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Green IT : Matérialité mobile, des matières premières à la responsabilité sociale

Meetup Tech.Rocks · 22 février 2024 · 62 min · en français

Résumé

Replay d'un meetup virtuel Tech.Rocks consacré à la matérialité du mobile, des matières premières à la responsabilité sociale. Des intervenants de Fairphone, Back Market et Quanta échangent sur ce thème et partagent des bonnes pratiques pour renforcer la responsabilité sociale des tech leaders dans leur domaine.

Summary

Replay of a Tech.Rocks virtual meetup on the materiality of mobile devices, from raw materials to social responsibility. Speakers from Fairphone, Back Market and Quanta discuss the topic and share good practices to help tech leaders strengthen social responsibility in their field.

Thèmes : Impact & numérique responsable

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Donc aujourd'hui, j'ai l'heure de responsabilité animation. Je suis très heureux d'être avec vous tous et toutes pour parler d'un sujet qui est assez capital. On va parler de la matérialité du numérique et surtout de ses conséquences sociales et environnementales. Pour ma part, pour une rapide présentation, je suis cofondateur de Quanta. Je vous en dirai un peu plus dans quelques minutes. Et à côté de Quanta, je suis aussi également animateur dans deux associations qui sont la fresque du climat et la fresque du numérique, que certains d'entre vous connaissent peut-être. Et donc aujourd'hui, j'ai le plaisir d'animer cette session avec Agnès et Camille, qui sont respectivement chez Fairphone et Back Market. On va avoir comme double objectif aujourd'hui de vous parler à la fois de la gravité du problème et de l'impact du numérique sur les enjeux sociaux et environnementaux, mais aussi parler de toutes les solutions qu'on peut tous mettre en œuvre et notamment celles qui sont accessibles à nous, les dirigeants du digital.

Alors c'est parti et surtout, comme le disait Noémie, n'hésitez surtout pas à utiliser le chat pour nous faire des commentaires, des questions en live, etc. On en prendra aussi au fil de l'eau, à répondre aussi avant la fin de l'événement. Donc pour un premier tour de table, je vais donc demander à Agnès de nous rejoindre. Si on peut activer, je crois qu'on avait Camille d'abord. Camille et Agnès, si vous pouvez apparaître maintenant. Bonjour. Merci pour cette invitation. Voilà, avec plaisir. Et donc Camille, je te laisse peut-être présenter ton rôle à mission, surtout de back market dans cet enjeu du numérique et de son impact. Avec plaisir, merci Guillaume. Moi, je suis en charge du département impact et développement durable chez Back Market. Donc, Back Market, pour ceux qui ne connaissent pas, je vais même être rapprochée de Guillaume.

C'est la marketplace qui est leader dans la vente d'appareils électroniques reconditionnés. Donc l'idée, c'est de donner une deuxième vie aux appareils reconditionnés, de démocratiser cet accès avec toutes les garanties qu'on peut avoir sur l'achat du neuf. Donc le motto chez Back Market, c'est de... Il n'y a pas de raison factuelle d'acheter du neuf, donc on va vraiment donner la même expérience, pour permettre de réduire globalement l'impact de la texte. Je vais mettre la prochaine slide. La mission chez Back Market aujourd'hui, c'est de combattre un petit peu les mauvaises habitudes qu'on a prises vis-à-vis de notre consommation de la tech. Donc, c'est la surconsommation. consommation, bien sûr, avec toutes les questions qui sont liées à l'obsolescence marketing, etc. C'est la production de masse d'appareils technologiques qui ont des impacts assez dévastateurs sur l'environnement. Et évidemment, la pression sur les ressources qui s'ensuit. Nos appareils sont pleins de matières premières, dont l'extraction extrêmement polluante.

Ça a utilisé aussi énormément d'eau. Et puis enfin, il y a la question de la lutte contre les déchets électroniques, qui est le flux de déchets qui augmente le plus rapidement aujourd'hui. Et aujourd'hui, on a environ un petit peu moins de 20% des déchets électroniques qui sont recyclés. Donc chez Back Market, on s'emploie à lutter contre ces problématiques en proposant une solution qui soit adaptée, qui soit garantie. Et pour permettre aux consommateurs de changer leurs habitudes de consommation sans que ça soit trop douloureux. Donc, aujourd'hui, Back Market, c'est un peu plus de 600 employés. La plateforme existe dans 18 pays, principalement en Europe, mais aussi un peu en Asie, en Océanie, avec le Japon, l'Australie, la Corée du Sud et aux États-Unis. On a environ 10 millions de customers, ça fait 10 ans qu'on existe. Et on est depuis janvier 2022, société à mission dans le droit français. Ce qui veut dire qu'on a inscrit notre raison d'être qui est la lutte contre les impacts de la tech par la réparation et la circularité.

dans nos statuts légaux. On a un comité de mission qui nous aide à veiller à la poursuite de cette mission. Et puis surtout, on est certifié B Corp depuis mars 2023. Donc B Corp, c'est un label qui a été créé par une ONG américaine et qui permet de vérifier qu'une entreprise, en effet, a mis en place les bonnes pratiques et a un impact positif. Donc voilà en gros sur ce qu'on est et ce qu'on essaie de faire chez Back Market. Merci. Merci Camille. Et puis du coup, je passe la parole à Agnès pour nous parler de Fairphone. Oui, merci Guillaume. Très heureuse d'être là. Rapidement, Fair Fun, c'est un projet qui n'est pas né comme une boîte, qui est né comme une campagne activiste en 2010 contre les minerais dits de conflit, qui sont officiellement au nombre de quatre, les teints, le tungstène, le tantal et l'or, officiellement plus nombreux. Et en gros, cette campagne réunissait des gens du Congo et d'Amsterdam pour dénoncer les problématiques liées à l'industrie électronique, problématiques sociales et environnementales, mais d'abord sociales.

Parce qu'en fait, le fait d'exploiter du cobalt en RDC provoque avant tout des problématiques sur les gens qui se reflètent sur l'environnement. Donc ça a démarré comme ça pendant 2-3 ans, beaucoup de campagnes activistes, de pétitions signées, de lobbying pour parler, etc. Et au bout de 2-3 ans, cette bande d'activistes, je dis cette bande parce que moi je n'en faisais pas partie à l'époque, je suis rentrée qu'en 2018 chez Fairfan, donc en 2013, 3 ans après ce lobbying, ce groupe de personnes décide de lancer une boîte pour avoir plus d'influence à l'intérieur de l'industrie électronique, donc pour changer, insuffler un changement en étant un acteur de l'industrie, donc pour pousser une demande, par exemple, de matériaux plus éthiques. Donc, Fairphone, ça a vraiment démarré comme... Un projet à quoi? Activiste, ce n'est pas un pitch de start-up. Voilà. Et donc, en 2013, la boîte naît avec la volonté de changer l'industrie électronique pour la rendre plus responsable, principalement en faisant un smartphone.

Mais depuis peu, on fait aussi quelques accessoires et des produits audio comme des casques. On est basé sur Amsterdam et avec des gens en Chine, à Taïwan aussi. On est 150, c'est une petite boîte, une PME, on va dire. Pour faire un téléphone, c'est assez challenge. Et on a une trentaine de nationalités et on ne vend qu'en Europe, avec principalement l'Allemagne et la France comme marché. Si on va au slide suivant, les principaux aires d'impact qu'on a, les principales aires d'impact qu'on a sont les suivantes. Donc, vraiment, la principale, l'historique, c'est le côté fair materials, donc arriver... À insuffler de l'extraction de métaux plus éthiques. On a par exemple du Fairtrade Gold, mais on a aussi tout un tas d'actions qui sont moins labellisables sur d'autres métaux, comme le cobalt. On veut aussi insuffler des meilleures conditions de travail dans les usines d'assemblage, notamment en Chine. La Chine est encore le principal pays de l'assemblage des téléphones.

