Podcast Tech.Rocks

La Tech au service d'une entreprise à mission

Podcast Tech.Rocks · 11 novembre 2025 · 42 min · en français

Résumé

Épisode de la série consacrée aux speakers du Tech.Rocks Summit 2025. Julien Largilliere, CTO de Veolia, ingénieur et musicien de formation, retrace son parcours atypique, de la startup à la direction technologique d'un groupe de 215 000 personnes, qui exige de passer de contributeur individuel à stratège et « servant leader ». L'échange explore la transformation de Veolia, groupe à mission centré sur l'eau, l'énergie et les déchets, qui tire désormais une immense valeur de la tech et d'une IA responsable. Deux paris majeurs : la bascule, il y a plus de dix ans, des datacenters propriétaires vers le cloud public, aussi pour s'appuyer sur des partenaires plus efficients et moins énergivores ; et l'IA générative, avec le lancement très tôt de la plateforme agentique propriétaire VeoliaSecureGPT, conviction portée du terrain jusqu'au COMEX. Des stacks cloud déjà robustes ont permis de réagir très vite à l'arrivée de l'IA. Il aborde la tension entre l'impact carbone de l'IT et la mission de transformation écologique du groupe, compensée par l'IT pour le Green (décarbonation, dépollution, régénération de la ressource). Il évoque les compétences développées (déléguer, mentorer), un échec (un projet européen qui a dû être stoppé) et sa conviction : dans un univers contraint, l'innovation est plus forte.

Summary

An episode in the series dedicated to Tech.Rocks Summit 2025 speakers. Julien Largilliere, CTO of Veolia, trained as both an engineer and a musician, traces his unusual path from startups to leading technology at a 215,000-strong group, which requires moving from individual contributor to strategist and "servant leader". The conversation explores the transformation of Veolia, a purpose-driven group focused on water, energy and waste, which now draws huge value from tech and responsible AI. Two major bets: moving from proprietary data centres to the public cloud more than ten years ago, partly to rely on more efficient, less energy-hungry partners; and generative AI, with the very early launch of the proprietary agentic platform VeoliaSecureGPT, a conviction carried from the field all the way to the executive committee. Already robust cloud stacks made it possible to react very quickly to the arrival of AI. He addresses the tension between IT's carbon footprint and the group's ecological transformation mission, offset by IT for Green (decarbonisation, depollution, resource regeneration). He discusses the skills he developed (delegating, mentoring), a failure (a European project that had to be stopped) and his conviction: in a constrained world, innovation is stronger.

Thèmes : Impact & numérique responsable

Tech.Rocks Summit 2025

Profil LinkedIn de Julien Largilliere

Profil LinkedIn de Didier Girard

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Le plus grand défi, c'est de déléguer. C'est d'avoir les équipes, de laisser faire, de ne pas vouloir toujours mettre les mains dans le... C'est un système d'information qui est très mouvant, avec cette... Très régulièrement, aller chercher des synergies, aller chercher des intégrations efficientes, aller chercher la globalisation, la simplification. Bonjour à tous et puis bienvenue dans ce nouvel épisode consacré au speaker du Tech.Rocks Summit 2025. Donc aujourd'hui, on part à la rencontre d'un grand tech leader français qui façonne la stack techno d'un grand groupe international, d'un groupe majeur. Ce podcast, en fait, l'idée, c'est justement de vous partager des parcours inspirants et de rencontrer comme ça ces grands leaders. Donc je me présente, Didier Girard, je suis le directeur général d'une entreprise qui s'appelle SFEIR, une ESN en fait, qui est spécialisée dans la mise en œuvre de stack technologique chez ses clients. Et donc aujourd'hui, je suis avec... Julien Largillière, qui est le groupe CTO de Veolia, qui pourrait être perçu comme un groupe qui est peu tech, mais en fait, qui est un groupe qui tire beaucoup de valeur grâce à la tech.

Et donc, l'idée durant ce podcast, c'est de partager avec vous et que Julien nous partage justement comment est-ce que ce groupe arrive à tirer parti de la technologie. Donc, il a vraiment une trajectoire inspirante. C'est un groupe qui fait des paris audacieux aussi. Et Julien aussi a un gros engagement dans la partie de community. dont il nous parlera. Du coup, Julien, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots? Hello Didier, ravi de te retrouver. Bonjour à tous. Pour me présenter très brièvement, Julien, je suis CEO du groupe Veolia depuis trois ans. Je travaille dans le groupe depuis bientôt... Une quinzaine d'années. J'ai un parcours, je pense, quelque peu atypique parce que j'ai une double formation, une formation en tant qu'ingénieur et en tant que musicien également. J'ai commencé ma carrière en startup, donc j'ai un peu vu tous les types d'entreprises, de la startup à la grande entreprise, avec des défis plutôt géniaux, avec des technologies arrivant sur le marché hyper enthousiasmantes et naturellement mises à l'ouvrage dans l'entreprise pour l'aide à la transformation.

En gros, tu as commencé, tu as plutôt au départ un profil type développeur et petit à petit, tu as navigué un peu dans tous nos métiers ou tu n'es arrivé pas plutôt par la branche OPS? Comment tu as vécu? Alors, j'étais dans un premier temps sur la partie OPS. Donc, j'étais lead OPS dans cette startup initialement. Donc, des technologies qui ne font pas forcément rêver aujourd'hui, mais on va parler de 4GL, d'informique, de choses qui ne sont pas d'une grande fraîcheur. Mais c'est vrai que rapidement, j'ai eu la chance de pouvoir me former et découvrir pas mal de technologies dont on parlera, je pense, dans les questions suivantes de ce podcast. Déjà, ce que tu pourrais nous partager, c'est vrai que ce qui intéresse aussi beaucoup de personnes, c'est que tu as une histoire qui est plutôt tech au départ, et maintenant tu es le CTO d'un très grand groupe. Il semble que Veolia, c'est plus de 200 000 personnes, quelque chose comme ça, c'est ça ? Oui, 215 000. 215 000, oui. Et donc finalement, comment est-ce qu'on passe d'un rôle où on a plutôt un rôle de contributeur individuel, j'ai envie de dire, à un rôle de très grand manager, voire de stratège?

