← BibliothèqueToutes les vidéos
Meetup Tech.Rocks
Tech for Good #2
- François Richard (Expert impacts environnementaux du numérique, The Shift Project)
- Hervé Dumas (CTO, L'Oréal)
- François Sterin (Chief Industrial Officer, OVHcloud)
- Meriem Berkane (CTO, Octo Technology) — animation
- Tommy Dessine — illustrations en direct
Meetup Tech.Rocks · 12 novembre 2020 · 65 min · en français
Résumé
Replay du meetup Tech.Rocks « Tech for Good #2 » du 12 novembre 2020. Les entreprises du numérique sont une partie de la solution pour aller vers la transition écologique et énergétique. Comment promouvoir les low-tech ou des pratiques vertueuses pour diminuer l'empreinte énergétique du digital ? Avec deux acteurs engagés sur le sujet, le Shift Project et le Cigref, la session esquisse un guide pratique de la sobriété numérique, quinze jours à peine après la sortie d'un rapport sur ce thème : l'ampleur de son impact auprès des acteurs, comment l'appliquer et des cas pratiques d'usage.
Summary
Replay of the Tech.Rocks meetup "Tech for Good #2" of 12 November 2020. Digital companies are part of the solution in moving towards the ecological and energy transition. How can low-tech or good practices be promoted to reduce the energy footprint of digital technology? With two players committed to the issue, the Shift Project and Cigref, the session outlines a practical guide to digital sobriety, barely two weeks after a report on the subject was released: the scale of its impact on industry players, how to apply it, and practical use cases.
Thèmes : Impact & numérique responsable
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Bonjour, bonjour à toutes et à tous. Je suis ravie de vous retrouver encore dans ce Meetup Tech.Rocks. Toujours, toujours ravie d'être là et surtout ravie de partager avec vous, de parler ensemble de ce sujet qui nous tient à cœur, je suis sûre, et qui est notre empreinte énergétique, la souveraineté numérique. De notre industrie, de notre métier sur notre chère planète. Et je suis ravie aussi parce qu'à chaque fois, on a des invités de folie. C'est encore le cas aujourd'hui. Franchement, je n'en reviens pas. On va avoir François Richard du Shift Project et Hervé Dumas, qui aujourd'hui est sitio de L'Oréal, qui travaille énormément sur ces questions-là. On est vraiment ravis de la voir et qui a aussi collaboré avec le Shift Project. Vous allez voir comment. Je vous invite à me rejoindre, Hervé et François, si vous m'écoutez. Et on va démarrer ce meet-up tout de suite. Bonjour Hervé.
Bonjour, avec la caméra c'est mieux. Bonjour tout le monde, ravi de vous rejoindre aujourd'hui. François, j'imagine qu'il va nous rejoindre très bientôt. Donc, on va démarrer tranquillement. Donc, Hervé, je disais que tu étais aujourd'hui sitio de L'Oréal. Je te laisse te présenter parce que tu as un parcours vraiment impressionnant. Je te laisse te présenter un petit peu. C'est une pression, merci Meriem. Non, voilà, tout simplement. L'Oréal, c'est un groupe que j'ai rejoint en début d'année 2020 en tant que CTO. J'étais précédemment CTO du groupe Veolia pendant un peu plus de six ans. Et en tant que CTO, effectivement, ces préoccupations, sont de saines préoccupations qui résonnent pleinement pour moi avec les missions qui sont les nôtres au sein des organisations publiques, privées, nationales ou internationales, dans lesquelles on doit continuellement apporter de la valeur et des dynamiques de progrès.
Voilà, ça s'inscrit pleinement dans... Dans ce qu'on a à faire. C'est vrai que c'est une question vraiment intéressante. Hier, en préparant un petit peu, oui, parce qu'on a un peu travaillé hier, donc en préparant l'événement, tu m'expliquais que c'était quelque chose que tu mettais, toi, sur la table en arrivant dans une entreprise d'emblée, c'est-à-dire en entrée de jeu, tu exposais cette problématique-là. Je trouvais ça intéressant comme démarche. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus? Parce qu'en général, et c'est tout à fait sain et compréhensible, les discussions démarrent sur des dynamiques. d'évolution, de mouvement, de transformation, pour délivrer de mieux en mieux, de la manière la plus rapide, flexible, fiable, sécurisée, les services numériques du système d'information pour de plus en plus de collaborateurs connectés et aussi pour les notions d'entreprise étendue avec ses consommateurs, ses clients, ses partenaires, son écosystème.
Tout le monde fait le constat, et l'année 2020 avec ses particularités inédites ne font qu'amplifier cette tendance, tout le monde fait le constat que l'appétence au numérique et les besoins numériques sont croissants. Et qu'on peut avoir une saine certitude comme baseline de départ, c'est que si on continue à faire comme avant, on risque juste d'obtenir les mêmes résultats. Et que grâce aux analyses transverses qui sont faites par les experts qui s'intéressent à l'énergie, à l'eau, aux ressources non renouvelables, on comprend vite que le numérique, c'est sur Terre que ça se passe et que pour arriver à construire un avenir durable et soutenable de nos activités, il est sain de s'en préoccuper, mais dans la dynamique d'évolution et de souhait d'amélioration d'une entreprise, et non pas de manière, on va dire, ça ne doit pas être un frein brutal, mais ça doit embrasser des dynamiques en s'inscrivant dans de saines...
limites, à commencer par les limites planétaires. C'est très intéressant. Alors justement, tu parlais à un moment de publications intéressantes, d'experts qui ont fait des travaux sur ce sujet-là. Alors, je pense que François va nous rejoindre dans quelques minutes, mais voilà, il y a le Shift Project qui a travaillé sur un certain nombre de publications et je sais que tu as travaillé de façon très proche avec eux, notamment en faisant la liaison avec le CIGREF. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus? de cette initiative et même du projet globalement, peut-être de présenter aux personnes qui sont avec nous, qui ne sont peut-être pas initiées, Je vais essayer. Alors, effectivement, on est en 2020. Ça fait un certain nombre d'années que, par itération successive, je travaille sur le sujet. J'ai commencé par m'informer. Je pense que c'est un bon parcours de s'intéresser. Effectivement, on quitte un petit peu des fois les sphères du développement, des infrastructures, du code, des équipements, etc.
Pour s'enrichir un petit peu en connaissance sur les sujets énergétiques, les sujets de ressources, les sujets autour du cycle de l'eau. Et il y a des sources précieuses d'informations via des diffusions numériques qui sont disponibles. Et puis, depuis deux, trois ans, on va dire qu'il y a une émergence forte et des contributions vraiment précieuses autour de cette préoccupation de construire un avenir durable du numérique, notamment avec le Shift, mais aussi des précieuses contributions de l'INR, de l'ADEME. Vous avez aussi l'année dernière une publication, je trouve très intéressante, en termes de vulgarisation et d'accessibilité de l'ARCEP sur les réseaux du futur, par exemple. Et tout ça, les équipes Green IT, notamment avec Fred Bordage, dans le périmètre français, il y a une grosse... une grosse dynamique qui s'étend un petit peu sur l'Europe.
