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Recherche d'emploi - Comment débusquer les meilleures opportunités ?

Podcast Tech.Rocks · 16 décembre 2024 · 24 min · en français

Résumé

Evelyne Notton et Hugo Venturini explorent un sujet souvent négligé : comment dénicher des opportunités professionnelles au-delà des plateformes classiques comme LinkedIn. Au programme : le réseautage, les critères de recherche d'emploi qui évoluent avec le temps et l'importance des relations humaines dans un parcours professionnel. Hugo partage une carrière riche en rebonds, qui illustre l'importance des amitiés professionnelles et du réseautage informel. Evelyne parle du réseau construit au fil des années et des moments où elle a réorienté ses critères pour privilégier tantôt l'impact sociétal, tantôt les défis techniques. Entre réflexions personnelles, conseils pratiques et anecdotes, l'épisode met en lumière des approches variées pour maximiser ses chances dans sa recherche d'emploi tout en restant fidèle à ses aspirations.

Summary

Evelyne Notton and Hugo Venturini explore an often-overlooked topic: how to find career opportunities beyond classic platforms such as LinkedIn. They cover networking, job-search criteria that change over time, and the importance of human relationships in a career. Hugo shares a career full of rebounds that shows the value of professional friendships and informal networking. Evelyne talks about the network she has built over the years and the moments when she reshaped her criteria to favour either social impact or technical challenges. Mixing personal reflections, practical advice and anecdotes, the episode highlights a variety of approaches to maximise your chances when looking for a job while staying true to your aspirations.

Thèmes : Recrutement & carrière

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

En ce moment, récemment, quand j'ai cherché un emploi, j'étais très intéressé par la stack technique de l'entreprise et un peu moins des missions annoncées et des projets en cours avec un peu plus de perspectives, comme par exemple quels sont les projets voulus de l'entreprise du parc. Ce qui m'anime, c'est qu'il faut un challenge technique et de l'ambition technique et un truc où ce sera un peu secoué et où j'aurai de l'impact sur l'entreprise. Bonjour, je suis Evelyne Notton, je suis ravie de vous accueillir sur ce nouvel épisode des podcasts Tech.Rocks et j'ai comme invité Hugo Venturini. Bonjour Hugo! Bonjour Evelyne, Hugo Venturini, invité du podcast Tech.Rocks et j'accueille Evelyne Notton. Bonjour Evelyne! Bonjour! Avec Evelyne, on s'est demandé si on n'allait pas aborder un sujet qui finalement passe un peu à la trappe, qui est dans la recherche d'emploi, non pas la préparation aux entretiens techniques, on sait qu'il y a des choses qui sont partagées, non pas forcément les premiers jours dans l'entreprise, mais simplement comment est-ce qu'on trouve les opportunités?

Tout n'est pas forcément publié sur LinkedIn et autres réseaux. Et la grande question, c'est ce réseau, cette recherche d'emploi et les critères, quels sont-ils? Alors moi, je vais me lancer. Je vous propose le premier critère. Eh bien, ces critères, ils dépendent. Voilà, j'ai résolu la philosophie. Ils vont dépendre de l'état d'esprit que je vais avoir dans l'instant, dans les moments. Alors, sur une période de temps un peu large, comme par exemple le mois, l'année. Par exemple, en ce moment, récemment, quand j'ai cherché un emploi, j'étais très intéressé par la stack technique de l'entreprise et un peu moins des missions annoncées et des projets en cours avec un peu plus de perspectives, comme par exemple quels sont les projets voulus de l'entreprise plus tard. Ce qui veut dire que je n'ai donc pas cherché dans les grandes entreprises. Toi, Evelyne, quels sont tes critères? Comment est-ce qu'ils évoluent dans le temps? Mes critères dépendent complètement de l'état d'esprit du moment, comme tu dis. Il y a eu plusieurs périodes où mes critères étaient assez light. J'étais beaucoup contactée et puis à un moment, je me disais, tiens, ça a l'air sympa. Il y a du challenge technique. Je connais des gens dans la boîte et ça a l'air pas mal. Récemment, j'ai essayé de, suite à des licenciements, je me suis plutôt positionnée différemment en disant, OK, en fait, qu'est-ce que je veux?

