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leboncoin : l'IA générative au cœur de la transformation

Podcast Tech.Rocks · 11 septembre 2025 · 28 min · en français

Résumé

Épisode de la série consacrée aux speakers du Tech.Rocks Summit 2025. Julien Jouhault, CTO de leboncoin, partage son retour d'expérience sur l'intégration de l'IA générative dans l'entreprise. Cette transformation profonde oblige à repenser les méthodes de travail, notamment en internalisant certaines productions autrefois confiées à des prestataires externes. Julien insiste sur la nécessité de former des « champions locaux » capables de déployer les nouveaux outils et d'y accompagner les équipes. Il évoque les gains de productivité attendus de l'automatisation des processus de développement, tout en soulignant l'importance d'optimiser l'ensemble du cycle de vie produit, et met en garde contre la hype autour de promesses d'efficacité sans méthode claire. Au Summit, il participe à la table ronde sur la mise en place de la gen AI dans les scale-ups. Ses « must read » du moment : - The Culture Map, d'Erin Meyer - Accelerate, de Nicole Forsgren, Jez Humble et Gene Kim - Team Topologies, de Matthew Skelton et Manuel Pais - Start with Why, de Simon Sinek

Summary

An episode in the series dedicated to Tech.Rocks Summit 2025 speakers. Julien Jouhault, CTO of leboncoin, shares his experience of integrating generative AI across the company. This deep transformation forces a rethink of ways of working, notably by bringing in-house some work previously outsourced to external contractors. Julien stresses the need to train "local champions" able to roll out the new tools and support teams in using them. He discusses the productivity gains expected from automating development processes, while emphasising the importance of optimising the whole product lifecycle, and warns against the hype around promises of efficiency without clear methods. At the Summit, he takes part in the panel on rolling out gen AI in scale-ups. His current "must reads": - The Culture Map, by Erin Meyer - Accelerate, by Nicole Forsgren, Jez Humble and Gene Kim - Team Topologies, by Matthew Skelton and Manuel Pais - Start with Why, by Simon Sinek

Thèmes : IA

Tech.Rocks Summit 2025

Livre « The Culture Map » d'Erin Meyer

Livre « Accelerate » (Forsgren, Humble, Kim)

Livre « Team Topologies » (Skelton, Pais)

Livre « Start with Why » de Simon Sinek

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

C'est vraiment un projet extraordinaire. Je ne sais pas si mes équipes se rendent compte de ce qu'on a fait. En fait, quand tu es dans l'effort, tu ne te rends pas compte de ce que tu es en train de faire parce que tu finis par y arriver. Il y a un énorme point commun qui est sur la capacité à expliquer, répéter, vulgariser et emmener les gens avec toi. Et je pense que c'est ça qui fait un grand tech leader. C'est vraiment cette capacité, cette force de communication et de conviction, presque plus que tes compétences techniques. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de notre série thématique Tech.Rocks dédiée au speaker de notre prochain Tech.Rocks Summit. Ce Tech.Rocks Summit se tiendra les 1er et 2 décembre 2025 au Théâtre de Paris. Je suis Marion Ghibaudo et je suis CTO Medical Device dans la société GenSight Biologics. Je suis vraiment ravie aujourd'hui d'accueillir Julien Jouhault, qui est CTO chez Le Bon Coin. Bonjour Julien. Bonjour Marion. Est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots s'il te plaît?