Donc, il y a énormément de publications précieuses, de plus en plus de contributeurs. Et effectivement, dans le cadre du CIGREF, on a lancé l'année dernière la première saison d'un groupe de travail sur la sobriété numérique. Saison qui s'est conclue par la publication d'un rapport publiquement disponible il y a quelques jours maintenant, qui sera aussi traduit en anglais prochainement. Il est disponible en français pour l'instant. Qui a vocation à être une introduction, mais pas seulement. C'est-à-dire qu'on a eu la chance d'avoir, dans le cadre de ce groupe de travail, énormément de contributions, un très haut niveau de participation pour un groupe de travail qui ne s'est pas... Qui s'est confirmé même pendant la période confinée où on a basculé nos sessions de travail en mode virtuel. Et notre volonté sur cette première phase, en collaboration avec le Shift notamment, ça avait été d'illustrer le plus possible par des réalisations concrètes d'entreprises,
comme source d'inspiration, de retour d'expérience, etc. Et là, on a eu la chance d'avoir effectivement une belle diversité de contributeurs privés et publics qui illustraient sur différentes thématiques. différents chapitres, leur démarche, leur réalisation, leur capacité de mesure ou leur difficulté de mesure, Et je pense que ça résonne bien avec, quand on appréhende ce sujet, il y a évidemment le sujet de l'acquisition de connaissances initiales pour comprendre pourquoi ce sujet existe et pourquoi ça fait sens de s'en occuper. Et puis, et ensuite, il y a dans l'opérationnalisation, on va dire, le besoin. Je sais que ça peut être un point de friction quelquefois par rapport au, on va dire, On rencontre des experts et des personnes très engagées en dehors de la sphère numérique sur la préoccupation environnementale. Il y a un niveau d'exigence extrêmement sain et vertueux de la mesure, l'auditabilité, la certification de ce qu'on fait en termes de mesures, justement pour que ça rentre au bilan
de l'organisation, de l'entreprise, de manière non discutable. Et puis, il y a la réalité de l'écosystème IT d'entreprise, que je connais bien, auquel je travaille depuis de nombreuses années, avec des niveaux de maturité, on va dire, à géométrie extrêmement variable, qui peuvent rentrer un petit peu en friction par rapport à cette saine exigence vers laquelle il faut tendre d'auditabilité et de certification. Et donc, il faut combiner ça pour, malgré tout, créer le mouvement, avancer, etc. avec une forme de pragmatisme et de bon sens, qui n'apportera peut-être pas dans un premier temps toutes les capacités de mesure, de progrès, etc., mais qui font appel à, on va dire, d'autres leviers et qui sont malgré tout vertueux. Donc, c'est arrivé à actionner ça dans une organisation, c'est arrivé à combiner ces deux dynamiques d'exigence et de bon sens, et puis de jouer les bases communiquants. Pour que, petit à petit, petit à petit aussi toutes les sphères où la mesure extrêmement précise est difficile encore à réaliser, plein de raisons, à commencer par l'absence de données fournisseurs, par exemple,
pour qu'on puisse jouer les vases comme unicornes dans une feuille de route vertueuse. Et qu'il faut aussi... C'était aussi un des objectifs qu'on avait avec les contributeurs du SIGREF. Il faut aussi, comment tu pourrais exprimer ça? Il faut arriver à combiner des temporalités différentes. C'est-à-dire qu'on le voit bien, et ce n'est pas propre à la sphère IT, à tout son écosystème, mais on voit bien, et c'est très positif, il y a de plus en plus de déclarations d'intention et d'engagement sur des temps longs. Sur des temps. Donc, par exemple, on va trouver des essais publics, des entreprises très engagées sur des objectifs extrêmement ambitieux à 2040, 2050, des choses comme ça. Sauf que nous, notre réalité de CTO, c'est d'accompagner les entreprises sur les mouvements 2020, 2023, 2020, 2025, et d'être dans une dynamique forte de progrès là-dessus.
Et donc, pour ça, il faut plutôt se baser sur les réalisations déjà acquises de l'écosystème et non pas leurs intentions. à combiner des temporalités aussi un petit peu différentes. Et ça aussi, ça fait partie de la pédagogie interne. Traduire la vision en des actions concrètes du court terme, moyen terme, etc. Oui, parce que pour tirer bénéfice de leviers d'action qu'on déclenche maintenant, ça veut dire qu'on se base aussi sur des réalisations, on va dire, passées de certains fournisseurs concrets, mesurable, etc. Et non pas une intention aussi stimulante et sympathique soit-elle en termes d'exercice de pensée. Je vois de se multiplier les intentions de rétro-pédaler sur les émissions de CO2. Moi, je ne peux pas attendre 2050. Voilà, il faut faire court. Je comprends. Merci Hervé. Alors, il y a François qui vient de… Oui, c'est ça.
C'est François qui vient de nous rejoindre. Oui, vous m'entendez? Oui, oui, oui. Ah, désolé d'être… François, j'avais quelques soucis de connexion, désolé. Bonjour à tous. La magie du live, comme je disais, on est ravis de t'avoir avec nous. La magie, oui. Donc, François, toi, tu es du Shift Project. Je vais te laisser te présenter rapidement et puis peut-être te présenter un peu plus. Effectivement, on a parlé de la collaboration avec le CY, mais présenter vraiment le Shift Project peut-être. Alors, effectivement, je suis au Shift Project, qui est un organisme, une... Think Tank qui effectivement s'occupe de la décarbonation de la société et donc regarde au travers d'un certain nombre de rapports qu'il élabore avec un certain nombre d'experts, regarde de quelle manière il est envisageable et possible d'apporter des solutions auprès des décideurs sur la décarbonation de la société. Et cette décarbonation, on l'étudie sur différents domaines, donc non seulement effectivement le numérique, mais aussi beaucoup d'autres domaines qui nous semblent être importants à
démystifier et élaborer quelques solutions pour que les décideurs divers et variés puissent comprendre et puis ensuite agir dans le sens qui nous semble important de décarbonation. Voilà, et nous venons de sortir, depuis le 15 octobre, un troisième rapport sur l'aspect numérique concernant en particulier l'IoT, qui est effectivement un domaine qui nous semble important, en tout cas pour le futur, et sur lequel il nous faut nous préparer à bien comprendre de quelle manière on serait d'accord pour le déployer, mais également sur l'IT des grandes entreprises. Et là-dessus, Hervé Dumas, effectivement, sera beaucoup plus à même de répondre aux questions sur ce sujet-là. Mais nous avons effectivement, avec le CIGREF, travaillé sur le rapport du CIGREF, mais nous avons aussi, au sein du Shift Project, établi un certain nombre de principes et, je dirais, de... de guide pour aider les entreprises à appréhender cet aspect important maintenant de la décarbonation et de la sobriété numérique pour effectivement les aider à
mieux travailler sur ce sujet-là lorsqu'elles sont elles-mêmes conscientes de l'enjeu que ça peut représenter au niveau de leur stratégie. Et du coup, François, juste rapidement sur ce dernier rapport qui a été publié, effectivement, il était question, en préparant ce rendez-vous, Tu m'as expliqué qu'il était question beaucoup de 5G, de l'impact sur la vidéo, de la démocratisation de la vidéo, par exemple, sur l'Internet des objets. Il y a peut-être une frontière entre tout ce qui est B2C, B2B. Est-ce qu'on peut donner un état des lieux un peu rapide pour les gens qui nous écoutent aujourd'hui? Si on devait leur donner les informations importantes, parce que tout le monde n'a pas forcément eu le rapport, tout le monde n'est pas au fait de là où on en est en termes de progrès ou d'utilisation de ces technologies-là. Absolument. Alors peut-être juste en quelques lignes, les différentes étapes par lesquelles nous sommes passés sur la partie sobriété numérique. Donc il y a trois ans, nous avions sorti un premier rapport qui s'appelait l'IniCity et dans lequel nous expliquions que toute la...
