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Tech.Rocks Summit 2020
Comment se rebeller quand tout nous en empêche ?
- Christophe Urios (Manager Général, Union Bordeaux Bègles)
Tech.Rocks Summit 2020 · 10 décembre 2020 · 30 min · en français
Résumé
Partant d'une citation de Steve Jobs, Christophe Urios, manager général de l'Union Bordeaux Bègles, rappelle que la Covid-19 a tout bouleversé et que tout peut donc être remis en cause. Il interroge ce que cela implique pour nos entreprises, notre management et nous-mêmes : faut-il « renverser la table » ou tout « poser sur la table » ? Il présente trois talents rebelles pour devenir une meilleure version de soi-même.
Summary
Starting from a Steve Jobs quote, Christophe Urios, general manager of Union Bordeaux Bègles, points out that Covid-19 has turned everything upside down, so everything can be called into question. He asks what this means for our companies, our management and ourselves: should we "turn the table over" or put everything "on the table"? He presents three rebel talents for becoming a better version of ourselves.
Thèmes : Management & organisation
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Celui qui va ouvrir notre quatrième summit a l'habitude d'ouvrir mais des mêlées et aussi de porter le cuir dans l'embu et de mouiller le maillot. Il s'agit de Christophe Urios qui est le manager général du club de rugby de Bègles-Bordeaux. Et figurez-vous que Christophe Urios lit jusqu'à deux livres de management par semaine. Alors autant vous dire que pour sa keynote, il a des choses à nous dire. Il va nous expliquer comment se rebeller quand tout nous en empêche. Une ola s'il vous plaît pour Christophe Urios. Bonjour à tous, Christophe Furios, manager de l'UBB Rugby aujourd'hui. Je vais vous parler, ou en tous les cas, comment j'arrive à organiser et à mettre en place une équipe de choc dans cette période qui est une période de troubles compliqués, difficiles, où finalement on navigue un peu tout sa vue. Donc il est important d'avoir une grande confiance en son équipe. Avant tout, je voulais juste me présenter assez rapidement.
Moi, je suis issu d'une famille de vignerons. Je suis moi-même vitienno, c'est-à-dire que j'ai fait des études de zoologie. Je suis également propriétaire d'un vignoble dans le Minervol, le château Pépusca, que j'ai acheté il n'y a pas très longtemps, qui faisait partie de mes rêves de gosse. Je suis, comme assez souvent, venu au rugby avec des copains. Je n'étais pas du tout prédestiné à faire une carrière de haut niveau et encore moins entraîné. Le hasard a fait que j'ai réussi à faire une carrière de bon niveau. Ensuite, je suis parti dans l'entraînement, encore une fois, comme je l'ai dit tout à l'heure, par hasard. Ou tout simplement peut-être en ayant été capable de capter les opportunités. Et aujourd'hui, évidemment, je suis très très heureux dans mon métier d'entraîneur de rugby. Ça fait 20 ans que je suis avec des professionnels. Donc je vais vous parler de comment bâtir une... une équipe de choc dans cette période compliquée.
Évidemment qu'il y a plusieurs choses, et notamment pour moi, ce qui est important, c'est être capable d'activer trois leviers importants. Le premier, que je nommerais être un rebelle pour construire ou reconstruire, être capable de rêver plus grand, plus fort, pour accompagner tout le monde et embarquer tout le monde vers quelque chose d'incroyable. Et après, la troisième chose qui me semble être importante, évidemment, c'est tout ce qui va être lié à faire ce que l'on dit ou dire ce que l'on fait, qui me semble être essentiel. Donc, la première des choses, et également en préambule que je voulais vous dire, c'est quand on veut changer les gens, ou en tous les cas faire évoluer les gens, ou encadrer les gens, il est important d'abord d'évoluer soi-même. C'est pour ça que je parle d'être un rebelle pour construire, reconstruire. Pour moi, le rebelle, c'est la personne avec un état d'esprit... Incroyable c'est à dire une personne qui pense que le monde il n'est pas figé une personne qui pense que le