Ça, c'est la question piège. Qu'est-ce qu'on veut, en fait? C'est très difficile d'y répondre. Et j'avais défini d'autres critères qui étaient, je veux avoir un rôle plus utile, de l'impact, une boîte humaine. Et j'avais laissé tomber toute la partie vraiment stack technique, challenge technique. Je m'étais dit, ce n'est pas grave, j'aurai un impact sur la société et du coup, la partie technique, je ferai avec. Bon, en fait, non. J'ai fait ça. Finalement, là, je repars en recherche et je repars avec d'autres critères en disant, en fait, non, vraiment, moi, ce qui m'anime, c'est pour un challenge technique et de l'ambition technique et un truc où ce sera un peu secoué et où j'aurai de l'impact sur l'entreprise. Ça dépend vraiment de l'instant dans lequel tu es, un moment dans ta vie et de ton état d'esprit. Oui, comment tu... Alors, Parce que les termes que tu as utilisés, ils sont décrits avec les mains. Moi, j'aime bien le« il faut que ça brasse» ou« il faut que je rencontre», mais il n'y a pas d'annonce d'emploi où c'est marqué« on cherche quelqu'un pour que ça brasse». Il y a des termes un peu plus génériques.

Comment est-ce que tu abordes cette recherche? Est-ce que tu l'annonces clairement aux gens? Comment tu résotes? C'est quoi ton approche? Les offres d'emploi, elles sont toutes exactement les mêmes. Tu regardes les postes CTO, VPN, ça décrit exactement la même chose. Je pense qu'ils passent tous par un chat GPT pour rédiger les offres. Et du coup, ce n'est pas en lisant l'offre que tu arrives à comprendre ce qu'il y a à faire. Le seul truc qui apparaît dans les offres parfois, c'est la taille de l'équipe technique. Où là, du coup, moi, maintenant, je fais un tri, je ne prends plus de toute petite équipe, ce n'est plus mon profil. Comment je réseaute? Ça, c'est une bonne question. Déjà, je suis sur Tech.Rocks depuis 2018, ce qui fait que j'ai un réseau sur Tech.Rocks qui est assez gros et que quand je dis, là, je suis en recherche, on me dit, ah ouais, attends, mais pas de souci, si je reçois des trucs, je te les envoie. Donc, c'est déjà ça. Donc, c'est tous ces contacts qui, du coup, comme on est tous contactés en permanence, quand ils reçoivent des choses, ils peuvent le transmettre. Sur le Slack Tech Rocks, il y a le channel Job CTO pour des recherches de postes de CTO et de Lead Tech.

Donc là aussi, il y a des offres auxquelles on peut répondre. Comme tu le disais, toutes les offres ne sont pas publiques. Et en fait, je suis plutôt beaucoup contactée, soit directement par des cabines de recrutement, soit par des fonds. Et toi, tu fais comment? Justement, j'allais aborder le... peut-être une différence dans la façon de faire, en tout cas dans ce qu'on se raconte, j'ai une tendance, dans les endroits où je passe, à lier des amitiés professionnelles. C'est une sorte d'intermédiaire, je ne sais pas si ça existe réellement, mais une sorte d'intermédiaire entre l'amitié qu'on a dans la vie privée, les relations professionnelles, et puis il y a des fois des relations un peu... Un peu plus douce, qu'on entretient un peu au-delà. Ce n'est pas forcément des gens avec qui on fait, on partira en vacances. Ce n'est pas forcément des gens avec qui on a une intimité à partager. C'est des gens avec qui on se raconte des choses un peu plus approfondies que ce qu'on peut avoir comme relation professionnelle. Et ces amitiés professionnelles perdurent d'entreprise en entreprise. Et en continuant à se voir simplement parce qu'on apprécie la présence et les discussions qu'on peut avoir occasionnellement, on peut relancer. Tiens, je suis en recherche.