L'ambiance générale dans laquelle nous étions, qui était, il faut absolument virtualiser toutes les activités, tous les processus, toutes les habitudes, ou en tout cas les travaux industriels, nous semblait être quelque chose qui était trop systématique pour être viable, et qu'il fallait absolument regarder ça de manière beaucoup plus précise, et ça selon les différents projets. Et nous avions en particulier indiqué que le numérique représentait, en ce qui concernait la production du CO2 à cette époque-là, 3 à 4%. Au niveau mondial, et donc ça, je dirais, équivalent à peu près à la production de CO2 par le monde aérien, mais par contre, la croissance dans laquelle nous sommes, nous étions, était effectivement une croissance relativement forte, puisque c'était de l'ordre de 9% par an, nous amenant à doubler la production de CO2 d'ici 2025, et donc d'accéder dans les quelques années à la production de CO2 du parc automobile.
Donc c'était quelque chose qui était quand même relativement dangereux par rapport à la COP21 qui nous avait indiqué. Vous savez que chacun des mondes industriels tend vers effectivement une diminution de la production de CO2. Il y a deux ans, nous avons sorti un deuxième rapport sur la partie vidéo. Et là où nous avons effectivement indiqué et précisé que 80% de la croissance, des datas sur le réseau Internet d'une manière générale étaient dues à la vidéo. Et dans cette vidéo, en plus, il y a effectivement de l'ordre de 25% liés à la vidéo porno. Donc, quelque chose qui, au niveau sociétal, ne nous semble pas obligatoirement très, très sain. Et cette croissance de data liée à la vidéo, nous inquiète d'autant plus qu'il y a des nouvelles normes qui sont en train de sortir, en particulier liées à la partition de la 5G, donc la 4K, qui est une croissance encore plus forte, en tout cas un apport d'une définition beaucoup plus grande encore sur la vidéo, et qui du coup va produire une croissance de plus en plus forte des datas échangées sur les réseaux.
Et effectivement, la 5G est un moyen, je dirais, d'une certaine manière, de favoriser. cette croissance, ou favoriser ces échanges. Et là, ça nous semble être relativement dangereux, même si la 5G en tant que telle n'est pas, d'une certaine manière, une technologie qui va dépenser beaucoup d'énergie, ou en tout cas qui va produire du CO2 puisqu'elle est optimisée. Mais par contre, c'est un levier qui va permettre effectivement à un certain nombre de services nouveaux à apparaître et peut-être ces services nouveaux ne seront pas obligatoirement tout à fait bons pour la société en ce qui concerne l'impact environnemental. Et j'en termine avec l'IoT. Effectivement, l'A5G, d'une certaine manière, même si l'IoT a commencé à déjà se développer, l'IoT va effectivement pouvoir se développer de manière beaucoup plus forte grâce à la 5G. Mais par contre, on voit que l'IoT va avoir une croissance différente en ce qui concerne effectivement la partie B2C ou la partie B2B.
Et notre inquiétude vient beaucoup plus de la B2C. Qui est effectivement un lieu où, je dirais, les achats sont impulsionnels et pas obligatoirement rationnels, et donc réfléchis dans un sens en particulier de l'impact environnemental. Et nous avons étudié à ce titre-là quelques exemples de développement de l'IoT sur en particulier les ampoules connectées. Qui aujourd'hui commence à se décoyer. On a vu une offre faite par le Romerlin. Et là, on se rend compte que lorsqu'on utilise des voitures, ampoule connectée, on a effectivement une dépense énergétique tant sur la production des ampoules en question, sur la production des équipements intelligents associés à l'ampoule pour qu'elle puisse s'éteindre et s'allumer lorsqu'il n'y a plus personne dans la salle ou dans la pièce, qui ne compense pas qui est nettement supérieur à ce que l'on peut économiser. Et donc, on se rend compte que là, c'est un impact environnemental beaucoup plus important qui risque d'être créé.
la LED en tant que telle est effectivement une technologie qui permet de... Donc, le principe qu'on essaye de soulever dans ce rapport, c'est de dire, attention, ce n'est pas quelque chose de systématique de pouvoir effectivement, en utilisant l'IT, ou le numérique faire baisser l'impact environnemental. Ce n'est non pas le contraire, mais en tout cas, il faut le regarder de manière beaucoup plus précise et systématique en intégrant tout le cycle de vie, et donc la production et les usages. C'est ça. Merci François. Effectivement, on voit ce pragmatisme et cette précision dans la mesure qui sont importantes dans la prise de décision. Ce n'est pas manichéen, c'est vraiment les données qui parlent. Et justement, ça me fait réagir par rapport à la question. Il y a une question pour Hervé sur qu'est-ce qu'on fait concrètement dans nos entreprises aujourd'hui, typiquement pour L'Oréal. Donc voilà, comment on gère cette tension? Parce que c'est très naturel pour une entreprise finalement d'aller vers des usages innovants. Quand je fais un service qui est de l'IoT pour du bit aussi, j'ai envie qu'il soit très utilisé.
Comment on gère cette tension au quotidien quand on est CTO ou quand on est avec ce genre de conditions? Oui, la croissance de la demande, c'est vrai qu'on est dans un secteur assez formidable en termes d'appétence et qui apporte son lot de valeur sans aucun doute. Je crois qu'on peut constater qu'il y a maintenant une prise de conscience, donc premier point, Premier pas qui est le monde est numérique et il est là pour durer et rester. C'est dans la réalité des entreprises, donc il n'y a plus trop de débats, même si ça pouvait l'être encore par moment. Donc ça, c'est un premier point et c'est un constat accéléré certainement par ce monde Covid qu'on traverse. Mais aussi parce qu'il ne se passe plus rien dans une entreprise sans qu'il y ait une part de numérique dans une activité, un mouvement, une initiative, etc. Comment aborder ça? Moi, je recommande vivement de commencer à détourer, à scoper des choses parce que, comme le disait François, l'analyse d'impact, l'analyse du cycle de vie, c'est
des compétences, des connaissances très intéressantes pour le monde de l'IT. Ça touche à peu près toutes les activités. Donc, il y a la grande famille des infrastructures, on va dire des capacités de calcul et de stockage. Là, je dirais qu'il y a peut-être deux grands patterns au niveau des organisations. Est-ce qu'on est dans une logique nationale? Typiquement, prenons le cas, puisqu'on est ici en France, franco-française, il y a une particularité énergétique en France par rapport à l'électricité. Donc, si on a un système d'information franco-français à délivrer, on n'est pas forcément tout à fait sur les mêmes leviers d'action. Quand c'est sur une logique continentale ou internationale, là, il y a des préoccupations très différentes qui peuvent naître. Mais il y a le sujet des... infrastructures, celles qui vont sous-tendre ces capacités de calcul et de stockage, les choisir au mieux, région par région, continent par continent, avec des niveaux d'exigence croissants par rapport aux fournisseurs. Ensuite, il y a un travail qui revient vraiment en force et que j'aime beaucoup, c'est la préoccupation d'architecture des services numériques qui vont être délivrés.
Si on a déjà pu franchir cette étape d'avoir les meilleures infrastructures possibles dans la réalité du moment, en termes d'impact environnemental et de cycle de vie complet. Quand je parle de cycle de vie complet, c'est très important en termes de connaissances pour l'IT, ce n'est pas uniquement l'usage qu'on a fait en entreprise, c'est vraiment en amont les phases de production, pré-manufacturing, manufacturing, parce que pour tout ça, il faut des équipements. Donc, on en revient toujours au cycle de vie des équipements du numérique, la phase d'usage en entreprise, la phase de réutilisation éventuellement en dehors de la sphère d'entreprise et la gestion de la fin de vie. Là, il y a énormément de progrès à faire sur la gestion de la fin de vie. Donc ça, c'est vrai pour les infrastructures et c'est vrai pour un autre domaine très impactant que j'aborderai après. Le sujet d'architecture, bonne nouvelle, avec les innovations de ces dix dernières années et l'innovation continue du monde du numérique, on a vu émerger des principes d'architecture.