Avec par exemple Foxconn, même si c'est une entreprise taïwanaise, toutes leurs usines sont principalement en Chine. Qui est un des employeurs les plus gros au monde, Foxconn, c'est à peu près un million. d'employés et avec des conditions de travail qui ne font absolument pas rêver. Beaucoup trop d'heures, des revenus assez faibles, etc. Et du coup, ce qu'on veut insuffler dans ces usines-là, c'est ce qu'on appelle un living wage, donc un revenu dit décent qui double à peu près le revenu minimum pour que les gens qui travaillent sur les lignes de production soient mieux payés. Et pas à faire d'heures supplémentaires. Voilà, je fais court, donc j'y vais vite. Et on a deux autres aires d'action qui sont la longévité et tout ce qui touche au recyclage et à la réutilisation. La longévité, en fait, c'est tout bête à comprendre. Il ne vous viendrait pas à l'idée de changer de machine à laver? Tous les ans ou tous les deux ans. Quand votre vélo y pète, que votre roue est percée, vous n'allez pas changer tout le vélo. Vous allez juste changer la roue. Donc nous, ce qu'on veut insuffler dans l'industrie électronique, notamment dans les smartphones, c'est de la réparabilité ultra accessible, pas chère.

Ma tante qui habite en Haute-Loire, qui a 85 ans, elle doit changer son écran toute seule. On veut vraiment démocratiser le droit à la réparation pour augmenter la durabilité des appareils. Parce que l'équation, elle est simple. Moi, on fait d'appareil. Plus il dure, mieux c'est pour l'environnement. Ça a déjà été un peu mentionné entre les lignes, mais le principal coût environnemental dans la vie d'un téléphone, c'est son coût de production, 75-80%. Donc, il faut qu'il dure ce téléphone pour en faire moins. Donc, la longévité, elle se traduit chez nous par une réparation très facile. En termes d'hardware, vous pouvez changer. facilement changer vos écrans, mais aussi elle se traduit par un support non logiciel. Et ça, c'est mon job chez Fairphone. J'encadre une équipe d'ingénieurs en charge de la longévité logicielle pour craquer à l'obsolescence des téléphones. Partie réutilisation, recyclage. En fait, on fait tout pour pouvoir réutiliser des composants dans les téléphones, pour pouvoir collecter des téléphones pour correctement les recycler. Le recyclage, c'est un des points d'attaque de Fairphone, mais ce n'est pas le seul.

Le recyclage, pour nous, c'est la dernière solution, mais à... Avant, il y en a plein d'autres. Typiquement, la longévité a plus d'impact que le fait d'utiliser des matériaux recyclés. Je dis ça parce que l'industrie électronique est très tournée sur« Ah, c'est cool, on fait…» On essaie d'incorporer des métaux recyclés. Le recyclage, c'est ultra compliqué dans l'électronique, surtout dans les smartphones, quand vous faites de l'électronique miniaturisée. C'est ultra compliqué de pouvoir recycler du matériel. Pensez au gâteau que vous faites chez vous, vous mélangez la farine et l'œuf, vous chauffez le tout, allez récupérer la farine après, c'est compliqué. Et enfin, prochain slide, c'est ma conclusion qui peut être un peu trop longue. Si tu peux changer de slide, Guillaume, merci. Donc, l'objectif de Fairphone, avant de faire un téléphone écolo, friendly, etc., évidemment que c'est important pour nous, mais avant tout, on veut arriver à avoir une approche décoloniale de l'industrie électronique pour respecter les gens qu'on ne voit pas, qu'on ne voit plus, et qui sont impliqués dans la fabrication des téléphones. Moi, j'habite une ville qui s'appelle Saint-Etienne, qui est une ancienne ville minière, qui exploitait du charbon. La moitié des grands-parents de ma classe maternelle étaient morts de silicose, en fait, parce qu'ils étaient tous dans les mines à l'époque.

Ça, on ne le voit plus, en fait. On n'arrive plus à toucher du doigt, en fait, les problématiques sociales que ça crée chez les gens qui travaillent dans les mines, parce que l'exploitation ne se passe plus chez nous. Elle se passe ailleurs, mais ça ne veut pas dire qu'elle ne se passe pas. Donc, il faut avoir cette approche décoloniale pour pouvoir respecter les gens qui sont loin de chez nous. Et avoir plus de justice sociale. Voilà, je m'en arrête là. Je te remercie Agnès et je rebondis sur ce que tu viens de dire. Pour info, je suis à côté de Alès. Et donc, il y a aussi un bassin minier où il y a eu de l'activité ici. Et donc, j'ai une rivière qui n'est pas très loin de chez moi où plus personne ne peut se baigner. Et probablement plus personne ne pourra se baigner ever parce que justement, il y a eu des pollutions. Et en fait, il y a bien un phénomène irréversible là-dessus. Donc, c'est vrai que pour une majorité de Français, on va dire ce phénomène-là, il est un peu... Peu visible, il est un peu loin des yeux, mais il y a bien des endroits en France où c'est visible, là c'est hyper concret, et donc voilà, on va reparler de ce sujet-là de toute façon plus en profondeur. Merci du coup Agnès, et pour ma part, pour clôturer le tour de présentation, je veux dire juste un mot sur Quanta, et après on va dézoomer pour parler du problème environnemental et social au sens large.

Donc Quanta, c'est une structure que j'ai cofondée il y a un peu plus de 10 ans maintenant, qui a commencé son aventure plutôt sur le sujet de la web performance. Donc, notre grande mission, ça a été comment rendre le web plus rapide. Donc, voilà, sujet passionnant. On le fait encore pour toujours un confort des internautes. Et puis, on s'est rendu compte, surtout il y a quelques années, qu'on avait un enjeu un peu supérieur à tout ça, qui était de faire en sorte que le monde reste habitable et que le numérique puisse jouer sa part aussi pour que ce soit le cas. Et donc, notre grande mission d'entreprise, c'est devenu de rendre le numérique compatible avec les limites planétaires. Et pour faire ça, on le fait avec, on va dire, trois familles d'actions. Et pour vous les décrire brièvement, il y en a une première qui est un outil 100% gratuit qu'on a lancé pour que la communauté puisse en bénéficier et avec l'objectif de démocratiser la mesure d'impact des sites Internet. Donc ça s'appelle Quanta.green. C'est un site qui permet de faire un auto-audit en quelques minutes d'un site.

Donc évidemment, ça remplace par un audit humain qu'on peut faire et qui prendrait des jours avec des experts. Mais par contre, ça permet d'avoir un premier niveau de lecture qui est très intéressant. Et surtout, vu que c'est accessible gratuitement sans même avoir besoin de mettre un email, il y a plus de 2000 entreprises qui ont déjà utilisé l'outil. Et donc, tout ça, ça fait une base de données et ça commence à ressembler très, très fort à ce qui s'est passé avec Yuka sur l'alimentaire. Je ne sais pas si vous avez suivi cette application qui permet de scanner les produits alimentaires pour voir quelle est la note. En fait, je pense que ça va rejoindre un peu ce que disaient Agnès et Camille, mais dans l'idée d'avoir le plus d'impact pour nous en tant qu'entreprise, c'est important ce mouvement-là parce qu'on se dit que plus l'information sera visible et plus ça va forcer tous les acteurs, y compris ceux qui sont notés F, à finalement bouger pour rendre leur site plus éco-responsable parce que justement ça va être visible aux yeux de tous exactement comme ça s'est passé avec le Nutri-Score dans l'alimentaire.

Donc ça c'est un des développements qu'on mène. On réalise aussi des formations dans les entreprises, avec notamment l'atelier La Fresque du Climat et La Fresque du Numérique. L'idée, c'est de faire un team building avec tout un tas de collègues et pour vraiment appréhender ces enjeux du numérique et du climat. Et puis le dernier volet, c'est justement l'audit avec des experts. Là, on va passer X jours et donc ça, ça va permettre d'avoir une roadmap d'optimisation pour savoir pour une application web par où. Qu'est-ce que je dois faire en premier pour la rendre plus sobre d'un point de vue de son impact environnemental ? Donc voilà pour Quanta. Et donc maintenant, on va faire un gros dézoom. Donc là, je vais vous parler un peu du problème. Donc ça, je préviens tout de suite, c'est la partie qui pique un petit peu du meet-up, mais j'ai décidé de m'y coller pour finalement qu'on se dise les choses. Alors comme le disait Noémie au départ, en mode no bullshit, c'est un des mots d'ordre de Tech.Rocks.