Oui, je vais essayer de faire court. Je suis CTO du Boncoin depuis 2017 et après j'ai un parcours d'une vingtaine d'années d'expérience. J'ai fait 10 ans de telco, j'ai fait un peu de start-up et puis j'ai atterri chez le Boncoin. Et comme tu vois, j'ai un parcours assez long chez le Boncoin parce que j'ai eu à peu près 17 vies chez le Boncoin. Même en étant CTO, j'ai fait plein de trucs différents. Je continue à m'amuser. Et donc, quelles sont tes missions aujourd'hui en tant que CTO chez Le Bon Coin? C'est des missions classiques de CTO, à la fois de rêver la stratégie technologique de la boîte, le développement des produits. Et puis, en ce moment, toute cette transformation autour de l'IA que tous les CTO doivent faire. Et après, des missions classiques de management, de gestion budgétaire, etc. Si jamais tu voulais citer quelques moments, rencontres, découvertes qui ont été clés pour toi dans ton parcours professionnel, tu parlerais de qui? Tu parlerais de quoi? Dans mon parcours pro, je pense que j'ai eu pas mal de chance. Alors, j'ai eu... J'ai beaucoup bossé, je suis un bosseur, mais je pense que j'ai eu la chance de rencontrer pas mal de gens qui m'ont aidé ou qui m'ont tendu la main.

Tu vois, quand j'ai commencé vraiment mon début de carrière, j'étais chez Neuf Télécom à l'époque. J'ai rencontré quelqu'un qui s'appelle Jérémy, qui était en charge du développement du projet de télé numérique à l'époque, puisque ça remonte à l'époque où... Free et Neuf sont lancés dans le développement de la télé par ADSL, donc c'était 2005 ou 2006. Et il m'a tout de suite pris sous son aile, il m'a pris en stage, il m'a aidé, il m'a formé. Donc c'est quelqu'un à qui je dois le début de ma carrière et qui m'a beaucoup aidé. Et puis je crois que... L'arrivée chez Le Bon Coin, ça a été vraiment un truc assez particulier, je pense, au sens où j'ai rencontré tout de suite le CEO, j'ai rencontré le CTO de l'époque, parce que je n'étais pas embauché en tant que CTO. Et c'était des gens, un, très bienveillants, deux, prêts à... À te faire grandir, à t'aider dans une boîte qui est une boîte particulière. Je trouve qu'il y a un ADN particulier que je n'ai pas retrouvé dans mon parcours précédent.

Et donc, que ce soit mon CEO actuel ou cet ancien CTO à l'époque, je pense que c'est des gens qui m'ont beaucoup... Beaucoup aidé dans ma carrière. Et puis, j'ai un partenaire CPO qui est assez génial aussi. Je pense que c'est presque devenu un ami, je dirais, parce qu'en fait, on est tellement... tout le temps en train de bosser ensemble. On s'agace mutuellement de temps en temps, mais on est vraiment partner in crime tous les deux, tout le temps. Et on a créé une relation très forte parce que, un, parce qu'on en avait besoin, mais aussi parce que c'est quelqu'un, un, qui comprend un peu la tech, qui a une énorme vision de produit. Et c'est très complémentaire avec ce que je fais moi. Une personne que j'apprécie, qui est un vrai driver dans ma carrière. Merci, merci Julien. Tu évoquais l'ADN particulier du Boncoin, tu peux nous en dire un petit peu plus? C'est les valeurs d'entreprise qui sont très perceptibles. Elles sont chahutées tout le temps, dès qu'il y a une transfo, c'est toujours compliqué. Mais les valeurs n'ont pas beaucoup bougé depuis que je suis arrivé.

Quand je suis arrivé, on m'avait dit à l'époque qu'il y avait dans les valeurs la proximité, l'engagement, la créativité. Et en fait... C'est des trucs tout cons, mais qui ont fait tout de suite que j'ai eu l'impression de les vivre tout de suite. C'est des trucs aussi bêtes que tu prends l'ascenseur le matin, les gens te disent bonjour et t'appellent par ton prénom. Tu peux rentrer dans le bureau du CEO, quasiment n'importe qui peut le faire et discuter avec lui. Alors évidemment, il faut le faire avec certaines formes, mais globalement, moi j'ai fait 10 ans de telco avec le CEO qui était mon N plus 25. Donc si tu veux cette proximité n'existait pas et puis tu peux poser des questions à tout le monde challenger Et ça ne se retrouve pas chez tout le monde. Et puis cette notion d'engagement qu'on avait presque plus au début quand on était plus petit, parce que j'avais l'impression de rentrer dans une... Startup de 500 à l'époque. Là maintenant on est 1500, on est devenu gros. Mais il y a quand même des gens ultra engagés dans cette boîte qui sont là pour la boîte, pour continuer à la faire grandir, parce qu'on croit à la mission de l'entreprise aussi, parce qu'on croit qu'on peut avoir un impact sur la société, qu'on peut pousser la seconde main

