Podcast Tech.Rocks

S06E33 · L'éducation des enfants au numérique et aux compétences socio-émotionnelles

Podcast Tech.Rocks · 24 novembre 2024 · 22 min · en français

Résumé

Dernier épisode de la série du podcast Tech.Rocks consacrée aux speakers du Tech.Rocks Summit 2024. Amélia Matar, fondatrice de Colori, et Solenne Bocquillon-Le Goaziou, fondatrice de Soft Kids, partagent leur engagement pour l'éducation des enfants. Amélia propose aux tout-petits une initiation au numérique sans écrans, par des activités inspirées de l'approche Montessori. Colori veut donner aux jeunes enfants des bases pour comprendre le numérique tout en préservant leur développement, et encourager plus tard la mixité dans les métiers de la tech. Ancienne DRH chez Shell, Solenne a fondé Soft Kids pour développer les compétences socio-émotionnelles des enfants, comme la résilience et l'empathie. Inspirée par le growth mindset de Carol Dweck, elle les juge essentielles dans un monde ultra-connecté. Toutes deux soulignent la complémentarité de leurs projets : Colori initie les enfants au numérique de façon déconnectée, Soft Kids les prépare aux défis émotionnels du quotidien. Une démarche de prévention éducative, pour former des citoyens éclairés et capables de s'adapter aux défis numériques et sociaux de demain.

Summary

The final episode in the Tech.Rocks podcast series featuring Tech.Rocks Summit 2024 speakers. Amélia Matar, founder of Colori, and Solenne Bocquillon-Le Goaziou, founder of Soft Kids, share their commitment to children's education. Amélia offers toddlers a screen-free introduction to digital technology through activities inspired by the Montessori approach. Colori aims to give young children the basics to understand the digital world while protecting their development, and later to encourage greater gender diversity in tech careers. A former HR director at Shell, Solenne founded Soft Kids to develop children's social and emotional skills, such as resilience and empathy. Inspired by Carol Dweck's growth mindset, she sees them as essential in a hyper-connected world. Both stress how their projects complement each other: Colori introduces children to digital technology offline, while Soft Kids prepares them for everyday emotional challenges. An approach to educational prevention, to raise informed citizens able to adapt to tomorrow's digital and social challenges.

Thèmes : Impact & numérique responsable · Recrutement & carrière

Programme du Tech.Rocks Summit 2024

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Bonjour à toutes et à tous, merci d'écouter ce nouvel épisode du podcast Tech.Rocks. Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un événement que vous ne voudrez pas manquer, qui est le Tech.Rocks Summit 2024. Et de les 3 décembre, on se retrouve donc pour deux jours intenses de conférences inspirantes, de discussions passionnantes et d'expériences qui sortent de l'ordinaire. Ce sera l'occasion parfaite de découvrir des idées neuves, d'échanger avec des leaders du secteur et de se plonger dans le thème de la résilience dans la tech. Ça va être un moment vraiment unique. Donc, si vous avez envie de vous enrichir, de networker ou juste de vous inspirer, eh bien, on vous attend. Le lien est en description de l'épisode de ce podcast. J'espère qu'on vous y verra nombreux et nombreux et on a hâte de vous retrouver. À très bientôt! Je me suis rendue compte que finalement, il manquait une éducation précoce pour les petits à la question du numérique. Parce que les petits, dès la maternelle et même avant, sont aussi utilisateurs d'outils. L'impact que j'ai vu dans mon poste sur les soft skills et les métiers de demain m'ont donné envie de créer Soft Kids.

Donc c'est des applications, soit pour développer les soft skills à la maison avec ses parents, avec des mini-séances de 12 minutes en moyenne. On va cultiver la confiance en soi, la persévérance, l'accueil des émotions, ou soit en classe. Bienvenue dans un nouvel épisode de notre série thématique dédiée à nos speakers du Tech.Rocks Summit qui se tient les 2 et 3 décembre 2024 au Théâtre de Paris. Je m'appelle Nathalie Lamy, je suis dans la tech depuis 26 ans et membre de Tech.Rocks depuis le tout début, en 2017. Cette année, je co-préside avec Philippe Ansarguet le Tech.Rocks Summit et j'ai le plaisir aujourd'hui d'accueillir Amélia et Solène. Alors Amélia, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots déjà pour commencer? Oui, bonjour, je suis ravie d'enregistrer ce podcast et bientôt de participer au Tech.Rocks Summit. Moi, je suis Amélia Matar, je suis la cofondatrice de Colori. Après un parcours de quelques années dans l'écosystème startup tech, j'ai fondé cette head tech