Principalement inspiré par les géants du web, sur du serverless, du microservice, etc. Mais qu'est-ce que ça veut dire aussi comme levier par rapport à la préoccupation du jour? C'est d'arriver, à partir du moment où on est sur une infrastructure partagée, la plus saine possible, à ne consommer que ce dont on a besoin quand on en a besoin. C'est déjà un progrès par rapport à des pratiques historiques, contraintes des fois par la technologie elle-même, d'avoir beaucoup, beaucoup de dédiés, beaucoup de gros blocs posés. qui sont là avec leur logique financière type CAPEX qu'il faut amortir pendant X années et je dirais indépendamment de leur usage, de l'intensité de leur usage. On voit aussi que là, ça résonne pleinement avec des préoccupations. Du bien-faisant d'aujourd'hui, avec tout le niveau d'incertitude et d'imprévisibilité qu'il peut y avoir, tant quand on lance des initiatives numériques que quand on est au cœur du business, offrir plus d'élasticité, c'est aussi une valeur business pour l'entreprise.
Donc, les architectures, vraiment, Et être en capacité de, et ça va avec la dynamique de modernisation, d'offrir des architectures de plus en plus élastiques, de moins en moins impactants, c'est très favorable. Et puis, il y a un autre domaine qu'il faut détourer, qui est vraiment tout le domaine des équipements, à commencer par les équipements utilisateurs. C'est un domaine très impactant quand on fait son bilan environnemental d'un système d'information. Au moins aussi impactant, si ce n'est plus que celui du calcul et du stockage. Et là, c'est vraiment dans le cycle de vie des équipements qu'il faut travailler. C'est le plus gros levier d'action. Je passe à l'éducation utilisateur sur prenez soin de vos équipements, utilisez le plus longtemps possible. Et ça crée des frictions, ça crée des frictions parce que, bon là, on est un peu… contraint sur les dîners en ville, mais aller dans... Voilà, c'est juste au-delà de la blague, aller dans un dîner en ville avec le... dernier équipement à la mode ou qui vient juste de sortir, comment on valorise le fait que finalement, nous, on ne va peut-être pas faire comme avant.
On va utiliser plus longtemps, puis on va essayer de réutiliser le plus possible et de mieux gérer la fin de vie parce que les déchets du numérique ont des conséquences très, très fortes là-dessus. Et puis après, il y a l'usage lui-même. l'usage lui-même, éviter les usages déviants. Donc, c'est très intéressant comme thématique utilisateur. Alors justement, il y avait une question sur les grosses poches d'économie d'énergie qu'on peut activer. Je crois que celle que tu viens de citer, c'est l'une des plus importantes, c'est la gestion des terminaux. Je crois que toutes les études à peu près sont alignées sur le fait que le cycle de vie d'un terminal est probablement ce qui pèse le plus aujourd'hui sur les consommations. Ça pèse énormément et ce qui est intéressant comme domaine, c'est qu'il est commun à toutes les entreprises, quelle que soit leur empreinte géographique, quelle que soit leur activité privée, publique, quelle que soit leur taille. C'est une préoccupation commune, donc qui rassemble facilement l'ensemble des contributeurs potentiels. Après, c'est trouver le cheminement avec l'écosystème aussi, d'une transition, il
faut appeler les choses comme elles sont, à une forme de passer de logique d'abondance illimitée à une rareté maîtrisée et valorisée. Ça fait sens et il y a des business models qui peuvent... obtenir sur cette logique-là et non pas en favorisant l'obsolescence programmée, le dernier truc de la mode, etc. Justement, une question là-dessus, peut-être pour François. Est-ce que c'est possible de combiner un avenir green avec une maison connectée, avec plein d'équipements dans tous les sens, avec plein de services intéressants? Est-ce que c'est possible de marier ces deux mondes-là? Avenir green au niveau de la maison connectée, on parle beaucoup effectivement des bâtiments et des appartements, des immeubles dans lesquels il est vrai qu'on pourrait combiner une installation d'un certain nombre de capteurs à l'intérieur des appartements ou des immeubles pour mieux gérer la consommation d'énergie. Il faut néanmoins le regarder de manière très précise parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, si nous laissons
les achats impulsionnels se faire sous prétexte qu'ils puissent apporter, et ça le marketing des offres sera très fort pour effectivement le montrer ou en tout cas l'affirmer, si effectivement il est prétendu qu'il y a des économies d'énergie possibles, il faut à chaque fois être capable, et je pense que là il y aura des réglementations à mettre en place parce que le consommateur tout seul ne sera pas capable de faire la différence, donc de vérifier que les produits qui seront utilisés pour équiper les maisons sont véritablement des produits basse. basse consommation aussi bien au niveau des usages qu'au niveau de la production. Néanmoins, il y a nécessité, me semble-t-il, de le faire de manière très rationnelle et peut-être d'avoir effectivement, un petit peu comme il se passe dans les bureaux, où là il y a des services qui sont dédiés à ce genre d'opérations, donc d'économie d'énergie dans les bureaux ou dans les bâtiments industriels,
parce qu'il y a effectivement une sorte de... de mutualisation d'un certain nombre d'infrastructures qu'il faut être capable de mettre en œuvre pour que ça soit véritablement intéressant. Donc là, il faut faire attention. Et je pense et je crains, par exemple, il y a eu un certain nombre de… Il y a l'équipement des maisons avec le Linky, le compteur électronique communiquant, qui normalement devrait apporter la possibilité de faire des économies. Ce que l'on voit au travers des études qui sont faites sur ce type d'équipement, c'est que les économies ne viennent pas naturellement, c'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'on a un Linky à la maison qui certes nous donne la possibilité de suivre la consommation, je dirais presque heure par heure, de manière beaucoup plus précise que ce que l'on a vu jusqu'à présent, puisque c'était effectivement une consommation par an que l'on avait. Certes, on a effectivement beaucoup plus d'informations, mais ce n'est pas pour autant, si on ne change pas ses habitudes, ses comportements, que cette consommation va baisser. Et donc, on voit qu'on a à ce niveau-là mis un équipement nouveau qui consomme lui-même
pour effectivement fonctionner, qui a consommé de l'énergie et des composants électroniques divers et variés, qui a mis un nouveau réseau en place puisque la collecte des informations passe par un nouveau réseau. Et que derrière, en ce qui concerne l'usage qui en est fait par les clients, les abonnés au réseau électrique, il n'y a pas de diminution de consommation. Cette diminution de consommation, on nous annonce qu'elle pourrait apparaître. si effectivement on équipait la maison d'un certain nombre d'autres capteurs. Donc là, on est dans une boucle qui n'est pas obligatoirement vertueuse. On peut... Pardon? D'une certaine manière. Alors, c'est vrai que les travaux et les obligations réglementaires, parce que c'est quelque chose qui est venu de la Commission européenne, sont relativement anciens et qu'ils n'étaient pas obligatoirement faits dans un esprit d'impact environnemental. Il y avait effectivement une volonté de pouvoir simplifier, faciliter pour le consommateur le suivi de la consommation, mais aujourd'hui, on n'a pas...
La preuve que cette suivi de consommation permet de faire des économies. Donc là, il y a quand même un souci. Oui, une question assez intéressante, effectivement, qui revient, qui est sur ce qu'on peut appeler l'accompagnement de l'utilisateur final pour changer les processus. Effectivement, si on a des équipements super, mais qu'en fait, on ne se sert pas de ces données-là pour améliorer les usages, on n'a pas forcément avancé. Du coup, est-ce que vous avez, Hervé ou François, des choses là-dessus, formalisées peut-être pour les utilisateurs finaux, je ne sais pas, des guidelines ou des documentations, des choses sur les usages finaux? Juste, et je vais laisser Hervé parler, juste ce que je voudrais dire, c'est que la tendance sur laquelle on est, c'est que ce n'est pas la technologie qui va régler nos problèmes d'impact environnementaux. Il faut vraiment avoir ça en tête et donc faire confiance ou en tout cas attendre de la part de la technologie. solutions ne nous semblent pas. On a une urgence véritablement sociale, sociétale, sur la diminution de la température et faire de telle sorte que la croissance de la température ne dépasse pas les 2 degrés.