C'est quoi tes défis? Qu'est-ce que tu as appris? Comment tu as dû changer ta gestion du temps, par exemple? Est-ce que tu pourrais nous parler un petit peu de tout ça? Oui, c'est une super question parce que j'ai vécu, ça va mieux maintenant, mais il y a toujours une période où lorsqu'on passe d'un rôle vraiment hands-on, où on met les mains dedans, tout simplement, un rôle plus managérial, transverse, puis stratégique. Le plus grand défi, c'est de déléguer. C'est d'avoir les équipes, de laisser faire, de ne pas vouloir toujours mettre les mains dedans, parce qu'à un moment, on n'a pas le temps, donc c'est davantage à construire des équipes, à aller chercher les bons talents, à les embarquer, et de passer vraiment d'un rôle technique à un rôle un peu de servant leader, c'est-à-dire de réussir à embarquer un peu tout le monde vers une vision commune. Qu'est-ce que tu as appris dans le cadre de ce rôle? Des skills que tu as développés, que tu n'avais pas en tant que technicien et qui font partie de ton savoir-faire en tant que leader tech? Les défis sont très humains parce qu'on parle souvent de la tech, mais derrière la tech, c'est pas mal d'humains.

Donc, une progression en termes de coaching, de mentorat, d'embarquer toutes les équipes. Après, il est vrai qu'il est vrai qu'il y a des gens qui sont très humains. Aujourd'hui, ma plus grande frustration, c'est de trouver du temps encore à faire de la veille technologique structurée. Quand je dis structurée, c'est aller un peu plus loin que lire des articles. Donc, je me suis mis, pour la petite anecdote, dans mon agenda, On a des routines, on a tous des agendas très complets, mais j'ai des slots qui sont dédiés dans mon agenda, avec un temps dédié à la veille technologique, où je choisis des sujets par thématique, à la semaine ou au mois. Et je m'en fais aussi, moi, ma mini-thèse. Pour moi, ça permet d'aller... alimenter à l'état du marché, de la veille technologique, des choses que j'ai envie d'essayer ou de partager avec mes équipes ou d'amener potentiellement vers une stratégie un peu disruptive pour l'entreprise. C'est intéressant et en fait, quand je t'entends parler, je pourrais croire qu'il était en fait dans la dernière des scale-up tech. Donc juste avant qu'on rentre un petit peu dans ton rôle vraiment de CTO, déjà, il est probable qu'il y ait beaucoup de gens qui écoutent ce podcast qui ne connaissent pas si bien que ça l'entreprise pour laquelle tu bosses, qui est Veolia.

Est-ce que tu pourrais nous expliquer un petit peu les différents métiers? Quelle est la mission de ce groupe? Veolia, c'est une très grande entreprise qui a également, il y a trois ans, fait l'acquisition d'une entreprise qui s'appelle Suez, du moins une grande partie des activités, donc ça devient vraiment une très grosse entreprise. Les business principaux sont autour de l'eau, l'énergie et les déchets. L'ambition principale est de devenir le leader de la transformation écologique, donc à servir la dépollution, la décarbonation et préservation de la ressource. Ce sont des enjeux qui sont au cœur. J'ai un attachement particulier à cette entreprise parce qu'on parle de tech et on a souvent eu des approches business partner, business actor, des choses. La tech doit toujours servir à un intérêt. Mais de travailler pour une entreprise à mission et des enjeux comme tel pour l'environnement, je trouve ça hyper noble. On dit souvent la tech, du point de vue de l'empreinte carbone, ce n'est pas le meilleur des élèves. C'est un sujet qui est assez récurrent. Et comment tu arrives à... à concilier cette tension entre l'impact que peut avoir la tech sur l'environnement et le fait que tu bosses dans une entreprise à mission qui est là pour, quelque part, améliorer l'environnement.

Et je pense aussi à cette tension qu'on a tous, je pense d'ailleurs, en tant que... Que LeaderTech entre nos propres valeurs et puis quelque part en tant que citoyen et la confrontation qu'on a par rapport à l'empreinte environnementale de ce que l'on fait. Oui, naturellement. On est toujours à la frontière. Dans le jargon, on va parler de la quête du Green IT, mais un métier, une entreprise comme Veolia, on parle également de IT for Green. Mais sur nos stacks technologiques, on s'appuie sur des partenaires. Dans un premier temps, on mesure l'empreinte carbone globale. Il faut savoir que tous les ans, sur notre système d'information, on est aussi challengé sur notre empreinte carbone globale. On cherche, on systématise d'ailleurs cette optimisation avec des deliveries, des operating models de pay-as-you-go. On essaie de s'affronter un maximum du YAS, d'avoir de traiter le déchet, donc aussi avec le déchet au sens d'utiliser des ressources inutilement.

C'est dans le mindset, c'est dans le mindset des équipes IT. Aujourd'hui, c'est compris et c'est déployé à l'échelle. Et on s'appuie aussi sur des partenaires technologiques les plus verts possibles, dont certains ont une ambition d'ici peu d'avoir cette neutralité carbone. L'approche globalisée du YAS, PS, Hugo, en fait, déjà, cette quête de l'efficience pour limiter l'empreinte. Mais c'est vrai que naturellement, on peut se dire, OK, on va parler de greenwashing, OK, c'est très bien. Mais on a très vite compris la valeur de ces plateformes pour servir aussi l'ambition et la stratégie de Veolia. Donc, comme je disais, contribuer à la transformation écologique et être au rendez-vous du plan qui s'appelle Green Up de Veolia. Naturellement, on a énormément de cas d'usage où on peut avoir une empreinte carbone sur la partie IT, mais elle est largement compensée sur des solutions qu'on met en œuvre pour limiter la consommation énergétique ou limiter les fuites d'eau ou des choses comme ça. Donc, on est plutôt à l'aise avec l'exercice dans le sens où ça se compense largement.

