← BibliothèqueToutes les vidéos
Tech.Rocks Summit 2021
CovidTracker, Vite Ma Dose : analyse de projets inattendus
- Guillaume Rozier (Consultant data science, fondateur de CovidTracker, VaccinTracker et ViteMaDose, OCTO Technology)
Tech.Rocks Summit 2021 · 10 décembre 2021 · 21 min · en français
Résumé
Retour sur CovidTracker, Vite Ma Dose et d'autres projets inattendus, « d'un tweet à l'Ordre national du Mérite ».
Summary
A look back at CovidTracker, Vite Ma Dose and other unexpected projects, “from a tweet to the French National Order of Merit”.
Thèmes : Impact & numérique responsable
Transcript complet
Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.
Bonjour à toutes et à tous, je suis Guillaume Rozier, consultant en Data Science et fondateur de CovidTracker et de VitmaDose. On se retrouve tout de suite lors de ma conférence pour en parler. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue et merci d'assister à ma conférence. Je remercie aussi Tech.Rocks pour l'invitation. Aujourd'hui, je suis très heureux de pouvoir partager avec vous les coulisses du développement de différentes plateformes que j'ai réalisées, entre autres CovidTracker et ViteMaDose. On va essayer d'analyser le succès de ces plateformes d'un tweet jusqu'à l'ordre national du mérite. Avant ça, je vais me présenter rapidement. Je m'appelle Guillaume Rozier. Je suis aujourd'hui consultant data scientist dans une entreprise qui s'appelle Octo Technology. Mon métier consiste à analyser des masses de données informatiques pour essayer d'apprendre certaines choses ou de prendre des décisions.
Cela passe par l'application de certains algorithmes de data science, des visualisations de données et des analyses statistiques qui permettent de mettre en lumière ces données. Mais ces derniers mois, j'ai aussi été fondateur de diverses plateformes, notamment les deux plus connues, CovidTracker et ViteMaDose. Et donc, c'est ce que j'ai fait. pourquoi je suis ici aujourd'hui. On va essayer de rentrer dans les coulisses du développement de ces plateformes pour comprendre leur succès. Tout d'abord, on va parler de CovidTracker. Rapidement, CovidTracker est une plateforme qui permet de suivre l'épidémie, de la suivre à différentes échelles géographiques, bien sûr au niveau mondial, mais aussi au niveau européen, au niveau français, dans chaque région, dans chaque département et même dans chaque communauté de communes. Cette plateforme permet aux Français de suivre l'évolution du virus, mais aussi le niveau de gravité de l'épidémie, afin d'adapter leur comportement et donc de mieux lutter contre cette épidémie. Il est aussi possible de suivre l'évolution de ces indicateurs à différentes échelles, notamment dans différentes tranches d'âge, pour pouvoir bien comprendre comment elles se développent.
CovidTracker prend la forme de graphiques, de visualisations de données, pour mettre en lumière ces données, aussi de statistiques, d'indicateurs et de tableaux de bord. On verra après que CovidTracker inclut aussi des outils qui permettent de faire des tâches annexes et de mieux comprendre le développement de l'épidémie. CovidTracker affiche bien sûr des indicateurs épidémiques pour comprendre le développement de l'épidémie, mais aussi des indicateurs hospitaliers qui montrent les formes graves de la maladie. Ainsi que la tension hospitalière et les décès hospitaliers. CovidTracker, c'est désormais environ 10 millions d'utilisateurs actifs chaque mois. C'est plus de 200 000 abonnés sur les réseaux sociaux, mais aussi à la newsletter. Donc, ça atteint une popularité qu'on n'imaginait pas du tout, qui est totalement inattendue. Aujourd'hui, CovidTracker est utilisé à de nombreuses échelles, notamment par les collectivités, par les hôpitaux, mais aussi jusqu'au Premier ministre et au Président de la République, et qu'il utilise au quotidien pour suivre l'épidémie. La deuxième plateforme la plus populaire dont j'ai été à l'origine est VitmaDose.
