Tech.Rocks Summit 2024

Devenir plus résilient•e en construisant des produits responsables

Tech.Rocks Summit 2024 · 2 décembre 2024 · 33 min · en français

Résumé

Face aux crises actuelles et à venir, comment nos produits peuvent-ils rendre nos entreprises plus résilientes ? Des produits plus responsables sur les plans environnemental, sociétal et économique font partie de la solution. Loin de freiner la rentabilité, et donc la pérennité des entreprises, le produit responsable est une réelle opportunité. Dans un monde en changement constant, développer des produits responsables devient un avantage concurrentiel et ouvre de nouveaux marchés. En exigeant plus de frugalité, ces produits réduisent aussi les coûts et la complexité. Et face à la quête de sens des équipes, ils sont un levier managérial. Dans ce talk pragmatique, loin de toute utopie, Hélène Gloux montre que la résilience des entreprises tech passe par plus de responsabilité, et que les équipes tech et produit, celles qui construisent les produits, ont un vrai rôle à jouer.

L’essentiel

Hélène Gloux, product manager, défend l’idée que construire des produits plus responsables rend les entreprises tech plus résilientes, et démonte trois idées reçues : coût, frein à l’innovation, sujet d’une minorité.

Pour construire, entre tech et produit, l’argumentaire d’une démarche responsable face à une direction centrée sur la rentabilité.

Les idées clés

  1. La responsabilité n’est pas un obstacle à la rentabilité. Selon Hélène Gloux, c’est un avantage concurrentiel, car les clients attendent transparence, durabilité et inclusivité ; l’accessibilité ouvre le produit à 8 millions de Français ; et la tech existante peut servir d’autres marchés. En 2020, Brigade, qui avait perdu 80 % de son chiffre d’affaires avec la fermeture des restaurants, s’est ouverte au secteur de la santé sans refondre son produit. à 8:20
  2. Frugal ne veut pas dire sans innovation. Être frugal, c’est optimiser chaque élément du produit pour maximiser son impact avec moins de ressources, dans l’esprit du MVP ; cela réduit les coûts d’infrastructure et la dette. Elle cite une étude de 2006 selon laquelle 45 % des fonctionnalités développées ne sont jamais utilisées, et propose d’auditer l’usage des fonctionnalités pour supprimer les moins utilisées. à 14:01
  3. Un levier pour attirer et garder les talents. Elle cite des études (92 % des actifs en quête de sens, 40 % prêts à quitter leur emploi pour un poste qui en a plus), tout en reconnaissant qu’elles ne sont pas forcément représentatives. L’ancien CPTO d’OpenClassrooms lui a dit avoir attiré des personnes qu’une grille de rémunération seule n’aurait pas convaincues ; chez Brigade, pendant la crise de 2020, l’immense majorité de l’équipe est restée. à 18:03

Questions pour votre équipe

Il s’agit du point de vue d’une product manager, fondé surtout sur son expérience chez un ancien employeur (Brigade) ; elle précise ne pas être experte technique. Les chiffres cités (étude de 2006, 15 à 20 % d’économies d’infrastructure « selon certains », études sur la quête de sens) ne sont pas sourcés, et la question de l’effet rebond reste ouverte.

Chapitres

  1. Présentation
  2. La tempête : crises et quête de sens
  3. L’expérience Brigade et la définition du produit responsable
  4. Idée reçue 1 : ça coûte et ne rapporte rien
  5. Idée reçue 2 : un frein à l’innovation
  6. Idée reçue 3 : un sujet de minorité
  7. Le rôle des leaders tech et produit
  8. Questions de la salle

Summary

In the face of current and future crises, how can our products make our companies more resilient? Products that are more responsible environmentally, socially and economically are part of the answer. Far from hindering profitability, and therefore companies' long-term survival, responsible products are a real opportunity. In a constantly changing world, building responsible products becomes a competitive advantage and opens up new markets. By demanding more frugality, they also reduce costs and complexity. And as teams search for meaning, they act as a management lever. In this pragmatic, far-from-utopian talk, Hélène Gloux shows that the resilience of tech companies depends on greater responsibility, and that tech and product teams, the people who build the products, have a real role to play.

Thèmes : Impact & numérique responsable

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Il y a un auteur contemporain de théâtre que j'adore, peut-être que vous aussi, j'espère qu'on partagera cette passion. Il s'appelle Alexis Michalik. Ça vous parle Alexis Michalik? Ah très bien, on dit le cercle des illusionnistes, le porteur d'histoire, Edmond également. Il y a une phrase du cercle des illusionnistes que j'aime particulièrement qui est« Tout est possible, tout est envisageable, mais il faut d'abord croire que ça peut exister». Et aujourd'hui, nous sommes invités à croire qu'un avenir résilient pour nos organisations peut se bâtir avec un produit plus responsable, un produit qui fait sens, un produit qui sent bon, un produit qui ouvre aussi la voie du changement. Et c'est Hélène Gloux, Product Manager Freelance, qui va nous guider à travers un parcours pragmatique, loin des illusions, pour nous montrer comment les produits responsables, sur un plan aussi bien environnemental, sociétal qu'économique, ne sont pas une contrainte, mais bel et bien une sacrée opportunité stratégique. Oh là, j'ai craché, excusez-moi.