Et puis, ce que je me rappelle, moi, je bosse avec le groupe depuis de nombreuses années. Au départ, vous aviez quand même beaucoup de vos propres data centers. Et c'est vrai que le fait de dire, forcément, il y avait un emprunt de carbone qui était non négligeable par rapport à ça. Et je me rappelle qu'une des... Le fait de partir sur des solutions cloud, c'était justement de dire, il y a des gens dont le métier, c'est justement de créer des data centers efficients, ce n'est pas notre métier à nous. Et donc, autant s'appuyer sur ces acteurs-là. Exactement, c'est vrai que cette approche publique, le temps passe, mais ça fait largement plus d'une dizaine d'années qu'on a embarqué chez différents hyperscalers. Et oui, globalement, c'est, on a vidé, je me rappelle encore, un nombre significatif de data centers. Donc, il en reste quelques-uns pour des contraintes. On va dire réglementaire, des choses comme ça, mais par défaut, aujourd'hui, tout ce qui est construit ou déployé s'appuie sur le code public. Sachant que vous êtes un groupe mondial, et vous, votre rôle, c'est d'emmener de la technologie partout dans le monde, et qu'en fait, les gens ne se rendent pas compte que le data center, il ne doit pas y avoir de latence, ça doit être efficace pour tout le monde,

ou qu'il soit sur la planète. Ça fait partie aussi de tes enjeux. Exactement, je porte la stratégie cloud aussi, globalement du groupe, mais oui, en effet, ça fait partie des enjeux. et surtout aller chercher l'efficience également à la globalisation. Donc on parle souvent d'empreintes, mais plus on s'appuie sur des services mutualisés, plus ils ont des architectures qui sont designées comme on le souhaite, et indirectement, T'imagines bien que lorsqu'on massifie, on a aussi des économies d'échelle, pour le coup, au sens financier. Du coup, je me posais la question, on voit quand même qu'on est dans un groupe qui bouge, qui n'hésite pas à utiliser la technologie à innover, puisque des acteurs qui ont basculé sur le cloud il y a 10 ans, à l'échelle, vous l'avez fait, je pense que c'est quand même assez… Il n'y en a pas tant que ça, en fait. Pour toi, à titre individuel, c'est quoi ton pari, en fait? Le pari tech? Je t'ai dit, là, il se passe un truc. Je pense qu'il faut qu'on y soit. Déjà, ça peut être à titre personnel ou l'envie d'emmener ton groupe dans cette direction-là et qui a eu le plus d'impact pour toi à titre personnel ou au niveau de ton groupe?

Alors, pour moi, il n'y en a pas un. Je vais en lier deux. Le premier, naturellement, il est sur cette démarche qu'on a appelée Move to Cloud à l'échelle, qui a été commencée il y a un peu plus d'une douzaine d'années. Donc, il y a suivi, ça ne s'est pas fait en six mois, ça a pris des années et des années à optimiser les environnements, à monter une gouvernance globale à l'échelle, à monter de l'orchestration, de l'automatisation, une démarche FinOps globale. Donc, on est arrivé au rendez-vous. Donc, c'était un pari parce qu'il a fallu prendre cette démarche aussi de manière holistique. Parce que ce n'est pas juste de la tech, c'est aussi des people, c'est aussi de l'upskilling, c'est aussi tout ce qui est lié à la formation. d'embarquer tout le monde, de penser aussi différemment les architectures, la manière dont on design nos applications. Et je fais le lien avec un deuxième pari que j'ai voulu fortement faire, maintenant ça fait un peu plus de trois ans, c'est sur l'IA générative. Qui est arrivé un peu comme une bombe sur le marché. Avec tous les risques associés pour une entreprise comme Veolia, où si on se dit qu'on va déléguer directement un chat GPT, et puis on va ouvrir pour tous les salariés, il y avait un risque à verrer.

Donc on a pris le pari de monter très rapidement une plateforme dédiée, sécurisée, scalable. Et où je veux en venir, c'est que ces premiers choix et ces convictions technologiques sur le cloud public nous ont permis d'être très réactifs sur ce phénomène arrivant massivement et de pouvoir scaler cette approche au niveau de l'entreprise, d'en faire le pari, parce que c'était écrit dans le ciel qu'il allait, dans tous les cas, ce qu'on connaissait il y a trois ans et ce qu'on voit aujourd'hui avec toutes les évolutions, toute la gentille KI, tout ce qui est en train de bouleverser vraiment notre monde et la manière dont on design un système d'information. Ça a été vraiment un pari audacieux. Au début, il n'y avait pas un grand monde qui y croyait, mais on voit bien aujourd'hui que c'est un véritable succès. Et ces premières briques et ces stacks technologiques, en fait, pensées dix ans avant, nous ont vraiment permis de pouvoir accélérer cette adoption en interne. Oui, c'est ça. C'est qu'en gros, vous aviez toute la maturité nécessaire pour pouvoir aller très vite. Et puis, aussi, quelque part, très tôt, vous avez mis le groupe en mouvement sur ces sujets-là.

Et en fait, c'est un mouvement supplémentaire, quelque part. Vous aviez déjà appris à bouger une fois. Et moi, je sais que pour te côtoyer régulièrement, il y a une approche très... Courageuses en fait de ces sujets là qui font que tout le monde est appétant à ce mouvement et j'ai en tête alors tu me dis si je me trompe mais typiquement il y a certaines personnes chez vous qui utilisent des chromebooks pour leur utilisation quotidienne au sens professionnel et d'arriver à ce niveau de maturité où quelque part tout le système d'information s'expose à travers un navigateur qui fait que vous permettez à vos collègues d'utiliser un Chromebook pour pouvoir créer de la valeur, c'est aussi assez innovant. Oui, c'est sûr. Alors moi, ma première conviction, si on parle très rapidement de l'approche Zero Trust, pour moi, le N-Punk aujourd'hui, c'est vraiment le browser. Donc on a énormément de Chromebooks qui sont déployés dans le groupe. On a aussi un écosystème davantage Microsoft, OS Windows, mais qui a un héritage aussi d'une dernière acquisition quand même conséquente. Dans mon rôle au quotidien, c'est aussi de surfer, entre des possibilités globales, locales ou multilocales dans les solutions technologiques.

