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Tech.Rocks Summit 2024
Société tout écran : bâtir la résilience de nos enfants dans un monde complexe
- Amélia Matar (Fondatrice, Colori)
- Solenne Bocquillon-Le Goaziou (Fondatrice, Soft Kids)
Tech.Rocks Summit 2024 · 3 décembre 2024 · 38 min · en français
Résumé
Amélia Matar et Solenne Bocquillon-Le Goaziou explorent le lien entre éducation et résilience à l'ère numérique. Elles montrent comment cultiver les soft skills et des mentalités adaptatives prépare les enfants à s'épanouir dans un monde numérique en constante évolution, et présentent des stratégies pour aider les générations futures à relever les défis et à construire une société plus résiliente.
L’essentiel
Amélia Matar (Colori) et Solenne Bocquillon-Le Goaziou (Soft Kids) expliquent comment aider les enfants à devenir résilients dans une société tout écran : se soucier de la qualité des usages, développer les soft skills et expliquer le fonctionnement du numérique.
Pour discuter, entre parents ou au sein d’une équipe tech, du rôle que peuvent jouer les professionnels du numérique dans l’éducation des enfants aux écrans.
Les idées clés
- Plus que la quantité, la qualité des usages. À 10 ans, un enfant passe en moyenne 2 h 36 par jour devant un écran, soit près de 1 000 heures par an ; selon Amélia Matar, le problème tient surtout au temps passé à scroller, jouer et regarder des vidéos, dont les usages excessifs ont des conséquences documentées (surpoids, troubles du sommeil, sédentarité) : 31 % des 11-18 ans restent éveillés ou se réveillent la nuit à cause d’un écran. à 8:38
- Développer les soft skills dès l’enfance. Selon Solenne Bocquillon-Le Goaziou, la recherche montre un triple bénéfice (réussite scolaire, santé mentale, emploi et salaire). Pour cultiver la résilience, elle propose trois gestes aux parents : accueillir les émotions de l’enfant au lieu de les nier, le laisser résoudre ses problèmes seul et développer un état d’esprit de croissance. à 5:40
- Expliquer comment le numérique fonctionne. Colori initie les enfants au numérique sans écran (contes, robot programmable, fresque des écrans) ; les intervenantes demandent aux professionnels de la tech d’expliquer autour d’eux le fonctionnement des algorithmes avant de confier un réseau social à un enfant, et d’agir pour avoir plus de femmes dans la tech, notamment sur des postes techniques et de décision. à 13:09
Questions pour votre équipe
- Quels usages numériques de nos enfants nous inquiètent le plus, au-delà du temps passé ?
- Comment expliquer simplement autour de nous le fonctionnement d’un algorithme de recommandation ?
- Que pouvons-nous faire, comme équipe tech, pour attirer plus de filles vers nos métiers ?
Il s’agit d’un talk à deux voix de deux fondatrices d’entreprises de l’éducation (Soft Kids, Colori) qui présentent leurs propres produits, activités et livre. Les chiffres et études sont cités oralement sans référence précise ; le propos concerne l’éducation des enfants plus que le travail des équipes tech.
Chapitres
Summary
Amélia Matar and Solenne Bocquillon-Le Goaziou explore the link between education and resilience in the digital age. They show how nurturing soft skills and adaptive mindsets prepares children to thrive in an ever-changing digital world, and present strategies to help future generations rise to challenges and build a more resilient society.
Thèmes : Impact & numérique responsable
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
On va continuer sur les grands enjeux de société. Oui, parce que dans un monde tout écran, la résilience, ça peut être une espèce d'arme secrète pour nos enfants. Comme dans un film où chaque choix peut changer l'avenir. Alors c'est Amélia Matar et Solène Bocquillon-Le Goaziou qui nous dévoileront dans quelques instants comment on cultive les fameuses soft skills et l'adaptabilité pour préparer nos enfants à s'épanouir dans ce monde numérique sur lequel ils pourront évidemment surfer sur arte.tv. Ce n'est pas un placement produit un peu quand même. Alors voilà, la manière d'héroïne moderne, elles vont nous montrer comment on transforme chaque défi en opportunité. Je vous demande d'accueillir sous un tonnerre d'applaudissements Amélia Matar, fondatrice de Colori, et Solène Bocquillon-Le Goaziou, CEO de Soft Kids. Société, tout écran, bâtir la résilience de nos enfants dans un monde complexe. Chers héroïnes, je suis ravie, j'appête.
Voilà. Merci, Elsa. À vous, le floor. Tu me dis quand on est prête? Je crois qu'on est prête. Vous êtes prêtes? Bonjour à tous, je suis Solenne Bocquillon-Le Goaziou, je suis la fondatrice de Soft Kids, qui est une start-up dans l'EdTech, qui, avec des applications, permet de développer les soft skills des enfants à la maison ou à l'école. Pourquoi les soft skills? Parce que je suis profondément convaincue que dans une société tout écran, tout numérique, ce qui fera la différence, c'est les compétences humaines. Et donc, j'ai écrit un livre qui s'appelle« Préparer aujourd'hui vos enfants au monde de demain», dans lequel je liste les 15 compétences humaines, les 15 soft skills indispensables pour préparer nos enfants au XXIe siècle. Et il y a un chapitre entier consacré à la résilience. Boris Cyrulnik nous dit que la résilience, c'est l'art de naviguer dans les torrents. Et moi, les torrents, je les ai connus dans une première partie de carrière. J'étais DRH à l'international chez Shell, l'entreprise anglo-néerlandaise.