très loin, qu'on peut aider sur l'aspect environnemental et que c'est toujours mieux d'acheter de la seconde main que d'acheter du... Produit neuf fabriqué en Chine. Voilà, donc c'est ça les valeurs de la boîte. On sent ta passion, ton rôle et ta mission, et donc tu as dû rencontrer un certain nombre de projets particulièrement passionnants. Si tu veux en citer quelques-uns, ce serait lesquels? Le dernier en date qui a été... Passionnant, compliqué, dur à fermer aussi à la fin. Il y a trois ans, j'ai été nommé CPO du groupe. Je suis monté dans le groupe pour prendre une mission, c'est prendre la plateforme Le Bon Coin et la mettre à l'échelle de tout le groupe Adévinta avec toutes nos filiales dans les pays étrangers, donc Italie, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Canada. majoritairement. Et donc on avait entamé ce gros projet de transformation, c'est-à-dire rendre la plateforme multi-tenant, multi-brand, multi-currency, et puis la déployer à l'échelle.

échelle des différents pays. On avait commencé à déployer en Allemagne. Le projet s'est arrêté puisque l'entreprise a été rachetée en mai 2024. Donc on a fait machine arrière sur cette stratégie. C'est un énorme projet. Je ne sais pas si j'en ferai un aussi gros dans ma carrière. 2500 personnes à l'époque, des profils dans tous ces pays, avec des problématiques aussi très marrantes que je n'avais jamais vues, c'est-à-dire les cultures des pays et la façon de bosser qui est extrêmement différente. Quand tu ne drives pas des équipes néerlandaises comme tu drives des Espagnols ou des Français, ça ne marche pas du tout pareil. À faire adopter ce projet à l'échelle européenne. C'était vraiment un challenge de fou. J'ai mis beaucoup de sueur et d'énergie dans ce projet-là. Les équipes Le Bon Coin en France ont mis aussi beaucoup de leur énergie là-dedans. On a dû l'arrêter pour un changement de stratégie qui est compréhensible aujourd'hui. C'était un peu dur cette fin de projet.

En tout cas, c'est un projet de malade. C'est vraiment un projet extraordinaire. Je ne sais pas si mes équipes se rendent compte de ce qu'on a fait. En fait, quand tu es dans l'effort, tu ne te rends pas compte de ce que tu es en train de faire parce que tu finis par y arriver. Tu vois ce que je veux dire? Oui, un pas après l'autre et finalement, tu vas continuer d'avancer et c'est seulement entre ton an que tu te rends compte du chemin que tu as parcouru alors que chaque pas était difficile, mais c'était un pas. Exactement. Et je me rappelle d'une discussion que j'avais eue avec Francis quand on discutait dans le cadre d'un des Dynetac Rocks. qu'on fait de temps en temps et dans lequel on échangeait, où il me disait, tu es un grand malade. En fait, ce qu'on était en train de faire, on était en train de faire ça. En même temps, on était en train d'implémenter SAP à l'échelle de toute la boîte. Et on migrait en même temps tous les pays sur le cloud parce que tout ce n'y était pas. Et on faisait tout en même temps. Et il m'avait dit, tu es un maboule, tout faire en même temps, vous n'allez pas y arriver. Mais en fait, on était en passe d'y arriver. C'est vraiment le changement de stratégie. Alors, tous les pays ont migré sur le cloud, SAP est en place. C'est juste ce projet-là qui s'est arrêté.