Stratégique, ce n'est pas facile, donc c'est pour ça qu'il ne faut pas rester au premier rang, surtout rester bien loin. Ça peut vous arriver demain d'être confronté à ça. Alors accueillons sans plus attendre Hélène Gloux sous vos applaudissements nourris et notre jingle, évidemment. Ma chère Hélène. La petite zapette, alors comme ça c'est possible, un produit responsable, et c'est même une opportunité. Il paraît. Bon, je vais écouter ça en coulisses, j'ai hâte. Merci. Bonjour à toutes, bonjour à tous. J'ai la lourde charge de clôturer cette première journée, j'espère que vous n'êtes pas trop fatigués. Et surtout, je m'excuse par avance. Je m'excuse parce que pendant les premières minutes de ce talk, je risque de vous casser un tout petit peu le moral. Ne partez pas tout de suite, merci. L'objectif, c'est quand même d'être très optimiste et de vous montrer effectivement comment, en construisant des produits plus responsables, vous pouvez être plus résilient. Je m'appelle Hélène Gloux, comme l'a dit Elsa.

Je travaille dans la tech depuis un peu plus de 12 ans. Et je suis ce que j'aime appeler une product manager consciente. J'aurais pu aussi vous dire que je suis une product manager responsable, product manager à impact, c'est aussi vrai. Mais finalement, quand j'y réfléchis, je trouve que le mot consciente me correspond bien. Parce que je suis d'abord consciente de l'impact que la technologie a sur l'environnement et sur la société. Je suis aussi consciente de la responsabilité qui est la mienne, la vôtre, la nôtre, sur ce sujet. Et puis, je suis aussi consciente qu'on vit dans un monde qui est rempli de challenges et que notre petit univers de la tech n'en est pas exempt. Mais surtout, je suis consciente de ça. La tempête est là et on la regarde passer. Quand je parle de tempête, Je parle évidemment, et c'est le moment un peu déprime, pardon, je parle évidemment de la crise universelle qu'on est en train de connaître. Une crise géopolitique, environnementale, sociétale, parfois même sanitaire. Je parle aussi, évidemment, à notre échelle, de la crise qui secoue l'univers de la tech, avec des financements qui ont drastiquement réduit, des lay-offs qui, malheureusement, ont suivi dans grand nombre d'entreprises.

Et c'est mon premier blanc. J'ai un petit jeu sur mes conférences, c'est que les gens comptent le nombre de blancs, ils viennent me le dire à la sortie. Donc là, c'est le premier. Donc voilà, les lay-offs qui ont suivi, une difficulté de plus en plus croissante à attirer et garder des bons talents. Le tout alors que le marché et les investisseurs nous mettent une pression conséquente. Et qu'en même temps, les avancées technologiques, vous en avez parlé toute la journée, elles continuent de s'emballer. Et puis il y a une dernière tempête, c'est celle qui se passe là pour pas mal de gens, pour pas mal d'entre nous. Avec tout ce qui se passe autour de nous, on peut être en quête de sens, on peut avoir des dissonances cognitives, et dans le pire des cas, on peut avoir une éco-anxiété. Voilà pour le moment d'arme. Mais est-ce que j'ai vraiment raison de dire qu'on regarde la tempête passer? Je ne suis pas certaine. Parce que plus je parle de ce sujet, plus je prends la parole, plus j'écris, plus je me rends compte qu'il y a une vraie envie de faire bouger les lignes. Une envie de faire mieux, plus responsable, plus durable, plus résilient. Le problème, c'est que cette envie, elle se confronte à un paquet de freins, à commencer par une résistance au changement colossale.

Alors on fait quoi ? La question que je vous pose, c'est on fait quoi pour résister face à la crise? On fait quoi pour rester debout face à cette tempête? Pour que nos boîtes survivent, finalement. Ma réponse, une des réponses possibles, c'est de construire des produits plus responsables pour résister aux crises, à celles d'aujourd'hui et à celles de demain. Si je suis convaincue de ça, c'est parce que j'ai été au premier rang pour constater à quel point avoir un produit plus responsable permettait de résister face aux crises. Je vous l'ai dit, ça fait une douzaine d'années que je travaille dans la tech et j'ai eu la chance de travailler pendant plus de 4 ans au sein de Brigade. Brigade, c'est une entreprise qui a pour... mission de valoriser le travail et de le rendre accessible à tous. Globalement, ce qu'elle fait, c'est permettre à des talents qui ont des savoir-faire et des savoir-être incroyables de reprendre le contrôle sur leur vie professionnelle. Je ne vais pas rentrer dans le détail de l'histoire de Brigade, pour le moment en tout cas, mais pendant que j'étais dans cette entreprise, j'y suis rentrée fin 2019, Il y a eu un truc un peu important qui s'est produit, le Covid, vous vous en souvenez tous, et ça m'a permis de me rendre compte à quel point, d'une part, le produit que je trouvais déjà très impactant avait une vraie incidence positive sur ses utilisateurs,

