Podcast Tech.Rocks

Grand groupe vs startup : que choisir pour s'épanouir ?

Podcast Tech.Rocks · 16 avril 2023 · 31 min · en français

Résumé

Dans cet épisode du podcast Tech.Rocks, Natalia Shuliak, COO de DoubleCloud, répond aux questions. Elle retrace son parcours, de ses débuts chez Microsoft à Databricks, avant de rejoindre DoubleCloud en 2022 comme Chief Operating Officer, et explique pourquoi elle s'épanouit aujourd'hui davantage en startup qu'en grand groupe. Elle partage aussi sa vision du rôle de CTO, de ses différences et des défis à relever selon la taille de l'entreprise. Mené avec beaucoup d'humilité et d'empathie, un échange plein de sagesse et de conseils pour grandir dans son milieu professionnel.

Summary

In this episode of the Tech.Rocks podcast, Natalia Shuliak, COO of DoubleCloud, answers questions. She traces her career, from her beginnings at Microsoft to Databricks, before joining DoubleCloud in 2022 as Chief Operating Officer, and explains why she now thrives more in startups than in large corporations. She also shares her view of the CTO role, how it differs and the challenges it faces depending on company size. Full of humility and empathy, the conversation offers plenty of wisdom and tips for growing in your professional life.

Thèmes : Recrutement & carrière

Transcript complet

Transcription automatique, à relire : les noms propres peuvent être mal orthographiés.

Bonjour tout le monde ! En préambule de cet épisode du podcast Tech Rocks, on avait à cœur de vous annoncer que nous avons lancé notre Job Board. Que vous soyez à la recherche de votre prochain talent tech leader, ou bien à la recherche d'une nouvelle aventure managériale, rendez-vous sur notre site www.tech.rocks et cliquez sur le bouton Job Board en haut à droite pour accéder à toutes les offres. Bonne écoute! Quand tu es dans les startups, ton but, c'est de créer quelque chose de nouveau. Et c'est vraiment, comme l'air frais, c'est assez génial, c'est super intéressant. Les tech leaders, c'est au centre de tout ce qui se passe dans la société parce que leur impact sur la vie quotidienne est impressionnant. Les réussites de passé ne vont pas prédire les réussites de l'avenir. Mais je pense que c'est applicable partout dans le business. Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Tech.Rocks, le podcast des tech leaders.

Je suis Guillaume Postaire, je dirige la Media Factory de France Télévisions et j'ai le plaisir aujourd'hui de recevoir Natalia Shuliak. Bonjour Natalia. Bonjour Guillaume, bonjour à tous et à toutes. Alors Natalia, pour commencer ce podcast, est-ce que tu peux nous dire quel poste tu occupes et dans quelle entreprise tu travailles? Oui, donc je suis aujourd'hui CEO de DoubleCloud. DoubleCloud, c'est quoi? C'est une plateforme qui vous permet de construire votre data stack avec les technologies open source managées comme ClickHouse ou Kafka. Et quand les gens me demandent après qu'est-ce que ça veut dire si OO exactement, parce que la définition peut être très vaste, souvent je plaisante, je suis responsable pour tout ce qui est revenu, comment gagner l'argent et comment dépenser l'argent. Donc ça, c'est ma responsabilité. Alors ça, c'est très drôle. Effectivement, on en a parlé un peu pendant la préparation, puisque... Le CTO peut être vu à la fois comme un dépenseur d'argent et majoritairement en France malheureusement comme un dépenseur d'argent. Mais toi en tant que CEO, tu as ces deux aspects, c'est quelque chose dont on va revenir dessus parce que c'est effectivement très important.