Cette urgence, elle nécessite d'agir beaucoup plus vite que ce qu'on imagine et que les technologies en tant que telles, ne seront pas, si jamais, si tant est qu'il y ait des technologies qui nous permettent effectivement de diminuer la consommation, ces technologies, on ne les connaît pas aujourd'hui, elles ne sont pas encore industriellement déployées, et donc il faut, me semble-t-il, ne pas, donc on parle de low-tech, Mais je pense qu'il y a quand même une petite partie de vérité là derrière, c'est-à-dire qu'il ne faut pas chercher, il faut essayer effectivement d'éduquer les personnes pour qu'elles puissent avoir un moindre impact environnemental, mais pas obligatoirement au travers de technologies nouvelles. Merci François. Alors peut-être Hervé un petit mot avant de se retrouver tous à la fin pour les questions réponses et puis on donnera la main à un proviseur de paix juste après parce qu'il y a des questions sur le cloud. Hervé tu veux dire un dernier mot? Je rejoins François au sens où il faut s'occuper de l'existant.
C'est un petit peu ce que je disais tout à l'heure sur les différentes temporalités. Il y a des exercices de pensée qui sont très intéressants à suivre et qui sont sur une ou deux décennies, mais qui restent des exercices de pensée à date. que c'est bien aussi d'être très pragmatique, On a tous un existant, on a tous un système d'information à faire vivre. Donc, ça reste une activité traditionnelle et là aussi, de manière traditionnelle, à améliorer de manière permanente les usages. De nos collaborateurs connectés, les interactions interapplicatives, les interactions type entreprise étendue, etc. Et ça, ça rejoint des dynamiques. Moi, ce que je défends le plus possible pour ces phases de... de démarrage, d'initialisation, c'est d'inscrire ces préoccupations-là de la manière la plus naturelle possible dans l'existant. Dans l'existant. Et ça résonne souvent pleinement avec l'existant, que ce soit au niveau du sourcing, que ce soit au niveau des architectes, des développeurs, des responsables d'infrastructures, des gestionnaires de parcs, etc.
On arrive à trouver... Des assemblages tout à fait cohérents avec des dynamiques existantes dans l'entreprise. Un des points de vigilance, on va dire, c'est de faire accepter à l'échelle le fait que ça va être peut-être très itératif, et qu'on ne sait pas forcément tout et que des patterns vont peut-être changer régulièrement. Ce qui crée des fois des zones un petit peu d'inconfort, parce qu'effectivement, on aime bien souvent se dire, tiens, je vais tirer un trait et je suis tranquille pendant cinq ans. Là, je pense que c'est un petit peu nouveau et qu'en termes de mindset et d'approche, pour éviter une forme d'inertie, il vaut mieux, et ça résonne en général avec les dynamiques de, on veut être une organisation plus agile, on veut un petit peu faire évoluer notre mindset. Donc, ça peut s'assembler, mais il faut avoir conscience de ça. Ça peut être très itératif et qu'il faut prendre conscience, effectivement, que tout compte.
Les fondamentaux de l'IT, bien évidemment. les parler avec les choix d'infrastructures et d'architecture, la dynamique avec les fournisseurs, relever notre niveau d'exigence d'une manière pragmatique aussi au bon niveau. Je vais prendre un exemple tout bête. Si on se dit, c'est super bien, il existe des choses externes comme le CDP avec ses notations publiques d'entreprise sur leur impact environnemental. Mais si on se dit, moi, je ne vais prendre que des fournisseurs qui sont triple A au CDP, dans le monde de l'IT, il n'y en a qu'un. Donc, ça va être un vrai problème. Hervé, merci beaucoup. Ça nous fait une belle transition. Un grand merci. Mais c'est des idées parce qu'on y reviendra tout à l'heure quand on sera tous ensemble pour prendre les questions des personnes qui sont avec nous. Un grand merci. On a plein de questions. C'est passionnant. Et je vais appeler l'autre François d'Oberge Cloud parce que ça fait une belle transition du coup parce que c'est un fournisseur de cloud. Et du coup, on va discuter ensemble de comment est-ce que tout ça peut s'articuler.
Du coup, merci François, Richard et Hervé. On se retrouve tout à l'heure. Bonjour François et bienvenue à tous. Du coup, toi, tu es d'OVH Cloud, je vais te laisser te présenter et on a plein de questions pour toi. Oui, bonjour à tous et super content d'être parmi vous aujourd'hui. Donc, François Sterin, je m'occupe de toute la plateforme centre de données et assemblage des serveurs. Parce que chez OVHcloud, on assemble nos serveurs nous-mêmes, on a un mot de décourage. intégrés. On fait presque 100 000 serveurs par an, principalement dans notre usine dans le nord de la France. Donc, on assemble des composants et après, on les déploie très rapidement dans nos data centers et on opère. Et donc, moi, je suis aussi un peu le sponsor de notre feuille de route développement durable chez OVHcloud. Et j'ai plein de réactions sur ce qui a été dit. Il y a plein de mots clés et de notions qui sont très importantes pour nous. Et même, je réagis rapidement, Hervé parlait de données fournisseurs.
Donc nous, on va s'employer à être plus... À donner beaucoup plus d'infos là-dessus, je reviendrai là-dessus. On vient juste aussi de publier notre bilan carbone où effectivement on voit que la partie équipement, elle est la plus importante. Je donne juste un chiffre par exemple, en moyenne faire un serveur aujourd'hui, ça émet 10 fois plus de carbone, voire plus que l'opérait pendant un an en France. Donc en termes de kilos de carbone, on est sur 500-700 kilos de CO2 versus 50 ou entre 50 et 100 pour nous. Et on le voit très fort dans notre bilan carbone parce que maintenant, nous, on peut reporter ça vu qu'on intègre aussi nos serveurs. Et c'est vrai que cet aspect cycle de vie est très important de plus en plus. Et nous, on les réutilise, on fait des deuxièmes, on fait de l'économie circulaire depuis 10 ans. Parce qu'au départ, ce n'était pas pour l'écologie, c'était pour l'économie. Parce que ça fait aussi du sens au niveau business. Et donc pour nous, en tant qu'opérateur, c'est pareil pour nos bâtiments data center.
80% de nos centres de données, c'est des anciens bâtiments industriels qu'on rétrofite très rapidement. Et donc, en termes d'émissions carbone, c'est top parce que du coup, on réutilise beaucoup plus rapidement. Et après, je voudrais juste dire, nous, on est des fans de techno. Donc, on va faire tout ce qu'on peut pour trouver une solution au niveau technologique. J'aimerais bien faire mentir l'autre François qu'il n'y a pas de solution technologique. Donc, on va faire tout ce qu'on peut pour ça. Mais on est bien conscient aussi qu'à un moment, et tous les fournisseurs de cloud ont été un peu comme ça, on a regardé notre plateforme, mais finalement, l'usage qu'on en fait, ce n'était pas encore... Ce n'était pas encore un effort collectif. Et on passe vraiment sur un aspect écosystème maintenant, où entre les fournisseurs et les utilisateurs, il faut qu'il y ait une symbiose quelque part et qu'il y ait une responsabilité. Je ne sais pas si je parle de sobriété, mais au moins de responsabilité numérique, parce que ce que je dis toujours, c'est que si le secteur... Digital numérique, ce n'est pas progressé de façon durable et de façon maîtrisée, je ne pense pas que les autres secteurs peuvent faire mieux.
