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Tech.Rocks Summit 2024
La sous-optimalité : levier de robustesse
- Olivier Hamant (Chercheur, INRAE)
Tech.Rocks Summit 2024 · 3 décembre 2024 · 68 min · en français
Résumé
Géo-ingénierie, agriculture de précision, villes intelligentes : paradoxalement, l'ère de la performance et du contrôle rend le monde de plus en plus mouvementé, entre méga-incendies, dérives sécuritaires et guerres planétaires. S'inspirant du vivant, Olivier Hamant propose une autre manière d'habiter la Terre : la vie se construit sur des vulnérabilités, des lenteurs et des incohérences, c'est-à-dire des contre-performances au service de la robustesse du groupe.
L’essentiel
En keynote de clôture du Tech.Rocks Summit, le biologiste Olivier Hamant critique le culte de la performance et montre, en s’inspirant du vivant, que la robustesse repose sur des marges, des redondances et une part de sous-optimalité.
Pour prendre du recul sur les objectifs d’optimisation et d’efficience d’une équipe ou d’une organisation, et discuter de sa robustesse face aux crises.
Les idées clés
- La performance a un coût. Reprenant la définition du contrôleur de gestion, Olivier Hamant la présente comme la somme de l’efficacité et de l’efficience, et avance plusieurs arguments contre elle : optimiser fragilise (exemple de la panne mondiale liée à CrowdStrike), l’effet rebond annule les gains d’efficience, et, selon la loi de Goodhart, quand une mesure devient une cible, elle cesse d’être fiable. à 4:47
- Le vivant est robuste parce qu’il n’est pas performant. À 37 degrés, notre métabolisme est en dessous de l’optimum de ses enzymes (en général 40 degrés), ce qui laisse une marge pour la fièvre ; le rendement énergétique de la photosynthèse est de 1 %, ce qui permet aux plantes de gérer les fluctuations de lumière. à 18:44
- Quelques clés pour pratiquer. Il propose de cartographier ses dépendances (eau, énergie, fournitures, data centers) pour repérer les points de vulnérabilité à doublonner, de passer des indicateurs de performance, outils statiques, à des stress tests, et voit le décideur devenir un facilitateur qui dit « j’ai envie » et « je ne sais pas comment faire ». à 43:04
Questions pour votre équipe
- Qu’optimisons-nous aujourd’hui, et que fragilisons-nous en le faisant ?
- Quels indicateurs sont devenus des cibles, et quel stress test pourrait les compléter ?
- Quelles dépendances critiques (fournisseurs, énergie, data centers) pourrions-nous doublonner ?
Il s’agit d’une keynote d’un chercheur en biologie, qui transpose des principes du vivant aux organisations par analogie ; plusieurs affirmations sont présentées comme générales et les chiffres sont cités sans source. La vidéo inclut aussi l’animation d’avant le talk et le mot de clôture du Summit.
Chapitres
Summary
Geoengineering, precision agriculture, smart cities: paradoxically, the age of performance and control is making the world ever more turbulent, with megafires, security excesses and global wars. Drawing inspiration from living systems, Olivier Hamant proposes another way of inhabiting the Earth: life is built on vulnerabilities, slowness and inconsistencies, in other words underperformance that serves the robustness of the group.
Thèmes : Impact & numérique responsable
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Voilà, on arrive presque à la fin. C'est notre dernier talk. Comment ça, il faut que j'y aille? Oui, il faut que tu y ailles. Pourquoi il faut que j'y aille? En fait, on a regardé, on est un peu en train d'enfreindre le droit du travail. Pourquoi? T'es en heure sup là. T'as vu l'heure? Oh merde! T'as vu l'heure? Oui. Ah, il faut que j'y aille là. Oui, t'as bien donné, merci beaucoup, vraiment c'était super. Vous allez assurer pour le lancement? Oui, oui, oui. Attends, c'est vous, vous connaissez un peu ou pas? Parce que sinon je peux vous faire le truc... Non, ça va? On a regardé sur le site internet. Ah bon d'accord. Tu nous as tellement inspiré pendant deux jours. Ils sont un peu moyens, ils sont un peu froids. Ah bon? Oui, c'était pas... Vous êtes froids? Est-ce que vous êtes chauds? Je vous les laisse parce que franchement, c'était quand même génial. On va vous dire la vérité. Je dois malheureusement partir. Donc, je ne pourrai pas prendre ce super verre, ce super cocktail Google qui aura lieu à la fin des Google. Je ne dis pas de bêtises. C'est bien ça. J'étais ravie vraiment de passer cette huitième édition avec vous. C'est toujours un plaisir, un honneur.
Et surtout dans un lieu pareil. Alors, ça paraît un peu bizarre parce qu'effectivement, je vais vraiment partir. Ce n'est pas du tout. Je ne suis pas 25e degré. Merci d'avoir apprécié mes facéties, mon humour parfois un peu border, je l'avoue. Mais voilà, je suis extrêmement émue de vous quitter comme ça. Et encore merci pour tout. Merci surtout à la super régie avec Hélène, avec Denis. Avec Mathieu, avec Antoine, merci à l'équipe de Tech.Rocks, merci à cette super communauté. J'espère que l'année prochaine, on ne dépassera pas. Comme ça, je pourrais revenir pour la 9e édition. Je vous embrasse. Ciao. Merci Elsa. Immense merci. Nathalie, c'est à nous qu'incombe la tâche d'annoncer le dernier intervenant pour la keynote de clôture. Ça fait très bizarre de vous dire ça. En fait, clôture, c'est un mot en vrai qui me fait très bizarre et que je redoute de dire depuis maintenant presque un an, mais ce n'est pas grave. Nous allons avoir le plaisir d'accueillir Olivier Hamant. Donc Olivier est biologiste, chercheur à l'école normale supérieure de Lyon.
Il est auteur et conférencier scientifique. Il dirige également l'Institut Michel Serres et il a publié. Plus d'une centaine d'articles scientifiques sur la biophysique végétale et la robustesse. Tiens, tiens, la robustesse, ne serait-ce pas un pas de côté sur notre thème qui nous est cher, sur la résilience? On va voir ça. Il contribue dans le cadre de l'Institut Michel Serres à plusieurs projets. Dans les domaines de l'art, de la science et de l'éducation autour des questions existentielles de l'anthropocène. Qu'est-ce que c'est l'anthropocène? Moi non plus, je ne savais pas ce que c'était. Donc l'anthropocène, en fait, on pourrait le définir comme une nouvelle époque géologique qui se caractérise par l'avènement des hommes comme principale force de changement sur Terre, surpassant les forces Ok. Alors là, je suis un peu embêtée parce que moi, j'avais prévu une transition.
Elsa m'a vraiment beaucoup inspirée sur le cinéma et tout. J'avais prévu un truc sur la guerre du feu. Mais je me rends compte que je n'avais pas la bonne définition de l'anthropocène. Bon, tant pis, j'improvise. Du coup, on va accueillir Olivier Hamant, qui va nous parler de la sous-optimalité, levier de robustesse. Bonjour, bienvenue. Je vais prendre ma petite zapette. Merci d'être là, merci de l'invitation. En effet, je vais vous parler de robustesse plus que de résilience. Et je pense que vous allez voir entre les lignes pourquoi j'utilise ce mot-là. Alors, je démarre avec cette photo qui ressemble un peu à ce qu'on peut montrer du présent et du futur, un certain futur technologique ou technique. Et en fait, quand on dézoome, vous allez voir, on se retrouve dans le métro parisien.
C'est une pub des Émirats Arabes Unis qui nous dit votre route vers le succès peut être une autoroute à 14 voies. Alors vraiment là ça fait rêver, l'autoroute, 14 voies, vraiment c'est imbattable. Ça c'est une vision du progrès, l'autoroute, on va très vite à la destination, on ne s'occupe pas trop du chemin. Ça c'est peut-être quelque chose qu'on peut questionner. Moi ce que je vous invite à faire dans ce métro, c'est surtout de regarder la petite ampoule verte, la sortie de secours. Est-ce qu'on ne peut pas échapper à ce futur? Alors du coup, qu'est-ce que je veux critiquer par là? Ce que je veux critiquer par là, c'est la notion de performance. Donc là, je prends la définition du contrôleur de gestion. La performance, c'est la somme de l'efficacité et de l'efficience. Efficacité, atteindre son objectif. Efficience. avec le moins de moyens possible. Donc quand on est performant, on atteint son objectif avec le moins de moyens possible. Alors pourquoi il faudrait critiquer ce monde-là?
En fait, il y a beaucoup d'arguments qui peuvent nous montrer que la performance, ce n'est pas nécessairement une bonne idée. Il y a des arguments subjectifs. L'épidémie de burn-out, par exemple, c'est un monde en surchauffe de performance. Ça, c'est assez évident. Mais ce que je voudrais vous donner, c'est des arguments scientifiques, systémiques, pour vous montrer en quoi la performance, intrinsèquement, porte un problème. Alors le premier argument, ça tient en deux mots, optimiser fragilise. Alors ça va tout à fait rebondir sur ce que vient de dire Avaya. Ici, vous vous souvenez de CrowdStrike, la panne informatique mondiale de juillet dernier. Ça, c'est de la performance qui se plante. Très clairement, on a une boîte qui fait de la cybersécurité pour tous les systèmes Windows. Donc évidemment, c'est un monopole. Un monopole, c'est fragile. C'est hyper performant parce que tout le monde fait la même chose. Mais par contre, le jour où il y a une mise à jour un peu foireuse, ça bloque tout le monde. Il y a plein d'autres exemples. Le canal de Suez, les monocultures dans les champs qui attirent des maladies, etc.