Ou tiens, j'ai pensé à toi parce que... Et ce qui me fait aussi... Rebondir sur un autre point qui est, tiens, j'ai pensé à toi, est-ce qu'il faut développer un personal branding et j'exècre l'approche? Le fait qu'on puisse se dire, tiens, je vais avoir une démarche proactive. Si on a envie de le faire, on le fait. Moi, je n'en ai pas envie, ce n'est pas comme ça que j'apporte le truc. Je ne le fais pas non plus. Non, non, non, mais c'est hyper rigolo d'entendre ce terme-là, le développement de personal branding. Qu'est-ce qui fait qu'on pense à toi, Evelyne? Tu vois, la question, je ne te demande pas d'y répondre maintenant, c'est particulier, mais il y a une question aussi auquel moi j'ai arrêté d'essayer de répondre. Qu'est-ce qui fait qu'on pense à moi quand les gens cherchent et du coup je suis contacté? En revanche, je vais vraiment entretenir des relations qui m'apportent sans forcément calcul au-delà de la relation, qui est quand on se voit, On s'apprécie, on a des conversations que je trouve intéressantes, qui me font avancer sur certains points, ou des fois on me sollicite pour poser des questions. Et dans ce réseautage, il y a un peu ce côté un peu doux, sans calcul. Je ne sais pas, est-ce que tu l'abordes aussi de cette manière-là? Je vais rebondir là-dessus, Hugo, parce que tu parles de tes relations via ton expérience professionnelle. Est-ce que tu peux juste nous résumer ton parcours?

Moi, j'ai fait de l'informatique depuis tout petit déjà, depuis très longtemps. J'ai vraiment un parcours, selon les points de vue, il peut être vu comme classique ou atypique, parce qu'il y a aussi des rebonds et des choses un peu étonnantes à l'intérieur, mais études d'informatique. approfondissement par un doctorat, puis pas de recherche à partir de ce moment-là, je vais rentrer en industrie. Et là, j'ai des rebonds dans des grandes et des petites boîtes, comme par exemple, j'en sais quelques-uns, Dassault Systèmes, ML State, petite boîte qui a fait faillite, je me suis fait licencier une première fois, Microsoft, Facebook dans deux pays, puis j'ai monté mon entreprise, ça n'a pas fonctionné, j'ai rejoint Quant, puis j'ai rejoint une autre petite entreprise qui a fait faillite également. Je me suis fait licencier par une troisième fois par une entreprise qui avait décidé finalement, après m'avoir embauché, de réduire ses effectifs. Bref, il y a des rebonds et il y a pas mal d'informatique. Mais pardon, j'allais dire, justement, non, il n'y a pas de choses que j'ai fait plus qu'une autre. J'ai fait du mobile, du front, du back, de la console, plein, plein de choses.

L'expression qui dit« jack of all trades, master of none» s'applique assez bien. Et ce qui fait qu'aujourd'hui, Je suis plutôt curieux de techno et pas forcément expert en une techno. Est-ce que ça répond à ta question, Evelyne? Oui, ça répond à la question. De toute façon, être expert sur plein de technos maintenant, il y en a tellement et ça change tellement souvent que ça devient quand même difficile dans nos métiers. Je suis d'accord. Parmi les points notables, j'ai fait plusieurs fois l'aller-retour management, contributeur individuel. Aujourd'hui, je suis contributeur individuel. J'ai fait cinq ans de management avant. Ça fait un an et demi que je suis contributeur individuel. Avant ça, j'avais fait un an de contribution individuelle. Avant ça, deux ans de management. Je fais ces allers-retours aussi dans ma carrière. Et toi, combien de temps que tu fais du management? Moi, je travaille depuis presque 30 ans. J'étais développeur au début, mais j'ai surtout fait de l'embarqué. J'ai conçu, designé et conçu ma première plateforme SaaS B2B en 2000 avec mes anciens collègues de la carte à puce. Donc, tu imagines un peu ce qu'on a pu faire à ce moment-là. Donc, j'avais déjà créé la dette technique tout de suite.