Et en 2007, j'ai dû gérer une énorme réorganisation qui impliquait non seulement la suppression d'à peu près 300 postes, mais aussi une transformation dans la manière dont on travaillait, puisque c'était le début de ce qu'on appelle l'offshoring. Les gens... à les devoirs très avec des personnes qui étaient en Pologne, en Inde, etc. Et donc, on m'a demandé de développer la résilience des collaborateurs. C'était la première fois que j'entendais ce mot. Et donc, j'ai appris à former les collaborateurs, à être plus résilient et à répondre à ces enjeux et à ces défis. De demain. Et donc pendant dix ans, j'ai formé à la résilience les collaborateurs. Et très souvent, je me disais, mais pourquoi est-ce qu'on n'a pas appris ça à l'école? Et toi, Amélia, qui es-tu? Eh bien, moi, je suis Amélia Matar, entrepreneur, autrice, chroniqueuse sur France Info, spécialiste de l'éducation numérique et de l'enfance. Je suis aussi la cofondatrice de Colori, une net tech qui développe des ateliers innovants d'initiation au numérique sans écran.
Je vous en parle juste après. Qui est déployée dans près de 84 villes, auprès de 40 000 enfants environ en France. Et j'ai vendu très récemment Colori à une société qui s'appelle Tralalaire, qui propose une vaste étendue de programmes éducatifs au numérique et par le numérique. Alors moi, j'ai envie de commencer par vous raconter une petite anecdote, totalement anodine, mais qui m'a beaucoup troublée. Vous savez, ce genre de petite histoire du quotidien qui, sans aucune conséquence, puisqu'il ne s'est rien passé de spécial, mais qui pourtant nous ont fait frôler le drame. J'étais sur le quai du métro et je regardais cette foule s'agglutiner pour essayer de monter dans le métro. Je sais que vous savez de quoi je parle. Et mon regard s'arrêta sur cette petite fille qui me fit penser à la mienne. C'est vrai que les enfants... Les enfants retiennent souvent mon attention. Cette curiosité qu'ils ont pour tout, cette joie de vivre facile, cette connexion au moment présent, je les trouve fascinants. Et je servais donc cette petite fille de 3 ou 4 ans à côté de sa maman, et sa maman ne lui tenait pas la main, et elle était happée par son téléphone. Alors est-ce qu'elle était sur Insta, sur WhatsApp, sur ses mails?
Je ne sais pas. Mais à côté d'elle, sa petite fille s'avançait dangereusement du bord du quai, et elle ne s'en rendait absolument pas compte. Ça a duré une seconde ou deux, si peu que je n'ai même pas réagi. J'ai juste vu la petite fille s'avancer trop près alors que le métro arrivait en même temps. J'ai retenu mon souffle. Et rien. La petite fille a juste sursauté parce que le métro arrivait trop près d'elle. Et la maman et la petite fille sont entrées dans le métro et la maman n'a rien perçu de toute cette scène. J'aurais pu être cette maman. En fait, nous pourrions tous être cette maman. Oui, même vous, messieurs, vous pourriez être cette maman. Vous m'avez comprise, nous pourrions tous être ce parent distrait par notre téléphone. Parce que si intelligents, si éduqués, si entraînés que nous puissions être, nous sommes aujourd'hui fragilisés par ces algorithmes qui sont conçus pour capter notre temps et celui de nos enfants et le transformer en or. Et notre résilience et la leur passent nécessairement par des outils qui nous permettront de lutter à armes égales face aux géants du numérique. Non seulement ces entreprises captent notre attention pour en faire une économie sans précédent dans l'histoire de l'humanité, mais ils bouleversent aussi nos démocraties, ils transforment notre façon d'être au monde, ils désintègrent le débat public et au passage, ils pillent nos ressources naturelles.
C'est véritablement une nouvelle civilisation qui est en train de naître sous nos yeux et effectivement charge à nous de gagner le pari de sa résilience. Et ça commence évidemment par nos enfants. Alors Solène, toi justement, tu t'es donné comme mission d'outiller nos enfants avec ces fameuses compétences. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus? Oui, alors pourquoi est-ce que j'ai décidé de travailler sur les soft skills? C'est parce que toute la recherche scientifique des 20 dernières années sur les compétences socio-comportementales montre qu'il y a un triple bénéfice à développer ces fameuses compétences qu'on trouve souvent quand on arrive au travail, mais dès l'enfance. Parce que plus tôt on va les développer, première chose, on aura une meilleure réussite scolaire. Les enfants qui développent leurs soft skills sont meilleurs à l'école. La persévérance est beaucoup plus importante que le QI, par exemple, pour réussir. Deuxième chose, la santé mentale. Plus tôt on va développer des choses comme l'accueil des émotions ou la résilience, meilleure sera la santé mentale. Et les enfants qui ont développé ces fameuses compétences seront moins enclins à, par exemple, prendre des anxiolytiques ou à faire des dépressions à l'âge adulte.