mais aussi à quel point avoir une mission sociétale forte avait permis à cette entreprise de survivre à ce qui a été probablement la crise économique et sanitaire la plus forte qu'on ait connue. Alors ça m'a donné envie de creuser le sujet et de regarder concrètement comment des décisions très opérationnelles qu'on peut prendre sur le produit peuvent nous rendre plus résilients. Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voulais rappeler ce que c'est un produit responsable. Quand on parle de produit responsable, on a souvent tendance à penser uniquement à l'aspect environnemental. Ce n'est pas un tort, parce que je pense que d'autres ont dû en parler aujourd'hui. Effectivement, on a un impact assez considérable sur l'environnement. Mais un produit responsable, c'est aussi un produit qui doit être équilibré économiquement. Comprenez par là qu'il ne crée ni avantage démesuré pour ses parties prenantes, ni dépendance économique. Et puis c'est aussi un produit qui doit limiter son impact négatif sur les individus et sur la société. Je trouve que cette citation, c'est celle qui explique le mieux l'état d'esprit du produit responsable, de la tech responsable.

Mike Montero, c'est un designer américain extrêmement engagé sur ces sujets-là. Je vous invite tous à lire ses bouquins si vous avez un peu de temps. Et il dit ceci. Notre travail devrait être évalué par notre capacité à résoudre des problèmes sans en créer de nouveaux. Finalement, c'est ça créer un produit responsable. C'est répondre avec un maximum de valeur à une problématique réelle, sans générer d'addiction, sans utiliser de manière démesurée des ressources finies, sans prendre le risque de divulguer des informations sensibles, finalement sans créer de nouveaux problèmes économiques, sociétaux et environnementaux. Finalement, c'est un peu la base, non ? Je pense que vous avez tous, en tout cas j'espère que vous avez tous envie de travailler plutôt sur ce genre de produit. Le problème, c'est qu'on se confronte à plein d'idées reçues. Et ce que je vous propose pendant les minutes qui nous restent, c'est de débunker trois idées reçues principales sur le sujet du produit et de la tech responsable. La première idée reçue, et là la dent très très dure, c'est que faire de la tech responsable, ça coûte cher, ça prend du temps, et ça rapporte surtout rien.

Vous vous doutez que je ne suis pas d'accord avec ça. Et si je vous disais que la responsabilité, ce n'est pas un obstacle à la rentabilité, bien au contraire. Vous savez, la rentabilité, ce mot qu'on a tous à la bouche depuis que les investisseurs ont décidé de sonner la fin de la récré. Moi, je suis convaincue que dans le produit responsable, il y a une part de solution à ce problème. Je suis sûre qu'il y a des sceptiques dans la salle. La raison pour laquelle je pense ça, c'est que premièrement, en 2024, avoir un produit plus responsable, c'est un avantage concurrentiel. Les consommateurs, vos clients, qu'ils soient particuliers ou entreprises, sont tous à la recherche de plus de transparence, plus de durabilité et plus d'inclusivité. Que ce soit par conviction d'eux-mêmes, ou parce qu'on est en train de leur mettre beaucoup de réglementation dans les pattes. Je préfère la première version que la seconde. Mais fort est de constater que, peu importe si vous travaillez dans le B2C ou dans le B2B, vos clients attendent ces trois choses. De la transparence, de la durabilité, de l'inclusivité.

Il y a même certaines... Le deuxième blanc, certaines entreprises qui commencent à emprunter des critères du type label B Corp, etc., et les mettre dans leur process d'achat. Donc c'est une vraie réalité. Je suis convaincue que c'est un avantage concurrentiel aujourd'hui et que ça deviendra à terme une condition sine qua non. L'autre avantage du produit responsable, c'est que quand on se pose la question de la responsabilité, on se pose forcément la question de l'accessibilité. Il est fort à parier qu'avec vos produits aujourd'hui, vous ne touchez pas l'entièreté de vos utilisateurs potentiels. Je vous entends déjà me dire que développer un site ou une application accessible, c'est complexe et plus long. Peut-être. Encore qu'en 2024, on a quand même pas mal de ressources sur le sujet pour nous faciliter la vie. Mais admettons que ce soit plus compliqué. Est-ce que vous avez vraiment envie de vous couper de 8 millions de Français qui pourraient utiliser votre produit?

Vous n'avez probablement pas un produit universel. Mais même une portion de ces 8 millions, est-ce que ça ne vaut pas le coup de se concentrer un peu là-dessus? Je vous ai dit que c'est un avantage concurrentiel, je vous ai dit aussi que ça vous permettait de toucher plus largement des utilisateurs. Il y a un troisième effet qui se coule. Je suis sûre que votre produit, votre tech actuelle, peut répondre à d'autres besoins. Elle peut répondre à des marchés connexes, à des nouvelles verticales. Il y a aussi peut-être une chance qu'elle puisse répondre à des problématiques de société. Si je vous parle de ça, c'est parce que justement, c'est ce qu'on a connu chez Brigade à l'époque. Je reviens un petit peu sur l'histoire. En 2020, Brigade ne travaillait que sur le secteur de la restauration. Si vous vous souvenez d'une superbe soirée de mars 2020, les restos et les bars, c'était fini. Et ça a duré assez longtemps. Donc globalement, chez Brigade, on s'est retrouvé avec un marché qui avait... Complètement disparu. En une nuit, on a perdu 80% de notre chiffre d'affaires, un peu dur, mais on a creusé un peu.