On commence par ça. On commence par ça. De toute façon, on n'avait aucune connaissance dans le truc, donc on s'est un peu jeté. En fait, moi, c'est plutôt côté management. Depuis 2004, je gère des équipes tech en startup et scale-up. Mon fonds de commerce, c'est plutôt, j'arrive souvent après des séries A où il faut stabiliser la plateforme, revoir l'architecture pour qu'elle scale et revoir l'organisation des équipes pour qu'elle scale aussi. Donc, c'est un peu mon fonds de commerce. Sur la partie réseau, via notre expérience professionnelle, moi, je suis passée, je viens de calculer, je crois que j'ai fait 13 ou 14 entreprises. Donc, j'ai effectivement aussi toujours gardé des gens, des contacts avec des gens quasiment depuis le début. Et il y a des gens avec qui j'ai travaillé plusieurs fois, avec qui je retravaillerai volontiers. Et surtout, quand j'ai changé de boîte, ça a quasiment toujours été par quelqu'un de ce réseau-là. C'est toujours quelqu'un qui m'a envoyé un recruteur en disant« Ah mais non, tiens, allez voir Evelyne, ça peut l'intéresser. » Et ça a quasiment toujours été comme ça, sauf mes deux dernières expériences, qui sont moins bien passées. Peut-être qu'il y a un lien. Et est-ce qu'il t'arrive de faire des démarches, de contacter des gens que tu ne connais pas directement?

Genre« Bonjour, on ne se connaît pas. » Peut-être même que ce message passera à la trappe, mais j'aimerais qu'on parle de ça, est-ce que vous êtes dispo? Est-ce que c'était déjà arrivé ça ? Je le fais depuis un an avec des fonds. On me fait une intro auprès d'un fonds. Donc, je ne débarque pas non plus de nulle part. Mais c'est vrai que souvent, on te dit dans la recherche d'emploi, c'est bien de… Et nous, on est beaucoup contactés. Donc, c'est vrai que j'ai plus de mal à aller sur cette deuxième étape qui est de dire quelles sont vraiment les boîtes pour lesquelles j'ai envie de bosser. Et je les contacte comme ça, from nowhere, et je les contacte et je vois s'il y a quelque chose. Ça, cette partie-là, je ne sais pas faire. Est-ce que toi, tu le fais? Alors, en fait, j'ai commencé à le faire dans les grandes entreprises. J'étais dans des petits bureaux. J'ai commencé à le faire quand j'étais chez Microsoft, où je t'envoyais à Seattle, et là, quelqu'un m'a conseillé de mettre un message au chef N+, de moins un nombre quelconque, vu la profondeur de hiérarchie de toute façon. Et je l'ai mis une première fois avec l'appréhension, tu as tes petits jeunes ingénieurs, tu fais tes 12 heures d'avion, tu arrives sur place là-bas, et puis la personne te dit d'accord, bien sûr, on va se rencontrer. Alors, j'avais fait un mail que j'avais un peu détaillant, je viens de telle équipe, je travaille là-dessus, j'aimerais vous rencontrer pour parler de ça, et je m'étais mis un peu la rate au courbouillon pour trouver quelques sujets.

La personne me reçoit, je suis très impressionné, et j'ai la sensation d'avoir contacté un peu à froid comme ça, et ça se passe hyper bien. La personne est absolument adorable, me file des conseils, suit, machin. Attention, je suis dans ses équipes, donc de toute façon, on ne va pas s'en débouler, mais il y a le côté un peu... Et là, j'ai commencé à prendre cette habitude. Je me suis dit, OK, ça marche. Et j'ai commencé à pinger des gens, à contacter des gens dans toute l'entreprise de manière un peu large, en sortant un peu de la hiérarchie, juste pour dire, je suis de passage dans la ville, est-ce qu'on ne prendrait pas un café ensemble pour se parler? Et ça a bien marché. Et j'ai gardé cette habitude dans les entreprises où je vais de le faire. Et là, je ne peux qu'encourager les gens, faites-le, c'est absolument incroyable. On ne tente que sur des gens gentils, on trouvera un sujet de conversation. Et si on ne l'a pas, les gens en trouveront. Et après, j'ai essayé de le faire un peu en dehors de l'entreprise, en disant, tiens, salut, je passe dans telle ville, je vois que tu bosses là-dessus, ça te dit, et ça a fonctionné. Et j'ai commencé à rencontrer des gens en fait, en essayant de sélectionner. Et donc, soit les gens ne me répondent pas, Tant pis. Et la plupart des gens, mais ça arrive assez rarement que les gens ne répondent pas.