Parce qu'un nouveau secteur, la barre est plus haute et c'est normal. Voilà, donc c'était un peu l'intro, la réaction globale sur tout ce qu'on a entendu. Merci beaucoup. Je crois que tu as déjà fait Google en plus. La question du cloud, c'est quelque chose que tu n'as pas connu qu'au VH Cloud, tu as connu aussi d'autres projets d'autres clouds. C'est pour ça que c'est intéressant aussi de t'avoir avec nous. Et on a eu une question tout à l'heure qui a disparu, qui était sur la transparence, quelque chose autour de la transparence, de la mesure de l'empreinte carbone. Quand on utilise, Hervé l'a dit tout à l'heure, c'est hyper important de s'appuyer sur des fournisseurs qui sont déjà qui mesurent et qui sont dans une démarche d'amélioration. Qu'est-ce que tu... peux nous dire là-dessus, quelle est ta vision sur cette mesure-là et cette transparence ? Oui, tout à fait. En fait, il y a une transparence, mais il y a aussi une certaine éducation, évangélisation à faire. Et quand on donne des données, qu'est-ce que ça veut dire en fait, en termes d'émissions carbone, d'électricité, etc.
Et je suis d'accord. Nous, par exemple, en fait, avant de dire, tiens, tel usage est meilleur que ça, il faut bien mesurer. Et notamment, on a une ambition de donner à nos clients l'empreinte, pas moyenne, mais une empreinte vraiment analytique de chaque serveur ou de chaque service que le client peut utiliser. Alors, on est majoritairement B2B. C'est vrai qu'on parlait de la distinction entre B2B et B2C avec François. Nous, on est B2B, mais si nos clients n'ont pas cette donnée, parce que c'est du B2B aussi, c'est plus compliqué. Et donc, on va s'attacher à ça. Et surtout, en fait, ce qu'on voit de plus en plus, c'est qu'il faut essayer d'être plus efficace dans les couches hautes. Donc, pas simplement le serveur, parce que ça, le serveur, la consommation d'un serveur, finalement, on l'a.
Il faudrait faire une API et puis vraiment être plus dynamique, etc. Ça, c'est des développements produits qu'on a encore chez nous. Mais quand on arrive sur des technologies virtualisées, sur un même serveur, il va y avoir des bons citoyens et des mauvais citoyens. Et comment on sait ça? Et comment on mesure? Et donc, en fait, on se dit, on est en 2020, la mesure, c'est facile. On le voit clairement dans ce débat et toujours. Dès qu'on passe un petit peu au niveau logiciel, au niveau code, C'est quand même beaucoup plus dur de mesurer. Et donc, on s'est retrouvé un petit peu, qu'est-ce qu'on peut faire? Avant qu'on passe à la mesure, parce que c'est un sujet vraiment hyper important que j'ai envie d'aborder avec toi, juste un petit message pour les gens qui sont avec nous. Je suis sûre que vous avez plein de questions sur comment fonctionne le cloud sous le capot, comment est-ce qu'on sait le niveau de consommation, etc. N'hésitez pas à nous les poser. On a François avec nous. Je pense que c'est l'occasion idéale. J'attends vos questions. Et on va reprendre du coup cette question de la mesure qui est essentielle, effectivement, François, et c'était en train de nous expliquer les projets que vous avez là-dessus.
En fait, il y a des mesures moyennées. Il y a des mesures génériques. Et même nous, quand on veut faire le bilan carbone d'un serveur, c'est une moyenne. En fait, l'ADEME nous a donné pour tant d'euros, ça fait autant de kilos de CO2 en règle générale. Mais on veut vraiment aller beaucoup plus loin et vraiment aller avec nos propres fournisseurs. Parce que Hervé parlait de ses fournisseurs, donc plutôt les fournisseurs de cloud ou de solutions. Et nous, on va être nos propres fournisseurs de matériaux et de composants, etc. vraiment chercher l'analytique. Et plus on sera capable de mesurer ça, plus on sera précis. Parce qu'il faut être de plus en plus sophistiqué là-dessus. Et notamment sur tout ce qui est services virtualisés, aujourd'hui, on ne connaît pas de bonnes solutions pour dire, tiens, sur un serveur où il y a 100 clients, Quel client consomme quoi? Et donc, c'est pour ça qu'on a commencé à travailler avec Lean RIA. On a annoncé un partenariat long terme avec eux parce qu'ils ont un groupe. de travail qui définit un peu un wattmètre au niveau software.
On appelle ça un software-defined power meter en anglais. Ils ont publié là-dessus. Et en fait, ce qu'ils font, c'est qu'ils prennent par exemple une solution avec des containers, des Kubernetes, des choses comme ça, Et ils vont être capables de mapper, même s'il y a plusieurs serveurs, les processus qui tombent dessus, etc. Et je vois dans le chat Bruno Sportis qui sera speaker. Effectivement, il pourra vous en parler. Et on était avec lui la semaine dernière lors de notre événement au client. Et vraiment, on était tous d'accord. Il faut d'abord bien mesurer ce que les processus... Et ils ont commencé aussi à regarder... Quel type de code est meilleur que d'autres, par exemple. Et l'avantage qu'ils ont à faire un partenariat avec un vrai fournisseur de cloud comme nous, c'est qu'ils ont des vraies données. Ils n'ont pas que des données simulées, ils ont des vraies données, bien sûr anonymisées, mais à l'échelle, en fait. Et là, on peut commencer à tirer des choses pas mal.
Donc, notre objectif là-dessus, c'est d'être capable, à l'été prochain, de donner vraiment la data au client individualisé. Pas une data moyenne, mais une data individualisée. Comme ça, le client peut suivre son progrès. Et c'est important parce que si on reste sur des moyennes, finalement, c'est très dur pour... Pour la personne de dire, tiens, là, c'est bien. Ce n'est pas bien. Et puis, des best practices. Après, on pourra commencer à faire des best practices. On sait déjà que certains langages sont plus consommateurs d'énergie que d'autres parce qu'ils ont plus de features par défaut, par exemple. Et puis, il y a des architectures forcément plus consommatrices que d'autres. Exactement. Après, parfois, il y a le multirégion qui entre en jeu aussi. Donc, c'est pour ça que c'est un domaine de recherche, comme on dit, parce que la question reste assez complexe, finalement. Exactement, et entre différentes architectures, différents fournisseurs, l'idée c'est la transparence et être complètement open là-dessus. Comme ça, le client finalement peut prendre la bonne décision, mais il faut qu'il ait la bonne décision.
Juste après, une question sur cette mesure, et après on ira rejoindre tous nos speakers d'aujourd'hui pour reprendre toutes les questions. Est-ce qu'on se dirige vers une approche probablement un peu moins mesure exacte, mais tendance de consommation générale? Ce sera compliqué d'avoir une mesure un peu précise. L'idée, c'est qu'on commence déjà avec une première mesure sur certains services et de petit à petit, on la généralise. Mais c'est sûr que par exemple, sur des générations plus vieilles de serveurs, ce sera peut-être plus dur à faire, effectivement. Mais déjà, commençons là-dessus, progressons là-dessus et c'est très itératif, très agile. Il se fera des choses, je suppose que les gens, les utilisateurs sont intéressés par ça. Est-ce que c'est quelque chose qui sera présent à horizon de quelques mois, un an, un an plus ? Alors le partenariat avec l'INRIA, c'est des partenariats de recherche, donc c'est assez long, c'est sur deux à quatre ans en fonction des résultats.