Mais c'était vraiment une période assez dingue dans ma carrière. Merci pour ce partage. Et donc, fort de tous ces éléments que tu nous as partagés, C'est quoi pour toi un tech leader? Je pense qu'il y a un énorme... Au-delà des compétences, des hard skills qui sont en vrai, je pense, uniques à chacun, il y a un énorme point commun qui est sur la capacité à expliquer, répéter, vulgariser et emmener les gens avec toi. Et je pense que c'est ça qui fait un grand tech leader. C'est vraiment cette capacité, cette force de communication et de conviction, presque plus que tes compétences techniques. Parce que tu imagines bien que quand je gérais 2500 personnes, je suis incapable de discuter techniquement avec chacun des ingés de la boîte. Ils ont des hard skills qui sont bien plus développés que les miennes sur des domaines de compétences que je ne maîtrise pas à 100%. Mais par contre, être capable de leur expliquer le contexte, pourquoi on fait les choses, et de les emmener avec. avec toi sur une vision moyen terme, c'est ça pour moi le grand tech leader.

Tu évoquais tout à l'heure un échange avec Francis lors d'un dîner Tech.Rocks. Ça, c'est une interaction que tu peux avoir avec tes pairs. Quelles autres interactions avec tes pairs tu as dans ton quotidien pour continuer à avancer toi en tant que CTO et tech leader? En fait, on a la chance de se connaître. Je fais partie des anciens Tech.Rocks, donc j'ai de la chance de connaître pas mal de tech leaders du groupe. Et donc régulièrement, on s'envoie des messages, on se ping sur des problématiques qu'on connaît de chacun d'entre nous. Un, soit parce qu'on sait qu'une des entreprises dont le CTO fait partie de Tech.Rocks travaille sur un domaine qui nous intéresse, soit parce qu'on a des contrats commerciaux, soit parce qu'on se connaît et on partage depuis suffisamment longtemps pour pouvoir partager notre expérience quotidienne et se poser des questions. En fait, un des trucs que j'ai vu depuis que je suis CTO, c'est que quand tu es CTO d'une boîte, notamment si elle commence à être au-delà de la scale-up, tu te retrouves assez seul dans ton...

Dans ton domaine parce que le reste des comex ne comprennent pas nécessairement ce que tu fais. Donc tu passes beaucoup de temps à vulgariser ce que je te disais tout à l'heure sur c'est quoi un tech leader. Et du coup, tu as peu de gens avec qui tu peux échanger, challenger tes approches, etc. Et Tech.Rocks m'a beaucoup aidé avec ça. J'ai beaucoup échangé avec Francis, avec Dimitri. Au tout début, ça m'aidait beaucoup. Et je continue avec Julien Mangard, j'ai des échanges très réguliers. On se voit une fois par an à VivaTech. On échange les actus de l'année et on partage des expériences qui ne sont pas les mêmes. On est venu de points d'entrée différents. Et on a des expériences qui se rejoignent, mais vraiment par des chemins qui ne sont pas les mêmes. Et donc, en fait, on a beaucoup de retours d'expériences intéressants les uns pour les autres. Ça permet de multiplier les points de vue sur les... Même problématique. Oui, clairement. Et puis, on a tous même des problématiques pratico-pratiques. Tu vois, on échange régulièrement sur, j'en sais rien, des sujets comme crédit impôt recherche, par exemple.

De temps en temps, il y a des sujets qui popent comme ça, où on se dit tous, oui, on en fait, c'est quoi les bonnes pratiques pour le faire bien. Et Tech.Rocks, ça aide pour ça, parce que sinon, tu lis 20 000 sites Internet pour essayer de trouver que c'est quoi la bonne méthode. Là, ça va un peu plus vite, c'est plus efficace. Et tu as des vrais retours d'expérience de gens qui ont fait traiter les sujets. Crédit impôt recherche, c'est un sujet anecdotique, mais ça peut être des sujets de transfo, ça peut être des sujets... Plus technique et tu as des vrais retours d'expérience qui ont beaucoup de valeur. On fait ce podcast aujourd'hui parce que tu vas participer au Tech.Rocks Summit de décembre prochain dans le cadre d'une table ronde. Est-ce que tu peux nous dire sur quel sujet va être cette table ronde et comment tu vas y participer? On va faire une table ronde sur l'adoption de l'IA, notamment l'IA générative dans les entreprises, et comment on fait cette transformation le mieux possible pour adopter cette innovation à l'échelle de la boîte et pas juste à l'échelle du produit. Est-ce que tu peux nous en parler un peu, et notamment parler déjà de ce que vous avez démarré?