C'est vraiment quelque chose de général. Optimiser fragilise. Dès que vous voyez le mot optimiser quelque part, il faut vous demander qu'est-ce que je fragilise. C'est toujours vrai. N'importe quel système, c'est ce qui se passe. Pour un hôpital, c'est pareil. Deuxième argument, c'est l'effet rebond. Alors que j'imagine que vous connaissez bien. parce que dans le milieu de la technique, c'est un peu le B.A.B.A. L'effet rebond, en fait, c'est quand on, par exemple, pour les frigos, on veut augmenter l'efficience énergétique, on veut rendre les frigos plus sobres. En fait, ce qu'on fait quand on fait ça, c'est surtout qu'on les rend plus attractifs parce qu'ils sont moins chers. Et du coup, qu'est-ce qui se passe? On les multiplie, on les fait grossir, on fait des smart fridges, on fait des caves à vin. Et du coup, la population mondiale de frigos consomme plus d'énergie. Alors ça, vous voyez, l'effet rebond, c'est très vicieux parce qu'on a l'impression de faire de la sobriété. Et en fait, on fait de l'ébriété. Et ça fait 50 ans que ça dure. Donc en fait, dans un monde qui est drogué à la performance, alors il ne faut pas se tromper, l'efficience énergétique, ça ne marche pas. Ou si je vous le dis un peu plus brutalement, la sobriété, c'est un très bel objectif, ce n'est pas nécessairement une bonne stratégie.
Il faut peut-être démarrer par autre chose. En fait, il faut générer la sobriété. Mais est-ce que pour générer la sobriété, il faut commencer par la sobriété? Non, pas sûr. Vous allez voir, à mon avis, pas vraiment. Donc l'effet rebond, c'est vrai pour les frigos, vous aurez compris que c'est vrai pour n'importe quel système qui est soumis à une injonction d'efficience énergétique, le charbon, le pétrole, les avions qui consomment moins de kérosène mais qui génèrent le surtourisme, etc. Le laïcif concentré, les écrans plats, enfin bon, vous voyez, il y en a partout. Troisième argument, la loi de Goodhart. La loi de Goodhart, elle dit que quand une mesure devient une cible, elle cesse d'être fiable. Alors ça, ça veut dire que dès qu'on met un indicateur de performance quelque part, ça devient toxique. Et ça, c'est vrai pour n'importe quel indicateur. de performance. C'est tout simple, c'est qu'en fait nous le cerveau humain là on n'est pas très malin, quand on nous met un indicateur de performance quelque part, on ne voit plus que celui-là et on oublie tout le reste. Ça pousse à la pensée réductionniste. Donc là vous avez un exemple, le sport de compétition. Quand on fait du sport de compétition, si j'étais un sportif de compétition, si vraiment je veux atteindre la meilleure performance, je peux être tenté par le dopage.
Si je fais du dopage, je suis en train de m'intoxiquer pour atteindre la meilleure performance. Je suis en train de détruire mon corps pour atteindre la meilleure performance. Ça, c'est très contre-productif. Ce n'est plus du sport, ce n'est plus que de la compétition. Et puis vous voyez qu'en fait, aujourd'hui, depuis 2023, on parle de faire les jeux augmentés, donc les NNS Games. Donc c'est des jeux sportifs de compétition où on va autoriser le dopage. Donc là, c'est le retour au jeu du cirque. On va voir des sportifs mourir dans les stades. Et il y a déjà des médecins et des athlètes qui ont dit oui. C'est pour dire à quel point on est dans ce monde qui ne se pose absolument pas la question des problèmes de la performance. Alors, vous aurez compris que ce n'est pas que pour le sport de compétition. Tout ce qui est soumis à un indicateur de performance va être soumis à la loi de Goodhart. Donc c'est les étudiants qui font du bachotage avant les examens. On passe l'examen, on fait de la performance, mais on n'a rien appris. Et bien sûr, c'est les KPI, les Key Performance Indicators dans l'entreprise. Si on ne regarde que le KPI financier, on va planter sa boîte.
Il y a des événements récents qui nous montrent que dans le milieu automobile, Ça peut arriver. Alors ça, c'est la loi de Goodhart. Alors, troisième argument. Et le dernier argument, c'est une loi générale. C'est une équation en trois mots. En fait, quand on met l'accent sur la performance, c'est toujours une performance relative. Efficacité, efficience, donc on est plus ou moins efficace, plus ou moins efficient. Donc, si on met le compas sur une performance relative, en fait, on met le compas sur la compétition. Dans une compétition qui gagne. C'est très simple. Ce sont toujours les plus violents qui gagnent. Toujours. En fait, c'est une loi générale, celle-là. En fait, vous pouvez faire un jeu très simple. Si vous avez des textes, si vous voyez des textes avec les mots« performance», remplacez le mot« performance» par le mot« violence». Et vous allez voir, c'est l'autre facette de la performance. Par exemple, les sportifs de compétition sont violents avec leur corps. Si vous avez déjà vu les radios de certains athlètes de 2024, ils ont 20 ans, ces athlètes, mais leurs os ont 60 ans.
Parce qu'ils ont tiré très fort sur la corde. Donc ça, cette violence, elle s'exerce sur beaucoup de monde, dans un milieu très performant, beaucoup contre les femmes, la fameuse culture de la violence ou du viol, si on veut. Ça a affaire un peu à la culture de la performance, contre les plus défavorisés et évidemment contre les écosystèmes. Donc ça, c'est un sujet qui est bien connu. Notre performance a un coût et ce sont les écosystèmes qui payent l'addition. Notre performance fait une guerre à la vie. Il faut bien comprendre. En fait, c'est-à-dire que le burn-out qu'on voit avec les humains, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Il y a un burn-out des écosystèmes. Juste pour vous donner un chiffre, pour l'illustrer, en 50 ans, on a perdu 70% des animaux vertébrés sur les continents. 70% en 50 ans. Si on vous disait qu'en 50 ans, on a perdu 70% des humains sur Terre, Ça serait choquant quand même. Nous avons fait ça pour...
pour toutes les espèces. C'est-à-dire que ce n'est pas juste une espèce, ce n'est pas Homo sapiens, c'est toutes les espèces d'animaux vertébrés. En 30 ans, on a perdu 80% des insectes en masse en Europe. Imaginez, en 30 ans, juste pour vous donner un repère, la fameuse météorite à la suite de laquelle les dinosaures ont disparu, les dinosaures ont mis 33 000 ans à disparaître après la météorite. 33 000 ans. Donc on est trois heures de grandeur au-dessus. Donc en fait, ce qu'on fait, notre performance est en train de détruire notre habitat. Donc il y a plein de sujets, pénurie chronique de ressources, crise climatique, effondrement de la biodiversité et pollution globale. Donc il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus. Peut-être, je vais juste dire deux points rapides. Le premier point, c'est que dans la crise socio-écologique, on parle beaucoup de climat. Et on voit même beaucoup de CO2. Ça, c'est la performance de nouveau. On a réduit toute la complexité socio-écologique à une molécule, le CO2. Alors du coup, on va faire des usines de capture directe du CO2 pour régler le problème, comme on a fait en Islande. Alors ça, c'est vraiment le truc le plus débile qu'on puisse imaginer, puisque ça consomme beaucoup d'énergie, beaucoup de métaux.
Et ça, ça permet à d'autres industries de continuer à polluer en achetant des quotas carbone. Donc en fait, on est en train de privatiser le CO2. On n'est pas du tout en train de répondre à la question. Le CO2, c'est le symptôme. Ce n'est pas la cause du problème. Bon, ça, c'est le premier point. Donc du coup, évidemment que si on veut changer la donne, ce n'est pas par le climat qu'il faut commencer, c'est par la biodiversité. Encore une fois, notre performance fait une guerre à la vie. Donc il faut que nos solutions, d'abord, préservent et stimulent la biodiversité. C'est le... premier critère de tri dans toutes les solutions qu'on peut développer. Et surtout, quand on augmente la biodiversité, c'est positif pour la pénurie de ressources, c'est positif pour le climat, c'est positif pour les pollutions globales. C'est de très loin le levier le plus systémique. C'est par là qu'il faut commencer. Donc biodiversité d'abord, vous ne faites pas avoir. Deuxième point à retenir de tous ces rapports scientifiques, et Avayal a dit dans le monde digital, mais c'est vrai ailleurs, si vous lisez les rapports du GIEC, les rapports de l'IPBS, de la CIA, de l'OCDE, du Forum économique mondial, on rentre dans un monde fluctuant. Nous sommes en train de quitter le monde de la moyenne pour entrer dans le monde de l'écart-type.
Le monde du XXIe siècle sera fluctuant, donc sera très variable, sera imprévisible. Le niveau de fluctuation que l'on va voir au XXIe siècle, ce n'est quelque chose qu'aucun humain n'a vu depuis le néolithique. Les méga-feux, les méga-inondations, tout ça, c'est très nouveau. La dernière fois qu'il a fait 2 degrés de plus sur Terre, le primate le plus évolué, c'était un chimpanzé. Il faut bien comprendre que le monde qu'on vit là, il n'y a pas d'humain qui l'a vu encore. Et ça va tanguer très fort. C'est ça qu'il faut retenir, au premier ordre de tous les rapports scientifiques. Il ne faut pas trop s'embarrasser avec les concentrations de mercure dans le sang des ours polaires. Ce n'est pas ça le sujet, c'est le monde fluctuant. Alors comment on fait dans un monde fluctuant qui est causé par nos performances, qui ont fragilisé le système écologique, social, économique? Dans un monde qui devient de plus en plus fluctuant, causé par nos performances, qu'est-ce qu'on imagine? Encore plus de performances. Alors là, vous voyez, ça c'est vraiment... définition de l'obstination et ça dit vraiment qu'on est addict à la performance. On ne questionne pas la performance.