Donc là, on va être en plein dedans. On va se dire les choses franchement. Alors pour commencer à dézoomer vraiment fortement le problème, Donc avant même de parler de l'enjeu climatique et de la responsabilité du numérique, ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait, on a plus qu'un problème de climat aujourd'hui, on a plein de limites planétaires. Il y en a neuf qui ont été établies par un consortium de scientifiques. Et en fait, sur ces neuf limites planétaires, qu'est-ce qu'elles veulent dire? Elles veulent dire que sur l'ensemble de ces neuf critères-là, si on commence à dépasser le seuil de manière un peu trop durable, c'est l'habitabilité de la Terre qui est remise en cause. Pour le climat, je pense que vous en avez tous conscience, on ne peut pas avoir un monde à plus 5 degrés, mais il y a d'autres critères comme la biodiversité et on va parler des pollutions aussi liées à l'extraction des métaux. Tout ça, ça a aussi un impact sur d'autres limites, notamment les ressources en eau.

Et donc, on ne peut pas vivre aussi, on ne peut pas boire de l'eau douce. Donc, c'est aussi un sujet. Donc, maintenant, tous ces critères-là, alors évidemment, on pourrait passer beaucoup de temps à tous les détailler, et ce n'est pas ce qu'on va faire maintenant. Il y a une image que j'aime bien pour résumer tout ça. Et en fait, là aussi, il y a un groupement qui s'appelle le Global Footprint Network qui a fait une image très simple, mais qui est très utile pour comprendre le problème. En fait, ces limites planétaires, si on les résume à l'idée que chacun, chacune, on a une part de la planète qui est la nôtre, de sorte qu'on soit en équilibre stable avec le reste de l'écosystème, en 1970, chaque habitant de la Terre consommait à peu près l'équivalent d'une planète. Donc, on était à peu près en équilibre en termes de gaz à effet de serre, mais aussi d'autres types de pollution. Alors ça, c'était en 1970. Le truc, c'est que nos économies ont continué de prospérer et on a produit de plus en plus, de plus en plus.

Et donc, tout ça, ça nous a amené l'an dernier à être à 1,75 planète, donc en large dépassement. C'est pour ça que vous entendez parler chaque année du fameux jour du dépassement. C'est le jour où ça y est, on a dépassé les une planète et tout le reste de l'année, on est à crédit. En fait, la planète, elle ne nous laisse pas à crédit très longtemps. C'est un peu comme le banquier, elle est en train de commencer à nous rattraper peu à peu avec les événements dont on va parler. Donc ça, 1,75 planète, c'est déjà trop, mais ça, ce qu'il faut voir, c'est que c'est déjà à l'échelle mondiale. Mais nous, on n'est pas l'habitant de la Terre. En France, en fait, nous, on est plutôt à 2,8 planètes. Alors ça, c'est intéressant de le mettre en perspective parce qu'en fait, on a une grosse responsabilité entre nos mains, une responsabilité qui est historique, parce qu'on a commencé à émettre notamment des gaz à effet de serre avant beaucoup d'autres pays. Mais même encore aujourd'hui, on fait partie, on va dire, de la portion de la population mondiale qui quand même représente le problème.

Et donc ça, c'est déjà aussi un peu une leçon d'humilité par rapport aussi au rôle qu'on doit avoir dans nos métiers et dans nos vies aujourd'hui en France. Donc maintenant, on va zoomer sur le climat en particulier, qui est quand même une limite qui est évidemment importante. Et sur le climat, aujourd'hui, on en est là à plus 1,2 degré. Et donc, plus 1,2 degré, ça ne peut paraître pas grand-chose quand on est dehors et puis qu'on se dit, tiens, je vais juste enlever un pull et puis je vais passer plus de temps en terrasse pour prendre l'apéro. Ça, ce serait le côté sympa. Alors, il existe, c'est vrai, parfois. En hiver, on profite un peu plus du fait d'être dehors. Mais la réalité, c'est que ce plus 1,2 degré, il n'est pas du tout stable. Il n'est pas stable à l'échelle du globe. Donc déjà, il y a des zones du globe qui vont beaucoup plus se réchauffer que d'autres. Donc notamment sur les continents, vous pouvez quasiment faire x2.

Quand on dit qu'on est à plus 1,2 degré de moyenne de température à l'échelle du globe, en fait sur les continents, on est déjà plutôt à plus 2,4. Et en fait, cette augmentation du nombre de degrés va surtout générer beaucoup plus de phénomènes extrêmes. Il y en a globalement quatre qui sont les principaux. On va avoir de plus en plus de méga-feux. Donc ça, c'est une photo de notre super méga-feu en Gironde, qui est en 2022. On va avoir aussi de plus en plus de sécheresse. Alors, ce qui est très impressionnant, je trouve, c'est quand on regarde des images venues de l'espace, où en fait, on se rend compte carrément que nos pays se transforment, vu depuis la Station Spatiale Internationale ou depuis les satellites. Donc, c'est vraiment très, très impressionnant quand on le voit comme ça. Donc ça, c'est évidemment en France, mais on peut le constater aussi un peu partout sur le globe. Ça va être des inondations. Et avec des inondations records. Alors là, c'est aussi important de l'avoir en tête. On pense réchauffement climatique, généralement, on pense à une sécheresse avec un sol craquelé, mais en fait, c'est les pluies qui se stockent pendant plus longtemps dans l'air, il va y avoir plus d'évaporation,

et donc, notamment dans le sud de la France, quand la Méditerranée s'évapore de plus en plus, de plus en plus pendant tout l'été, on va avoir ce qu'on appelle les gros épisodes sévenoles qui vont faire des pluies qui vont être records. Donc ça, c'est une photo pour info qui a été prise, enfin une photo satellite qui a été prise au Pakistan. Et au Pakistan, là, il y a deux ans, il y a carrément un tiers du pays qui a été déplacé du fait de ces inondations. Donc, on commence à avoir des enjeux sociaux humains qui sont colossaux. Et puis le quatrième et dernier, puisque je vous accorde que le tableau n'est pas forcément super réjouissant, c'est les cyclones. Donc là, c'est nos amis américains, notamment. Floride qui se prennent généralement de plein fouet ces cyclones. La photo que vous voyez là, c'est suite à l'ouragan Ian qui avait dévasté la Floride. Et donc, à chaque fois qu'il y a un nouvel ouragan qui arrive, Joe Biden dit que c'est la plus grande catastrophe que la Floride ait connue. Et ce discours est censé probablement se répéter parce qu'on est en train de battre tous les records à ce niveau-là.

Évidemment, ça pose des problèmes humains, ça pose même des problèmes d'assurance, parce que les compagnies d'assurance ne veulent même plus assurer les maisons maintenant dans certains états. Donc voilà. Alors, je termine ce bilan avec une note d'espoir, et puis on va noter aussi des solutions. En fait, la note d'espoir, c'est qu'il y a encore plusieurs futurs possibles. Donc ça, c'est le groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat qui a fait cette représentation, qui s'appelait Climate Stripes. En gros, vous voyez que depuis la gauche vers la droite, vous avez l'historique des derniers siècles, et vous voyez en fait les températures moyennes sur le globe. On voit que jusqu'à aujourd'hui, ça s'est quand même pas mal devenu plus rouge. Et à partir de today, on voit qu'il y a plusieurs futurs possibles. Ils les ont tous tous ces futurs ils les ont modélisés alors il y a plein de scénarios qu'on a juste pas du tout du tout envie de vivre si jamais vous voulez faire la fresque du climat vous en saurez plus à ce sujet là c'est des scénarios à plus 3 degrés plus 5 degrés bon là c'est clairement l'enfer

Il y a un scénario qui ne fait pas forcément rêver, c'est le scénario plus 2, et puis celui qu'on veut, c'est le dernier, celui du bas, c'est le fameux scénario de l'accord de Paris pour viser les plus 1,5 degrés maximum. Et donc celui-ci, il implique une division par deux de nos émissions d'ici 2030. Alors si on le voit sous forme d'une courbe, Ça donne ça. Et là, je vous ai placé le numérique dedans. Donc, on voit qu'on est en haut de la pente. Donc, cette pente, moins 7% par an pour pas mal d'activités, et notamment pour le numérique, c'est des choses qui sont atteignables. On peut faire ce genre de gains dans chacun de nos secteurs. Par contre, il faut évidemment y travailler. Et plus les années passent sans qu'on se mette à démarrer la réduction, et plus la pente va être raide. Dernier commentaire sur le numérique ici. Quand on le voit en proportion du reste, il a l'air de ne pas représenter grand-chose.