Est-ce que tu peux nous rappeler combien de personnes tu manages, alors directement, indirectement, puisque tu as un poste assez transverse en entreprise finalement, de ce que je comprends? Oui, tout à fait. Nous, nous sommes aujourd'hui 65 personnes, dont 25, c'est sous ma responsabilité directe et 40 personnes, c'est justement R&D avec CTO en tête. Est-ce que tu peux nous raconter ton parcours ? Parce que je crois déceler une pointe d'accent. Tu viens d'où? Tu as fait quoi pour arriver chez DoubleCloud en France? Et je pense que mon accent va rester avec moi pour toujours. D'origine, je suis de Biélorussie. J'ai le plaisir souvent que je suis adoptée française. Ça fait 11 ans, un peu plus, que je suis venue vivre en France et j'ai construit ma vie ici. Ma carrière professionnelle, elle a commencé il y a longtemps en Biélorussie. Après, j'ai passé quelques années à Moscou et après, j'ai quitté pour la France et je me suis installée ici. Professionnellement, j'ai fait plein de choses différentes, mais mon focus était toujours sur le lancement des nouvelles business dans le monde de tech.

Et je suis apparue dans le monde de tech à peu près par hasard. Il y avait l'époque, j'ai commencé à travailler très tôt, j'ai eu 20 ans. J'ai rêvé d'être une marketeuse. J'ai rêvé de travailler pour les grandes marques dans le monde de B2C. Mais personne ne voulait m'embaucher. Et un jour, il y avait les investisseurs qui se sont lancés dans l'aventure. Ils ont lancé les applications sur les devices qui n'existent plus. Ils s'appellent Palm et Pocket PC. Donc, ils ont lancé les applications pour ces devices. Ils ont commencé à les vendre sur les marketplaces des États-Unis, de l'Allemagne et d'Angleterre. Ils ont cherché quelqu'un qui peut les aider justement à travailler la stratégie marketing pour accélérer les ventes. Et à l'époque, j'ai du mal vraiment même à comprendre. C'est quoi les technologies ? Qu'est-ce que c'est le marketplace, etc. Mais l'aventure m'a plu, donc j'ai rejoint cette société, cette startup de l'époque. Et c'est comme ça que je me suis lancée dans le monde de tech.

Après, j'ai appris à coder les websites sur HTML. Après, petit à petit, j'étais de plus en plus profondément dans le monde de technologie. Et aujourd'hui, je suis là et c'est quelque chose que j'adore. Et donc, après cette première phase, tu vas rester plus du côté tech, c'est bien ça? Oui, c'est tout à fait ça. Je suis entrée dans l'entreprise que tout le monde connaît, Microsoft, et j'ai passé 10 ans chez Microsoft. Donc, j'ai fait plein de choses différentes. Les plus peut-être intéressantes, c'était le lancement de Microsoft Azure ici en France. J'ai fait partie de l'équipe qui était au début, justement, de présence de cloud en France. Et après, c'était le lancement de... Office 365 pour toutes les régions de l'Europe. C'était très intéressant, c'était quelque part des startups au centre de l'entreprise, de grandes entreprises. Pour anecdote, quand on a lancé Microsoft Azure ici en France, ce n'était même pas appelé Microsoft Azure, c'était toujours Windows Azure.

Microsoft était toujours sous la direction de Steve Ballmer et c'était très Windows. Donc Azure, c'était vraiment le début et la nouvelle stratégie cloud, c'était vraiment à sa naissance. Alors, je voudrais juste revenir sur un truc parce que finalement, tu nous dis mon parcours a démarré en tant que… Je voulais faire du marketing. C'est un sujet, moi, sur lequel il m'arrive de pêcher ou j'entends vraiment des difficultés à certains tech leaders de communiquer. Est-ce que finalement, ce n'est pas une carte qui te permet d'avancer plus facilement, d'avoir cette culture marketing? C'est une bonne question et c'est très difficile de le répondre. Dans ma tête, et c'est peut-être justement l'impact de marketing, je partage tous les business, les business B2C et les business B2B. Dans le business B2C, quand on vend par exemple les technologies directement aux consommateurs, marketing joue le rôle clé. Marketing, c'est le centre de pouvoir, si on peut dire comme ça. C'est le centre de décision, c'est le centre de vraiment l'impact le plus fort sur les stratégies de la boîte et de revenus de la boîte.