Nous sommes dans une dérive sectaire de la performance. Je pèse mes mots parce que ça répond exactement à ça. Quand vous résolvez votre problème avec la même cause que le symptôme, on est dedans. Donc là, vous avez des tas d'exemples qui sont très contre-productifs. Peut-être que je peux prendre l'exemple de l'agriculture de précision qui, comme ça, pourrait sembler être sobre. On va utiliser moins d'engrais, moins de pesticides. Pourquoi on fait de la... L'agriculture de précision, les paysans vont être dépendants d'une technocratie distante supplémentaire, en plus des engrais, des pesticides, des semenciers. Maintenant, ils vont être dépendants de l'industrie des drones et de l'industrie du numérique. Et en plus, même si on oublie ça, pourquoi veut-on rendre les parcelles homogènes? C'est pour continuer à faire des monocultures. Donc en fait, c'est pour lutter contre la biodiversité cultivée, pour lutter contre l'agroécologie. Donc l'agriculture de précision, c'est très bien comme niche, mais ce n'est certainement pas une solution au défi du siècle qui vient. Donc du coup, là en fait on se plante. On va dérailler avec Einstein. On ne sait jamais trop bien ce qu'il a dit Einstein, mais probablement qu'il a dit ça, entre autres.
On ne peut pas résoudre un problème avec le même niveau de pensée que celle qu'il a créée. Ça c'est tout simple. Ça veut dire que si c'est la performance la cause profonde du problème, il est très peu probable que la performance sera aussi la solution. Si vous ne questionnez pas la performance, c'est cosmétique. En fait, on reste dans le culte. Il va falloir sortir du culte. Alors comment on fait pour sortir du culte? Et bien du coup, il faut prendre un peu de recul et en fait prendre au sérieux le fait scientifique, endosser le fait scientifique. Le fait scientifique nous dit le 21e siècle sera fluctuant. Ça, c'est la première chose à retenir de tous les rapports scientifiques dans toutes les disciplines, que ce soit en biologie, en économie, en physique, tout le monde le dit, les turbulences climatiques, etc. Donc ça, c'est la première chose à voir. Comment habiter dans un monde fluctuant? C'est ce qui va nous occuper au XXIe siècle, au XXIIe siècle. On va en prendre pour un petit peu de temps. C'est une très grande question, mais la réponse est là sous les yeux. Les êtres vivants, ça fait des millions d'années qu'ils vivent dans un monde fluctuant.
Et donc, ils ont des recettes, des lois, des principes qui leur permettent de vivre dans un monde fluctuant. Et donc, il va falloir qu'on se reconnecte aux vivants, mais pas juste en mettant des petits pandas en sneakers ou je ne sais pas quoi. C'est vraiment comprendre ce que c'est qu'un être vivant. Comment font-ils pour être vivants, viables, dans un monde fluctuant? C'est la deuxième étape du récit, évidemment. On va s'intéresser au nouveau récit du vivant. Et j'insiste sur le mot nouveau parce que les biologistes, comme tout le monde, on s'est fait avoir par le culte de la performance. Pendant très longtemps, on a plaqué de la performance sur les êtres vivants. On a absolument voulu que ce soit des machines performantes. Et d'ailleurs, ça suit l'histoire. Au XVIIIe siècle, on parlait beaucoup de plomberie pour parler de physiologie. Après, au XIXe, on a beaucoup parlé de métabolisme, comme on parlait des machines avec l'énergie. Et puis aujourd'hui, on parle beaucoup d'ADN, de réseaux d'information, comme on parle d'Internet. Donc en fait, on plaque à chaque fois des machines performantes sur le vivant. Alors c'est ça qu'on peut quand même bien dérailler maintenant, depuis qu'on a justement des approches systémiques holistiques qui nous permettent de voir qu'est-ce qui définit un système vivant.
Alors si je dois le résumer en une phrase, finalement s'il y a une seule chose à retenir de la biologie pour cette question-là, c'est que les êtres vivants sont robustes. Ils sont robustes. Ça qui est sélectionné au cours de l'évolution, c'est la robustesse. Alors la robustesse, il faut bien que je la définisse. La robustesse, c'est maintenir le système stable malgré les fluctuations. C'est le roseau dans le vent, si vous voulez. Stable malgré les fluctuations. Et puis, à plus long terme, c'est maintenir le système viable malgré les fluctuations. Ça veut dire que le roseau, il pousse, il grandit, mais il est capable d'encaisser des vagues, des changements de salinité, etc. Il est capable d'être viable malgré les fluctuations. Les êtres vivants qui sont encore là aujourd'hui, c'est qu'ils sont robustes. Tous ceux qui sont fragiles, ils ont été dégagés par l'évolution, pour le dire rapidement. Alors comment font les êtres vivants pour être robustes? Parce que là, finalement, c'est trivial de dire que dans un monde fluctuant, il faut être robuste. C'est la définition de la robustesse. Comment font les êtres vivants pour être robustes? Alors c'est là que c'est extraordinaire. Les êtres vivants sont robustes parce qu'ils ne sont pas performants.
Donc c'est un contre-modèle. Les êtres vivants ne sont pas en train de nous dire« nous on fait comme vous mais en plus on est robuste». Non, non, eux ils nous disent« nous en fait on est robuste parce qu'on n'est pas performant». Et donc ça c'est très bien établi, c'est que là je le dis vraiment en toute confiance parce que depuis une trentaine d'années on a pu étendre ce principe de l'échelle moléculaire à l'échelle de l'écosystème. C'est vrai pour tous les réseaux du vivant, les réseaux de neurones, les réseaux physiologiques, les réseaux métaboliques, etc. Alors qu'est-ce qu'on trouve dans tous ces systèmes vivants? De l'inefficacité, il n'y a pas d'objectif chez les êtres vivants. Le vol de la mouche, il n'y a pas d'objectif. Hétérogénéité, biodiversité, très hétérogène, beaucoup d'incertitudes, il y a des processus biologiques qui sont aléatoires. Et quand je dis des mécanismes, en fait, il y en a énormément. C'est ce qu'on appelle la biologie stochastique. C'est que les processus qui dépendent du pur hasard. Il y en a vraiment énormément en biologie. Beaucoup de lenteur, beaucoup de délai. Beaucoup de redondance, pensez au nombre de feuilles qu'il y a sur un arbre, pensez au nombre de globules rouges que vous avez dans le sang. Nous sommes toutes et tous des êtres extrêmement redondants.
Beaucoup d'incohérences, beaucoup de contradictions internes dans les systèmes vivants. Ça permet au système vivant d'être souple. C'est qu'en fait, s'il n'y a pas de contradiction interne dans le système, c'est un système qui devient très cohérent et très rigide. Un système rigide casse. Alors, les êtres vivants, ce qui a été sélectionné au cours de l'évolution, c'est de multiplier les incohérences, de multiplier les contradictions internes dans les boucles systémiques des systèmes. Et bien, ça, ça permet aux êtres vivants d'être souples malgré les fluctuations. C'est de la robustesse. Si vous voulez, l'exemple social typique, c'est la secte, typiquement. La secte, c'est un bijou de cohérence. C'est très fragile, ça casse toujours. Donc les êtres vivants ont sélectionné des stratégies d'incohérence pour ne pas tomber dans le piège cohérent à tout prix. Et puis le dernier point, c'est l'inachèvement, évidemment, parce que les êtres vivants sont inachevés, parce que quand ils sont achevés, ils sont morts. Donc en fait, tant qu'on est vivant, on est inachevé. Vous savez que vos cellules sont bien plus jeunes que vous. Donc en fait, vous voyez, le truc, c'est que quand on regarde les êtres vivants, ce ne sont que des contre-performances. Vous voyez, finalement, si vous avez écouté Arte, alors ce n'est pas bon, mais l'histoire d'Arte se construit sur ses points faibles.
Les êtres vivants font pareil. Les êtres vivants se construisent sur leurs points faibles. Ils ne renforcent pas leurs points forts. C'est vraiment une autre façon de voir les choses. Je vais vous donner mon exemple favori de la température corporelle, qui est facile parce que tout le monde peut se l'approprier, pour l'illustrer. Vous savez que vous êtes à 37 degrés. Et puis, s'il y a un pathogène qui rentre, une bactérie, un virus, vous allez monter en température. C'est la fièvre, 38, 39, 40. Si moi, j'isole les enzymes de votre corps, que je mesure leur activité, je vais trouver que leur optimum d'activité n'est pas à 37 degrés, il est en général à 40 degrés. Donc ça veut dire qu'à 37 degrés, votre métabolisme n'est pas au maximum de performance, il n'est même pas à l'optimum de performance, il est bien en dessous de l'optimum, il est sous-optimal. Ça, qu'est-ce que ça permet? Tout simplement, ça permet que quand il y a un pathogène qui rentre, on peut booster son métabolisme et notamment booster son système immunitaire. Donc vous voyez, à 40 degrés, alors là, on a un système immunitaire qui est très performant.
Mais par contre, c'est transitoire, 3 jours max. Après, c'est mortel. Après, on fait un burn-out moléculaire. Les protéines se dénaturent. Donc on ne peut pas rester éternellement comme ça à 40 degrés, très performant. Ça épuise tout le monde, tout le monde dans le métabolisme. Donc en fait, vous voyez le truc, c'est à 37 degrés, on n'est pas très performant. Mais si je vais mettre une note, c'est 10 sur 20 à 37 degrés. C'est mention passable, c'est satisfaisant. Ni plus ni moins. Mais à 40 degrés, par contre, là, ça déchire. Vraiment, c'est très performant. Le métabolisme est très performant. Individuellement, on n'est pas forcément hyper performant. Mais à l'intérieur, je peux vous dire que ça tourne à fond. Donc, vous voyez, le truc, on est robuste à 37 degrés parce qu'on n'a pas atteint l'optimum de performance. On est en dessous. On a gardé des marges de manœuvre au cas où il y ait une fluctuation. Cette règle-là qui se voit pour la température corporelle, c'est vrai pour absolument tout. Prenez la chaîne alimentaire, la photosynthèse, notre lien au soleil, ce qui produit toute la biomasse sur Terre. de la biomasse sur Terre, le rendement énergétique de la photosynthèse, c'est 1%. Les plantes gâchent 99% de l'énergie solaire.