Au bon coin, qui dans six mois sera forcément bien plus avancé, parce que tout bouge très vite sur ce sujet. Ça fait partie des grosses problématiques, justement, c'est qu'on démarre des choses et que ça bouge tellement vite qu'on n'est pas sûr exactement du résultat. Du résultat obtenu, on est dans un écosystème qui bouge énormément. Et toutes les semaines, il y a des nouveautés, des nouveaux produits, des nouvelles façons de faire qui arrivent. Par contre, on a démarré effectivement une transfo qui est une transfo de boîte. Un de nos enjeux, c'est de faire en sorte que ce ne soit pas une transfo tech only ou que ce soit la tech qui pousse les autres départements de l'entreprise à se transformer. Donc aujourd'hui, on a fait en sorte d'employer des process de changement et de transformation d'entreprise qui sont des... Process globaux avec on essaye de faire un mix de top down bottom up et d'enablement je sais pas si c'est le bon terme je sais pas exactement comment le dire en français on va essayer de donner les moyens à toute la boîte de de se transformer en même temps l'idée c'est de se dire que si c'est que du top down poussé par le management ça prendra pas la transfo est trop grosse si c'est que du bottom up en fait ça va mettre

trop de temps, ça va être très long, et juste filer des moyens sans avoir de vision et de direction, ça ne marchera pas non plus. Donc en fait, on essaye de combiner toutes ces approches pour faire en sorte que d'ici un an à 18 mois, on ait vraiment adopté l'IA comme un outil dans tous les départements de l'entreprise. L'idée, c'est de monter notre productivité, clairement. De façon à être plus efficace. Aujourd'hui, si tu regardes notre capacité à produire, elle est ralentie partout par des choses manuelles, pas automatisées, des choses pas efficaces. partout et là on se dit qu'on a une opportunité d'être vraiment plus efficace et donc de servir mieux nos utilisateurs à la fin parce que ce qu'on veut c'est produire plus, donc plus d'être meilleur en time to market, délivrer plus de fonctionnalités pour les utilisateurs et à la fin fournir de meilleurs services. Pour vous lancer sur ce projet, vous avez commencé par quoi et quelles sont les différentes étapes que vous prévoyez dans les prochains temps?

On a commencé par six mois d'études déjà. Là, on... On se parle maintenant de mise en œuvre, mais en fait, depuis janvier, on étudie le domaine, le sujet, on essaie de faire un état des lieux de là où on est. On a pas mal discuté aussi au niveau Adévinta, au niveau du groupe, pour savoir si on avait des stratégies communes ou pas communes, est-ce qu'il y a des outils qu'on prend en commun, est-ce qu'on peut avoir des effets d'échelle sur le procurement, sur les achats. Et puis ensuite, on a décliné une stratégie locale. Et maintenant, là, on est en train de la mettre en œuvre. Encore une fois, on pense que c'est une transformation d'entreprise parce que c'est une transformation qui dépasse le cadre de l'entreprise. Ce que je dis toujours à mes collabs, c'est que globalement, à partir du moment où c'est arrivé dans la vie de ta mère ou de ton cousin, c'est que c'est une transformation qui a déjà pris et qui est déjà mainstream. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, ma mère utilise ChatGPT. Cette transfo, on ne peut pas l'ignorer, elle est là. Maintenant, la question, c'est comment tu l'adoptes au mieux dans l'entreprise.