VitmaDose, c'est un site et des applications mobiles qui permettent aux Français de trouver une dose de vaccin, en l'occurrence de vaccin anti-Covid, plus facilement et plus rapidement. On a développé avec des dizaines de contributeurs sur Internet des algorithmes qui vont permettre d'analyser tous les rendez-vous disponibles sur les plateformes de réservation. Vous connaissez bien Doctolib, mais il existe d'autres plateformes de réservation. On en supporte huit en tout, dont par exemple Keldoc, Maya, Mafarma et encore d'autres. Nos algorithmes vont détecter tous les rendez-vous de vaccination qui sont disponibles. En temps réel et les agréger au même endroit, facilitant ainsi l'accès à la vaccination aux Français. VitmaDose a aidé plus de 30 millions de Français à trouver un rendez-vous de vaccination plus facilement, plus rapidement. Et donc, on est heureux d'avoir permis à ces Français de se faire vacciner plus rapidement. Alors évidemment, avec tous les contributeurs, on a été très satisfait de la popularité de ces plateformes.
J'ai cité quelques statistiques qui sont stratosphériques, qu'on n'imaginait pas une seule seconde. Mais ça atteint d'autres niveaux, puisqu'on a eu... J'ai eu l'occasion d'avoir une discussion avec Tim Cook, le PDG d'Apple, qui nous a remercié. d'avoir créé en l'occurrence VitmaDose, qui s'est dit bluffé par le travail qu'on a fait. Donc c'est évidemment pour nous un honneur et une grande chance d'avoir ce retour. Et puis encore mieux, le président de la République a décidé de me remettre l'ordre national du mérite cet été pour le travail qu'on a accompli sur ces différentes plateformes. C'est évidemment pour moi un grand honneur, un grand plaisir d'avoir cette distinction qui est dédiée à tous les contributeurs. On le verra plus tard, il y en a des dizaines. qui ont participé au développement de toutes ces plateformes. Je précise aussi qu'on a développé d'autres plateformes et d'autres outils, on en évoquera quelques-uns, qui ont été un peu moins populaires, mais très utilisés par les Français. Alors aujourd'hui, j'aimerais vous faire entrer dans les coulisses du développement de ces différentes plateformes. On va essayer de comprendre, de prendre un peu de recul, essayer de comprendre pourquoi, du point de vue du développement du produit, même si ce ne sont pas des produits, puisque ces plateformes sont évidemment à but non lucratif,
on va essayer de comprendre du point de vue du produit, comment ces plateformes ont pu avoir un succès, surtout qu'au début de l'épidémie, le défi était immense. On verra dans une première partie le défi que j'appelle un défi triple, un triple défi. Il y avait trois défis pour réaliser ces différentes plateformes. On va voir quelles solutions on a apportées pour faire face à ces immenses défis. Je pense qu'il y a trois grands axes dans le développement des solutions. Le premier axe, c'est une agilité et une flexibilité qui nous a permis d'aller très vite et très fort. On verra ce que j'entends par là. Le deuxième axe, c'est la vulgarisation et des interfaces, notamment utilisateurs, une expérience utilisateur la plus simple possible, la plus pédagogique possible. Je pense que ça fait partie du succès et de la popularisation de ces plateformes. Et enfin, on verra aussi comment on a communiqué autour de ces plateformes et comment la communication, notamment une communication qui est naturelle et sincère, a permis de populariser dans toute la France ces différents...