Ce n'est pas du tout performant. Les panneaux solaires font bien mieux. Pourquoi la photosynthèse est si peu performante? C'est tout simplement parce que si elle augmentait sa performance, elle ne serait plus capable de gérer des fluctuations lumineuses. Donc la faible performance permet aux plantes de gérer des fluctuations lumineuses. C'est très bien démontré et c'est vrai partout. Je ne vais pas vous faire un essai d'après-verre, il y a vraiment énormément d'exemples. Alors du coup, ça, ça doit nous nourrir justement dans cette trajectoire vers un 21e siècle qui devient de plus en plus fluctuant. Et bien ça, pour la communauté tech, c'est une redéfinition de ce que c'est que le progrès. Le progrès, ça fait 10 000 ans qu'il est défini par des gains de performance. En gros, depuis qu'on a inventé l'agriculture, on est un peu rentré dans ce piège d'un progrès défini par des incréments de performance. Donc c'est l'agriculture, c'est la colonisation, les plantations, la mécanisation, la grande accélération. Aujourd'hui, on se rend compte que plus on augmente les performances et plus on détruit nos habitats terrestres.
Donc le futur du progrès, c'est très simple, ce ne sera pas des gains de performance. C'est physiquement impossible. Parce que quand on augmente la performance, efficacité, efficience, on se canalise. On atteint son objectif avec le moins de moyens possible. Alors se canaliser... Dans un monde qui change tout le temps, c'est suicidaire. Ça ne marche plus. Donc c'est un changement copernicien. Nous allons vivre un moment copernicien qui est en fait un changement de l'axe du progrès. Le progrès au XXIe siècle, ce sera des incréments de robustesse. Et on n'aura pas le choix. Alors quand je dis on n'aura pas le choix, on n'aura pas le choix d'avoir le choix. Parce que la performance, c'est la seule voie étroite. La robustesse, c'est la diversité. On diversifie, on explore. Or, on expérimente, on innove. C'est là que ça se passe. Mais l'innovation, elle n'est pas stimulée par la concurrence, elle est stimulée par les fluctuations de l'environnement. Ça change tout. Ça change vraiment tout.
Alors ça, c'est une bascule incroyable quand même. En tout cas, c'est très pragmatique. C'est-à-dire que si je prends vraiment en compte, si vous prenez en compte le fait scientifique, et que le fait scientifique, en gros, un monde va devenir de plus en plus fluctuant, il faut être de plus en plus robuste. Il n'y a pas de choix, c'est vraiment la base. Alors vous allez me dire, ça ok, c'est pragmatique, mais est-ce que c'est crédible? Est-ce que comme ça, l'humanité qui savait 10 000 ans qu'elle est dans la performance, et comme ça, au XXIe siècle, d'un seul coup, elle basculerait vers la robustesse? Alors comment un système bascule? Je vais prendre une petite analogie du vivant qui est bien pratique. C'est les nuées d'oiseaux, les nuées des tourneaux. C'est l'exemple typique d'un système qui bascule. C'est un groupe d'oiseaux coordonnés qui, de façon vraiment coordonnée, va tourner à droite, à gauche, à droite. Ça n'arrête pas. Comment font-ils pour basculer? Comment ce système fait-il pour basculer? C'est très simple. Ce sont toujours les oiseaux à la périphérie du groupe qui guident le groupe. Parce que les oiseaux à la périphérie du groupe, ce sont eux qui sont exposés aux fluctuations du monde.
Les oiseaux au cœur de la nuée sont aveugles au monde. Ils sont aveugles aux fluctuations du monde. Ils ne voient que les oiseaux voisins. Donc en fait, ce qui se passe, c'est que les oiseaux à la périphérie voient un oiseau prédateur, un changement de courant ou je ne sais pas quoi. Ça, en fait, ils se synchronisent. et il contamine le cœur du système. Donc ça se propage de la périphérie vers le cœur. Ce qui est vrai pour une nuée d'oiseaux, c'est vrai pour un banc de poissons, et c'est vrai pour des tas de systèmes sociaux aussi, les empires. Les empires, en général, basculent par un événement qui se passe à la périphérie. Donc ça veut dire que si vous voulez voir un système qui bascule, il ne faut pas regarder le cœur du système, il ne faut pas passer du temps avec Total et McKinsey. Là, c'est le cœur faisandé de la performance. C'est le monde d'avant. Donc en fait, il faut plutôt passer du temps avec la périphérie, parce qu'à la périphérie, c'est bien plus intéressant, parce que là, on a enfin des collectifs qui sont déjà exposés aux fluctuations du monde et qui ont déjà développé des solutions robustes. Et ce qui est extraordinaire, c'est que quand on passe un peu de temps dans ces milieux-là, on se rend compte qu'on a déjà basculé. En fait, ce n'est pas une utopie, cette bascule de la performance à l'arbustesse.
On est en train de le vivre maintenant. Et ce n'était pas le cas il y a 20 ans. C'est vraiment maintenant que ça se passe. On peut détecter les premiers signaux. Ça converge. C'est entre 2010 et 2020 que ça commence à se massifier, cette contamination. Vous avez vu dans le talk précédent, c'était 2017. Donc vraiment, tout ça, ça converge. Donc c'est maintenant que ça se passe. Et du coup, c'est la troisième étape. On va s'inspirer de ces marges pour voir le monde du futur, le futur robuste, si vous voulez. Dans un monde fluctuant, forcément, ce sont ces initiatives robustes qui vont nous inspirer. Alors allons-y, ça ressemble à quoi? Alors ici, une fluctuation récente, ça c'est Valence en Espagne. Et donc on a vu ces photos assez incroyables de voitures empilées dans les rues. Quand vous voyez les photos de Valence... Pour les guides touristiques, ça ressemble à autre chose. C'est clair que là, il y a eu une grosse fluctuation. Alors, ce qui est intéressant là-dedans, c'est que les citoyens, en fait, n'ont pas reproché aux autorités de ne pas avoir prévu. Parce que c'est un événement imprévisible, voire même impensable. Il n'y a aucun humain qui peut imaginer 400 litres d'eau par mètre carré en quelques heures.
Ça, c'est impossible de se l'imaginer. Donc on ne peut pas prévoir. Par contre, ce que les citoyens ont dit, c'est qu'ils reprochaient aux autorités de ne pas s'être préparés. Ça, ils ont vu juste. C'est-à-dire qu'en fait, dans un monde stable, abondant en ressources, le monde d'avant donc, on peut prévoir. Dans un monde qui est instable, fluctuant, en pénurie chronique de ressources, on ne prévoit pas, on se prépare. Alors du coup, là, c'est l'exemple d'une ville qui ne s'était pas préparée, ou en tout cas partiellement, qui ne s'était pas complètement préparée. Donc du coup, qu'est-ce qu'on peut trouver au marge? Alors au marge, on peut trouver ce petit village qui s'appelle Saint-Martin-d'Auxigny. Alors c'est un village, comme vous voyez à gauche, qui, comme beaucoup de villages en France, a subi le remembrement. Donc l'injonction performante, on a aligné les rivières pour augmenter les surfaces agricoles, c'est de la performance. Mais sauf que quand on aligne les rivières, quand il pleut, cette rivière, c'est une autoroute. Et donc elle va envoyer l'eau très vite dans la ville. Et donc elle va inonder la ville. Donc ils se sont fait inonder une fois, deux fois, dix fois.
Et puis, au bout d'un moment, ils se sont dit, on va peut-être changer quand même. Donc, du coup, ils ont, comme vous voyez à droite, ils ont retracé une rivière. Ils ont remis des lacets, ils ont reméandré leur rivière. Et là, ce qui se passe, c'est qu'ils ont ralenti la rivière. Quand on ralentit la rivière, quand il pleut beaucoup, cette rivière inonde la parcelle et n'inonde plus la ville. Donc on a désoptimisé le paysage pour augmenter la robustesse territoriale. C'est un exemple typique où on fait le choix de la robustesse contre la performance. Et vous voyez, ce qui me plaît bien dans cet exemple, c'est que c'est au marge, c'est un petit village qui s'est pris en main, mais on en parle au journal de France 2 à 20h. Et bien ça y est, là ça commence à contaminer le cœur. On arrête avec les solutions un peu techno-simplistes. Là, c'est de la robustesse d'abord. Un autre exemple qu'on voit au marge, c'est le tout réparable. Le tout réparable, il y a 20 ans, c'était un atelier de réparation de vélos en ville. Aujourd'hui, il n'y a plus une seule entreprise qui ne se pose pas la question de la réparabilité de ses produits. Et ce n'est même pas une question de vertu ou d'écolo ou je ne sais pas quoi.
C'est tout simple. Imaginez une fluctuation. La Chine envahit Taïwan. Si la Chine envahit Taïwan, la Chine ferme ses frontières du jour au lendemain. Si vous dépendez d'un bien importé chinois, du jour au lendemain, vous mettez la clé sous la porte. Sauf si vous avez développé un atelier de réparation dans votre entreprise, parce que là, vous avez une autonomie locale. Donc le tout réparable, c'est une réponse opérationnelle à un monde fluctuant. Et donc il y en a partout. Vous voyez, pour les vêtements, pour l'électronique agricole, l'extrême défi, ça c'est les véhicules intermédiaires. Entre parenthèses, c'est des véhicules qui sont entre un vélo et une voiture, entièrement démontables, entièrement interopérables. Ça redonne du sens aux garagistes. Et je peux vous dire que ces voitures-là, si elles étaient dans les rues de Valence, dans la boule, on les démonte et on les remonte. Ça ne va pas à la casse, c'est entièrement adapté à un monde fluctuant. Je ne dis pas qu'il faut que toutes les voitures ressemblent à ça, mais c'est juste qu'on va diversifier là aussi le parc automobile. Les hypercafés, il y a vraiment énormément d'exemples.