Et troisième chose, quand on développe ces soft skills dès l'enfance, on a des meilleurs salaires. Et on a des meilleurs emplois. Ça, c'est deux prix Nobel, Ekman& Coates, qui ont travaillé là-dessus. Ils ont suivi des enfants en Angleterre pendant 30 ans. Ils étaient dans une école qui s'appelle le Perry School Programme Soft Skills. Et donc, ces enfants, à l'âge adulte, ont des salaires 30% supérieurs et des meilleurs emplois. Vous l'aurez compris, il n'y a que des bénéfices à développer les soft skills. Et qu'est-ce que nous dit l'Organisation mondiale de la santé? Elle nous dit que les enfants dans le monde devraient tous développer leurs soft skills trois heures par semaine. Deux heures à la maison, une heure à l'école. Autant vous dire qu'en France, on est tellement obnubilé par les bonnes notes qu'on en oublie que pour être bon en mathématiques, il faut avoir confiance en soi et savoir accueillir ses émotions. Et donc, on essaye avec Soft Kids de développer ces fameuses compétences. Et quand on vient sur la résilience, l'OMS encore nous dit... Chaque personne dans le monde aura, une personne sur deux dans le monde, aura au moins quelque chose de très difficile à vivre et où il lui faudra des capacités de résilience.
Si je prends nos enfants, aujourd'hui, on a tous été impactés par exemple par la pandémie, ou par les guerres, ou par la crise économique. On a des enfants qui, par exemple, le mois dernier, en France, dans 350 communes, ont connu des inondations. C'est quelque chose de pas facile à vivre et il faut avoir de la résilience face au changement climatique. Il aime un enfant qui va être sur les réseaux sociaux et qui va avoir un pédocriminel qui va le contacter. Ça arrive. plus souvent qu'on ne le croit, il faut qu'il ait des capacités de résilience. Et enfin, un enfant qui va être en train de scroller sur les réseaux sociaux et qui va voir des bombardements en Ukraine, et entre ça, il va tout de suite voir des pizzas ou des chats. Il ne sait plus ce qui va générer de la peine et ce qui ne va pas générer de la peine. Donc nous devons absolument outiller nos enfants avec la résilience face à ces outils numériques qui leur montrent des choses qu'ils n'ont pas forcément envie de voir. Et toi, Amélia, tu essayes de leur apprendre le numérique.
Alors, c'est quoi une société tout écran? Alors, une société tout écran, c'est d'abord ce chiffre. À 10 ans, un enfant, en moyenne, passe 2h36 par jour derrière un écran. Ça équivaut à presque 20 heures par semaine. Presque 80 heures par mois, presque 1000 heures par an. 1000 heures par an. 1000 heures par an, c'est suffisant pour devenir virtuose d'un instrument de musique, pour apprendre une nouvelle langue, pour progresser considérablement dans un sport, voire pour écrire un roman. Imaginez comme notre planète serait différente, peuplée d'artistes polyglottes dans une forme olympique. C'est vrai, 1000 heures par an, c'est énorme. Mais à vrai dire, au risque de vous surprendre, le problème ne se situe pas vraiment là, en fait. Alors évidemment, c'est un problème, mais leurs parents, c'est trop. Il est indispensable que nos enfants aient des activités diverses et variées et que le temps d'écran ne grignote pas tout leur temps. Mais plus que la quantité, c'est la qualité de leurs usages dont nous devons absolument nous préoccuper.
Qui s'inquiéterait de 1000 heures par an passées derrière un écran à faire des mathématiques, à apprendre une nouvelle langue ou justement à écrire un roman? Le problème, c'est qu'il s'agit de 1000 heures par an à scroller sans fin dans les cas les plus problématiques. Le plus souvent, ils jouent à des jeux plus ou moins intéressants, ils regardent des vidéos et ils répondent aux innombrables sollicitations qui les assaillent. Malgré tout, je vais être honnête avec vous, dans cette avalanche de contenu, dans cette infobésité, il faut trier le bon grain de l'ivraie. Et je suis la première consommatrice de contenu, notamment sur les réseaux sociaux, produit par des personnalités, des penseurs, des artistes, des activistes, des scientifiques. J'ai le sentiment d'apprendre des choses. d'être connecté à la société. Et j'en tire une certaine satisfaction, et nos enfants aussi. Moi aussi, quand je suis à un concert, j'aime capter ces moments uniques et avoir une vidéo rien qu'à moi, qui ressemblera en tout point à celle de mon voisin, mais ce n'est pas grave, ce sera la mienne. C'est vrai, tout n'est pas à jeter à la poubelle. Mais tout de même, Il apparaît de manière évidente que le temps alloué aux réseaux sociaux, aux vidéos et aux jeux vidéo est excessif.
Et ces usages excessifs, eux, ont des conséquences bien documentées sur la santé de nos enfants. Surpoids, troubles du sommeil, sédentarité. Déjà sur la sédentarité, le chahut dans le salon ou les jeux de plein air laissent de plus en plus la place. À des temps devant l'écran, en silence, sans bouger. Selon les recherches de l'Inserm, les enfants exposés aux écrans dès l'âge de 2 ans présentent un indice de masse corporelle en moyenne supérieur à l'âge de 5 ans. Sur le sommeil, on le sait aussi, le fait de les utiliser le soir avant d'aller se coucher stimule le cerveau et retarde la sécrétion de cette fameuse hormone, la mélatonine, qui permet de s'endormir. 31% des 11-18 ans restent éveillés ou se réveillent la nuit du fait d'un écran. Résultat, des difficultés d'attention et des baisses des résultats. C'est assez évident. Il y a urgence aujourd'hui à réguler ces usages qui impactent directement la santé physique et mentale de nos enfants. Alors Solène, cette surutilisation d'écran a aussi des effets sur les compétences humaines. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus? Oui, à force d'être un petit peu trop souvent sur les écrans, nos enfants en oublient les modes de communication ou par exemple l'empathie, dans l'exemple que je donnais avec le fait qu'on voit aussi bien des bombardements que des petits chats mignons.