Ils répondent des fois un peu tard. Je suis désolé, je n'avais pas vu machin, mais que des gens gentils. Il m'est arrivé de rencontrer quelques personnes de manière un peu aléatoire comme ça. Tu targetes des entreprises, tu le fais dans le cadre d'une recherche d'emploi ou juste pour agrandir ton réseau? C'est plutôt parce que je suis quelqu'un de curieux. C'est plutôt parce que je suis curieux. Et il y a un autre truc, c'est que l'expérience avançant, je suis rentré dans la catégorie des gens qu'on va contacter pour prendre un peu d'informations, parce qu'on cherche un mentor, parce qu'on est curieux d'une certaine expérience. Et je fais très attention à toujours essayer de répondre aux gens qui m'écrivent. Il y a quelques rares personnes qui m'ont contacté en disant, est-ce qu'on peut discuter? Et je ne dis pas qu'il faut me floder de messages à partir de maintenant pour ceux qui voudront ça. Je dis juste que trouver des gens qui vous intéressent et écrivez-leur. Dans les deux cas, ça crée des relations qui… On n'est pas à l'abri d'en retirer quelque chose. Le pire qui puisse vous arriver, c'est qu'on vous dise non. Mais ça, c'est un sujet de réseautage que je trouve assez peu abordé et que je ne peux qu'encourager à faire.

D'accord. Donc, tu ne fais pas de candidature spontanée à l'ancienne en envoyant ces lettres de motivation, en essayant de trouver un contact dans la boîte? Alors non. En revanche, quand je cherche un emploi, je suis beaucoup plus stratège. Je vais vraiment chercher dans mon réseau des gens qui vont être reliés à cette entreprise pour prendre de l'information, pour savoir. Le temps avançant, je connais de plus en plus de gens dans de plus en plus d'entreprises à des degrés 1, 2, 3, mais ça arrive forcément. Et dans ces cas-là, je vais plutôt essayer d'avoir une mise en relation. Tout simplement parce que de la même manière que, comme tu disais, on est souvent sollicité, il y a un moment donné, quand on reçoit trop de CV par jour, par mois, il y a forcément une partie des sujets, des personnes, pardon, des profils qui passent sous notre radar. Et c'est un peu rageant quand on pense qu'on aimerait bien bosser dans une entreprise de ne pas se donner les moyens d'être repéré. Je préfère me prendre un nom plutôt qu'un or, on ne l'avait pas vu, c'est dommage. Donc du coup, j'ai une tendance à être plutôt stratège par rapport à ça. Mais du coup, tu fais ça après avoir vu une annonce dans cette boîte-là, ou tu t'es plutôt posé pour dire, OK, quels sont mes critères de recherche, quelles sont les boîtes qui correspondent, et je contacte dans cette boîte-là.

Dans quel sens est-ce que tu le fais? Je ne sais pas. Je reste en train de dire qu'à chaque fois, ça a été une façon un peu différente, un peu particulière. Tiens, comme tu disais, ah Hugo, j'ai pensé à toi. Clac, on me jette une annonce. Moi, en ce moment, je suis en train de recruter. Ah, bah moi aussi. Ah, il faut qu'on en parle. Ou alors, tiens, j'ai un copain qui cherche quelqu'un. Moi, j'ai pensé à toi. C'est un degré 2. Ou alors, ça a été effectivement une annonce où j'ai postulé au travers d'une plateforme. Ce qui m'est arrivé, c'est de postuler et de m'arranger pour contacter quelqu'un. Une fois, deux fois, de relancer. Là, pour le coup, je n'ai pas de protocole précis. Ça va vraiment être avec ce que j'ai sous la main, à la démerdaine ziziche. C'est pour... Ce que tu veux, c'est que ton CV arrive sous les yeux et que les gens disent « j'ai vu ton CV ». Il n'y a pas de ce moment-là. Il faut qu'on s'arrange pour que ça avance. Je reviens sur la partie où tu dis le flou de CV qui fait que les candidatures passent au travers parce que de toute façon, ils en reçoivent trop. Ce que j'ai remarqué là depuis un an, c'est qu'il y a pas mal de candidatures sur LinkedIn ou Welcome to the Jungle.

