je suis arrivé sur Nantes, il y a plusieurs années maintenant, c'était en 2006, il y avait très peu de clients finaux sur Nantes. J'étais à l'accenture dans une ESN, mais je pense que le constat, c'était qu'on était un peu vu comme du near-shore. Pour les DSI parisiennes, donc on était un peu les devs pas chers, pas trop loin. Et ça, ça a pas mal changé depuis. Maintenant, il y a vraiment plein de boîtes tech qui sont installées sur Nantes. Donc, il y a vraiment un choix. On voit que ça continue à arriver. BlaBlaCar, vous avez des devs sur Nantes. Les 4 longs, le bon coin, Doctolib, Akenéo. Il y a vraiment plein de boîtes qui sont là et qu'on commence à avoir des grosses structures tech.
Donc, ça crée un écosystème super intéressant avec des échanges avec ces boîtes-là. Il y a vraiment un trend super intéressant sur la tech à l'enceinte. Comme je te le disais, nous, on a vu effectivement ce trend-là, même dans nos recrutements chez BlaBlaCar. On est très heureux de l'équipe qu'on a constituée. Est-ce que tu codes encore en tant que CTO? Alors, très peu, trop peu. Et en gros, quand j'ai à coder, c'est surtout sur de l'outil, sur des choses très ponctuelles. Je ne vais jamais me lancer dans un développement super critique ou super long. Et je code beaucoup, principalement à 100% maintenant, avec de l'IA générative. Alors du coup, à l'époque, moi, je faisais du dev vraiment à 100% et je kiffais ça. Mais maintenant, au fur et à mesure, je pense que j'ai perdu en compétences de développement pur. Et du coup, avec le lien génératif, quand tu as quand même un super background dev, tu es hyper efficace. Tu peux aller super vite sur des choses.
Et donc, juste savoir bien réadapter le code catégenique qui n'est jamais bon, c'est rarement bon du premier coup. Et du coup, moi, par rapport au temps que je peux y allouer, c'est le modèle qui me correspond le mieux. Et comme je disais, vu que c'est pour faire du gloutillage qui est assez temporaire ou des trucs qui permettent d'accélérer une tâche, du coup, c'est un truc qui marche bien. Que j'utilise. Et je pense que si j'allais coder sur la stack, le problème qu'il y aurait, c'est que je ne serais pas dans les standards. Je voudrais faire un truc rapide et je ne serais pas dans les niveaux de qualité qui sont attendus par nos équipes. Ça serait contre-productif au final, je pense. Et alors, à part coder, est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais bien avoir le temps de faire, mais sur lequel tu n'arrives pas à te réserver du temps? Oui, dans les casquettes, c'était tout à l'heure sur la partie TechLead, là il y a la partie RSSI, on va dire. Donc actuellement, nous, on a fait le choix de ne pas embaucher un RSSI à temps plein.
Donc c'est moi qui porte ça. Et c'est assez compliqué finalement de trouver le temps. Donc moi j'ai la chance, j'ai côtoyé des équipes assez grosses. Chez IP, il y avait toutes les contraintes sécu liées au paiement, avec des certifications PSSI, qui font que j'ai été bien baigné dans les enjeux de sécurité. Donc je suis plutôt à l'aise là-dessus, même si je n'ai pas eu de formation dédiée, je ne suis pas un pur RSI. Mais vraiment, c'est la question de temps à y trouver et à y louer, pour constituer le backlog et dérouler le backlog sécu. Là, du coup, un peu le trade-off en cours, c'est de se dire, je laisse passer un peu l'année pour voir si j'arrive à me dégager un peu plus de temps là-dessus. On a un recrutement, un nouveau SRE qui arrive avec des compétences SecOps, donc qui va pouvoir me... armé pour justement dérouler le backlog sécu. Et l'idée, c'est en fin d'année, de voir s'il faut embaucher au moins un SSI. La question qu'on se pose, en gros, c'est est-ce que le RSSI, à temps plein, il ne se ferait pas un peu chier, pour finir les termes, dans une taille d'entreprise telle que la nôtre.
Je me fais aussi accompagner par une boîte de sécu qui s'appelle BZDent, une boîte qui est à Brest, pour avoir du conseil. Je m'en bénéficie un peu de... d'une expertise que je n'ai pas forcément. Donc, il y a toujours à quel moment ça devient opportun. Je ne sais pas si toi, tu as des réponses là-dessus un peu, Olivier, mais à quel moment ça devient opportun d'avoir un RSI un peu dédié? Oui, je coach pas mal de VPN Gering et TCO et c'est une question qui revient souvent. Et avec aussi, je crois, la difficulté que dans la casquette RSSI, il y a des sujets extrêmement différents, des sujets très Lego, documentation, c'est quoi l'écrire, avoir les bons documents, avoir écrit la politique de sécurité, etc. Il y a des sujets très techniques de sécuriser la plateforme de prod. Il y a des sujets très training des employés, sensibilisation des employés, etc. Et c'est trois casquettes quand même très différentes à la fin. C'est pour ça que souvent les CTO, ils viennent avec une des casquettes sur lesquelles ils sont à l'aise.