Et donc, du coup, là, on a commencé à essayer de se structurer autour de ça. Vraiment, notre enjeu, c'est d'être plus efficace. Donc, on veut faire en sorte d'optimiser ou d'automatiser tout ce qu'on peut dans tous nos départements. On a une direction projet qui est en place. On a du support technique pour aller aider tous les départements. On va former... 100% de nos collaborateurs, histoire de monter le niveau général de l'entreprise et des connaissances de chacun. On va faire de la com interne. parce que c'est du change management. On va essayer de mettre en évidence les use cases qu'on arrive à faire, qui marchent bien pour montrer aussi le potentiel et faire en sorte que ça prenne partout. Je ne sais pas si on y arrivera, honnêtement. Je ne sais pas si on y arrivera parce que je ne sais pas si on a les moyens de nos ambitions. Je ne sais pas non plus si... Ce que je prévois aujourd'hui, c'est ce qu'on va vraiment mettre en œuvre dans un an. On verra déjà au Summit, je pense, si ça a bougé entre ce que je prévois de faire maintenant et les premières mises en œuvre à la rentrée et en décembre.

Mais le projet est passionnant en tout cas. Donc ton intervention, ça se permettra de partager un point d'étape avec déjà plusieurs mois de recul. Quand on a préparé ce podcast, tu me disais que ce qui était notamment très important pour toi, c'était que l'équipe tech, étant donné le type d'outil, est très impliquée, est très à la manœuvre. Néanmoins, l'idée n'est certainement pas de faire. Pour les collaborateurs du Boncoin, mais de les aider à mettre en place, à mettre en œuvre. Vous avez ta parée de formation, est-ce qu'il y a des pratiques en particulier de Transfo que vous avez l'intention de mettre en place spécifiquement pour pouvoir les accompagner sur ce point-là? En tout cas, un des trucs que je peux te dire, c'est que Ce que je vois arriver, ou ce qui me paraît assez clair là maintenant, c'est qu'il y a beaucoup de choses qu'on faisait faire, qu'il va falloir qu'on fasse nous-mêmes. Ça, c'est une vraie transfo. J'ai eu des idées. Discussion par exemple pas mal avec notre CMO sur aujourd'hui on fait faire des contenus vidéo à des agences en externe.

Si on a les outils et qu'on peut faire nous-mêmes, peut-être que dans un an on fera moins appel à des agences. Je ne pense pas qu'on en fera plus parce qu'en fait on fait plein de choses avec une certaine qualité. Mais quand tu produis en masse, des contenus, j'en sais rien, si tu penses à des contenus de 10 secondes pour des réseaux sociaux, est-ce que tu as besoin d'aller payer une agence pour faire un truc ultra quali, ou est-ce que tu peux arriver avec des outils type Sora, ou des outils équivalents, des outils qui font du prompt to vidéo, est-ce que tu peux arriver à produire plus, plus vite, et d'une qualité suffisamment acceptable pour que ça devienne ta source de production primaire. Moi, je pense que ça arrive. Je pense que dans quelques mois, on en sera là. Et pour ça, il faut complètement transformer, revoir la façon de travailler et changer. L'équipe tech, elle va aider. Notre équipe tech, elle va aider. À mettre en œuvre les premiers use cases, mais ce qui est sûr, c'est qu'elle ne pourra pas supporter, on est 1500, elle ne pourra pas supporter les 1000 cas qui vont émerger d'agents autonomes qui vont aider chacun des départements, c'est impossible,

sinon il va me falloir énormément de monde. Et donc on est plutôt dans une philosophie de, un, faire émerger des champions locaux dans les départements, deux, plutôt train the trainer, c'est-à-dire que tu... ces champions-là, tu les entraînes suffisamment pour qu'ils soient capables eux-mêmes d'expliquer en local et de se former en permanence pour aider chaque département à faire ses use cases et les faire évoluer. En conséquence, tu imagines que ça va avoir quel type d'impact sur ta roadmap, notamment la roadmap produit et tech? Au bout du compte? Comment tu vois ça? Il y a deux aspects. Le premier, c'est qu'on a isolé quelques profils tech qui vont aider à... à faire cette transfo. Donc eux, ils n'ont plus produire au sens développé du produit. Ce n'est pas très grave. On est quand même côté tech 450. Donc tu peux me permettre d'isoler quelques ressources pour aider la transfo de la boîte. Ce n'est pas le sujet. Ça ne va pas impacter massivement notre productivité. Par contre, on attend dans les...