Dans le monde de B2B, où on vend les technologies, par exemple, pour les entreprises, etc., pendant des années, Peut-être que c'est les premières années maintenant qu'on voit un petit changement. Pendant des années, le centre de décision, le centre de pouvoir et l'impact le plus important sur le business, c'était au niveau commercial, au niveau sales. Ce n'était pas du tout au niveau marketing. Marketing, c'était toujours on aide un business. On est des business peut-être un peu plus reconnus quand un commercial appelle à une boîte pour proposer des solutions. Ce n'était jamais quelque chose de très impactful. Il y avait la décision que j'ai prise à un certain moment de complètement sortir du marketing et partir au début vers le business development, après vers le monde du commerce directement. Et voilà, le marketing, c'est quelque chose qui est toujours dans mon portefeuille, mais ce n'est pas quelque chose que je veux continuer à faire en tant que, par exemple, un chief marketing officer. Oui, c'est ce que tu disais, c'est qu'après Microsoft, tu vas aller plus vers des fonctions commerciales avant de revenir aujourd'hui chez DoubleCloud, vraiment sur une position beaucoup plus transverse à la fois technique et produit.

Oui, exactement. C'était la décision que j'ai prise. Il y avait un moment, j'ai devenu très fatiguée de corporation et j'ai fait mon MBA chez INSEAD. Et donc, du coup, j'ai voulu revenir vers le monde de start-up, être vraiment sur les technologies qui peut-être ont l'impact colossal sur l'avenir. Et donc, c'est comme ça que je suis revenue vers… Je suis quittée de mes consorts et j'ai rejoint au début Databricks pour être troisième personne. ici en France pour développer la région. Après, je suis partie chez Splank, qui rachetait une startup aussi, et qui cherchait quelqu'un qui va développer cette startup, pareil, dans la région. C'est comme ça que ça s'est développé après. Oui, c'est très, très clair. En fait, là, j'allais te demander les moments rencontres, les choses qui ont été clés dans le déroulé de ta carrière. Tu as cité ton MBA dans une très prestigieuse et très connue école qui est l'INSEAD. Est-ce qu'il y a eu d'autres pivots, d'autres éléments clés dans ta carrière avant ce MBA? Et qu'est-ce que tu as apporté de faire un MBA finalement?

Je pense qu'il y avait trois moments clés dans ma carrière. Le premier, j'ai déjà mentionné, c'est complètement par hasard, j'ai rejoint le monde de la tech il y a des années, sans savoir qu'est-ce que c'est. Mais du coup, je me suis retrouvée dans le monde qui est extrêmement intéressant, qui vraiment change tout dans mon vie quotidienne aujourd'hui. Deuxième moment, c'était MBA. Franchement, les gens souvent disent que MBA, c'est les meilleures années ou les meilleurs deux ans de ma vie. Et j'ai toujours pensé que c'était une exagération, mais en fait, non, pas du tout. C'était parmi les meilleures années de ma vie. Et après, c'était la décision de quitter la corporation, qui était Microsoft. Quand on fait partie de la corporation, souvent on pense que le monde ailleurs, il est beaucoup plus difficile. Tu es tellement bien protégé dans la corporation, tu penses que ça ne va pas être possible de faire carrière ailleurs. Et en fait, tout est à l'envers. Quand je suis arrivée chez le Tabric, Et après, j'ai continué à être dans les startups.

Et j'ai vu que tout ce que je fais au quotidien, c'est beaucoup plus intéressant, beaucoup plus impactful par rapport à ce que j'ai pu faire chez Microsoft. Et après... Encore une fois, quand on travaille dans les startups, on touche complètement à d'autres types de sociétés, à d'autres types de technologies. On travaille avec d'autres types de personnes. Dans l'incorporation, quelque part, ton but, c'est de garder le business et juste améliorer ce qui existe déjà. Mais quand tu es dans les startups, ton but, c'est de... de créer quelque chose de nouveau. Et c'est vraiment, comme l'air frais, c'est assez génial, c'est super intéressant. C'est marrant ce que tu dis, parce que moi, c'est exactement, avec le recul, la vision que j'ai. C'est la grosse entreprise, tu es beaucoup dans une position de défense, assez peu dans une position de chasse, là où une startup, c'est vraiment dans cette position de chasse permanente. Sauf si tu arrives, comme tu l'as fait chez Microsoft, tu as trouvé des petits nouveaux projets, nouveaux produits à faire. Oui, mais après, pareil, dans les incorporations, il existe, ce n'est pas sans arrêt en fait. Ces poches, elles existent, mais après, elles finissent.