En fait, il représente 4% des gaz à effet de serre. Dans l'ensemble, il y a déjà une grosse répartition. Il faut voir qu'on ne peut déjà pas se dire qu'on ne va pas réduire le numérique parce que tous les autres secteurs vont pouvoir se réduire d'autant. Les autres secteurs, il y a les camions, il y a la flotte mondiale de bateaux, il y a les voitures, il y a les avions, etc. Donc, on est obligé de toute façon de nous aussi faire notre part dans le numérique. Et surtout, le problème, c'est que... Le numérique, lui, il n'est pas du tout en tendance à la baisse, il est en tendance à la hausse. Je lisais une étude, là encore ce matin, qui montrait que pour les data centers, la consommation d'électricité, elle est projetée par l'organisme de l'énergie comme étant partie pour faire x2 d'ici 5 ans. Donc, on a des problématiques, effectivement, au niveau des data centers, mais aussi au niveau des terminaux. Donc, tout ça fait augmenter la tendance à plus 8% par an. Donc là, il est urgent qu'on inverse. de courbe, parce que c'est à peu près la courbe inverse de ce qu'il faut faire.

Voilà, donc voilà pour notre responsabilité dans l'ensemble. Et pour dégrossir le problème, et puis là, ça va faire écho évidemment à ce que disait Agnès, Quand on regarde les impacts du numérique et qu'on les voit par poste, donc les centres de données, les réseaux informatiques et les équipements utilisateurs, on voit que les équipements utilisateurs, ils représentent le gros des impacts. Et en fait, une des raisons à ça, c'est que quand on regarde les centres de données, on va avoir derrière quelques millions de serveurs, mais en fait, les équipements utilisateurs, c'est des milliards d'équipements. Donc en fait, on change complètement d'échelle. Donc c'est plus le même ordre de grandeur et tous ces équipements vont nécessiter énormément de métaux pour être fabriqués Donc d'ailleurs, en fonction du constructeur, ça va exactement être les mêmes choses, mais ça fait sourire généralement les gens qui sont dans la physique, parce qu'ils se disent, mais ce n'est pas possible, les constructeurs de téléphones, ils ont mis tout le tableau des éléments qui sont dans la nature.

C'est presque ça. Je ne suis pas hyper expert du sujet, peut-être Agnès pourrait faire un commentaire là-dessus, mais je crois qu'il y a presque la moitié des éléments pour certains téléphones qui peuvent être présents ici, et dont certains d'entre eux sont vraiment dans des proportions... Alors à la fois, ils sont très miniaturisés dans les téléphones, mais ils sont présents dans la nature, on va dire dans des quantités qui sont vraiment très très... Très faible. Alors, d'ailleurs, je te passe la parole, Agnès, si tu veux, tu as un commentaire là-dessus sur... Pour certains éléments, en quelle proportion on les trouve? C'est généralement impressionnant ces ordres de grandeur. Oui, tout à fait. L'or, c'est 0,0005%. Le cuivre, c'est un peu mieux, 0,002%. Mais même quand, statistiquement parlant, ces minerais-là ne sont pas si rares que ça, de toute façon, c'est compliqué de les extraire. Parce que la roche en elle-même, on ne trouve pas du cuir utilisable directement dans la nature. Il faut prendre une roche, l'extraire, la raffiner, etc. Et ensuite obtenir le cuivre.

Et comme le dit très bien Orséphan, une ingénieure géologue minier, Voilà, c'est des pourcentages qui sont tout à fait infimes. Et c'est ça, en fait, qui, au niveau environnemental, est compliqué. Parce que pour pouvoir travailler la roche et extraire la matière en question, ça demande beaucoup de processus qui sont polluants. Parce que tu utilises de l'artifice, tu utilises du mercure, des choses comme ça. Et notamment, on le voit dans la photo, alors effectivement, c'est parti pour la commenter, c'est en fait, on voit du coup une mine, et en fait, vous voyez en tout petit, à côté de là où il y a de l'eau au fond, mais sur la droite, on voit une machine qui est vraiment un énorme tractopelle pour aller extraire la roche. On voit qu'en fait, on a fait un trou de la taille d'une montagne, on a fait une montagne à l'envers. Et en fait, pourquoi on creuse autant? C'est parce qu'il faut en fait extraire... une tonne de roche pour aller chercher quelques drames. Et sachant que ce n'est même pas de l'eau, je pense que c'est plutôt de l'acide, le truc vert, c'est plutôt de l'acide, donc ce n'est pas de l'eau.

Donc en plus de ça, tous ces trucs-là s'imbibent dans les nappes phréatiques. Non seulement l'extraction minière n'est pas performante dans le sens où il y a peu de concentration de métaux dans les roches en général, donc il faut beaucoup d'espace. Et beaucoup de polluants, mais en plus, c'est le polluant qui reste parce qu'il s'infiltre dans les nappes phréatiques. Et Aurore Stéphan, c'est devenu au Tech.Rocks Summit, c'est super. C'est vraiment quelqu'un de bien, je vous conseille de lire ses travaux, parce qu'elle a vraiment très bien documenté en français, en fait, les problématiques liées à l'extractivisme. Donc, c'est une invitation à regarder ses travaux. Elle utilise toujours... Les références d'un gars qui s'appelle Dylan March, qui est un Africain du Sud, et qui, je vous le mettrai dans le chat, et qui, en fait, fait des visuels où il a le même genre de photos que toi, Guillaume, tu vois, mais il représente ce que pourrait signifier, ce que pourrait être la quantité de métal final obtenu dans cet espace-là, en fait.

Tu vois le tractopelle, à côté, tu mets un peu de boule, et tu te prendrais compte qu'au final, il faut tout ça pour cette quantité de cuve utilisable en... En format final pour être intégré dans des composants. Je vous mettrai les travaux de Dylan March parce qu'ils sont assez... Exceptionnel. Moi, j'ajouterais, pour compléter un peu ce qu'on dit, mais c'est d'autant plus important aujourd'hui de se pencher sur la question des déchets électroniques et de vraiment commencer à essayer de développer des filières de recyclage, parce qu'on dit souvent qu'il y a plus d'or dans une tonne de déchets électroniques que dans une tonne de minerais. Et aujourd'hui, on est en manque de filières pour arriver vraiment à valoriser ça. On a du mal à collecter aussi ces déchets-là. Donc, c'est pour ça aussi qu'il y a un gros, gros enjeu sur le développement. du recyclage de déchets électroniques aussi. Pour illustrer ce que tu es en train de dire, Camille, effectivement, c'est mon dernier visuel sur le sujet. C'est donc du coup en aval, derrière, de l'usage du numérique. C'est effectivement, non seulement il y a un enjeu,

d'aller pouvoir récupérer des métaux sur les anciens équipements numériques, mais c'est surtout effectivement, comme tu le disais, qu'aujourd'hui, tu as l'immense majorité des déchets électroniques et exportés, parce qu'on ne sait pas le gérer, ou on ne veut pas le gérer, et ça finit dans des mines à ciel ouvert, enfin des décharges à ciel ouvert, comme celle que vous voyez ici. Cette photo a été prise au Ghana, donc là, c'est des... Une situation qui est vraiment insupportable d'un point de vue humain, où ils vont aller récupérer des bouts de choses dedans. Évidemment, ce qu'ils récupèrent, c'est ce qu'il y a de plus simple à récupérer à la main. Et donc, ce n'est même pas les métaux rares en question. Donc, ils le font sans aucune protection. Et en plus de ça, ça ne sert même pas, in fine, à aller récupérer des métaux qui seraient précieux pour aller fabriquer des nouveaux téléphones, ce genre de choses. Il faut savoir aussi que ça a des infiltrations, donc ça contamine les nappes phréatiques. Il y a des émissions aussi de gaz toxiques qui sont liées à la décomposition des matériaux.