Enfin, on prendra un peu plus de recul et je développerai une théorie que j'appelle la théorie des 3 U. On verra pourquoi la théorie des 3 U est importante pour qu'un produit, qu'il soit numérique ou matériel, ait du succès. On verra ce que j'entends par là à la fin. Alors d'abord, j'ai parlé d'un défi immense. Si on se replonge en mars 2020 ou même en février 2020, au tout début de l'épidémie, avant même qu'on soit confiné, on a décidé de créer des plateformes pour pouvoir mieux comprendre cette épidémie. Et finalement, on a fait face à un immense défi, un triple défi que je présente ici. Le premier défi, c'était l'urgence. Il fallait réagir vite. L'épidémie touchait beaucoup de personnes. Elle causait beaucoup de décès. Elle se propageait très vite dans le monde. On se rappelle d'abord en Chine, après en Italie, en France, dans l'Europe. Et donc, il a fallu réagir très vite pour essayer de la comprendre et donc de mieux lutter contre elle. Donc, on avait en face de nous vraiment un défi d'urgence. Il fallait aller très vite pour monter ces différentes plateformes. C'était le cas aussi avec ViteMadoz. Il a fallu déployer la campagne de vaccination très vite.
Il a fallu que les Français puissent trouver un rendez-vous de vaccination très vite. Donc, on a dû développer rapidement ces plateformes. Le deuxième grand défi, c'est l'inconnu. On était dans le flou total, on était dans un brouillard, on ne savait pas comment éclaircir ce brouillard, on ne savait pas si au bout de la route, il y aurait un virage à droite, à gauche, une montée ou une descente. On était dans l'inconnu total et donc il a fallu être suffisamment flexible, agile, pour se faufiler dans ce brouillard et essayer de l'éclaircir. Et le troisième grand défi, c'est des ressources limitées. Lorsque j'ai commencé à développer CovidTracker en mars 2020, j'étais stagiaire en stage de fin d'études. J'avais donc des ressources financières très limitées. J'avais aussi des ressources humaines très limitées puisque j'étais tout seul, je n'avais pas beaucoup de temps, j'étais en stage. Et puis enfin, des ressources en termes de compétences et d'expertise qui étaient aussi limitées. Certes, j'avais une formation. En informatique assez poussé, mais je n'avais pas des compétences diversifiées dans le domaine de l'informatique. Et donc ça aussi, ça a été un immense défi des ressources financières humaines et de compétences très limitées.
Donc on peut le voir que de monter de telles plateformes qui ont eu un tel succès, j'ai cité quelques statistiques, ce n'était pas gagné d'avance face à ces trois défis, l'urgence, l'inconnu et les ressources limitées. Comme je l'évoquais tout à l'heure, je pense qu'il y a trois grandes solutions, trois grands axes qui nous ont permis de faire face à ce triple défi immense. Le premier axe, c'est l'agilité. On a dû être extrêmement agile à tous les niveaux, que ce soit technique mais aussi humain, on le verra après. On a dû être flexible pour réagir à toute situation, avancer très vite et réunir toutes les compétences pour monter ces différents produits et faire en sorte qu'ils aient du succès. Si on se replonge un peu dans les coulisses du développement de CovidTracker, voici comment ça a commencé, le 11 mars 2020, au tout début de l'épidémie, avant même qu'on soit confiné. Voici un tweet que j'ai fait avec un graphique qui était très basique, très artisanal du nombre de cas en France et en Italie. Mais ce graphique avait le mérite d'exister.
En fait, ça a commencé même quelques jours plus tôt, fin février, début mars. J'ai commencé à me pencher sur l'épidémie. On ne savait pas comment elle se développait. Ça a commencé à devenir compliqué en Chine, en Italie, qui ensuite était confinée. C'était inimaginable qu'un pays occidental puisse un jour être confiné. Mais à l'époque, on avait très peu de réponses à nos questions. On ne savait pas comment... épidémie se développait, on ne savait pas quelle était la situation en France par rapport à d'autres pays. Alors j'ai décidé de rassembler quelques données que j'ai trouvées tant bien que mal puisqu'à l'époque elles n'étaient pas publiées par les administrations. J'ai trouvé des données via notamment des universités américaines, John Hopkins University. Ou via des administrations françaises qui publiaient certaines données, parfois par communiqué de presse, parfois sur Internet. J'ai rassemblé ces données, j'ai fait des premiers graphiques, les premières visualisations de données, les premières analyses statistiques pour essayer de comprendre comment se développait l'épidémie en France par rapport à d'autres pays, en l'occurrence l'Italie. J'ai donc partagé ces analyses de façon artisanale avec quelques proches sur Twitter, mais à l'époque j'avais très peu d'abonnés, et j'ai senti que ces quelques personnes étaient intéressées par ce suivi épidémique.