Et souvent, dès que, par exemple, le nouvel business model est trouvé, comme ça se passait chez Microsoft pour le cloud, après, c'est qu'amélioration. Après, c'est que tout le monde travaille là-dessus. Il y a très peu de... De nouvelles histoires qui sont possibles. Oui, après ce passage justement sur corporate versus startup, Est-ce que pour toi, il y a des marqueurs clés sur ce qu'est un tech ou une tech-leadeuse? Vraiment, qu'est-ce qui définit? Quelles sont les qualités que doit avoir un tech-leader ou une tech-leadeuse? C'est une question intéressante et compliquée. Je trouve qu'aujourd'hui, c'est tellement fusionné avec un business leader tout court. Par exemple, il y a 15 ans, il y a 20 ans, quand le monde de tech, c'était juste après le bubble de dot-com, Il y avait un moment intéressant, être un tech leader, ça veut dire que tu es un peu geek, tu es un peu chez toi, tu travailles sur des choses un peu bizarres, personne ne les comprend et personne ne comprend. Pourquoi on a besoin de ça ? Et aujourd'hui, tout est changé. Les tech leaders, c'est au centre de tout ce qui se passe dans la société parce que leur impact sur la vie quotidienne est impressionnant.

Et donc, pour moi, tech leader et business leader, du coup, c'est devenu presque la même chose parce que d'un côté, tech leader, donc créer quelque chose, créer les technologies ou créer la stratégie pour l'adoption de ces technologies qui est très important. Et en parallèle, il y a une certaine responsabilité. On a vu tout ce qui se passait avec les réseaux sociaux. Au début, c'était une excellente idée, etc. Et aujourd'hui, les réseaux font partie de la polarisation de la société partout dans le monde. Et ça, c'est la responsabilité de tech leaders qui ont été en tête des réseaux. Donc voilà, je pense qu'aujourd'hui, tech leaders, c'est comme business leaders. C'est les gens qui, d'un côté, ils créent les jobs, ils créent l'impact, ils développent les technologies. Et d'autre côté, ils ont certaines responsabilités pour s'assurer que les choix et les stratégies, les technologies, ils ont les conséquences plutôt positives que négatives. Oui, tu mets un vrai côté philosophique, moral, derrière ce que doit être aussi un tech leader.

Oui, tout à fait. Je pense que le monde est changé vers ça, vers ce demain, vers le plateau philosophique et moral. Tu as dû beaucoup lire pendant ton MBA. Mais quels sont les livres un peu de référence ? Qu'est-ce qui t'a permis de structurer et de te définir en tant que tech leader? Je l'ai tout le temps, en fait. Je l'ai tout le temps et j'aime beaucoup regarder les documentaires différents. J'adore toujours les livres qui permettent un peu d'imaginer ce qui vient, ce qui va être la prochaine étape de développement de la société. Comment on peut adopter? Le monde n'est vraiment pas certain et il y a plein de choses qui changent régulièrement. Et comment on peut survivre dans ça? Je pense que Tech Leader, et surtout Tech Leader dans une startup, il vit une certitude assez importante. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que c'est très dur à prédire qu'est-ce qui va être dans ta vie d'ici un an, d'ici six mois. Dans une startup, il y a toujours des choses qui marchent hyper bien, il y a toujours des choses qui ne marchent pas du tout.