Donc, en plus de tout ce que ça crée en termes de pollution visible, il y a aussi un impact sur la santé humaine qui est absolument dramatique. Je vais passer à la phase question. Du coup, ça fait une très bonne transition pour toi, Agnès, par rapport justement à l'activité de Fairphone. Est-ce que tu peux nous dire quelle était votre approche et comment vous assurez qu'une chaîne d'approvisionnement en amont et éthique, transparente. C'est quoi les défis auxquels vous faites face pour la partie, justement, approvisionnement des métaux sur la fabrication? Sachant qu'en fait, c'est extrêmement long d'avoir cette transparence. Aujourd'hui, la plupart des fabricants qui sont, on va dire, assez corrects, Il s'arrête à N plus 3, c'est-à-dire que tu vois, tu as l'assembly line, donc la boîte auquel tu t'appelles, admettons. Je suis Apple, je sous-traite à un assembleur qui, par exemple, va être Foxconn.

Donc, tu parles à cet assembleur. Le dialogue, il existe. Tu sais ce qui se passe, éventuellement les composants qu'ils ont et tout ça. Et après, tu peux aller à N plus 3. C'est-à-dire que tu peux avoir... facilement, tu sais quelle boîte a fabriqué la caméra, quelle boîte a fabriqué tel sensor de la caméra, etc. Mais tu t'arrêtes à N plus 3. Donc, extrêmement dur de savoir ce qui se passe après, en fait. Et encore plus dur de savoir qui a été le raffineur de l'indium contenu dans l'écran que tu es en train de... d'intégrer dans ton téléphone. Donc, vraiment pour démêler la pelote de laine, C'est ultra compliqué. Nous, on travaille actuellement sur une quinzaine de métaux. Il faut savoir que dans un téléphone, il y en a une cinquantaine, soixantaine. C'est ce que tu dis tout à l'heure, Guillaume. Donc, quelque part, on pourrait se dire, purée, qu'est-ce que vous foutez? Vous n'en êtes qu'à 15 sur 50. Et, Et bah ouais, mais en fait, c'est tellement long, en fait, qu'il faut partir quelque part.

Au début, on n'était que sur l'étain et le tungstène, sur le Fairphone 1. Et au fur et à mesure, on a incorporé des métaux. Et comment on fait? On fait ce qu'on appelle du downstream et de l'upstream. C'est-à-dire qu'en fait, on fait ce truc-là de pousser l'assembleur à ce qu'il nous disclose ses fabricants, sachant que c'est quand même ultra compliqué pour faire court. Déjà, pour qu'il nous ouvre ses portes dans l'usine, c'est compliqué pour vérifier les conditions de travail des employés. Et définir les bonnes conditions de travail pour ces gens-là, c'est vachement dur. Mais en plus, qu'ils disclosent la supply chain, c'est encore plus dur. Tu pensais à faire appel à Élise Lucen, je crois qu'elle est douée pour rentrer dans les usines. C'est sûr. Mais après, c'est un travail fouillé de tous les jours. Nous, on a des employés en Chine pour ça, qui restent à demeure dans les usines, qui dorment dans les camps plus. Donc ça, c'est ce qu'on appelle le downstream. Et l'upstream, c'est que tu te mets dans les mines et tu essayes d'insuffler, on va dire, un travail, d'autonomiser les gens pour qu'ils soient plus indépendants, typiquement des mafias. Si je prends l'exemple du cobalt, on bosse beaucoup avec les familles de mineurs.

Pour faire en sorte qu'elles s'autonomisent et qu'elles ne dépendent plus des mafias. Ça veut dire que tu bosses, tu acceptes de l'argent. bosser avec les enfants. Donc, si jamais tu es un journaliste, on va dire, super high level et que tu ne t'intéresses pas vraiment aux détails du truc, tu pourrais dire ce qui nous est déjà arrivé. Bravo, Fairphone, vous bossez avec les gamins. Non, on ne bosse pas avec les gamins, c'est qu'on accepte le statut. On refuse de dire, on ne sait pas trop ce qui se passe, mais c'est déjà super, on travaille avec nos N plus 3 suppliers. On va sur place aussi, c'est ce qu'on appelle l'upstream, on démarre par le bas et on essaye d'insuffler un changement sur place, ce qui signifie... qu'on accepte à un moment donné de travailler avec les familles. Donc on accepte que potentiellement dans ces familles, il y a des gamins. C'est un sujet compliqué. Parce qu'une fois que tu as fait de l'empowerment de ces gens-là, que les gens touchent un salaire décent, etc., c'est là qu'ils vont s'éloigner des mafias, et c'est là qu'ils sont mieux payés. Et du coup, c'est là que les gamins vont à l'école. Tu vois, c'est assez compliqué. On fait ce qu'on appelle de l'UCT, Unconditional Cash Transfer. Pour ceux qui travaillent dans tout ce qui est Fairtrade, c'est assez connu, mais ce n'est pas connu dans l'électronique.

L'UCT, c'est Unconditional Cash Transfer, ça veut dire que tu squeezes tous les intermédiaires, en tant que fabricant, tu payes directement le mineur. Donc ça veut dire que nous, typiquement, on fait des tests de projet où on transfère du cash directement sur le portable, le téléphone portable des mineurs. Pour être sûr qu'il soit correctement payé, pour squeezer toute la supply chain de trading et tout ça. Pour être sûr que les personnes du bas soient convenablement payées. Et là, tu arrives à une stabilité. Et là, les mines se créent, les mines éthiques, équitables, tu les appelles comme tu veux, Et c'est là que tu arrives à avoir une entité, un body correct et que tu vas pouvoir avoir un corps existant, une mine éthique, faire trade gold, ce que tu veux. Et c'est là que ça va pouvoir s'intégrer officiellement dans une supply chain. Et toi, le travail, il est là. Et parfois, sur le global, ça nous a pris six ans. Juste pour arriver à créer le lien, avoir des gens sur place. On n'était pas les seuls, il y avait beaucoup de NGOs avec nous sur la création des mines.

Mais c'est ultra compliqué. Et après, il faut s'assurer qu'il y a une demande. Donc évidemment, nous, ce n'est pas avec les quelques kilos de cobalt, on vend 100 000 téléphones par an. Samsung, Apple en vend plusieurs millions par an. Donc, ce n'est pas tout à fait les mêmes volumes. Mais en plus, on n'est qu'une boîte de smartphones. Donc, on n'a pas beaucoup besoin de cobalt en termes de poids dans un téléphone. Donc, ce qu'on a essayé de faire aussi, c'est d'inviter d'autres clients pour ces mines-là. Donc, Tesla, Volvo, Pixel nous ont rejoints. Pour pouvoir, dans tout ce qui est automotive, ça demande plutôt des tonnes que des kilos. Et comme ça, ça a stabilisé, on va dire, cette mine-là. Mais tu vois, ça, c'est un exemple sur le cobalt. Comment tu arrives à insuffler un changement? Mais ça veut dire qu'il faut aller sur place. Accepter le statu quo pourri, le fait qu'il y ait les gamins, par exemple, dans les mines, bosser avec les gens, et ensuite que les gens sortent de leur situation ultra précaire. Et tout est lié. Le travail des gamins, les conflits armés, les mauvaises conditions de travail, c'est tout lié. C'est-à-dire que les gens n'arrivent pas à s'autonomiser. Une fois que la thune est là, que les gens sont convenablement payés, il n'y a plus de gamins dans les mines, et ils arrivent à squeezer les mafias.

Parce que bien souvent, le principe des mafias armées, c'est que bien souvent, les mineurs, les familles de mineurs se retrouvent à y retourner d'eux-mêmes parce qu'ils n'ont plus de thunes. Tu vois, ce n'est pas l'image, alors évidemment, je ne suis pas une spécialiste de l'Afrique, mais ce n'est pas l'image tout le temps d'un conflit sanglant, quoique au Congo, c'est quand même ultra problématique ce qui se passe sur d'autres aspects. Et bon, bref, ce n'est pas tout le temps l'image d'un conflit sanglant armé où les gens ont le couteau à la gorge et sont toujours obligés de bosser. presque en esclaves, c'est aussi le fait que parfois les gens y retournent d'eux-mêmes parce qu'il n'y a plus d'autres solutions pour eux. Voilà. Non, je te remercie pour ces éclairages. Peut-être pour aussi se demander, une fois que justement on est plus dans la distribution, là je me tourne plus vers Camille, mais en gros, est-ce que... Comment est-ce que Back Market joue un rôle pour aussi donner des bonnes notes, des mauvaises notes, favoriser en tout cas les fournisseurs qui sont les plus éthiques?