On a creusé où étaient les autres opportunités. Et on s'est rendu compte que notre produit, sans avoir à le refondre complètement, pouvait aussi répondre à un besoin qui était plus actuel et surtout beaucoup plus urgent. En 2020, Brigade s'est ouverte au secteur de la santé. On ne s'est pas contenté d'applaudir les soignants à 20h sur notre balcon, on leur a mis à disposition un produit qui simplifiait la recherche. Le personnel soignant. Si je vous raconte cette histoire, ce n'est pas juste pour mettre une gentille petite tape dans le dos à mon ancien employeur, que j'aime toujours beaucoup, c'est aussi et surtout parce que vous posez la question de ce à quoi votre produit, votre tech, peut répondre sur des problématiques de société. C'est probablement la meilleure solution d'aller sur des marchés qui sont très pérennes. C'est triste de dire ça. Mais concrètement, on ne va pas résoudre demain les problématiques de manque de personnel dans les hôpitaux, ni d'accessibilité et d'égalité des chances à l'école, ou encore de gaspillage alimentaire. Et c'est pour ces raisons que des boîtes comme Brigade, comme Open Classroom, comme Too Good To Go ont probablement un très bel avenir devant elles.

Pas sans aucune difficulté. Des trompettes, elles en traversent aussi, mais elles sont probablement plus résilientes que la plupart de vos boîtes. Ça, c'était pour la première idée reçue. Je vous ai fait le business case du produit responsable. Vous pouvez le copier-coller pour aller voir votre comex demain si vous voulez. Peut-être un peu plus d'arguments quand même. La deuxième idée reçue, c'est celle-ci. Le produit responsable, c'est un frein à l'innovation. J'ai en face de moi des leaders tech. Je pense qu'innover un petit peu, ça vous parle. Et effectivement, c'est une idée reçue qui peut énormément freiner une démarche responsable dans votre entreprise, pour deux raisons. Si c'est ce qu'a dans votre tête votre équipe dirigeante, ils vont être très peu enclins à avoir une démarche responsable. Parce qu'innover, ça veut dire rester en avance par rapport à la concurrence. Et ensuite, pour vos équipes, ça peut aussi être un frein s'ils ont cette idée-là. Parce qu'on n'a pas envie de s'ennuyer dans notre boulot, on n'a pas envie de rester sur des choses très basiques, on a envie d'innover.

Bonne nouvelle pour vous, c'est que celle-là aussi, on va les débunker. Alors oui, je ne vais pas vous mentir, créer un produit plus responsable, développer de manière responsable, c'est être plus frugal. C'est un fait. Si votre ambition dans votre boîte, c'est de développer tout un tas de fonctionnalités plus ou moins inutiles en utilisant les dernières technos les plus shiny, vous allez être frustré. Si votre CEO est du genre à débarquer le lundi matin dans l'open space en se disant« il faut absolument qu'on développe une fonctionnalité avec de l'IA, c'est ça qui va nous faire exploser», ça va être dur. Je pense que vous avez un autre problème dans ce cas-là. Mais non, développer un produit frugal, ce n'est pas en faire un produit chiant. Ce n'est pas en faire un produit qui n'innove pas. Ce n'est pas mettre une barrière à l'innovation. Frugal, ça veut simplement dire qu'on va optimiser chaque élément, chaque fonctionnalité, chaque ligne de code dans l'absolu, mais là c'est votre métier, ce n'est pas le mien, d'un produit pour maximiser son impact en réduisant les ressources nécessaires.

Finalement, quand on cherche à être rentable, c'est ce qu'on doit faire, non? Dépenser moins pour apporter plus de valeur. Je suis même sûre que dans vos équipes, vous avez déjà une démarche plus ou moins frugale. Si on prend ne serait-ce que le concept du MVP, Minimum Valuable Product, c'est toute l'idée qu'il y a derrière. Apporter la preuve qu'on apporte de la valeur avec une fonctionnalité ou un produit en y investissant le moins possible. Et je suis sûre, parce qu'on m'a toujours dit pendant toute ma carrière qu'un bon développeur, c'était un développeur feignant. au boulot, je suis sûr que vous êtes très fort autrement. Je suis certain que dans vos équipes, on a déjà cette démarche de limiter les investissements pour apporter de la valeur. Alors finalement, être frugal, ça vous demandera peut-être qu'un tout petit effort supplémentaire. Deuxième point, c'est que les produits responsables, par essence, ça vous fait faire des économies. Parce que vous allez vous concentrer sur les fonctionnalités les plus utiles, mais aussi parce qu'avoir un produit plus frugal, c'est chercher à avoir des infrastructures plus légères, qui ont du coup une consommation énergétique réduite, et in fine, faire des économies.