Donc, c'est un jeu d'équilibriste qui n'est pas toujours évident, mais c'est en essayant de trouver la meilleure approche qui provoquera l'adoption, tant en conservant l'autonomie locale, mais en... L'ambition globale, c'est ça. de sécuriser globalement le système d'information, l'accès à nos ressources et de proposer de l'innovation à l'échelle. Et juste, c'est assez rare de pouvoir discuter avec quelqu'un qui a un impact aussi large que le tien, une organisation aussi grande. Du coup, pour qu'on ait un peu une idée de ce que ça veut dire du point de vue des chiffres, peut-être que tu ne pourras pas me le partager, mais c'est quoi le budget IT d'une organisation telle que Veolia? Je ne te demande pas de rentrer dans les détails, ou qu'on puisse se rendre compte de ce que c'est. Ça veut dire que de fournir de l'IT à plus de 200 000 personnes, je ne me rappelle plus combien tu as dit de personnes. C'est toujours un sujet tricky, les budgets, dans le sens où lorsqu'on aime la tech, on a envie d'innover, de faire plein de choses, on a besoin d'investir. Mais il y a des contraintes et des benchs marchés.

Dans une entreprise comme dans l'industrie, il faut être à moins de 2% le budget IT par rapport au chiffre d'affaires global. C'est vrai qu'on frôle un peu le milliard, mais dans une organisation qui est encore une fois très décentralisée, dans près de 65 BU, plus de 55 pays. Gérer en fait aussi, c'est une Veolia étant une entreprise qui fait souvent des carve-in, carve-out, donc on se fait des activités, on en achète de nouvelles. Donc en fait, c'est un système d'information qui est très mouvant, avec cette... Très régulièrement, aller chercher des synergies, aller chercher des intégrations efficientes, aller chercher la globalisation, la simplification. Donc, c'est des enjeux qui sont, je trouve, fascinants. Mais c'est vrai que chez Veolia, il y a toujours cette publicité. Il faut penser grand. gros, mais des contraintes aussi qui peuvent être locales. Donc, encore une fois, c'est toujours où positionner le curseur pour aller avoir un système d'information de manière plus efficiente. C'est l'innovation sous contrainte. Et finalement, c'est ça qui fait aussi la richesse.

C'est que vous êtes obligé d'être innovant pour pouvoir rester dans ces fameux 2% qui font que l'IT est... Continuer à créer de la valeur et pas simplement en consommer à l'intérieur de l'entreprise. Après, le point positif, je reste convaincu qu'en univers contraint, on innove énormément. J'en suis convaincu. Ok, donc nous, ce qu'on aime bien côté Tech.Rocks, c'est toujours facile de partager ses succès et c'est hyper utile de communiquer sur ce qu'on a réussi et c'est agréable d'ailleurs, c'est nécessaire. Mais aussi, ce que l'on dit souvent, c'est que pour progresser, pour apprendre de temps en temps, il faut se tromper, on fait des erreurs, on a des échecs, etc. Et ce qu'on aime bien, c'est aussi qu'on se partage un petit peu ces moments où on a souffert, on s'est trompé. Et les partager avec ses pairs, c'est aussi utile parce que comme ça, ça te permet que collectivement, on apprenne. Du coup, toi, est-ce que tu as quelque chose comme ça à nous partager où tu dis, là, en fait, sur ce sujet-là, je n'ai pas été au top et voilà un petit peu finalement ce que j'en ai tiré.

Oui, j'ai quelques exemples qui me font davantage sourire, parce que c'est vrai que dans la tech, il y a pas mal de cycles. Il y a certaines technos, certaines approches qu'on pense à un moment disruptif, mainstream, ou ce qu'on veut, mais qui n'ont finalement aucun avenir ou aucune possibilité de scaler dans une entreprise comme Veolia. Mais pour en citer quelques-uns, je pourrais parler de la tentative, par exemple, de déployer de la blockchain sur la traçabilité de l'eau. Je pourrais parler des tentatives d'intégration dans notre organisation du Metaverse. C'était pas une blague. Je pourrais vous parler d'un investissement conséquent à monter un digital lab physique juste avant le lockdown et le Covid. Je pourrais vous parler de POC ou de MVP ou Profit Value sur du HPC par exemple, sans véritable use case ou nécessité. Mais dans la tech, on a quand même le droit à l'erreur.

C'est-à-dire, moi j'adore cet adage« quick wing or fail fast». Et ça permet aussi d'avancer, de tester. Il y a des choses qui marchent, il y en a d'autres qui marchent moins. Et c'est plutôt chouette, en fait, quand je discute avec toutes les équipes que j'ai pu avoir chez Veolia, ou même un écosystème partenaire, quand on voit un peu notre stack technologique chez Veolia, ça donne envie, en fait. Ça donne envie quand on est développeur, quand on est architecte cloud, quand on est... Différents ingénieurs, quand on voit la manière, même employée, l'outil de travail qu'on a au quotidien, c'est chouette. Et je pense que c'est aussi un différenciant qui rend Veolia un peu plus attractif que d'autres entreprises. Et du coup, je me disais par rapport à ça, quand tu as une idée comme ça, où tu dis, tiens, j'ai envie de pousser ce sujet, comment tu arrives à dialoguer avec ton écosystème, le COMEX par exemple, pour dire, nous, on a ce truc qu'on aimerait pousser et tenter. Comment tu vends? Entre guillemets, ton idée pour trouver des budgets pour t'accompagner? C'est une description et une proposition de valeur.