Je passe. Mais le tout réparable, c'est certainement un des exemples les plus frappants du monde qui bascule du tout performant vers la robustesse. Très clairement. On passe de l'économie propriétaire à l'économie du partage, quelque part, avec ça aussi. C'est des objets qui durent et qu'on transmet. Oui, ça répond à une pulsion humaine profonde aussi, la robustesse. Durer et transmettre, tout le monde répond. Beaucoup mieux que la sobriété, au passage. Ça, c'est la réponse, d'ailleurs, par rapport à l'effet rebond. Si vous voulez générer de la sobriété, il faut commencer par la robustesse. Si vous faites des objets robustes, ça va générer de la sobriété. Mais au départ, ce n'est pas sobre. C'est souvent des objets qui consomment plus de ressources, sont plus gros, sont plus lourds, plus costauds et plus des gros boulons parce qu'il faut pouvoir les réparer. Donc c'est moins sobre au départ, mais c'est plus robuste. Et parce que c'est plus robuste, ça va générer de la sobriété sur le temps. Un autre exemple, c'est le monde re-carboné. J'insiste sur le re, je ne fais pas une typo là, c'est bien re-carboner l'économie. Parce qu'en fait, quand on décarbone l'économie, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais souvent on remplace le pétrole par des métaux. Donc en fait, on extrait autre chose.
Avant on extrait du charbon, après du pétrole, maintenant on extrait des métaux. Pourquoi pas? Pour des niches, ça se défend. Mais la batterie au lithium, ce n'est pas le rêve quand même. Vous savez très bien, si on ouvre une mine au lithium dans l'allier, il faudra quand même évacuer à terme 150 000 personnes. Alors si vous avez peur des manifestations pour les méga-bassines, là, la mine de lithium, ça va être à un autre niveau. Il y a aussi du cobalt qui est miné par des enfants esclaves au Congo. Vraiment, le bilan... socio-écologique de la batterie au lithium, ce n'est pas terrible. Donc du coup, qu'est-ce qu'on peut faire en version robuste? Plutôt que de passer sur le pétrole ou sur les métaux, il faut juste réaliser que notre seule ressource massive et renouvelable sur Terre, c'est la biomasse végétale. 82% de la biomasse sur Terre, c'est des plantes. Et donc c'est là qu'il y a notre infini matériel. Et donc l'infini matériel, il est basé sur du carbone. Mais c'est du carbone qu'on ne va pas brûler. Vous voyez, en fait, il ne faut pas décarboner l'économie, il faut décombustionner l'économie.
Il faut arrêter de brûler du bois, arrêter de brûler du pétrole, arrêter de brûler du charbon, des biocarburants. Tout ça, il faut réduire fortement. Mais par contre, il faut recarboner l'économie, remplacer le pétrole et les métaux par des molécules biosourcées et biodégradables. Donc là, vous avez un exemple des batteries à base de lignine, qui est en gros, vous prenez une bûche, avec une bûche, vous extrayez la cellulose, ça fait du papier, et le déchet, c'est de la lignine. Grosso modo, avec ça, vous faites des films de lignine, et ça, ça stocke l'électricité. Ce sont des batteries qu'on peut produire localement et qui sont entièrement biodégradables. Alors, ça n'a pas la même performance que des batteries lithium. Tout n'est pas au point. Mais vous voyez, c'est le chemin. On va aller vers ça. Donc, c'est le monde recarboné. Quand on parle d'économie circulaire, en fait, il faudrait être plus précis. C'est de la bioéconomie circulaire. Si c'est circulaire avec du plastique qui recycle, ce n'est pas circulaire. On est d'accord, ça met 500 ans, le plastique, en général. Donc, ce n'est pas circulaire, ce truc-là. Il faut bien recarboner l'économie. Ok, dernier exemple sur les électrocharges. ingénieurs, ça va vraiment vous parler à la communauté tech parce que dans le monde de la performance, les ingénieurs c'était un peu les rois du pétrole, littéralement.
On demandait à des ingénieurs de faire des incréments de performance via des délégations techniques distantes. Vous savez le mot ingénieur, c'est un mot de la fin du Moyen-Âge, début de la Renaissance, qui veut dire celui qui construit des engins de guerre, celui qui fait des catapultes et des fortifications, grosso modo. C'est ça un ingénieur. Donc vous voyez, toujours pareil, performance, violence, on y est. Donc là, c'est la différence. de l'ingénieur. Alors du coup, dans le monde de la robustesse, on a toujours besoin d'ingénieurs. En fait, on n'a jamais eu tant besoin d'ingénieurs. Mais par contre, c'est le sens des technologies qui change. On va demander aux ingénieurs de développer des solutions robustes. Alors c'est quoi des solutions robustes? C'est de la technodiversité. Ça veut dire qu'un ingénieur, il ne développe pas la meilleure technologie, il développe un plan A, un plan B, un plan C, un plan D, et c'est que des solutions robustes. Et en plus, on vise l'autonomie technique des citoyens. Ça veut dire que la solution, elle doit être réparable, adaptable, appropriable au niveau du territoire. Donc ça peut être avec une entreprise locale, ce n'est pas du tout citoyen individuel, avec une assoce, ce que vous voulez.
Mais c'est ça, le monde robuste de demain. Et vous voyez, en fait, ça permet tout de suite de dire que ce qui... En gros, le monde robuste est technophile. Le monde robuste est technophile. Parce que quand il y a une nouvelle technologie et qu'elle est robuste, on la garde. L'impression 3D, par exemple, si ça permet de rendre les objets réparables à vie, on garde. Mais ce n'est pas pour ça qu'on écrase les technologies plus anciennes. On pourra encore faire des maisons en terre crue, parce que c'est robuste aussi. En fait, ce qui est technophobe là-dedans, c'est le monde de la performance. Il ne faut pas se faire voir. Le monde de la performance est technophobe. Parce que dans le monde de la performance, quand il y a une nouvelle technologie, elle écrase les technologies plus anciennes. C'est technophobe. Et en plus, à chaque fois, on éloigne les citoyens de la technologie. C'est doublement technophobe. Ici, dans un... Cette pièce, personne n'est capable de réparer son smartphone, j'imagine. Ça, c'est quand même incroyable. C'est une prothèse numérique, le smartphone, maintenant. On n'est pas capable de le réparer. C'est fou. C'est technophile, vous ne faites pas voir. Les amis chez la bougie, c'est le monde de la performance, au passage.
Un petit dernier exemple sur les organisations. Qu'est-ce qu'on voit à la marge? On voit des collectifs qui s'organisent sous des formats coopératifs, participatifs. Ça, c'est typiquement de la robustesse construite contre la performance. Parce que ça prend plus de temps, c'est plus hétérogène. Ça demande de parler à des personnes qui ont différentes traditions, différentes cultures. On est exposé à plus de conflits, donc il faut savoir résoudre les conflits. C'est tout d'une approche, c'est beaucoup plus long. Mais par contre, c'est beaucoup plus robuste. Et donc là, vous avez un exemple dans le milieu industriel, les districts industriels italiens. C'est plutôt un format traditionnel, en fait. C'est des petites PME spécialisées. Mais pour augmenter leur robustesse, puisqu'elles sont très spécialisées, c'est très fragile, du coup, elles se mettent en communauté. Et donc, elles mutualisent des fonds, elles mutualisent des pratiques, elles ont même un pot commun. Et bien ça, ça permet en fait d'éviter la délocalisation. C'est-à-dire en fait, ces districts industriels, cette coopération territoriale fait que les petites PME n'ont aucune raison de partir. Donc vous voyez comment on fait pour réindustrialiser un territoire, c'est par la coopération.
Donc vous voyez très bien qu'on ne peut pas avoir un accent mis sur la compétitivité et en même temps dire qu'on va réindustrialiser le pays. Il y a contradiction dans les termes. Si on met l'accent sur la compétitivité, il faut délocaliser. Les plus compétitifs délocalisent. Donc ça, le district industriel italien, ce que j'aime bien de cet exemple-là, c'est que dans les années 80, à l'époque du néolibéralisme qui démarrait, on trouvait ça totalement ringard. Aujourd'hui, ça a de nouveau le vent en poupe, parce qu'on a vu qu'ils n'ont pas trop délocalisé dans le nord de l'Italie, à cause de leur système de coopération locale. Typiquement, ça, c'est de la robustesse territoriale construite contre la performance. Alors du coup, c'est un nouvel équilibre à trouver. Vous voyez, en fait, dans un monde qui serait un peu fantasmatiquement stable, abondant en ressources, on peut faire de la performance tout le temps. Et puis quand il y a une crise, on se pose la question de la robustesse. Alors dans un monde qui devient instable en pénurie chronique de ressources, on fait de la robustesse tout le temps. Et de temps en temps, on autorise la performance. C'est comme la fièvre.
Si vous voulez un exemple de métier, c'est le pompier. Le pompier, quand il est au feu, il fait de la performance. Il ne fait pas une approche participative pour savoir... C'est de la performance. Mais par contre, le reste du temps, il est dans la robustesse. Parce qu'en fait, il ou elle, évidemment, il va prendre son temps, il va dormir, il attend qu'on le sonne, il s'entraîne, tout ça c'est de la robustesse. Donc on va passer dans ce monde-là. Alors du coup, dernière étape du récit, dans les cinq minutes qui me restent, je voudrais vous donner quelques clés. Comment on fait pour monter en échelle, pour accompagner ce mouvement, qui est inéluctable. Là, je vous le dis très tranquillement, parce que ça arrive, on est dedans. Alors comment on fait pour pratiquer? Quelques clés, c'est évidemment pas exhaustif, et surtout c'est pas une grille de lecture, ce serait bien trop performant évidemment, c'est à construire dans vos entreprises, dans vos... dans vos familles, c'est tout à fait transversal ce truc-là. Alors, première chose, la pyramide. Donc cette pyramide là que vous voyez, ça c'est la pyramide qu'on a dans le monde de la performance, le monde stable, abondant ressources, où en fait on se dit que quand on fait un projet, il faut qu'il ait de solides bases économiques. S'il a de solides bases économiques, alors ça fera du lien social.