Certaines personnes disent qu'il y a entre 15 et 20% d'économies possibles quand on commence à faire la bascule sur une infra plus frugale. Je vous laisserai juge là-dessus. Je n'ai pas tout le background, mais en tout cas, il y a un vrai potentiel sur ce point-là. Le dernier point, et je trouve qu'il est presque encore plus intéressant, c'est que les produits responsables sont en général plus maintenables. Parce que comme je vous l'ai dit, l'idée c'est de se concentrer sur les fonctionnalités essentielles. Quand on se concentre sur un set de fonctionnalités qui sont vraiment utiles et utilisées, on évite de créer une usine à gaz qui a une dette produit et technique potentiellement colossale et qui ne répond à aucun besoin. Je suis certaine que dans vos équipes, dans vos produits, vous avez au moins une fonctionnalité qui correspond à ça. Une fonctionnalité qui n'est pas ou très peu utilisée. Soit parce qu'elle a été mal pensée au départ, ça arrive, soit parce que votre produit a évolué, que le marché a évolué, que le besoin n'est plus au même endroit. Je suis sûre de ça parce qu'il y a une étude qui a déjà 18 ans.

Je suis sûre que dans la salle, il y en a qui ne sont pas beaucoup plus vieux que cette étude. Il y a une étude qui a été sortie en 2006 qui disait que 45% des fonctionnalités développées ne sont jamais utilisées. Alors certes, c'est une vieille étude, mais vu la facilité qu'on a aujourd'hui à développer avec beaucoup moins de contraintes, je suis assez convaincue qu'on n'a pas réduit ce chiffre. Quand vous reprendrez le cours de votre vie normale après le summit, ce qui va demander peut-être quelques jours d'adaptation parce que vous allez être bien fatigué avec beaucoup d'informations, je vous invite à faire un exercice avec vos équipes, c'est d'auditer très simplement l'usage de vos fonctionnalités. Et de vous débarrasser de celles qui ne servent à rien, ou en tout cas qui vont à rien. Un usage très très faible. Ça va probablement être aussi painful que de jeter et de faire du tri dans ce tas de paperasse que vous gardez au cas où. Je ne vais pas me la jouer Marie Kondo, je vous promets, après vous vous sentirez vachement mieux. Donc je vous l'ai dit, un produit responsable, c'est effectivement un produit plus frugal, mais ce n'est pas un produit qui met une barrière à l'innovation, bien au contraire.

C'est même un produit qui peut vous forcer à être plus créatif, plus innovant, pour apporter un maximum de valeur avec le moins d'investissement nécessaire. Je vous ai donc démontré qu'il y avait un intérêt business, un intérêt économique. Moi, je suis convaincue qu'il y a aussi un intérêt managérial. Le produit responsable, ça n'intéresse qu'une minorité de personnes. Ça fait partie des idées reçues sur le sujet. Je vous propose qu'on regarde rapidement les chiffres. 92% des actifs qui sont en quête de sens dans leur boulot. Plus de la moitié qui choisissent leur job actuel en fonction de l'impact de l'entreprise sur la société ou la planète. Et 40% qui seraient prêts à quitter leur boulot pour un emploi qui a plus de sens. Moi, je n'appelle pas ça une minorité. Alors certes, les études ne sont pas forcément représentatives, et qui plus est, si on prend l'ensemble de la population française active, la majorité des gens n'ont même pas le choix ou le privilège de pouvoir claquer la porte. Mais vos équipes, vos développeurs, vos data scientists, vos designers, je crois que ça fait partie de la catégorie de personnes qui ont le choix.

Je ne suis pas certaine que vous ayez envie de les voir partir. Avoir un produit plus responsable, ça a deux effets positifs là-dessus. Le premier, c'est que ça vous permet potentiellement d'attirer des talents que vous n'auriez pas pu attirer autrement. Ça, je ne l'invente pas. C'est Romain Kuzniak, l'ancien CPTO d'Open Classroom, qui me l'a confié il y a quelques mois, en me disant, sans aucune once de confidentialité d'ailleurs, que chez Open Classroom, il y a des personnes qu'ils n'auraient jamais pu attirer. simplement sur la base de la rémunération. Parce que OpenCast Room n'est pas un géant de la tech, et du coup, ils n'ont pas les mêmes grilles de rémunération que certains acteurs. Mais le fait d'avoir une vraie mission, d'être un produit responsable, ça joue pour certains talents. Du coup, ça joue sur votre acquisition de talent, ça joue aussi pour faire rester des gens. Je reviens encore un petit peu en arrière sur mon histoire de brigade. En 2020, quand Don Marché s'est arrêté, on était dans une phase d'incertitude monstre. Et je pense que certains d'entre vous l'ont connu dans vos boîtes. À ce moment-là, moi et tout le reste de l'équipe, tech, produit et même dans les autres secteurs, on recevait tout un tas de propositions plutôt alléchantes pour aller voir ailleurs si l'herbe était plus verte.