dédiée à l'initiation au numérique des tout-petits, avec une approche assez singulière puisqu'on propose une approche totalement déconnectée, sans écran, par la manipulation, le jeu, la lecture d'histoire, etc. Colori existe depuis maintenant presque 7 ans et on travaille avec les collectivités territoriales, principalement, avec aujourd'hui 84 villes en France, qui nous permettent de déployer notre approche auprès des enfants un peu partout sur le territoire. Français et sur une touche un peu plus personnelle. Moi, je suis une lectrice effrénée. Si vous me croisez, probablement que j'aurai un livre sur moi. J'ai tout le temps un livre sur moi. Et toi, Solène, dis-nous un peu. Alors moi, je suis Solène Bocquillon. Je m'appelle Yon Le Goaziou et après un parcours de 15 ans de DRH à l'international, notamment chez Shell, l'entreprise anglo-néerlandaise, J'ai fondé SoftKids, qui est donc une application qui permet de cultiver les soft skills des enfants. Parce que quand j'étais DRH à l'international, j'ai vu l'importance des soft skills.

J'ai travaillé sur les compétences de demain et sur l'impact de l'intelligence artificielle sur les compétences dont on aurait besoin. Et en travaillant là-dessus, j'ai découvert que toutes les ONG, OMS, OCDE, World Economic Forum, recommandaient de développer les soft skills des enfants dès le plus jeune âge. Comme j'avais deux side projects sur mon dernier poste de DRH, un premier personnel où j'étais présidente d'une crèche parentale associative que j'ai co-dirigée pendant six ans. Donc, je me suis intéressée au sujet d'éducation. Et un deuxième où j'étais scout pour Shell Venture Capital et j'essayais de trouver des startups dans lesquelles Shell allait pouvoir investir. Et donc, je baignais dans l'écosystème startup. Et ces deux side projects, plus l'impact que j'ai vu dans mon poste sur les soft skills et les métiers de demain, m'ont donné envie de créer SoftKits. Donc, c'est des applications, soit pour développer les soft skills à la maison avec ses parents, avec des mini-séances de 12 minutes en moyenne. On va cultiver la confiance en soi, la persévérance, l'accueil des émotions, par exemple.

Ou soit en classe, on est lauréat d'un appel d'offres pour accompagner 500 000 décrocheurs scolaires dans 8 académies sur 5 ans. Et donc, les noms... Là, c'est à la fois l'application, mais aussi des séances en classe, en face-à-face. C'est super intéressant ce que vous faites toutes les deux. Avant de parler de résilience, qui est le thème du Summit cette année, et de ce que vous aborderez, justement, et ce que vous proposerez lors du Tech.Rocks Summit, j'aimerais bien en savoir un peu plus. Solène, tu as déjà bien répondu, je pense, pour expliquer comment on est arrivé à créer Soft Kids. Mais peut-être, Amélia, si tu peux peut-être nous dire si tu as fait des choses avant et qu'est-ce qui t'a amené jusqu'à la création de Colori? Oui, alors pour parler de la création colorée, souvent je remonte assez loin dans mon enfance. Parce que moi, j'ai grandi au contact d'un papa très geek. Alors, je n'ai pas fait des études d'ingénieur après. Et c'est intéressant de voir que je n'ai pas choisi cette voie, alors que vraiment, j'ai toujours été la geek de l'histoire avec les copains, même petite, à toujours être sur l'ordinateur, à bidouiller, etc.