Et puis, s'il nous reste un peu de temps, on s'occupera de ce qu'on appelle de façon très périphérique l'environnement. Bon, alors cette pyramide, vous comprendrez qu'elle n'a aucun sens, puisque la base... C'est l'économie. L'économie, c'est une abstraction mathématique. Donc, ça veut dire que cette pyramide n'a pas de base physique. Donc, elle s'écroule, évidemment. En fait, elle ne s'écroule pas, cette pyramide, parce que j'ai masqué la ressource physique. En dessous de l'économie, il faudrait rajouter une brique avec des ressources abondantes et pas chères. Du pétrole, des ressources naturelles, des métaux, tout ça. Alors là, du coup, là, ça marche. Parce que le rôle de l'économie, c'est de gérer l'abondance des ressources. C'est la stratégie du parasite. C'est comme ça qu'un parasite fonctionne en biologie. Il gère l'abondance des ressources jusqu'à un point où on arrive à la où les ressources ne sont plus abondantes, où on a des pénuries chroniques de ressources, où les externalités sont tellement négatives que ça devient toxique, y compris pour le parasite. Donc en fait, qu'est-ce qu'on fait dans ce cas-là?
On inverse la pyramide. D'un seul coup, les projets, dans un monde fluctuant en pénurie chronique de ressources, tous les projets doivent d'abord prendre soin des milieux naturels. C'est comme ça qu'on s'ancre sur Terre. Et là, il y a une base physique. Soin aux milieux naturels, si on prend soin des milieux naturels, alors ça fait du lien social, évidemment. Et s'il y a du lien social, alors ça crée des modèles économiques. Et donc l'économie n'est plus la contrainte d'entrée, c'est le produit de sortie. Et c'est sa place. L'économie doit être le produit de sortie. Il faut mettre l'économie dans le social. Quand on fait l'inverse, on fait rentrer la société dans l'économie, c'est dogmatique. Forcément, on rentre dans un modèle économique imposé d'en haut. Donc non, il faut mettre l'économie dans le social. Et du coup, vous voyez, j'ai mis deux phrases pour vous l'illustrer. Cette bascule, la phrase à gauche, en fait, dans les années 80, à l'époque du développement durable, complètement obsolète au passage, évidemment. Dans ces années-là, on se posait la question de l'impact de nos activités sur l'environnement.
Alors c'est bien gentil, mais c'est totalement dépassé, puisque c'est une posture descendante, comme si on allait pouvoir changer les fluctuations du monde qui viennent. On ne pourra pas changer les fluctuations, il est trop tard pour changer les fluctuations, ça va fluctuer très fort. Il aurait fallu bifurquer dans les années 60, on ne l'a pas fait, donc ça va tanguer très fort. Donc du coup, il ne faut plus se poser la question de l'impact de nos activités sur l'environnement, il faut se poser la question de l'impact de l'environnement sur nos activités. Il va falloir ajuster nos activités à un niveau de fluctuation qui va augmenter chaque année. Si je vous le dis différemment, la crise Covid, ce n'est pas une crise passagère, c'est la bande-annonce du monde qui vient. Ça va tanguer très fort. Mais cela dit, c'est là où c'est quand même beaucoup plus joyeux que juste vous dire ça comme ça. C'est qu'en fait, quand on fait ça, On arrête d'être dans le monde de la performance qui est très pauvre en interaction. C'est le monde de l'autoroute à 14 voies ou moins ou plus. C'est le monde de l'autoroute, le monde de la performance. On atteint son objectif avec le moins de moyens possible. On ne rencontre personne. C'est très pauvre en interaction.
En fait, le monde de la robustesse, c'est le monde de la richesse des interactions. C'est beaucoup plus joyeux. Donc à mon avis, il n'y a pas grand chose à regretter du monde de la performance, vous aurez compris. Ok, alors une autre clé, 40 secondes, le ancrage territorial. Alors en fait, si vous voulez vraiment soutenir la robustesse de votre entreprise, de votre association, de votre territoire, il faut faire une cartographie de votre territoire et de voir en quoi vos liens sont constitués. D'où vient votre eau? D'où vient votre énergie? D'où viennent vos fournitures? Si vous faites une recherche sur Google, quel data center est activé? Vous faites votre carte, comme pour la tasse de café, mais pour votre entreprise. C'est ce qu'a fait Pocheco. Vous allez voir tout de suite que dans la carte, il y a des points de vulnérabilité, des points de faiblesse. Ceux-là, vous allez les doublonner. Idéalement, vous les doublonnez non pas avec un autre fournisseur, mais avec des services écosystémiques. C'est exactement ce qu'a fait Pocheco. Par exemple, ils ont fait pousser des plantes pour dépolluer les effluents de leur machine. J'accélère un peu. Un autre outil, on va passer de l'indicateur de performance au stress test. L'indicateur de performance est un outil statique qui est adapté à un monde stable.
Dans un monde instable, il faut des outils dynamiques, donc des stress tests. Ça veut dire que c'est des jeux, c'est des scénarios, c'est le jeu Tumult pour la métropole de Lyon par exemple. En gros, c'est un jeu où on va faire fluctuer les paramètres. L'année prochaine, par exemple, le pétrole est 30% plus cher. Qu'est-ce que ça change à mon modèle économique? L'année prochaine, il y a un nouveau virus, le COVID, c'est un virus informatique qui éteint Internet pendant six mois. Qu'est-ce que ça change à mes activités? Ça va arriver. Quand on fait ça, on augmente les marges de manœuvre, si on le fait sérieusement. On augmente les marges de manœuvre de son organisation. Et quand il y a une crise qui arrive, c'est quelque chose qu'on n'a pas prévu. C'est encore autre chose. Mais du coup, on sera plus robuste, justement parce qu'on a augmenté les marges de manœuvre. La rentabilité, il faut que j'accélère un peu. La rentabilité, c'est pendant très longtemps, quand dans le monde stable, abondant ressources, on pensait que la rentabilité d'une entreprise était d'abord corrélée à sa performance. Ça, c'est complètement faux dans un monde instable et en pénurie chronique de ressources. La rentabilité d'une entreprise, elle est d'abord corrélée à sa robustesse, puisque ce sont...
Les entreprises robustes qui vont survivre aux fluctuations. Les très performantes sont surtout très fragiles. Par définition, efficacité, efficience, on sait canaliser. Le dernier point, c'est la posture des décideurs. Dans un monde stable et abondant en ressources, un décideur, c'est quelqu'un qui dit je veux et je sais comment faire. C'est un meneur. Ça marche très bien dans un monde stable et abondant en ressources parce que finalement, si le décideur se plante, ce n'est pas très grave parce qu'il y a plein de ressources ailleurs. Donc, on peut bifurquer. Dans un monde instable et en pénurie chronique de ressources, ça ne marche plus du tout. Du coup, qu'est-ce que ça devient? Ça devient le décideur. Il devient un facilitateur qui dit j'ai envie. Et je ne sais pas comment faire. C'est quelqu'un qui crée du désir en disant j'ai envie, qui crée du nous. Et il ne dit pas je sais comment faire, donc il ne donne pas la solution, il donne le manque de solution. Et quand on met le manque de solution sur la table, ça fédère un collectif, ça mobilise. Et ça, c'est robuste, c'est robuste même à l'absence de décideur, parce que le collectif va continuer à se déployer, à se propager, même si le décideur n'est plus là.
C'est robuste. Voilà, je vais m'arrêter là. Si vous voulez creuser, il y a des bouquins, mais j'ai dépassé, donc je vais m'arrêter là. Merci. Merci, merci beaucoup. C'était passionnant. Vraiment, je crois qu'il n'y a plus qu'à, je dirais. Il n'y a plus qu'à faire ce qu'Olivier vient de dire. Olivier, on a une forme d'héritage vis-à-vis des interventions d'Elsa. Il faut juste qu'on te prévienne d'un truc. Tu ne peux répondre aux questions uniquement du quatrième rang devant et le quatrième rang derrière. Et ça tombe bien parce que je pense qu'avec la passion que tu as mis dans le talk, ça pourrait durer très longtemps. Blague à part, qui a une première question pour lancer? Là-bas, j'ai l'impression. En tant que biologiste, comment vous expliquez que la culture humaine, elle ait sélectionné cette culture de la performance si c'est si inefficace? Alors les êtres vivants, il y a des cas où les êtres vivants font de la performance beaucoup.
C'est typiquement ce que je disais sur les parasites. Ce qui se passe sur des... En fait, c'est très simple, c'est des écosystèmes en général où les êtres vivants sont dans des environnements riches en ressources. Quand on met des êtres vivants dans des environnements riches en ressources, ils font de la compétition, ils font de la performance. Ça, c'est le cas général. En fait, ce qui fait que je vous parle du vivant comme ça, c'est que la plupart des écosystèmes sont instables, fluctuants et en pénurie chronique de ressources. Et donc, ce qui domine sur Terre, c'est la coopération et c'est la robustesse pour les êtres vivants. Alors, les êtres humains, comment ça se fait qu'on ait choisi la voie du vivant qui est celle de la compétition et de la performance? C'est une hypothèse, mais quand on a inventé l'agriculture il y a 10 000 ans, en fait, on a sécurisé la prise alimentaire. Et donc, on s'est mis dans des environnements riches en ressources. C'est peut-être la première graine qui nous a mis sur la voie de la performance. Quand on est dans des environnements riches en ressources, on va faire de la compétition, de la performance, ça va créer des nouveaux besoins, des effets rebonds, et en fait on peut presque lire l'histoire humaine dans ce sens-là. Alors juste quand même pour dire que ce n'est pas que ça, on a aussi pris beaucoup de crises.