que la réussite appartient à nous mêmes en fait quoi dans ce monde où on se cherche des excuses en permanence le rebelle lui il se remet en cause il est capable d'avancer et il est capable évidemment de garder le cap pour ça le rebelle notamment est pour construire ou reconstruire. encore une fois, il s'appuie sur trois leviers aussi importants. Le premier, évidemment, le premier talent du rebelle, c'est être capable d'aimer la nouveauté. C'est quelqu'un qui combat la routine, c'est quelqu'un qui cherche évidemment le défi, c'est quelqu'un qui sort de sa zone de confort, ou plutôt... Qui est à l'aise dans l'inconfort, on est vraiment dans le jeu JE, c'est-à-dire que ça m'appartient, il y a une part d'intime dans cette partie-là. Je vais vous donner un exemple assez précis par rapport à moi, et notamment sur la décision que j'ai prise en 2019, quand il a fallu quitter le club de Castres, où j'avais été champion,
où j'avais une proposition de contrat intéressante, où toute ma famille était extrêmement bien intégrée, où je connaissais parfaitement. J'ai fait le choix à ce moment-là de dire non à Castres, c'était au mois de juillet 2018, on venait d'être champion, j'avais encore un an de contrat. J'ai dit non à un contrat en sachant que je ne savais pas où j'allais aller. Ça, pour moi, c'est un côté aimer la nouveauté, aimer le défi, chercher un nouveau défi. À partir du moment où je considérais que j'avais fait le tour à Castres, où Castres n'allait plus m'apporter cette espèce d'excitation, il était important pour moi de trouver un nouveau défi. Et être capable de dire non quand ensuite on part un peu dans les... On ne sait pas trop comment ça va se passer. Il faut être capable de l'assumer. Il y a une part de courage importante. Après, finalement, j'ai eu l'opportunité de Bordeaux au mois de novembre 2018. Donc finalement, ça s'est bien passé. Donc le premier talent du rebelle, c'est qu'il aime la nouveauté.
Le deuxième talent qui me semble être important, c'est la curiosité. Être capable de chercher, être capable de se renseigner, être capable de... d'aller chercher des informations ailleurs, lire, se documenter, se former, tout ça me paraît être important. Et ensuite, à partir de là, on arrive souvent à capter les opportunités. C'est en rencontrant des gens, c'est en étant ouvert d'esprit qui permet justement à ce talent de chercher à progresser. Je vais vous prendre un exemple également, encore une fois, assez précis. Je vais vous parler des bacchus. Donc les bacchus, ce sont des jeux, notamment avec mon équipe, que l'on fait en début de saison pour améliorer la cohésion. Donc pourquoi la curiosité et les bacchus? C'est-à-dire que quand je mets ça en place, ce qui m'intéresse, c'est de voir un peu comment les joueurs vont répondre. Donc c'est des challenges qui sont des challenges trois semaines, qui sont des challenges qui sont soit sportifs, mais aussi et également qui peuvent être des challenges intellos.
où on a besoin de tout le monde. C'est quatre équipes qui s'affrontent pendant ces trois semaines. Et ça me permet de voir, évidemment, à travers ces challenges et cet état d'esprit, comment le groupe fonctionne. Quels sont les leaders qui se mettent en route? Quels sont les suiveurs? Quels sont ceux qui paniquent aussi? Quels sont ceux qui abandonnent? Donc tout ça participe à cette grande cohésion qui est importante à mes yeux. Donc le deuxième talent du rebelle, c'est cette espèce de curiosité, cette envie de progresser, cette envie de capter les opportunités qui me semblent être importantes. Le troisième talent, c'est celui de l'authenticité. Être authentique en toutes circonstances et surtout tout le temps. C'est celui qui, évidemment, va représenter les valeurs définies par le groupe. Ça, ça me semble aussi être important. Pour moi, être authentique, c'est simplifier la vie. J'ai le même discours tout le temps.