Il y a même le principe qui s'appelle Lean Startup. Donc, en fait, pour survivre, si tu es un tech leader dans une startup, tu es obligé de voir tout presque comme un VP. Donc, tu as créé l'hypothèse, tu le testes, tu reçois les résultats, tu fais encore, encore, encore. Et donc, justement, cette façon, un de livres qui m'a impacté beaucoup et m'a appris à réfléchir comme ça, c'est évidemment, ça s'appelle Lean Startup. C'est intéressant, encore une fois, quand on sort de corporation, c'est quelque chose de nouveau qu'on peut adopter. Cette façon de voir tout comme un VP, on teste les hypothèses. Et on reçoit le feedback assez rapide de la vraie vie. Et on continue. En fait, c'est intéressant ce que tu dis. Et effectivement, moi, chez France Télévisions, le MVP, c'est vraiment quelque chose sur lequel j'insiste beaucoup parce que c'est la base de ce qui nous permet de transformer des choses, en fait. Souvent, qu'on n'importe quel leader, souvent, on a une opinion, une opinion assez forte. Voilà, il faut faire comme ça.

Et souvent, les opinions sont basées sur notre passé. La leçon de la vie, peut-être, c'est qu'on peut se tromper. Et pour voir si on s'en trompe ou on a raison, c'est justement, il faut appliquer ce principe de MVP pour tester ton opinion et voir le feedback rapide. C'est quelque chose qui existe dans le monde d'investissement, que tes réussites de passé ne vont pas prédire tes réussites de l'avenir. Mais je pense que c'est applicable partout dans le business. Et là, tu lis beaucoup les podcasts ou les revues ou les sites un peu que tu lis, j'ai envie de dire hebdomadairement. C'est quoi que tu nous recommandes? Je pense que je fais à peu près comme tout le monde. Je suis beaucoup évidemment de ce qui se passe dans le monde de tech, genre Hacker News. Mais aussi, j'essaie de vraiment suivre d'une façon le plus neutrale possible les grands développements dans le monde économique ou dans le monde politique, parce qu'évidemment, tout ça, ça nous impacte.

Donc, dans ma liste, ça reste Financial Times, dans ma liste, ça reste Economist. J'essaie de le lire assez régulièrement. Après, pareil, je pense que de temps en temps, c'est bien d'arrêter le bruit autour de nous et faire une pause et justement réfléchir sur avoir la pause dans la tête pour s'inspirer d'autres choses, pour voir peut-être l'avenir ou les choses d'une façon différente. Récemment, pour moi, j'étais très inspirée par un documentaire sorti sur Netflix qui s'appelle« Stutz». C'est un... Un documentaire qui est fait par un directeur assez connu dans Los Angeles, John Ahill. On lui a vu tous dans certains films et là maintenant elle est passée en création de films. Et donc, Stutz, c'est quoi? C'est un documentaire. Sur un psychothérapeute qui a fait sa carrière d'abord dans un prison peut-être le plus connu des États-Unis, et après il est passé à l'opposé, donc il est psychothérapeute de Los Angeles, de plan de célébrité.

Ce documentaire raconte de ses approches vers la psychothérapie, de certains outils, etc. C'est un monsieur assez âgé qui nous parle de ce qui marche et pourquoi les outils comme ça. Le documentaire est très beau, je vous recommande de le regarder, c'est super inspirant. C'est très touchant, ça parle de la vie, ça parle de choses que je pense que nous touchent tous. Il parle d'une méthode qui m'a impressionnée, peut-être de l'approche philosophique. Il a dit qu'en fait, la vie, c'est comme un string of pearls. Donc, c'est les perles après les perles. Et le vainqueur, ce n'est pas quelqu'un qui fait quelque chose de façon idéale, c'est quelqu'un qui continue à construire les perles après les perles, qui continue à bouger. Et même si ce n'est pas idéal, il y a quelque chose de pas bon dedans, ce n'est pas grave, il faut juste continuer. Et ça fait à peu près, je pense que ça fait un mois que je continue à réfléchir sur ce concept. Je pense que dans le monde de tech, c'est la même chose. Dans le coding, c'est la même chose.