Pourtant, l'immense majorité de l'équipe est restée. Parce qu'on était engagés vis-à-vis de l'entreprise qui, elle, même était engagé vis-à-vis de la société. Et ça, dans des périodes de crise comme celle qu'on connaît aujourd'hui et celle qu'on va continuer à connaître, c'est hyper clé. J'ai été un peu trop vite, je crois. Ce n'est pas grave, on aura plus de temps pour papoter. Je vous l'ai dit en intro, je suis convaincue que pour être plus résilient, créer des produits plus responsables peut être une bonne opportunité. J'en suis convaincue et j'espère vous l'avoir démontré. Ça peut vous permettre d'ouvrir plus largement votre marché. Ça peut vous permettre de faire des économies, ce qui n'est pas négligeable dans ces temps. Et ça peut vous permettre d'attirer et de retenir des meilleurs talents. Ces trois sujets, business, finance, RH, a priori, ça n'a pas grand-chose à voir avec la tech, en tout cas directement. Et si je suis venue vous en parler aujourd'hui, c'est parce que je suis convaincue qu'un leader tech, ce n'est pas juste quelqu'un qui est très fort techniquement.

Je pense que vous en êtes aussi convaincue. Pour moi, un leader tech, c'est une personne qui a une grande capacité à comprendre les enjeux business, les enjeux de la société, et c'est aussi quelqu'un qui a une capacité grandissante à influencer sur la stratégie de la boîte. Je suis convaincue que les leaders tech et les leaders produits ont cette capacité et sont probablement parmi les meilleures personnes pour initier une démarche responsable dans l'entreprise et pour structurer une plus forte capacité. Ça marche encore mieux si on le fait ensemble. C'est sans doute pour ça qu'une product manager s'est invitée ici aujourd'hui. Enfin, on m'a permis de venir, je ne me suis pas invitée toute seule. Parce que je suis convaincue que si on veut faire bouger les lignes, ça ne peut pas se faire que d'un côté, il faut qu'on travaille main dans la main. Du coup, avant de conclure ce talk, Moi, j'ai très envie de répondre à vos questions, mais à deux conditions. Que vous ayez bien en tête que je ne suis pas une experte technique. Merci. Et que vous ayez en tête aussi que je n'ai pas réponse à tout et qu'il n'y a pas de réponse universelle sur ce sujet.

Et moi, mon objectif, c'est juste de vous apporter mon point de vue pour vous aider à sortir un petit peu du brouillard. Du coup, s'il y a des questions, c'est le moment. Votez Hélène! Votez Hélène! Votez Hélène! Je ne suis pas prête pour la politique. Ah mais qu'est-ce que c'est que la politique en fait? En vrai aujourd'hui ça ne veut plus rien dire. C'est s'occuper de la vie de la cité. C'est exactement la démonstration que vous nous avez faite ma chère Hélène. Comment on s'occupe de la vie de la cité? Et maintenant on va s'occuper de nos questions. Parce qu'il va y en avoir. C'est une bonne idée. Voilà, j'entends ouais ouais au fond. Super. Bonjour, bravo pour ta conf. Moi, j'adhère vraiment à tout ce que tu as dit. J'ai juste une petite question. Tu n'as pas parlé de l'effet rebond. Comment on fait pour gérer l'effet rebond? On a une heure et demie encore? Non, on a 9 minutes 37. C'est écrit juste là. Je pense que ce qui est important dès qu'on s'adresse à tous ces sujets, c'est d'essayer d'anticiper un maximum. Et pour ça, il n'y a pas mieux que de mettre beaucoup de matière grise autour de la table.

Mais ça reste extrêmement compliqué de se projeter sur ce qui pourra se passer selon ce qu'on met en action. Je n'ai pas de solution parfaite pour ça. C'est peut-être pour ça que je n'en ai pas parlé pendant la conférence, d'ailleurs. Mais je note de creuser. Je pense que ce qui est fondamental, c'est vraiment de prendre en considération tout ce qui peut se passer avec les premiers cercles de décision qu'on prend. Et d'explorer les conséquences que ça peut avoir de manière démultipliée. Il y a un outil que j'aime beaucoup là-dessus qui s'appelle la Futures Wheel, je crois qu'en français c'est la roue des futurs possibles, et qui essaye de considérer tout ce qui peut se produire par la suite. Je considère que ça fait partie des outils qu'on doit utiliser dans ces cas-là. Je ne suis pas certaine d'avoir une réponse parfaite à cette question. Donc la roue des futurs souhaitables, désirables, des futurs qu'on veut. Y a-t-il une autre question? Oui, juste à côté. Merci de vous lever. Super. Bonjour, merci beaucoup pour cette conf très inspirante. Mais en fait, moi qui suis très concrète, j'aimerais savoir par quoi on commence.