Mais bon, peut-être qu'on en reparlera à un autre moment, mais on ne m'a pas clairement orientée vers ces métiers quand j'ai grandi. Mais toujours est-il que j'avais ce goût pour la technique depuis l'enfance. Et ensuite, quand il a fallu choisir un secteur d'activité dans lequel travailler, j'ai travaillé dans le numérique, dans les startups, etc. Avec toujours ce goût très prononcé pour l'innovation, les nouvelles technologies, une vraie fascination franchement pour ce qu'on est en train de vivre, même si de plus en plus j'ai aussi une part d'éco-anxiété qui me fait dire que toutes les solutions ne sont pas dans les technologies évidemment, mais malgré tout je suis assez fascinée de voir les progrès fulgurants qu'on fait, enfin voilà, une vraie passion quoi. Et quand je suis devenue maman, une autre passion a émergé à ce moment-là, enfin en tous les cas un autre sujet d'intérêt très fort qui est l'enfant. Je me suis rendue compte qu'éduquer un enfant c'était en tant que tel un sujet très très vaste d'apprentissage. J'ai commencé à lire énormément de livres, je me suis formée à l'approche Montessori. Je me suis rendue compte que finalement il manquait une éducation précoce pour les petits à la question du numérique.

Les petits, dès la maternelle et même avant, sont aussi utilisateurs d'outils. À l'époque, il y avait très peu d'outils qui leur permettent d'avoir les bons repères pour pouvoir s'orienter. ce monde pour pouvoir le comprendre, le décrypter, développer leur esprit critique. Et donc, j'ai regardé un petit peu ce qui se faisait à l'international et je me suis rendu compte qu'une startup était incubée au MIT et elle essaie vraiment de répondre à cet enjeu en créant des activités Montessori, déconnectées, d'initiation à l'algorithmie, etc. Donc, j'ai pris contact avec elle, j'ai lu sa thèse, j'ai commencé à nourrir l'idée colorée d'autres inspirations. Pareil, dans les pays scandinaves, je suis tombée sur les travaux de Linda Lucas, qui est une développeuse qui a créé tout un univers enfantin pour initier les tout-petits à la question du développement informatique. Et je me suis dit qu'en fait, il manquait une proposition française avec, en plus, des convictions que j'avais nourries, moi, sur l'approche Montessori, de se mettre à hauteur d'enfants, de proposer un matériel avec certaines caractéristiques, etc. Et donc, je me suis lancée sur des premières activités que j'ai testées tout de suite auprès des enfants, en partenariat avec des personnes dont c'est le métier de créer des activités, d'enseigner.

Et c'est comme ça que sont nés les premiers ateliers Colori totalement expérimentaux. Et l'une et l'autre, est-ce que là, tu as parlé un peu des inspirations que tu as pu voir dans d'autres pays? Tu as aussi parlé du fait que tu lisais beaucoup. Du coup, je vais commencer par Solène, mais est-ce qu'il y a des choses, des lectures qui t'ont permis de nourrir un peu ton entreprise et la proposition finalement de... De Soft Kids, que ce soit par des lectures ou par des podcasts ou par des inspirations. d'autres pays ? Moi, je suis comme Amélia, je lis beaucoup, mais moi, en fait, je suis boulimique de recherche scientifique. J'adore la statistique, etc. Et donc, moi, ce qui m'a nourrie, c'est que je lis tous les rapports internationaux sur l'éducation. Et en fait, avant de créer Soft Kids, Je pense qu'on n'était pas beaucoup de Français à lire. Moi, je vais lire tous les rapports au CDE, au MS, les rapports Wix, il y a du Stanford.

Par exemple, il y a un sujet sur lequel j'ai énormément lu et qui m'inspire chez Soft Kids, c'est le gross mindset, l'état d'esprit de développement, parce que c'est l'état d'esprit qui va faire qu'on va pouvoir se dire qu'on va y arriver. Ça a été théorisé par Carol Dweck, qui travaille sur le sujet depuis 30 ans à Stanford et qui s'est dit quelle est la différence entre un enfant qui se dit« chouette, je vais faire un exercice en mathématiques, ça va être marrant, je vais m'amuser» et un enfant qui va dire« je ne vais jamais y arriver». Et en fait, moi, j'avais découvert le gross mindset chez Shell en 2006 parce que ça faisait partie des compétences qu'on devait développer en tant que salarié. Et donc, je m'étais énormément documentée sur ce sujet. Mais d'une manière générale, moi, j'essaye vraiment de faire le lien entre la recherche et le quotidien. Et je trouve qu'en France, les laboratoires de recherche sont très souvent déconnectés des entreprises et du quotidien. Ils font un travail remarquable, mais personne ne le sait. Et c'est pour ça que, par exemple, chez Soft, On a une thèse CIF, donc thèse en entreprise, rattachée au laboratoire en neurosciences et sciences de l'éducation du CNRS.