En gros, quelle est l'équation chez vous pour mettre votre pierre aussi sur ce sujet? Alors, c'est un vaste sujet. Nous, le principe de base de Back Market, c'est de démocratiser cet accès à une tech moins impactante. Donc, c'est Back Market, on a été créé en 2014, donc c'est plus d'un million de tonnes de CO2 évitées depuis la création. Sur la sélection des fournisseurs, On a un système qui est très, très encadré, en fait, pour être sûr qu'on a la qualité, des bonnes pratiques, etc. Donc, avec un système de présélection, puis une fois qu'on est arrivé sur la plateforme, On va monitorer les performances des taux de panne, etc. Des fournisseurs. Aujourd'hui, et après, une fois que... Cette période est passée, nous, on va laisser, on va permettre aux fournisseurs de vendre correctement tout en monitorant. Après, en ce qui concerne les pratiques en tant que telles, c'est beaucoup plus difficile pour nous d'avoir un oeil là-dessus.

Donc aujourd'hui, on est en train d'étudier des systèmes qui vont nous permettre d'auditer les vendeurs sur la plateforme sur des questions de performance environnementale, etc. Parce qu'on a des vendeurs qui viennent un peu partout dans le monde. Après, il faut savoir que les vendeurs sur la plateforme de Back Market, ce sont nos clients. Puisque nous sommes en fait un intermédiaire entre eux et les clients finaux. Donc, ce n'est pas forcément évident de dire à un client, écoute, tu vas faire un audit et comme ça, tu auras le droit de vendre sur la plateforme. Donc, on est en train de trouver la bonne façon. Donc, on avait dit, on a déjà testé plusieurs choses. Qui ne nous ont pas vraiment satisfaits. Donc aujourd'hui, on est en train de discuter avec pas mal d'organisations pour voir comment on arrive justement à mettre en place un système qui permet vraiment d'aller dans une encore plus grande transparence sur ces pratiques-là. Parce que vos clients sont, de toute façon, on va dire, enfin vos clients, je parle du client final, enfin non, je ne parle pas des vendeurs, justement, les consommateurs, les consommateurs sont des gens quand même qui,

a priori, ils sont quand même engagés, ils ne sont pas arrivés chez Back Market complètement par hasard, même si effectivement, ça permet aussi d'avoir un prix moins cher sur le téléphone. Alors, détrompe-toi, j'aimerais bien, parce que moi, évidemment, mon boulot, c'est de faire en sorte que ce soit, qu'on soit différenciant grâce à l'impact et que vraiment ce qui amène le client d'abord chez Back Market, c'est justement une volonté d'améliorer son impact. Aujourd'hui, si on est très honnête, 75% des gens viennent pour des questions de prix. De prix. Ce n'est pas forcément, ce n'est pas mal ou bien, c'est la réalité, c'est qu'aujourd'hui la tech a atteint des prix complètement prohibitifs et que nous on a vu notamment au moment du Covid où les gens se sont mis à acheter massivement sur Back Market parce que tout d'un coup ils se retrouvaient chez eux à devoir travailler. pas équipés, pas les moyens d'acheter du neuf. Et donc, c'est vrai que ce n'était pas notre but initial, j'ai envie de dire, mais c'est vrai qu'on s'est retrouvés à avoir un rôle de rendre la tech un peu plus accessible au grand public.

Et donc, on estime qu'on a environ 25% de nos clients qui… qui viennent parce qu'ils cherchent à changer justement dans la vie de consommation, ils cherchent à avoir un meilleur impact. Ce qui est intéressant, ça a été de voir un peu l'évolution de cette tendance-là aux États-Unis, qui était de 5% il y a trois ans, qui est de 25% aujourd'hui. Alors que les États-Unis sont souvent taxés, entre guillemets, de ne pas être assez mûrs sur ces suites de consommation durable. Après, j'ai envie de te dire que c'est qu'importe le flacon pour vous qu'on est livresse, dans le sens où à la fin de la journée, ce qui est important, c'est que ces gens, même s'ils ont des questions de prix, ont choisi une tech qui est circulaire. Donc, on permet de réduire l'impact de leur achat. Choisir un téléphone reconditionné par rapport à un téléphone neuf, c'est 77 kg de CO2 évité. Donc, c'est environ 400 km en voiture évité. En termes de consommation d'eau, c'est équivalent à la consommation d'environ un an. Non, c'est la consommation d'une personne, les fameux 2 litres par jour pendant 94 ans.

Donc, c'est des vrais impacts concrets, etc. Donc, nous, l'idée, en fait, c'est que, qu'importe la raison pour laquelle les… les clients viennent sur la plateforme, on veut leur donner les informations sur l'impact de la tech et leur expliquer pourquoi ça a vraiment une importance, la façon dont est consommée la tech aujourd'hui. Et parce qu'il y a finalement assez peu d'organisations qui vont parler de ce sujet-là au grand public aujourd'hui. C'est clair. Et là, en tout cas, c'est vraiment dans l'idée de valoriser chaque appareil qui peut traîner dans les placards, etc. Donc ça, c'est quand même un enjeu qui est majeur pour allonger la durée de vie. Agnès en parlait aussi tout à l'heure. Moi, je me tue à le dire quand j'anime la fresque du numérique, mais c'est en fait, il y a une stat qui est aussi liée à l'obsolescence psychologique, qui est assez frappante, où en fait, il y a plus de 80% des Français qui changent de téléphone alors qu'ils fonctionnent encore.

Donc, on va parler de l'obsolescence technique, mais il y a aussi une obsolescence psychologique qui est là et qui fait que, tiens, on voit un nouveau modèle, on nous dit que ça va être plus puissant, qu'il y aura au lieu de 4 appareils photo, il y en aura 5 derrière, puis il y aura la 5G, la 6G, et puis on se dit, allez, j'y vais. Et en fait, ça, c'est quand même une grosse partie aussi du problème. Et bon, voilà, il y a aussi la publicité, etc. Mais je ne sais pas si vous avez un commentaire là-dessus, mais sur ce phénomène d'obsolescence psychologique aussi, comment ça peut causer dans les questions. On est poussé à la surconsommation et à changer. avec l'impression qu'en fait, finalement, notre téléphone qui est passif et qui fait tout ce qu'on lui demande de faire, n'est plus finalement au bout du jour. Après, c'est pour ça que nous aussi, on a une présence marketing assez importante. C'est qu'on s'est dit, OK, il faut qu'on aille se battre aussi sur les mêmes terrains. Que ces grands gars de la tech qui font des campagnes, etc. Donc, à chaque fois, on essaie un peu de troller au moment du keynote d'Apple, de sortir des trucs et tout, pour les essayer un petit peu de...

Justement, de rendre un petit peu cette espèce d'élan qui nous pousse, enfin, d'élan qui est complètement orchestré par ces marques-là, de nous pousser à acheter en essayant de montrer, de prendre un peu de recul. Est-ce que finalement, on a vraiment besoin de ça? Et c'est vrai que moi, on m'a souvent dit, oui, mais alors du coup, vous êtes contre l'innovation. Et alors que c'est ce que mentionnait aussi Agnès tout à l'heure, c'est qu'en fait, l'innovation, ce n'est pas forcément avoir un sixième appareil photo sur son téléphone. Ça peut être, c'est de l'éco-conception, c'est comment on arrive à réparer mieux, etc. Donc, je pense qu'il y a un truc aussi un peu à changer. Il faut qu'on arrive, nous, en tant que consommateurs, puisque je m'inclus évidemment dedans, qu'on prenne de la distance par rapport à nos besoins. Et nous, on a beaucoup travaillé avec l'ADEME sur ce sujet. Et le premier geste, c'est de se poser la question de« est-ce que j'en ai besoin? Pourquoi j'en ai besoin? Est-ce que j'en ai besoin maintenant? » Et en fait, c'est aussi en tant que consommateur, on a un rôle à jouer. Et on a du pouvoir. Il ne faut pas non plus se sentir complètement impuissant par rapport à ce genre de problématiques.