Donc, on a... On a aussi cette approche, on est value-driven. Ce n'est pas la tech pour la tech, il faut que ça serve un intérêt business, il faut que ça serve un intérêt de transformation avec des économies associées, il faut que ça serve... Simplement l'intérêt qui peut être lié à une mission de Veolia. Et c'est vrai qu'après, on reste une entreprise où il y a des mécanismes aussi, je veux dire, régaliens, dans le sens où on a des comités d'investissement, des comités d'engagement. Lorsqu'on veut mener des programmes vraiment transverses, Naturellement, il faut qu'on embarque toutes les business units et qu'on ait présenté le dossier sous forme de business case. Mais on a quand même ces marges de manœuvre pour lancer des initiatives qui ne sont pas trop chronophages ou trop consommatrices en termes de capacité et qui nous permettent en quelques jours, semaines, de savoir si la valeur est là ou non. C'est un mécanisme, c'est itératif, mais c'est surtout culturel.

C'est-à-dire que même dans mes équipes, En fait, tous mes collaborateurs sont challengés sur leur capacité d'innovation. Et pour moi, l'innovation, elle est partout. Elle peut être dans le quotidien, elle peut être sur la prod, elle peut être sur la cyber, elle peut être sur tout. Et la limite de cet exercice-là, c'est juste la dictée. Et donc typiquement, un jour, tu dis, tiens, il y a trois ans, il y a l'EI qui arrive, et moi, j'y crois, en fait. Et comment, à un moment donné, tu vas chercher les budgets pour dire, voilà, moi, j'ai envie d'embarquer toute l'entreprise là-dedans, et qu'à un moment donné, tout le monde a un chat GPT sécurisé entre les mains. Comment tu arrives à déclencher ce genre de choses? J'avais quelques formes, on va dire, d'autonomie dans ma capacité, globalement, en fait, dans mes équipes. Donc, j'ai décidé de monter une task force pour ce faire, de déprioriser d'autres sujets. Et après, d'aller vendre au top management, une fois qu'on avait la preuve, par exemple, que ça fonctionnait et qu'on était en capacité de le faire.

C'était escalable. Après, j'ai eu des budgets en complément. C'est une démarche qui a été prise de manière, encore une fois, ce n'est pas la tech pour la tech, mais de manière holistique, parce que c'est un changement énorme. C'est vraiment un changement énorme. Donc, ça va aller driver les ressources humaines, ça va aller driver la formation. On a monté des parcours d'acculturation à des dizaines de milliers de personnes. Donc, il y a cette première étape de prouver la valeur. Et si tout le monde est d'accord, après, ça devient un projet d'entreprise, en fait. Pour nous, ce qu'on a monté, Veolia Secure GVT, c'est un... C'est un projet d'entreprise. Et ce qui m'a... Je m'en souviens encore de ce moment, c'était il y a peut-être deux ans, lorsque Estelle Braschanov, notre directrice générale de Veolia, devant l'ensemble des investisseurs en presse relive, nomme le nom de l'application devant tout le monde. Là, je me suis dit, c'est un succès. Oui, déjà bravo, parce que... Ce que vous avez fait, c'est vraiment incroyable. Vous avez quasiment une dimension éditeur, même si c'est un peu fort, mais produire du logiciel interne à destination de 200 000 personnes, c'est vrai que c'est quand même assez incroyable sur un sujet où tout le monde l'utilise au quotidien.

Je pense que quand Veolia Secure, JPT tombe, tu le sais immédiatement parce que tu as forcément quelqu'un dans le monde qui est en train d'utiliser. Donc, bravo pour ce succès. Et du coup, ce que je retiens, c'est que dans la timeline, cette innovation est arrivée en plein exercice budgétaire. Personne ne s'y attendait, en fait. Et donc, ce que tu as fait pour pouvoir investir, en fait, tu as des prix au... des sujets, tu as utilisé le budget que tu avais eu par ailleurs sur d'autres sujets que tu as alloué à cette innovation, tu as démontré la valeur et après du coup derrière tu as réobtenu des budgets, ce qui t'a permis d'amplifier et j'imagine de reprioriser tes anciens sujets. Oui, c'était un risque peut-être aussi personnel, mais je ne le regrette pas du tout. Oui, en tout cas, c'est bravo. C'est sûr que c'était forcément un risque, parce qu'à la vitesse où il est répondu, je pense qu'il y a effectivement peu d'acteurs qui sont à l'ausite que vous l'avez fait. Et donc, du coup, est-ce que tu as dans ton parcours des personnes que tu as rencontrées, des équipes, des moments comme ça, un petit peu décisifs, qui font que ce que tu es aujourd'hui, tu l'es grâce à

ces choses-là? Oui, j'ai eu la chance dans ma carrière de rencontrer pas mal de mentors ou de gens qui sont vraiment inspirants. Pour les citer, chez Veolia, on a eu la chance d'avoir Jean-Christophe Lessy, c'est le groupe, on a eu Hervé Dumas, la précédée. Il y en a un particulièrement... Que tu connais, qui s'appelle Didier Bove, aussi qui m'a fait aussi grandement confiance sur pas mal de choses. Et après, c'est vrai que même davantage dans l'écosystème, Werner Regels d'AWS, Parker Harris de Salesforce, des gens comme ça qui me fascinent et m'ont fait aussi repenser la manière où je voyais la technologie. Et jusqu'à certaines rencontres aussi qui... peuvent être extraordinaires. C'était il y a quelques années à l'UGI avec Jane Goodell qui nous a quittés il n'y a pas longtemps, mais en tant qu'éthologue, climatologue également, et puis son côté... Militantes environnementales. Moi, c'est des gens qui m'inspirent vraiment.