On fait des analyses d'impact et on essaye de documenter tout ça. Et je vois bien qu'il y a tout à faire parce que ce n'est pas trop dans la pratique française d'aller faire de la recherche, surtout en sciences humaines et sociales, pour montrer que si, ça marche. C'est un petit peu... Dès qu'il y a des rapports qui sortent, je les lis. Ok, super bien. Merci. Et toi, Amélia? Oui, alors d'abord, je peux effectivement attester de ça, parce que quand je cherche des informations, j'appelle Solène et je lui demande les références des rapports et elle me pointe les bonnes infos. Alors moi, véritablement, je l'ai dit déjà tout à l'heure, mais l'autrice qui a impacté grandement ma vision, c'est Maria Montessori. Déjà, pour ce qu'elle a écrit sur l'enfant, parce que c'est vraiment très précurseur de ce qu'on observe aujourd'hui maintenant justement en neurosciences de l'éducation, elle a décrit en 1907 déjà les fondements de lois invariables du fonctionnement de l'enfant, et notamment un concept très important dans l'approche montessori qui est l'esprit absorbant chez le tout petit.

Donc le fait qu'avant 6 ans, l'enfant bénéficie, aujourd'hui on parle de plasticité cérébrale, mais d'une plasticité énorme, et ça elle l'avait complètement conceptualisé. Et véritablement, quand j'ai commencé à lire un livre de Maria Montessori, j'ai quasiment tout sous-lu, et ça a été une lecture très fondatrice pour moi, de ce que j'avais envie de faire ensuite pour Colori. Ça a été aussi quelque chose de très inspirant, parce qu'en tant que telle, Maria Montessori, elle incarne quelque chose de la réussite au féminin. C'est une femme, parmi les premières femmes médecins en Italie, scientifique, qui a dû lutter pour réussir à faire médecine. Elle était vraiment pointée du doigt pendant ses études. On lui refusait de disséquer des corps nus parce que c'était complètement inconvenant pour une femme. Donc, il fallait qu'elle s'assade. la nuit, à la lumière de la bougie. C'est quand même une femme qui a en tant que telle un parcours qui est hyper inspirant quand on entreprend. L'autre autrice, bien plus tard, qui m'a beaucoup inspirée, même si aujourd'hui elle a tendance un petit peu à prendre du recul par rapport à Marie-Raymond Tessori, c'est Céline Alvarez. Qui a été importante parce qu'elle aussi, elle a eu un peu cette espèce d'épiphanie en lisant Marianne Montessori, en se disant, mais en fait, quelque part, elle avait compris énormément de choses.

Ce n'est pas si compliqué de mettre ça en place aujourd'hui dans nos écoles. Et elle a fait cette expérimentation à Gennevilliers. Et pourquoi Céline Alvarez est importante pour moi? Parce que moi, j'ai aussi grandi dans un contexte, effectivement, de banlieue. Et Montessori, aujourd'hui, en France, peut-être moins dans d'autres pays, mais c'est très, très élitiste. Ce n'était pas du tout la proposition de départ de cette pédagogue, puisque la première école Montessori, c'était une école presque pour les enfants des rues, dans le quartier de San Lorenzo à Rome, qui est un quartier très pauvre. Et donc du coup, Colori, c'est aussi la volonté de pouvoir aller là où sont les enfants, et peu importe le milieu d'où ils viennent, et peu importe aussi le genre. C'est-à-dire que, pareil, sur les sujets d'initiation à la tech, à la programmation, etc., on voit bien qu'il y a un problème de mixité aussi dans les ateliers programmation et tout. Et donc moi, j'avais envie d'avoir une approche qui soit à la fois égalitaire et mixte, et qui puisse s'adresser à tous les enfants. Donc, de ce point de vue-là, cette idée qu'avait Céline Alvarez de pouvoir travailler avec des enfants, clairement, en répète plus avec un retard scolaire énorme, des grandes difficultés socio-économiques, ça aussi nourrit mon envie de m'inscrire dans le champ de l'économie sociale.