Le vainqueur, c'est celui qui va continuer à coder et juste chercher comment améliorer la chose. Le vainqueur d'un business, c'est quelqu'un qui continue à faire le business, qui apprend, qui continue. Et dans la vraie vie, c'est hors profession, c'est la même chose. Donc, le vainqueur, c'est celui qui ne s'arrête pas à certains états de choses, mais qui juste continue. Donc, voilà, si on parle de l'inspiration, c'est le documentaire qui m'a inspiré récemment le plus. Oui, c'est vraiment le côté, je refais le même geste mille fois pour être sûr de bien maîtriser le geste et je cherche à m'améliorer, même s'il y a des échecs, en fait. Oui, tout à fait, oui. Et juste continuer, vraiment continuer. Alors justement, dans cette histoire de toujours continuer, est-ce que tu as des routines, des outils qui sont indispensables à ton quotidien chez DoubleCloud? Oui, en fait, il y a plusieurs choses. Déjà, je trouve que pour n'importe quel leader, c'est très important de garder vraiment la structure dans la tête. Et la chose qui aide énormément, c'est du sport.

Du sport ou quelque chose qu'on peut rester avec soi-même, vraiment cliner toutes les pensées dans la tête, arrêter le bruit dans la tête et réfléchir d'une façon assez claire, qu'est-ce qui se passe, les prochaines étapes, etc. J'essaie d'avoir la routine sportive dans ma vie assez régulièrement, pas assez, ça peut être plus, mais c'est quelque chose qui m'aide beaucoup. ou vraiment retrouver l'équilibre. Après, il y a Double Cloud, c'est quoi? Avant tout, on est Remote First Company, donc on a l'équipe de développeurs qui sont en Allemagne, à Berlin. Et après, en fonction du business, en fonction de notre stratégie Go to Market, on a des gens qui sont dans les pays différents. On a des gens qui sont ici en France, mais on a des gens aux États-Unis ou à Israël. Et donc, comme résultat, c'est Remote First Company. Et quand tu es remote, tu te dis, C'est très facile de tomber dans la piège, et peut-être on l'a tous vécu pendant Covid, la piège s'appelle « tu passes ta journée en pyjama ».

Et donc, c'est absolument à éviter parce que la première chose dans ta réussite, ce qui est important, c'est la discipline. Et pour moi, par exemple, ce qui est indispensable, donc je commence la journée tôt, c'est interdit pour rester en pyjama. Donc, je m'habille comme si je vais au bureau. C'est très important. On fait toujours, si on fait les on-call, on fait toujours avec les vidéos. C'est très important de voir les gens, pas que les écouter par téléphone. Et après, on essaie aussi de se voir face-to-face. Rien de mieux. Quand on se voit face-to-face, ça veut dire qu'on crée les vraies relations personnelles qu'on peut continuer après dans l'école Zoom, virtuelle, etc. Mais si on n'a pas cet élément face-to-face, de temps en temps, le monde de Zoom, il reste quand même un monde de 2D, comme je dis, ce n'est pas le monde de 3D pour lequel les humains ont été créés. C'est intéressant ce point-là. C'est vrai que les boîtes qui réussissent en remote doivent effectivement contourner cette notion de création de lien.

C'est vraiment autour de cet effet vision. Oui, tout à fait. Avec les gens de l'équipe clé, on commence chaque journée avec le café virtuel. Même si on n'a pas de sujet, même s'il y a plein de choses à faire, on essaie quand même de se retrouver pour au moins 15-20 minutes. pour discuter de tout, mais à force de le faire chaque jour pendant des mois, Ça crée les liens aussi, même si on ne se voit pas régulièrement dans la vraie vie. Et encore cette notion de répétition, de régularité dans les choses. Exactement, oui, tout à fait. Quand tu recrutes des gens, qu'est-ce que tu poses comme question? Comment tu fais pour identifier les gens qui seront adeptes de ce côté un peu, qui peut passer pour routini dans la culture française, de toujours faire les mêmes choses et qui pourront fiter avec ce modèle de remote en fait? C'est une excellente question. J'ai toute une méthode que j'ai développée avec des années. Les interviews, au final, c'est un moment très court et tu dois faire un jugement qui est très difficile à faire parce qu'au final, tu le bases sur quelque chose, quelqu'un que tu ne connais pas te dit.