Du coup, notre cerveau ne fait plus la différence et nos enfants ne font plus la différence. L'empathie n'est plus là, la communication n'est plus là. On arrive, on est sur un réseau, on n'aime pas, on va juste écrire« c'est nul ce que tu fais» et on va passer à autre chose. Et du coup, nos enfants, à force d'être tout le temps dans les écrans, ne vont pas voir comment est-ce qu'on communique dans la vraie vie. Et donc, il faut bien leur expliquer comment les algorithmes fonctionnent, comment ils doivent aussi se comporter à l'extérieur des écrans. Et donc, il faut ramener de la communication, de la collaboration, de l'accueil des émotions et leur expliquer qu'il y a une vraie différence entre le virtuel et la vie réelle, même si les deux sont totalement liés et ce n'est pas deux vies séparées. Il faut qu'ils voient l'impact que leur comportement en ligne peut avoir hors ligne. Et donc ça, c'est quelque chose qu'ils doivent absolument apprendre. Et Amélia, elle leur fait des activités qui leur permettent de comprendre comment...
fonctionnent les numériques, le numérique, les algorithmes, et qui va leur aider à mieux appréhender ces notions. Absolument. Alors, Colori, c'est l'idée, donc Colori que j'ai fondée en 2018, c'est l'idée d'introduire les enfants au monde du numérique, mais de manière assez singulière, puisqu'on le fait sans aucun écran. Par le conte, par le jeu, et par la curiosité naturelle des enfants, ils débordent. Alors pourquoi si jeunes? Parce que les jeunes enfants sont exposés à la technologie et qu'ils ont besoin de repères, ils ont besoin de comprendre le monde qui fonctionne. Chez Colori, nous permettons justement d'ouvrir le capot des nouvelles technologies, de comprendre ce qu'il y a dans le moteur et d'adopter les bons réflexes pour grandir en citoyen éclairé. Le savoir, c'est le pouvoir. C'est vraiment un mantra chez nous. On intervient en partenariat avec les villes et avec les entreprises pour pouvoir être auprès de tous les enfants. Filles, garçons, riches, pauvres, tous les enfants. On est aussi bien à l'école alsacienne qu'à Bondy Nord, que dans la ville de Pau, qu'un peu partout en France.
Nos ateliers s'articulent autour de trois grands modules. Langage et programmation, premier module. Culture numérique, deuxième module. Et numérique responsable. J'ai sélectionné pour vous aujourd'hui quatre activités emblématiques sur une soixantaine. Aujourd'hui, on a créé une soixantaine d'activités qui vous permettent de visualiser concrètement c'est quoi un atelier coloré. Alors déjà, il y a ce petit conte, Aïe au robot, qui met en scène un petit garçon et... une petite fille, qui vont vivre plein d'aventures autour du monde informatique. Et à travers cette narration pleine de rebondissements, ils vont pouvoir découvrir les grands concepts informatiques comme les algorithmes, le système binaire, la logique booléenne, comment fonctionne la machine, et le dernier chapitre porte même sur l'intelligence artificielle, tout ça mis à la portée d'un petit enfant à partir de 3 ou 4 ans. Autre activité conçue par Colori, utilisé par Colori, su par une entreprise qui s'appelle Primotoys, c'est Cubetto, ce petit robot que les enfants programment en mettant des instructions dans le panneau de programmation de manière à pouvoir lui donner des instructions directionnelles.
Concrètement, ils sont en train d'écrire leur premier algorithme. Voilà, donc là vous voyez le petit garçon et la petite fille qui essayent d'amener le robot sur une destination qu'ils ont déterminée au préalable. Une autre activité plus récente, mais qui est très emblématique de nos actions et de l'impact qu'on a envie d'avoir, c'est la fresque des écrans. Vous connaissez forcément la fresque du climat, mais quid d'une fresque qui permet de comprendre l'impact du numérique sur notre société, les biais algorithmiques, les bulles de filtres, l'économie de l'attention, la technoférence, toutes ces notions qui sont de plus en plus complexes, mais de plus en plus présentes. Vous en rêviez peut-être, nous l'avons fait, et en tous les cas, des entreprises comme Orange, aujourd'hui, déploient cet outil un peu partout en France. Un dernier exemple que j'ai choisi pour vous, c'est la grande histoire de l'informatique. C'est une activité qui retrace l'histoire de l'informatique de manière illustrée, depuis les premiers algorithmes, alors je ne vais rien vous apprendre ici, en passant par le métier d'athlétic de Jacquard, les premières calculatrices, les premiers ordinateurs, l'ENIAC, Ada Lovelace, les premiers langages de programmation, jusqu'à notre ère numérique actuelle.
Et bien évidemment, les enfants découvrent alors que les femmes ont significativement contribué à la discipline informatique. Et un jour, à l'issue d'un... L'atelier, une petite fille de 5 ans me saute littéralement dans les bras et me dit, moi plus tard, je serai roboticienne. Alors ça, ce n'est pas juste mignon, en fait. C'est fondamental. Parce que pour cette petite fille, la technologie ne sera jamais un domaine inaccessible ou réservé aux garçons. C'est quelque chose qu'elle a déjà manipulé, questionné, et un monde auquel elle se sent déjà appartenir. Et peut-être qu'en ce moment même, dans un de nos ateliers, une autre petite fille est en train de se dire qu'elle sera roboticienne, ingénieure ou data scientist. Et elle pourra le faire avec une vision éclairée et un sens profond des responsabilités. Voilà en quelques mots l'ambition de Colori, bâtir la résilience de nos enfants pour qu'ils grandissent non pas en simples utilisateurs de technologies, mais en véritables citoyens du monde numérique. Merci.