Je vais vous prendre un exemple encore une fois de ce qui m'arrive tous les jours. On a évidemment beaucoup de conférences de presse, on a beaucoup de relations avec les médias. Et ce qui est important, c'est avoir le même discours. Pour moi, j'ai le même discours quand je suis face à mes joueurs que face à la presse. C'est la même chose, je dis la même chose. Alors évidemment que tout n'est pas à tirer dans la presse. Évidemment, j'en garde une. une espèce de primeur pour mes joueurs, parfois. Mais ce qui me semble être important, c'est avoir la même tonalité, le même son, le même esprit. Pour moi, ça, c'est fondamental. Je crois aux gens, ou j'ai confiance aux gens, quand je sais qu'ils me disent la vérité et quand ils sont honnêtes. Donc ça, c'est le troisième talent du rebelle. Donc je rappelle, le rebelle, c'est quelqu'un qui pense que le monde n'est pas figé. Pour réussir aujourd'hui dans cette vie qui n'est pas simple, et notamment pour construire cette équipe de choc, il est important de, un,
d'avoir un jeu JE très fort, avoir une intime conviction que l'on peut aussi arriver à réussir, que la réussite dépend de nous finalement. Et pour ça, il y a trois leviers qui sont essentiels, ou trois talents plutôt même, je pourrais dire. Il y a celui de la nouveauté. Chercher tout le temps à couper cette routine, à avancer, à s'aérer l'esprit, chercher également, évidemment, à progresser à travers le talent de la curiosité. Et après, le troisième point qui me semble fondamental, qui me semble fondamental, c'est celui de l'authenticité. Premier point. Deuxième point concernant le rêve et pour construire une équipe de choc, à partir du moment où on a notre esprit rebelle en cours, à partir du moment où on a notre esprit rebelle particulièrement ancré, il est important de... de se rassembler. Le JE ne nous fera pas gagner les matchs. Le JE ne nous fera pas remporter un titre. Le JE ne nous fera pas remporter les parts de marché. Ou pas que ça. Ce qui va être important, c'est d'emporter son équipe.
C'est-à-dire, du JE, on va passer au nous. Au fait d'être ensemble, au fait particulièrement de rêver ensemble. Comment on embarque les gens? Comment j'embarque mes joueurs? Comment j'embarque mon staff? On est 25 staffs, on est 45 joueurs. Ça fait 70 personnes qui doivent évidemment avancer vers le projet commun. Donc le projet commun pour moi, il est assez bien représenté par ce que j'appelle la vision. La vision, évidemment, c'est définir où c'est que nous voulons aller. C'est définir ce que l'on a envie de gagner. C'est définir également quel comportement nous voulons avoir. Ça, c'est fondamental. Donc, ça va démarrer à partir de la raison d'être. Pourquoi, par exemple, nous sommes à Bordeaux? On va avoir évidemment tout ce qui est lié aux objectifs. Que va-t-on gagner cette année? Ensuite, le troisième point, ça sera évidemment définir ensemble ce qu'est les valeurs. C'est le lien entre nous. C'est le lien entre nous. Quand on veut définir un projet commun, il repose sur les valeurs.
Quels sont les liens que nous avons entre nous? Quel comportement nous voulons avoir? Ensuite, il y a évidemment l'identification du jeu, notre style. Comment nous voulons jouer? Et après le troisième point, ce que j'appelle le guide de vie, c'est ce qui va nous permettre d'avoir ce cadre. Donc ça, tout ça, évidemment, ça représente la vision. Le cap, tenir le cap, ça, ça me semble être important. Concernant la construction de la vision, évidemment qu'elle est construite en relation très très étroite entre mes joueurs et le staff. Nous travaillons sur la construction de la vision toute la préparation. 5, 6, 7 semaines de préparation selon les saisons. Cette année, c'est un peu particulier. Mais nous avons 5, 6 semaines sur des... sur des années normales. Et là, toutes les semaines, on parle de notre vision. Quelle est notre raison d'être? Quel est notre objectif? Comment on veut jouer? Quelles sont nos valeurs? Quelle est la référence de nos valeurs? Tout ça, c'est important. Ça crée ce ciment dans l'équipe qui va nous permettre ensuite de traverser la saison.
Évidemment, avec des hauts et des bas, mais quand on est dans les hauts, évidemment, on n'en parle pas trop de la vision. On a juste des capes. Mais par contre, quand on est dans les moments creux, on se raccroche à notre vision. Donc ça, c'est construit évidemment avec les joueurs, comme j'en ai parlé tout à l'heure. C'est surtout validé au cours d'un... d'un stage que j'appelle le stage de vision qui dure à peu près deux jours. Nous partons dans des lieux qui sont des lieux assez souvent liés à notre projet. Je vais vous prendre l'exemple de Bordeaux cette année. On est dans le projet la fabrication du vin. On est dans la fabrication du vin cette année. Donc on a fait notre stage de division dans un château, dans le Médoc, qui nous a permis de se réunir et de s'engager dans notre projet. J'ai besoin que les joueurs et le staff s'engagent. Donc on reprend chaque thématique, la raison d'être, les objectifs, tout ce qui est lié aux valeurs.