Mais on voudrait d'abord mesurer, donc ça la mesure serait plutôt le premier, c'est sur quatre temps. Le premier, c'est vraiment mesurer, faire des tests, ensuite avoir les best practices et ensuite implémenter l'optimisation. Donc ça, je pense que sur la mesure, nous, ce qu'on aimerait, c'est avoir des premiers résultats et être capable de montrer des choses à nos clients à l'été prochain. Et je rejoins Hervé, on n'a pas d'objectif à 2040 ou 2050. Nous, nos objectifs sont à 2025. Donc là, sur notre bilan carbone, par exemple, c'est plutôt 2025, voire 2030, mais maximum. La tech, ça va tellement vite que 2040, ça ne veut pas dire grand-chose. En 2014, ce sera trop tard. Rien faire pour avoir des choses activables en 2040. Merci beaucoup, François. Du coup, je vais inviter Hervé et l'autre François, du coup, à venir nous rejoindre. Tommy, très actif ce matin, aurait utilisé des bâtiments existants pour loger des data centers.
On n'a pas encore fait, je me permets de prendre la parole, on n'a pas encore fait dans un château fort, on pourrait, parce que nous, notre techno, on peut les mettre n'importe où, on fait du refroidissement à l'eau, On n'a pas besoin de bâtiments spécifiques, donc c'est pour ça. Par contre, ça veut peut-être parler de l'aspect sécurité. Ça, c'est important. Par contre, là où je ne suis pas d'accord, c'est qu'il y a une réversibilité. C'est une de nos valeurs très importantes. C'est que quand on choisit de venir chez nous, on peut repartir aussi vite. On n'est pas pris en otage chez nous. Merci, merci beaucoup. Est-ce que du coup, je ne sais pas, Hervé? François, Richard, une première réaction sur l'échange qu'on vient d'avoir, avant qu'on passe aux questions qui sont encore là ? Oui, merci François pour ta contribution. Moi, il y a deux mots qui m'ont marqué et qui me semblent importants pour maintenant et le futur proche que tu as prononcé, c'est transparence et ouverture.
Je pense que dans le monde de la tech, ça va beaucoup compter et qu'il va falloir coopérer de plus en plus. Alors, c'est une des caractéristiques culturelles quand même du monde de la tech, cette forme de coopétition et d'assemblage. Je pense qu'elle doit s'amplifier. Et qu'en termes aussi de différenciation commerciale, marketing, etc., même si ça peut toucher un petit peu, et tu l'as un peu expliqué à travers vos connaissances chez OVH, on va dire une certaine forme de savoir-faire, de secret sauce qui vous est propre, il va falloir gagner en transparence et en publication parce que je pense que c'est un argument fort et qui va s'amplifier en termes d'attente client. Donc, je trouve ça très intéressant. Une petite réaction sur ce que tu dis, Hervé, et même pour tout le monde.
Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez observé des gens qui, justement, entre tensions de fonctionnalités hyper développées sur un certain... un nombre de, je ne sais pas, de providers de cloud, par exemple, et à l'inverse, on épouse la vision d'un autre provider de cloud qui probablement est moins évolué sur un certain nombre de points, mais qui offre un peu plus de transparence ou qui est un peu plus en phase avec nos valeurs. Est-ce que c'est des choses que vous commencez à observer aujourd'hui? Où l'état d'esprit des gens n'est pas encore prêt? Ça évolue, ça évolue et dans le bon sens. Et il y a cette volonté-là, en fait, parce que ça rejoint des préoccupations d'entreprise au sens large, bien au-delà de l'IT. Et donc, à partir du moment où ces préoccupations sont vraiment sur le devant de la scène, et je vois, j'observe, c'est le cas dans mon organisation, ça alimente petit à petit en prise de décision consciente, Alors, quelques fois, ils vont jusqu'à, effectivement, on ne va pas faire comme avant.
Ça peut arriver. Ça arrive même assez souvent. Donc, c'est un cheminement. Ce n'est pas un big shift, mais ce cheminement, il suit vraiment son cours, je l'observe, et il va s'amplifier. J'en suis intimement convaincu. Ça fait évoluer les pratiques, ça fait évoluer les critères de sélection. Et ce qui est très intéressant, parce que ça devient un mouvement collectif, pluridisciplinaire, et ça c'est mieux parce que c'est un sujet complexe, qui peut être aussi un petit peu anxiogène, quand on tombe sur un sujet complexe, On s'intéresse à la problématique climat, épuisement des ressources non renouvelables, entre autres, et qu'il faut mieux l'aborder de manière collective et que ça enrichit, je veux dire, le dispositif. Et le panel de connaissances de l'ensemble des contributeurs. On voit même, je pensais à ça il y a quelques jours, On a, par exemple, même côté juridique, par exemple, on a traditionnellement un travail en entreprise qui est normal sur la liability, la responsabilité, etc.
Je pense que cette dynamique-là va s'enrichir sur la responsabilité environnementale, par exemple. Et on voit converger les préoccupations financières et environnementales. On voit évoluer les pratiques de sourcing. Et on voit évoluer aussi les pratiques internes, en termes de comment j'aborde un RFP, comment j'aborde… On a trois grands patterns de travail en entreprise. L'amélioration continue de l'existant. Comme le disait aussi précédemment l'autre François, L'existant pour l'existant, il faut trouver des leviers d'action, les marches aussi petites, moyennes, etc. Soit-elle, parce qu'on doit continuer à délivrer. La construction sustainable by design, dans la réalité du moment, du nouveau, Et là, il y a énormément de nouveaux à faire. Les nouvelles demandes se multiplient. Et comment s'armer dans une entreprise pour faire du sustainable bike design sur le nouveau. Et puis, on va dire l'accélération du décommissionnement, du traitement des zones de gaspillage, on va dire.
C'est la vie, c'est normal. Justement, j'en profite, il y a une question d'Antoine, c'est une thématique assez proche, qui parle pour les équipements, ordinateurs, etc., faire du loan, parce que ça permet de centraliser la gestion de l'impact environnemental et donc réduire la surface d'erreur. Alors, Meriem, si je peux prendre celle-là aussi un petit peu. Aller vers le cloud, c'est déjà une façon de faire de l'allocation. On le voit quand même et forcément, On a vu que la consommation des data centers n'a pas tant augmenté que ça par rapport à l'évolution du trafic. Pourquoi? Parce que le cloud a quand même remplacé une partie des équipements des data centers qui étaient délocalisés, peut-être d'ancienne génération, etc. Donc, avec une efficacité énergétique très forte. Il y a une étude de l'Agence internationale de l'énergie qui montre bien ça. Donc effectivement, la flexibilité et l'élasticité des usages sur le cloud, forcément, je plaide un petit peu pour ma paroisse, mais c'est vrai que la virtualisation a quand même aidé à maîtriser
l'impact des data centers, sinon ça aurait été encore pire. Et donc, je ne veux pas dire que tout est fait. Au contraire, je pense que ce potentiel est en train de, à un moment, il va s'épuiser. Donc, il faudra aller plus vers les usages. Et nous, on veut aller vraiment aider à cette réflexion, en fait, en donnant la data pour qu'après, les clients puissent, qu'ils soient entreprises ou finaux, puissent prendre la bonne décision. Mais c'est vrai que c'est un mouvement qu'on a vu déjà pas mal. Très bien. Oui, effectivement, il y a cette étude-là qui montre que la consommation énergétique des data centers n'a pas augmenté malgré le cloud au fur et à mesure des années, etc. Bien sûr, ça va remettre en perspective de ce qui... ensemble le plus aujourd'hui, c'est bien sûr le cycle de vie des équipements, des devices, etc. Mais ça reste quand même une donnée hyper importante à prendre en compte et c'est quelque chose qu'on peut saluer, c'est une avancée importante.