J'espère vous avoir convaincu de l'intérêt de cette éducation numérique. Toi aussi, Solène, tu agis avec beaucoup de pragmatisme et des outils très concrets. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu plus concrètement ce qu'est Soft Skills? Chez Soft Skills, on a une vision totalement holistique des Soft Skills, c'est-à-dire qu'on va aller tacler les trois grands domaines de compétences qui font les Soft Skills. Le premier, c'est les compétences cognitives. Par exemple, avoir confiance en soi, ce qui est la base, le socle de tout. Je vous fais une petite parenthèse. En France, on est classé 62e sur 65 des pays de l'OCDE sur la confiance en soi des élèves en leur capacité à réussir. Et deuxième chiffre, 80% des Français ne font pas confiance aux autres versus 53% en moyenne dans l'OCDE. Nous sommes dans un pays de défiance où il est très compliqué d'avoir confiance en soi, en les autres, en l'avenir. Et ça, c'est fondamental pour nos enfants. On leur apprend aussi à apprendre à apprendre, à développer leur esprit critique. Ensuite, on va aller sur les compétences relationnelles, par exemple, apprendre à résoudre des conflits.
Mais c'est tellement important. On leur apprend que c'est d'accord de ne pas être d'accord. Et ça, pour eux, c'est absolument dingue. Et ensuite, on leur apprend à collaborer. Et enfin, on va sur les compétences émotionnelles, l'accueil des émotions et la résilience. Et avec ça, on va favoriser la réussite, lutter contre la désinformation dans les écoles. mais aussi lutter contre le harcèlement et améliorer la santé mentale. On est lauréat d'un appel d'offres. On accompagne 500 000 élèves dans 8 académies sur 5 ans. Et 45 000 familles. Et donc, si on en revient à la résilience, la résilience, elle est fondamentale. Et pour être résilient, il y a deux choses qui sont très importantes. La première, Claude Thérozier en a parlé hier ici, c'est d'avoir une famille soutenante, une famille avec qui on aura de l'affection. La deuxième chose, c'est de développer un certain nombre de soft skills. La première des choses dans ces soft skills, il y a trois éléments que vous pouvez mettre en place chez vous si vous avez des enfants pour développer la résilience.
La première chose, c'est l'accueil des émotions. On est dans un pays où, en fait, je dirais, on est un peu handicapé des émotions. Et moi, ça me rend folle quand je fais la queue dans un manège ou le premier jour d'école, quand j'entends les parents, n'aie pas peur, n'aie pas peur. L'enfant a peur. Imaginez-vous, vous êtes avec votre parachute, vous devez sauter et on vous dit non, n'aie pas peur, n'aie pas peur. Quand on a une émotion, elle est là, on la ressent, elle est dans notre corps, ça ne sert à rien de nier les émotions de nos enfants. Donc ça, c'est la première chose qu'il faut absolument faire pour avoir des enfants plus résilients. On est là, oui, tu as peur, je comprends, moi aussi j'ai eu peur dans cette situation. La deuxième chose, c'est d'apprendre à résoudre les problèmes. On est dans l'ère du parent hélicoptère. J'en ai marre des parents sur les groupes WhatsApp qui demandent une photographie de la page 12 du carnet de maths parce que le petit Léo l'a oublié, etc.
Notre enfant a oublié ses devoirs, il va trouver la solution tout seul. Il ira voir la maîtresse, le maître, le professeur demain, et il lui dira« j'ai oublié mon cahier, je m'engage à faire l'exercice ce soir». On est là à rattraper toutes les bêtises qu'ils font. Non, il faut leur laisser résoudre les problèmes tout seuls. Et la dernière chose, c'est quelque chose qui manque cruellement aussi aux Français, c'est le gross mindset, l'état d'esprit de croissance. Se dire qu'on peut y arriver. Et que ce n'est pas en faisant et en arrivant à faire des choses du premier coup que ça fonctionne. Parce qu'on décourage les enfants à toujours mettre en avant ceux qui ont les meilleures notes, ceux qui réussissent du premier coup. On en oublie le chemin. Et c'est ça qui est important, c'est que nos enfants comprennent que... La vie est pleine de défis et que s'il n'y arrive pas, c'est juste parce qu'il n'y arrive pas encore. Et ce petit encore va faire toute la différence.
Et avec ces trois éléments, accueil des émotions, résolution des problèmes et état d'esprit de croissance, je peux y arriver, je peux réussir, vous allez aider vos enfants à cultiver cette résilience. Vous l'aurez compris, avec Amélia, on travaille sur deux choses totalement complémentaires, mais qui aident les enfants à naviguer dans ce monde tout digital, tout écran, qui est en profonde mutation. Mais nous pensons aussi que vous êtes la solution. Oui, clairement, vous avez un rôle à jouer, et pas des moindres, sur un sujet que j'ai déjà évoqué, celui des filles. Vous pouvez être les acteurs d'un véritable changement pour les filles dans la tech. Si on veut des produits inclusifs qui répondent vraiment aux besoins de tous, qui soient vraiment éthiques, il faut des équipes beaucoup plus diversifiées. Il est essentiel de réussir à avoir plus de femmes dans la tech, et pas seulement en marketing digital, mais aussi sur des postes techniques et à des postes de décision. Vous savez, c'est Stendhal qui disait« L'admission des femmes à l'égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain.