Souvent, c'est celle du milieu de« oui, je sais ce que j'ai besoin de faire pour sécuriser ma plateforme de production». Et les deux autres sont moins évidents, mais ça peut être des bonnes occasions, effectivement, sans forcément faire venir quelqu'un à temps plein. Ça peut être des bonnes opportunités pour se faire aider. Il y a des boîtes, effectivement, qui peuvent venir apporter un appui sur les autres dimensions du poste. Mais ce sujet de la sécurité au sens large, c'est un sujet qui est assez fréquent dans les boîtes, parfois même plus petites que Shopopop. Et ça reste un sujet aussi après de comment est-ce qu'on peut faire qu'on scale correctement les équipes sécurité et ces sujets-là au fur et à mesure que l'entreprise grandit. Est-ce que tu as trois conseils pour des gens comme toi, CTO, VP Engineering, Head of Engineering, qui pilotent des plateformes et des équipes d'ingénieurs? Ce serait quoi les trois sujets sur lesquels...
Tu te dis, c'est ça qu'il ne faut pas rater, c'est là qu'il faut porter son attention. Je vais donner un peu les trois sujets que j'ai eu à mon arrivée à H-Pop-Up, qui ont été de bien prendre en compte le bon équilibre entre le build et le run. Quand je suis arrivé il y a un peu plus d'un an, il y avait un gros déséquilibre. Du coup, la partie run n'était incarnée que par l'ancien CTO et un tout petit bout de dev dans les équipes. Donc, ce n'était pas du tout bien équilibré. Donc là, ce qu'on a transformé, c'est vraiment incarner le run au sein des équipes et mettre en responsabilité les équipes sur le run de leurs produits. Donc ça, c'était un gros changement. Aussi, le cap-off de demain, cap précis, ce que je vous disais tout à l'heure, une vision technique long terme pour savoir où on va et pour expliquer un peu les différents chantiers techniques qu'on va amorcer et en quoi ils vont venir répondre. Et le dernier point, s'assurer d'avoir le bon niveau de maturité des équipes. Donc si je prends le cas de Shopopop, on a une émoulement de profil en reconversion, ce qui est super, le principe et tout, on a des super histoires en plus, c'est une opération qui s'est super bien passée.
Quand je dis attention au bon niveau de maturité, c'est avoir... des gens assez seniors pour encadrer des profils juniors ou en reconversion. C'est essentiel. Il ne faut pas qu'on ait un déséquilibre trop important. Sinon, ce n'est pas gérable. Du coup, on a eu un enjeu de recrutement sur des profils plus seniors, on va dire. Il faut rassurer ça. Super, merci. On arrive à une question que moi j'aime beaucoup. Est-ce que tu peux nous raconter un de tes fails, un des échecs que tu as connus et comment tu l'as traversé? Comment tu en as fait une réussite? Oui, alors je pense que c'est une histoire qui a peut-être déjà été un peu racontée par Dr. Dupuis, je pense sur ce podcast-là, d'ailleurs, ou sur un autre podcast. Mais l'issue est un peu différente. Du coup, c'est lors des annonces du confinement. Ce que ça a eu comme effet, nous, sur la plateforme de la SNCF, sur la vente des billets de train, c'est qu'on a eu une sorte de dédos. Au moment où ça a été annoncé, dans les secondes qui suivent, avec un pic de trafic vraiment exceptionnel, pour donner quelques chiffres, globalement on était en pic à
500 requêtes secondes sur la partie cotation de vie sur les billets de train. On est passé à plus de 1600 requêtes secondes juste après l'annonce, ce qui fait qu'on était sur une plateforme on-prem à l'époque. Et donc sans élasticité. Et ça a eu l'effet d'avoir un beau don de la plateforme. Alors ça a commencé finalement par les partenaires avec lesquels lesquels on a intégrés. Donc, en gros, le portail d'accès aux offres de la SNCF, il est interconnecté avec tous les transporteurs de la SNCF. Donc, les systèmes ont commencé un peu à bagoter et c'est remonté sur l'infrastrateur qui était dans notre périmètre. Et ça a saturé du coup tout ce qui est pool de connexion. Un beau downtime. Du coup, comme je disais, par rapport à Doctolib, ils avaient eu le côté plus succès dans le sens où ils avaient chez un cloud provider et donc ils ont pu scaler pour répondre au trafic. Nous, ça n'a pas été le cas. Et en plus, deuxième côté négatif, c'est qu'au deuxième confinement, entre-temps, on avait fait plein de tests de charge, on a fait plein d'optimisations.