Je continue dans les questions. Pouvez-vous expliquer comment favoriser la réutilisation des hardware? En dehors des stratégies des cloud providers qui laissent leurs clients choisir des versions précédentes. C'est une question, je pense, sur l'obsolescence. Est-ce que vous pensez que l'utilisation du cloud, je pense que c'est ça la question. Guillaume, si tu veux préciser ta question. En dehors du cloud, peut-être. Je ne sais pas, parce qu'il y a tout un tas d'équipements en dehors du cloud que les entreprises doivent gérer. On a tous des bureaux, des usines, des centres de distribution, par exemple. Des choses comme ça. Dans les industries, je pense que… Les équipements end-user, puis les équipements réseau locaux, etc. Là, il y a des belles dynamiques de progrès à faire. Ça peut des fois rejoindre, c'est des patterns qu'on a chez L'Oréal sur une certaine dimension Tech for Good avec des donations pour des écoles, des associations sélectionnées par l'entreprise. On l'a mené ces derniers mois, notamment pendant le premier confinement avec plusieurs centaines d'équipements donnés.
Puis là, on renouvelle aussi et on cherche un chemin de passage à l'échelle là-dessus. Bonne nouvelle, on a trouvé un fournisseur, un partenaire avec lequel on est en train de lancer ce sujet d'upside. recycling et recycling à l'échelle quasi mondiale en termes de couverture géographique pour nous, sur une soixantaine de pays avec une feuille de route sur plusieurs semaines qui ouvre pays par pays et qui met à disposition ces capacités d'upcycling et recycling avec rapport à la clé, mesures, etc. C'est une forme. Il y a des activités aussi qu'on mène et qui sont très intéressantes, qui sont très locales, justement avec des associations de proximité, parce que ça a du sens aussi de ne pas multiplier non plus les flux logistiques, mais qui ne sont pas les plus impactants par rapport au cycle de vie d'un équipement. Donc, en se posant des questions simples et pragmatiques, on trouve des partenaires, on fait des progrès, c'est ça qui compte aussi. Et bonne nouvelle, ça commence à exister. On a trouvé un premier chemin de passage à l'échelle qui va combiner effectivement une capacité globale mise à disposition, mais aussi on continue à favoriser des initiatives locales qui sont pleines de sens et qui peuvent aussi résonner de manière complémentaire avec les aspects sociétaux.
Tout à fait. Merci Hervé. Allez, une dernière question, peut-être pour François Richard. Il y a une question sur les data centers proches des habitations qui fournissent du chauffage en même temps. Est-ce que vous avez, parce que toi, tu as un retour là-dessus, tu as vu des choses? Oui, ça existe. Il y a effectivement une société qui s'est développée sur ce principe-là. Maintenant, est-ce qu'effectivement, elle est véritablement green? C'est-à-dire qu'il y a une répartition de nos... nombreux équipements un petit peu partout dans les différentes maisons pour effectivement permettre cette récupération et cette fourniture de chaleur. Donc, le bilan carbone de l'ensemble du système, je ne suis pas sûr qu'il soit effectivement tout à fait positif. Je vois que l'autre François… Je veux bien aussi commenter là-dessus juste après. Oui, juste pour terminer là-dessus, c'est effectivement quand même toujours le bilan global qu'il faut prendre en compte. Et plus on met d'équipement, nouveaux répartis un petit peu partout, plus l'impact environnemental peut être important, alors que dans les data centers au sens strict du terme,
on optimise véritablement l'usage du data center, l'usage des équipements qui sont installés et on les fait durer le plus longtemps possible. Je voulais aussi dire... Non, je laisse peut-être François répondre sur ce point-là, et puis je reviendrai sur ça. Je parlais de chaleur. Effectivement, je pense qu'il y a peut-être une perception que c'est vraiment un potentiel énorme. Et moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça, parce qu'on voit bien que, par exemple, des centres de données, ce n'est pas de la vapeur qui sort, c'est de l'eau à 45, 50 degrés, qui est très difficile à... À réutiliser pour les réseaux, par exemple, de chaleur urbain, etc. Et qui, en dehors même des émissions carbone, la faisabilité technico-économique est souvent très, très mauvaise, en fait. Et les projets sont très difficiles à mettre en place. En fonction des localisations des centres de données, ça peut être de toute façon pas très intéressant de le faire.
Ça reste opportunistique pour moi. Ça ne doit pas être vu comme la solution miracle. Ça peut être une optimisation locale, au global, avec le trafic des données, etc. Je partage également, soyons pragmatiques, tous les progrès sont... vont apprendre, mais ce n'est pas avec ce genre de solution qu'on pourra passer à l'échelle sur la résolution du problème. Je pense qu'il y a un très concret sur ces choix d'infrastructures. Intéressez-vous à l'efficacité énergétique du data center ou de la région en question, le fameux PUE. Intéressez-vous à l'intensité en carbone de l'électricité sur cette localisation. Et intéressez-vous à l'intensité d'usage de cette infrastructure partagée comparée à une infrastructure dédiée. On sait tous que ces intensités d'usage sont potentiellement assez faibles sur des environnements traditionnels dédiés, on-prem, whatever. Combiner ça et ensuite travailler sur l'amélioration de vos architectures de services numériques une fois que vous êtes sur la bonne infra. Et là, effectivement, je crois qu'il y a une question qui est passée là-dessus.
Tout l'apprentissage du bien pratiqué, le serverless, le stateless, etc. Ne peut être que vertueux pour le monde de l'entreprise par rapport à des logiques monolithiques, big blocks et capacités permanentes et sous-utilisation. Là, il y a des leviers d'action qui seront plus efficaces que de chauffer la piscine. Je voulais juste, peut-être pas en conclusion, mais en tout cas revenir sur le travail que l'INRIA et OVH ont entamé ensemble. Ça me semble effectivement fondamental. Il faut, et dans le domaine de l'IT, on ne l'a jamais été très, très fort là-dessus, il faut chiffrer. Il faut mesurer en permanence l'ensemble des éléments. Et on voit que, par exemple, quand on parle d'éco-conception, des services, des systèmes et tout, il nous manque énormément de chiffres. Il nous manque, bien entendu, des chiffres et il nous manque aussi des standards sur le sujet. Et donc, c'est un petit peu dans ce domaine-là qu'il faut que l'on progresse tous les uns les autres. C'est d'être capable, et ça à tous les niveaux de l'entreprise et même presque, je dirais, au niveau individuel, d'être capable d'avoir des informations, de bases de données qui nous permettent de savoir quelles sont les mesures d'éco-conception,
des mesures sur les cycles de vie, mais pour ensuite aller vers l'éco-conception des systèmes. Et ça, c'est d'ailleurs une demande qui est faite par le Sénat d'accélérer la formation des ingénieurs sur ce sujet-là. Et je pense que c'est effectivement là un objet qui nous permettrait d'aller vers une meilleure utilisation de l'IT. Super, merci beaucoup François. Meilleure utilisation de l'actif, je crois que c'est la raison pour laquelle on est tous ici aujourd'hui. Merci beaucoup pour ce mot. En effet, je pense que la mesure, on ne pilote que ce qu'on mesure, donc la mesure est fondamentale, je partage complètement ce point-là. Un grand, grand, grand merci aux invités super qu'on a eu aujourd'hui, les deux, François et Hervé. Vraiment un immense merci. Je pense qu'on n'a pas épuisé ce sujet de toute manière. Moi, je compte bien vous réinviter pour en parler encore. J'aime bien récidiver sur ce sujet. Donc voilà, c'était un grand, grand plaisir. Merci, Tommy, magique comme d'habitude. Et puis, voilà, un grand merci encore.
Et je rends l'antenne à Noémie. Merci à vous. Merci. Merci.