Vous savez, les classes sont remplies de ces petites filles dont je vous parlais tout à l'heure. Et après plus de 6 000 ou 7 000, on a arrêté de compter. les heures d'atelier, mais après des milliers d'heures d'atelier coloris, j'ai vraiment cette conviction que c'est en les initiant tôt qu'on leur donne les clés pour être là, 20 ans plus tard, dans vos équipes, dans vos comités de direction. Alors je sais que je ne règle pas vos problèmes de recrutement à court terme, sorry. Mais je vous parle de votre responsabilité en tant que citoyen. Vous avez ce rôle à jouer aujourd'hui en tant que mécène, en tant que sponsor, en tant que contributeur, en tant qu'ambassadeur pour construire cette génération qui non seulement utilisera vos produits, mais participera demain à leur développement en tant que femme leader tech. Et encore une fois, des équipes plus égalitaires forgent des sociétés plus égalitaires. Et c'est fondamental à un heure où la tech façonne nos vies. Donc vous l'aurez compris, en tant que tech leader, éducateur, parent, nous avons tous une responsabilité, et encore plus parce que nous travaillons dans la tech.
Nous connaissons la tech, nous connaissons ses travers, et donc il est de notre rôle d'éduquer quand on va quelque part, quand vous avez un dîner avec des amis, un apéro, parlez-en, expliquez comment ça fonctionne. Parce que c'est quand on explique comment les choses fonctionnent que nos enfants seront équipés. On ne donne pas un réseau social à un enfant sans lui avoir expliqué comment il fonctionne, quels sont les algorithmes derrière. Il peut aller sur les réseaux sociaux, il peut aller sur les écrans. Et nous, avec Amélia, on est profondément convaincus qu'il faut des écrans. On vit dans un monde numérique, on ne peut pas... aller à son rencontre. Par contre, il faut absolument qu'on éduque les enfants à leur fonctionnement. Donc, on compte sur vous. Et si vous voulez nous suivre, on est sur LinkedIn et on parle éducation et numérique toutes les semaines. Merci à vous. Oh, bravo! Pardon, je t'ai fait peur, Solène. Je sors toujours un peu comme ça, tu vois, j'arrive. Génial, merci beaucoup de ces propos engagés, nécessaires dans ce monde.
On a tous besoin justement d'appréhender un peu mieux. La tech. Et je dirais même les enfants, mais aussi les seniors. Ils sont quand même les plus grands pourvoyeurs de fake news en France. Contrairement à ce qu'on dit, des jeunes. Voilà, je le dis, je l'ai glissé et ce n'était pas du tout en rapport avec Bruno Patineau juste avant. Voilà, donc ceci est une blague évidemment, une blague honnête, vous aurez compris. Nous avons 10 minutes de questions-réponses pour vous. Ils ont des questions. Nous avons des réponses. Je le souhaite. Alors, qui se lance? Tout au fond, super, vous allez avoir un micro immédiatement. Est-ce que vous pouvez vous lever, s'il vous plaît? Merci beaucoup. Ah, vous ne pouvez pas. Ce n'est pas grave. Sinon, je vais m'enfoncer dans la siège. Ah oui, pardon. Attention, 1891, on le rappelle. Merci. Moi, je vais parler de mon expérience personnelle. J'ai un petit garçon de 5 ans qui n'a toujours pas connu ce que c'est que l'écran, à part la soirée pyjama, donc le film de samedi soir. Et je me dis, effectivement, j'essaye de lui éduquer, qu'est-ce que c'est que les soft skills, d'essayer d'être critique et tout ça.
Et je vois, enfin, on se pose la question avec mon conjoint, on se disait, en fait, est-ce qu'on n'est pas en train de construire un petit enfant arrogant? Parce qu'à chaque fois qu'on lui pose la question, il sait tout. Il essaye de faire comme les grands. C'est une dérive que je me dis, est-ce qu'on ne va pas tomber dans ce... Dans cette dérive-là. Tu veux que je réponde ? Vas-y, vas-y. Moi, je pense que c'est dur d'être parent aujourd'hui, mais je pense qu'il y aura moins d'enfants qui iront chez le psy plus tard par rapport à notre génération actuelle. Parce que si vous faites ça, effectivement, il y a des arguments, etc. Ils sont là, ils veulent tout savoir, ils posent beaucoup de questions. Mais derrière, ils auront ce réflexe d'aller poser des questions, d'être curieux. Et quand on voit, même si apparemment les seniors sont pourvoyeurs de fake news, qu'on a à peu près 30% des jeunes de 15 à
20 ans qui adhèrent à une théorie complotiste aujourd'hui en France, il faut absolument qu'on développe ce genre de choses. Alors c'est vrai que ça prend plus d'énergie. On peut prendre ça pour de l'arrogance, mais moi je dirais plutôt que c'est de l'assertivité et que c'est quelque chose qu'il faut arriver à cultiver tout en expliquant à son enfant qu'on n'a pas toujours la bonne réponse à tout. Non, effectivement. Voir toujours le verre à moitié plein, bien sûr. Merci beaucoup. Une autre question? Oui, à gauche, toutes. Merci. Bonjour Marie, merci beaucoup pour votre intervention. Je me demandais si vous aviez, pour les parents parmi nous, mais peut-être aussi parrains, marraines, tontons, tatas, une to-do liste, peut-être pas trop longue, mais sûre. Concrètement, demain, on veut essayer de prendre vos deux thématiques le plus en considération possible. Qu'est-ce qu'on fait? Par où on commence? Si j'ai bien suivi, vous avez dit par exemple...