On était toujours sur du on-frame. On avait un peu gonflé les serveurs, mais dans la limite de ce qu'on peut faire avec de l'on-frame, des fois, il faut racheter des machines. C'est compliqué de scaler rapidement. Et au deuxième confinement, un peu rebelote. On avait quand même pris quelques actions pour mitiger le risque, notamment côté WISNCF. Il y avait une sorte de sas qui avait été mis en place un peu sur les billetteries pour les festivals. On a une file d'attente qui a baissé un peu la pression. Mais globalement, la plateforme, pareil, elle a été à nouveau... À nouveau HS pendant une trentaine de minutes. La conséquence, c'est le bad buzz sur les réseaux sociaux, les gens qui ne peuvent pas changer leur train. Et puis dans la presse aussi, tout le monde en parle, vu que c'est un truc qui est facilement utilisé. Donc ça, c'est un peu le fail, même si... Maintenant, la plateforme est hébergée sur le cloud. J'ai eu écho dernièrement, il y a eu l'ouverture des ventes des billets de train. Et donc, la plateforme a réussi à escaler jusqu'à, je crois, il s'est monté à 2000 requêtes secondes sur la partie de vie.
Donc maintenant, sur le cloud, c'est beaucoup plus scalable. Oui, ça nous on le voit très bien chez BlaBlaCar, où on a beaucoup de saisonnalité avec des gros pics au moment des vacances et même pendant l'année beaucoup plus de trafic pendant les mois d'été qu'en plein milieu du mois de janvier. L'élasticité. que permettent d'avoir les infrastructures cloud sont quand même hyper intéressants. Peut-être une toute dernière question avant de conclure. On parle beaucoup de IA générative en ce moment. Est-ce que c'est un sujet que toi, tu regardes à titre perso dans le cadre de Shopopop? Oui, alors je pense un peu comme toutes les boîtes, on est en train un peu de se pencher sur le sujet. On a un peu toute la boîte qui est en train de regarder quels sont les use cases qu'on pourrait mettre en place. Moi, j'ai un petit sujet, on va faire un hackathon bientôt, un show pop-up sur le mois de juin. Il y a un sujet que je suis en train de porter, qui est d'utiliser un modèle sur Mistral AI.
Pour faire de la recommandation de réponse sur Zendesk, donc pour le service client. En gros, l'idée, c'est de créer des datasets à partir de l'historique des réponses qu'on a pu avoir sur Zendesk, prendre aussi notre base de connaissances sur Notion et de réentraîner du coup un modèle Mistral AI. Qui va nous servir après à avoir des internal comments dans SendDesk, donc une proposition, un message qui est juste visible en interne, qui serait une recommandation de réponse qui a été générée par l'IA. Après, ça sera au service client de dire, OK, c'est plutôt pertinent, ça me fait gagner du temps parce que j'ai direct les bons liens vers la FAQ ou des choses comme ça, et du coup, j'ai juste à faire un copier-coller. Ça me permet de répondre aux clients. Ou à contrario, non, ce n'est pas quali. Et du coup, là, il va falloir avoir une petite feedback avec le modèle pour entraîner derrière. Et donc, vraiment une source d'amélioration. de la productivité côté service client avec cette IA générative. Je profite juste d'un truc, je n'ai pas du tout parlé de Shopopop. Et je pense, ce que je disais tout au début, je pense qu'il n'y a pas un taux de notoriété de 12%.
Donc globalement, 9 personnes sur 10 sans doute qui ne connaissent pas l'entreprise. Donc je vais juste en parler rapidement. Du coup, Shopopop, c'est un concept, la boîte a été créée en 2015. Elle a fait une première livraison en 2016. Et du coup, c'est la livraison collaborative. Donc c'est un système de co-transportage. Donc un terme un peu repris du covoiturage, certains me blaguer. Donc l'idée, c'est assez simple, c'est des particuliers qui vont profiter de leur trajet du quotidien pour faire des livraisons. Donc l'exemple typique, c'est je fais mon trajet de chez moi jusqu'au boulot, ou l'inverse, et du coup je vais aller faire un petit détour pour aller à un drive d'un supermarché, je récupère les courses et puis je vais aller livrer à un des voisins qui habite dans le coin. Il y a plein d'avantages à ça, du coup ça évite d'avoir un trajet dédié pour la personne qui aurait été chercher ses courses. C'est pas mal d'avoir un complément de revenu, on a un système de pourboire qui est assigné pour les personnes qui font les livraisons. Et ça fait un modèle aussi un peu scalable, ce qui est un peu comparativement actuellement où sur les transporteurs pro, du coup il y a des limitations par rapport aux tournées qui sont possibles avec les personnes qui sont employées.
Voilà, on a une communauté qui est gigantesque et donc ça nous permet de faire beaucoup de livraisons. On peut avoir des pics, nous aussi, de... De charges à certains moments, par exemple pour les périodes de fêtes. Des mers, il y a plein de fleurs à livrer. Du coup, nous, on est capable de répondre à ce genre de situation de manière assez bonne. Il y a plein de points communs entre BlaBlaCar et Shopopop et on en parlait quand on a préparé l'épisode. Merci beaucoup Laurent, c'était un plaisir de te recevoir et d'échanger avec toi et on se retrouve très bientôt sur le podcast Tech.Rocks. Merci Olivier. Salut.