On est consommateur citoyen aussi. Et c'est pour ça que c'était important aussi de pouvoir mesurer ces impacts évités par nos clients. Et quelque part, de leur donner ces infos-là, pour leur dire, voilà, peut-être qu'à la base, vous n'êtes pas forcément venu parce que vous cherchiez à avoir un meilleur impact, mais à la fin, c'est ce que vous avez eu. Comme quand on prend le TGV maintenant, ils nous disent quand même qu'on... On a choisi le mode de transport le plus écologique, donc même si ce n'est pas forcément le choix de départ. C'est clair, je suis totalement évidemment en phase. Peut-être justement pour parler de possibilités d'allonger la durée de vie au maximum des appareils. Là, pour le coup, on sait que... Un des éléments qui se mixe un peu avec l'obsession psychologique, c'est quand le téléphone commence un peu à ramer, voire commence à avoir des incompatibilités avec des apps. Moi, d'ailleurs, je peux en témoigner. J'ai acheté sur Back Market, il y a déjà quelques années, un téléphone qui est de 2016. Et donc, je l'utilise encore.

Et en fait, je vois bien que certains... Éditeurs d'apps jouent le jeu, d'autres pas, et il y en a certaines pour le coup où ça ne marche plus. Donc il y a certaines fois, pas souvent, mais il y a des fois, il y a des fonctionnalités où je me dis, celle-là, je ne l'aurai pas. Et donc il y a la petite frustration qui arrive, et donc c'est là où on peut être un peu plus tenté d'acheter le neuf. 2016, c'est déjà un beau score. Ce qui est ressorti de la... De l'étude ADEME, c'est qu'un téléphone neuf commence à être amorti en termes d'impact au bout de 6-7 ans d'utilisation. Donc toi, en plus, étant un téléphone reconditionné, tu pètes les scores. Mais c'est vrai qu'il y a cette question d'obsolescence qui est très, très importante. C'est ça, c'est qu'en fait, je pense aussi qu'il y a, comme tu le disais, on a chacun un impact individuel, mais ça va aussi jouer. un peu sur l'entourage et on l'a vu avec les habillements mais en gros on est passé quand même en quelques années de

acheter de la seconde main c'était un peu bizarre il y a quelques années maintenant ça devient cool et moi ma vision pour le numérique en tout cas c'est bien que ça va suivre le même trend c'est ce que j'espère en tout cas et j'y participe en montrant aussi on va dire à mon entourage que c'est possible d'avoir un vieux téléphone et que je peux encore bosser avec ça et qu'il n'y a pas de problème. Et moi, ma vision, c'est que justement, tu auras de plus en plus de clients qui vont être là parce qu'en fait, ce sera cool d'avoir quelque chose qui n'est pas neuf, justement, et ils vont le revendiquer. Voilà. Il y a un petit peu de chemin, mais... Oui, mais je pense que ça vient, je pense que ça sera ridicule. d'avoir acheté un appareil neuf à 1500 euros alors qu'il n'y avait pas vraiment de nécessité là-dessus. Tout à fait. Moi, je le pense maintenant, mais déjà, je pense qu'il y a un mouvement qui est en marche. Je crois que ça évolue dans ce sens-là. Après, juste une chose, ça change, ça c'est bien. Après, heureusement aussi que la législation change. On peut peut-être parler rapidement de lobbying.

En fait, il y a quand même, parce que le problème de la seconde main, pendant longtemps, ça a été le manque des pièces détachées, pour les réparateurs, pour ceux qui refont les téléphones, qui les remettent sur le marché, et le manque de softwares support. De support logiciel. Donc typiquement, C'est encore possible d'acheter des téléphones. Tu as dit que tu as acheté un téléphone de 2016. J'imagine que c'est une des deux marquées en tête. Il y a peu de chances que ce soit un téléphone chinois un peu cheap, etc. Parce que souvent, ces téléphones-là ont un ou deux ans de support, voire trois maximum au total. Donc, ça veut dire que tu t'achètes ton téléphone de seconde main, tu es content, tu l'as payé moins cher, etc. Sauf que le téléphone sera supporté un an après ton achat. Et ce qu'on a fait avec des gens, d'ailleurs, Back Market, et puis d'autres gens, Alt à l'obsolescence programmée, Common, etc. On a vraiment fait du lobbying auprès de la Commission européenne, mais aussi au niveau du gouvernement français, pour arriver à inscrire dans la loi le fait que l'obligation de support logiciel long sera...

Obligatoire pour les fabricants de téléphones et de laptops et d'autres appareils que les téléphones, by the way. Et c'est passé, le 16 juin dernier 2023, il y a l'éco-design directive au niveau européen qui est passé et qui va être avec une grasse période de 21 mois, donc elle va être en mars 2025. Tous les téléphones vendus en mars 2025, à partir de mars 2025, devront fournir 5 ans de support logiciel après la fin des sales. Donc, ce n'est pas à la mise sur le marché, c'est après la fin de mise sur le marché. Donc, ton téléphone, tes Samsung, tu le vends un an et demi, deux ans, il faut que tu aies sept ans de support logiciel. Donc ça, c'est plutôt cool. Ça va dans le sens d'un allongement de la durée de vie du téléphone. Tu l'achètes de seconde main ton téléphone, après tu es content parce que tu as des chances d'avoir un support logiciel long. Pas de support logiciel, concrètement ça veut dire quoi? Ça veut dire que quand tu lances ton app bancaire pour t'authentifier, etc. Et faire ton virement, tu ne peux plus parce que tu n'as plus de security update. Donc concrètement parlant, ça permet...

Ça fait en sorte que des apps ne peuvent pas se lancer. Donc typiquement, il y a des gens qui arrêteront d'utiliser leur téléphone parce que... Ça les fait chier de ne pas pouvoir utiliser leur téléphone pour faire des virements bancaires. Donc ça, c'est plutôt une bonne chose. Il y a un deuxième truc qui arrive en 2025, c'est l'index de réparabilité européen, qui à mon avis n'est pas encore assez complet, mais bon, ça c'est perso, qui va un peu remplacer l'index de réparabilité français. Et là, ce n'est pas un truc obligé, ça ne va pas rendre interdit les téléphones, ça ne va pas interdire les téléphones d'être sur le marché, mais par contre, ça va donner une note, un peu comme l'indice de réparabilité français, et ça va s'appuyer sur aussi le support logiciel et la dispo des pieds détachés. Donc ça, c'est plutôt bien. C'est l'Europe. Ça veut dire qu'en dehors de l'Europe, c'est un peu le Far West et ça peut être bien pourri. Mais au moins en Europe, on peut dire qu'on a des choses qui sont plutôt prometteuses. Oui, et puis il faut ajouter aussi que sur la question du lobbying, et c'est ça ce qui est très intéressant, ce que tu dis Agnès, c'est qu'on a une image souvent du lobbying qui est quelque chose de très négatif, mais ça peut servir aussi des causes pour la planète. Et puis il y a tout un... On a besoin du support des gouvernements et des organisations, notamment au niveau européen, c'est là que c'est plus actif, mais pour encourager aussi ces consommations plus durables.

Aujourd'hui, le consommateur, il n'a aucune différence en termes de TVA, par exemple, entre un produit qui est circulaire ou qui est durable et un produit qui est normal. Donc, en fait, nous aussi, on se bat, par exemple, sur des fameux sujets, la TVA verte, des choses comme ça, pour... Pour encourager les consommateurs et pour récompenser un peu ces comportements de consommation qui sont plus responsables. Et puis, il faut les chier aussi, puisqu'aujourd'hui, c'est très difficile pour le consommateur de s'y retrouver. Et puis aujourd'hui, il y a beaucoup de... produits durables qui vont être plus chers que le neuf. C'est ça aussi. Là, par exemple, on voit que des gros constructeurs, notamment Apple, a réduit ses prix l'année dernière. Donc, en fait, ça devient plus attractif aussi pour le client final. Donc, il faut aussi que les autorités publiques prennent position aussi sur ces sujets-là, ne c'est pas la pression des constructeurs à ce sujet-là. Donc là, Camille, toi, tu estimerais plutôt que tu as des intérêts aujourd'hui qui freinent plutôt le développement de l'économie circulaire ou est-ce que, justement, au contraire, vous êtes de plus en plus aidé par le cadre réglementaire?