La dernière grande crise, c'est la Seconde Guerre mondiale, pour le dire frontalement. Quand vous regardez ce qui s'est passé entre 1945 et 1948, beaucoup de robustesse. la sécurité sociale, les droits de l'homme, la charte de la Havane, la création de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Tout ça, c'est entre 45 et 48. Donc en fait, nous, les humains, on a un peu ces deux facettes, comme tous les êtres vivants. Quand on est dans des environnements très riches, on fait de la performance, et c'est plutôt la tendance depuis le néolithique, depuis l'holocène, qui est maintenant dans l'anthropocène. Mais maintenant, on est dans ce moment, on est en train de quitter le néolithique. Si je le dis en une phrase, notre excès de contrôle nous a fait perdre le contrôle. Et donc maintenant, il va falloir apprendre à vivre dans un monde où on a perdu le contrôle. Mais c'est beaucoup plus joyeux. On va réenchanter le risque. Pour rebondir sur ce que disait Avaya, on va réenchanter le risque. On va construire sur le risque. On ne va pas l'éviter. Merci. Une autre question? Il y en a deux maintenant. Merci pour ce taux très intéressant.
Je me demandais, vous évitez soigneusement le sujet aussi du modèle économique capitaliste, communiste, qu'il peut y avoir derrière ça, mais j'ai en tête notamment l'Allemagne de l'Est, où par exemple on produisait des ampoules beaucoup plus fiables, beaucoup plus robustes justement, ou des machines à laver, ce genre de choses. Donc est-ce qu'il n'y a pas quand même à inclure aussi le modèle économique dans cette discussion? Oui, alors en fait, on va vivre une colonisation à l'envers. On va beaucoup s'inspirer des pays du Sud, notamment, alors peut-être de l'Est aussi, parce qu'ils ont développé des solutions robustes, parce qu'ils sont aux marges. Ils vivent des fluctuations très fortes. Le tout réparable, par exemple, c'est plutôt quelque chose qu'on va apprendre certainement des pays du Sud, notamment. Les réparations des canalisations en terre crue, ils savent faire dans le sud du désert algérien. Je pense que dans cette pièce, personne n'est capable de faire une réparation d'une canalisation en terre crue. Et vos parents non plus. Alors qu'en Algérie, il y a un lien différent. direct, il y a une tradition orale vers des personnes qui savent faire ça. On va plutôt faire une colonisation à l'envers, on va plutôt apprendre de ces trucs-là. Et donc, en effet, sur le modèle économique, j'ai soigneusement évité le mot capitalisme, j'ai juste dit qu'on allait s'éloigner, je l'ai dit un peu entre parenthèses, du modèle propriétaire.
Bon, capitalisme, c'est le capita, c'est la tête de bétail. Donc en fait, c'est quand on est propriétaire de son bétail qu'on est dans le capitalisme. Là, en fait, on va s'éloigner du modèle propriétaire. Ça veut dire que, d'ailleurs, on le voit de plus en plus, la Gen Z notamment s'éloigne du projet propriétaire avec les voitures partagées, les secondes mains, etc. Mais ça, c'est très fertile. Ça y est, là, on est en train d'aller vers la robustesse. Alors, tout n'est pas parfait, parce que la seconde main à Vinted, par exemple, ça, ça va plutôt stimuler l'industrie de la fast fashion indirectement, donc ça ne marche pas. Mais par contre, la seconde main locale avec des outils de réparation où on est capable de recoudre ses vêtements, etc. C'est beaucoup plus joyeux, c'est plus intéressant. Ça, c'est un modèle post-capitaliste, je vais le dire comme ça. Il y avait une question juste là, oui. Merci pour ce talk, c'était vraiment génial. J'ai une question. Est-ce que si, en gros, je choisis la robustesse, mais à côté de moi, il y a un parasite, d'abord, je me fais niquer et ensuite, il va se passer quelque chose.
Est-ce qu'il n'y a pas un petit catch là derrière? Absolument. Vous avez tout à fait raison. Il faut faire ça avec beaucoup de doigté. Alors, vous voyez, évidemment, si vous allez à 100% dans la robustesse, dans un monde qui est drogué à la performance, vous allez vous faire manger tout cru. Donc, on est tout à fait d'accord. Donc, en fait, la tactique, si vous voulez, c'est de mettre un pied dans la robustesse. Par exemple, si vous êtes une entreprise, consacrez 1% de votre chiffre d'affaires à faire un atelier de réparation. Ça ne va pas vous coûter grand-chose, ça va même vous produire des services, ça va peut-être même être rentable. Mais le jour où il y a besoin de tout réparer parce qu'il y a une crise majeure économique, digitale ou je ne sais pas quoi, ce qui faisait 1% de votre chiffre d'affaires, ça va devenir 99% de votre chiffre d'affaires. Donc ça veut dire qu'en fait, quand je dis qu'il faut mettre un pied dans la robustesse, ce n'est pas un petit projet pilote comme ça. C'est un petit projet qui est capable de monter en échelle et de devenir l'activité dominante de l'entreprise, si le contexte le demande. Et donc, c'est là où il faut du doigté, évidemment. Et vous voyez aussi, ce que ça me permet de dire aussi, que la robustesse n'est pas radicale.
C'est que là, je présente de façon très binaire, robustesse versus performance. Mais vous voyez, c'est comme la fièvre. En fait, les êtres vivants sont robustes. parce qu'ils autorisent la performance. C'est qu'en fait, si on interdit la performance, si on interdit la fièvre, on meurt. Donc c'est ça qui me plaît bien avec la Robusset, c'est qu'elle a son propre frein à l'intérieur. Elle ne peut pas être radicale, elle ne peut pas être dans une dérive sectaire, parce que de toute façon, il faut toujours qu'il y ait un peu de performance. Et donc ça veut dire, voilà, cet équilibre, en fait, dans nos structures, dans nos organisations, ce sera le sujet, trouver le seuil. Et c'est un seuil dynamique. Donc ça dépend. Alors il y a des moments où c'est très fertile pour augmenter la robustesse. C'est les moments des crises. Il ne faut pas gâcher les crises. Les crises, c'est les moments où il y a du jeu dans les rouages. C'est les moments où on peut avancer dans la robustesse. L'exemple typique, c'est pendant la crise Covid, on a multiplié les pistes cyclables pour la distanciation physique. Après, on a sanctuarisé ça. Ça, on a beaucoup avancé dans la robustesse des mobilités, très clairement.
Mais il y en a plein d'autres exemples. Si je vous le dis différemment, c'est la différence qu'il y a entre être dans le pétrin et être en crise. Quand on est dans le pétrin, ça veut dire que vous êtes le hamster dans sa roue, et que ça tourne, ça tourne, ça tourne, et en fait vous ne savez pas comment en sortir. Ça c'est toxique, ça c'est la performance. La seule façon de s'en sortir, c'est d'accélérer et de faire un burn-out, de faire un arrêt cardiaque. Donc ça c'est dans le pétrin. Quand on est en crise, en fait on déraille, on sort de la roue. Alors ça peut faire peur, évidemment, la crise peut faire peur, mais enfin, on est sortis du pétrin. Donc si on s'est préparé avant, si on a plusieurs solutions, si on a des cartons dans son grenier avec des projets qui n'étaient pas pertinents avant, mais qui d'un seul coup deviennent pertinents parce que le monde a changé, c'est très joyeux. On va pouvoir réactiver des anciens projets, on va pouvoir développer des nouveaux trucs, etc. On va bricoler, c'est nettement plus joyeux. Là, enfin, on fait ce que doit faire la technique. C'est ça, la technologie. Merci. Une toute dernière question. Désolée, il y a plusieurs questions.
Oui. Alors, ma question, c'est finalement... Merci beaucoup pour le talk. C'est super motivant comme fin de summit. Ma question, c'est... Il ne reste qu'un seconde, dépêche-toi. Oui, je sais. Finalement, dans Robustesse, il y a le côté un peu bounce back aussi, pérennité, construire autrement. Pourquoi pas réserver? Résilience du coup. Je ne l'ai pas dit tout à l'heure, mais il faut que je le dise. Donc la résilience, en fait, sa définition de la résilience, en effet, c'est rebondir, résilier en latin. Donc c'est pour les matériaux. Et puis après, c'était pour la psychologie. Boris Cyrulnik, on tombe et on se relève après un traumatisme. Alors c'est une trajectoire, la résilience. Donc dans un contexte médical, très bien. Quand on tombe et qu'on se relève, super. Mais les résilients, c'est ceux qui se sont relevés. On ne parle pas trop de ceux qui sont tombés et qui ne se sont pas relevés. Alors dans un monde néolibéral, la résilience a été récupérée comme une sélection darwinienne mal comprise.
C'est devenu une incitation à tomber pour se relever. Et donc du coup, on sélectionne, on contre-sélectionne ceux qui n'ont pas été capables de se relever. L'exemple typique, c'est la politique nationale de la résilience au Japon après Fukushima. Pour ne pas avoir peur des radiations, il faut s'exposer. Vous voyez l'arnaque de la résilience. En fait, la résilience est devenue ça. C'est ça le problème. La résilience a une troisième définition qui est la résilience socio-écologique, qui est la capacité à persister, à s'adapter et à se transformer dans un monde fluctuant. Ça, c'est beaucoup plus proche de la robustesse. Mais le problème, c'est que c'est un abus de langage. Il n'y a pas la transformation dans la résilience psychologique ou mécanique. Donc, en fait, c'est pour ça que je préfère parler de robustesse. Parce que la résilience, c'est une trajectoire, on tombe et on se relève. La robustesse, c'est des bornes. On élargit les bornes pour autoriser n'importe quelle trajectoire, y compris... la trajectoire résiliente. Ou si je vous le dis différemment, la robustesse, c'est se placer dans les conditions dans lesquelles on ne tombe pas, ou si on tombe, ce n'est pas fatal.