Alors ça dépend de ce que vous voulez faire. Si vous voulez simplement réduire votre impact actuel, ou si vous voulez vous projeter un peu plus loin et aller explorer notamment les opportunités de marché sur des problématiques de société. Sur le premier point, il y a un élément très simple, je pense, à faire, si je me positionne un peu plus du côté technique, c'est vraiment de prendre tous les usages que vous avez aujourd'hui de votre produit. Je ne vais pas parler de tout ce qui se passe à côté, en dehors du produit, c'est un sujet que je ne maîtrise pas suffisamment, et tout l'impact environnemental que vous pouvez avoir par ailleurs, environnemental et sociétal, mais sur votre produit. Si vous vous posez avec vos équipes produits également, de prendre vraiment l'ensemble des fonctionnalités et d'identifier quelles sont celles qui ont soit un impact évident négatif, j'espère pour vous qu'il n'y en a pas trop, soit qui peuvent avoir une incidence négative à terme. Ça, c'est le premier point sur les fonctionnalités en tant que telles. La deuxième chose que vous pouvez faire, et ça fait très longtemps que j'essaie de croiser une personne de chez Mythique sur le sujet, donc s'il y a quelqu'un dans la salle, venez me voir après.

Je sais que chez Mythique, ils ont eu un process pour prendre tous les flux. Ils ont pris la user journey map, leur parcours utilisateur, et ils ont regardé à chaque étape quelle était la quantité de données nécessaires, etc. Et ils ont du coup essayé de réduire très drastiquement ces points-là. Là, je rentre un peu trop dans le détail, donc je vais abréger sur ce point-là, mais sur la partie purement réduire son impact, et notamment sur l'aspect environnemental, parce que c'est le plus simple, entre guillemets, l'idée, c'est vraiment d'aller de manière très micro, identifier quel est l'impact aujourd'hui, et se donner des objectifs. Si par contre vous voulez travailler sur les problématiques de société, il y a un exercice que moi j'aime bien faire. J'ai fait un petit canva qui permet d'identifier quel est l'impact du produit aujourd'hui sur l'environnement, sur les individus, sur la société et sur l'économie. Et en fait à chaque fois, d'identifier quel est l'impact actuel et de poser la question aux équipes très concrètement. Où est-ce que vous voulez avoir un impact plus positif, où est-ce que vous voulez réduire votre impact négatif.

Et à partir de ça, toute la logique qu'on a dans le produit, d'identifier des opportunités, des solutions et travailler avec la tech pour mettre en œuvre ces solutions. Elle marche très très bien à partir de ça. Je ne sais pas si j'ai répondu. Si, je pense qu'il y a un pouce en l'air, donc c'est que ça marche. Y a-t-il une autre question? Oui, pardon. Merci beaucoup. Il faudrait un micro sur la gauche toute. Voilà, Amélie arrive. Sinon, on ne vous entend pas et ceux qui nous suivent en streaming, en plus, n'ont pas la question qui va être, à mon avis, brillante. Je ne mets pas du tout la pression. La micro ne marche pas. Merci pour ton talk. J'adhère complètement à plein de choses que tu dis. Cependant, quand je regarde autour de moi, je ne suis pas aussi sûr que tout le monde est convaincu. Il y a plein de gens qui vont acheter des francs chez Zara. Il y a même des gens qui prennent encore l'avion pour le week-end pour aller à Porto, etc. Cacher des SUV, c'est sans fin. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer de faire changer les choses.

C'est pour ça que certains chiffres que tu as, je ne suis pas aussi positif que toi. Cependant, une fois qu'on a dit ça, comment est-ce que tu vois les choses changer? Est-ce que dans les entreprises, il y a une minorité? C'est un petit peu comme l'innovation, finalement, qui prend en main certains sujets et qui vont, même des fois, contre le flot dominant. Parce que c'est ça, un peu la réalité. Qu'est-ce que tu vois marcher, en fait, dans cette, je ne sais pas si c'est une révolution, mais mouvement? Plus marginal, positif. Une belle évolution en tout cas. Je suis entièrement d'accord avec toi, je pense que tout le monde n'est pas convaincu, et c'est pas grave, je vous en veux pas. J'essaie d'être toujours hyper optimiste, mais la réalité c'est qu'en fait ça intéresse encore, en tout cas dans les faits, une minorité de personnes. Et en plus on peut se lancer sur le sujet des dissonances cognitives, prendre l'avion et faire du produit responsable, c'est incompatible, mais ça veut pas dire que ça n'existe pas. Ce que je vois évoluer, ça fait à peu près deux ans que je me suis vraiment intéressée à ce sujet-là et que je suis rentrée dedans plus concrètement. Ça fait aussi deux ans que je fais des conférences sur le sujet.