Donc, évidemment, ça crée pas mal de place pour les erreurs et évidemment, on les a tous faits. Et en fait, ce que je fais, souvent, la question numéro un à poser, c'est quel comportement je voudrais bien voir de la personne dans la société. Et après, quand elle a des réponses, par exemple, quelqu'un qui est marathonien, parce que la startup, encore une fois, c'est avant tout énormément d'incertitudes. Il y a énormément de choses à tester. Et de temps en temps, pendant pas mal de temps, tu reçois le feedback négatif du marché avant de trouver quelque chose qui marche bien et après, tu peux accélérer. Donc, J'appelle à l'esprit des gens qui en cherchent, je l'appelle marathonien. Il nous faut des marathoniens. Tu cours un marathon, c'est pareil, ce n'est pas l'exercice simple. Tu fais 42 kilomètres pour les raisons de temps en temps un peu complètement imaginaires. Et tout le monde le connaît, au bout de 30 kilomètres, tu tapes dans le mur et tu ne peux pas continuer.

Donc, c'est hyper dur. Donc, un vrai marathonien, il sait continuer après le 30e kilomètre. Et donc, souvent, ce que je fais, je donne un assignment et je teste le comportement que je veux voir avec cet assignment. Par exemple, on peut donner un assignment qui va demander à la personne d'aller rechercher beaucoup d'informations. Et ce n'est pas facile, et c'est justement où tu vois à quel point la personne est capable de faire de plus après ce 30e kilomètre. Parce que passer les interviews, c'est une chose, mais après rechercher la formation sur la boîte que tu connais peu, sur quelque chose que tu ne connais même pas, si c'est un nouvel domaine technologique pour toi, etc. Donc, c'est compliqué et que ceux qui ont la bonne mentale, ils passent ça. C'est assez marrant comme tu le décris parce qu'il y a beaucoup de gens qui s'imaginent que dans une startup, il faut être un sprinter pour aller vite, vite, vite, vite au point.

Et toi, en fait, ce que tu recherches, c'est plutôt des marathons. Des gens, des coureurs de fonds, en fait. Oui, dans une startup, tu as besoin d'un côté montrer vite les first wins, parce que ça rassure tout le monde, c'est plus facile d'aller chercher les investissements. Mais en réalité, c'est hyper difficile à prédire la quantité de ces wins. Ça se trouve souvent, tu gagnes quelque chose, tu as par exemple le premier client, mais après pendant pas mal de temps, rien ne se passe. Ou peut-être tu t'es trompé. En fait, le chèque moyen de ces clients, ce n'est pas du tout ce que tu as prévu. Donc, tu changes complètement ta business model. Ou peut-être, tu as trouvé tes clients, mais en fait, tu as réalisé que le produit ne correspond pas à leurs attentes. Donc, l'équipe de développement continue de développer hyper rapide le produit. Mais à ce moment-là, les clients partent vers la concurrence, etc. Chaque jour, quelque chose se passe. Et c'est pour ça, juste être un sprinter, ce n'est pas possible. Tu vas être très déçu quand tu reçois vraiment les coups quand quelque chose ne marche pas.

Tu n'auras pas assez ton shoot de sérotonine, ton gain. Exactement ça, oui. Dans ton quotidien, qu'est-ce que tu voudrais faire, mais que tu n'arrives pas à faire par faute de temps? Qu'est-ce qui se fait tout le temps arbitrer à la coupe? Déjà, ce serait bien si la semaine est huit jours. Assez régulièrement, il me manque une journée qui n'est pas coupée par les meetings avec l'équipe, mais qui est la journée consacrée complètement à la réflexion, à la stratégie, à regarder exactement les chiffres de business, par exemple, etc. Donc, c'est quelque chose, je sens que ça me manque. Donc, de temps en temps, c'est le week-end quand je suis obligée de le faire. Mais après, il y a la famille. J'ai un fils de 3 ans avec qui j'adore passer mon temps. Il a besoin de sa maman. Et donc, évidemment, le week-end, quelque part, c'est aussi sacré. C'est le temps de la famille. C'est pour ça, d'où sort, ce serait bien avoir huit jours, avoir une journée pour la réflexion et deux jours pour la famille.