Donc en fait, pour être résilient, il faut d'abord être robuste. Donc vous voyez que la robustesse, c'est un principe Pragmatique, dans un monde fluctuant, il faut être robuste, mais c'est aussi une méthode. Il faut commencer par la robustesse. C'est le premier critère de tri pour les solutions. Merci beaucoup. Merci beaucoup. Je crois qu'on va accueillir Noémie sur scène pour nous rejoindre pour le mot de conclusion. Merci beaucoup. Eh bien, rebonjour à tous. Alors, on arrive sur la fin de l'événement. Et moi, j'avais une petite question pour nos coprésidents du comité de contenu officiel 2024. Quel serait votre mot de la fin? Philippe, si tu veux commencer.
Alors, mot de la fin. En fait, je serais curieux de savoir qui était là il y a deux ans. Ah ouais? C'était quoi le thème il y a deux ans? Merci, le scale. Qui était là l'an dernier? Ouais, c'est bien. C'était quoi le thème? Super. Marie, tu triches. Le scale, l'efficience, la résilience. Moi, le mot de conclusion que j'ai envie d'apporter, c'est que le Tech.Rocks Summit, pour moi, c'est vraiment une caisse de résonance. C'est une caisse de résonance dans laquelle on essaye de donner du sens finalement à l'écosystème dans lequel on évolue. Ce que je trouve en tout cas intéressant dans la démarche qu'on a engagée avec notre comité de contenu, c'est cette capacité à donner du sens. Alors après, c'est peut-être une vision très personnelle, mais moi, j'ai besoin que les choses résonnent en moi avant qu'elles résonnent en moi. dans ma tête, j'ai besoin de cette sensation de vibration, j'ai besoin de sentir les choses. Et pourquoi je dis ça vis-à-vis de la conclusion sur la thématique de la résilience?
C'est que, en fait, quand on a travaillé sur le thème de la résilience et qu'au système en mouvement, il y avait deux grands messages qui nous tenaient vraiment super à cœur de partager avec vous. Le premier, c'était, même si je pense qu'on en est à peu près tous conscients, c'est que notre monde et nos écosystèmes évoluent à des vitesses qui sont de plus en plus importantes et de plus en plus soutenues. Et qu'on se rend compte de plus en plus fréquemment que les méthodes et les façons de travailler qu'on avait il n'y a presque quelques années, en fait, ne s'appliquent plus du tout aujourd'hui. Et on a besoin en tant que tech leader de finalement se réinventer et de pouvoir finalement s'adapter à cet écosystème mouvant. Et assez rapidement, on s'est rendu compte que cette thématique de la résilience ou de la robustesse pour être résilient, j'ai adoré le talk, finalement était certainement une des capacités ou une des compétences ou une des capabilities à développer pour nous tech leaders.
Et voilà, c'est ça le sens un petit peu pour pouvoir reboucler avec ce qu'on a pu présenter hier matin pour lancer ces deux jours. Alors moi, je vous avoue, je ne suis pas très inspirée, mais en revanche, j'ai adoré le spectacle d'impro. Et donc, je vous propose de me donner un mot et je vais essayer de conclure là-dessus. Qui a un mot? N'hésitez pas à lever la main ou à proposer un mot. Non, mais proposer, n'importe quoi. À la volée. Comment? Fleur? Merci. Moi, j'ai beaucoup aimé ces deux jours et je suis super contente d'avoir partagé avec vous ces moments. Voilà, c'est des sujets profonds, je trouve, et j'espère que, tout comme moi, ça va vous inspirer pour la suite. Et notamment, le dernier talk m'a beaucoup inspirée, ça me donne envie de planter des fleurs dans mon jardin.
Et donc, je ne veux pas parler de résilience, mais du coup, pour reboucler un peu avec ce que j'avais dit hier matin, je pense qu'on a vu à travers tous ces talks et toutes ces keynotes, Et je remercie vraiment les speakers, ils étaient incroyables. Combien les individus, les systèmes, nos organisations et nos systèmes technologiques et le monde du vivant, je pense qu'avec la conclusion qu'on vient de voir, c'est très clair, interagissent les uns avec les autres. Ce que j'espère, c'est que... pour rester sur une note positive, c'est que peut-être que quand l'un tombe, l'autre s'effondre, mais ce que j'aimerais, c'est surtout qu'ils se nourrissent les uns des autres pour construire un nouveau monde. Et je vous propose d'être des petits étourneaux. Parce que si tous ensemble, on se met tout autour de la société française et qu'on les emmène dans une autre direction, peut-être qu'on va y arriver. Tout seul, peut-être qu'on ne peut pas y arriver, mais peut-être que tous ensemble, on peut y arriver.
Ensuite, on va bientôt... En fait, il n'y a pas vraiment de pause chez Tech.Rocks. Donc, on ne sait pas encore quel thème on va aborder l'année prochaine. Et c'est un appel du fond du cœur. Rejoignez-nous au comité de contenu. C'est des moments... C'est une vraie aventure humaine, toute l'année, de partager nos points de vue, de choisir déjà le thème. De partager nos points de vue, de discuter quels seraient les speakers les plus en lien avec le thème. Et donc, il n'y a pas besoin de compétences particulières. On fait en fonction de vos disponibilités aussi. On sait qu'on a tous une autre vie à côté. Donc, il y a des moments où il y en a qui ne sont pas dispo, ce n'est pas grave. On s'adapte, on est robuste. Et voilà. Merci. Merci beaucoup. Alors moi, j'ai des dernières informations à vous donner. Je vais faire assez rapide parce que je pense qu'on est un petit peu fatigué. Voilà, on sait que c'est la fin de l'événement. On a un cocktail avec Google Cloud et une experte de la Gen AI juste après dans le hall.
Donc on compte sur vous toutes et tous. On sait qu'on fait un cocktail tôt, on a commencé tôt, donc cocktail tôt. Voilà, avec un jeu concours. Où on vous fait gagner deux places pour une expérience hyper immersive dans un événement qu'organise Google Cloud autour de la Gen AI et de leurs recherches. Donc ça va être de la folie, c'est en février. Donc vous avez le temps de vous organiser, on sait que vos agendas sont bookés. Mais là, vous aurez... le temps de vous organiser, pas d'excuses. Et puis on offre aussi deux places pour le Tech.Rocks Summit 2025, parce qu'on a vraiment très hâte de vous revoir l'année prochaine. Donc on en profite pour vous remercier d'être encore présents ce soir. J'ai aussi un mot évidemment de remerciement, alors j'en ai parlé un peu ce matin, mais je pense que c'est quand même important de le refaire ce soir. Un grand remerciement à une personne que vous n'avez pas forcément vue, mais que les speakers ont vue, c'est Antonin Gonan, qui a accompagné les speakers d'une façon incroyable, avec beaucoup d'humanité. Il a pris beaucoup de temps et j'aimerais vraiment le remercier. Il n'est pas loin, il est là, il est partout. Un grand merci Antonin.
Si vous voulez être coaché, il peut coacher tous vos speakers. Si vous avez une conférence, n'hésitez pas, Antonin est là, profitez-en. Un grand merci aussi aux équipes, j'en ai parlé ce matin, mais j'aimerais vraiment le redire, à la régie, à la réalisation qui sont derrière vous. Ils sont attelés, ça fait des mois qu'ils préparent cet événement, on ne les voit pas, mais ils font un travail exceptionnel. Merci beaucoup à Hélène, Denis, Antoine, leur équipe, Élise, Cédric. On a également, vous l'avez aperçu tout à l'heure, alors nous on la connaît bien, c'est Vanessa qui nous accompagne maintenant depuis 4 ans. Elle revient chaque année parce que vous lui manquez trop. Elle fait partie de l'équipe Tech.Rocks et elle revient chaque année bénévolement nous donner un coup de main. Donc un grand merci à Vanessa qui est en coulisses, la femme de l'ombre. Je ne sais pas si Vanessa tu es là et tu veux nous rejoindre. C'est de l'impro, je ne l'ai pas prévenu. Oui, ou l'équipe. Voilà, on a une équipe aussi, je vous en ai parlé ce matin, mais on a une équipe hyper investie sur le sujet. On a des speakers qui étaient exceptionnels, qui ont fait toutes les répétitions avec nous. On leur a fait des répétitions du comité de contenu, des répétitions avec Antonin. Enfin voilà, donc c'était un gros programme et tout le monde a joué le jeu, c'était très chouette.
Merci évidemment à nos partenaires. Et un grand merci encore à vous toutes et tous d'être restés avec nous ces deux jours. Il reste deux choses. Vas-y. Vous allez recevoir un Google Form. Oui. Vos retours sont très précieux pour qu'on puisse s'améliorer l'année prochaine. Et c'est aussi l'occasion peut-être de suggérer des thèmes pour l'année prochaine, d'ailleurs. Et demain, Philippe et moi, on va aux API Days faire un wrap-up de Tech.Rocks. Donc on va résumer à 11h30 demain. Je ne sais plus sur quel track, mais bon. Et voilà, on va faire un résumé de ce qui s'est passé pendant deux jours. Sur EPI Architecture, salle Obépine, si jamais vous êtes arrivé au dernier créneau. Voilà, c'était les deux derniers mots de la fin, je crois. Magnifique. Merci beaucoup. Merci Noémie. Merci beaucoup. On va faire une photo. Lucas, Vanessa, des gens que je ne sais pas. Aurélie, Charles, merci à toutes et tous. Vas-y, vas-y, vas-y. Si la régie...
Alors, on va faire une photo. En fait, chaque année, on se loupe un peu sur la photo. On la fait un peu à l'arrache. Donc là, on a décidé de faire une photo. Donc, vous êtes encore là, mais on va se faire une petite photo. On se fait un petit plaisir pour toutes les personnes qui se sont engagées sur le projet. Et ça vous permet aussi... de voir les gens qui sont en coulisses. Donc on a l'équipe régie qui va nous accompagner. Et on vous retrouve toutes et tous dans 5 minutes au cocktail Jen et I avec Google Cloud, juste dans le hall. Merci beaucoup. Merci. C'est chaud. Bien sûr. Viens, c'est le truc. Viens, c'est le truc. Viens, c'est le truc. Tu regardes, ils arrivent, ils arrivent. Allez, allez, allez.