Trois heures pour les soft skills par semaine? Non, mais quand on dit trois heures par semaine, c'est... Par exemple, moi, ce que je dis, il y a quelque chose que je trouve qui se perd beaucoup, surtout, je pense, chez les Parisiens, c'est dîner avec ses enfants. Il y a beaucoup de gens qui ne dînent plus avec leurs enfants, mais dîner avec ses enfants, c'est échanger sur l'actualité, avoir un esprit critique, communiquer, expliquer qu'on met tout cela ensemble et qu'on collabore, et c'est comme ça qu'on développe les soft skills. Ça marche chez toi, Solène, ça? Oui. Parce que chez moi, ça ne marche pas. Il faut le faire dès le plus jeune âge. Peut-être que tu as été un petit peu trop... Non, non, non, mais après, c'est une question de caractère. Je pense que c'est un truc que j'ai dû lâcher à un moment donné. Mais oui... J'ai fait trop de Tech.Rocks Summit, ils m'ont moins vue à la maison. Je fais ma pub, mais je vous invite à lire mon livre, parce que c'est que du pratique et ça ne demande pas de choses supplémentaires. Au contraire, vos enfants gagnent en autonomie. Oui, ils sont autonomes, mais ils me demandent toujours ma carte bleue. Très étrange. Amélia, Amélia. Et après, si vous avez envie, effectivement, de commencer à éduquer vos enfants, notamment avec l'approche Colori, vous pouvez aller sur notre site Internet.
Il y a beaucoup d'activités en téléchargement gratuit. Ça fait partie de l'ADN aussi de notre entreprise. On est une entreprise ESUS, entreprise solidaire d'utilité sociale, avec cette idée de pouvoir rendre au plus grand nombre disponibles ces activités. Donc voilà, on a plein d'activités. Vous pouvez commencer avec vos enfants assez facilement. Est-ce qu'on a une autre... Ah, plein de questions. Toujours au quatrième rang du fond. La question est plus pour augmenter nos effectifs féminins dans nos équipes. Vous attaquez très tôt. Est-ce qu'aller discuter, présenter ces concepts en fin de collège seconde, qui sont des moments charnières, c'est là que les spécialités vont se choisir, notamment le bac, pour savoir si ça a été... des spébates ou des espèces scientifiques seraient peut-être plus récents. C'est entre guillemets un enfant de 5 ans, il va voir un cosmonaute peut-être une semaine après, il va vouloir faire ça. Comment être moins sur le long terme et plus sur le court terme?
Vous savez, c'est un peu comme si vous me disiez, oui, on apprend l'alphabet à 3 ans, mais est-ce que vraiment on a besoin d'apprendre la littérature classique au lycée? Évidemment, on commence en fait par l'alphabet, concrètement, Colori, c'est de ce niveau-là, avec les enfants. Et puis plus tard, on espère qu'ils s'attaqueront à la littérature classique, c'est-à-dire à du Python ou à des langages de programmation où ils vont véritablement coder. Donc l'idée, c'est d'avoir une continuité depuis la jeune enfance, mais jusqu'à toujours, en fait. Et ce qu'on sait, c'est que les apprentissages précoces façonnent l'individu dans ce qu'il est profondément. Donc c'est pour ça aussi qu'on a cette conviction que cette intervention précoce est intéressante. Et puis c'est aussi parce que ces enfants, encore une fois, sont exposés aujourd'hui au numérique, de facto, sur leur trajet à l'école, à la maison, c'est aujourd'hui partout, et qu'ils ont besoin aussi de comprendre, de repères. Ils sont curieux de leur environnement et ça fait partie de leur environnement. On avait une autre question. Merci beaucoup. Oui, bonjour. Déjà, merci beaucoup pour la présentation. J'ai trois enfants. Comme beaucoup de parents, j'essaie de leur expliquer comment gérer les écrans.
Et notamment au niveau des adolescents. Vous savez aussi que les ados ne vont pas prendre pour argent comptant tout ce que disent les parents à propos des écrans. Est-ce que vous auriez des suggestions de documentaires ou d'autres ressources qu'on pourrait donner à nos ados pour qu'ils comprennent comment ils sont en train de se faire happer par les réseaux et l'économie de l'attention ? Oui, moi, il y a plusieurs ressources que je trouve vraiment très intéressantes. La première, c'est vous. Vous êtes des modèles pour vos enfants. Nous sommes tous des modèles pour nos enfants. Et l'éducation, c'est du mimétisme. Donc déjà, soyons exemplaires. Et je sais, je sais que c'est difficile. Donc la première des choses, c'est apprendre à se réguler soi-même. Ensuite, c'est Grégoire Bors, qui est directeur de recherche au CNRS, qui dit souvent qu'il faut que les adolescents comprennent comment fonctionne leur cerveau. Et il a écrit des livres pour les adolescents sur le fonctionnement de leur cerveau et justement sur l'impact que peuvent avoir les écrans sur leur cerveau. Et effectivement, quand on comprend cet impact, on se sent forcément obligé de réguler ses pratiques.