Il y a un gros travail sur les valeurs qui est important. Je veux absolument qu'on soit lié par les mêmes choses. Un bon comportement, qu'est-ce qu'on veut montrer à l'extérieur. Évidemment, tout ce qui est lié... à l'identification de notre jeu, comment on veut jouer. Quand on regarde Bordeaux, comment on joue. Et enfin, le dernier point, c'est tout ce qui va être lié au cadre de notre fonctionnement. Tout ça, ça va être discuté, échangé, et ensuite, on s'engage, on vote sur ce que l'on veut récupérer. Et ensuite, c'est tout. Alors, ça donne des débats qui sont des débats intéressants, notamment sur le système des valeurs, où on n'est pas tous d'accord. On cite quatre valeurs, ça nous permet d'échanger sur nos valeurs. Cette année, par exemple, il y a eu pas mal de discussions sur les valeurs, et notamment sur les valeurs qui étaient importantes pour nous, c'était l'idée d'être impitoyable. Et là, donc, qui est un mot... Qui parle beaucoup aux anglo-saxons et un peu moins aux français. Donc, on a beaucoup échangé là-dessus. Et plus les échanges sont importants, plus les échanges sont profonds, et plus je me dis que notre vision va être importante.
Pour moi, la réussite d'une saison, au-delà des résultats, au-delà de ce qu'on va faire dans la saison, repose vraiment... Repose vraiment sur l'idée de réussir notre vision. Quand on a réussi notre vision, très souvent, pour ne pas dire tout le temps, on réussit notre saison. On remplit les objectifs ou on ne les remplit pas, ça dépend tellement, ça reste du sport, mais en tous les cas, notre saison a été conforme à ce qu'on avait imaginé et prévu. Évidemment qu'il faut remplir les objectifs, mais en termes de comportement, en termes d'attitude, en termes de travail, en termes de fonctionnement, assez peu de problèmes. Quand les gens échangent, quand les gens s'affrontent, quand les gens ne sont pas d'accord, quand les gens sont capables ensuite de se réunir parce que c'est comme ça, c'est la majorité qui gagne, on avance après tous dans le même sens. Après, mon job à moi, c'est de faire en sorte de bien... De bien faire respecter cette vision. La vision est un moment important pour moi.
J'y passe beaucoup de temps. J'adore travailler. On va aller là-dessus parce que je ressens le pool un peu du groupe, et notamment sur les nouveaux qui arrivent. Ce n'est pas simple pour eux. Parfois, ils découvrent les choses parce que c'est un fonctionnement qui est assez atypique, évidemment. Donc ce« nous», il est fondamental. Et évidemment que j'associe à cette vision tout mon staff. Le staff, avec les joueurs, on est sur la même barque, on est sur le même fonctionnement. Il ne s'agit pas de dire les joueurs d'un côté et le staff de l'autre. Non, on est sur la même chose. On est sur la même barque, on avance dans le même projet. Donc c'est important que tout le monde s'engage réellement. Donc ça, c'était le deuxième point, comment jouer collectif autour d'un rêve commun. Donc on a parlé de se révéler pour construire ou reconstruire selon les conditions, où là on est plutôt centré sur le jeu, sur le jeu, sur l'intime, sur ce que j'ai envie de faire moi.
Et si je veux faire en sorte de faire évoluer les gens, accompagner les gens avec moi, j'ai besoin moi de changer. Ensuite, la deuxième chose, c'est ce rêve commun, matérialisé par la vision. Là, on est vraiment dans le« nous». On se rassemble. On est capable de défendre ce projet commun à travers une raison d'être. Pourquoi? Nous sommes à Bordeaux. À travers des objectifs. Qu'est-ce qu'on veut gagner? À travers évidemment le système des valeurs. Le lien entre les hommes. Le lien entre les hommes. Quand on parle de solidarité, ça veut dire quoi à l'UBB? Quand on parle de travail, ça veut dire quoi à l'UBB? Quand on parle de fierté, ça veut dire quoi à l'UBB? Quand on parle d'engagement, ça veut dire quoi à l'UBB? On doit tous avoir les mêmes références. Même si on vient des quatre coins du monde, même si on vient des quatre coins de la France, c'est important quand on est à l'UBB, on est tous de la même famille. Et c'est ce partage de valeurs à travers cette vision qui est important et fondamental pour moi.
