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Tech.Rocks Summit 2020
Un respirateur open source conçu en un mois pendant le confinement
- Quentin Adam (CEO, Clever Cloud)
Tech.Rocks Summit 2020 · 30 septembre 2026 · 11 min · en français
Résumé
Diffusé au Tech.Rocks Summit 2020, cet entretien revient sur le projet lancé par Quentin Adam au début du confinement : concevoir en France un respirateur artificiel intégralement open source et le faire certifier. Il raconte comment quelques entrepreneurs de l'IT ont réuni jusqu'à 250 contributeurs en quelques semaines, avec le CHU de Nantes, l'Agence de l'innovation de défense, le CEA et des industriels, et comment une équipe de gens qui ne se connaissaient pas s'est organisée dans l'urgence. Il évoque aussi la place des profils juniors et l'aide de parrains expérimentés, puis présente la machine en test sur un poumon artificiel.
Summary
Broadcast at the Tech.Rocks Summit 2020, this interview looks back at the project Quentin Adam launched at the start of the lockdown: designing a fully open source ventilator in France and getting it certified. He explains how a few IT entrepreneurs brought together up to 250 contributors within weeks, with Nantes University Hospital, the French Defence Innovation Agency, the CEA and manufacturers, and how a team of people who did not know each other organised itself in an emergency. He also talks about the place of junior profiles and the help of experienced mentors, then shows the machine being tested on an artificial lung.
Thèmes : Impact & numérique responsable
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Quelle année cette année 2020, vraiment incroyable et à tout point de vue. Alors c'est vrai qu'avec le confinement, avec Tech.Rocks, nous avons dû passer au 100% virtuel, mais ça nous a permis aussi de tripler notre nombre d'événements, puisque nous sommes passés de 9 meetups l'an dernier à 30 cette année. Alors pour tout cela, je tenais au nom de la communauté Tech.Rocks à vous remercier, vous, vous qui nous suivez régulièrement, et puis aussi tous les speakers absolument passionnants que nous avons pu avoir tout au long de cette année. Et puis justement, il y en a un que nous avions particulièrement envie de remercier et surtout de revoir, c'est Quentin Adam, qui est le CEO de Clever Cloud. Alors, je ne sais pas si vous vous souvenez pour certains, mais Quentin, il a eu une idée de dingue au moment du confinement puisqu'il s'est aperçu, enfin, il a eu les chiffres, comme quoi la France manquait de respirateurs artificiels. Et alors que ce n'est pas du tout, du tout son domaine de compétence, il a eu ce projet complètement dingue de créer des respirateurs artificiels en France. Le mec R et en l'espace d'un mois il a fédéré près de 250 tech leaders de plein plein plein de compétences différentes pour
les agréger ensemble et être capable de sortir ce projet alors on va revoir tout ce qu'il nous a raconté évidemment et puis vous allez voir à quel point c'est une véritable leçon de management de leadership d'humilité et surtout qui montre à quel point l'industrie française est très présente et qu'elle sait se fédérer dans les moments hyper importants cet entretien il a été mené par pierre gilles de guéyer qui est donc un des cofondateurs de tech rocks regardez ça ça met encore la chair de peau Quentin, c'est un vrai passionné d'informatique, c'est un vrai geek, ultra impliqué. Et là, ils ont fait un gros switch. Tu vas nous en parler un petit peu, Quentin. Vous avez fait un gros switch pour aider un petit peu face au Covid et vous avez mobilisé énormément de monde sur un projet. On s'est dit avec des potes, notamment d'autres ingés de l'IT. À la base, c'est des ingés de l'IT qui ont pensé ça, notamment, et tous des entrepreneurs. Tu prends Baptiste et Valérian qui ont créé une boîte qui s'appelle Crisp.
C'est des ingénieurs de l'IT. En fait, on s'est dit, OK, on va avoir un souci sur le Covid, sur le nombre de respirateurs dans le monde qui existent. Donc, est-ce que c'est compliqué de créer des respirateurs? Oui, non, peut-être. Tiens, on va s'énerver deux minutes et on va créer des respirateurs. Donc, on est parti sur l'idée de créer un respirateur intégralement open source. Donc, ce qu'on appelle la ventilation mécanique dans le métier. Et également de le certifier à NSM. Donc on a créé un projet open source là-dessus, et on a été agréger les autres compétences dont on avait besoin. Et donc la première semaine, on a recruté, on devait être 100 la première semaine, et 250 la semaine d'après. On a bossé comme des fous, on est parti au CEA travailler dessus, on a trouvé des financements, et là on a un dépôt de dossier à NSM, des essais cliniques, on fait un device médical, mais en un mois quoi. Et du coup, c'est parti d'une discussion avec des amis et vous vous êtes dit, on doit faire quelque chose. Qui vous avez mobilisé? Là, tu nous as parlé du CEA. Vous vous êtes mobilisé avec d'autres administrations, avec d'autres publics?