Quand je postule sur ces offres-là, le pourcentage de retour est très très faible. Ma recherche fonctionne beaucoup mieux via les cabinets de recrutement. ou via les fonds qui me contactent ou que je vais relancer pour dire, tiens, je suis sur le marché en ce moment, est-ce que tu as des choses pour moi ? La partie LinkedIn, la partie offre, je pense qu'il y a beaucoup trop de CD actuellement, ils n'arrivent pas à suivre et à répondre. C'est un bon point, j'entends dire ça. Je n'ai pas de chiffres, je n'ai pas de data pour appuyer, mais c'est effectivement quelque chose que j'ai entendu récemment, cette profusion de candidatures, cette dispersion. Ce n'est pas forcément… Depuis combien d'années tu travailles? Moi, j'ai eu mon diplôme en 2004 et j'ai soutenu mon doctorat en 2008. Donc, ça fait presque 20 ans. Ça fait même plus de 20 ans parce que j'étais déjà plus ou moins financé et du coup embauché en entreprise. Peut-être aussi qu'avec notre nombre d'années d'expérience, le vrai réseau, ce n'est plus les petites annonces, c'est vraiment cabine recrutement et fonds, auprès desquels il faut vraiment être proche pour vraiment se présenter, dire voilà, je suis sur le marché, tu connais mon profil, tu sais ce que je recherche.

Ah non, tiens, ce que je fais sur mes recherches maintenant, il y a la mise à jour du CV, mais il n'y a pas grand monde qui le lit de toute façon. Par contre, je prépare toujours un brief que je partage à tous les caméras de recrutement et tous les fonds pour dire voilà ce que je recherche, voilà qui je suis en résumé et voilà mes critères de recherche, est-ce que tu as quelque chose qui correspond à ça? Ce qui me rappelle quelqu'un qui est arrivé dans l'entreprise avec un manuel de manipulation de soi-même. Je le formule comme ça maintenant, mais j'aime beaucoup. La personne arrive en disant, on va s'en voir pour la prochaine. Première fois, mais voilà comment je fonctionne, voilà qui je suis. Et envoyer un document de récap. En fait, ça correspondait hyper bien à la personne qui a fait ça. Je vois qui c'est. Bien sûr. Et nous le saluons au passage. Mais en revanche, de prime abord, j'avais trouvé ça assez étonnant. J'étais mitigé sur la démarche. Je ne le fais toujours pas, mais je trouvais ça rigolo. Mais effectivement, c'est bonjour, voilà qui je suis, voilà comment ça avance, voilà comment j'avance, voilà comment est-ce qu'on peut... Voilà ce que je recherche. Voilà ce que je recherche. Ça, c'est quelque chose que je n'ai pas forcément fait. Ça, je le fais plutôt en discussion avec des gens. En fait, comme on est pas mal contacté, ça permet aussi de faire le filtre parce que là, sinon, en ce moment, c'est reparti.

Toi, j'ai presque un contact par jour. Donc, si tu ne filtres pas, tu es floudé sous les entretiens. Donc ça, ça permet de leur dire, ne venez pas me voir pour ça, ça ou ça. Venez me voir uniquement pour ces critères-là. Et pour les gens qui ne sont pas contactés une fois par jour, comment on fait? C'est quoi la démarche? Je pense vraiment qu'il y a un lien par rapport à notre année d'expérience et notre type de profil et qu'il faut avoir une liste de camions de recrutement, de recruteurs avec qui tu connais bien et que tu relances quand tu passes en recherche. Et l'idéal, c'est aussi d'avoir des contacts dans des fonds. Parce que dans les fonds, quand ils récupèrent des boîtes et qu'ils veulent redresser des boîtes ou reprendre des boîtes, etc., ils vont chercher différents profils. Et c'est bien aussi d'avoir des contacts avec des fonds et de les relancer quand tu passes en recherche. Tu t'es déjà senti pas lésé, pas jugé, mais en tout cas, est-ce que le fait que tu aies fait 14 entreprises, ça a été un questionnement? Est-ce qu'on te... Tu parles de stabilité. Est-ce que ce sont des choses qui sont abordées? Ça peut être abordé, mais ça va souvent être par rapport à des grosses entreprises qui sont des choses que je ne target pas du tout.