On va aussi le traduire évidemment sur tout ce qui va être lié à l'identité de jeu, qui va être lié à ce qu'on veut faire, et après évidemment par rapport au cadre. Donc là on est vraiment dans le nous, et ensuite ce qui me semble être important et fondamental, Ce que, aussi, également, dans notre monde, ne se fait pas toujours, c'est faire ce que l'on dit. Faire ce que l'on dit ou dire ce que l'on fait. J'ai toujours pensé, même quand j'étais joueur, que pour avoir une équipe qui gagne, pour avoir une équipe qui gagne dans la durée, il faut que notre organisation soit parfaite. On doit avoir une organisation infaillible. Et ça, ça fait partie de notre force. Être capable de quoi qu'il se passe dans la semaine, être capable de quoi qu'il se passe dans la saison. Je gagne les matchs, je suis dans une période difficile, trouble, je n'arrive pas à gagner. Je suis dans une série difficile, il faut garder le cap. Garder le cap. Et pour garder le cap, il faut... avoir une organisation infaillible.
Donc ça veut dire quoi? Ça veut dire que quand les gens arrivent le matin à l'entraînement, à partir de l'état de forme, que ce soit à travers leur séance, à travers leur partie récupération, à travers le rugby, à travers les points vidéo, à partir des entretiens, à partir de toutes les relations que nous avons, tout doit être particulièrement organisé. Il est fondamental que le joueur, quand il arrive, il n'ait pas de stress pour savoir ce qui va se passer. Il y en a suffisamment du stress dans la compétition. Là, dans toute la partie de l'entraînement, de l'organisation, on doit être lisible. On doit être lisible. Ça fonctionne comme ça. C'est ce cadre. Ce cadre. Donc ensuite, évidemment, pour parler plus sur le management, tout au long de la saison, je construis ma planification. Quasiment tout est organisé, planifié au jour le jour. Alors évidemment que cette année, c'est particulier. Évidemment que cette année est particulière, puisque nous avons des matchs reportés, des matchs décalés, des périodes de congés où finalement ça devient des matchs reportés, on joue les matchs reportés, etc.
Mais plus le cadre est solide, plus l'organisation est forte, et quand même on est capable de traverser ces tempêtes. Ça, ça me semble être important. Donc, pour revenir au management, une fois qu'on a défini notre vision, c'est-à-dire où nous voulons aller, quels résultats nous voulons avoir, quels jeux nous voulons. pratiquer, il est important évidemment d'avoir ce suivi. ce que j'appelle moi la planification, à travers des cycles. Nous avons dans la saison huit cycles. Premier cycle, deuxième cycle, troisième cycle, qui représente à peu près entre 4 et 6 matchs. Tous les 4 et 6 matchs ont fait un point de passage, ce que j'appelle un bilan d'étape. A chaque bilan d'étape, on est capable de faire un point réellement de là où nous en sommes. Tant sur le plan de la raison d'être, tant sur le plan des objectifs, à chaque cycle, les joueurs s'engagent à obtenir un nombre de points. Je vais vous prendre l'exemple tout simplement du cycle 3, qui est le dernier cycle.
On avait comme objectif 14 points, donc c'était un objectif assez ambitieux quand même, parce qu'on avait un calendrier compliqué et difficile. On a été capable de faire 14 points. Les joueurs ont besoin de cette ligne directrice, ce point de passage. Mais ce n'est pas moi qui dois imposer ça. Ça reste évidemment la volonté des joueurs, mais du staff aussi, encore une fois. On s'engage ensemble à dire qu'on veut tant de points. Donc après, quand on fait le bilan, on le contrôle. Où est-ce qu'on en est au niveau de notre comportement? Comportement physique, sur le comportement médical, sur le comportement de l'entraînement et du rugby, sur nos matchs, la compétition. Tout ça, ça me semble être fondamental de faire ce point précis. Et ensuite, une fois qu'on a fait le point de notre cycle, on se projette sur le prochain. Une fois qu'on a fait le point sur le premier cycle, on se projette sur le prochain. Le cycle 4, par exemple, qu'est-ce qu'on veut faire? On a des matchs, beaucoup de matchs dans ce cycle. On a six matchs.