Et puis, ce qui m'arrive aussi sur mon temps libre, parce qu'il y a un peu de vacances, de lire un peu des bouquins. Il y en a un que j'adore, qui est Zero to One, de Peter Thiel, qui reprend un peu comment un city... qui peut amener un tas de valeurs et de choses. Et ça m'a pas mal marqué, et plus en lien avec ce qu'on fait chez Veolia et notre mission. C'est un livre, mais davantage BD, qui s'appelle« Ressources», de Philippe Biouix et Vincent Periot. Qui est vraiment fascinant parce qu'il y a quand même ce questionnement à se dire, est-ce que tout ça, cette tech, et particulièrement l'ère dans laquelle nous vivons sur l'IA, l'agentique layer, toute cette technologie qui devient une commodité, qu'on va retrouver absolument partout, même s'il y a pas mal d'acteurs qui ont cette ambition zéro carbone et qu'on sort. Mais ce qui est intéressant dans cette BD, c'est qu'à un moment, si on continue ce trend de là, avec cette opulence à en avoir absolument partout, Ce n'est pas soutenable. Et donc, de se poser des questions, et ça fait partie aussi des réflexions naturellement qu'on a chez Veolia et que j'ai au quotidien, c'est comment on arrive à intégrer ces technologies, particulièrement sur l'IA, mais de manière responsable.

Ça fait partie des grandes questions, des choix technologiques qui peuvent être faits. Et aussi dans la mise à disposition de ces technologies pour avoir les bons usages à valeur et qui servent l'entreprise et qui ne sont pas simplement, même si la technologie est fascinante, mais de gérer, comme je dis souvent, de générer des vidéos ou des images de chats. Je pense qu'on peut utiliser cette valeur pour bien d'autres sujets chez Veolia. Oui, c'est ça. Je suis bien en phase avec toi. Je discute beaucoup de ça avec mes enfants qui sont quand même âgés maintenant. une vraie conscience de ce point de vue-là. Et c'est vrai que quand c'est arrivé, et tout de suite, il y a eu du... Les gens ont expliqué que l'IA avait un impact environnemental. Et j'étais... Enfin, je suis plutôt d'une manière optimiste, je suis optimiste de manière générale. Et je disais, mais oui, mais on ne peut pas juger l'intelligence artificielle à l'image de ce qu'elle est aujourd'hui. C'est une technologie qui est naissante. Et je suis certain qu'on va arriver à faire des IA frugales. Et donc, j'avais cette espèce d'envie qui était quelque chose de fort en moi. Et je pense qu'on va arriver à faire des effets frugales.

Alors là, mes enfants qui sont quand même bien au fait, ils me disent, oui, mais papa, l'effet rebond, tu connais. Et en fait, moins ça coûte cher, plus c'est utilisé, donc plus ça a de l'impact. Je leur dis, c'est vrai, mais au final, quand même, je pense que de l'IA, il va sortir des choses positives et que finalement, on arrivera enfin à des choses bien. Et jusqu'à il n'y a pas très longtemps, J'ai resté dans cette conviction-là. Et c'est vrai que l'arrivée de l'IA à l'échelle dans l'industrie du réseau social et du divertissement, et je cible d'ailleurs plus le réseau social que le divertissement, en fait, on va concevoir une vidéo de 8 secondes qui va être utile pour 3 personnes. Et c'est là que je me suis dit, je ne suis pas certain qu'on va gagner la partie parce que là, il y a un sujet qui est en train d'arriver, comme toute innovation tech. Elle a son côté positif. Et là, je venais d'entrevoir le côté très, très négatif, impactant sur l'environnement. Et je te rejoins, c'est que faire des images de chats, ce n'est pas forcément la meilleure manière de petit élite. Mais en face, oui.

Oui, oui. Et puis, il y a un chiffre qui m'a marqué, c'était l'année dernière, où en moins d'un an, on a créé autant de photographies avec l'IA générative qu'en un siècle. Et voilà, et on en revient. Moi, je suis très sensible également à l'art. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on voit que certains... Voilà, on peut gagner des concours de photographie avec des images générées ou faire des films 100% grâce à l'IA générative ou... Je suis le premier, je m'en suis amusé avec ça, mais de pouvoir créer des musiques très facilement en quelques secondes et qui ont une qualité de sortie qui est juste incroyable. Alors que je sais, moi le premier, par exemple, que d'apprendre un instrument, c'est énormément de rigueur, ça prend du temps. Je pense que ces usages vont peut-être poser problème, peut-être un problème sociétal dans les mois à venir. Oui, donc c'est ça. J'avais envie de te poser cette question-là. C'est que toi, tu penses, tu es musicien et tu es à côté tech, qu'on pourrait arriver à avoir des morceaux de musique qui soient aussi divertissants et impactants, parce que la musique,

quelque part, il y a des morceaux de musique qu'on continue d'écouter. Et qui serait généré par les haïs. Oui, d'ailleurs, à l'occasion, je t'en partagerai quelques-uns. Avec plaisir. Tu pourras venir avec un morceau et démarrer avec ça. Je ne sais pas si c'est autorisé, je dis ça, mais il faudra demander. Est-ce que tu as un projet, on en a déjà parlé, mais peut-être si tu voudrais inciter sur un sujet, projet technique, d'impact, d'équipe qui t'a particulièrement marqué ? J'ai la chance, encore une fois, dans toutes ces dernières années, d'avoir eu des équipes vraiment extraordinaires. Et il est certain que, ma conviction, c'est que derrière tout projet technique et surtout projet impactant, derrière, c'est des humains. Et c'est vrai que sur cette approche où on peut embarquer le plus grand nombre dans une aventure commune, donc c'est vrai que là, même si ça fait trois ans, on n'est que dans les prémices, mais je trouve fascinant en fait. l'engagement, la disponibilité de plein de collaborateurs qui cherchent aussi à être curieux, à vouloir innover, à vouloir avancer dans une direction.

Et en effet, l'IA, l'IA générative, notre aventure, si c'est un projet qui a un impact dingue, c'est celui-là. Et d'un point de vue technique, je parlerais du move to cloud global et de l'offre de services associés pour l'ensemble des BU qu'on a fait à l'échelle il y a une dizaine d'années. Ok, donc on va plus se recentrer maintenant sur le Tech.Rocks Summit. Donc Tech.Rocks Summit, c'est une communauté, la plus grosse communauté de leader tech en France. Déjà, toi, est-ce que tu es familiarisé avec ces notions communautaires? Quelles sont les communautés dans lesquelles tu es actif? Et qu'est-ce que ça t'apporte? Qu'est-ce que tu as envie d'apporter? Alors, c'est vrai que la notion de communauté, je vais citer ce que je disais juste avant sur la partie« je dois trouver du temps pour ma veille technologique». Et en fait, c'est un peu le même sujet avec les communautés, parce que c'est vrai que ça prend du temps, mais je me suis rendu compte que c'est très enrichissant. Alors, c'est des à-côtés, que ce soit en France ou à l'international, mais c'est vrai que de parler entre pairs sur des problématiques communes, moi je trouve ça fascinant, parce que même si on est dans des industries différentes, on a naturellement les mêmes préoccupations aujourd'hui.