Il y a deux ans, Claire... On me prenait pour une babosse. Du coup, j'ai génération 90, donc babos, pour une baba cool globalement. Et on me disait que c'était complètement illusoire, c'est très bien, mais c'est utopique, etc. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de personnes qui avancent sur ce sujet-là, et à toutes les échelles. C'est-à-dire qu'il y a évidemment beaucoup de personnes très opérationnelles, des product managers, des designers, des développeurs, pour parler de ce que je connais le plus, qui ont envie de faire mieux leur job et qui essayent de trouver des clés pour, au quotidien, faire mieux, même si on ne leur a pas donné l'autorisation. Donc ça, c'est une réalité. La deuxième réalité, c'est que malgré tout, dans les équipes plutôt dirigeantes, il y a aussi un chemin qui est en train de se faire. Alors il y a deux cas, comme je l'ai dit tout à l'heure. Le premier, c'est ceux qui sont intimement convaincus et qui ont vraiment envie de se servir de leur quotidien pro pour faire mieux. Et il y a ceux qui voient grandement arriver la réglementation. Et je fais partie des gens qui trouvent ça dommage qu'on ait besoin d'une réglementation pour avancer dans la bonne direction.

Mais il faut aussi constater que ça fait vraiment avancer les choses. Je parlais tout à l'heure des entreprises, des grands groupes qui mettent des critères type Bicorp. Globalement, Bicorp, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un label qui valorise les entreprises plutôt responsables. Le fait d'avoir ce genre de critères qui rentrent dans les process d'achat, certes, c'est parce qu'il y a des contraintes, mais ça permet de faire évoluer tout le monde globalement. Donc il y a une vraie prise de conscience, il y a une vraie envie des équipes, et je pense que la génération d'après, elle va encore plus pousser là-dessus. Donc il y a quelque chose qui change, c'est encore un peu lent, il faut mettre un bon coup de pied, un bon coup d'accélérateur, mais je suis convaincue que si on refait la même conférence l'année prochaine, il y aura un peu plus de gens convaincus. Il y a une autre question. Moi, je voulais juste dire bravo. Oui, c'est vrai, Hélène. Bravo. Il nous reste deux minutes, on a une question là-bas. Moi, j'ai un petit commentaire, si je peux me permettre. Il y a un truc génial qui s'appelle l'innovation sociale, qui répare l'existant. Et on a vraiment besoin de tech leaders dans cette partie-là, parce qu'on est un peu aux fraises, nous, les gens de l'innovation sociale, pour réparer l'existant.

Donc voilà, c'est aussi ce chemin-là vers un peu plus de résilience pour le monde de demain. Et je voulais aussi faire une dédicace à Tommy Dessine, puisque tu as fait une formidable allusion, alors non pas à prendre l'avion pour aller à Porto, mais à la révolution des œillets sur les WePones, qui était pleine de fleurs, parce qu'une révolution sans sang, ça existe. Donc un changement avec plein de gens convaincus, ça peut exister aussi. Alors, question, pardon. Oui. Bon, je ne sais pas si je suis légitime pour poser la question, parce que j'ai un SUV électrique. Ah. Et je prends l'avion vendredi pour Lisbonne. Bravo! Il en fallait un! Il en fallait un! C'est bien d'être honnête. Merci et quel courage! Quel courage de le dire dans cette salle. Mais c'est pour une semaine. Et c'est dans le cadre de l'entreprise. Bon, pour poser le contexte, j'ai une question relative à l'histoire de Brigade. La responsabilité, cette envie d'avoir un impact sociétal, c'était quelque chose qui a été... Réfléchis en amont, ça faisait partie de la culture de l'entreprise avant la crise, ou c'est quelque chose qui est né suite à la crise face à une opportunité économique liée à la survie nécessaire.

Qu'est-ce qui a suscité ça et qu'est-ce qui a déclenché, je dirais, cette prise de conscience? Totalement bienvenue. C'est une très très bonne question. Alors je vais en décevoir certains, moi aussi ça m'arrive de prendre l'avion, je me soigne, promis. Brigade a été créée avec l'envie de faire vraiment bouger les lignes dans le secteur de la restauration, notamment sur le fait qu'un serveur, un chef, un commis, ils ont des conditions de travail déplorables et ils n'ont pas le choix. Donc ça a été une vraie volonté des fondateurs, c'était le cas avant que j'arrive et c'est toujours le cas aujourd'hui, d'amener cette dimension sociétale. De mon point de vue, ça a été renforcé par la crise, parce que quand du jour au lendemain, vous vous rendez compte que tous vos utilisateurs, même si vous n'avez pas voulu créer de dépendance économique, parce qu'ils sont indépendants dans la restauration et qu'il n'y a pas de solution du gouvernement, ils sont dans la merde, vous prenez votre rôle beaucoup plus au sérieux. Je vais m'arrêter là parce que je vois le gong. Ah, sortie facile, sortie facile Hélène. Non, non, mais c'est vraiment, je pense qu'il y avait une, la volonté était vraiment là en amont. Elle a été, à mon sens, grandement renforcée par le Covid et par tout ce qui s'en est suivi.

Restez pour le cocktail, Hélène. Bien sûr. On pourra poursuivre cette discussion. Et puis vous donnerez la marque de votre SUV, ça intéresse beaucoup de monde à mon avis, dans la salle. Merci infiniment Hélène pour ce talk très inspirant. Je vous laisse repartir, vous laissez la zapette. Merci beaucoup.