En gros, dans quel sens va le vent? On sait dans quelle direction ça doit aller pour les raisons sociales, environnementales qu'on vient de décrire, mais la réalité, c'est que vous naviguez comment là-dedans? Est-ce qu'il y a des vents contraires? Est-ce que vous faites face à des oppositions? Vous parliez toutes les deux de lobbying. Vous avez des lobbying en face. Pas grave, je veux dire, j'ai écrit une tribune dans Le Monde il n'y a pas longtemps, ça a été encore à souligner hier par Nicolas Six dans Le Monde, Il y a un lobbying des giants qui est énorme. Pourquoi l'index de durabilité français sur les smartphones a été cassé? Je ne vais pas rentrer tout dans les détails, mais il faut savoir que l'indice de réparabilité français allait être remplacé par la loi AGEC, par l'indice de durabilité en 2024. Et c'est tombé à l'eau sur les smartphones à cause du... Moi, je suis claire là-dessus, je ne suis pas la seule, à cause du lobbying des giants au niveau européen, parce que la Commission européenne a attaqué la France en disant « si vous le faites, on s'y opposera, vous aurez des amendes, etc.

» Donc, c'est tombé à l'eau. Et l'index de réperméabilité européen est beaucoup moins exigeant que ce qu'on avait arrivé, ce qu'on était arrivé à négocier avec les Giants. On avait réussi à négocier des choses du type, tu as des points, quand tu permets un OS libre de tourner sur le téléphone, on sait que les OS libres, ce n'est pas que bien pour la privacy. C'est bien aussi pour l'allongement de la durée de vie des téléphones. Ça, typiquement, ce n'est plus du tout dans l'index européen. Donc, le lobbying des big tech est énorme, ultra actif, ultra actif. Et par rapport à ce qu'on est, nous, les plus petits acteurs, ils sont beaucoup plus nombreux. Et toi, Camille, comment tu le vois chez Back Market? On a eu un exemple assez récent. Alors nous, on n'est pas actifs en termes de ligne aujourd'hui aux États-Unis, mais on suit ça de près, puisqu'il y a beaucoup de choses qui ne se déclinent pas là-bas. Au sein de notre comité de mission chez Back Market, on a la présidente de l'association Right to Repair, aux États-Unis, qui est aussi une association qui existe en Europe, qui se bat justement pour faire évoluer la législation et permettre une grande réparabilité des produits.

Il y a quelques mois, il y a un nouvel acte qui est sorti en Californie pour faciliter la réparabilité qui a été soutenue par Apple. Et donc, on peut se dire, c'est vraiment une bonne nouvelle. Et en fait, ce que nous expliquait dans un interview que tu as là-bas, c'est qu'en fait, ils soutiennent ce genre de choses pour être là de l'intérieur et pour justement arriver à affaiblir un petit peu ce genre de législation. Donc, c'est vrai que... Je pense que les choses sont quand même améliorées depuis quelques années. Tu mentionnais cette loi sur les coûts circulaires et sur les disponibilités des pièces détachées, mais c'est vrai qu'aujourd'hui, on n'a pas le secteur de la réparation, le secteur du reconditionnement. Il y a un secteur qui est extrêmement hétérogène. Avec des toutes petites boîtes, des petits ateliers qui font du perçable. et des gens qui ont des usines de 2000 personnes. Donc, c'est aussi arriver à fédérer aussi ces acteurs de l'économie circulaire. C'est pour avoir un poids suffisant. C'est un travail de longue haleine. Et il n'y a pas la force de frappe, ne serait-ce que financière, des fameuses big tech, comme on les appelle, qui vont avoir un poids extrêmement fort.

Mais je pense qu'il faut être quand même optimiste. Il se passe des choses. Il s'est passé beaucoup plus de choses ces 5-6 dernières années que ces 20 dernières. Et puis voilà, il faut faire confiance aussi, je pense, aux consommateurs qui commencent à avoir une prise de conscience là-dessus. Et il faut les informer. Je pense que c'est très, très important de les informer aussi. Je vais rebondir là-dessus, Camille. En fait, on a une question dans le chat que je vais prendre. Et après, il va falloir qu'on arrive à la conclusion. On va se retrouver après sur les tables virtuelles, mais le timing était un peu serré. On a abordé un sujet qui nécessiterait encore deux heures de plus. Donc, c'est ça la difficulté. La question est la suivante. Donc, merci Dimitri. Et c'est plus sur quelle est la situation aujourd'hui. Donc, j'imagine que c'est par rapport justement à ce côté économie circulaire entre les entreprises et le grand public. En gros, est-ce que le grand public est plus prêt, peut-être à la seconde main pour les équipements numériques, que les entreprises? Peut-être, toi Camille, qui dois avoir comme consommateur, Des deux, finalement.

Nous, en tant qu'entreprise, on est déjà passé par Back Market pour du reconditionné. Il y a de tout type de consommateurs. Est-ce qu'il y a une tendance? Alors, nous, on est… Donc, déjà, il faut savoir qu'en France, il y a une loi qui oblige les administrations publiques à s'équiper à 20% de produits circulaires. Donc, pas forcément que sur les produits IT, mais globalement. Les 20% ne sont pas encore atteints, mais bon, nous, on espère aussi que c'est quelque chose qui va permettre aussi un petit peu de changer les habitudes. Back Market a commencé une activité B2B il y a deux ans, qui marche assez bien. Aujourd'hui, ce qu'on a, c'est plutôt des petites entreprises qui ont une raison d'être assez tournée vers l'impact. Je m'imagine aussi que c'était le cas pour toi. Donc, c'est vrai que là, il y a vraiment un truc dans l'ADN qui dit, OK, en fait, dès le début, dès le démarrage, on va essayer d'avoir quelque chose qui est durable et qui a un impact moindre. Ça reste quand même très minoritaire, alors qu'en plus, c'est pourtant une solution qui est aussi beaucoup plus économique, puisque c'est beaucoup moins cher d'acheter et de reproduire aujourd'hui.

Il y a encore beaucoup de freins. Il y a en fait cette idée que ça va moins bien marcher, etc. Et que tu n'as pas forcément les mêmes garanties. Alors que justement, l'idée, c'est de matcher ces garanties-là. Moi, je dirais que le grand public est peut-être un petit peu plus avancé sur ces sujets-là. Il ne faut pas aussi sous-estimer les influences de la génération qui arrive aussi. On a beaucoup de pères et mères de famille qui achètent sur notre plateforme, aussi poussés par leurs propres enfants. qui ont commencé à avoir cette conscience aussi de l'impact. Moi, j'ai l'impression qu'il y a un mouvement progressif qui s'améliore et qui vient notamment du grand public. Après, tu mentionnais au début de ta présentation la situation climatique qui est assez alarmante. Donc, il va y avoir aussi une pression croissante, je pense, sur les entreprises pour accélérer leur transition vers le net zéro. Le reconditionné et le second de main. est un levier d'action.

Donc, on espère aussi qu'il va y avoir une prise de conscience là-dessus. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, sur le reconditionné et l'usé, c'est-à-dire que le second de main n'est pas forcément reconditionné, sur le marché total de l'électronique, on présente moins de 10%. Donc, nous, on espère qu'on atteindra un peu le modèle de la voiture d'occasion. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, 60% des gens achètent des voitures d'occasion quand ils achètent une voiture. Ils réfléchissent sur ces choses qui sont assez naturelles. Donc, on aimerait bien que cette habitude de consommation se transpose sur l'électronique de façon générale. C'est ce qu'on peut vous souhaiter et se souhaiter. Merci. Du coup, alors vu qu'il est 13h05 passé, je crois que Noémie, si tu es encore dans le coin, Je pense qu'elle va, à mon avis, réapparaître pour peut-être passer à la dernière phase de notre meet-up. Oui, bien sûr. Et en commentaire, en tout cas, je sais qu'on a le projet d'aborder encore plein d'autres sujets. Si la phase...

La phase 2 qui permet justement de se retrouver permet à chacun, chacune, d'aller poser des questions à Camille, à Agnès ou à moi, bien sûr. Ce sera avec plaisir pour le faire. Oui, merci beaucoup à tous les trois. En effet, là, on va passer au table de networking. Donc, l'idée, c'est qu'on se retrouve sur les tables virtuelles. Donc, ça permet de continuer les échanges pour celles et ceux qui peuvent. Et encore merci pour vos interventions. et vos partenaires. Merci beaucoup pour cette invitation. Et pour Guillaume, pour cette magnifique modération. Merci, merci à vous. Et on se retrouve tout de suite sur les tables. Merci beaucoup. Merci. Merci.