Deux ans à venir des gains de productivité de l'ordre de 25 à 30% juste côté tech, parce qu'on va s'outiller d'agents pour le développement, d'outils de mesure de productivité, parce qu'on va automatiser les code reviews, parce que tu vois toutes ces étapes du process de développement qu'on va essayer d'optimiser vont... En théorie, nous faire gagner ces gains-là. Après, je pousse beaucoup, notamment dans les discussions avec Noteboard, sur le fait que ce n'est pas suffisant, parce qu'en fait, le lead time de ton projet, le temps entre l'idée et la mise en œuvre concrète, c'est-à-dire que ça arrive dans les mains de ton utilisateur, le process de développement au milieu, c'est une petite partie d'un process beaucoup plus long, dans lequel tu fais des spécifications en amont, des tests utilisateurs, tu développes des maquettes, tu fais des UX, Tu découpes ton projet, ensuite tu le files au développeur, ensuite les développeurs font des étapes, ils testent, ensuite on va déployer avec un A-B test pour s'assurer que ce qu'on a d'étrange,

développer correspond bien aux besoins, tu vas ajuster, faire quelques allers-retours, ensuite tu vas mettre en production. Et c'est toute cette chaîne qu'il faut optimiser. Si tu optimises juste la partie du milieu qui est la production de lignes de code, tu ne vas pas obtenir les gains que tu veux. Donc en fait, on travaille vraiment sur toute la chaîne. Et toute la chaîne, ça dépasse le cadre de P&T, parce que les spécifications initiales, Elles sont faites par des équipes côté business development, par exemple. Si eux, j'arrive à optimiser leur phase d'études, j'optimise tout cet ensemble. C'est vraiment l'ensemble du cycle de vie du produit, du démarrage des nouvelles spécifications jusqu'à la mise en prod et le maintien en production qui doit être concerné et pas uniquement... qu'on va voir parfois de l'extérieur comme étant le développeur fait des lignes de code, mais en fait le produit c'est bien plus large que ça. Exactement, c'est bien plus large et même le boulot du développeur aujourd'hui, si c'est bien plus large que ça aussi, tu sais, on peut le segmenter en... 10, 15, 20 tâches différentes en fonction des boîtes. Il ne faut pas optimiser juste la petite partie du milieu, parce que sinon, quand tu regardes l'ensemble, tu ne vas pas gagner les gains que tu veux gagner.

Dans tout ce projet, tu as des écueils que tu as déjà identifiés? Si oui, comment tu imagines les traiter sur le plan humain, sur le plan plus... Non, ce que je vois, c'est qu'on a déjà pris des décisions, nous, qui ne sont aujourd'hui pas suffisamment basées sur de la data. Et ça, ça me gêne un petit peu. Il fallait avancer, donc on a avancé. Mais tu vois, par exemple, on a fait une expérimentation sur les outils pour les devs. Quelle suite agentique tu veux utiliser? Est-ce que c'est CloudCode, Copilot agentique? Est-ce que c'est Winsurf avec leur LLM en propre? Ou est-ce que c'est encore un autre outil? Et on n'avait pas d'outil précis pour mesurer la productivité. De nos équipes, donc on a fait des surveys, donc on a mixé du quali, du quanti, mais le quanti, c'est pas ouf la qualité de ce qu'on obtient comme résultat.