Où ils ne sont pas du tout habitués à avoir ce type de profil. Quand tu traînes du côté startup et scale-up, la question se pose très peu parce que tout le monde sait comment ça marche. Et toi? La réponse est oui, évidemment. La question, c'est plutôt, vas-y, raconte-nous. Quel est le narratif de ces changements, de ces rebonds? Ça se raconte très bien parce qu'il y a une logique et un point commun à tout ça. C'est moi et ma façon de voir les choses et les risques que tu as envie de prendre ou que tu n'es pas prêt forcément à prendre. Il y a un exemple que je prends souvent, c'est de dire que quelqu'un qui va faire 20 ans chez Orange et qui a changé d'équipe tous les ans, on voit quelqu'un de stable. Parce que sur le CV, c'est marqué 20 ans Orange. Mais enfin bon, stabilité, bof. Comparativement, en tout cas. Moi, ça me va très bien. Les gens qui aiment bien, qui ont envie de bouger, qui ont un turnover d'intérêt des sujets qui est plus court que d'autres, c'est tout à fait acceptable. Mais effectivement, quand je prends cet exemple-là, les gens sont là, ah oui, c'est vrai. Mais c'est une question qui peut revenir. Et ça peut des fois être un frein au fait de changer. Beaucoup de fois, on entend comme conseil, attends un peu, stabilise, va en profondeur.

Par exemple, un truc qu'on m'a dit, c'est la première entreprise doit durer au moins 5 ans. La personne était affirmative. Et une autre m'a dit, la première entreprise doit durer au moins 2 ans. C'est affirmé. Une autre m'a dit, la première entreprise doit être une grande entreprise. Une autre m'a dit, la première entreprise doit être une petite entreprise avec beaucoup d'aplomb. Tous ces gens avaient beaucoup d'aplomb. Et ce n'est pas forcément des choses qui sont forcément vraies. Et ça fait un lien avec ce qu'on disait au tout début, qui était plutôt de dire, est-ce que finalement, quel est l'état d'esprit du moment où on cherche et qu'est-ce qu'on pense qu'il va nous apporter? Moi, j'ai eu la remarque qu'une fois, j'étais dans une boîte, on était plusieurs de la même école et on est allé faire une présentation dans notre école auprès de la dernière promo. Quand je me suis présentée, il y a un des jeunes, il avait 21 ans, en gros, il n'était pas né quand j'ai commencé à bosser, et qui me dit, mais toi, tu n'es pas stable, tu ne construis pas ta carrière. Comment est-ce que tu fais ça ? Et je lui dis, mais parce que toi, tu sais quels seront les métiers dans 20 ans et tu sais donc exactement ce que tu veux faire et comment tu vas construire ta carrière sur les 20-30 prochaines années. Mais bon, je pense qu'on ne cherchait pas la même chose.