C'est super intéressant ce que vous dites toutes les deux. En fait, il y a beaucoup de liens entre les deux, même si l'application est même peut-être la cible, parce que je pense que Colori, c'est pour les tout-petits, et peut-être, sauf si ça s'adresse à un panel plus large. Mais je trouve qu'il y a beaucoup de liens. En fait, quand on parle, Amélia, tu parles aussi d'empathie quelque part, parce que tu dis se mettre à hauteur d'enfant, essayer de comprendre les besoins vraiment de l'enfant. Et Solène, j'imagine que l'empathie fait partie des compétences humaines à développer. Et j'entends trop souvent des gens dire on est avec ou on n'est pas, comme si ça ne s'apprenait pas, les compétences humaines. Alors que je suis convaincue du contraire. Je suis contente de voir que vous proposez des solutions finalement pour développer tout ça. Et justement, comme il y a des liens entre vous deux, vous allez faire un sujet ensemble au Tech.Rocks Summit. Ce sera le 3 décembre, lors de la deuxième journée du Summit.

Je rappelle juste en préambule que le thème cette année, c'est celui de la résilience et comment on peut agir à l'échelle individuelle et collective pour rendre nos organisations et nos écosystèmes tech plus robustes. Est-ce que vous pouvez nous dire, enfin dire à nos auditeurs et auditrices, sous quel angle vous allez aborder ce sujet de la résilience qui est très vaste, sans donner trop de détails, parce que ce qu'on veut, c'est que nos auditeurs et auditrices viennent le jour J pour vous entendre. entendre la version longue. Je ne sais pas qui veut commencer, peut-être Solène. L'angle qu'on a choisi, c'est la résilience au regard de la tech et de la société tout écran et ultra connectée, qui fait que tout va de plus en plus vite et que pour contrebalancer... Tout le flux d'informations qu'on peut avoir au quotidien, il faut développer les compétences humaines et la résilience. Et je pense qu'on l'a vu, moi, ça me... Ça me fait toujours sourire parce que je trouve que le mot résilience est devenu à la mode depuis la pandémie.

Avant, on n'en parlait pas trop en France, sauf évidemment Boris Cyrulnik qui a travaillé sur le sujet. Mais moi, la première fois que je l'ai entendu, c'était chez Shell en 2009, où j'ai fait ma première formation sur la résilience pour accompagner le changement. Et en fait, aujourd'hui, c'est vrai que tout le monde en parle, mais parce qu'on subit énormément. On a subi la pandémie, on subit les écrans, parce que même si on peut dire ne va pas sur tel ou tel réseau social, même quand on s'est inscrit à certaines choses, on va nous proposer des choses qu'on n'a pas eu forcément envie d'avoir. Et moi, je vais donner par exemple une anecdote. J'ai mon fils aîné, le seul réseau social auquel il a droit, c'est YouTube. Et quand il était en CM2, il y a deux ans, il est venu me voir. Il était tout simplement en train de regarder des documentaires. Et il y a un short qui est arrivé devant lui qui parlait de l'homme qui avait tué le plus de personnes au monde et de cet assassin.

Et il était vraiment... choqué. Il est venu me voir, il avait les larmes aux yeux. Et lui, en fait, il était juste en train de regarder des documentaires scientifiques et tout d'un coup, l'algorithme lui a proposé le plus grand tueur en série du monde. Et bien, c'est violent. C'est violent. Et donc, il faut apprendre à accueillir ses émotions. à être résilient, à accepter ça et à accepter au fait qu'on subit énormément et qu'il faut qu'on soit acteur et qu'on soit capable d'absorber tout ça et de développer certains mécanismes pour comprendre le tout numérique. Donc ça, c'est Amélia qui en parlera. Et développer les compétences socio-comportementales pour y répondre. Ok, merci. Amélia, peut-être que tu veux compléter ce qu'a dit Solène? J'ai trouvé que c'était très complet, mais l'idée, c'est peut-être juste pour préciser aussi, d'expliciter un peu plus en détail notre proposition à Solène et moi. Tu viens de souligner à quel point c'est complémentaire. C'est vrai qu'on est régulièrement sollicités ensemble parce qu'aujourd'hui, les parents, les acteurs de la communauté éducative, les éducateurs, etc., se rendent bien compte qu'on a besoin de nouvelles compétences