J'ai ensuite donc itéré, fait des petites itérations, et l'étape d'après a été de créer un site. Extrêmement simple avec ce graphique qui n'était pas très beau, qui n'était pas très complet, avec une page qui était vraiment très très simple, mais qui avait là aussi le mérite d'exister. Cette page, contre toute attente, c'était totalement inattendu, a eu plusieurs milliers de visites en quelques jours, alors que je m'attendais à ce qu'elle en ait seulement quelques-unes. Et donc j'ai décidé d'itérer, de créer une meilleure plateforme, un meilleur site internet, avec un nom, avec un logo, et donc là c'est devenu CovidTracker. Alors là, la version que vous voyez n'est pas la version de CovidTracker de mars ou d'avril 2020. CovidTracker a été... développé petit à petit, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois. On a itéré avec des toutes petites itérations, où on a ajouté des nouvelles fonctionnalités très régulièrement, quasiment tous les jours. On a ajouté des outils, des graphiques, pour essayer de mieux comprendre la situation, d'abord épidémique, puis sanitaire, dans chaque territoire, dans chaque tranche d'âge.
Et donc c'est grâce à ces petites itérations qu'on a réussi aujourd'hui à monter un site qui est beaucoup plus complet et complexe, et qui rassemble des dizaines de millions de visites chaque mois. Donc finalement, la méthodologie qu'on a employée et qui nous a permis d'aller vite pour développer cette plateforme et surtout de faire une plateforme qui correspond aux attentes des utilisateurs, je la résume avec ces quatre mots anglais. Ship first, improve later. C'est-à-dire d'abord on publie une fonctionnalité, d'abord on publie une version du site internet, un produit, en l'occurrence c'est un produit numérique, mais ça peut très bien être un produit matériel aussi. Donc on met entre les mains des utilisateurs très très vite, très rapidement, une première version du produit qui n'est peut-être pas complète, pas suffisamment complexe, pas exhaustive, pas suffisamment pratique, mais qui a le mérite d'exister. Ensuite, on recueille le feedback, donc le retour, les impressions, les premières impressions des utilisateurs, ce qui va nous permettre de l'améliorer et de faire en sorte en bout de chaîne qu'on ait une version du produit qui soit totalement en correspondance avec les attentes des utilisateurs.
Et donc je suis convaincu que c'est cette méthode qui nous a permis d'aller très loin aujourd'hui. Là, j'ai parlé d'agilité technique, mais il y a aussi une agilité humaine très importante. Je n'aurais jamais pu créer ces différentes plateformes tout seul. Je n'avais pas les compétences ni le temps disponible pour cela. Et donc, si on a pu aller très vite, notamment sur VitmaDose, qui a été construit en quelques jours, c'est grâce à plus de 150 contributeurs. Il y a donc une agilité humaine extrêmement forte. On a pu rassembler tous ces contributeurs grâce à Internet, grâce aux réseaux sociaux. On a pu travailler collaborativement grâce aux réseaux sociaux. Aujourd'hui, ces 150 contributeurs ont apporté leurs compétences très diversifiées. Ça va évidemment du développement informatique à la communication, en passant par la gestion de projets, par exemple, ou la relation presse, ou même sur des thématiques légales, par exemple. Ça nous a permis de faire des plateformes, des produits qui sont complets en un temps très réduit. Le premier axe, c'était donc l'agilité et la flexibilité. Le deuxième axe de réponse à ces trois grands défis, c'est la vulgarisation.