Et du coup, on a pris des décisions basées sur ces datas-là, que je trouve aujourd'hui pas folles. Si je pouvais revenir en arrière, je me serais battu pour mettre en place des outils de mesure de productivité plus efficaces avant de lancer les expérimentations de façon à avoir des vrais résultats pertinents. Au-delà de ça, vraiment sur cette partie développement logiciel, On a aussi filé des outils à nos devs en leur disant« testez», mais on ne les a pas accompagnés. Et ça, c'est une énorme erreur, parce qu'aujourd'hui, si tu prends un outil comme, j'en sais rien, CloudCode, qui est assez disruptif en termes de façon de travailler pour un dev, s'il a l'habitude de bosser dans un IDE plus classique à la VS Code, c'est un paradigme très, très différent. Et s'il n'est pas accompagné, expliqué, comment s'en servir et comment s'en servir bien. En fait, les premiers résultats ne sont pas bons, mais ils ne sont pas bons pas parce que l'outil est mauvais, mais parce qu'on ne s'en sert pas bien. Et ça, aujourd'hui, nous, on l'a vu clairement quand on a fait les tests, quand on a fait les expérimentations, si tu veux, on avait la productivité.

Cette productivité toute relative qu'on mesurait qui baissait avant de se mettre à remonter une fois qu'on avait vraiment appris à s'en servir. Ça montre aussi que tout ce qui est facteur de... confusion est à garder de façon précautionneuse parce que finalement on peut avoir une baisse dans ce cadre-là de productivité, non pas à cause de la qualité de l'outil, mais de la façon de s'en servir et ce n'est pas forcément toujours très intuitif. Oui, et puis surtout il y a beaucoup de hype, on entend beaucoup parler de ces gains de productivité partout, pas que chez les devs, mais partout. Moi, ça me gonfle un peu, ce truc-là, parce que les gens qui en parlent ne décrivent pas suffisamment la manière de faire pour les obtenir. Et donc, en fait, ça fait briller les yeux des investisseurs ou des gens qui vont gérer les budgets et qui vont, grosso modo, attendre ces gains. Mais ils n'ont aucune idée de comment il faut mettre en œuvre. Et quand toi, tu te frottes à la mise en œuvre, tu n'as pas suffisamment de retours d'expérience.

Donc, en fait, tu n'obtiens pas les résultats attendus. Et donc, derrière, ça te met un peu en porte-à-faux. Je n'aime pas cette situation. Ce qui se comprend, parce que c'est derrière compliqué parfois d'expliquer aux personnes qui pensent savoir, mais qui ne savent pas forcément qu'en fait, ils n'ont pas émis le bon jugement sur l'outil. On va arriver à la fin de ce podcast. Est-ce que tu aurais un message à transmettre aux auditeurs concernant à la fois le projet que vous menez à l'aide de la GNI au Boncoin et sur d'autres thématiques? d'intérêt pour toi en lien avec l'IA? Moi, je vous incite. déjà tous à venir nous retrouver au Summit, parce qu'au-delà de ce qu'on s'est raconté là, on aura vraiment, comme tu le disais tout à l'heure, un vrai retour d'expérience avec une mise en œuvre de plus de six mois et presque un an, ça fera presque un an qu'on est sur le sujet, Donc, on aura vraiment des retours. Je pense qu'Ali a à fournir avec plein de learning et probablement des réussites et aussi des échecs.

J'espère pas trop sur les échecs, mais on verra ce que ça donne. Venez nous voir parce que je pense qu'il y a aussi cette communauté Tech.Rocks qui est très forte, sur laquelle on a des tas de leaders influents qui ont... Beaucoup d'expérience et sur lequel on peut aider la communauté. Nous, on veut pousser l'écosystème français, donc on est là pour ça. Et moi, je serai à dispo pour répondre à toutes les questions au sommet, je serai là. Merci beaucoup, Julien, pour tout ce partage et tout ce teasing concernant la table ronde d'UNI dans les entreprises. N'oubliez pas de nous retrouver le 1er et le 2 décembre 2025 au Théâtre de Paris pour le Tech Rock Summit 2025. On vous attendra avec impatience.