que porte Solène et que je porte aussi à travers le projet Colori. Et donc voilà, l'idée, c'est aussi de pouvoir mettre un petit peu en lumière concrètement ce que font les enfants quand ils vont sur Soft Kids, comment ça se passe en atelier Colori, avec des petites surprises, on partagera le jour J. Oui, merci. Et si vous pouviez dire à nos auditeurs et auditrices pourquoi ils doivent venir vous voir, pourquoi c'est important dans leur métier peut-être, parce que ce sont potentiellement des parents, donc là, ils peuvent avoir directement un intérêt à écouter ce que vous allez dire par rapport à ça. en tant que tech leader, en quoi ça peut les aider peut-être dans leur manière de constituer des équipes ? Je pense que ce soit Amélia ou moi, en fait, ce qu'on fait, au-delà de l'éducation et de l'éducatif, c'est de la prévention. C'est pour le futur, c'est pour avoir des citoyens armés, etc. Et en fait, toute personne qui est impliquée dans la société, qui a envie d'avoir une vision long-termiste et qui a envie d'avoir un impact, elle a tout intérêt à venir nous écouter parce que nous, on va donner des clés pratiques

pour pouvoir préparer ses enfants au monde de demain et à être des vrais citoyens. Et en tant qu'adulte, à un moment, il faut vraiment qu'on se pose la question de comment est-ce que... Alors, le mot est un peu fort, mais des fois, je dis comment est-ce qu'on arme nos enfants face à tout ça. Et je pense qu'on donne des outils assez simples à mettre en place et on est sur de la prévention en plus de l'éducation. Oui, et ce que j'ajouterais, effectivement, quand on parle d'enfance, quand on parle d'éducation, on est nécessairement dans une perspective long-termiste. Et je sais bien que les gens en face de nous et vous qui nous écoutez peut-être, vous avez des problématiques un peu court-termistes parfois, et notamment de recrutement, et notamment de recrutement de femmes. Mais toujours est-il qu'on sait aussi que ce sujet de la place des femmes dans la tech, dans les sciences, etc., c'est un sujet sur lequel il faut agir de manière précoce. C'est aussi un des enjeux de Colori dont on va parler sur scène.

C'est comment on fait pour planter les bonnes graines auprès d'un maximum de petites filles pour qu'on ait bien, bien plus de femmes plus tard dans ces métiers à des postes aussi de décision. Donc voilà, ça ne va pas résoudre tous les problèmes pour le PNL de l'année prochaine, mais malgré tout, ça permet quand même d'agir à son niveau. Et au bout d'un moment, c'est une responsabilité collective. Chacun doit poser sa pierre pour que l'édifice puisse ressembler à quelque chose. Ça peut aussi les inspirer. Vous avez créé des entreprises pour le bien commun, quelque part. Dans nos métiers tech, parfois, on est content de faire de la tech et on… On perd un peu de vue parfois l'impact des produits qu'on fait sur la société, éventuellement sur les enfants, mais pas que. Sur les adultes aussi, on fait des dégâts. Donc, si ça peut inspirer les gens pour se reconnecter au sens de ce qu'ils font au quotidien dans leur métier ou qu'ils essayent d'avoir un impact plus positif sur la société, on aura tout gagné.

En tout cas, merci beaucoup pour ce moment d'échange. J'ai vraiment hâte d'entendre la version longue le 3 décembre. Je pense que ça va être un moment effectivement très inspirant qui fera, j'en suis sûre, réfléchir le public. Et voilà, j'invite tous les... Parents et les tech leaders à venir vous écouter le 3 décembre. Oui, on vous attend. On espère qu'il n'y aura pas suffisamment de places assises et que plein de personnes seront debout tellement la salle sera remplie. Au Théâtre de Paris en plus, donc vous serez sur scène, pour le coup c'est pour de vrai. Donc, on se retrouve, encore merci à Amélia et Solène d'avoir passé ce moment avec nous. Et donc, on se retrouve au Tech.Rocks Summit les 2 et 3 décembre 2024, c'est dans quelques jours. Au Théâtre de Paris. Merci Nathalie. Merci.