Mais c'est la question éternelle d'une balance, comment tu fais en fait. Après, ce qui me manque en plus, j'ai mentionné tout à l'heure que le sport, c'est indispensable, c'est indispensable pour notre santé, mais c'est indispensable aussi pour retrouver l'équilibre, gérer le stress, etc. Donc, je voudrais bien faire plus ce qui va correspondre plus à mon rythme. Mais pareil, c'est le manque de temps. Lire peut-être un peu plus, mais c'est toujours l'histoire de balance, des priorités et comment tu fais. Et ça change assez régulièrement. Et donc, pour finir ce podcast, Natalia, quels sont pour toi les trois conseils à l'intention des tech leaders et des tech leaders qui nous écoutent, c'est qui pilotent comme toi des équipes et des plateformes? Je pense que la première chose que je peux dire, c'est être ouvert à de nouvelles opportunités, être à l'écoute de ce qui se passe sur le marché. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans le monde technologique, mais il y a aussi énormément de choses qui se passent dans le monde tout court.

Et si on est ouvert, si on suit les nouvelles tendances, si on est ouvert à un nouveau projet, c'est quelque chose qui nous permet après soit avoir plus dans notre portefeuille pour avoir la capacité de peut-être travailler sur les projets plus intéressants, qui, comme je dis ça, ils regardent dans... les venir les projets, ou justement, si on est dans un tête de business, ou on est par exemple dans le rôle de CTO, ne pas rater les changements qui sont très importants, les changements qui sont importants pour les entreprises ou pour les consommateurs et qui ont pu apporter ce valeur-là. Il y a un autre bouquin qui m'a inspirée pendant le MBA. Le bouquin raconte... Le concept, comment on devient un leader, du point de vue suivant. Il dit que souvent, les gens cherchent le nouveau job, par exemple, en fonction de leur expérience. Ils pensent que, par exemple, si je fais du marketing, le job que je dois chercher, c'est par exemple la direction de marketing. Ou si toute ma vie, j'étais un développeur, le job que je dois chercher, c'est par exemple le lead développeur.

Mais en fait, c'est faux parce que notre expérience ne veut pas dire que c'est quelque chose où je vais être heureux dans mon job ou c'est quelque chose que je peux faire, qui va être intéressant à faire. Et en fait, la piège, elle est là. C'est que les nouvelles expériences qui vont nous permettre d'adresser la question interne, qu'est-ce que je veux faire, quel job je peux trouver. Et donc, ça veut dire qu'au lieu de se limiter aux expériences qui, au fur et à mesure, on a sur notre CV, il faut tout le temps être ouvert à quelque chose de nouveau, tester les nouvelles expériences, tester les nouvelles technologies, parler à de nouvelles personnes, peut-être participer au projet Benevola, etc. Mais c'est quelque chose qui va nous permettre vraiment… accéder aux projets intéressants, aux jobs qui ont du sens pour nous. Et voilà, quand on regarde à l'arrière, on dit« Ah, j'ai passé les moments extraordinaires parce que j'ai fait ça, ça et ça. » Et je pense que voilà, c'est le conseil que je peux donner. Tu te rappelles le titre de ce livre? Oui, donc l'auteur du livre, c'est Herminia Ibarra, I-B-A-R-R-A, et le bouquin, mais le titre est complètement misleading, dit en anglais, c'est Act Like a Leader.

Think like a leader. Ça ne parle pas du tout d'être un leader, ça parle vraiment de choses beaucoup plus importantes et principales pour nos vies. Je retiens quand même ce bouquin que je vais mettre dans ma liste de lecture et qui, c'est peut-être un jour dans le book club de Tech.Rocks. Merci beaucoup Nathalie pour cet échange. Moi, j'ai quelques takeaways et donc un livre à lire en plus. C'était vraiment très intéressant. Et pour ceux qui ont bien aimé cet échange et qui voudraient comprendre un peu plus DoubleCloud ou alors avoir un échange direct avec Natalia, vous avez un meet-up en présentiel avec DoubleCloud qui est organisé par Tech.Rocks le 8 juin. Donc, d'ici quelques semaines, quelques mois, bloquez vos agendas. Oui, merci beaucoup Guillaume, merci Tech.Rocks et j'espère à bientôt pendant le meet-up en juin.