Ce que j'appelle vulgarisation, c'est entre autres de la pédagogie et de la simplicité. Ça passe évidemment par les interfaces utilisateurs et l'expérience qu'a l'utilisateur lorsqu'il utilise nos plateformes. À chaque fois qu'on développe un nouvel outil ou une nouvelle plateforme, on se met dans la peau d'une personne qui n'est pas à l'aise avec l'informatique. Par exemple, notre grand-père ou notre grand-mère. Et on se dit, si on arrive à rendre intuitive, simple d'utilisation, cette plateforme par ces personnes-là qui ne sont pas à l'aise avec la technologie, alors on a tout gagné. On a créé une plateforme dont les utilisateurs vont avoir plaisir à utiliser. Et donc c'est vraiment ce qui nous a driveé du début à la fin, créer des plateformes qui sont les plus simples possibles, qui vont droit au but. On a aussi créé des plateformes qui sont pédagogiques, qui expliquent à l'utilisateur. En l'occurrence, on voit des indicateurs épidémiques. Je pense qu'on n'est pas tous épidémiologistes, moi le premier, donc on ne comprend pas ces indicateurs. C'est pour ça qu'il était nécessaire de rajouter un texte explicatif très simple qui permet de faire comprendre à l'utilisateur ce que signifient ces indicateurs et quel est leur...
au niveau de gravité. Je vais prendre un autre exemple de pédagogie. En l'occurrence, c'est un outil qui est hébergé sur CovidTracker qui s'appelle CovidRisk. CovidRisk permet d'estimer le risque qu'une personne soit positive dans un événement. Pour cela, il demande deux informations à l'utilisateur. La première information, c'est le lieu de l'organisation de l'événement, puisque ça dépend de l'activité du virus dans ce territoire. Et puis aussi évidemment le nombre de participants à l'événement. Donc là, en l'occurrence, pour un événement organisé aujourd'hui de 200 personnes à Paris, le risque pour qu'une personne soit positive dans cet événement est de 27%. Finalement, CovidRisk ne fait qu'une seule chose, c'est qu'il convertit un indicateur qui est très peu compréhensible par le grand public, par tout le monde, le taux d'incidence, il permet de le convertir en un indicateur qui est beaucoup plus compréhensible, qui est tangible, qui est matérialisable, un risque pour qu'une personne soit positive. Je pense qu'aujourd'hui, assez peu de monde pourrait donner la définition du taux d'incidence, c'est le nombre de cas par semaine pour 100 000 habitants, et c'est difficile de comprendre le niveau de gravité d'un taux d'incidence.
Est-ce que c'est grave si le taux d'incidence est de 50 pour 100 000 habitants? Est-ce que c'est grave s'il est de 70, de 100, de 150? C'est un indicateur qui est complexe. Et donc cet outil permet de faire de la pédagogie en expliquant à l'utilisateur ce que ça signifie concrètement un taux d'incidence de 50, de 70 ou de 100. Donc le deuxième grand axe, je suis convaincu que c'était la pédagogie. la simplicité des différentes interfaces. Et le troisième grand axe, c'est assurément la communication. C'est très important parce qu'on a adopté une communication qui est naturelle, qui n'a jamais été forcée ou suscitée, et surtout qui est sincère. On a fait plus de 300 interventions, que ce soit à la télé, dans des médias de presse écrite, dans des médias sur Internet, à la radio. Tout a commencé via les réseaux sociaux. On a commencé au tout début à communiquer sur Twitter, sur Instagram, sur Facebook, même sur Twitch. On a fait des lives d'une manière tout à fait sincère et désintéressée.
Et finalement, les Français, sur Internet, se sont intéressés à ces sujets-là, se sont intéressés aux informations qu'on communiquait. Et ensuite, les médias ont décidé de s'emparer du sujet. On a assez rarement refusé des interventions médiatiques dans les médias. A chaque fois, je pense qu'on a essayé d'être le plus neutre possible, de rester dans notre sillon, de ne pas dépasser dans un autre sillon, d'être sincère, de dire vraiment ce qu'on pensait de la situation épidémique, le plus simple et le plus pédagogique possible, en vulgarisant les différents indicateurs. Et je pense que cette communication a été un véritable moteur dans le développement des différentes plateformes et dans la popularité qu'elles ont pu avoir ensuite. Je pense que les grands axes qui permettent de répondre à ces trois grands défis ont été les suivants. L'agilité, évidemment, avec une flexibilité très grande, à la fois technique mais humaine. Aussi, la vulgarisation avec des interfaces les plus simples possibles, en expliquant certains indicateurs. Et finalement, la communication qui était naturelle, qui n'était pas suscitée et puis évidemment sincère.