Donc ça permet d'une part de se sentir un petit peu moins seul, d'avoir des retours d'expérience, de pouvoir en donner aussi, lorsqu'on a un petit, en toute humilité, parfois un petit coup d'adresse. Mais c'est vrai qu'en France, sur Tech.Rocks, sur Republic IT, sur Allianz, sur Numéum, sur tout un tas de... Lorsque le temps me permet, je me rends disponible parce qu'il y a des sujets qui sont fascinants. Je vois bien, par exemple, aujourd'hui, il y a un vrai sujet, de par le contexte un peu géopolitique, dans une entreprise aussi distribuée que Veolia, on a une empreinte, une dépendance technologique qui est massive, qui est massive avec les États-Unis. Donc, c'est comment aussi on arrive, en tant que CTO, CIO, pas forcément d'ajuster le tir, mais d'avoir les éléments de réponse, d'avoir les éléments qui permettent, en termes de délivrer, opérative modèle, de répondre à ces enjeux. On peut partager très rapidement, pour moi, les deux sujets qui sont vraiment d'actualité. Dans les communautés CTO, qui sont clairement évoquées. C'est comment monter une gouvernance AI dans un monde où l'ensemble des partenaires proposent ces capacités, et comment on arrive à gérer le shadow IT par l'observabilité à l'échelle.

Et le deuxième point, c'est vraiment comment, surtout en Europe, on va adresser ou non ces enjeux de dépendance technologique. Ok, donc le Tech.Rocks Summit, c'est un événement que je ne sais même pas depuis combien de temps j'y assiste. Et j'adore ce moment parce que c'est assez privilégié. On est entre pairs, entre leaders tech, on échange. Les talks sont toujours vraiment très inspirants, très gros niveaux. Et puis en plus, il y a vraiment une très grande part qui est dédiée aux échanges. Et donc du coup, déjà, merci beaucoup de venir parler à ces échanges. cet événement de nous livrer un petit peu un morceau de ton expérience lors de ce moment-là. Est-ce que, alors sans dévoiler forcément ce que tu vas dire, mais est-ce que tu peux nous faire un petit teaser, nous donner un peu envie de venir t'écouter lors du TechRox Summit? Tout d'abord, merci pour l'invitation et la proposition. C'est un plaisir, encore une fois, de présenter un sujet pour parler aussi de Veolia et de valoriser énormément le travail des équipes. Donc sans grande surprise, mon sujet va être en grande partie autour de l'IA et globalement l'agent TKI.

C'est juste, il faut avoir en tête que cette année, le TechRox Summit est dédié à ce sujet parce que c'est un shift majeur. Et l'idée, c'était, on dit souvent au niveau Tech.Rocks, c'est no bullshit. Donc l'idée, c'est vraiment d'avoir des vrais retours. On vire tout le vernis marketing qu'il peut y avoir. On sort de la bulle qui accompagne, parce qu'on est vraiment dans un phénomène de bulle, même si on sait tous qu'il va sortir quelque chose de positif. En ce moment, sur ta boîte, tu la mets .ai. On n'est plus dans le .com, on est dans le .ai. Tu fais une boîte .ai et tu es à peu près sûr de lever des fonds. Peut-être que ça va commencer à s'arrêter. Et donc, on avait quand même envie de creuser et d'analyser le sujet, parce que c'est un vrai sujet, comme tu le dis. Sous quel axe tu vas parler de ce sujet-là? Clairement, et comme tu peux le dire, c'est vrai que ces technologies bouleversent les entreprises, la manière en profondeur, notre manière de travailler, d'innover, de penser. Et encore une fois, On en parle beaucoup, mais il y a aussi des limites, quand je dis des limites au déploiement, c'est-à-dire que ça remet aussi en question

pas mal de priorités d'entreprise, par exemple sur la qualité de la donnée, la mise à disposition de la donnée, parce que la technologie, elle est là, elle est en place, mais il y a quand même des fondamentaux qu'il faut adresser. Et si tu veux, moi, je voudrais expliquer, on a saisi cette technologie très rapidement, on a... fournit cette technologie à l'ensemble de nos employés. Donc, beaucoup de col blanc, de fonction support. Donc, c'est devenu un peu une commodité. Je n'aime pas dire ce terme, mais je veux dire le conversationnel ou le chat classique où, comme tout le monde, on a mis en place des knowledge base pour aller interroger aussi des données structurées ou non, mais interagir en langage naturel. Et donc, c'était déjà il y a deux ans le... L'effet est un peu waouh et disruptif. Mais aujourd'hui, on travaille davantage sur comment les servir des cas d'usage et de transformer la vie et le monde des opérateurs. Parce que chez Veolia, on a des dizaines de milliers d'assets, d'unines. Et c'est comment intégrer ces technologies-là. Sur des cas d'usage qui vont servir nos différents segments, encore une fois sur l'eau, l'énergie, les déchets, et comment un opérateur aujourd'hui chez Veolia peut discuter en langage naturel avec son usine pour optimiser le plan de production, pour aller

réduire, pour gérer un incident par rapport à des bases de connaissances, des conseils pour aller... Optimiser le dosage d'acide caustique dans le traitement d'eau. Donc, on rentre vraiment dans la vie de l'opérateur, qui représente la force de frappe de Veolia, ce monde-là, ce qu'on appelle dans le jargon l'OTI, c'est comment on amène dans l'industrie aujourd'hui cette technologie-là, et comment directement, elle apporte de l'impact sur encore notre ambition que je présente au début, sur comment ça nous aide à dépolluer, à décarboner. préserver les ressources. Et on a quelques retours qui sont extrêmement positifs sur des économies d'énergie, par exemple. Et donc, c'est un peu l'approche de sortir, c'est dans nos vies, au quotidien, nos vies personnelles, mais en capacité d'amener ces technologies dans l'industrie, au cœur de nos opérations, et de mettre ces outils dans les mains de nos opérateurs qui font le business de Veolia.