On a deux matchs de Coupe d'Europe. On a un cycle qui est important. On est au cœur de la saison. C'est important de bien le réussir. Souvent, ce cycle-là, qui est au cœur de la saison, autour de Noël, permet vraiment de basculer vers l'année d'après et dans une très bonne dynamique. Donc on est dans une période de saison importante. Et c'est aussi essentiel que les joueurs... soit capable de s'engager. Qu'est-ce qu'on veut faire? Qu'est-ce qu'on veut gagner? Quelles sont les évolutions aussi qu'on va mener? Tant sur le plan du médical que sur le plan du management, que sur le plan de notre rugby. Là, par exemple, on a mis plusieurs nouveaux lancements, plusieurs organisations nouvelles. Parce qu'on est obligé de surprendre, parce que les équipes, évidemment, nous suivent, nous étudient, étudient notre jeu. Donc c'est important de toujours être capable de surprendre. Donc ça, c'est le bilan étape qui est fait toutes les 4-6 semaines, selon la programmation et la planification que je décide ensuite. On a également ce que j'appelle, moi, le conseil des sages.
Le conseil des sages, c'est tout simplement... Comme on fait avec le bilan étape, je le fais souvent en amont, c'est-à-dire que assez souvent ça se passe comme ça. Le lundi j'ai mon conseil des sages, le mardi matin j'ai mon bilan étape. Le conseil des sages c'est ma réunion que j'ai une fois par cycle avec mes leaders. J'ai 8 leaders, un capitaine, 2 vice-capitaines, 2 leaders de jeu. De leader de vie et cette personne qui représente assez bien nos valeurs, c'est le leader de valeurs, d'éthique, de comportement. Donc là on fait un point sur le cycle, comment s'est passé le cycle, qu'est-ce qui s'est passé, qu'est-ce qu'on a bien fait, qu'est-ce qu'on n'a pas bien fait, qu'est-ce qu'on peut améliorer, quels sont les retours du vestiaire, qu'est-ce que j'ai envie de faire passer dans mon vestiaire. C'est un échange qui est important, dont l'idée c'est... évidemment de faire un point que eux les joueurs mais huit leaders sont capables de faire un point avec sont capables de faire un point avec avec le vestiaire et ensuite moi et avec mon staff de faire redescendre les attentes que nous avons du staff et ensuite ça permet d'avoir cet échange encore une fois d'honnêteté
de responsabilité aussi, et ça me paraît être fondamental. Pour chaque cycle, nous avons un point que nous appelons le bilan d'étape, où nous en sommes dans notre saison. Parallèlement à ça, nous avons un point sur le conseil des sages, où nous en sommes dans notre relation. Est-ce que ça fonctionnait bien? Est-ce que ce qu'on avait prévu, on l'a fait? Si on l'a fait, comment on peut s'améliorer? Qu'est-ce qu'on peut mettre en place encore? Mais aussi et également, si on ne l'a pas fait, pourquoi on ne l'a pas fait? Qu'est-ce qui nous a empêché de ne pas le faire? Qu'est-ce qui nous a empêché de le faire? Ça c'est important aussi. Et enfin le troisième point qui me semble très important, qui est aussi dans la suite logique, c'est tous les entretiens individuels que j'avais avec mes joueurs. Tous les entretiens que j'avais avec mes joueurs. Tous les lundis matins, j'ai 10 entretiens avec mes joueurs. Des joueurs qui ont joué, mais aussi des joueurs qui n'ont pas joué. La proportion, c'est 78%, à peu près 7 joueurs qui ont joué le match, soit parce qu'ils ont attaqué, soit ils n'ont pas attaqué le match.
Et puis ensuite, j'ai 32%, donc évidemment, des joueurs qui n'ont pas joué. Soit parce que blessé, ou soit parce que pas dans le groupe. Donc il est important d'avoir une relation très forte avec eux et d'entretenir ça. Quand je parle de faire ce que l'on dit, ça c'est le programme de notre saison. Bilan étape, conseil des sages, entretien individuel. Et ça, que tu gagnes les matchs. Que tu perdes les matchs, que tu sois en difficulté, que tu sois bien, toutes les semaines ou tous les cycles, c'est la même chose. Tous les lundis matins, j'ai mon cycle. d'entretien. Les entretiens se passent de la façon suivante. Tous les vendredis, j'envoie un petit mail aux 10 joueurs que je vais rencontrer. Les joueurs qui jouent le match vont avoir une auto-évaluation à faire sur la base du profil du joueur. J'ai 12 attitudes que l'on suit par joueur. Quand il a fini son match, Il remplit ses 12 attitudes sur des marqueurs de 1 à 5. Un, c'est pas très bien, pas maîtrisé, pas contrôlé.