En fait, pour te reprendre, je vais essayer de faire très vite là-dessus pour qu'on puisse aller plus tôt sur après les aspects managériaux, de comment on gère ça. Mais du coup, en fait, ce qu'on a fait, c'est qu'on a créé le projet Open Source. On a commencé à bosser dessus. On a essayé de ne pas trop faire de bruit pour ne pas se retrouver complètement sous l'eau. Et petit à petit, on a été agréger les bonnes compétences. Donc assez rapidement, on a fait rejoindre le CHF de Nantes. On a créé les projets, parce que tu crées du art et tu fais du médical, tu as besoin de financement. Donc on a créé les projets, on a été rejoint dans l'idée par l'AID. Donc l'AID, c'est l'Agence d'innovation de la défense. Et eux, ils ont fait un appel à projet, ils ont reçu 3000 dossiers, ils ont sélectionné 3, dont le nôtre. Et c'est les gens qui l'ont financé pour pouvoir avancer. Et après, dans le boulot, parmi les gens que j'ai récupérés, en fin de la première semaine, j'ai réussi à avoir un appel des dirigeants de Diabéloupe, qui est une boîte qui fait du device médical. Et eux, ils nous ont rejoints sur toute la partie réglementaire. Et en fait, ils ont amené les contacts avec le CEA.
Et dans un premier temps, le CEA, en fait, ils nous ont prêté une machine. Machine qui est par là derrière moi. Derrière cette machine là il y a un autre bloc gris pas très marrant qui s'appelle un ASL 5000 qui est tout le monde de mécanique de référence. C'est un bon 50 000 balles. Et c'est le... le truc qui te permet de simuler un poumon quand tu fais ta machine. Et ce truc-là, en fait, ils nous l'ont prêté. Et en fait, ils nous l'ont prêté parce qu'on a discuté avec eux. Et une chose en amenant une autre, on a fini par mettre tout le labo dans un bus. Et on a fini au CEA, je peux dire trois semaines au CEA. À diriger le dossier. En fait, à ce moment-là, ils ont beaucoup financé avec la région Auvergne-Rhône-Alpes qui a cofinancé, les Pays de la Loire, etc. En fait, c'est assez intéressant parce que c'est un projet dans lequel on a des indépendants qui sont venus. La base, c'est vraiment cinq entrepreneurs. C'est-à-dire que j'ai ce truc, j'appelle Baptiste et Valérian de Christ, qui sont donc deux entrepreneurs. J'appelle Emmanuel Feller, qui est un entrepreneur qui maintenant bosse chez CleverCloud, mais qui est un entrepreneur aussi. Et j'appelle Pierre-Antoine Gouraud, qui est un PUPH, donc ça veut dire professeur universitaire, praticien hospitalier à Nantes, mais qui est également associé de boîte et qui a créé plusieurs boîtes, en fait, Pierre-Antoine.
Et donc, en fait, c'est des entrepreneurs à la base. Et en fait, on réfléchit à comment on va gérer le problème. Et là, au début, on recrute dans des petites boîtes. Et en fait, avec le temps, l'industrialisation, on l'a fait avec Seb, on l'a fait avec Renaud, on l'a fait avec ces gens-là. Et donc, tu as des ETI, des PME, tu as tout. D'accord. Et du coup, tu te retrouves dans une situation avec énormément de monde qui vient de plein de boîtes différentes et d'univers différents. Donc, on arrive à la problématique managériale. Temps de crise, personnes qui ne se connaissent pas. Du coup, ça fait combien de personnes? On a bossé à 250 et je pense que peak time, on devait être 120 full time. Après, au moment où on était au CEA, tu avais une ligne pilote. Ça monte vite, tu as vite 60 personnes full time à faire tourner une ligne pilote en 24-7 dans une salle blanche et ça monte vite en financement. Il faut acheter des matières premières, ça monte vite. Du coup, tu disais que ton téléphone sonnait tout le temps. Et quand Trump t'a appelé pour avoir les premiers batchs de production, UN demande si tu as été OK pour qu'il soit livré aux US.