Et la dernière chose, je pense que vous pouvez aussi mettre en place des chartes. Alors, de plus en plus, ça se fait en Espagne et en Angleterre, des chartes au niveau du groupe d'enfants, parce que la difficulté quand on a un adolescent, c'est qu'il est dans un groupe et qu'il a envie d'être avec le groupe et de faire la même chose. Mais en fait, c'est intéressant de pouvoir réguler les pratiques au niveau du groupe entre parents et en se disant, voilà ce qui est acceptable, ce qui l'est moins pour nos enfants, mettons-nous d'accord tous ensemble. Donc il y a de plus en plus de chartes qui sont disponibles en ligne, ça demande un investissement assez important d'aller voir les autres parents, etc. Mais je pense que c'est vraiment, vraiment important. Et sinon, vous avez un outil comme Faminum qui permet de créer... une charte en ligne à la maison, en collaboration avec son enfant, et de déterminer ensemble des règles. Je pense que vraiment l'important, c'est de rester dans le dialogue, parce qu'on le sait, et les études vraiment le montrent, l'interdiction. Engendre le contournement de l'interdiction par l'enfant. C'est systématique. Et si je peux rajouter deux choses. Moi, j'ai un podcast qui s'appelle Génération Parent, et on a fait un épisode entier dans lequel Amélia intervient régulièrement avec la directrice d'Internet sans crainte.
Qui appartient au groupe Surtra l'Aler, et elle nous a donné plein d'astuces pour apprendre la régulation des écrans, comment utiliser WhatsApp par exemple. On pense que WhatsApp, ce n'est pas un vrai réseau social, mais en fait sur WhatsApp, c'est là où il y a le premier harcèlement en ligne qui continue dans l'école, et nos enfants peuvent aussi être happés par des étrangers, des gens qu'on ne connaît pas sur WhatsApp. Et donc sur le site d'Internet sans crainte, il y a énormément d'outils, de vidéos et de PDF à télécharger pour vous aider aussi à mettre un cadre à la maison. Donc des tonnes de ressources disponibles un peu partout sur le web. Il y avait une autre question? Pardon, là et là. Et il nous reste une, 09, donc votre question comme ça, hop, une flopée des deux réponses. Ok, très rapide alors. J'ai été interpellé la semaine dernière par ma fille qui ne voulait pas aller à l'école. Qui a 8 ans, me dit« Papa, pourquoi on essaye d'apprendre des choses? alors que tout est disponible sur Internet, la connaissance, je n'ai pas besoin à l'école.
Et je me suis dit, oh, ok. Je m'absente, je vais à Tech.Rocks et je reviens, peut-être avec une réponse. Donc je compte sur vous pour la réponse. Vous disiez que Colori, vous l'aviez... Conçu comme étant des activités non numériques, vous l'avez revendu à un groupe qui est numérique. Quelle est la logique et la vision derrière ça? Alors, la logique, c'est qu'il ne s'agit pas de diaboliser les écrans, il s'agit de diaboliser les écrans. les mauvais usages des écrans. Et typiquement, si nos enfants consommaient exclusivement du contenu produit par Traler, je peux vous assurer que notre monde irait très très bien, puisque c'est des contenus justement pour les sensibiliser au cyberharcèlement, à la violence, c'est aussi des contenus pour leur apprendre l'anglais, les mathématiques, donc c'est des contenus éducatifs. Sauf que nos enfants, ce n'est pas ça qui les intéresse quand ils vont derrière un écran, c'est plutôt les réseaux sociaux, les jeux vidéo, etc. Et la logique, c'est aussi de dire que, encore une fois, c'est une initiation précoce, Traler jusqu'à présent s'adressait aux enfants plus grands, et nous, on commence dès 3 ans, et donc c'était tout à fait logique d'introduire cette brique au sein de l'univers Traler.
Une dernière exceptionnelle, Nathalie. Oui, merci beaucoup. C'était super intéressant. Moi, je crois beaucoup au développement dès le plus jeune âge et notamment des soft skills. Et je pense que même les adultes, ce serait bien qu'on continue à se développer et à apprendre pendant l'âge adulte pour être des bons exemples pour nos enfants sur la gestion des conflits. Mais j'ai une question sur... En fait, tout ça, ce serait vraiment bien que ce soit à l'échelle nationale, en fait. Et donc, comment se passent les discussions avec le gouvernement pour pouvoir développer ça pour tout le monde, finalement? Parce que j'imagine que c'est très dur, la high-tech. Et voilà, c'est dommage qu'on ne puisse pas en faire profiter tout le monde. Et de quel gouvernement parle-t-on? Je pense qu'Améliac, comme moi, on est reçu, enfin moi j'ai été reçu à l'Élysée, à Matignon. dans tous les ministères, etc. On nous dit toujours que ce qu'on fait, c'est génial, qu'il en faudrait plus. Mais quand on arrive à la mise en œuvre, c'est extrêmement compliqué.
Pourquoi? Parce que, d'une manière générale, dans les ministères, quand les choses n'ont pas été faites directement par les fonctionnaires, ça ne leur plaît pas trop. Donc moi, par exemple, j'ai gagné un appel pour accompagner 500 000 élèves sur 5 ans dans 8 académies, mais c'est pour eux une expérimentation. Et donc, je suis adossée à un laboratoire de recherche. On verra dans 5 ans quel sera le résultat de cette expérimentation pour voir si on va plus loin. Donc, c'est long. Il faut être patient. En fait, je cultive ma patience avec les gouvernements et le ministère de l'Éducation nationale. Et 5 ans, c'est... C'est long. C'est dans 5 ans. Voilà. Il va se passer plein de choses d'ici 5 ans, d'un point de vue gouvernemental surtout. Alors c'est bien de s'engager maintenant. C'est ça. Ça, c'est verrouillé. Ok, et bien voilà, c'était la dernière question. Merci infiniment à toutes les deux du Haut de Choc pour parler de ce sujet d'importance capitale pour l'avenir, pour nos enfants, mais pas que, surtout pour nous aussi, d'apprendre à dompter.
Ah ben voilà, je n'ai plus besoin de dire quoi que ce soit, tout le monde s'en va.