Cinq, c'est très bien. Donc, il fait cette auto-évaluation de suite après le match. Ça vient sur mon compte à moi. Je fais la même chose. Et le lundi matin, on partage ces informations. Est-ce que nous sommes loin ou est-ce que nous sommes proches? Si on est loin... c'est difficile de pouvoir progresser ensemble. Parce que si le joueur pense qu'il a fait un très très bon match et que moi je pense qu'il n'a pas fait un très très bon match, ça va être compliqué de pouvoir se réunir. Mais il faudra qu'on le fasse. Si par contre, le joueur pense qu'il a fait un bon match et que moi je pense qu'il a fait un bon match et qu'il est dans ce que j'avais attendu de lui, là on va pouvoir progresser. L'idée c'est de... Faire le point du match, mais surtout se challenger sur le cycle qui arrive et les matchs qui arrivent avec trois points qui sont des points très précis. J'attends ça de toi, j'attends ça de toi, j'attends ça de toi. Et ça, nous le faisons ensemble avec le joueur. Il y a ce parcours d'objectifs ensuite qui est mis en place, dont le joueur est capable d'être...
acteur de sa progression. Ça, c'est fondamental. Avoir ces entretiens comme ça tous les lundis matins, ça me renforce, ça me fait progresser. J'adore faire ça. C'est difficile, parfois. Ce n'est pas toujours des bonnes nouvelles, ce n'est pas toujours des entretiens qui se passent très bien, mais ça fait partie de mon métier. Il est important de dire les choses de façon la plus honnête possible. Le joueur a besoin d'entendre la vérité, il a besoin d'entendre ce qui va le faire progresser et non pas ce qu'il a envie d'entendre. Le joueur a besoin d'entendre ce qui va le faire progresser, ce qui va le remettre sur les rails, ce qui va lui permettre de reprendre le cap, et non pas juste lui dire ce qu'il a envie d'entendre. Ça, ça ne fait pas avancer les gens. Donc, encore une fois, faire ce que l'on dit, c'est fondamental, c'est essentiel. Moi, j'ai toujours respecté les gens qui étaient capables de dire et de faire ce qu'ils disent. C'est fondamental. Aujourd'hui, il y a tellement de choses dans la vie de tous les jours qui nous permettent de nous cacher, qui nous permettent de trouver des excuses.
Je ne fonctionne pas comme ça. Je me trompe, je suis un être humain, je me trompe, je fais des erreurs, mais par contre, je fais toujours ce que je dis. Ça, c'est fondamental. Je trouve de la confiance là-dedans. Donc voilà, messieurs et dames, pour développer une équipe de choc dans ce monde de fous en ce moment, dans lequel il y a une instabilité totale, dans lequel on ne sait pas où on va, dans lequel parfois on a vigabue. Même si, évidemment, on va s'en sortir. Mais la réussite appartiendra aux équipes de choc, aux équipes qui sont capables de garder le cap. Et pour ça, trois choses. La première, se révéler. Pour construire ou reconstruire. La deuxième chose, là on est vraiment dans le jeu. J.E. C'est mon intime, c'est ma motivation, ce que j'ai envie de faire. Ça n'appartient pas aux autres, c'est moi. Et pour changer les autres, il faut que je change moi. C'est tellement facile de te dire que tu veux te comporter comme ça, quand moi je ne suis pas capable de le faire.
Ça, ce n'est pas bien. Ce n'est pas bien. Donc, un, se réveiller pour construire ou reconstruire, c'est le jeu. Ensuite, quand j'ai ça, évidemment qu'il faut être rassemblé autour de nous. C'est le rêve matérialisé très, très bien par la vision. Réussir sa vision, c'est réussir. Sa saison. Et enfin, le troisième point qui me semble être vraiment fondamental, fondamental encore une fois, c'est faire ce que l'on dit. Faire ce que l'on dit, ou dire ce que l'on fait. C'est de là que naît de la confiance. La confiance, tu la trouves sur le terrain. La confiance, c'est une boîte vide. Donc, elle doit être capable d'être développée à travers le travail que nous faisons, à travers les relations que nous avons. Tout juste, important de faire ce genre de travail et garder ce cap. Voilà, donc pour moi, j'espère que vous avez passé un bon moment. Construire une équipe de choc, c'est possible, évidemment.
Pour réussir aujourd'hui, c'est possible, évidemment. Mais ça dépend d'abord de moi, ensuite je suis sur le nous, et ensuite surtout, je fais ce que je dis. Voilà, merci et bonne continuation.