Je pense que c'est ces trois grands éléments du développement du produit qui ont permis d'avoir un tel succès. Enfin, je vais terminer en prenant un peu de recul avec une théorie qui a été développée au sein d'Octo Technologies, dans l'entreprise dans laquelle je travaille, dans une tribu, c'est comme ça qu'on appelle une équipe chez Octo. Ça s'appelle la théorie des trois U et je pense qu'elle s'applique tout à fait aux différentes plateformes qu'on a créées. La théorie des trois U consiste à dire qu'un produit, pour avoir beaucoup de succès et pour convaincre de façon profonde les utilisateurs, doit correspondre à trois grands piliers, trois grands U. Le premier U, c'est que le produit, qu'il soit numérique ou matériel, il doit être utile, c'est-à-dire qu'il doit répondre à une problématique, rendre un service aux citoyens qui soit évident et qu'on puisse résumer en quelques mots. En l'occurrence, par exemple, pour CovidTracker, c'est de permettre de suivre l'épidémie et d'adapter son comportement. Pour VitmaDose, c'est de trouver un rendez-vous de vaccination plus facilement et plus rapidement. Le deuxième U, c'est que le produit doit être utilisable, c'est-à-dire que la barrière à l'entrée de l'utilisation du produit doit être très basse.
Ça peut être une barrière à l'entrée, un prix qui doit être très bas, mais aussi un côté intuitif, simple d'utilisation de la plateforme, compréhensible. Si un utilisateur ne comprend pas un produit ou une plateforme, il n'aura pas envie de réutiliser ce produit ou cette plateforme. Et enfin, utiliser, ce que j'entends par là, c'est qu'une plateforme ou un produit doit avoir un public cible bien défini, il doit s'adresser à une audience bien définie, sinon elle n'a pas de chance d'atteindre sa cible. Je considère qu'un produit ou une plateforme peut avoir de grandes qualités, mais ne peut pas être utilisé à très large échelle et atteindre complètement sa cible si l'un de ces piliers n'est pas atteint. Donc si un produit n'est pas suffisamment utile, s'il ne répond pas à une problématique, s'il n'est pas utilisable, donc s'il n'est pas assez facile et intuitif de l'utiliser, et s'il n'est pas en réalité utilisé, c'est-à-dire s'il ne s'adresse pas à la bonne audience. Alors je n'aurais évidemment pas la prétention de dire que CovidTracker et EviteMaDose correspondent à ces trois piliers, mais je pense qu'on n'a pas fait de grosse impasse sur un des piliers et ça explique, je pense, pourquoi le succès a été au rendez-vous.
Aujourd'hui, j'ai essayé de vous emmener dans les coulisses du développement de ces différentes plateformes qui sont utilisées par des dizaines de millions de Français. On a essayé de voir pourquoi ce n'était pas évident de construire ces plateformes, quel était le défi initial. Ensuite, on a vu comment on a pu répondre à ce défi grâce aux trois grands axes. Et enfin, on a pris un peu de recul avec la théorie des trois U pour voir comment un produit pouvait avoir beaucoup de succès. J'espère que vous avez beaucoup de questions. J'y répondrai avec immense plaisir. On a un moment d'échange suffisamment long pour que vous puissiez poser toutes vos questions. N'hésitez pas à faire des remarques sur ce que j'ai dit. N'hésitez pas à poser des questions sur des choses que j'ai pu dire ou que je n'ai pas eu l'occasion d'aborder aujourd'hui. Je vous remercie et à tout de suite pour les questions.