C'est vrai que moi, je n'ai pas construit de carrière. Et il y a un moment, je ne construisais même pas la façon dont je changeais. C'était, j'étais contactée, j'étais un moment dans une boîte où je commençais à lever le nez de ce que je faisais et hop, je changeais. Parce que j'allais apprendre, parce que ça allait être sympa. Le point commun de tous ces changements que j'ai pu faire, effectivement, d'abord comme toi, je n'ai pas construit de carrière, je n'ai pas été stratège par rapport au... Ça a été très opportuniste. En revanche, à chaque fois, je l'ai fait avec la conviction que c'était la bonne chose à faire. Je ne dis pas que j'ai quelques petits regrets occasionnels droite-gauche en me disant peut-être que j'aurais pu réfléchir une minute de plus, mais je dis une minute parce que c'est un peu insultant sur le temps que j'y ai passé à chaque fois. Mais à chaque fois, j'y suis allé avec conviction. Et le vrai truc, c'est qu'en tout cas, à chaque fois que j'ai cherché un emploi, je l'ai fait en donnant un peu de ma personne et en expliquant bien qu'en arrivant quelque part, j'étais là pour essayer de faire avancer les choses. Et à chaque fois qu'il y a eu un changement de truc, en fait, émotionnellement, ça a été assez prenant. Je n'ai pas eu de changement qui s'est fait de manière anodine.

J'ai toujours eu des émotions fortes au moment du départ et au moment de l'arrivée parce qu'à chaque fois, tu as l'impression d'abandonner quelque chose dans lequel tu t'es donné. Et ça, c'est un point aussi qu'il ne faut pas oublier. C'est que ce n'est pas anodin. On ne change pas l'entreprise comme on change de t-shirt. Non, on laisse des gens, comme tu dis. On disait, on crée des liens et il y a plein de gens qu'on garde au cours de toutes nos années d'expérience. Tu laisses des potes et tu espères que tu vas en retrouver là où tu vas. Exactement, on sait ce qu'on quitte, on ne sait pas forcément ce qu'on va trouver. On arrive au bout du temps imparti, Evelyne, est-ce que tu as un... Un conseil à donner, quelque chose à dire aux gens qui nous écoutent et qui n'ont pas forcément nos 20 ans, 30 ans de carrière et qui se disent juste« Ok, super, alors moi je suis dans mon premier boulot, voire même je n'en ai pas encore et je vais en chercher un ou je suis dans mon troisième boulot et finalement je n'y suis pas si bien. » Est-ce qu'il y a un truc qu'on peut se dire qui nous fait tenir? Moi, je cherche toujours à savoir est-ce que mon boulot va m'amuser? Est-ce que ça va m'amuser? Parce que les challenges qu'il va y avoir vont vraiment m'intéresser. Je vais me prendre un peu la tête dessus. Et surtout, est-ce que le contexte humain autour va être assez sympa pour qu'on ait tous vraiment envie de se jeter dans la bataille et d'aller vers un même but?

Et toi? J'ai la sensation d'avoir l'immense privilège d'avoir allié des choses qui me plaisent avec le moyen de vivre, d'être rémunéré, de payer pour mon train de vie, pour toutes ces choses qui sont en plus au-delà de mon travail. Et que c'est un domaine qui est porteur, dans lequel il y a de l'emploi, dans lequel il y a de la diversité, dans lequel il y a des gens que je trouve passionnants. Et donc, du coup, j'ai la sensation de me devoir et de devoir aux autres le fait de prendre le temps d'aller m'amuser tous les jours, d'aller apprendre des choses tous les jours, d'aller faire bouger certaines lignes tous les jours et de ne pas tourner en rond dans un bocal. Et j'ai envie de vous dire, Dire du coup, le conseil, c'est faites attention à ne pas gâcher les instants que vous passez dans votre travail, dans vos emplois, dans vos apprentissages, dans vos rencontres, parce qu'on a l'immense chance d'être dans un milieu très, très riche et qui permet en fait de ne pas s'ennuyer. On apprend en permanence, ça évolue en permanence et c'est sympa de pouvoir toujours apprendre et toujours se challenger et se dire est-ce que je vais encore être capable d'apprendre cette fois-ci?

Alors ça c'est un point qu'on pourrait apporter dans une autre discussion, c'est quand on a été manager longtemps et qu'on redevient IC, la courbe d'apprentissage elle vaut quoi? Mais inversement, quand on a été IC longtemps et qu'on passe manager, la courbe d'apprentissage elle vaut quoi? J'ai presque envie de donner rendez-vous pour un prochain épisode à ce sujet-là. Eh bien, merci Hugo pour cet échange. À bientôt. Merci Evelyne. Ciao.