Mais avec une philosophie où c'est toujours, encore une fois, le but n'est pas du tout de remplacer l'humain, mais c'est justement de le replacer. Au milieu de cette démarche et de toute cette approche globale. J'aime bien le scénario que tu décris sur deux axes. Le côté, j'ai mon téléphone et je discute de manière orale avec mon usine. Pour moi qui suis un enfant de la science-fiction, je me rappelle 2001, l'audité de l'espace, et tu discutes avec Al, il te répond. C'est un peu ça en fait. Al, c'est un peu ton usine de traitement d'eau et tu discutes avec lui, il te répond, ça va, ça ne va pas, augmente ça. Et là vraiment, on est... Ce qu'on fantasmait, en tout cas ce que je fantasmais quand j'étais gamin, c'est maintenant à portée de main, c'est possible. Et donc, ce que vous êtes en train de faire, en fait, c'est justement d'apporter ces envitechs qu'on avait quand on était jeune et de les rendre concrètes. Et ce n'est plus un sujet technologique, comme tu le dis, c'est vraiment maintenant un sujet humain et de culture d'entreprise. Il faut amener la culture d'entreprise à cet aspect, le conversationnel, qui est vraiment une nouvelle manière d'interagir avec l'OSI.

Et ce qui me plaît beaucoup, et... Il me semble, et tu me diras si je me trompe, mais il me semble que cette idée, elle avait germé lors d'un hackathon ou d'un workshop, en fait. Oui, exactement. On s'est dit, comment on peut amener… On a réussi à embarquer des opérateurs témoins dans cette démarche, parce que naturellement, c'est aussi aller chercher l'adoption. Encore une fois, ce n'est pas faire de la tech pour la tech ou identifier potentiellement de la valeur quand on est au siège de Veolia. Donc, ça a été vraiment d'embarquer des opérateurs, de comprendre leur quotidien, de comprendre leur pain point, de ce qu'ils aimeraient voir grâce à cette technologie et de les accompagner dans ce sens-là. Et oui, on a fait un premier hackathon qui a confirmé qu'il y avait... Un intérêt certain. Depuis, ça s'est quand même pas mal diversifié. Mais c'est vrai qu'il y a des enjeux de standardisation, il y a des enjeux de data model, d'objet métier. Si on veut mettre à l'échelle, il y a aussi ces enjeux-là à adresser.

Mais en tout cas, c'est en très bonne voie et l'adoption est vraiment encourageante. Et les premières métriques de valeur amenées sur la partie business ou sur l'exploitation d'une usine sont confirmées, quel que soit le segment, la business line concernée. C'est ce qu'on appelle, chez nous, dans notre jargon, ce qu'on appelle le game changer, qui risque, je pense, de changer la manière dont on discute avec des usines dans les mois à venir. Oui, c'est ça. Et on retrouve bien plusieurs axes. Déjà, ce côté très terrain, finalement, c'est besoin, c'est vraiment ce que tu arrives à faire, c'est de dire c'est de la tech au service de besoin. Je suis très proche des besoins utilisateurs et je ne les imagine pas de Paris et je les imagine grâce aux gens du terrain. C'est ça que vous avez réussi à faire et c'est vraiment chouette. À la fin de ta presse, qu'est-ce que tu aimerais que les gens aient retenu? Est-ce que tu dis, tiens, moi, je me fixe un objectif, je vais intervenir au Tech.Rocks, je me suis mis devant tous ces 500 tech leaders, et finalement, à l'issue, j'aimerais qu'ils aient retenu,

J'aimerais qu'ils retiennent que ce n'est pas que du bullshit. Il se passe des choses dans les entreprises. Et surtout qu'on peut avoir l'ambition de déployer ces technologies à l'échelle, mais de manière responsable. Je pense que c'est les deux messages que j'aimerais qu'on retienne, que l'IA, ce n'est pas forcément l'opulence ou des choses qui ne servent à rien et des images de chats, mais que ça peut apporter une réelle valeur pour des business comme Veolia, tant sur l'humain, sur les revenus, et surtout, surtout, surtout, avoir l'IA au service d'une transformation et des bénéfices pour la planète. Super, beau message. Merci beaucoup Julien pour cet échange. Merci Didier. Et donc, juste pour rappeler un petit peu, le Tech.Rocks Summit 2025, c'est les 1er et 2 décembre. Il y aura une trentaine de speakers à l'image de Julien, donc vraiment des gens qui mettent en œuvre et qui ont des choses à partager. Ce ne sera pas que de la tech, on va pouvoir aborder les sujets sociaux, l'impact environnemental, bien évidemment, sur nos métiers en tant qu'ingénieurs, en quoi l'IA va transformer nos métiers d'ingénieurs.

Il y aura 500 à 600 tech leaders qui seront présents et ça va vraiment être un beau moment. Ça se passe au Théâtre de Paris. Ce sera la deuxième année que ça se passe dans ce lieu. C'est vraiment un lieu magique. Et c'est vrai que l'année dernière, ça avait favorisé les échanges. Et à la fois, c'est très beau, le lieu. La scène est vraiment belle. Et puis en plus, il y a tout un espace communautaire où on peut y aller. Et je crois que c'est encore cette année, l'emphase sera mise justement sur tous ces échanges. Que ce ne soit pas simplement un speaker qui parle à une communauté, mais c'est finalement une communauté qui échange. Voilà, merci beaucoup Julien et puis impatient d'entendre ton talk. Merci Didier, à très vite.