Pour l'instant, on a livré que des machines dites« not human for use» à pas mal d'hôpitaux en France et à l'étranger qui leur permettent de se familiariser avec la machine et la tester. Et là, on est dans le processus pour faire accepter, en fait, le maker comme essai clinique sachant qu'avant pour faire ça on a des tests précliniques qui sont des tests techniques donc sur poumon mécanique ou sur animal et donc on a suivi tout un truc on a des gros reports et là on a des discussions avec la NSM pour faire accepter nos tests cliniques en fait pour le processus D'accord. J'ai une question de Sylvain qui dit, est-ce qu'avec toute cette pression, est-ce qu'elle laisse la place au profil junior ou est-ce que du coup, il n'y a que les seniors qui sont bons, qui y arrivent et qui prennent la place? J'ai envie de dire qu'il y a eu beaucoup de profils juniors. Moi, par exemple, je ne suis pas un industriel à la base. Donc, en fait, je suis un junior de l'industrialisation. Par contre, j'ai bénéficié de parrains improbables. Je ne sais pas jusqu'à quel point j'ai le droit de dire qui m'a servi de conseiller sur l'opération, mais c'est un des énormes industriels de ce pays.
C'est un mec, au premier camp, tu décroches ton téléphone la première fois, on te dit son nom. Et le mec, à 67 ans, il est bien, il est tranquille, il dit« je te file un coup de main, gamin». Et du coup, tu bénéficies effectivement de l'expérience et du réseau de certaines personnes, un problème. Mais c'est pareil, on avait un problème sur les moteurs qui font tourner les... En fait, un respirateur, fondamentalement, tu as une turbine, des valves de gestion de pression, des capteurs de pression, des débitmètres, des capteurs d'eau d'eau, des conneries comme ça. Ça part vers le patient, ça revient, tu as une autre valve. Et fondamentalement, c'est ça un respirateur. On a une à nous montrer, justement, il y a une question des auditeurs sur... Est-ce qu'on peut voir une machine? Vous avez une machine, elle est en fonctionnement. En fait, là, tu as la turbine, elle est dans le fond. On ne la voit pas très bien. Là, tu as un ventilo pour refroidir la turbine, mais tu as une turbine, elle est dans le fond. Donc, elle va tourner, en fait, elle va compresser, elle va fournir en permanence la force nécessaire de pression et de volume qu'il faut. Et bien ça, en fait, dedans, c'est des moteurs de drogue. Et bien en fait, je parlais avec des amis de chez Iliad du fait que j'avais des problèmes pour m'approvisionner en moteur de drone et que c'était un problème.
Ils me disent« Attends, je vais peut-être pouvoir faire quelque chose pour toi. » Et dix minutes plus tard, mon téléphone sonne d'un numéro que je ne connais pas. Je décroche et on me dit« Bonjour, c'est Henri Cédoux. Je dirige une boîte qui s'appelle Parrot. On m'a dit que vous aviez des problèmes pour vous approvisionner en moteur de drone. Comment puis-je vous aider? Et voilà, en fait, l'industrie française, elle existe, l'innovation française, elle existe. C'est un exemple de cas précis où on peut dire qui nous a aidés. Donc là, en fait, tu vois, ta turbine est souple. Et là, c'est nos valves. Et là, c'est les valves. C'est plusieurs itérations des valves. Parce qu'en fait, on en a fait plusieurs en fonction de ce que tu peux trouver comme fourniture dans ton pays. Donc ça, c'est des valves. En fait, c'est assez con. C'est un axe des accès qui écrase un morceau de tuyau. Et ça nous permet d'avoir une gestion très, très fine de la pression qu'on envoie. Donc là, c'est tous les capteurs de pression, on a l'électronique. Vous remarquerez que l'électronique, c'est français, c'est du ST microélectronique qu'on utilise. Et en fait, après, ça part dans le patient. Donc là-bas, notre patient, c'est le gros boîtier métallique qui s'appelle la SL5000. C'est le poumon métallique. Et là, on voit, on est en phase de test de certains types de courbes avec des cas d'usage frais spécifiques.
L'intérêt de la SL5000, c'est que c'est un système dans lequel on peut programmer un patient. On dit, voilà, c'est un homme obèse qui a des gros poumons, bien obstrués, covidés, bien dégueulasses, donc dans lequel il va falloir pousser un peu comme des barbares. Et qu'est-ce que ça va donner? Et là, en fait, Du coup, en faisant ça, ça nous permet de le tester. Et en fait, on a tout un PC qui fait tourner la simulation là-bas. Il faut que les deux se correspondent globalement. Et là, on fait du tweak. En fait, on essaye de détecter les cas dans lesquels on est. On fait des tweaks pour s'en sortir. Voilà. Et en fait, cet écran-là va être réintégré dans cet écran-là. En fait, c'est tout un truc. Là, tu as tout ce qui est entrée d'eau d'eau, parce qu'il faut re-audéiser les gens. Et en fait, là, tu vois, au retour, tu as de nouveau une autre valve et tu sors. Et là, on n'est pas branché sur la sortie, mais tu refiltres à la sortie, tout ça. Enfin, c'est tout un binge, mais voilà. Je ne sais pas si j'ai été clair. La démo machine. Quentin, merci beaucoup.
